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Les États-Unis renforcent la capacité logistique de la Police nationale d’Haïti

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25 véhicules blindés ont été remis à la police nationale d’Haïti ce dimanche 28 décembre. Ces équipements qui vont servir dans le transport de troupes sont un don des Etats Unis d’Amérique. La livraison a été faite à la direction générale de l’institution en présence de plusieurs hauts responsables de l’État dont le Premier ministre, Alix Didier Fils Aimé.

Intervenant lors de la remise des blindés, le chef du gouvernement a
salué «cette avancée significative dans la lutte contre la sécurité et la stabilité du pays».

Le chef de la primature a exprimé publiquement sa gratitude envers l’Ambassade des États-Unis, plus particulièrement envers l’INL. Selon lui, ce don de 25 véhicules blindés traduit une compréhension claire et concrète des défis sécuritaires auxquels Haïti est confrontée.
« Les États-Unis font partie de ces partenaires qui ne se contentent pas de discours, mais qui apportent un soutien concret », a-t-il déclaré.

D’après Fils Aimé, ces véhicules blindés constituent un levier important dans la lutte contre les groupes armés. «Ils devraient faciliter les opérations visant à reprendre le contrôle de certains quartiers, à sécuriser les axes stratégiques et à créer les conditions nécessaires au retour des populations déplacées dans leurs zones d’origine». L’objectif, a-t-il souligné, reste avant tout de permettre aux citoyens de retrouver un minimum de sécurité dans leur quotidien.

Plus loin, le premier ministre a tenu à rappeler que le plan du gouvernement repose sur deux priorités majeures : d’abord, restaurer un climat de sécurité dès le début de l’année 2026 et organiser des élections crédibles avant la fin de l’année.

Le Premier ministre a également salué l’engagement de la Direction générale de la PNH ainsi que de l’ensemble du commandement, qui continue de travailler dans des conditions particulièrement difficiles. Selon lui, le peuple haïtien attend avant tout une réponse claire à l’insécurité, considérée comme la base de tout développement durable et de toute stabilité institutionnelle.

Enfin, tout en saluant les efforts de l’institution policière dans le lutte contre le grand banditisme dans le pays, Alix Didier Fils Aimé continue d’inviter la population à la patience.

Gedeon Delva/ Le Relief

Mes vœux pour Haïti à l’orée de 2026

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Haïti, berceau des libertés modernes et première République noire indépendante, traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus inquiétantes de son histoire. Paradis perdu aux confins de la Caraïbe, elle fait face à une crise systémique sans précédent depuis la Geste fondatrice de 1804. Cette situation dramatique est le résultat d’un faisceau de responsabilités clairement identifiables : l’incompétence persistante de la quasi-totalité de ses dirigeants, une corruption endémique aussi ancienne que l’État haïtien lui-même, l’humiliation et l’hypocrisie constantes de l’Occident, les querelles intestines pour le pouvoir, mais aussi l’incapacité collective des Haïtiennes et des Haïtiens à s’unir, sans dictée étrangère, autour d’un projet de refondation de l’État et d’un nouveau contrat social. Ces facteurs conjugués ont naufragé le pays.
À l’approche de l’année 2026, l’exercice des vœux ne saurait se réduire à une rhétorique de circonstance. Il doit être un acte de lucidité et d’engagement civique.
Mon premier vœu est la fin de l’insécurité généralisée. Aucun État ne peut survivre durablement lorsque son territoire est livré à la violence armée, à la peur et à l’effondrement de l’autorité publique. La sécurité est le socle de toute vie nationale. Sans elle, il n’y a ni économie viable, ni école fonctionnelle, ni coexistence citoyenne. Haïti doit retrouver la paix qui lui permettra de redevenir un pays hospitalier, ouvert et respecté.
Mon deuxième vœu est le rétablissement effectif des institutions républicaines par des élections crédibles, honnêtes et inclusives. Le pays a un besoin vital de dirigeants patriotes, compétents, intègres et conscients de la portée historique de leurs responsabilités. Il lui faut des décideurs capables de réconcilier la nation avec elle-même, de défendre avec fermeté les intérêts matériels et spirituels de l’État, de concevoir et d’appliquer de véritables politiques de développement, mais aussi de faire toute la lumière sur la gestion de ceux que l’opinion publique accuse de détournements et de malversations. Sans justice et sans reddition de comptes, la démocratie restera un mot creux.
Mon troisième vœu est le recouvrement de la souveraineté nationale dans sa plénitude. Le premier gouvernement légitime et constitutionnel issu de cette longue période de dérives devra entreprendre la réorganisation profonde de l’État, en particulier du service diplomatique et consulaire, afin de redonner à Haïti une voix crédible, digne et respectée sur la scène internationale.
Malgré l’ampleur du désastre, tout n’est pas irrémédiablement perdu. L’histoire haïtienne est jalonnée de sursauts inattendus. Il ne manque au pays ni intelligence ni courage, mais une prise de conscience collective et des femmes et des hommes convaincus, capables de placer l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles. L’année 2026 peut encore être celle du redressement, si la volonté de (re)construire l’emporte enfin sur la tentation de la ruine.

