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Le Forum des anciens parlementaires propose un exécutif bicéphale après le 7 février 2026

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Les propositions de sortie de crise se multiplient à mesure que s’approche la fin du mandat du mandat du conseil présidentiel de transition. Lors d’une conférence de presse le mercredi, à Petion Ville, le Forum des anciens parlementaires et alliés (FAPAA) a présenté une série de propositions visant à éviter un vide institutionnel.

En effet, cette structure nouvellement créée, regroupant d’anciens deputés et sénateurs, propose l’instauration d’une transition avec un exécutif biséphale, composé d’un président et d’un Premier ministre issu d’un large consensus national, dans le cadre d’un contrat social tenant compte des antagonismes politiques et sociaux.

Le FAPAA dit soutenir toutes les initiatives de médiation et de dialogue, jugées nécessaires pour aboutir à un accord rapide. Il plaide pour la formation d’un gouvernement de consensus chargé de créer les conditions sécuritaires et sociales favorables à l’organisation d’élections générales sur l’ensemble du territoire.

Intervenant lors de cette conférence, l’ancien sénateur de l’Artibonite, Jean Wily Jean-Baptiste, a salué l’initiative, soulignant l’importance d’un exécutif biséphale pour conduire la dernière phase de la transition. Il a rappelé la portée symbolique et politique de la période allant de 1986 à 2026, qu’il a associé à une longue transition inachevée, tout en insistant sur le respect des échéances constitutionnelles.

L’ancienne sénatrice du Nord, Cemephise Gilles, a, pour sa part, adopté une approche constitutionnelle en soulignant les limites de l’article 149 en raison de l’absence du Parlement. Elle a invité les acteurs à se référer à l’esprit de la Constitution de 1987 non amendée et a exprimé des réserves quant à la capacité d’acteurs non expérimentés à diriger une nouvelle transition.

Face à la dégradation de la crise politique en Haïti, des voix s’élèvent, des propositions provenant de divers horizons pleuvent au jour le jour. Quel scénario sera mis le 8 février 2026 ? Personne ne sait! Il n’est que d’attendre.

Gedeon Delva / Le Relief

Le Ministère des Affaires Etrangères a, désormais, une nouvelle adresse

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Par Gedeon Delva

Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) a inauguré le jeudi 15 janvier 2025 ses nouveaux locaux, à Petion Ville.
Plusieurs hautes personnalités de l’Etat ont pris part à la cérémonie d’installation. Le président du conseil présidentiel de transition, Laurent Saint Syr, les conseillers présidents, Emmanuel Vertilaire, Fritz Alphonse Jean, Smith Augustin et Edgard Leblanc, ont tous, répondu présents

Dans son intervention, le ministre des affaires étrangères, Harvel Jean Baptiste a souligné que ce
ce nouvel immeuble se veut un cadre de travail moderne et sécurisé, destiné à renforcer l’efficacité de l’action diplomatique haïtienne et à favoriser l’établissement de partenariats internationaux au bénéfice de la population.

La chancellerie a placé l’événement dans un contexte de souvenir du 12 janvier de 2010, au cours duquel il a en profité pour rendre hommage à plusieurs cadres du ministère disparus lors de cette tragédie.

Il a cité Patrick Isidore, Nicole Grégoire, Marie-Yvrose Édouard et Mériot Vilardson, notamment. Une plaque commémorative ainsi qu’une stèle ont été érigées à l’entrée du bâtiment, afin de perpétuer leur engagement auprès des générations futures de fonctionnaires.

Pour le titulaire du ministère, l’acquisition de ce bâtiment est un symbole de souveraineté et de modernisation de l’État « L’acquisition de cet immeuble illustre une vision moderne de la gouvernance publique, dans laquelle la souveraineté nationale se manifeste à travers des symboles concrets de dignité et de crédibilité de l’État haïtien sur la scène internationale», a-t-il souligné

Intervenant lors de la cérémonie, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a qualifié cette inauguration d’étape importante dans le renforcement institutionnel de l’État. Il a vu dans ce bâtiment un symbole de la continuité de l’État haïtien, de sa résilience et de sa volonté de se projeter vers une gouvernance fondée sur l’éthique du service public, notamment dans les domaines de la sécurité, des élections et de la relance économique.

En conclusion, il a plaidé pour une diplomatie plus inclusive, encourageant une plus grande participation des femmes et des jeunes aux postes de décision.

