vendredi, mars 13, 2026
9.1 C
Londres
Accueil Blog Page 33

Les défenseurs de l’accord Montana favorables à la médiation de Mgr Dumas

0

Par Gedeon Delva

Le Bloc des défenseurs de l’Accord de Montana (BDAM) a réagi suite au choix de Mr Monseigneur Pierre Dumas pour assurer la médiation dans la perspective visant au remplacement du Conseil présidentiel de transition (CPT) après le 7 février 2026.

Lors d’une conférence de presse donne ce Mardi 13 Janvier, le BDAM se félicite de l’initiative et croit à l’heure où nous sommes toute démarche destinée à aider à éviter le pays d’un chaos après le 7 Février est une nécessité.

Le président du Bloc des défenseurs de l’accord de Montana (BDAM) Iswick Theophin, néanmoins souhaiterait que cette initiative soit rejointe par d’autres secteurs et personnalités crédibles en vue de la renforcer.

« Nous saluons la démarche, et nous croyons à ce carrefour, Haïti a besoin de la participation de tous ses fils et de toutes ses filles pour qu’elle puisse sortir du trou », a déclaré M. Théophin.

Par ailleurs, le président du BDAM, a exprimé sa position sur la récente déclaration du conseiller présidentiel Lesly Voltaire, affirmant qu’« une formule visant le remplacement du Conseil présidentiel de transition (CPT) sera trouvée avant le 7 février 2026 ».

Selon Me Théophin, cette déclaration illustre la dépendance de nos dirigeants politiques vis-à-vis de la communauté internationale. Dénonçant l’échec constaté des membres du CPT, le président du BDAM a également critiqué la mainmise de certains secteurs cherchant à s’approprier le processus de dialogue. L’homme de loi appelle ainsi à une solution concertée, susceptible de conduire à un consensus et de restaurer un climat de paix dans le pays.

Gedeon Delva/ Le Relief

Qui pour succéder au CPT au lendemain du 7 février 2026?

0

Par Gesly Sinvilier

La question de l’après-CPT s’impose comme l’un des enjeux politiques majeurs en Haïti, à l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin de leur mandat. Qui exercera le pouvoir à partir de cette échéance constitutionnellement symbolique ? Et où en sont réellement les négociations entre les différentes forces politiques pour éviter un nouveau vide institutionnel ?

Mis en place dans le cadre de l’accord politique du 3 avril 2024, le CPT avait pour mission principale de rétablir un minimum de stabilité, de remettre l’État en fonctionnement et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. Or, à moins de quelques jours de la fin de son mandat, le bilan reste largement contesté. L’insécurité persiste, malgré des efforts déployés pour y remédier. Dans ce contexte, l’après-7 février 2026 apparaît incertain et fortement disputé.

Officiellement, certains membres du CPT réaffirment leur engagement à respecter l’échéance fixée et à céder le pouvoir à la date prévue. Mais la question centrale demeure : à qui ? À ce jour, aucune autorité de succession clairement définie ne fait consensus. Plusieurs pistes sont en discussion, révélant des divergences profondes au sein de la classe politique.

Une première tendance, portée par un large regroupement de partis et d’organisations politiques, plaide pour une nouvelle transition d’une durée limitée, sans le CPT. Ces acteurs estiment que la formule actuelle a montré ses limites et appellent à la mise en place d’une nouvelle structure de gouvernance transitoire, plus resserrée et dotée d’un mandat clair : sécurité, réformes institutionnelles urgentes et organisation d’élections générales. Pour eux, le 7 février 2026 ne doit pas marquer un retour à l’improvisation, mais l’ouverture d’un nouveau cadre politique fondé sur un accord élargi.

D’autres forces politiques proposent une option différente : confier la direction de la transition à une figure issue de la magistrature, notamment des hautes juridictions de l’État, afin de garantir une certaine neutralité institutionnelle. Cette formule viserait à rassurer à la fois les acteurs politiques, la société civile et la communauté internationale, tout en évitant une personnalisation excessive du pouvoir dans un contexte déjà polarisé.