Pierre Josué Agénor Cadet

Port-au-Prince, une Noël assombrie par l’insécurité et la détresse économique

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE, 25 décembre 2025— À l’approche des fêtes de fin d’année, la capitale haïtienne offre un visage inhabituellement sombre. L’ambiance festive qui caractérisait autrefois Noël semble s’être dissoute dans une réalité marquée par l’insécurité chronique, l’effondrement du pouvoir d’achat et la précarité généralisée. Dans une ville sous tension, les priorités ont changé: survivre prime désormais sur célébrer.

Une capitale sans décorations ni ferveur

Dans les rues de Port-au-Prince, les décorations de Noël se font rares, sinon inexistantes. Les marchés autrefois animés, les rues illuminées et les rassemblements familiaux ont cédé la place à une atmosphère de prudence et de repli. La multiplication des violences armées, les déplacements forcés de milliers de familles et la flambée des prix des produits de première nécessité ont profondément modifié les habitudes.

Pour de nombreux habitants, la période des fêtes n’évoque plus la joie ni le partage, mais rappelle au contraire les difficultés quotidiennes et l’incertitude du lendemain.

L’insécurité étouffe toute envie de célébration

À Kenscoff, Westerdjy Antoine, jeune enseignant reconverti en chauffeur de taxi moto pour subvenir à ses besoins, ne cache pas son amertume. Selon lui, l’esprit de Noël s’est évaporé au fil des crises successives. «Aujourd’hui, c’est l’insécurité qui détruit le pays. S’il y a une fête, elle n’est pas pour les plus démunis», confie-t-il.

Même constat à Christ-Roi, Maudeleine Fortin, mère de deux enfants, décrit son quartier comme un champ de ruine, des gens qui se désertent dès la tombée de la nuit. «À partir de 6 heures du soir, tout le monde rentre chez soi. Avant, il y avait de la vie, des activités pour les jeunes. Aujourd’hui, il n’y a rien», déplore-t-elle, arguant que la vie à Port-au-Prince se vide petit à petit de son sens.

Les déplacés internes, les grands oubliés des fêtes

La situation est encore plus dramatique pour les personnes déplacées par la violence des gangs. Jina, originaire de Croix-des-Bouquets, a fui son domicile fin 2023 avec ses enfants. Hébergée de manière précaire chez des proches, elle lutte chaque jour pour assurer le minimum vital à sa famille. «Dans ces conditions, je ne peux pas dire que je suis dans l’esprit de Noël», témoigne-t-elle, la voix empreinte de fatigue.

Ces familles déplacées, privées de stabilité et de ressources, incarnent l’une des facettes les plus douloureuses de la crise actuelle.

La nostalgie des fêtes de Noël

Pour beaucoup d’Haïtiens, Noël a perdu sa signification. Dorlyne, 46 ans, vit à Clercine. Elle se souvient, avec nostalgie, d’une époque où les sapins, les achats de fin d’année et l’émerveillement des enfants rythmaient le mois de décembre. «Aujourd’hui, tout cela a disparu», constate-t-elle, résignée.

L’effervescence des marchés et les traditions familiales ont été remplacées par l’inquiétude, alimentée par un contexte économique et sécuritaire incertain.

