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Haïti à l’heure du bilan : les messages de Jocelerme Privert et Jean-Henry Céant

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le mardi 23 décembre 2025 — À l’approche de la fin de l’année 2025, deux figures majeures de la vie politique haïtienne, Jocelerme Privert, ancien président provisoire de la République, et Jean-Henry Céant, ancien Premier ministre, ont livré des messages publics à la nation. Bien que formulés dans des registres différents, l’un politique et programmatique, l’autre poétique et mémoriel, leurs propos convergent autour d’un même constat : la profondeur de la crise que traverse le pays et l’urgence d’un sursaut collectif.

Jocelerme Privert : un vœu politique centré sur la sortie de crise et les élections

Dans son message de fin d’année, l’ancien président provisoire Jocelerme Privert dresse d’abord un constat sombre de la situation nationale. Il rappelle que « la fin de l’année 2025, comme les précédentes, n’a pas été douce pour le peuple », évoquant une population contrainte de vivre « dans la peur, la misère et le désespoir ». Cette entrée en matière place son propos dans une continuité de crises non résolues, marquées par l’insécurité et la précarité.

Se projetant vers l’avenir, Jocelerme Privert exprime un souhait clair pour l’année à venir : « l’année 2026 devrait annoncer la fin de toutes les calamités et des souffrances que nous avons endurées ». Il associe cette espérance à la fin d’une transition qu’il juge improductive, affirmant que « la transition qui n’a apporté aucune amélioration pour le peuple devrait arriver à son terme ».

Au cœur de son message figure l’importance du processus électoral. Il insiste sur le caractère indispensable des élections annoncées, qu’il qualifie de « pierre angulaire dans la reconstruction de notre pays ». Selon lui, ces élections doivent être « libres, crédibles et acceptées par tous et par toutes », car elles offrent au peuple haïtien « l’opportunité de se reconstruire et de tracer sa voie vers un avenir plus prometteur ».

Enfin, Jocelerme Privert appelle à dépasser le stade des paroles pour entrer dans celui de l’action concrète, déclarant sans ambiguïté : « l’heure n’est plus aux discours, elle est aux engagements visibles et qui donnent des résultats mesurables ». Il conclut en rappelant une feuille de route axée sur la sécurité, l’éducation, la jeunesse, le relèvement économique, la moralité publique, ainsi que la mobilisation de toute la nation, y compris la diaspora.

Jean-Henry Céant : une lecture poétique et mémorielle de la crise haïtienne

De son côté, l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant a choisi une forme littéraire pour adresser son message de fin d’année, à travers un texte intitulé « Au détour de ma mémoire ». Dès les premières lignes, il souligne la dissonance entre le calendrier et la réalité nationale : « Noël est arrivé, le nouvel an demeure en sursis. Nous n’avons pas vu venir Noël. »

Son texte dresse un tableau marqué par la violence et le déracinement, évoquant « balles et exils », « camps de déplacés », « dignité meurtrie », « silences d’État et abandons », pour conclure que « la Fête est arrivée sans Paix ni Pain ». Il inscrit cette souffrance dans le quotidien des Haïtiens, affirmant que « tout est misère et pauvreté pour un peuple qui gémit […] pris entre la mort et la vie ».

Jean-Henry Céant insiste également sur la perte de repères collectifs, écrivant sans détour : « Haïti marche sans boussole », avant de décrire la fuite comme un réflexe généralisé : « on fuit les quartiers, on fuit le pays, on fuit même l’espoir qui nous nie ». Pour lui, « la migration n’est plus une option, c’est une urgence », tandis que ceux qui gouvernent « cultivent l’indifférence ».

Malgré la gravité du constat, le texte se conclut sur un appel à la responsabilité collective. L’ancien chef du gouvernement interroge : « Nous reste-t-il un dernier souffle, une dernière responsabilité ? », avant de répondre : « Oui : nous tenir debout, ensemble, frères et sœurs, complices de notre belle histoire, face à l’avenir et à la mémoire. »

Deux messages, un même diagnostic

Si Jocelerme Privert privilégie une approche institutionnelle et orientée vers les élections comme voie de sortie de crise, Jean-Henry Céant adopte une posture introspective et symbolique, centrée sur la mémoire, la dignité et la résistance morale. Tous deux, cependant, décrivent une nation éprouvée, confrontée à l’insécurité, à la pauvreté et à l’absence de perspectives immédiates.

Ces deux prises de parole, publiées à la fin de l’année 2025, témoignent d’une préoccupation commune pour l’avenir du pays et posent, chacune à leur manière, la même question essentielle : comment transformer l’épreuve actuelle en point de départ d’un renouveau national.

