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Violences sexistes dans l’administration des Nippes

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Par la Rédaction

Les organisations féministes, féminines et de la société civile du département des Nippes, réunies au sein du Rezo Fanm Nip (REFANIP), montent au créneau pour dénoncer ce qu’elles qualifient de graves dérives institutionnelles à caractère sexiste. Dans une note de positionnement rendue publique, elles expriment leur vive indignation face aux pressions, intimidations, menaces et tentatives de discrédit dont seraient victimes la Directrice Départementale de l’Éducation et la Directrice Départementale de la Santé des Nippes.

Selon le REFANIP et les organisations signataires, ces actes répétés ne relèvent pas de simples conflits administratifs ou personnels. Ils s’inscrivent dans un schéma plus large de violences institutionnelles et symboliques exercées contre les femmes occupant des postes de responsabilité au sein de l’administration publique haïtienne. Une réalité persistante qui met en lumière la difficulté, pour les femmes, d’exercer sereinement des fonctions de décision dans un environnement encore largement marqué par des stéréotypes sexistes.

Une remise en cause systémique du leadership féminin

Les organisations dénoncent une culture profondément enracinée qui tend à délégitimer l’autorité des femmes dès lors qu’elles accèdent à des postes stratégiques. Ces attaques, soulignent-elles, reposent sur des préjugés selon lesquels les femmes seraient incompétentes, manipulables ou illégitimes pour diriger des institutions publiques. Une perception discriminatoire qui porte atteinte non seulement à la dignité des personnes concernées, mais aussi aux principes fondamentaux de neutralité, de mérite et de continuité de l’État.

Pour le REFANIP, les deux directrices mises en cause sont des cadres techniques qualifiées, reconnues pour leur engagement et leur compétence dans la défense du droit à l’éducation et du droit à la santé. Les tentatives de fragilisation de leur autorité professionnelle sont perçues comme une stratégie visant à maintenir les femmes à l’écart des espaces de pouvoir, en contradiction flagrante avec les lois nationales et les engagements internationaux d’Haïti en matière d’égalité de genre.

Un appel pressant à l’État et aux autorités compétentes

Face à cette situation jugée alarmante, le REFANIP affirme sa solidarité totale et indéfectible envers les deux responsables départementales. Les organisations signataires dénoncent avec force les violences sexistes et politiques qui ciblent les femmes leaders dans l’administration publique et rejettent toute instrumentalisation politique fondée sur des considérations de genre.

Elles appellent les autorités centrales compétentes, notamment le Ministère de l’Éducation nationale et le Ministère de la Santé publique, à prendre des mesures immédiates et concrètes pour garantir la sécurité, la protection et l’indépendance professionnelle des deux directrices. Elles exigent également que les auteurs de menaces, de pressions et d’actes d’intimidation soient identifiés et sanctionnés conformément aux lois de la République.

^Un enjeu démocratique majeur*

Pour le REFANIP, la marginalisation des femmes, la remise en cause systématique de leur autorité et les violences sexistes au sein des institutions publiques constituent des obstacles majeurs à la démocratie, à la gouvernance inclusive et au développement durable. L’État haïtien a, rappellent-elles, l’obligation de créer un environnement institutionnel où les femmes peuvent exercer pleinement leurs responsabilités sans crainte, ni discrimination, ni représailles.

Les organisations lancent enfin un appel à la population des Nippes, aux médias et à l’ensemble de la société civile afin de refuser toute normalisation de la violence sexiste dans la gestion des affaires publiques. Pour elles, la défense des femmes qui servent l’État avec compétence et intégrité est indissociable de la construction d’une société plus juste et plus démocratique.

Car, concluent-elles, il ne peut y avoir de démocratie réelle ni de développement durable sans la participation pleine et effective des femmes aux instances de décision.

Le Relief

Journée des Aïeux : les autorités de la Transition rendent hommage aux pères fondateurs au MUPANAH

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le 2 janvier 2026 —
À l’occasion de la célébration de la Journée des Aïeux, les plus hautes autorités de la Transition ont procédé, le vendredi 2 janvier 2026, à une cérémonie de dépôt de gerbe de fleurs au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH).

Le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Son Excellence Laurent Saint-Cyr, accompagné des conseillers-présidents Smith Augustin, Joseph Frinel, Edgard Leblanc et Emmanuel Vertilaire, du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que du ministre de la Défense, Jean Michel Moïse, et du ministre de la Culture et de la Communication, Patrick Delatour, ont pris part à cette cérémonie officielle.

Ce moment de recueillement visait à honorer la mémoire des pères fondateurs de la nation haïtienne, artisans de l’Indépendance, et à rappeler le sens profond du combat historique mené pour la liberté, la souveraineté et la dignité du peuple haïtien. Les autorités ont souligné l’importance de préserver et de transmettre l’héritage laissé par les ancêtres, considéré comme un socle fondamental de l’identité nationale.