Gedeon Delva / Le Relief

Inauguration des nouveaux locaux du Ministère des Affaires Etrangères et des Cultes à Pétion-Ville

Par Jean Wesley Pierre

Dorénavant, la Rue Mangonès à Pétion-Ville héberge une institution publique d’importance. C’est la Chancellerie haïtienne dont les nouveaux locaux été officiellement inaugurés ce jeudi 15 janvier 2026.
Cet événement marque une nouvelle étape pour la chancellerie haïtienne.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence des plus hautes autorités du pays. Le ministre des Affaires étrangères et des Cultes a présidé l’événement, soulignant l’importance de ce nouveau siège pour la diplomatie haïtienne.

Le déménagement de l’institution vers la rue Mangonès représente un changement significatif. Il s’agit d’une installation moderne destinée à offrir un cadre de travail adapté aux missions du ministère et à améliorer l’accueil des partenaires nationaux et internationaux.

Ces nouveaux bureaux sont perçus comme un outil essentiel pour renforcer l’action diplomatique d’Haïti sur la scène internationale. Ils symbolisent la volonté de modernisation de l’appareil étatique et offrent une base opérationnelle rénovée pour les équipes de la chancellerie.

L’inauguration de ce jeudi ouvre ainsi un chapitre actualisé pour le travail du ministère des Affaires étrangères et des Cultes, dans ses locaux de la rue Mangonès à Pétion-Ville.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Hommage à Hugue André Chrysostome (Chryso)

Par Pierre Josué Agénor Cadet

« Un éducateur n’enseigne pas seulement des savoirs : il façonne des consciences et prépare l’avenir ».

Haïti, notamment les départements de l’Artibonite et de l’Ouest, vient de perdre l’un de ses plus illustres intellectuels et éducateurs. Le professeur Hugue André Chrysostome dit Chryso, brillant enseignant de physique, éducateur d’exception, fondateur et directeur du Collège Bertrand Russell, devenu par la suite Collège Hugue André Chrysostome, s’est éteint dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 janvier 2026, à sa résidence de l’avenue Lamartinière (Bois-Verna).

Hugue André fut pour moi bien plus qu’un Collègue: il fut un passeur, un éclaireur. C’est grâce à lui que j’ai pu intégrer le Collège Bertrand Russell comme professeur de littérature et de sciences sociales, aux côtés d’une pléiade de jeunes enseignants compétents et passionnés, parmi lesquels Exil Larieux, Nader Joiséus et son grand frère Wilfrid (maître Joa), Joseph Bouchereau, Frrtzner Faustin, Renan Hedouville, Antoine Augustin, Carl Henry Décastro, Léo Défay, André Suprême et sa femme Chantal, Esaü Pierre, Berline Excéus et les regrettés Corneille Pierre-Louis et Frérot Elisma, dont la mémoire demeure vive, pour ne citer que ces noms.

Natif de la Petite-Rivière de l’Artibonite, Hugue André Chrysostome fut un esprit brillant, formé en génie, en langues étrangères et en psychologie, tant en Haïti qu’à l’étranger. Ancien de l’École normale supérieure, de la Faculté d’ethnologie et de l’institution Leconte, il se distinguait par une rigueur intellectuelle rare, un sens aigu de l’exigence et une élégance critique qui forçaient le respect.

Éducateur chevronné et chef d’établissement scolaire, il a formé plusieurs générations d’élèves au Lycée Pétion et dans de nombreux collèges de la capitale, dont Bertrand Russell, HAC et La Renaissance. Son engagement intellectuel, sa rigueur pédagogique et son dévouement à la formation de la jeunesse ont marqué durablement le pays.

Il croyait ardemment en l’école comme fondement de la dignité humaine et de l’émancipation nationale. Homme droit, sincère et profondément attaché aux valeurs républicaines, Hugue André Chrysostome parlait sans détour, avec franchise et conviction. Patriote discret, amoureux du savoir et des belles choses de l’esprit, il s’inquiétait lucidement de l’érosion des valeurs dans le pays qu’il aimait profondément et qu’il n’a jamais voulu quitter malgré tous les mauvais vents.

Pour son entourage en deuil, sa disparition est aussi le douloureux rappel d’un combat perdu contre des dépendances devenues trop lourdes à supporter. Ces dernières années, malgré les mises en garde répétées de ses médecins et les conseils sincères de ses amis, il était tombé dans une dépendance excessive à l’alcool et aux cigarettes, qui a progressivement miné sa santé. Cette réalité, aussi pénible soit-elle à évoquer, s’impose aujourd’hui comme l’une des causes profondes de sa disparition prématurée.