Jean Wesley Pierre/Le Relief

Le décret du CPT sur la Haute Cour de Justice, une action des bénéficiaires coupables

Le décret que vient de publier le Conseil présidentiel de transition (CPT) sur l’organisation et le fonctionnement de la Haute Cour de justice n’a rien résolu en termes de renforcement de la gouvernance publique, ni fait avancer le droit haïtien en ce qui concerne la lutte contre la corruption dans le pays. Au contraire. Ce texte est celui de corrompus insolents, dénués de toute intelligence politique et juridique.

Qui a fabriqué ce décret ? Qui sont les avocats et juristes qui ont participé à cette action insolente ? Quels sont ces imposteurs qui tentent de manipuler la conscience publique ? Ce ne sont certainement pas des juristes dignes de ce nom. Car l’âme du juriste réside dans un mélange de rigueur intellectuelle, d’éthique et d’un sens profond de la justice et de l’équité. C’est un conseiller avisé. Tout en recherchant des solutions innovantes, il se laisse guider par des principes tels que l’intégrité, la transparence et le respect de l’État de droit. Il allie le droit à une vision morale pour protéger l’intérêt général.

La perversion du droit, c’est la corruption : donc un crime ! La déformation des principes juridiques à des fins mesquines, soit par le juge, soit par l’avocat, est un acte d’injustice. Dire le droit tel qu’il est, sans détournement, est la mission sociale de l’avocat. Et c’est en disant le droit tel qu’il est, sans complaisance, que l’on rend service au corps social.

Sur le plan éthique, intellectuel et civique, cette décision ne saurait être l’œuvre de quelqu’un qui a grandi dans l’honneur et la dignité. Ce décret, en ses articles 4 et 11, vient tout simplement consacrer la défaite morale de l’élite politique haïtienne, qui s’offre une impunité totale, alors même que des soupçons de corruption pèsent sur plusieurs de ces hauts responsables de l’État. Ce sont ceux-là dont le bilan, marqué par toutes sortes d’actes de malversation, a mis à mal les fonds publics, réduit à néant les institutions de contrôle et, enfin, accéléré la décomposition générale du pays.

Tout devient clair ! Alors, cessons donc d’accuser le Blanc ou l’étranger des vols, des actes de corruption et du pillage des fonds publics dont nous nous rendons coupables dans le cadre de la gestion de l’État. Il apparaît de plus en plus évident que la corruption est le consensus autour duquel les élites dirigeantes se rallient pour mettre en échec le progrès d’Haïti.

La Haute Cour de Justice applicable aux présidents légitimes
En prenant ce décret, quel problème juridique cherche-t-on à résoudre ? Aucun! N’ayant pas été élus, ces dirigeants de facto ne peuvent, en aucun cas, se prévaloir des mécanismes constitutionnels, comme la Haute Cour de justice, cour d’exception prévue par la Constitution pour juger les gouvernants ayant commis des délits et des crimes dans l’exercice de leurs fonctions. Ils ne sont, en aucun cas, justiciables devant la Haute Cour de justice au regard de la Constitution de 1987. Ils sont astreints au principe de la double obligation constitutionnelle et n’ont pas non plus le statut de président.

La procédure devant cette Cour est politique et non judiciaire. Elle se prononce sur le manquement des gouvernants à leurs devoirs, incompatible avec l’exercice de leurs fonctions ou de leur mandat. Dans le cas du président de la République, cette procédure, qui vise sa destitution, doit donner naissance à une nouvelle élection présidentielle ou à la mise en place d’un président provisoire, selon l’article 149 de la Constitution. Cette disposition a été créée en prévision de toute coupure dans l’ordre démocratique et constitutionnel du pays. Elle n’est pas une invitation à fabriquer des régimes provisoires et éphémères. Elle exprime l’idée de la continuité constitutionnelle.

Ce que les concepteurs de ce décret oublient, lorsqu’ils font référence à la Constitution de 1987, c’est que la Haute Cour de justice ne juge que des questions de responsabilité politique de très haut niveau. Le concept de responsabilité évoqué ici a tout son sens. En matière constitutionnelle, la responsabilité du président de la République est engagée lors de sa prestation de serment devant l’ Assemblée nationale, laquelle valide son statut et son mandat présidentiels, et les membres du gouvernement à l’occasion de sa déclaration de politique générale du Premier ministre devant les autorités politiques du parlement.