Malgré ce tableau sombre, certains refusent de renoncer totalement à l’esprit de Noël. Joceler, habitant de la plaine du Cul-de-Sac, tente de préserver les valeurs de solidarité et de partage, même avec des moyens limités. «Il faut continuer à garder espoir», affirme-t-il, convaincu que ces valeurs restent essentielles, surtout en temps de crise.

Dans certains quartiers, d’autres se sont adonnés à des plaisirs débauchés. Sous la coupe des chefs de gangs des performances DJ ont duré toutes les nuits mélangeant nuisance sonore, jeux de détonations automatiques, raborday et perversion en abondance.

Tout compte fait, Noël n’est plus un temps de réjouissance collective, mais le reflet brutal des fractures sociales, économiques et sécuritaires qui traversent le pays. Le miroir d’une crise morale, multiforme et profonde.

Pour une large partie de la population, les fêtes de fin d’année ne sont plus synonymes de célébration, mais rappellent l’urgence d’un retour à la sécurité, à la stabilité et à la dignité humaine.

Jean Mapou/ Le Relief

CPT- Indemnités: Le conseil présidentiel transition dément et rassure la population

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Dans une note rendue publique le vendredi 26 décembre, le conseil présidentiel de transition dément les informations, selon lesquelles, ses membres envisageraient des indemnités à l’approche de la fin leur mandat. Selon le CPT, il s’agit d’une campagne de désinformation visant à décrédibiliser le processus de transition.

« Le conseil présidentiel de transition tient à apporter un démenti formel aux allégations faisant croire que ses membres envisageraient de s’octroyer des indemnités à l’approche de la fin de leur mandat», écrit le CPT.

Le conseil présidentiel rappelle que sa mission véritable est de renforcer les institutions publiques, assurer une gestion transparente des ressources de l’Etat, entres autres.

La mission du CPT «demeure exclusivement centrée sur la conduite responsable de la transition, le renforcement des institutions démocratiques…».

En conséquence, le conseil présidentiel de transition invite la population, les médias à être très vigilants car, dit-il, il s’agit d’une campagne de désinformation visant à décrédibiliser le processus de la transition.

Gedeon Delva

Entre gangs armés et contraintes institutionnelles : une véritable équation électorale haïtienne

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le mercredi 24 décembre 2025 — À l’approche de l’année 2026, la question de l’organisation des élections en Haïti se heurte de plein fouet à une réalité sécuritaire de plus en plus alarmante. Les prises de position publiques d’anciens responsables de la sécurité, de personnalités politiques et d’acteurs de la société civile convergent vers un même constat : l’insécurité généralisée constitue aujourd’hui l’obstacle principal à la tenue d’élections libres, crédibles et inclusives.

Lors de son intervention au Forum mondial de la diaspora haïtienne, l’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Michel-Ange Gédéon, a rappelé que la crise sécuritaire actuelle n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un affaiblissement progressif et politique des institutions régaliennes.

Selon lui, la montée en puissance des gangs armés, désormais structurés, autonomes et lourdement équipés, a profondément modifié l’équilibre des forces. Cette mutation transforme les groupes criminels en acteurs capables d’imposer des zones d’exclusion, compromettant de facto toute activité civique normale, y compris le processus électoral.

Cette analyse trouve un écho direct dans les faits récents. Le mardi 23 décembre 2025, des individus lourdement armés affiliés au groupe Viv Ansanm ont tenté de détourner plusieurs embarcations en mer, dans une opération visant, selon des sources sécuritaires, à renforcer leurs circuits de financement et de ravitaillement. Cette tentative a été déjouée par la Garde côtière haïtienne, évitant un précédent grave : l’extension du contrôle des gangs aux voies maritimes stratégiques.

Cet épisode illustre cependant la capacité d’adaptation des groupes armés et la vulnérabilité persistante des frontières terrestres et maritimes.

Parallèlement, les enlèvements contre rançon connaissent une recrudescence préoccupante, notamment dans les zones de Delmas, où les cas signalés se multiplient. Ces kidnappings, qui touchent indistinctement civils, travailleurs, étudiants et commerçants, participent à un climat de terreur quotidienne.