Parallèlement, plusieurs voix, issues tant de la société civile que des milieux religieux, appellent à un dialogue national inclusif et urgent. L’objectif serait de parvenir à un accord politique global avant l’échéance de février 2026, afin de définir clairement les modalités de la succession, la durée de toute transition éventuelle et les garanties institutionnelles minimales pour assurer la continuité de l’État. L’Église catholique, entre autres, s’est dite disposée à faciliter une médiation entre les acteurs politiques, consciente des risques d’instabilité accrue en cas d’impasse.

Les négociations, bien qu’existantes, restent cependant fragmentées. Elles se déroulent souvent de manière bilatérale ou au sein de cercles politiques restreints, sans cadre formel unificateur. Les désaccords portent notamment sur la durée d’une éventuelle nouvelle transition, le mode de désignation des dirigeants, le rôle des acteurs internationaux et la place réelle des forces sociales non partisanes dans le processus décisionnel.

À mesure que le 7 février 2026 approche, la pression politique et sociale s’intensifie. Le risque d’un vide institutionnel, dans un pays déjà éprouvé par l’insécurité et la crise économique, est régulièrement évoqué. Pour beaucoup d’observateurs, la crédibilité de la transition actuelle se jouera moins sur la longévité du CPT que sur sa capacité à préparer une sortie ordonnée, consensuelle et légitime du pouvoir.

En définitive, l’après-CPT reste ouvert à plusieurs scénarios, aucun ne s’imposant encore comme une évidence. Une chose est toutefois claire : sans accord politique solide et inclusif, le 7 février 2026 pourrait devenir non pas une étape de stabilisation, mais un nouveau point de bascule dans la longue crise politique haïtienne.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

Douanes haïtiennes : des recettes en hausse, des innovations annoncées et un front durci contre les trafics illicites

0

Lors des Mardis de la Nation, ce mardi 13 janvier 2026, le directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), Gérald Remplais, a dressé un bilan marqué par une hausse significative des recettes douanières dont 13 milliards en décembre 2025 et un durcissement des contrôles face à l’insécurité et aux trafics illicites.

À l’occasion de la 32e édition des Mardis de la Nation, en guise de présentation du bilan de ses 100 jours en poste, le directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), Gérald Remplais, est longuement intervenu sur le rôle stratégique de la Douane haïtienne dans la protection du territoire et la mobilisation des recettes fiscales.

Une intervention qui s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu et de fortes attentes en matière de gouvernance financière. Il a laissé entendre qu’au moment de la prise de fonction, des défis de divers genres ont été dressés devantdont l’insécurité aux frontières.

Au cœur de son allocution, le responsable de l’AGD a mis l’accent sur le renforcement des contrôles douaniers, destinés à freiner la circulation de drogues, d’armes, de médicaments contrefaits et de marchandises prohibées.

Selon lui, la Douane constitue un maillon essentiel dans la lutte contre l’insécurité, en empêchant l’entrée de produits dangereux et en sécurisant les frontières économiques du pays.

Ces actions s’alignent, a-t-il précisé, avec le thème de l’année 2026 de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD), axé sur une douane protectrice de la société grâce à la vigilance et à l’engagement de ses agents. Une orientation qui conforte la mission à la fois fiscale et sécuritaire de l’institution.

Sur le plan financier, l’AGD affiche des performances inédites. Pour les trois premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, les recettes douanières ont atteint des niveaux records : plus de 11,24 milliards de gourdes en octobre, 10,58 milliards en novembre et près de 13,26 milliards de gourdes en décembre.

Des chiffres qui traduisent, selon la direction, l’impact des nouvelles mesures de contrôle et d’amélioration des procédures.

Dans une perspective de modernisation, l’Administration générale des Douanes annonce la mise en place, en 2026, d’un système de messagerie intégré au système douanier automatisé. Cet outil permettra aux usagers d’estimer à l’avance les montants à payer pour le dédouanement de leurs marchandises. À cela s’ajoutent des projets de paiement en ligne et l’amélioration des infrastructures, notamment à la douane du Cap-Haïtien.