Les membres du CPT n’ont pas prêté le serment constitutionnel qui les oblige à se soumettre au principe de la double obligation consistant à observer et à faire observer la Constitution. Aucune Chambre n’a ratifié la déclaration de politique générale du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. L’actuel gouvernement ne s’est engagé devant aucune Chambre. Qui leur accordera décharge pour leur gestion, alors qu’il s’agit d’une formalité constitutionnelle à accomplir à la fin de chaque exercice fiscal ? La décharge est une procédure de déresponsabilisation qui s’effectue annuellement. Le cumul de décharges constitue une violation de la Constitution, caractérisée par une absence de contrôle par les chambres législatives. La décharge ne peut être accordée que par les Chambres devant lesquelles le gouvernement s’était engagé. C’est une procédure à finalité politique.

Toutes les institutions prévues par la Constitution sont démocratiques et républicaines — présidence, parlement, gouvernement, justice, etc. — et organisent l’État selon les principes de souveraineté (art. 58 et 59 de la Constitution). Notre régime politique est celui où le peuple élit, directement ou indirectement, ses représentants pour gouverner dans l’intérêt général. La Haute Cour de justice n’est réservée qu’aux dirigeants mandatés par le peuple ou désignés selon la procédure constitutionnelle prévue à cette fin. Gouvernement transitoire et gouvernement démocratique ne s’assoient pas à la même place : l’un chasse l’autre. La Haute Cour de justice est une institution ad hoc qui s’inscrit dans la mission de contrôle dont est investi le pouvoir législatif.

Le CPT justiciable devant les tribunaux de droit commun
Cette double obligation à laquelle je fais référence ici, le président de la République la contracte devant le peuple parce qu’il est élu, soit au suffrage universel, soit par l’Assemblée nationale. En cas de manquement, il peut être destitué. Il encourt alors une double sanction, à la fois politique et judiciaire. S’il n’y a pas de responsabilité politique, il ne peut pas y avoir de sanction politique. Donc, les membres du CPT, ainsi que les membres du gouvernement d’Alix Fils-Aimé, sont justiciables, à la fin de leurs fonctions, devant les tribunaux de droit commun.

Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé est dépourvu d’éthique gouvernementale. La Banque mondiale, dans ses considérations sur la bonne gouvernance et l’État de droit, a écrit qu’un gouvernement qui n’est astreint à aucun type de contrôle n’a pas d’éthique, puisqu’il n’est pas redevable de ses actions. Ce qui fait disparaître la notion de responsabilité gouvernementale.

À la question de savoir si les conseillers présidentiels ont le statut de président, la réponse est non, de manière catégorique. Car, c’est la Constitution qui définit les conditions d’accession à la présidence de la République. Ce n’est pas une loi, un décret, encore moins une décision de justice, qui peut conférer le statut de président à un citoyen. Le statut du Président comprend le mandat présidentiel, sa durée, son rôle et ses pouvoirs. Dans notre Constitution, il bénéficie d’un statut juridictionnel. Il ne gère pas les fonds publics. Il est irresponsable en matière de gestion des biens et des fonds de l’État.

Techniquement, la Haute Cour de justice ne peut être mise en branle pour juger des responsables qui ne sont plus en situation de responsabilité politique. Leur cause devrait être entendue devant les tribunaux ordinaires. La Cour de cassation, dans un arrêt daté de 1904, a déjà tranché sur cette question lors du procès de la Consolidation.

Sous la présidence de Nord Alexis, on a intenté un procès contre de hauts fonctionnaires haïtiens pour détournement de fonds publics. Malgré l’opposition à laquelle il était confronté, ce procès fut un moment historique. Il eut lieu grâce au courage et au civisme du président Nord Alexis. Un civisme poussé jusqu’à l’exagération, pour reprendre l’expression de Frédéric Marcelin.

Dénonçons cette fraude contre la nation !
La publication de ce décret est une fraude contre la nation. Une loi ou un décret, quel qu’il soit, ne peut pas créer des contradictions juridiques et constitutionnelles, des ambiguïtés ou des confusions pour favoriser l’impunité. L’objectif du droit est de sanctionner les infractions et de garantir la justice.
Ces petites souris au pouvoir en Haïti sont sourdes et aveugles. En effet, nous sommes fatigués de ces incompétents qui nous gouvernent depuis des lustres. La nation n’a pas besoin d’une élite composée de petits sauvages, incapables de comprendre, d’évoluer et de s’adapter, mais de véritables politiciens, entrepreneurs et scientifiques dévoués au bien commun.