Cette insécurité chronique entrave la libre circulation des citoyens, limite l’accès aux services publics et alimente un repli généralisé, incompatible avec toute dynamique électorale fondée sur la participation populaire.

Sur le plan juridico-électoral, les implications sont majeures. Le Conseil électoral provisoire (CEP), bien que chargé de planifier et d’organiser le scrutin, se heurte à des contraintes objectives : impossibilité de déployer ses agents dans certaines zones, difficulté à sécuriser les centres d’inscription et les bureaux de vote, absence de garanties suffisantes pour la protection des électeurs, du matériel électoral et du personnel.

Dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine, l’autorité de l’État demeure contestée, voire inexistante, posant la question fondamentale de l’égalité territoriale devant le vote.

À ces obstacles s’ajoute la crainte d’une participation électorale fortement compromise. La peur des déplacements, la fermeture informelle de quartiers entiers et la pression exercée par les groupes armés risquent d’exclure de facto une partie significative de l’électorat.

Dans un tel contexte, même un scrutin techniquement organisé pourrait souffrir d’un déficit de légitimité, si une frange importante de la population est empêchée, directement ou indirectement, d’exercer son droit de vote.

Les déclarations de l’un des membres du conseil présidentiel de transition, Dr Frinel Joseph, saluant la publication du calendrier électoral comme une avancée vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel, traduisent une volonté institutionnelle réelle.

Toutefois, comme l’a souligné Michel-Ange Gédéon, aucun calendrier électoral ne peut suppléer l’absence de sécurité effective sur le terrain. Les normes internationales en matière d’élections démocratiques exigent non seulement un cadre légal, mais aussi un environnement sécurisé garantissant la liberté de choix, l’absence de coercition et la protection des électeurs.

Les mises en garde de personnalités comme Jacky Lumarque et Sterline Civile renforcent ce diagnostic. Elles rappellent que la lutte contre les gangs, si elle n’est pas accompagnée d’un renforcement durable des institutions judiciaires, policières et électorales, risque de produire des effets limités. L’impunité persistante, la politisation de la violence et l’usage instrumental des groupes armés ont contribué à fragiliser l’État, rendant toute transition démocratique particulièrement vulnérable.

Ainsi, à l’aube de 2026, la question n’est plus seulement de savoir si des élections peuvent être organisées, mais dans quelles conditions elles pourraient se tenir sans reproduire les schémas d’exclusion, de peur et de contestation.

Tant que les attaques contre les civils se poursuivent, que les kidnappings augmentent et que les gangs conservent une capacité opérationnelle élevée, le processus électoral reste exposé à des risques majeurs, tant sur le plan sécuritaire que sur celui de sa crédibilité démocratique.

Détention prolongée: Plus d’une vingtaine de prisonniers libérés à Port-au-Prince à l’occasion de Noël

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PORT-AU-PRINCE.— À l’occasion des fêtes de Noël, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince a procédé, mercredi, à la libération de 23 détenus incarcérés depuis plusieurs années dans le cadre de dossiers jugés mineurs.

Cette mesure exceptionnelle a été annoncée lors d’une visite officielle au Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL), à Delmas 33, en présence du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Patrick Pelissier, ainsi que du doyen du tribunal. L’établissement accueille depuis plusieurs mois de nombreux prisonniers transférés après l’évasion massive survenue au Pénitencier national.

Parmi les bénéficiaires figurent 5 femmes, 13 mineurs garçons et 4 hommes adultes, détenus depuis 2014 et 2020. Selon les autorités judiciaires, leur situation ne justifiait plus une incarcération prolongée. Le ministre de la Justice a précisé qu’aucun détenu impliqué dans des affaires de viol, d’enlèvement ou de vol à main armée n’est concerné par cette décision.

Me Patrick Pelissier a souligné que cette libération vise à favoriser la réinsertion sociale des anciens détenus et à contribuer au désengorgement des centres carcéraux, dans un contexte marqué par de graves dysfonctionnements du système judiciaire et une détention préventive prolongée devenue structurelle.