Enfin, l’AGD entend renforcer sa communication institutionnelle à travers une stratégie articulée autour de trois axes : les acteurs économiques, la presse spécialisée et la communication de masse. Une démarche visant à accroître la transparence, moderniser les services et consolider la confiance du public dans l’administration douanière haïtienne.

La rédaction

Lancement des travaux de réhabilitation du tronçon Hinche–Saint-Raphaël : un projet stratégique pour le Nord et le Centre du pays

Par Jean Wesley Pierre

Le Premier ministre de la République, Alix Didier Fils-Aimé, a pris part ce mardi 13 janvier 2026 à la cérémonie officielle de lancement des travaux de réhabilitation du tronçon Hinche – Saint-Raphaël de la Route nationale n°3 (RN3), un axe jugé stratégique pour la mobilité, l’intégration territoriale et le développement économique d’Haïti.

La cérémonie s’est déroulée dans le département du Nord en présence du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, de plusieurs membres du CPT, du ministre des Travaux publics, Transports et Communications, de l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED), des autorités locales, ainsi que de représentants diplomatiques, dont l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, et les ambassadeurs de France et d’Espagne.

Le projet prévoit notamment la conception et la construction de cinq ouvrages d’art ( quatre ponts et un dalot ) confiées à l’entreprise V & F Construction. Selon les autorités, la réhabilitation de ce tronçon permettra de réduire d’environ 60 kilomètres la distance par rapport à la Nationale n°1, améliorant ainsi la fluidité des déplacements entre le Centre et le Nord du pays.

Dans son intervention, le Premier ministre a mis en avant l’importance stratégique des infrastructures routières dans la relance économique nationale. Il a souligné que la République d’Haïti et l’Union européenne ont fait le choix de placer ces infrastructures au cœur des priorités de financement, estimant qu’elles constituent des piliers essentiels de l’économie, favorisant la circulation des personnes et des biens, tout en stimulant la production nationale et les échanges commerciaux.

Alix Didier Fils-Aimé a également rappelé que le développement des routes s’inscrit dans la vision globale du Gouvernement, qui lie l’amélioration des infrastructures à la lutte contre l’insécurité et à la recherche de la stabilité politique. Selon lui, un réseau routier cohérent est un levier majeur pour le développement économique durable et la cohésion territoriale.

Le Chef du Gouvernement a exprimé sa gratitude à l’Union européenne, en particulier à son ambassadrice, Hélène Roos, saluant l’engagement constant de la délégation européenne en Haïti. Il a aussi remercié les partenaires techniques et financiers, dont l’Agence française de développement (AFD), pour leur contribution à la réalisation de la route Hinche–Saint-Raphaël.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du maillage routier national promu par le Ministère des Travaux publics, sous la direction du ministre Raphaël Hosty. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préserver l’unité et la stabilité institutionnelle afin de garantir la continuité de ces projets structurants et de renforcer l’espoir au sein de la population.

Parallèlement aux chantiers de développement, le gouvernement affirme maintenir la pression sur les groupes armés, avec pour objectif de rétablir la sécurité et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections démocratiques au cours de l’année 2026, présentées comme un passage clé vers la consolidation de la stabilité et du progrès en Haïti.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Commémoration du séisme du 12 janvier 2010 : l’État se recueille au Palais national

Seize ans après le séisme meurtrier du 12 janvier 2010, pour la cérémonie officielle, les autorités de transition ont dû renoncer au site hautement symbolique de Saint-Christophe, à Titanyen, en raison de l’insécurité persistante. Le dépôt de gerbe s’est tenu au Palais national, autre lieu marqué par la catastrophe, dans un contexte mêlant devoir de mémoire et tensions sécuritaires.