Comme l’a écrit Charles Darwin, les animaux qui survivent ne sont pas ceux qui se révèlent les plus intelligents ou les plus forts, mais ceux qui peuvent s’adapter à leur environnement. Comment expliquer que des dirigeants aient décidé de prendre un décret pour se protéger contre d’éventuelles poursuites pour des actes de corruption commis dans le cadre de la gestion de la chose publique ? Quel est donc le message lancé dans un environnement international marqué par la lutte contre la corruption, avec des efforts mondiaux coordonnés par l’ONU, l’OCDE, l’OEA et Transparency International, qui s’appuient sur des conventions visant la répression du crime de corruption, auxquelles Haïti est partie ? Comment des politiciens ignares pourraient-ils survivre sans comprendre l’environnement international, façonné par un ensemble de systèmes complexes et interconnectés ?

La corruption fait partie des défis globaux qui mobilisent la coopération internationale et le droit international. Les gouvernants doivent savoir que la lutte contre la corruption et le crime organisé implique un réseau de forces politiques et juridiques qui dépasse les frontières nationales. Les manœuvres de quelques juges corrompus pour disculper certains responsables impliqués dans des actes de corruption sont des tentatives désespérées, car la lutte contre la corruption se mène à toutes les échelles — nationale, régionale et globale. Il n’y a pas de refuge pour les corrompus. L’impunité est répréhensible.

On veut changer la Constitution de 1987 parce qu’on ne la connaît pas. Mais comment changer une réalité que l’on ne comprend pas ?, a souligné, à juste titre, le philosophe Baruch Spinoza, auteur de L’Éthique.

Que doit faire le peuple, dépositaire exclusif de la souveraineté nationale, à la fois auteur et gardien de la Constitution de 1987, lorsque les gouvernants et leurs complices — juristes, intellectuels, professionnels, entrepreneurs, universitaires, hommes d’Église — font couler le sang du peuple, ne témoignent d’aucun respect envers la nation et renversent totalement ses fondements ? Il doit se lever, s’unir et reprendre pacifiquement mais fermement son destin en main, en exigeant justice, reddition de comptes et rétablissement de l’ordre constitutionnel au nom de l’intérêt général.

Sonet Saint-Louis av
Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique à la faculté de droit et des sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti.
Professeur de philosophie
Université du Québec à Montréal
Montréal
sonet.saintlouis@gmail.com

Notre temps arrive!Haïti nouvelle constellation!

Par Marcel Poinsard Mondésir

Transformons la Savane en Oasis et Havre de Paix en 2026. Faisons d’Haïti la vraie Île de beauté.
Tout ce que l’Homme veut, Il le peut. Il suffit de se mettre à la tâche, de s’y atteler, d’animer de bonne volonté, de développer une méthode, de respecter les règles du jeu et d’être vigilant pour pouvoir porter les corrections en temps et lieux.

Haïtiennes et haïtiens disons-nous 2026 Année du Renouveau haïtien. Tout ce qui va se faire à partir du Premier Janvier Deux mille vingt six en Haïti et pour Haïti devra avoir pour finalité de refaçonner le pays et sa population.

Tout moun, tout Fòs ki kanpe antravè, ki se pikankwenna, dwe jwenn gwo sanksyon ak santans Listwa.

Yon premye Janvye miluisankat nou te kanpe doubout devan Limanite.
Yon premye Janvye De mil ven six n ap Retounen kanpe doubout devan Limanite.

Limyè nou an pral klere. On parlera de la constellation d’Haïti.

Marcel Poinsard Mondésir

Joyeux Noël, Bon Makaya!

J’avais 7 ans environ quand j’ai vu un enfant jouer avec un cochon à la ravine Orphelin. Depuis, je m’étais promis de bâtir une maison pour les enfants, une vraie, avec des murs plus solides que les discours, pour qu’ils ne jouent plus avec des cochons, pour qu’ils jouent avec l’enfance. Mais je n’ai pas pu. Parce qu’ici, même les promesses se font kidnapper.

Le pays avait pourtant tout pour se tenir debout. Pour la première fois, comme le blanc le voulait, toutes les chapelles politiques se sont alignées comme un chœur docile. Un médecin pour ausculter la misère sans la soigner, un avocat pour plaider l’injustice avec élégance, un sociologue pour nommer la chute, un ingénieur pour calculer l’effondrement, un architecte pour dessiner des ruines propres, un homme d’affaires pour transformer le désastre en opportunité.

Et voilà qu’en guise de Noël, ils se signent un décret. Un papier bien plié, un cadeau institutionnel, un ruban légal serré autour de la gorge du peuple. Pas de pain. Pas de sécurité. Pas de justice. Mais un décret.

Merde au peuple… non pas comme une insulte vulgaire, mais comme une politique assumée. Propre. Signée. Datée.

