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Le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé installe Raina Forbin et Sandra Paulemon dans leurs fonctions

Comme nouveau chef de l’exécutif haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a procédé, mercredi 4 mars 2026, à l’installation officielle des ministres Raina Forbin et Sandra Paulemon, respectivement au Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes, et de celui de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE).

Pour une diplomatie active, orientée vers la défense de notre souveraineté

Dans son intervention, le Premier ministre a présenté la nouvelle ministre comme une vraie professionnelle loyale cumulant beaucoup d’années d’expérience au sein de l’administration publique. « Son expérience, sa loyauté constituent des garanties certaines pour la conduite de la diplomatie haïtienne dans un contexte international exigeant. Son parcours et son engagement traduisent une connaissance approfondie des enjeux stratégiques contemporains ainsi qu’un attachement indéfectible aux intérêts supérieurs de la Nation ».

M. Fils Aimé a rappelé à la ministre ses principales. Selon la primature, la nouvelle Ministre aura pour mission de renforcer la présence d’Haïti dans les instances régionales et internationales, de consolider nos partenariats stratégiques et de promouvoir une diplomatie active, orientée vers la défense de notre souveraineté, la mobilisation d’investissements et la protection des intérêts de nos compatriotes à l’étranger.

En présence de plusieurs personnalités au sein du gouvernement, amis et quelques membres de la classe politique, le chef du Gouvernement exprimé la reconnaissance de la Nation à l’endroit du Ministre sortant, Jean Victor Harvel Jean-Baptiste, pour  « le travail accompli au service de la République d’Haïti ». Son lui, le ministre sortant a su, dans des circonstances particulièrement complexes, défendre avec constance, dignité et esprit républicain la position d’Haïti sur la scène internationale, contribuant ainsi à préserver la crédibilité et la continuité de notre action diplomatique.

Succédant à Harvel Jean Baptiste
qui a reçu les acclamations pour le travail accompli au service de la République d’Haïti, Raïna Forbin la tête du Ministère des Affaires étrangères et des Cultes. Elle a la lourde responsabilité, comme défi immédiat, de rétablir la confiance interne et externe.

Le choix de la responsabilité au MPCE

Dans une dynamique de l’action et de l’importance de la vision stratégique de développement national, le chef du gouvernement a procédé, ce même jour, à l’installation officielle de Sandra Paulemon à la tête du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), institution clé dans l’architecture économique et sociale de l’État.

Alix Didier Fils-Aimé déclare, péremptoirement, « en confiant la direction du ministère à Madame Sandra Paulemon, le Gouvernement fait le choix de la responsabilité». En effet, c’est au sein de ce Ministère que s’élabore la vision à long terme de la Nation, que se structurent les politiques de planification stratégique du Plan Stratégique pour le Développement d’Haïti aux programmes d’investissement public et enfin que se coordonne la coopération externe.

Pour le Premier ministre, le MPCE est essentiel à la stabilité et à la continuité de l’action publique, un moteur pour recadrer la conception stratégique du développement économique et social du pays.

Vantant le travail de la ministre sortante, Fils-Aimé estime que les bases posées par Ketleen Florestal, constituent un socle solide qu’il convient désormais de consolider et d’approfondir afin de renforcer l’efficacité de l’intervention de l’État.

C’est donc, dans cette optique que le choix de Sandra Paulemon a été porté pour consolider le partenariat international et orienter les priorités nationales au service l’amélioration des conditions de vie de la population.

Catalyseur de la croissance et de développement, le MPCE devra poursuivre sa mission sous la direction de la nouvelle ministre.

Cette installation survient dans un contexte marqué par de grandes incertitudes politiques et sécuritaires. La nouvelle ministre, pourra-t-elle transcender les réalités sociopolitiques pour offrir à la population de nouveaux narratifs et de résultats palpables ?

Gedeon Delva

Une Coupe du monde sans Harold Domond: l’émotion d’un peuple peut-elle être mise sous silence?