Avec la disparition de ce nationaliste et patriote discret, amoureux des belles choses de l’esprit,Haïti perd l’une de ses racines solides, l’un de ces hommes qui tenaient encore debout la maisoncommune. Son œuvre éducative demeure vivante dans la mémoire de ses élèves et dans la conscience collective de la nation.

Va en paix mon vieil ami.
Ta famille, tes amis, tes collègues, tes anciens élèves et tous ceux et celles que tu savais aider, conseiller ou inspirer ne t’oublieront jamais. Ton œuvre, elle, continue à vivre dans les consciences que tu as éveillées.

Ton ami,
Pierre Josué Agénor Cadet

Attaque armée contre une patrouille policière à Port-au-Prince

Par Jean Wesley Pierre

Une patrouille de la Police nationale d’Haïti (PNH) a été la cible d’une attaque armée ce jeudi 15 janvier 2026 à la rue Magloire-Ambroise. L’opération, placée sous la direction du haut gradé DDO1 Jacques Ader, confirme que les gangs armés maintiennent leur pression offensive.

La patrouille était déployée pour superviser des travaux de déblayage, réalisés avec un engin lourd fourni par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC). C’est dans le cadre de cette mission que l’attaque soudaine a eu lieu.

Malgré la violence de l’offensive, un point positif est à relever : selon les informations disponibles, aucun blessé n’a été enregistré parmi les membres de la PNH présents sur les lieux.

Cet incident illustre les risques persistants auxquels sont confrontées les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, même lors d’opérations civiles comme le déblayage de la voie publique.

Éducation, crise politique et solidarité internationale : la centrale des travailleurs hausse le ton

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Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 16 janvier 2026 à Port-au-Prince, la Centrale Unitaire des Travailleurs/euses des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH) a vivement dénoncé les dérives au sein du système éducatif haïtien, appelé à une médiation nationale avant le 7 février 2026 et réaffirmé sa solidarité avec les peuples vénézuélien et cubain.

Réunie au local du Flambeau Resto Club, à Delmas 64, la CUTRASEPH a profité de cette rencontre avec la presse pour dresser un tableau sombre de la conjoncture nationale, particulièrement dans le secteur de l’éducation. Prenant la parole, le professeur Josué Mérilien a dénoncé ce qu’il qualifie de clientélisme politique dans le processus de nomination des enseignants, qu’il attribue à la gestion du ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin.

Selon lui, ces pratiques fragilisent davantage un système éducatif déjà en crise, en laissant de côté de nombreux enseignants qualifiés toujours en salle de classe, mais privés de lettres d’affectation. Face à ces irrégularités jugées graves, la CUTRASEPH exige l’ouverture rapide d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur l’ampleur des dérives constatées.

Sur le plan politique, le professeur a appelé à la conscience et à la responsabilité de tous les acteurs, plaidant pour une médiation crédible devant permettre une entente nationale avant l’échéance du 7 février 2026. Il a notamment regretté le désistement de Monseigneur Max Leroy Dumas de la médiation envisagée, estimant qu’aucune des parties opposées à cette initiative ne propose, à ce jour, une alternative plus crédible. Il appelle ainsi à un retour du prélat dans le processus.

La CUTRASEPH est également revenue sur l’activité de solidarité organisée le 15 janvier à l’ambassade de Cuba en Haïti. Josué Mérilien a rappelé la portée symbolique de cette mobilisation en soutien aux peuples vénézuélien et cubain. Il a fermement condamné ce qu’il qualifie d’ingérence américaine au Venezuela, exprimé son soutien aux deux peuples et appelé la communauté internationale à élever la voix. Il a en outre réclamé la libération sans condition du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.

De son côté, Esther Éloy a axé son intervention sur la crise provoquée par la grève des enseignants. Elle a appelé au respect strict de l’accord du 20 janvier 2025, signé entre l’État haïtien et les enseignants, rappelant que près d’un an après, aucun des engagements pris n’a été honoré par les autorités. Face à ce qu’elle considère comme un mépris des revendications légitimes du corps enseignant, elle lance un appel clair à la mobilisation générale, tout en dénonçant le silence de certains acteurs pourtant engagés au départ dans la lutte.

À travers cette conférence de presse, la CUTRASEPH entend mobiliser l’opinion publique nationale et internationale, tout en réaffirmant sa détermination à défendre les droits des travailleurs, la dignité des enseignants et la souveraineté des peuples.