L’État haïtien a marqué, ce lundi 12 janvier 2026, le 16e anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010 à travers une cérémonie officielle de recueillement organisée au Palais national. Initialement associé à la mémoire des victimes du séisme, le site de Saint-Christophe, à Titanyen [ où de nombreux corps avaient été ensevelis après le cataclysme, ndlr] n’a pu accueillir la commémoration en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans la zone, actuellement sous l’emprise de groupes armés.

Détruit lors de la catastrophe de 2010, le Palais national s’est imposé comme un lieu alternatif chargé de symboles. La cérémonie, présidée par le Conseil présidentiel de transition (CPT), a réuni le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, des membres du Conseil, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que plusieurs hauts responsables de l’État.

Dans une atmosphère solennelle, les autorités ont observé un moment de recueillement avant de procéder au dépôt d’une gerbe de fleurs en mémoire des disparus.

Ce geste symbolique a rappelé l’ampleur du drame qui avait frappé Haïti, causant des pertes humaines massives et la destruction de nombreuses infrastructures publiques, dont le siège même du pouvoir exécutif.
Cependant, la cérémonie s’est déroulée dans un climat sécuritaire particulièrement tendu.

Alors que l’hommage se poursuivait, plusieurs explosions attribuées à des drones kamikazes ont été entendues aux abords du Palais national, suscitant l’inquiétude dans la zone. À l’heure de la rédaction, aucune information officielle n’avait été communiquée concernant d’éventuels dégâts ou victimes.

Malgré ces incidents, les autorités ont maintenu le caractère solennel de la commémoration. Dans leurs interventions, elles ont insisté sur l’importance du devoir de mémoire et sur la nécessité de renforcer l’unité nationale face aux défis actuels, notamment en matière de sécurité et de stabilité institutionnelle.

Les responsables de la transition ont également mis en avant la résilience du peuple haïtien, appelant à transformer le souvenir du 12 janvier 2010 en un moteur de reconstruction, de responsabilité collective et de refondation nationale.

Tenue dans un contexte particulièrement fragile, cette commémoration a illustré le contraste entre l’exigence de mémoire et les réalités sécuritaires du pays. Seize ans après le séisme, Haïti continue d’avancer sur une voie semée de défis, tout en s’efforçant de préserver la mémoire des victimes et de bâtir les fondations d’une reconstruction durable.

La rédaction

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 aurait été provoqué, selon MEDIC Haïti et le Mouvement Point Final

0

Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— À l’occasion du 16ᵉ anniversaire du séisme meurtrier du 12 janvier 2010, qui a causé environ 300 000 morts et 1,5 million de déplacés selon les estimations officielles, le Mouvement Point Final et MEDIC Haïti ont présenté une lecture radicalement critique de la tragédie. Lors d’une conférence tenue à l’Université Publique en Région des Palmes (UPRP), le Coordonnateur général du Mouvement Point Final et PDG de MEDIC Haïti, Ulysse Jean Chenet, a accusé les puissances occidentales d’avoir orchestré une “opération sous fausse bannière” visant Haïti.

Au cours de son intervention devant des étudiants en Sciences de l’Environnement et d’Agronomie, Jean Chenet Ulysse a affirmé que la catastrophe du 12 janvier 2010 ne correspondrait pas aux dynamiques sismiques connues du pays.

«Nous connaissons tous les failles sismiques du pays. La Faille Anacaona n’a jamais existé dans l’histoire et dans la géographie des zones sismiques d’Haïti», a-t-il déclaré, suggérant que le tremblement de terre aurait été provoqué artificiellement dans le cadre d’une stratégie internationale.

Il a qualifié l’événement d’opération sous fausse bannière, concept désignant selon lui des interventions clandestines menées par des États pour justifier des actions géostratégiques.

Un discours géopolitique élargi

Pour appuyer ses propos, M. Chenet a replacé le séisme dans un récit global d’ingérence internationale. Il a évoqué d’abord l’utilisation supposée de phénomènes naturels artificiels (pluies, inondations, tsunamis), ensuite les politiques migratoires restrictives à l’égard des travailleurs peu qualifiés, la pression géopolitique dans les Caraïbes, et enfin la transition mondiale vers l’économie numérique, excluant les populations faiblement qualifiées.