La cérémonie s’inscrit dans le cadre des activités commémoratives organisées à l’occasion des fêtes de l’Indépendance et de la Journée des Aïeux, traditionnellement dédiées à la valorisation de la mémoire historique et à la reconnaissance du sacrifice des héros de la Révolution haïtienne.

À travers ce geste symbolique, les dirigeants de la Transition ont réaffirmé leur attachement aux valeurs fondatrices de la République et leur volonté de s’inscrire dans la continuité du projet national hérité des ancêtres.

Jean Wesley Pierre/Le Relief

Petit billet aux Aïeux

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Chers Ancêtres,

En ce lendemain du 222ᵉ anniversaire de l’acte fondateur par lequel vous avez brisé les chaînes de l’esclavage, de la colonisation, de la ségrégation raciale et imposé au monde l’existence d’un peuple noir libre et indépendant, je vous écris avec gravité, colère et fidélité. Fidélité à votre sacrifice, gravité face à l’état de l’État , colère devant la trahison persistante de l’idéal de 1804. Vous n’avez pas seulement vaincu la plus grande armée coloniale du monde de l’époque, celle de Napoléon ; vous avez posé les bases d’un projet politique universel fondé sur la dignité humaine, la souveraineté et la justice. Cet héritage, aujourd’hui, est méthodiquement piétiné.
Car le territoire que vous avez arraché à l’ordre esclavagiste est désormais vidé de sa substance. La souveraineté nationale est confisquée, fragmentée, marchandée. Le pays est livré à des bandes armées qui règnent par la terreur, pendant que des forces obscures, économiques, diplomatiques et financières dictent silencieusement l’agenda national. La République n’exerce plus son autorité sur son territoire ; la loi du plus fort supplante la loi commune.
Vos descendants paient le prix de cette faillite. Ils sont déplacés dans leur propre patrie, errants sur une terre pourtant conquise au prix du sang. D’autres sont contraints à l’exil volontaire , humiliés, pourchassés, niés dans leur humanité sur les routes et dans les pays mêmes qui se sont enrichis de notre histoire. Les institutions, piliers de l’État moderne que vous aviez rêvé, sont en ruine. Depuis plus d’une décennie, le processus de légitimation démocratique est paralysé, transformant l’exception en norme et la transition en système.
Dans ce chaos entretenu, une classe politique prédatrice prospère. Elle instrumentalise l’instabilité, prolonge volontairement l’impasse, pille les ressources publiques et gouverne sans mandat moral ni populaire. Pendant que le peuple survit, le pays meurt à petit feu. Ce n’est plus seulement une crise politique : c’est une trahison historique.
Chers Aïeux, nous vous interpellons aujourd’hui non par nostalgie, mais par devoir. Réveillez les consciences engourdies, secouez les lâchetés, ravivez l’esprit d’insoumission et de responsabilité. Aidez-nous à reprendre le combat inachevé, interrompu trop tôt après le 17 octobre 1806, afin de refonder l’État et la Nation dans la rigueur, la souveraineté réelle et l’intérêt collectif.
Car Haïti ne se relèvera pas par la charité ni par les tutelles, mais par un retour exigeant à l’esprit de l’Indépendance.

Pierre Josué Agénor Cadet

Affaire Cherenfant–Vertilaire : quand le respect de la loi est puni par une faute politique

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, mardi 30 décembre 2025 —La diplomatie haïtienne est secouée par une affaire révélatrice d’un mal plus profond : la normalisation de l’abus et la punition de l’intégrité. L’ « affaire Cherenfant–Vertilaire » ne repose ni sur des rumeurs ni sur des interprétations partisanes. Elle s’appuie sur un document officiel, daté, signé, transmis au ministère des Affaires étrangères, et dont le contenu accable davantage le système qu’il ne cherche à se justifier.

Une correspondance officielle comme pièce centrale

Dans une note explicative datée du 22 décembre 2025, adressée au ministre des Affaires étrangères, le consul général a.i. d’Haïti à Santiago, Stephen Junior Cherenfant, expose « de manière factuelle, sereine et transparente » sa version des faits entourant la visite strictement privée de la famille du conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire, accusé de dans l’affaire BNC.

Le diplomate y précise qu’il a été personnellement contacté le dimanche 15 décembre 2025, vers onze heures du matin, par Emmanuel Vertilaire, l’informant du départ imminent de son épouse et de leurs deux enfants pour Santiago. Bien que mobilisé par l’arrivée prochaine d’une délégation officielle du (MAE) Ministère des Affaires Étrangères, le consul affirme avoir proposé d’envoyer le chauffeur du consulat. Mais, écrit-il, « Son Excellence Monsieur Vertilaire m’a expressément demandé de me rendre personnellement à la frontière », invoquant un sauf-conduit et un passeport diplomatique… qui ne seront jamais présentés matériellement.