La rédaction

Liberté d’expression : la Fondasyon Je Klere dénonce le décret liberticide du pouvoir

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Par Gesly Sinvilier

La Fondasyon Je Klere (FJKL), organisation citoyenne de défense des droits humains, exprime une vive inquiétude face au décret sur la liberté d’expression adopté le 18 décembre 2025 par le Conseil présidentiel de transition (CPT) et publié le 31 décembre dans Le Moniteur. Dans un rapport rendu public le 15 janvier 2026, la Fondation qualifie ce texte de grave menace pour la démocratie haïtienne et en exige le retrait immédiat.

Selon la FJKL, le CPT a outrepassé ses prérogatives en légiférant par décret sur une matière relevant du pouvoir législatif, en violation de la Constitution. L’organisation estime également que plusieurs dispositions du texte sont contraires à la Constitution de 1987 et aux engagements internationaux d’Haïti, notamment la Convention interaméricaine des droits de l’homme.

La Fondation critique notamment l’usage de notions floues telles que « ordre public » et « sécurité nationale » dans les articles 4 et 5. Ces formulations imprécises ouvriraient la voie à des interprétations arbitraires susceptibles de servir à restreindre la liberté d’expression et à museler les voix critiques, en particulier celles de l’opposition politique et de la presse indépendante.

Bien que le décret affirme vouloir protéger les journalistes, la FJKL considère qu’il les expose davantage. Le texte faciliterait leur arrestation en cas de flagrant délit ou sur la base d’une simple plainte, sans garanties judiciaires suffisantes. La définition très large de la diffamation est également dénoncée, car elle limiterait fortement la critique journalistique tout en empêchant les professionnels des médias de prouver la véracité des faits rapportés pour assurer leur défense.

Le régime des sanctions prévu par le décret est jugé disproportionné. Des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour diffamation sont prévues, tandis que certaines infractions liées aux symboles de la République peuvent être punies de travaux forcés pouvant atteindre vingt ans. L’extension du délai de prescription à cinq ans est perçue comme un moyen supplémentaire de pression sur les journalistes et les acteurs de la société civile.

L’article 18 du décret suscite enfin une inquiétude particulière. Il impose aux plateformes numériques de conserver et de transmettre les données d’identification des auteurs de contenus jugés illicites, une disposition que la FJKL considère comme une violation flagrante de l’article 28-2 de la Constitution garantissant le secret des sources.

Pour la Fondasyon Je Klere, ce décret constitue un véritable outil de répression politique, rappelant les périodes les plus sombres de l’histoire d’Haïti. L’organisation appelle les autorités de transition à renoncer à ce texte et à privilégier une approche respectueuse des libertés fondamentales et des principes démocratiques.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

Offensive contre les gangs armés: plus de 116 morts selon KPD, la PNH évoque des avancées notables

Par Jean Wesley Pierre

La Police nationale d’Haïti (PNH) affirme enregistrer des progrès significatifs dans la lutte contre l’insécurité et les gangs armés qui gangrènent le pays depuis plusieurs années lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 12 janvier 2026.

Le bilan humain

Selon le bilan communiqué par Konbit Pour la Paix et le Développement, les opérations menées au centre-ville de Port-au-Prince entre le 1er et le 11 janvier 2026 ont fait 116 morts et 65 blessés graves. Parmi les personnes tuées, 64 étaient présumées membres de groupes armés, tandis que 52 étaient des civils, dont huit adolescents ainsi que huit femmes, pris au piège des affrontements dans plusieurs quartiers ciblés.

Du côté des forces de l’ordre, la Police nationale d’Haïti (PNH) a précisé que Ernso Fleurimond, tué à La Saline, n’était pas policier, mais un sympathisant bénévole travaillant avec la police. Son frère, blessé, est employé administratif de la PNH.

Les responsables de la communication de l’institution, l’Inspecteur Général Frantz Lerebours, directeur de communication, et le Commissaire Divisionnaire, Michel Ange Louis Jeune, directeur adjoint, ont présenté les objectifs, les résultats et le bilan des récentes opérations policières.

Les objectifs des opérations

Selon l’inspecteur général Frantz Lerebours, l’action de la Police nationale d’Haïti (PNH) repose sur trois objectifs majeurs :

  1. créer des conditions favorables à la libre circulation des biens, des marchandises et des personnes,
  2. libérer les routes nationales de l’emprise des gangs armés, et
  3. permettre le retour sécurisé des populations déplacées dans leurs quartiers et leurs habitations.