Selon lui, Haïti constituerait depuis plusieurs décennies un problème hémisphérique pour ses voisins, en particulier sur le plan migratoire, environnemental et sécuritaire.

Il a également mis en avant le rôle du Core Group, créé en 2003, qu’il accuse d’avoir orchestré une politique d’ingérence en Haïti au bénéfice des États-Unis et du Canada.

Choléra, reconstruction et disparition symbolique

Selon Ulysse, l’épidémie de choléra déclarée en octobre 2010, moins d’un an après le séisme, renforcerait l’hypothèse d’un plan visant à réduire la population haïtienne. Il a rappelé que cette épidémie a fait plus de 10 000 morts selon les bilans sanitaires et qu’elle avait été introduite par des contingents de la MINUSTAH selon les conclusions de plusieurs enquêtes internationales.

Pour le leader du Mouvement Point Final, l’objectif ultime de cette dynamique serait de «réduire la taille de la population haïtienne, de faciliter l’exploitation des ressources du pays et, à terme, de faire disparaître Haïti de la carte du monde en l’intégrant à une île Hispaniola dominée par la République dominicaine».

Il a également accusé l’ancien président américain Bill Clinton, co-président de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), d’avoir contribué à la dilapidation des 11,9 milliards de dollars mobilisés au nom de la reconstruction post-séisme.

Un discours qui interpelle mais qui divise

Les déclarations du leader du mouvement point final s’inscrivent dans un courant d’analyse qui remet radicalement en cause les explications institutionnelles et scientifiques du séisme de 2010, généralement attribué au mouvement de la faille Enriquillo-Plantain Garden, connue des spécialistes depuis le XVIIIᵉ siècle.

Aucune preuve scientifique ou institutionnelle n’est venue à ce jour corroborer l’hypothèse d’une intervention artificielle ou d’un usage d’arme sismique. Cependant, ces thèses trouvent un écho croissant au sein d’une partie de la société haïtienne, marquée par la méfiance envers les institutions internationales après l’échec de la reconstruction et la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Seize ans après, une mémoire encore vive

Pour le Mouvement Point Final, l’enjeu est aujourd’hui de “faire la lumière” sur ce qu’il considère comme une opération géopolitique majeure orchestrée contre Haïti.

«Seize ans après, nous parlons d’une opération sous fausse bannière de l’Occident pour exterminer le peuple haïtien et exploiter les ressources nationales», a conclu M. Chenet.

Les commémorations du 12 janvier se déroulent cette année dans un contexte d’instabilité politique, d’insécurité persistante et de crise humanitaire, qui continue d’alimenter interrogations, doutes et revendications autour de l’une des plus grandes tragédies de l’histoire moderne d’Haïti.

Jean Mapou / Le relief

Des fusils d’assaut et de milliers de cartouches saisis par la police

0

Par Gedeon Delva

Plusieurs fusils d’assaut, des milliers de cartouches de calibres de 5.56 mn de 7.6 mn et de nombreux matériels tactiques ont été saisis par la police nationale d’Haïti lors des opérations menées les 5 et 6 Janvier dans plusieurs zones de la région métropolitaine. Ce compte rendu du porte parole de l’institution, Michelange Louis Jeune détaille des actions touchant
notamment à Bel-air et La Saline.

Ces opérations, selon M. Louis Jeune, sont menées par plusieurs unités de la PNH avec le support de la Task force.

Outre les armes à feu et les munitions, la PNH affirme avoir saisi divers équipements tactiques, dont des gilets pare-balles, des casques balistiques, un drone, des longues-vues et plusieurs armes blanches.

«Quatre uniformes attribués à différentes unités spécialisées — notamment l’UDMO, le CIMO, le SWAT Team et l’USGPN figurent également parmi les objets confisqués », a précisé le porte-parole, révélant les tentatives de certains groupes criminels de se faire passer pour des agents de l’ordre.