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Par Jean Mapou

Le football n’est pas seulement un sport. En Haïti, il est un moment de communion collective, une parenthèse où les crises s’effacent, où les quartiers se rassemblent autour d’un écran et où chaque action devient un frisson partagé. Mais dans cette dramaturgie sportive, une voix, parmi tant d’autres, s’est imposée au fil des années comme un repère incontournable: celle de Harold Domond.

Sa manière de raconter un match, de transformer une simple phase de jeu en moment d’intensité, a marqué toute une génération d’auditeurs et de téléspectateurs. Avec lui, les matchs ne se regardaient pas seulement… ils se vivaient.

C’est pourquoi la perspective d’une grande compétition comme la FIFA World Cup sans sa voix suscite une véritable inquiétude dans l’opinion. Non pas par culte de la personnalité, mais parce que Hado fait partie de ces rares figures médiatiques capables de créer un lien émotionnel entre le terrain et le public.

Aujourd’hui, pourtant, l’actualité est dominée par le dossier judiciaire impliquant son épouse. Un dossier qui relève de la justice et qui doit suivre son cours avec toute la rigueur nécessaire. Personne ne peut ni ne doit se placer au-dessus de la loi.

Mais une autre réalité mérite d’être posée dans le débat public: peut-on réduire une carrière, une contribution médiatique et un héritage professionnel à une polémique périphérique de partie de jambes en l’air d’une personne déjà noyée dans la perversion du moment?

Car Harold Domond n’est pas seulement un commentateur. Il est devenu, au fil du temps, une mémoire sonore du football pour des milliers d’Haïtiens. Ses cris de joie, ses analyses spontanées et sa capacité à traduire l’émotion brute du jeu ont accompagné des soirées inoubliables où l’on vibrait devant les exploits du Brésil, de l’Argentine ou encore Grenadiers haïtiens.

Dans un pays souvent traversé par les tensions et les incertitudes, ces moments comptent plus qu’on ne le croit. Domond ne peut porter les fardeaux de quelqu’un d’autre en dépit du fait que cette personne soit la mère de ses enfants, sans revenir sur les petites histoires ou sur le scandale même. Les responsabilités pénales sont personnelles et non sexuellement transmissibles.

La question posée aujourd’hui dépasse donc un simple dossier. Elle interroge notre capacité collective à distinguer les responsabilités individuelles, le fonctionnement de la justice et la reconnaissance d’un parcours professionnel.

Car au fond, une Coupe du monde sans Harold Domond ne serait pas seulement l’absence d’un commentateur.

Aujourd’hui Harold Domond a besoin du soutien et de la solidarité de la presse sportive, un secteur pour lequel il s’est tant battu. L’abandonner dans ce combat entre l’émotion et la profession serait réduire au silence une voix qui, pendant des années, a su faire battre le cœur d’un peuple au rythme du ballon rond.

Hado n’est pas un amis personnellement, je ne le connais que de nom sinon c’est carrefourois comme moi. Mais c’est une question de principe et d’honneur pour la presse haïtienne. Si nous avons fermé les yeux sur les malheurs d’aitres confrères par le passé, il est donc temps de nous ressaisir et aller sur les fronts ARRRRIGIDIBOOM.

États-Unis : la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem révoquée par Donald Trump

Le président américain Donald Trump a annoncé, jeudi 5 mars 2026, la révocation de Kristi Noem de son poste de secrétaire du Département de la Sécurité intérieure (DHS). Cette décision marque le premier grand remaniement ministériel du second mandat du président américain.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Donald Trump a indiqué que la responsable sera remplacée par le sénateur républicain de l’Oklahoma, Markwayne Mullin, dont la prise de fonction est prévue pour le 31 mars.

Selon plusieurs médias américains, la décision intervient après une série de controverses entourant la gestion du département par Kristi Noem. Lors d’auditions tendues devant le Congrès cette semaine, elle a été vivement critiquée pour sa politique migratoire et pour un programme publicitaire de plus de 200 millions de dollars accusé d’avoir servi à promouvoir son image.

Son mandat a également été marqué par des opérations controversées contre l’immigration clandestine, notamment après la mort de deux citoyens américains lors d’une intervention d’agents fédéraux. Les critiques, venues à la fois de démocrates et de certains républicains, ont accentué la pression politique autour de sa direction du DHS.