Une entrée facilitée pour raisons de sécurité

Dans sa note, le consul relate,?sans ambiguïté, les circonstances de l’arrivée tardive de la famille à la frontière dominicaine, il déclare :
« Mon intention était de procéder aux formalités migratoires dans les délais réglementaires, avant la fermeture des services d’immigration. Malheureusement, en raison d’un retard du vol au départ de Port-au-Prince, la famille est arrivée à la frontière aux environs de vingt (20) heures, sans contact préalable avec moi. »

Face à l’impossibilité matérielle de régulariser la situation le jour même, le diplomate explique avoir pris une décision motivée par la sécurité :
« Compte tenu de l’heure tardive et de l’impossibilité matérielle de finaliser les formalités migratoires le jour même, j’ai pris la responsabilité, dans un souci de protection et de sécurité, de faciliter leur entrée par la zone de CODEVI et d’y prendre à ma charge un hébergement hôtelier pour la nuit. »

Un point crucial : cet hébergement est assumé sur fonds personnels, non sur les ressources de l’État.

Une prise en charge personnelle… jusqu’à la ligne rouge

Le lendemain, après régularisation migratoire, le consul accompagne la famille jusqu’à Santiago. Là encore, il insiste sur son implication personnelle :

« Tout au long du trajet, j’ai veillé personnellement au bien-être et à la sécurité de Madame Vertilaire et de ses enfants, multipliant les arrêts nécessaires et m’identifiant systématiquement aux différents points de contrôle. »

À l’arrivée, il précise :

« J’ai procédé au paiement de cet hébergement avec mes fonds personnels et pris l’initiative de faire livrer un repas. »

Ces éléments, consignés noir sur blanc, démontrent que le diplomate n’a opposé aucun refus d’assistance humaine ou logistique. Le conflit naît ailleurs.

La demande de trop : hôtel et fonds publics

Le mardi 16 décembre au matin, la situation change radicalement. Le consul écrit :

« C’est à ce moment que j’ai été informé de la demande relative à la location de quatre (4) chambres hôtel Marriott, à Santo Domingo, ainsi qu’à la mise à disposition de fonds destinés à des activités de nature personnelle, notamment des séances de magasinage. »

Il s’agit donc clairement de dépenses privées, sans aucun lien avec une mission diplomatique ou officielle.
Face à cette demande, Stephen Junior Cherenfant affirme avoir opposé un refus fondé sur le droit :

« Le budget du Consulat ne comporte aucune rubrique autorisant la prise en charge de dépenses liées à une visite de caractère privé ou touristique de membres de la famille d’un Conseiller présidentiel. »

Et il rappelle sa responsabilité personnelle :

« En ma qualité d’ordonnateur et de gestionnaire des fonds publics, il m’incombait de respecter strictement les règles de bonne gouvernance, de transparence et de protection des ressources de l’État. »

Un refus légal, une sanction politique ?

Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, ce refus aurait déclenché des pressions directes ayant conduit à la révocation du consul. Aucune dénégation officielle n’a été formulée par le ministère des Affaires étrangères à ce jour.

Dans sa note, le diplomate anticipe pourtant toute tentative de manipulation de ses intentions :

« Mon refus ne procédait ni d’un manque de considération, ni d’une volonté de soustraction à mes responsabilités, mais exclusivement du respect des normes budgétaires et administratives auxquelles je suis légalement et moralement tenu. »

Et il conclut :

« J’ai agi, en toutes circonstances, de bonne foi, avec diligence, et dans l’intérêt supérieur de l’État haïtien. »

Pourtant le consul a été la révoqué comme conséquence directe de ce refus, alors le message envoyé à l’ensemble des agents publics est clair : respecter la loi devient un acte sanctionnable lorsqu’il contrarie des intérêts politiques.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

«Nous pouvons sécuriser le pays», dixit Michel-Ange Gédéon, ancien directeur général de la PNH

Par Thomas Lalime
Le Nouvelliste Haiti, 22 décembre 2025

Intervenant au Forum mondial de la diaspora haïtienne le samedi 13 décembre 2025 à Fort Lauderdale, Michel-Ange Gédéon, ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), a livré un témoignage poignant sur l’affaiblissement de l’institution policière et la dégradation continue du climat sécuritaire en Haïti. D’un ton calme et posé, la voix grave et la stature imposante, M. Gédéon a confessé se sentir redevable envers la nation d’une analyse lucide, rigoureuse et affranchie de toute rhétorique politique. La présente chronique s’inspire de son intervention au forum ainsi que des échanges qui en ont suivi.