Sans toutefois préciser le nombre, la PNH a indiqué que plusieurs individus ont été également arretés lors des interventions. L’institution a alerté sur de nouvelles stratégies utilisées par des bandits dans leurs modes opératoires.

«Après avoir utilisé des gilets et insignes de police, certains individus armés porteraient désormais des gilets portant la mention « presse » afin de se faire passer pour des journalistes pour échapper aux contrôles et créer la confusion sur le terrain», a précisé le commissaire Louis Jeune.

Tout en rappelant que ces interventions s’inscrivent dans la lutte pour affaiblir la capacité opérationnelle des gangs et reprendre le contrôle des zones stratégiques de la capitale, la police nationale d’Haïti a réaffirmé son engagement à poursuivre des interventions ciblées jusqu’à l’élimination définitive des bandes criminelle.

Gedeon Delva / Le Relief

16 ans après le séisme de janvier 2010, Haïti toujours paralysé par l’impasse politique, constate l’ancien Président Privert

Par Jean Wesley Pierre

Ce 12 janvier 2026 marque les 16 ans du séisme dévastateur de 2010 qui a détruit Port-au-Prince et tué entre 200 000 et 300 000 personnes. Chaque année, Haïti commémore cette tragédie, mais aujourd’hui, l’ancien président Jocelerme Privert a choisi de dépasser la simple commémoration en évoquant l’impasse politique qui paralyse le pays depuis des années.

Une douleur persistante, mais aussi une question sans réponse

Dans un communiqué, Jocelerme Privert a exprimé ses sympathies à la nation haïtienne, mais aussi soulevé une question qui reste sans réponse : qu’est-ce qui a changé depuis 2010 ? Si la mémoire du séisme est toujours vive, la politique haïtienne, elle, semble figée. En effet, la même impuissance gouvernementale qui a conduit à des milliers de morts lors de la catastrophe, semble perdurer à travers l’incapacité des dirigeants successifs à organiser des élections et à mettre en place des institutions solides.

Privert a rappelé que, selon l’article 92.1 de la Constitution haïtienne, ce 12 janvier aurait dû marquer l’ouverture de la première session ordinaire du Parlement. Mais aujourd’hui, cette cérémonie législative est éclipsée par une crise institutionnelle qui dure depuis des années, plongeant Haïti dans une paralysie politique profonde. En dépit des attentes démocratiques, aucun président n’a réussi à organiser des élections depuis 2016. L’ex-président a d’ailleurs souligné l’absurdité de la situation, où les gouvernements de transition successifs semblent plus préoccupés par leur maintien au pouvoir que par la mise en œuvre d’un processus électoral.

La crise politique : un frein à la reconstruction

La situation politique est d’autant plus préoccupante que la reconstruction du pays après le séisme de 2010 reste inachevée. En 16 ans, les infrastructures restent précaires et l’État semble impuissant face à la montée de l’insécurité et de la pauvreté. Privert a souligné que si Haïti a certes fait face à une tragédie en 2010, les défis d’aujourd’hui sont tout aussi dramatiques, notamment en matière de gouvernance. La gestion de l’après-séisme a été marquée par l’absence de politique publique cohérente, et les tentatives de reconstruction ont été freinées par des luttes politiques internes.

Privert a insisté sur le fait que, six ans après la dernière élection, la question de l’impunité et du manque de responsabilité des autorités demeure entière. Les gouvernements successifs, censés organiser les élections, se sont contentés de promesses non tenues. Cette situation a creusé un fossé entre les dirigeants et le peuple haïtien, qui continue de subir les conséquences d’une absence de leadership et d’une faiblesse institutionnelle.