Malgré son éviction, Kristi Noem ne quitte pas complètement l’administration. Le président Trump a annoncé qu’elle occupera désormais un nouveau poste diplomatique, celui d’« envoyée spéciale pour le Shield of the Americas », une initiative sécuritaire destinée à renforcer la coopération dans l’hémisphère occidental.

Ancienne gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem occupait la tête du Département de la Sécurité intérieure depuis janvier 2025. Sa révocation met fin à un mandat marqué par de fortes tensions politiques autour des politiques migratoires américaines.

La rédaction
Avec la presse internationale

Au MTPTC, Joseph Almathe Pierre-Louis promet rigueur, modernisation et neutralité républicaine

Par Gesly Sinvilier

Le gouvernement haïtien a procédé à l’installation de l’ingénieur Joseph Almathe Pierre-Louis à la tête du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), une institution stratégique pour le développement des infrastructures et la relance économique du pays. Originaire de Port-Salut et formé en Haïti comme à l’international en génie civil, notamment dans les domaines des structures et des constructions parasismiques, le nouveau ministre affiche un profil technocratique qui pourrait impulser une nouvelle dynamique au sein de ce ministère clé.

Dans son allocution d’installation, le nouveau titulaire du MTPTC a d’abord tenu à remercier le Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de la République, pour la confiance placée en sa personne dans un contexte national particulièrement exigeant. Il a souligné la responsabilité qui accompagne cette nomination et s’est engagé à remplir ses fonctions avec sens de l’État, rigueur et esprit de service public.

L’ingénieur Joseph Almathe Pierre-Louis a également affirmé sa volonté d’exercer ses responsabilités avec neutralité, objectivité et éthique, en garantissant que les ressources de l’État ne seront ni instrumentalisées ni détournées à des fins partisanes. Selon lui, l’action du ministère devra rester exclusivement orientée vers l’intérêt général et le service de la République. Il a insisté sur la nécessité de replacer la compétence, la planification stratégique et la rigueur administrative au cœur de l’action publique afin de sortir progressivement d’une logique de gestion permanente de crise pour évoluer vers une dynamique de résultats durables.

Dans un contexte marqué par de grands défis sécuritaires et institutionnels, le nouveau ministre a également annoncé que le MTPTC travaillera en étroite coordination avec les forces de sécurité du pays. Le ministère interviendra notamment pour maintenir, moderniser et réhabiliter les infrastructures déjà sécurisées, afin de les rendre pleinement fonctionnelles et adaptées aux exigences de la stabilité nationale. Cette approche vise à consolider les espaces reconquis et à favoriser le rétablissement progressif des services publics et des activités économiques.

Le ministre a par ailleurs annoncé que les routes nationales et départementales feront l’objet d’interventions techniques prioritaires afin d’en garantir la praticabilité et de faciliter la mobilité des citoyens et des biens à travers le territoire. L’amélioration de l’état du réseau routier est considérée comme une condition essentielle pour soutenir les échanges économiques et renforcer la cohésion territoriale.

Enfin, Joseph Almathe Pierre-Louis a exprimé sa volonté de rendre plus accessibles et plus fonctionnelles les infrastructures portuaires, aéroportuaires et de télécommunications, éléments essentiels au fonctionnement de l’État et à la stabilité des activités économiques. La modernisation de ces infrastructures devra contribuer à améliorer la connectivité du pays, à sécuriser les installations stratégiques et à renforcer la capacité opérationnelle des institutions publiques.

À travers ces orientations, le nouveau ministre du MTPTC entend insuffler une gouvernance technique plus transparente et plus efficace, tout en accélérant la mise en œuvre des chantiers prioritaires. Son objectif déclaré : remettre les infrastructures au cœur de la reconstruction institutionnelle et économique du pays.

Gesly Sinvilier / Le Relief

Petit billet au professeur Pierre Josué Agenor Cadet: « L’Histoire n’existe pas »

Par THÉODORE Andral

Cher professeur, votre texte: Haïti à vendre : la République livrée aux marchands de pouvoir, fait courir des frissons. On ne peut que compatir à votre désarroi face à l’enlisement de notre pays. Professeur d’histoire, chevronné, vous êtes mieux placé que quiconque pour capter toutes les vibrations et ondes négatives étalées sur le pays, comme une couche de peinture couleur sang.