Noël en Haïti n’est plus une fête, c’est un constat : on distribue des textes là où il faudrait distribuer des vies réparées. Joyeux Noël, bon Makaya. Que la colère reste lucide. Que la mémoire refuse l’amnésie. Et que l’enfant de la Ravine Orphelin cesse un jour d’être une métaphore pour devenir un avenir.

Daniel m’a rapporté des feuilles. Je les complète avec du basilic trouvé dans un botanica tout près. Nathalie y a mis trois pincée de terre. Il n’y a pas d’orange ; je prendrai du citron brûlé.

Gade w pétwo way,
mpaka travay way,
m ta fè lòbèy, mpaka fè lòbèy !

Joyeux Noël. Bon Makaya
Yves Lafortune, Port St Lucie

Les gangs continuent d’imposer leur loi en cette fin d’année: la PNH fixe les règles

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En dépit de la fête de fin, les bandits de la coalition Viv Ansanm ne chôment pas tandis que l’institution policière, responsable de la sécurité des citoyens s’active de plus en plus pour garantir la protection des personnes fréquentant les rues.

Mardi 23 décembre 2025, au moins huit personnes ont été blessées grièvement dans des affrontements entre les forces de l’ordre et ces bandits à Bercy dans la commune de Cabaret. Les malfrats ont incendiées plusieurs maisons, selon l’agent exécutif, Wilner René.

« Depuis environ 3 semaines les gangs ne cessent d’attaquer la commune de l’Arcahaie ainsi que Cabaret. Ils veulent à tout prix prendre le contrôle de ces communes», a-t-il déclaré tout en demandant aux autorités compétentes de renforcer la capacité des forces de l’ordre sur place.

À Piatre, une localité de la commune de Montrouis, plusieurs morts et blessés ainsi que de dégâts matériels ont été renregistrés lors d’une attaque armée du gang « Taliban », selon le maire de la commune Blaise Elysée.

Parallèlement, la police nationale d’Haïti annonce de nouvelles mesures pour pouvoir garantir la sécurité des gens au cours de la période de fête. Dans une note publiée, la police interdit le port d’armes, de couteaux (…) et de machettes lors des grands rassemblements tels que les bals et les galas.

«Toute personne qui enfreindra cette mesure s’exposera aux sanctions prévues par la loi», a écrit l’institution. Dans le cadre des mesures de prévention pour les fêtes, la PNH dit avoir déjà mobilisé et redéployé ses effectifs sur l’ensemble du territoire national.

Gedeon Delva / Le Relief

Haïti au bord du naufrage: Pour une ultime transition de technocrates patriotes

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Haïti est arrivée à un point de rupture historique. L’État ne fonctionne plus, l’autorité publique a disparu de larges portions du territoire national . L’économie est paralysée et la population livrée à une insécurité permanente. La Première République noire du Nouveau-Monde, née d’une révolution fondatrice de la modernité politique, se trouve aujourd’hui menacée de disparition fonctionnelle.

Depuis la chute de la longue dictature des Duvalier en 1986, le pays s’est enlisé dans instabilité chronique. En près de quarante ans, treize gouvernements à caractère de transition se sont succédé. Aucun n’est arrivé à refonder l’état en le dotant d’un nouveau projet de société , à restaurer la souveraineté nationale ni à instaurer des institutions durables. La transition, censée être un passage exceptionnel, est devenue un système de gouvernance perpétuel, marqué par l’improvisation, l’irresponsabilité et l’échec.

Ces transitions ont produit un résultat : l’affaiblissement continu de l’État. Elles ont échoué parce qu’elles ont été conçues sans vision nationale, capturées par des intérêts mesquins ou particuliers et souvent soumises à des logiques extérieures du pays. Loin de répondre aux aspirations populaires, elles ont aggravé la fracture entre la société et ceux qui prétendent la diriger.

La plus récente et catastrophique expérience transitionnelle n’a fait que confirmer l’épuisement total de ce modèle. Incapable de rétablir la sécurité publique et nationale, de gouverner dignement et efficacement ou de restaurer la confiance collective, elle a renforcé le sentiment d’abandon et de colère. Une évidence s’impose désormais: la crise ne peut plus être gérée par les mécanismes politiques traditionnels qui sont à la base des dérives du Conseil présidentiel de transition (CPT) et de presque toutes les transitions antérieures.

Face à l’effondrement quasi total de l’Etat, une nouvelle transition s’impose de fait. Mais elle ne peut ni doit être une transition de plus pour permettre à des opportunistes de préparer leurs vieux jours. Reproduire les mêmes schémas reviendrait à précipiter le pays vers le cahos irréversible. Cette transition doit être ultime, non par opportunisme naïf, mais parce qu’Haiti n’a plus de marge d’erreur.