Le garde des Sceaux a également annoncé le lancement prochain d’une initiative mobile contre la détention prolongée, qui sera déployée dans les départements du pays afin d’identifier et de traiter plus rapidement les cas de détention irrégulière. Il a par ailleurs évoqué un projet de construction de trois nouveaux centres pénitentiaires modernes, ainsi que l’organisation prochaine d’assises judiciaires à travers le pays pour accélérer le traitement des dossiers.

Jean Mapou

Frappes américaines au Nigeria : une intervention militaire inédite sur fond de crise sécuritaire et de débat religieux

Par Jean Wesley Pierre

Les États-Unis ont mené, le jeudi 25 décembre 2025, plusieurs frappes aériennes contre des positions affiliées à l’organisation État islamique dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria. Ces opérations, confirmées par le président américain Donald Trump et le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), ont causé la mort de plusieurs combattants jihadistes. Il s’agit de la première intervention militaire directe des États-Unis sur le sol nigérian sous l’administration Trump.

Dans une déclaration publiée sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a justifié ces frappes par la nécessité de répondre aux assassinats de chrétiens attribués à des groupes extrémistes opérant dans la région. Le président américain avait, ces dernières semaines, multiplié les avertissements, affirmant que les chrétiens du Nigeria faisaient face à une « menace existentielle ». Il a promis de nouvelles frappes si les violences se poursuivent.

Le ministère américain de la Défense a diffusé une courte vidéo montrant le lancement nocturne d’un missile depuis un navire de guerre battant pavillon américain. AFRICOM a précisé que les frappes avaient été menées « à la demande des autorités nigérianes » et visaient spécifiquement des combattants de l’État islamique actifs dans l’État de Sokoto.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a salué la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja, se disant reconnaissant du soutien du gouvernement nigérian. De son côté, le ministère nigérian des Affaires étrangères a confirmé des frappes américaines « de précision contre des cibles terroristes », soulignant l’engagement du Nigeria dans une coopération sécuritaire structurée avec ses partenaires internationaux.

Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a indiqué que les renseignements ayant permis l’opération provenaient du Nigeria. Il a également révélé avoir échangé à deux reprises avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, avant le déclenchement des frappes. Selon lui, cette intervention s’inscrit dans un processus en cours, laissant entendre que d’autres opérations conjointes pourraient suivre.

Sur le terrain, ces frappes ont suscité surprise et inquiétude parmi les populations locales. Dans certaines zones rurales de l’État de Sokoto, des habitants ont affirmé ne pas avoir identifié auparavant une présence significative de groupes affiliés à l’État islamique. Certains craignent une extension du conflit et des représailles contre les civils.

Le gouvernement nigérian a toutefois tenu à clarifier sa position, niant toute persécution religieuse ciblée. Les autorités rappellent que la lutte contre le terrorisme s’applique indistinctement, quelles que soient les confessions des victimes. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est divisé de manière relativement équilibrée entre un sud majoritairement chrétien et un nord majoritairement musulman.

Depuis plusieurs années, le pays est confronté à une multiplicité de violences : insurrection jihadiste dans le nord-est, groupes armés criminels dans le nord-ouest, et conflits communautaires dans le centre, souvent liés à l’accès aux terres et aux ressources plutôt qu’à des considérations religieuses. Ces violences affectent aussi bien des populations chrétiennes que musulmanes.

Des analystes indépendants et le gouvernement nigérian rejettent l’idée d’un génocide religieux, une thèse régulièrement avancée par certains cercles politiques et religieux aux États-Unis et en Europe. Ils estiment que la complexité du contexte nigérian exige une approche globale, intégrant sécurité, gouvernance, justice et développement.

L’ONU, pour sa part, a alerté sur une recrudescence des enlèvements de masse, notamment d’écoliers, ainsi que sur la structuration des kidnappings contre rançon en une véritable industrie criminelle. Selon un rapport du cabinet SBM Intelligence, ces activités auraient généré plus de 1,6 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025.

Dans ce contexte, l’intervention américaine soulève des interrogations sur son impact à long terme : renforcera-t-elle la capacité de l’État nigérian à lutter contre le terrorisme, ou risque-t-elle d’alimenter de nouvelles tensions locales ? Si Washington affirme agir en appui aux autorités nigérianes, le débat reste ouvert sur l’efficacité et les conséquences d’une militarisation accrue face à une crise multidimensionnelle.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

L’OCNH exige la révision du décret sur la fonctionnement de la haute cour de justice

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Le conseil présidentiel transition a adopté le 17 décembre 2025 un décret sur le fonctionnement de la haute cour de justice. Cette adoption suscite de nombreuses réactions tant du côté de la classe politique tant du côté des organisations de défense des droits humains. C’est le cas pour l’organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH).