Ce cri: « On ne fait pas cela à un pays, la Nation de la liberté », explique tout; pas besoin d’étaler d’autres atrocités, d’autres barbaries. Vous avez constaté, jugé, condamné la médiocrité, la trahison, le mercantilisme. Et comme verdict, vous avez prononcé ceci: Et si certains persistent à vendre la République morceau par morceau, l’histoire, elle, n’oubliera pas leurs noms.

Notre réserve réside dans le verdict, en constatant les décisions et actions des seigneurs de la guerre, au grand dam, au mépris absolu des conventions et lois universelles.

Ces gens n’ont pas peur du jugement de l’histoire; au contraire, ils coupent la planète morceau pa morceau, ils démontrent par leur arrogance, les failles abyssales des récits de l’histoire. Seuls les châtiments du présent et les victimes sont vrais. L’histoire est préfabriquée par et pour les « Intérêts »; mais elle n’existe pas.

THÉODORE Andral

Haïti à vendre : la République livrée aux marchands de pouvoir

Par Pierre Josué Agénor Cadet

On ne fait pas cela à un pays. Encore moins à un pays comme Haïti. La Nation qui, en 1804, a défié l’ordre du monde en proclamant la liberté et la dignité d’un peuple anciennement asservi, est aujourd’hui réduite à un spectacle affligeant. À force d’aveuglement, d’ambitions médiocres et d’arrangements douteux, une partie de nos élites a transformé l’État en une structure fragile, presque fictive, où l’improvisation tient lieu de gouvernance et où l’incompétence se pare du masque de l’expertise.

Le dernier gouvernement issu d’un prétendu accord politique dénommé maladroitement pacte national signé dans un parc illustre tragiquement cette dérive. Ce qui aurait dû être un moment solennel de refondation nationale s’est transformé en un arrangement politique improvisé, révélateur d’une culture de pouvoir où les postes se négocient plus qu’ils ne se méritent.

Depuis plusieurs années, les accords politiques se succèdent sans jamais reconstruire l’État. Ils servent surtout à répartir les positions, à satisfaire les intérêts de clans et à prolonger les privilèges d’une minorité d’acteurs politiques et d’affairistes. L’échec du gouvernement dirigé par l’ancien Premier ministre Ariel Henry et la confusion du Conseil présidentiel de transition auraient dû servir de leçon. Ils n’ont manifestement servi qu’à préparer un nouvel épisode de la même comédie politique.

Aujourd’hui, le pays semble administré comme un marché. On recycle d’anciens ministres dont l’inefficacité est déjà connue et l’on promeut de nouveaux responsables dont l’inexpérience inquiète. Les rares compétences ne suffisent pas à masquer l’impression d’un pouvoir bricolé à la hâte.

Plus grave encore, certaines confidences venues d’anciens cercles du pouvoir laissent entendre que les luttes actuelles pour le contrôle de l’État pourraient aussi servir à récompenser certains acteurs ou complices du système qui a conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse. Si cela s’avérait, la crise politique haïtienne ne serait pas seulement institutionnelle : elle serait profondément morale.

Mais le plus inquiétant est peut-être ailleurs. Une partie de la société civile, de la classe politique et même de certains secteurs de la presse semble s’accommoder de cette dérive, parfois par opportunisme, parfois par calcul. L’intérêt national disparaît alors derrière la logique du plus offrant.
Ainsi, dans les coulisses du pouvoir, circule une formule cynique qui résume l’état de la République :
« ministères et directions générales à vendre ».

Voilà le drame. Car un pays n’est pas une marchandise, un État n’est pas un butin et une nation ne se gouverne pas comme un marché.
Et si certains persistent à vendre la République morceau par morceau, l’histoire, elle, n’oubliera pas leurs noms.