« Ce qui est le plus important pour nous, c’est la sécurité de la population, qu’elle se sente bien et en sécurité », a souligné l’inspecteur général.

Les premiers résultats

Pour sa part, le Commissaire Divisionnaire Michel Ange Louis Jeune explique que les résultats récents de la Police nationale d’Haïti (PNH) se répartissent en trois catégories principales :

  1. l’arrêt de l’expansion territoriale des gangs,
  2. la reprise de certains territoires précédemment occupés,
  3. et la saisie d’armes, de munitions et de matériels sensibles.

Il a également fait remarquer que le pays a connu, pour la première fois depuis quatre à cinq ans, des fêtes de fin d’année relativement sécurisées.

Dans le cadre de la lutte contre le trafic d’armes et de munitions, plusieurs opérations ont permis d’importantes saisies. Le 5 janvier 2026 à Quartier-Morin, les agents du (BLTS) Bureau de Lutte Contre le Trafic des Stupéfiants, appuyés par les autorités douanières et locales, ont saisi 9 pistolets de calibre 9 mm, 9 chargeurs, 5 500 cartouches de calibre 7.62, et procédé à trois arrestations.

Le 30 décembre 2025 au Cap-Haïtien, la police a récupéré deux pistolets de calibre 9 mm, un fusil AK-47 et 36 caisses de cartouches, estimées à 1 800 munitions de calibre 7.62, avec l’arrestation d’un individu identifié comme Jean Marie C. Telusma.

Par ailleurs, plusieurs opérations menées notamment à Bel-Air ont permis la saisie d’un important arsenal, comprenant des fusils M16 et M14, des fusils de calibre 12, des radios de communication, des gilets pare-balles et tactiques, des uniformes de différentes unités de la Police nationale haïtienne (PNH), ainsi que des milliers de cartouches de divers calibres. Un drone et des équipements utilisés pour se faire passer pour des policiers ou des journalistes ont également été récupérés.

Les actions en parfaite coordination

La PNH indique que les opérations conjointes avec la Task Force, notamment à Bel-air, La Saline, Arcahaie (Bercy) ont permis la destruction d’un poste de péage illégal, et que plusieurs bandits ont été mortellement blessés, sans fournir de chiffres exacts, tout en réaffirmant son objectif de rétablir l’ordre public et l’autorité de l’État.

Au total, la Police nationale d’Haïti (PNH) indique avoir saisi 7 300 munitions lors des raids contre le trafic d’armes, et 4 459 cartouches, 17 fusils d’assaut et 16 armes longues au cours des opérations policières.

Selon Michel Ange Louis Jeune, les départements du Centre et de l’Artibonite commencent à retrouver le calme, tandis que Kenscoff a été stabilisé, permettant la reprise progressive des activités commerciales. Il note une diminution des incursions criminelles et une augmentation des interventions policières dans plusieurs quartiers sensibles, dont Bel-Air, le centre-ville, Delmas et Wharf Jérémie.

La Police nationale d’Haïti réaffirme sa détermination à maintenir et intensifier ses opérations, estimant que cette stratégie produit des résultats concrets et doit se poursuivre.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Dignité de l’État ou indignation sélective ?

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Par Gesly Sinvilier

La récente acquisition d’un nouvel immeuble par le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAEC) a ravivé une polémique révélatrice des contradictions qui traversent le débat public haïtien. Entre soupçons, indignations sélectives et procès d’intention, cette affaire mérite pourtant une analyse plus rigoureuse, débarrassée des réflexes populistes et du double discours ambiant.

Il est d’abord essentiel de rappeler une évidence souvent occultée : un État digne de ce nom ne peut fonctionner durablement dans des conditions d’indignité matérielle. Les institutions publiques ne sont pas de simples structures administratives ; elles incarnent l’autorité, la continuité et le prestige de l’État. À ce titre, elles doivent répondre à des standards minimaux de fonctionnalité, de sécurité et de représentation.

Cette exigence est encore plus impérieuse lorsqu’il s’agit de la diplomatie. Le Ministère des Affaires Étrangères est la vitrine internationale de la République. Il est appelé à recevoir des chefs de mission, des envoyés spéciaux, des représentants d’organisations internationales et parfois des chefs d’État ou de gouvernement. Imaginer que cette institution stratégique puisse continuer à opérer dans des locaux vétustes, inadaptés ou indignes relève non seulement de l’improvisation, mais aussi d’une forme de renoncement symbolique à la souveraineté.