Un pays en quête de renouveau

Aujourd’hui, Haïti se trouve à un carrefour historique. Comme en 2010, la population est toujours confrontée à des défis colossaux. Mais contrairement à la période du séisme, les autorités sont aujourd’hui responsables de la reconstruction politique du pays. Il est urgent que le pays sorte de la spirale des gouvernements intérimaires et renouvelle ses institutions. Si Haïti veut espérer un avenir prospère, il faudra non seulement reconstruire ses infrastructures physiques, mais aussi réparer son système politique.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Cap-Haïtien, 12 janvier 2026; Se souvenir ne suffit plus!

À Mirlène Suffrain,
à Oliver Lafortune,
et tous (tes) les autres!

Le 12 janvier ne devrait jamais être une date abstraite. Il ne devrait pas être un rituel vidé de sens, une minute de silence répétée sans conséquence. Seize ans après la catastrophe qui a fracassé Port-au-Prince et marqué à jamais la conscience nationale, Haïti n’a toujours pas appris à écouter ce que la science, l’histoire et la réalité lui disent avec insistance.

En janvier 2017, sept ans après le séisme, nous étions venus au Cap-Haïtien. Non pas pour commémorer, mais pour alerter. Avec l’Institut de politique publique que je dirigeais, en partenariat avec Café Philo, nous avions engagé une démarche de sensibilisation claire : le Cap-Haïtien est une ville menacée. Pas symboliquement. Pas hypothétiquement. Géologiquement. Structurellement. Imminemment.

Le message était sans ambiguïté : le Cap-Haïtien n’est pas un « si » en attente, mais un tremblement de terre en suspens. Les parties prenantes étaient là, choisies avec rigueur : la Mairie du Cap-Haïtien, le Collège Notre-Dame, le CIAT, Radio Télévision Caraïbes, l’Autorité Portuaire Nationale, des responsables institutionnels, des éducateurs, des acteurs territoriaux. La parole scientifique était posée sur la table, bien documentée, responsable, sans sensationnalisme.

Neuf ans plus tard, qu’en avons-nous fait ?

Aujourd’hui, seize ans après le 12 janvier 2010, la parole scientifique n’est plus seulement ignorée : elle est marginalisée, parfois combattue. Dans un pays en délitement, la prévention est perçue comme un luxe, l’anticipation comme une perte de temps, la planification comme une menace politique. Le Cap-Haïtien suffoque. Il suffoque sous le poids de la désorganisation, de l’urbanisation anarchique, de l’insalubrité et de l’abandon.

On me dit que la ville est sale. Mais la saleté visible n’est que le symptôme. La vraie souillure est institutionnelle. Elle réside dans l’incapacité chronique de l’État à transformer le savoir en action, l’alerte en politique publique, la responsabilité en gouvernance.

Le 12 janvier a laissé des morts, des blessés, des estropiés. Il a aussi laissé une leçon cruelle : le désastre n’est jamais uniquement naturel. Il est toujours amplifié par l’impréparation, l’indifférence et la fragmentation de l’autorité publique. En ce sens, Haïti n’a pas tourné la page de 2010. Elle continue de vivre dans son ombre.

Avoir le pouvoir ne suffit pas. Gouverner, ce n’est ni occuper un siège, ni contrôler un territoire, ni multiplier les discours. Gouverner, c’est agir avant l’irréparable. C’est accepter que la science dérange, que la prévention coûte, que la responsabilité oblige. C’est comprendre que chaque jour d’inaction est une décision déguisée.

Ce texte n’est pas une lamentation. C’est un cri. Un rappel brutal que le temps ne guérit rien lorsqu’il est accompagné de déni.
Le Cap-Haïtien mérite mieux qu’une attente silencieuse du prochain désastre. Haïti mérite mieux que le pouvoir pour le pouvoir.

Se souvenir ne suffit plus. Agir est désormais une dette morale.

Yves Lafortune, Miami, le 12 Janvier 2026!