Professeur Pierre Josué Agénor Cadet
E-mail :pijac02@yahoo.fr

Haïti-Remaniement ministériel: l’organisation Kay Jèn appelle à des actions concrètes

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Dans une note de presse publiée le 5 mars 2026, l’organisation de jeunesse Kay Jèn a pris acte du récent remaniement ministériel, tout en appelant les nouvelles autorités à poser des actions concrètes face aux crises qui affectent le pays.

Dans ce document signé par son responsable de communication, Chedler Désir, l’organisation estime que, dans un contexte marqué par de profondes difficultés sociales, économiques et sécuritaires, ce changement au sein du gouvernement ne doit pas se limiter à un simple réajustement administratif. Selon Kay Jèn, il doit plutôt constituer un véritable tournant politique en faveur des droits humains et des intérêts de la population.

L’organisation souligne que la population attend des réponses tangibles, notamment en matière d’accès à l’éducation, de protection sociale, de sécurité et d’emploi pour les jeunes. Elle rappelle que les fonctions ministérielles doivent être perçues comme des responsabilités au service de la nation et non comme des privilèges.

Kay Jèn insiste également sur la nécessité de placer la jeunesse au cœur des politiques publiques. Souvent confrontés au chômage, à l’insécurité et au manque d’opportunités, les jeunes continuent pourtant, selon l’organisation, de porter l’espoir du pays.

Dans cette perspective, l’organisation appelle les nouvelles autorités à orienter leur action autour du respect des droits humains, de la transparence dans la gestion publique, de la participation citoyenne, notamment celle des jeunes et des femmes, ainsi que de politiques publiques capables de réduire les inégalités et de renforcer la cohésion sociale.

Kay Jèn affirme enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante afin de continuer à défendre les droits fondamentaux et à porter la voix de la jeunesse haïtienne, estimant que «l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action responsable et inclusive».

Jean Mapou / Le Relief

Liquidation de la souveraineté nationale via des contrats léonins : La Fondasyon Je Klere (FJKL) crie au scandale

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Le contrat prévoit également une redevance de performance de 20 % pendant les trois premières années, puis 15 % durant les sept années suivantes, calculée sur les recettes douanières dépassant un seuil annuel de 458 millions de dollars.

Selon la FJKL, ce seuil est largement inférieur aux recettes actuelles de l’Administration générale des douanes, qui génère environ 11 milliards de gourdes par mois, soit près de 1 milliard de dollars par an.

Dans ces conditions, la fondation estime que la firme pourrait engranger plus d’un milliard de dollars sur dix ans, même sans amélioration significative des performances douanières.

Un contrat de sécurité de 52 millions de dollars

Le rapport évoque également un troisième accord conclu avec la société Windward Wyoming LLC, visant à fournir un soutien tactique et stratégique à la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les gangs.
Ce contrat, dont la version officielle n’a pas été rendue publique selon la FJKL, prévoirait la mise en place d’une force opérationnelle d’environ 100 hommes, répartie sur trois bases dans le pays et chargée d’opérations contre les groupes armés.

La firme aurait promis notamment la neutralisation de plusieurs chefs de gangs, la réouverture de routes nationales stratégiques, la sécurisation de zones portuaires et la stabilisation de certaines régions en quelques semaines d’opérations.

Le montant du contrat serait estimé à 52 millions de dollars pour une année. Selon les informations obtenues par la fondation, l’État haïtien aurait déjà versé environ 35,5 millions de dollars à la firme durant les huit premiers mois du contrat, dont 20,89 millions de dollars pour le seul mois de novembre 2025.

Des résultats jugés insuffisants

La FJKL affirme toutefois qu’aucune des promesses faites dans ce contrat de sécurité n’a été tenue. L’aéroport international reste fermé, plusieurs routes nationales demeurent sous le contrôle de gangs et l’accès au port n’a pas été totalement rétabli.

L’organisation estime que les 52 millions de dollars engagés auraient pu permettre de renforcer significativement les forces de sécurité nationales. Avec un salaire mensuel moyen de 30 250 gourdes par policier, cette somme aurait pu financer le salaire annuel de plus de 17 000 policiers ou soldats pour les Forces armées d’Haïti.