Or, pendant de longues années, de nombreuses voix — aujourd’hui parmi les plus virulentes — n’ont cessé de dénoncer l’état de délabrement des bâtiments publics, l’indignité des conditions de travail des fonctionnaires et l’image dégradée projetée par l’État haïtien. Le MAE figurait régulièrement parmi les exemples cités pour illustrer cette faillite matérielle et institutionnelle. Comment comprendre, dès lors, que les mêmes acteurs s’insurgent aujourd’hui contre une initiative visant précisément à corriger cette situation ?

Ce revirement traduit un double discours préoccupant. Il ne s’agit pas de dire que toute acquisition immobilière publique est, par principe, irréprochable. Dans un pays confronté à une crise multidimensionnelle, chaque dépense publique doit être justifiée, transparente et conforme aux règles de bonne gouvernance. La légitime exigence de reddition de comptes ne saurait être évacuée. Mais critiquer systématiquement toute tentative de mise à niveau institutionnelle, sans même en examiner la pertinence, le cadre légal ou les bénéfices à long terme, relève davantage de l’hostilité de principe que de l’esprit critique.

À force de refuser à l’État le droit d’investir dans sa propre dignité, on finit par institutionnaliser la précarité comme norme. Cette posture est non seulement incohérente, mais dangereuse. Elle enferme l’action publique dans une logique de survie minimale, incompatible avec toute ambition de reconstruction et de crédibilité internationale.

Le véritable débat devrait donc porter sur des questions essentielles : l’acquisition a-t-elle respecté les procédures légales ? Le prix est-il conforme au marché ? Le choix répond-il à des besoins fonctionnels clairement identifiés ? Quelles garanties de transparence et d’utilisation optimale des fonds publics sont offertes ? C’est sur ce terrain que la critique est utile et responsable.

En définitive, exiger des institutions haïtiennes qu’elles incarnent la dignité de l’État tout en leur refusant les moyens matériels d’y parvenir est une contradiction que le pays ne peut plus se permettre. La diplomatie haïtienne mérite mieux que des locaux de fortune ; elle mérite des infrastructures à la hauteur de la mission qu’elle porte. Encore faut-il que ce débat soit mené avec cohérence, honnêteté intellectuelle et sens de l’intérêt général.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

Haïti: préparation pour la Coupe du monde FIFA 2026, le MJSAC mobilise les acteurs nationaux

Par Jean Wesley Pierre

Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) a organisé, le lundi 12 janvier 2026, une réunion stratégique consacrée à la préparation de la participation et de la représentation d’Haïti à la Coupe du monde de la FIFA 2026. La rencontre s’est tenue dans la salle de conférence du ministère, sous la présidence de la ministre Niola Lynn S. D. Octavius.

Cette initiative a réuni plusieurs hauts cadres de l’administration publique, des représentants d’institutions étatiques, ainsi que des responsables du mouvement sportif national, dont des dirigeants de la Fédération haïtienne de football (FHF). À travers cette mobilisation, les autorités entendent inscrire la participation d’Haïti à cette compétition mondiale dans une démarche concertée, inclusive et structurée.

Les échanges ont porté sur les orientations stratégiques à adopter afin d’assurer une présence haïtienne cohérente et porteuse de sens sur la scène internationale. Parmi les pistes évoquées figure la création d’une commission nationale, chargée d’élaborer un plan d’appui à la participation des Grenadiers, incluant un cadre de gouvernance clair, la valorisation de la diplomatie culturelle et la mobilisation de la diaspora haïtienne autour de cet événement sportif majeur.

Les participants ont également souligné l’importance du sport comme vecteur de cohésion sociale, à travers l’organisation d’activités sportives et culturelles à l’échelle nationale, ainsi que la mise en place de dispositifs de rassemblement populaire lors des rencontres de la Coupe du monde.

Par ailleurs, des discussions techniques ont été engagées avec la Fédération Haïtienne de Football sur les questions liées à la billetterie, à la diffusion des matchs et à la disponibilité des équipements officiels, afin de garantir un accès élargi du public haïtien à cet événement.

À l’issue de la réunion, les parties prenantes sont convenues de la nécessité d’adopter une approche opérationnelle et sectorielle. Elles se sont engagées à soumettre, dans de brefs délais, des propositions et plans d’action qui serviront à l’élaboration d’un document unique de référence, appelé à constituer la feuille de route nationale pour la participation d’Haïti à la Coupe du monde FIFA 2026.

Les autorités affirment vouloir faire de cette participation un symbole d’unité, de dignité et d’excellence, à la hauteur des aspirations du peuple haïtien.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief