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L’état critique de la sécurité alimentaire en Haïti au cœur des débats entre le CPT et FAO

Par Jean Wesley Pierre

Les membres du Conseil présidentiel de transition Régine Abraham, accompagnée des conseillers Edgard Leblanc Fils, Fritz Alphonse Jean et Emmanuel Vertilaire, a rencontré ce mardi 20 janvier 2026, à la Villa d’Accueil, une délégation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Haïti.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par une aggravation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays, accentuée par l’instabilité politique, la crise sécuritaire et la vulnérabilité du secteur agricole.

La délégation de la FAO était composée de la Directrice générale adjointe, Beth Bechdol, de l’Assistant Directeur général et Représentant régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes, René Orellana Halkyer, ainsi que du Directeur du Bureau des urgences et de la résilience, Rein André Paulsen.

Les échanges ont porté sur l’état critique de la sécurité alimentaire en Haïti, les besoins urgents des populations les plus vulnérables et les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la résilience du secteur agricole.

Les discussions ont également abordé les perspectives de soutien à la production nationale, notamment à travers l’accompagnement des petits producteurs, l’amélioration de l’accès aux intrants agricoles et le développement de mécanismes innovants, tels que la mise en place d’une assurance agricole.

Ce dispositif viserait à protéger les agriculteurs contre les pertes liées aux aléas climatiques et aux chocs économiques, tout en encourageant les investissements dans l’agriculture.

Les représentants du Conseil présidentiel de transition ont réaffirmé leur volonté de travailler avec les partenaires internationaux afin de faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale. De son côté, la FAO a réitéré son engagement à appuyer Haïti dans la mise en œuvre de politiques agricoles durables, adaptées aux réalités locales.

Cette rencontre ouvre ainsi la voie à un renforcement de la coopération entre les autorités haïtiennes et la FAO, dans l’objectif de lutter contre la faim et de relancer durablement la production agricole nationale.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Dialogue politique: le CPT multiplie les consultations pour un consensus post-7 février 2026

Par Jean Wesley Pierre

Le Conseil présidentiel de transition (CPT) a achevé, ce mardi 20 janvier 2026, la troisième et dernière journée du dialogue national engagé avec les forces vives du pays. Cette étape marque la fin d’une série de consultations visant à jeter les bases d’un consensus haïtien autour d’un mécanisme de gouvernance capable de garantir la stabilité politique, institutionnelle et sociale après l’échéance du 7 février 2026.

Au cours de la matinée, les membres du CPT ont échangé avec plusieurs plateformes et regroupements politiques et sociaux, notamment des représentants de l’Accord du 21 décembre, de la Conférence nationale des acteurs, du Consensus national inclusif (CONAI) ainsi que du Conseil national de la Société civile (CONASOC). Ces discussions ont porté sur les grandes orientations de la transition, les modalités de gouvernance à venir et les garanties à mettre en place pour une sortie de crise durable.

Dans l’après-midi, le dialogue s’est élargi à d’autres secteurs clés de la société. Le CPT a rencontré des représentants du secteur syndical, du Vodou dont le célèbre « Roi du Vodou » Augustin Saint-Cloud et du Forum des anciens parlementaires.

Ces échanges ont permis d’intégrer des points de vue diversifiés, notamment sur les questions sociales, culturelles et institutionnelles, dans un contexte national marqué par une profonde crise de confiance envers les institutions publiques.

Selon des sources proches des discussions, les participants ont insisté sur la nécessité d’un cadre de gouvernance inclusif, respectueux des équilibres sociaux et apte à répondre aux urgences sécuritaires, économiques et humanitaires.

La question de la légitimité des autorités de transition et celle de la participation citoyenne au processus décisionnel ont également été au cœur des débats.

Ce dialogue national, initié par le Conseil présidentiel de transition, s’inscrit dans une dynamique de concertation visant à éviter une rupture institutionnelle à l’issue de la transition actuelle. À l’issue de ces trois journées de rencontres, le CPT devra désormais compiler les propositions recueillies et définir les prochaines étapes du processus, dans l’objectif affiché de dégager un consensus politique minimal pour l’après-7 février 2026.