À travers une note publiée, cette structure dirigée par Me Camille Occius y voit l’impunité persistante en matière de corruption dans le pays et exige sans delai la révision du texte.

Pour étayer sa position, l’organisme de defense de droits humains évoque le décret du 27 juin 1904. Cette loi rend les anciens hauts fonctionnaires justiciables des tribunaux de droit commun. L’organisation souligne aussi une violation de la constitution haïtienne de 1987 en vigueur.

L’OCNH affirme que ce décret contredit la loi ainsi que la constitution de 1987 amendée.
Elle souligne également une incompatibilité avec la Convention des Nations Unies contre la corruption, signée par Haïti.

«Le décret affaiblit le régime légal des sanctions liées à la grande criminalité », souligne l’organisme tout en estimant que ce régime constitue une nécessité majeure de l’heure. «Le texte favorise une désacralisation dangereuse du cadre juridique de répression », soutient l’OCNH.

Enfin, l’organisation pour une nouvelle Haïti exhorte le Conseil présidentiel de transition à agir rapidement. Le CPT doit, selon elle, rendre le décret conforme aux articles 1 et 2 de la loi du 27 juin 1904 ainsi que le strict le respect de la Constitution et des normes internationales ratifiées par Haïti.

Gedeon Della

Marathon pour la Paix : la police haïtienne veut se rapprocher des habitants du Champ de Mars

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Par Jean Wesley Pierre

La Police Nationale d’Haïti (PNH), à travers la Police Communautaire Éducative (EDUPOL), et avec le soutien de l’ONG brésilienne Viva Rio, a organisé le dimanche 21 décembre 2025 un Marathon pour la Paix, visant à promouvoir la cohésion sociale, la non-violence et le rapprochement entre la police et la population.

Les départs ont été simultanément effectués à la Place Boyer, au Carrefour de l’Aéroport et à Delmas 83, pour aboutir au Champ de Mars, un espace public longtemps déserté en raison de l’insécurité.

L’événement a réuni un large public, incluant des enfants, des jeunes, des adultes et des personnes à mobilité réduite, soulignant le caractère inclusif de l’initiative.

Selon la Direction de communication de la PNH (DICOP), ce marathon s’inscrit dans une démarche de promotion de la paix et de renforcement de la confiance entre la police et les citoyens. L’activité a également servi à réaffirmer la volonté de la PNH de redonner vie aux espaces publics emblématiques de la capitale.

La cérémonie de clôture s’est tenue au kiosque Occide Jeanty, en présence du Conseiller-président Edgar Leblanc Fils, du Commandant en chef a.i. de la PNH, Vladimir Paraison, ainsi que de plusieurs autorités civiles et policières. Des prix ont été remis aux gagnants des différentes catégories, récompensant leur participation et leurs performances.

Pour assurer le bon déroulement de l’événement, un important dispositif de sécurité a été déployé tout au long du parcours. Aucun incident majeur n’a été signalé, garantissant une expérience sûre et conviviale pour tous les participants.

À travers cette initiative, la PNH entend renforcer le lien avec la population, encourager le retour progressif des citoyens au Champ de Mars et promouvoir une culture de paix dans la société haïtienne, tout en mettant en avant l’importance de la collaboration entre institutions publiques et communauté.

Jean Wesley Pierre/Le Relief

Haïti à l’heure du bilan : les messages de Jocelerme Privert et Jean-Henry Céant

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le mardi 23 décembre 2025 — À l’approche de la fin de l’année 2025, deux figures majeures de la vie politique haïtienne, Jocelerme Privert, ancien président provisoire de la République, et Jean-Henry Céant, ancien Premier ministre, ont livré des messages publics à la nation. Bien que formulés dans des registres différents, l’un politique et programmatique, l’autre poétique et mémoriel, leurs propos convergent autour d’un même constat : la profondeur de la crise que traverse le pays et l’urgence d’un sursaut collectif.