Michel-Ange Gédéon est un policier de carrière ayant gravi tous les échelons de la PNH, jusqu’à en atteindre le sommet. Il a été nommé directeur général par intérim le 8 avril 2016, avant d’être ratifié par le Sénat de la République pour un mandat de trois ans. Issu de la 8ᵉ promotion de la PNH et gestionnaire de formation, il a successivement dirigé les commissariats de Grand-Goâve, de Carrefour et de Port-au-Prince. Il a par la suite occupé les fonctions de commissaire divisionnaire, de directeur départemental de l’Ouest, puis d’inspecteur général, avant d’accéder à la direction générale de l’institution policière.

Aujourd’hui expert des Nations Unies en matière de sécurité pour Haïti, M. Gédéon affirme avoir volontairement tenu les considérations politiques à distance durant son passage à la tête de la PNH. À l’en croire, une attitude différente lui aurait sans doute valu d’autres mandats, s’il avait cédé aux nombreuses pressions et sollicitations politiques. Son bilan fait notamment état de l’arrestation de plusieurs chefs de gangs qui dominent et paralysent aujourd’hui la zone métropolitaine. Ces opérations, souligne-t-il, étaient souvent suivies d’interventions d’autorités politiques ou des juges réclamant la libération des individus écroués.

L’épineux contrôle des frontières

Sous sa direction, soutient M. Gédéon, la PNH s’était dotée d’un Plan de développement stratégique destiné à anticiper et compenser le retrait de la force onusienne, la MINUSTAH. Ce plan visait notamment à occuper durablement les espaces aujourd’hui investis par les gangs armés. Il prévoyait une montée en puissance de l’effectif de la PNH à environ 21 000 agents afin de contenir la prolifération des foyers de banditisme armé. Or, en 2025, précise M. Gédéon, plus de 125 gangs ont été recensés, totalisant près de 30 000 hommes armés. La PNH, de son côté, ne dispose théoriquement que d’environ 11 000 policiers, globalement sous-équipés et faiblement encadrés.

Qui pis est, la PNH est confrontée à des déficits structurels qui excèdent largement son champ de compétences. À titre d’exemple, on recense près d’une centaine de points d’entrée et de sortie d’armes illégales entre Haïti et la République dominicaine, dont seulement quatre sont officiellement reconnus. Il devient dès lors pratiquement impossible de retracer les circuits de circulation des armes à feu sur le territoire national. L’acquisition légale d’armes demeure extrêmement contraignante pour la PNH, tandis que le marché informel fonctionne sans entrave au profit des gangs armés.

Ce fléau ne date pas d’hier. À son époque, Michel-Ange Gédéon avait privilégié une stratégie de régularisation des armes en circulation, en accordant moins d’importance à leur provenance qu’à l’identification et à la responsabilisation de leurs détenteurs. Cette approche visait, au moins, à instaurer un début de traçabilité et de contrôle. Avant d’être remercié par le feu président Jovenel Moïse à la tête de la PNH, l’ancien directeur général avait ainsi procédé à la légalisation d’environ 40 000 armes. À cette période, le nombre d’armes illégales en circulation était estimé à près de 200 000.

Cinq ans plus tard, la situation s’est profondément détériorée. Ce qui relevait autrefois d’un mal circonscrit s’est mué en un cancer systémique. Michel-Ange Gédéon connaît l’insécurité de l’intérieur. Il en reconnait l’odeur et en connait les rouages. Il en percevait les signes, en maîtrisait les mécanismes et en avait vu la catastrophe se dessiner bien avant qu’elle n’éclatait au grand jour. Directeur général de la PNH durant certaines des périodes les plus tumultueuses de l’histoire récente du pays, il s’était recueilli devant les tombes de braves officiers morts pour le drapeau haïtien. Il a croisé le regard de mères réclamant justice, une justice que le système, trop défaillant, est incapable de leur accorder.

Il avait essayé de limiter les dégâts. Sans succès. Ses efforts, regrette-t-il, ont été sacrifiés à l’hôtel des intérêts politiques. Certains le rendaient même responsable de l’insécurité, prétextant qu’il était d’obédience Lavalas, ayant été nommé par le président intérimaire Jocelerme Privert. Au lieu de l’épauler, le régime Tèt kale 2.0 avait jugé bon de ne pas renouveler son mandat afin de trouver des successeurs plus obéissants. Sa visite au Parlement en tenue d’agent du Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) avait irrité les parlementaires indélicats. Même les parlementaires les plus intègres n’avaient pas apprécié le geste. Et cela avait compromis sa reconduction à la tête de la PNH.

Lorsqu’il était aux commandes, souligne-t-il, la PNH faisait face à des gangs et à une criminalité encore relativement circonscrits. Le constat est aujourd’hui radicalement différent. À l’époque, les gangs fonctionnaient principalement comme des instruments au service d’acteurs politiques, économiques ou de caïds locaux. Désormais, ils ont acquis une autonomie financière et opérationnelle. Ils disposent de leurs propres sources de financement – enlèvements, extorsions, trafic d’armes et points de rançonnage – et se sont mués en véritables organisations paramilitaires, au point de remettre en cause la souveraineté même de l’État.