Cette ultime transition doit rompre clairement avec les pratiques partitocratiques qui ont conduit à l’échec: le partage du pouvoir comme but en soi, la privatisation de l’Etat, la course à la richesse facile, la corruption institutionnalisée et la dépendance structurelle. Il ne s’agit plus de gérer la crise, mais de « sauver » ce qui reste de l’Etat haïtien.

Dans ce contexte extrême, la seule option crédible est, comme le propose déjà M. Ted Saint-Dic, une transition confiée à des technocrates patriotes qui connaissent l’administration et le pouvoir. Non pas des gestionnaires déconnectés du réel, mais des femmes et des hommes compétents, qualifiés, intègres, honnêtes, indépendants des structures politiques discréditées et profondément attachés à la question de souveraineté nationale. Leur légitimité ne viendrait pas des scrutins ou des urnes, mais de leur capacité à servir l’intérêt général dans une période d’exception.

Leur mission doit être claire, précise, limitée et non négociable : rétablir un minimum de sécurité publique, remettre l’administration en état de fonctionner, retrouver la confiance populaire, assainir les finances publiques, restaurer l’autorité judiciaire et préparer des élections crédibles sur des bases constitutionnelles et institutionnelles refondées.

Cette ultime transition doit être courte, encadrée, contrôlée, transparente et soumise à des mécanismes stricts de reddition des comptes. Elle ne doit en aucun cas servir de tremplin politique. Son objectif n’est pas de produire un pouvoir durable, mais de rendre possible le retour de l’Etat et de la souveraineté populaire.

Haïti n’as plus le luxe des faux compromis ni des demi-mesures. Le pays se trouve face à une alternative brutale: oser une rupture historique ou disparaître comme État souverain. Or, le pays de l’intrépide Jean-Jacques Dessalines ne peut pas disparaître. Donc, l’ ultime transition n’est plus un choix politique. Elle est une urgence nationale.

Pierre Josué Agénor Cadet

Alternative post-CPT, l’incertitude persiste

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Par Gesly Sinvilier

À mesure que se rapproche la date du 7 février 2026, le débat politique s’intensifie en Haïti. Cette échéance, censée marquer la fin de la Transition et l’installation d’autorités élues, cristallise aujourd’hui les tensions entre acteurs politiques, institutions fragilisées et une société civile en quête de repères. En toile de fond, l’insécurité persistante et l’absence de consensus clair rendent l’issue incertaine.

Des forces politiques fragmentées mais actives

Le paysage politique haïtien reste dominé par une multiplicité d’acteurs sans leadership central fort. Les partis traditionnels peinent à s’imposer, tandis que des regroupements politiques, des figures indépendantes, des organisations de la société civile et des secteurs économiques tentent d’influencer l’orientation de la Transition.

Le Conseil présidentiel de transition (CPT), composé de neuf membres, demeure au cœur du jeu politique. Toutefois, sa légitimité est régulièrement et fortement contestée. Ces critiques alimentent aujourd’hui plusieurs propositions de sortie de crise.

Trois grandes alternatives au cœur du débat national

Face aux incertitudes actuelles, trois scénarios principaux structurent les discussions politiques.

Première option : le renvoi du CPT et du gouvernement.
Cette proposition, portée par certains acteurs politiques, vise la mise en place d’un nouvel exécutif bicéphale, dirigé par un juge de la Cour de cassation, conformément à une interprétation stricte de la Constitution – version non amendée. Les partisans de cette option estiment qu’un tel schéma permettrait de rétablir une légitimité institutionnelle et de rompre avec une Transition jugée inefficace.

Deuxième option : un exécutif monocephale autour d’un Premier ministre.
D’autres acteurs plaident pour le maintien d’un exécutif resserré, sans président, avec un Premier ministre à la tête soit d’un nouveau gouvernement, soit d’un gouvernement remanié. Cette formule est présentée comme plus pragmatique, permettant une continuité administrative tout en limitant les conflits internes au sommet de l’État, plaçant l’actuel premier ministre Fils-Aimé seul maître à bord à l’image d’Ariel Henry.

Troisième option : le maintien d’un président issu du CPT.
Enfin, une troisième voie consiste à désigner un président parmi les neuf membres du CPT pour accompagner le gouvernement jusqu’à la fin de la Transition. Dans ce cadre, le conseiller-président Leslie Voltaire apparaît comme la figure bénéficiant du plus large consensus politique. Perçu comme plus rassembleur, il incarne, pour plus d’uns, une option viable de stabilité institutionnelle sans rupture brutale.