Jocelerme Privert : un vœu politique centré sur la sortie de crise et les élections

Dans son message de fin d’année, l’ancien président provisoire Jocelerme Privert dresse d’abord un constat sombre de la situation nationale. Il rappelle que « la fin de l’année 2025, comme les précédentes, n’a pas été douce pour le peuple », évoquant une population contrainte de vivre « dans la peur, la misère et le désespoir ». Cette entrée en matière place son propos dans une continuité de crises non résolues, marquées par l’insécurité et la précarité.

Se projetant vers l’avenir, Jocelerme Privert exprime un souhait clair pour l’année à venir : « l’année 2026 devrait annoncer la fin de toutes les calamités et des souffrances que nous avons endurées ». Il associe cette espérance à la fin d’une transition qu’il juge improductive, affirmant que « la transition qui n’a apporté aucune amélioration pour le peuple devrait arriver à son terme ».

Au cœur de son message figure l’importance du processus électoral. Il insiste sur le caractère indispensable des élections annoncées, qu’il qualifie de « pierre angulaire dans la reconstruction de notre pays ». Selon lui, ces élections doivent être « libres, crédibles et acceptées par tous et par toutes », car elles offrent au peuple haïtien « l’opportunité de se reconstruire et de tracer sa voie vers un avenir plus prometteur ».

Enfin, Jocelerme Privert appelle à dépasser le stade des paroles pour entrer dans celui de l’action concrète, déclarant sans ambiguïté : « l’heure n’est plus aux discours, elle est aux engagements visibles et qui donnent des résultats mesurables ». Il conclut en rappelant une feuille de route axée sur la sécurité, l’éducation, la jeunesse, le relèvement économique, la moralité publique, ainsi que la mobilisation de toute la nation, y compris la diaspora.

Jean-Henry Céant : une lecture poétique et mémorielle de la crise haïtienne

De son côté, l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant a choisi une forme littéraire pour adresser son message de fin d’année, à travers un texte intitulé « Au détour de ma mémoire ». Dès les premières lignes, il souligne la dissonance entre le calendrier et la réalité nationale : « Noël est arrivé, le nouvel an demeure en sursis. Nous n’avons pas vu venir Noël. »

Son texte dresse un tableau marqué par la violence et le déracinement, évoquant « balles et exils », « camps de déplacés », « dignité meurtrie », « silences d’État et abandons », pour conclure que « la Fête est arrivée sans Paix ni Pain ». Il inscrit cette souffrance dans le quotidien des Haïtiens, affirmant que « tout est misère et pauvreté pour un peuple qui gémit […] pris entre la mort et la vie ».

Jean-Henry Céant insiste également sur la perte de repères collectifs, écrivant sans détour : « Haïti marche sans boussole », avant de décrire la fuite comme un réflexe généralisé : « on fuit les quartiers, on fuit le pays, on fuit même l’espoir qui nous nie ». Pour lui, « la migration n’est plus une option, c’est une urgence », tandis que ceux qui gouvernent « cultivent l’indifférence ».

Malgré la gravité du constat, le texte se conclut sur un appel à la responsabilité collective. L’ancien chef du gouvernement interroge : « Nous reste-t-il un dernier souffle, une dernière responsabilité ? », avant de répondre : « Oui : nous tenir debout, ensemble, frères et sœurs, complices de notre belle histoire, face à l’avenir et à la mémoire. »

Deux messages, un même diagnostic

Si Jocelerme Privert privilégie une approche institutionnelle et orientée vers les élections comme voie de sortie de crise, Jean-Henry Céant adopte une posture introspective et symbolique, centrée sur la mémoire, la dignité et la résistance morale. Tous deux, cependant, décrivent une nation éprouvée, confrontée à l’insécurité, à la pauvreté et à l’absence de perspectives immédiates.

Ces deux prises de parole, publiées à la fin de l’année 2025, témoignent d’une préoccupation commune pour l’avenir du pays et posent, chacune à leur manière, la même question essentielle : comment transformer l’épreuve actuelle en point de départ d’un renouveau national.

Jean Wesley Pierre/Le Relief