En conséquence, une grande partie de la population vit dans des camps de déplacés, perd leur maison, leur entreprise, voire des membres de leur famille. La diaspora, pour sa part, a cessé de rentrer au pays. Certains de ses membres ont cessé de construire des maisons de retraite dans leur vile natale. Ils se voient obligés d’envoyer de l’argent pour les funérailles de proches qu’ils ne parviennent même pas à enterrer dignement. « Vous payez un « impôt de guerre » sous forme de transferts de fonds qui vont aux ravisseurs au lieu de financer les études », regrette M. Gédéon en s’adressant aux membres de la diaspora.

Sans dissimuler son amertume face aux difficultés persistantes de la PNH à maintenir le cap, Michel-Ange Gédéon affirme néanmoins sa confiance dans l’institution. « Je connais les hommes et les femmes de la Police nationale d’Haïti. La plupart sont des patriotes. Chaque matin, ils quittent leur domicile sans savoir s’ils rentreront vivants. Mais ils sont sous-équipés, sous-payés et trop souvent abandonnés par la classe politique », confie-t-il. Et de poursuivre : « On ne résout pas une telle crise avec des slogans. Il ne suffit pas de dire que la police doit travailler davantage. Le courage seul ne suffit pas pour mener une guerre : il faut une stratégie, une logistique et, surtout, une volonté politique.»

En examinant les plans de sécurité actuels et les résolutions de l’Organisation des nations unies (ONU), M. Gédéon conclut qu’il y a une voie à suivre, mais elle est étroite. Le plan sur la table, estime-t-il, qui prévoit une mission de soutien international spécialisée travaillant avec la PNH, et non au-dessus d’elle, est la meilleure option tactique.

Pourquoi ? Parce que la PNH a besoin de souffler. Haïti, selon lui, a besoin d’une force capable d’encaisser des tirs nourris, de tenir les points stratégiques et de sécuriser les axes logistiques : ports, aéroports et autoroutes. Cela permettra à la PNH de se concentrer sur ses missions principales : police de proximité, enquêtes et renseignements. Cependant, argue-t-il, les forces internationales ne sont qu’un palliatif, pas une solution miracle. Il déclare : « la solution doit venir des Haïtiens. La solution, c’est une Police nationale haïtienne réformée, rigoureusement contrôlée et bien équipée. La solution, c’est un système judiciaire qui emprisonne réellement les criminels, afin que la police n’ait plus à arrêter cinq fois le même individu.

Le rôle stratégique de la population et de la diaspora

La diaspora a également un rôle important à jouer dans la solution au problème d’insécurité. Michel-Ange Gédéon l’affirme de façon péremptoire : « Vous, la diaspora, êtes le poumon économique d’Haïti. Mais vous devez aussi en devenir le cerveau stratégique. Je vous demande de repenser votre engagement envers la patrie.» Il prescrit une solution en trois points. D’abord, la diaspora doit cesser de financer le chaos. Ensuite, elle doit plaider pour l’équipement, pas seulement pour l’intervention. Et enfin, elle doit exiger du professionnalisme, pas des faveurs.

Sur le financement du chaos, M. Gédéon pointe du doigt certains fonds de la diaspora qui, par le passé, avait contribué à la fragmentation politique. Il précise : « Parfois, dans votre désir d’aider votre candidat ou votre région, vous financez des acteurs qui sapent les fondations de l’État central. En tant qu’ancien chef de la police, je vous le demande : examinez attentivement votre soutien. N’envoyez pas d’argent à des individus qui promettent de « nettoyer » un quartier avec des armes privées. C’est ainsi que naissent les seigneurs de guerre. Soutenez les institutions. Soutenez les hôpitaux. Soutenez les écoles. Ne soutenez pas la violence privée. »

Sur la question de l’équipement, l’ex-directeur général de la PNH est catégorique : « Lorsque vous vous adressez à Washington, Ottawa ou Paris, soyez précis. Ne vous contentez pas de dire : « Sauvez Haïti ». Dites plutôt : « La police haïtienne a besoin de véhicules blindés de transport de troupes, de drones et de radios cryptées.» Il ajoute : « Durant mon mandat, j’ai souvent été confronté à des embargos ou à des lenteurs bureaucratiques pour obtenir du matériel de base. Vous avez le pouvoir politique de lever ces blocages. Servez-vous de votre vote pour garantir que la Police nationale haïtienne dispose d’outils nécessaires pour lutter efficacement. »