Une transition sous pression

Au-delà des jeux d’alliances et des calculs politiques, la réussite de l’une ou l’autre de ces options dépendra largement de la capacité des acteurs à s’accorder sur un minimum de consensus, dans un contexte marqué par l’insécurité, la fatigue sociale et la méfiance envers les institutions.

À l’approche du 7 février 2026, Haïti se trouve donc face à un choix déterminant : soit parvenir à stabiliser la Transition autour d’une formule acceptable, soit s’exposer à une nouvelle phase d’incertitude politique. Les prochaines semaines seront décisives.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

États-Unis: une juge fédérale valide des frais de 100 000 dollars sur des visas H-1B

Par Jean Mapou

WASHINGTON.— Une juge fédérale américaine a autorisé, mardi, l’administration Trump à appliquer des frais exceptionnels de 100 000 dollars sur certains visas de travail très prisés, notamment dans le secteur technologique. Cette décision judiciaire entérine une mesure annoncée en septembre dernier, qui avait suscité une vive contestation de la part des milieux économiques et universitaires.

La mesure concerne les visas H-1B, destinés à des travailleurs étrangers hautement qualifiés, scientifiques, ingénieurs ou encore spécialistes en informatique, recrutés par des entreprises américaines. Ces visas constituent depuis des années un levier essentiel pour les industries technologiques et de recherche, confrontées à une pénurie de main-d’œuvre spécialisée sur le marché intérieur.

Depuis son premier mandat, Donald Trump a fait de la restriction de ces visas un axe central de sa politique migratoire, affirmant vouloir privilégier l’emploi des travailleurs américains et réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère qualifiée.

Face à cette décision, la Chambre de commerce des États-Unis, appuyée par l’Association des universités américaines (AAU), avait saisi la justice. Les plaignants estimaient notamment que l’instauration de frais aussi élevés ne relevait pas des prérogatives du président. Ils soulignaient également que les détenteurs de visas H-1B contribuent de manière significative à la productivité, à la prospérité et à l’innovation de l’économie américaine.

Dans son jugement, la juge fédérale Beryl Howell a rejeté ces arguments. Elle a estimé que le Congrès avait conféré au président de larges pouvoirs statutaires, dont celui-ci pouvait user pour promulguer une telle proclamation. Selon la magistrate, la mesure s’inscrit dans une logique de protection de la sécurité économique et nationale des États-Unis.

«Le Congrès a accordé au président de larges pouvoirs statutaires, dont il s’est servi pour traiter, de la manière qu’il juge appropriée, un problème qu’il estime relever de la sécurité économique et nationale», a-t-elle souligné.

La juge a conclu que la décision présidentielle, ainsi que sa mise en œuvre, étaient légales et résistaient aux recours introduits par les plaignants.

Cette validation judiciaire ouvre la voie à l’application effective de ces frais, qui pourraient profondément modifier l’accès des talents étrangers au marché du travail américain. Si l’administration y voit un outil de régulation et de protection de l’emploi national, ses détracteurs redoutent un affaiblissement de la compétitivité et de la capacité d’innovation des États-Unis dans des secteurs stratégiques.

Jean Mapou

Accord du 21 décembre : trois ans après, ses artisans ravivent l’esprit d’un engagement toujours invoqué

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L’Accord du 21 décembre 2022, conclu sous le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry, dans un contexte national marqué par une profonde instabilité politique, une insécurité croissante, une fragilité institutionnelle et une urgence de gouvernance, a célébré ce lundi 22 décembre 2025 sa troisième année d’existence lors d’une cérémonie commémorative organisée à l’hôtel Montana, à Port-au-Prince.

Dans une des salles de cet Hotel, membres et sympathisants de ce cadre politique se sont réunis autour d’échanges destinés à rappeler la portée de cet engagement présenté, dès son élaboration, comme un instrument structurant pour la transition et la consolidation des institutions en Haïti.

Une date symbolique pour rappeler un cap

Cette rencontre a été l’occasion de souligner la valeur symbolique de la date du 21 décembre, considérée par ses partisans comme un repère politique majeur de ces dernières années. Les intervenants ont mis en avant l’importance de préserver l’esprit de dialogue, d’unité et de gouvernance concertée porté par l’accord, tout en réaffirmant la nécessité de maintenir ce cadre comme référence dans la recherche de solutions durables à la crise nationale.