Appel à des enquêtes

En conclusion, la FJKL considère que ces trois contrats conclus avec des firmes étrangères constituent une forme de délégation de compétences régaliennes et pourraient compromettre la souveraineté nationale. L’organisation appelle à des enquêtes approfondies par les institutions de lutte contre la corruption et par de futures commissions parlementaires afin de déterminer les responsabilités dans la signature de ces accords.

La rédaction

𝐍𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐦𝐞𝐳 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐚𝐝𝐢𝐨 𝐞𝐭 𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝’𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢.(𝐿𝑒𝑡𝑡𝑟𝑒 𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑡𝑒 𝑎𝑢 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑀𝑖𝑛𝑖𝑠𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑢𝑙𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛𝑖𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛, 𝐸𝑚𝑚𝑎𝑛𝑢𝑒𝑙 𝑀𝑒́𝑛𝑎𝑟𝑑.)𝐏𝐚𝐫 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐕𝐞𝐧𝐞𝐥 𝐂𝐚𝐬𝐬𝐞́𝐮𝐬

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La Radio et la Télévision nationales ne constituent plus, depuis longtemps, le cœur exclusif de la communication publique. L’espace médiatique s’est fragmenté, numérisé, désintermédié. Plateformes numériques, diffusion en continu, médias sociaux, production mobile de contenus, intelligence artificielle éditoriale, interaction en temps réel avec les citoyens : l’État moderne ne communique plus par un canal unique, mais à travers un système intégré de médias publics.

𝐄𝐧 𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐞𝐭 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐚𝐝𝐢𝐨 𝐞𝐭 𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 (DGRTNH), 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐞𝐫 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐌𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐬 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭 (DGME). La différence ne tient pas à une question de vocabulaire administratif. Elle concerne la manière dont l’État conçoit désormais sa présence dans l’espace informationnel.

L’appellation « Radio et Télévision nationales » renvoie à une configuration historique : celle d’un État qui s’adressait au pays à travers deux antennes centrales, dans un paysage médiatique relativement stable et peu concurrentiel. Cette architecture correspondait à une époque où la radio structurait l’espace public et où la télévision représentait le principal vecteur audiovisuel de diffusion nationale.

Ce paysage n’existe plus. L’information circule désormais dans un environnement hybride où les frontières entre production, diffusion et réception se brouillent. Les contenus migrent d’un support à l’autre, les formats se recomposent en permanence et les publics naviguent entre radio, télévision, plateformes numériques, téléphones mobiles et réseaux sociaux. Dans cet écosystème mouvant, limiter l’action publique à la gestion de deux antennes historiques enferme l’État dans une représentation réductrice de sa propre communication.

Parler de médias d’État permet d’embrasser cette réalité nouvelle. La radio nationale et la télévision nationale y conservent leur place, mais comme composantes d’un ensemble plus vaste : plateformes numériques publiques, services de diffusion en ligne, productions culturelles et éducatives, archives audiovisuelles, dispositifs d’information numérique et futurs supports encore à venir. L’enjeu ne consiste plus à administrer des stations, mais à structurer un système médiatique public capable d’accompagner les transformations de l’espace informationnel.

Cette évolution possède également une portée institutionnelle. Les médias d’État relèvent de la continuité de la République. Leur vocation consiste à informer, documenter la vie nationale, transmettre la mémoire collective et offrir un espace d’expression au pluralisme social et culturel du pays. Ils appartiennent à l’État, non aux gouvernements successifs.

C’est précisément cette distinction qui fonde leur crédibilité. 𝐔𝐧 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐚𝐮 𝐧𝐨𝐦 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫, 𝐮𝐧 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐚𝐮 𝐧𝐨𝐦 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. Il inscrit l’action publique dans la durée, au-delà des alternances et des conjonctures.

Nommer un Directeur Général des Médias d’État, c’est préparer l’institution à évoluer avec les technologies, avec les usages et avec les formes nouvelles de circulation de l’information. Autrement dit, c’est permettre à l’État haïtien de penser ses médias non plus comme un héritage administratif, mais comme une infrastructure stratégique de la vie démocratique contemporaine.