En matière de professionnalisme, M. Gédéon déplore qu’il soit trop fréquent que des individus sollicitent le directeur général pour obtenir des faveurs : « Aidez mon cousin », « Libérez cette personne ». Un comportement qui nourrit l’impunité. Pour y remédier, l’ancien directeur général propose plusieurs pistes : « Nous devons instaurer une culture où la police est respectée et non instrumentalisée. Soutenez le processus de vérification des antécédents. Si un agent corrompu est renvoyé, ne le défendez pas sous prétexte qu’il vient de votre village. Pour bâtir une force de police intègre, nous avons besoin du soutien de la diaspora afin d’assurer une stricte responsabilisation, même si cela s’avère difficile. »

Michel-Ange Gédéon lance un vibrant appel au devoir citoyen. Au cours de sa carrière, il affirme avoir été témoin « du pire de l’être humain, mais aussi du meilleur ». Dans cette seconde catégorie, il évoque : « J’ai vu des policiers partager leur maigre repas avec des enfants de la rue. J’ai vu des communautés se mobiliser pour protéger leur quartier. » Il reconnaît lui-même avoir parfois partagé une partie de son salaire avec des informateurs afin d’obtenir des renseignements permettant de contrecarrer l’action des bandits armés.

M. Gédéon plaide pour un appui résolu aux policiers intègres qui, malgré l’adversité, continuent de faire respecter la loi. Il exhorte les citoyens honnêtes à se faire les porte-voix de la raison, de l’unité et d’un soutien responsable et structuré aux forces de l’ordre. Convaincu que « nous pouvons encore sécuriser le pays, rouvrir les routes et permettre à chacun de rentrer chez soi en toute sécurité », il avertit toutefois que cet objectif restera hors de portée tant que prévaudront les divisions entre les acteurs clés. Rien ne sera possible non plus sans l’engagement et la collaboration de chaque citoyen.

C’est dans cet esprit qu’il appelle à une mobilisation collective, fondée sur le professionnalisme, une stratégie efficace et le patriotisme, afin de ramener durablement la paix en Haïti. Une paix indispensable à l’organisation d’élections crédibles, au rétablissement de l’ordre constitutionnel, à l’instauration d’une stabilité politique durable et à l’amorce de la relance économique.

Bonjour ma sœur!Bonjour mon frère!

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Adieu 2025
Bienvenue 2026

En 2026, faisons le serment d’agir autrement, de vivre autrement, de penser autrement.

En 2026, prenons l’engagement solennel que tous nos actes soient scellés du sceau de la justice, empreints de vérité, de sincérité et d’humanité et surtout imbibés d’amour.

En 2026, battons-nous pour que l’éthique et la morale deviennent des lignes directrices de comportements des responsables politiques et des acteurs sociaux.

En 2026, démontrons que Oui l’autre Haïti est possible
et pour cela nous allons nous investir en temps,en connaissances et surtout dégager de l’énergie positive pour que ça soit.

Toute la lumière sur Haïti !

Marcel Poinsard Mondésir
31/12/2025

𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢–𝐃𝐢𝐩𝐥𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐞 : 𝐥’𝐞𝐱-𝐜𝐨𝐧𝐬𝐮𝐥, 𝐜𝐡𝐞𝐟 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭𝐞 𝐚.𝐢. 𝐚̀ 𝐒𝐚𝐧𝐭𝐢𝐚𝐠𝐨, 𝐒𝐭𝐞𝐩𝐡𝐞𝐧 𝐂𝐡𝐞𝐫𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭, 𝐚 𝐛𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐩𝐮𝐥𝐞́ 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐞𝐭 𝐥’𝐨𝐩𝐢𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞

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𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

La paresse intellectuelle des journalistes entretient celle du grand public. Il suffit de dénoncer une autorité publique pour que l’information circule, reprise sans contre-vérification, sans mise en contexte, sans examen des faits. L’affaire relative à la révocation par le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) de l’ex-chef de poste par intérim du Consulat général d’Haïti à Santiago, en République dominicaine, Stephen Junior Cherenfant, ouvre un espace analytique particulièrement éclairant pour interroger cette dérive. Elle donne à voir un mécanisme récurrent par lequel des institutions républicaines sont fragilisées à la légère et l’image du pays durablement écornée par la circulation d’allégations non étayées.

Les faits sont d’une clarté peu contestable. Monsieur Cherenfant a été révoqué pour négligence et défaut d’assistance à des membres de la famille présidentielle en terre étrangère. Cette négligence, loin d’un simple manquement administratif, a frôlé l’humiliation et a exposé ces derniers à un risque sécuritaire réel. Dans le champ des relations internationales, où le protocole, la diligence et la protection des officiels relèvent d’obligations cardinales, un tel manquement constitue une faute grave. Il engage la responsabilité directe du chef de poste, d’autant plus lorsqu’il exerce des fonctions par intérim.