Trois ans plus tard : repères et réalités du contexte

Trois ans après son adoption, l’accord demeure associé à plusieurs jalons institutionnels, dont la mise en place du Haut Conseil de la Transition (HCT) en 2023, puis à la configuration politique ayant conduit à l’actuel Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Dans un environnement toujours marqué par des défis sécuritaires, socio-économiques et institutionnels, ce texte continue d’être perçu par ses défenseurs comme un socle d’orientation, un cadre de principes et un référentiel politique encore utile au débat national. C’est l’avis de Domingue Orgella qui a pris partie tant d’autres son bâton de pèlerin dans le but de sensibiliser dés réticents et convaincre des sceptiques.

Préserver la mémoire et renforcer le cap

Les organisateurs de la commémoration, principalement Sergo D. Gaspard, ont insisté sur l’importance de ne pas laisser s’éteindre la mémoire de cet accord, estimant qu’il demeure un signal d’engagement et de responsabilité dans la quête d’un avenir plus stable. Ils appellent à maintenir vivant l’esprit qui l’a inspiré, notamment en matière de réformes institutionnelles, de cohésion nationale et de poursuite des efforts visant à redresser le pays.

Il convient de rappeler que plusieurs personnalités issues de l’Accord du 21 décembre occupent aujourd’hui des postes de responsabilité. Parmi elles, le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles, Dr Bertrand Sinal— absents à la cérémonie —, le directeur général de l’OFATMA, Garnier Vickerson, qui a pris la parole pour encourager les signataires à garder vivant l’esprit de l’accord, ainsi que d’autres responsables au sein des structures étatiques. La ministre de la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica Saint-Jean, aussi absente, a reçu des félicitations du directeur général de l’OFATMA.

En soufflant sa troisième bougie, le bloc majoritaire de l’Accord du 21 décembre ne se limite pas à un rappel historique. Pour ses partisans, il demeure un repère politique et moral, porteur d’une ambition de continuité, de dialogue et d’espérance dans un contexte national qui réclame constance, vision et action collective.

La rédaction

Haïti: SOS Journalistes alerte sur une tentative de bâillonnement de la presse

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— SOS Journalistes Haïti tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de glissement inquiétant du pouvoir de transition vers une dictature de fin de règne. Dans une prise de position rendue publique le 23 décembre 2025, l’organisation condamne un arrêté récemment adopté par le gouvernement de facto, qu’elle juge liberticide et contraire aux principes fondamentaux de la liberté de la presse et d’expression.

Présentées par les autorités comme des mesures d’encadrement et de protection du secteur médiatique, ces dispositions sont perçues par SOS Journalistes comme des instruments de répression politique. Son secrétaire général, Joseph Guyler C. Delva, y voit une résurgence de pratiques héritées des périodes les plus sombres de l’histoire politique haïtienne, évoquant explicitement les méthodes des régimes autoritaires du passé.

L’organisation pointe du doigt le rôle du Conseil présidentiel de transition (CPT), accusé de se comporter comme un Parlement de facto sans légitimité démocratique. Selon SOS Journalistes, loin de servir l’intérêt général, le CPT et le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé agiraient désormais sans foi ni loi, multipliant les décisions coercitives à l’encontre des médias.

Parmi les cas les plus emblématiques figure la suspension arbitraire, pendant huit mois, d’une émission de débat politique sur Radio Mega, décidée par le Conseil national des télécommunications (CONATEL). Une sanction jugée disproportionnée et symptomatique d’un climat d’intimidation croissante envers les journalistes et les organes de presse critiques.

SOS Journalistes Haïti s’inquiète également de la banalisation des poursuites pour injures, diffamation, cyberharcèlement et autres infractions, qui, selon l’organisation, servent de prétexte à une restriction accrue du travail journalistique. Les amendes et sanctions prévues par les autorités s’inscriraient ainsi dans une logique d’obstruction systématique à la liberté d’informer.

Malgré ce contexte tendu, l’organisation se montre convaincue que cette tentative de musellement de la presse est vouée à l’échec. Elle appelle à un dialogue inclusif associant l’ensemble des acteurs du secteur médiatique, notamment les patrons de presse et les médias en ligne, afin de repenser toute réforme du cadre légal.

En parallèle, SOS Journalistes Haïti et l’organisation Journalistes contre la Corruption pour les Droits Humains et la Démocratie (JCDH) annoncent leur intention de renforcer les programmes de formation continue, notamment en matière d’éthique, pour promouvoir un exercice responsable et professionnel de la liberté de la presse en Haïti.

Dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité et la crise institutionnelle, cet affrontement entre les autorités de transition et les organisations de défense des médias souligne une question centrale : celle de la place de la liberté d’expression dans le processus politique en cours.

Jean Mapou/ Le Relief