𝟏𝟐 𝐣𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫 : 𝐧𝐢 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐧𝐢 𝐃𝐢𝐚𝐛𝐥𝐞 𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 Casséus

0

Le 12 janvier 2010 marque, dans la mémoire haïtienne, une césure brutale dans le cours ordinaire de l’existence. À Port-au-Prince, dans la région du Grand Sud, la terre a tremblé et, avec elle, les repères les plus intimes. Depuis lors, l’interprétation glisse volontiers vers des registres qui évitent d’affronter la matérialité d’un événement dont l’ampleur déborde les cadres habituels de compréhension. Les survivants auraient été épargnés par la grâce divine ; les disparus auraient payé une dette obscure, scellée par quelque force maligne. Cette lecture, aussi répandue soit-elle, ne tient ni philosophiquement ni moralement.

Avoir traversé le séisme ne confère aucun statut métaphysique particulier. Être encore là, 16 ans plus tard, ne procède ni d’un privilège céleste ni d’une élection occulte. De même, ceux qui ont effectué ce grand voyage ce jour-là n’ont pas été frappés d’une malédiction. La catastrophe n’a obéi à aucune grammaire morale. Elle n’a distingué ni les vertueux des coupables, ni les croyants des sceptiques. Elle a frappé, aveuglément, comme le font les forces naturelles lorsqu’elles rencontrent des sociétés vulnérables, des villes mal construites, des États fragiles.

Dire « c’est la vie » n’excuse rien, mais permet au moins de sortir des impasses théologiques et des explications paresseuses. Le séisme fut un fait, terrible, massif, inscrit dans une réalité géologique et dans une histoire sociale longue. À partir de là commence une autre interrogation, bien plus exigeante, qui ne regarde ni Dieu ni le Diable, mais les femmes et les hommes encore debout. Car si nous sommes toujours en vie aujourd’hui, ce n’est pas pour demeurer figés dans une posture de survivants perpétuels, ni pour cultiver une identité de rescapés comme un capital symbolique.

𝟭𝟲 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́. 𝗟𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗲𝘀𝘁 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲́𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱, 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗶𝘁𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝗶𝗱𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗿 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́. 𝗟𝗮 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗼𝗻𝗰 𝗽𝗹𝘂𝘀 « 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗺𝗼𝗶 ? », 𝗺𝗮𝗶𝘀 « 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 ? ». 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘀𝘂𝗿𝘃𝗶𝘃𝗮𝗻𝘁, 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮 𝗲́𝘁𝗲́, 𝗰𝗲𝘀 𝟭𝟲 𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀, 𝗺𝗼𝗻 𝘂𝘁𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗶𝗺𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁 ? 𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 ? 𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 ? 𝗤𝘂’𝗮𝗶-𝗷𝗲 𝗮𝗷𝗼𝘂𝘁𝗲́, 𝗻𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗮̀ 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁𝗲 𝗲́𝗰𝗵𝗲𝗹𝗹𝗲, 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗱𝗲𝗻𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗺𝗼𝗶 ? 𝗔𝗶-𝗷𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲́ 𝗮̀ 𝗿𝗲́𝗽𝗮𝗿𝗲𝗿, 𝗮̀ 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲, 𝗮̀ 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗲𝗿, 𝗮̀ 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗿 ?

Aujourd’hui, il faut avoir le courage de se poser ces questions sans complaisance. Suis-je resté un simple élément du décor, témoin passif d’un drame que je convoque chaque année sans jamais en tirer de conséquences concrètes ? Suis-je devenu un prolongement des malheurs engendrés par le séisme, par l’inaction, par le cynisme, par la reproduction des mêmes désordres ? Ou bien suis-je engagé dans un effort continu de construction d’humanité, même discret, même imparfait, mais réel ?

Le 12 janvier ne saurait être un autel de lamentations éternelles. Il devrait fonctionner comme un miroir, parfois inconfortable, tendu à chaque conscience. Ni Dieu ni le Diable n’y répondent à notre place. Ce sont nos choix, nos silences, nos engagements, notre rapport au bien commun qui donnent un sens, ou non, au fait d’être encore là. Survivre n’a jamais constitué une réponse. Agir, penser, transmettre : voilà ce qui, 16 ans après, mérite examen.


Pennsylvanie, 12 janvier 2026