Plutôt que d’assumer la portée institutionnelle de cette défaillance, l’ex-chef de poste a opté pour une stratégie de déplacement du débat. Par la diffusion sur les réseaux sociaux d’un prétendu rapport, il a cherché à imposer une lecture politique et corruptionnelle de sa révocation. Ce document, relayé sans précaution par plusieurs plateformes et commentateurs, procède à une confusion volontaire des registres. Il est exact que la révocation de l’ex-chef de poste a.i. est intervenue à la suite d’une demande du conseiller-président Emmanuel Vertilaire, demande parfaitement légitime au regard de l’humiliation subie par des membres de sa famille et du manquement grave à l’obligation d’assistance qui incombe à un chef de poste diplomatique. En revanche, le texte tente de greffer à cette décision administrative une narration de corruption, en avançant, sans le moindre élément probant, que l’épouse du conseiller-président lui aurait intimé l’ordre de détourner des fonds publics du consulat.

C’est à ce niveau que se manifeste la mécanique de manipulation de l’opinion publique. En introduisant des noms, en suggérant des intérêts privés et en invoquant la corruption, le récit détourne l’attention de la faute initiale et transforme une décision administrative fondée en scandale politique supposé. L’opération gagne en efficacité en s’appuyant sur une faiblesse structurelle de l’écosystème informationnel : la rareté des vérifications, l’attrait pour le sensationnel et la confusion persistante entre dénonciation et démonstration.

Du point de vue des relations internationales, cette affaire soulève une question plus large. La crédibilité d’un État se joue aussi dans la cohérence de sa chaîne diplomatique et dans la capacité de ses agents à répondre aux standards élémentaires de leur fonction. Lorsque des manquements avérés sont recouverts par des récits conspirationnistes, l’institution subit une double atteinte : d’une part par la faute elle-même, d’autre part par la délégitimation de la décision corrective. À terme, ce processus alimente une culture d’impunité et fragilise l’autorité administrative, déjà mise à rude épreuve dans des contextes étatiques complexes.

L’affaire de Santiago ne saurait être lue comme un simple épisode polémique. Elle fonctionne comme un symptôme d’un rapport dégradé à l’information et à la responsabilité publique. Elle montre à quel point une opinion peut être orientée lorsque la rigueur analytique cède le pas à l’émotion et lorsque des journalistes renoncent à leur fonction de médiation critique. Elle souligne, enfin, qu’en diplomatie comme en gouvernance, la responsabilité individuelle ne peut être dissoute dans la fabrication d’ennemis commodes.

Enfin, et malgré la légèreté que certains pourraient attribuer à la manière dont la famille présidentielle a abordé cette affaire, aucun contexte ne saurait relativiser l’obligation d’assistance et de diligence attachée à la fonction diplomatique. Cette charge impose une éthique de responsabilité qui ne se négocie ni avec l’émotion, ni avec l’improvisation, encore moins avec la communication défensive. Le manquement constaté engage pleinement la responsabilité de l’agent concerné et rend son éviction non seulement possible, mais nécessaire.

𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Haïti-Élections: le premier Alix Didier Fils Aimé visite le CEP

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Par Gedeon Delva

Le premier ministre Alix Didier Fils a visité ce mardi 30 décembre 2025 le conseil électoral provisoire. Cette visite était l’occasion pour le chef du gouvernement de réaffirmer sa ferme détermination à supporter les élections prévues en 2026, selon une note de la primature.

Lors de cette visite, le chef de la primature a salué la publication du calendrier électoral et l’engagement de chaque membre du conseil dans le processus devant aboutir aux élections.

«Le gouvernement prend acte avec satisfaction de la publication du calendrier électoral par le CEP et félicite le Conseil présidentiel de transition (CPT) pour son engagement dans l’élaboration du décret électoral, qui offre au pays un calendrier réaliste, crédible et conforme aux exigences démocratiques », peut-on lire dans la note de la primature.

Au cours de cette rencontre, le Premier ministre a réitéré son soutien sans réserve au CEP et souligné la volonté du gouvernement d’accompagner chaque étape du processus électoral. Il a rappelé que la sécurité, la protection des populations déplacées et la stabilité nationale demeurent des priorités absolues, afin de garantir à tous les citoyens la possibilité d’exercer librement leur droit de vote.

Par ailleurs, Fils Aimé a invité la communauté internationale à intensifier son appui à Haïti afin de permettre au gouvernement de préparer les élections de 2026 dans des conditions optimales.

Gedeon Delva / Le Relief

Crise politique : le RDNP réclame une transition crédible et des élections sous conditions

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Par Gesly Sinvilier

À l’occasion des fêtes de fin d’année, le parti l’ex président Lesly François Manigat, a publié une adresse à la nation dans laquelle il dresse un tableau sombre de la situation politique et sécuritaire du pays, tout en appelant à un changement profond de gouvernance.

Dans son communiqué, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes rappelle que les vœux de Noël et du Nouvel An ne sauraient masquer la gravité de la crise actuelle. Selon le parti, Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, marquée par l’effondrement de l’autorité de l’État, l’insécurité généralisée et l’absence de perspectives politiques crédibles.