5 Mars 2026

Politique Égalité femmes-hommes : le MCFDF fait son autocritique

Par Jean Wesley Pierre

À l’approche du 8 mars, le ministère évalue les avancées et admet des « lacunes persistantes » face aux violences basées sur le genre.

Du concret ou des discours ? Ce mercredi 4 mars 2026, à l’Hôtel Montana, le Ministère de la Condition Féminine et des Droits des Femmes (MCFDF) a lancé deux journées de réflexion autour de la Politique d’Égalité Femmes-Hommes 2014-2034 et son Plan d’Action National (PANEFH).

Objectif affiché : évaluer les progrès, identifier les failles et renforcer la cohérence de l’action publique en matière de genre.

Sous la houlette de la directrice générale Sandy François, en présence des cadres du ministère, des agences onusiennes (UNFPA), des organisations féministes et de la société civile, l’exercice se veut participatif. Mais au-delà du décorum institutionnel, les interventions ont laissé transparaître une réalité plus nuancée.

« Un regard exigeant sur les résultats obtenus »

La ministre Pedrica Saint Jean a donné le ton : si l’adoption de la politique en 2014 a constitué « un tournant décisif », il est désormais temps de « porter un regard exigeant » sur le chemin parcouru.

Pour beaucoup d’analystes les avancées existent — intégration progressive du genre dans les politiques publiques, programmes de protection sociale, initiatives pour la santé reproductive et l’éducation des filles — mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur des défis.

Car les « inégalités structurelles et les violences basées sur le genre demeurent préoccupantes ». Un aveu qui résonne comme un constat d’échec partiel, dans un pays où les femmes continuent de subir discrimination, insécurité et sous-représentation dans les instances de décision.

La communauté internationale veille

Samir Anouti, représentant de l’UNFPA en Haïti, a salué « l’engagement du gouvernement » tout en rappelant le partenariat stratégique sur des dossiers sensibles comme la santé sexuelle et reproductive, lutte contre les VBG, renforcement institutionnel. Un rappel discret mais clair, les bailleurs de fonds attendent des résultats mesurables, pas seulement des intentions.

Le soutien politique en question

La ministre a tenu à souligner l’appui du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, louant « une volonté politique constante ». Une déclaration qui tombe à point nommé, alors que le gouvernement est critiqué sur d’autres fronts. Mais au-delà des paroles, c’est sur le terrain que se jouera la crédibilité de cet engagement.

« Garantir la participation effective des femmes dans les espaces décisionnels, c’est approfondir la démocratie », a martelé Pedrica Saint Jean. Reste à savoir si les postes stratégiques, les budgets alloués et les politiques publiques suivront.

Des discussions techniques, des attentes immenses

Les travaux, structurés autour des orientations du PANEFH, ont permis d’examiner secteur par secteur les avancées et les blocages : accès à une justice équitable, éducation non sexiste, santé reproductive, autonomisation économique. Autant de chantiers où les promesses se heurtent souvent au mur du réel.

La première journée s’est achevée sur une note de « responsabilité partagée ». Ce jeudi 5 mars, les participantes et participants devront formuler des recommandations opérationnelles pour le futur plan national.

Ces assises ont le mérite d’exister. Dans un Haïti où l’urgence sécuritaire et économique écrase souvent les débats de fond, le MCFDF tente de maintenir le cap sur l’égalité de genre. Mais l’exercice comporte un risque : celui de l’enfermement dans des discussions techniques qui n’auront que peu d’impact sur la vie réelle des femmes et des filles, surtout en zones de non-droit.

Car comment parler d’égalité quand des milliers de femmes déplacées survivent dans des camps insalubres ? Comment promouvoir l’autonomisation économique quand l’insécurité étrangle l’activité ? Comment lutter contre les VBG quand les criminels font la loi ?

Les réflexions du MCFDF sont nécessaires. Mais elles ne vaudront que si elles débouchent sur des actions concrètes, budgétisées et protégées de l’instabilité chronique. Le 8 mars 2026, les femmes haïtiennes n’attendent pas des vœux pieux. Elles exigent des droits effectifs, une protection réelle et une place à la table des décisions.

Jean Wesley Pierre / Le Relief