Un échec annoncé de la transition

Le parti pointe du doigt la gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’il juge responsable de près de vingt mois de gouvernance caractérisés par le clientélisme, le favoritisme et la dilapidation des fonds publics. Pour le RDNP, cette transition, loin de stabiliser le pays, a aggravé la crise et discrédité l’idée même de gouvernance transitoire.

Tout en précisant qu’il n’a jamais combattu frontalement le CPT, le RDNP affirme avoir régulièrement alerté l’opinion publique sur les dérives de cet exécutif atypique, avertissements restés, selon lui, sans effet.

Insécurité et déficit de légitimité

L’un des axes centraux du communiqué concerne la question sécuritaire. Le RDNP estime que l’extension des groupes armés, les assassinats quotidiens et la perte de contrôle de vastes portions du territoire national rendent impossible l’organisation d’élections crédibles dans l’immédiat.

Dans ce contexte, l’annonce de scrutins sans garanties sécuritaires suffisantes est perçue par le parti comme une manœuvre politique visant à prolonger un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique. Il réclame notamment la libération des axes routiers reliant la région métropolitaine aux autres départements et la récupération des quartiers contrôlés par les gangs.

Vers un renouveau politique

Face à cette impasse, le RDNP se dit favorable à l’organisation d’élections générales dans un délai raisonnable, à condition que des préalables clairs soient respectés. Il plaide également pour l’émergence d’une nouvelle classe politique capable de rompre avec les pratiques qu’il qualifie de prédatrices et obsolètes.

À court terme, le parti n’exclut pas la mise en place d’un gouvernement provisoire constitutionnel, notamment à partir de la Cour de cassation, qu’il considère comme une option moins risquée pour restaurer la confiance et garantir un minimum de stabilité.

Appel à un accord politique inclusif

Le RDNP affirme demeurer ouvert au dialogue avec les autres forces politiques et sociales du pays afin de parvenir à une solution consensuelle. Il met toutefois en garde contre les démarches unilatérales susceptibles d’accroître l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires nationales.

En conclusion, le parti appelle à la clairvoyance politique et au civisme, réaffirmant son engagement à travailler à un accord politique inclusif devant déboucher sur une nouvelle gouvernance après le 7 février 2026. Il a enfin adressé ses vœux de fin d’année à la population, en particulier aux citoyens les plus vulnérables.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

IDA : l’irruption d’un nouveau souffle politique sur la scène haïtienne

Par Pierre Josué Agénor Cadet

À l’heure où une grande partie de la population se dit lasse des partis politiques traditionnels, largement perçus comme coresponsables du dépérissement progressif d’Haïti, de nouvelles formations à vocation moderne tentent d’émerger sur l’échiquier politique national. Parmi elles figurent notamment Rasanble, la Force patriotique pour la Rénovation d’Haïti et Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) pour ne citer que ces trois.
C’est le 27 décembre 2025, dans le cadre ouvert de l’hôtel Oasis de Pétion-Ville, que plusieurs dizaines d’adhérents et de sympathisants se sont réunis pour le lancement officiel d’IDA. Le parti se présente comme une alternative politique moderne, dont l’objectif fondamental est de promouvoir une entente nationale inclusive et d’opérer une rupture maîtrisée avec un traditionalisme politique jugé à la fois figé, dissimulé et inefficace.
Dans un contexte marqué par la prolifération de plus de trois cents partis politiques, dont plus d’une centaine revendiquent une certaine visibilité malgré des conditions d’existence extrêmement difficiles, les responsables d’IDA entendent se démarquer par la clarté de leur vision et la cohérence de leur démarche.
Les dirigeants du parti ont dressé un constat sombre, mais sans complaisance, de la situation nationale. Selon eux, l’enchaînement quasi ininterrompu des périodes transitoires a progressivement affaibli les institutions de l’État, sapé l’autorité publique, fragilisé la confiance citoyenne et freiné toute perspective durable de développement. Cette instabilité chronique, ajoutent-ils, a favorisé l’improvisation politique, la personnalisation du pouvoir et l’exclusion des forces vives de la nation.
Face à ce tableau préoccupant, IDA se veut porteur d’un projet politique fondé sur la responsabilité, la concertation et le développement durable, en plaçant l’intérêt général au-dessus des calculs partisans. Le parti affirme sa volonté de contribuer à la re-construction de l’État, à la refondation des institutions et à la restauration de la dignité nationale, dans un esprit de dialogue, de modernité et de souveraineté.
En se lançant dans l’arène politique, Inisyativ pou Devlope Ayiti parie sur l’espoir, la lucidité et l’engagement citoyen, convaincu que l’avenir d’Haïti ne peut se bâtir que par une rupture consciente avec les échecs du passé et une vision collective résolument tournée vers le progrès.

Pierre Josué Agénor Cadet