Aucune déclaration finale n’a encore été rendue publique, mais le CPT a réaffirmé sa volonté de poursuivre les échanges avec l’ensemble des secteurs nationaux, afin de parvenir à une solution haïtienne à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Combattre la surpopulation carcéral, un défi pour le système judiciaire haïtien

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Par Jean Wesley Pierre

Le Gouvernement haïtien a lancé, le lundi 19 janvier 2026, une Caravane nationale de réduction de la surpopulation carcérale et de la détention préventive prolongée, une initiative portée par le Ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP). Cette action vise à s’attaquer à l’un des dysfonctionnements majeurs du système judiciaire haïtien : le nombre élevé de détenus incarcérés sans jugement depuis plusieurs années.

La phase pilote de cette caravane a débuté au Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, où vingt détenus ont été entendus dans le cadre de procédures d’habeas corpus.

Ces personnes étaient poursuivies pour des infractions mineures et se trouvaient en détention préventive prolongée, parfois depuis de longues années. Selon les autorités, l’initiative sera progressivement étendue aux départements de l’Ouest, du Nord et du Sud.

D’après les données officielles, près de 80 % de la population carcérale haïtienne est en attente de jugement, une situation qui contribue fortement à la surpopulation des prisons et soulève de graves préoccupations en matière de droits humains. Le gouvernement affirme vouloir corriger cette réalité par des actions concrètes, structurées et coordonnées.

S’exprimant à cette occasion, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a dénoncé la détention préventive prolongée comme une atteinte grave à la dignité humaine et au bon fonctionnement de la justice :

« La détention préventive prolongée constitue une atteinte grave à la dignité humaine et au fonctionnement normal de la justice. L’État ne saurait tolérer plus longtemps cette dérive. Cette initiative traduit notre engagement à faire respecter la loi, dans l’ordre, la justice et le respect des droits. » a t-il souligné.

Le premier ministre poursuit pour dire que l’État ne pouvait plus tolérer cette situation et a réaffirmé la volonté de son gouvernement de faire respecter la loi, l’ordre judiciaire et les droits fondamentaux des citoyens.

Ce programme est mis en œuvre sous le leadership du Chef du Gouvernement, à travers le Ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il mobilise également plusieurs institutions nationales œuvrant dans la protection et la promotion des droits humains.

À travers cette caravane nationale, les autorités entendent poser les bases d’une réforme plus large du système judiciaire, en vue de réduire durablement la surpopulation carcérale et de restaurer la confiance des citoyens dans l’État de droit.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Rapport de l’UNESCO: 310 journalistes tués en moins de 4 ans dans le monde

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Par Gedeon Delva

À travers son dernier rapport, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a révélé que les violences contre les journalistes ont connu une hausse remarquable durant les quatre dernières années. 310 journalistes ont été tués entre janvier 2022 et septembre 2025. Des victimes figurent 24 femmes.

Tout affirmant que la majorité des cas a eu lieu dans des zones de conflit, l’UNESCO precise que 2025 était la plus meurtrière, avec 91 journalistes tués, soit le bilan annuel le plus élevé depuis 2018.

Le rapport souligne également, hormis les assassinats, les travailleurs de presse sont victimes d’agressions et menaces: agressions physiques, harcèlement numérique, poursuites judiciaires abusives, pressions économiques et contraintes à l’exil, sont les plus fréquentes, precise le rapport.

Face à cette situation, le rapport exige des mécanismes institutionnels pour inverser cette réalité. Il insiste qu’un journalisme libre, indépendant et professionnel demeure une condition essentielle à la paix, à la démocratie et à la réalisation des objectifs de développement durable.

Gedeon Delva/ Le Relief

Haïti : pourquoi le pays s’est enfoncé après la mort de Jovenel Moïse, malgré les promesses de ses adversaires

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Par Emmanuel Taulème BRINA
Journaliste et Juriste

La mort brutale du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, devait, selon ses opposants, marquer la fin d’une ère de blocage politique et ouvrir la voie à un soulagement national. Pendant des mois, voire des années, une partie de la classe politique et de la société civile affirmait que le pays ne pourrait respirer qu’après son départ du pouvoir. Pourtant, force est de constater que la situation d’Haïti s’est gravement détériorée depuis, plongeant la nation dans l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente.

Des promesses de soulagement vite démenties par les faits

Les adversaires de Jovenel Moïse soutenaient que sa gouvernance constituait l’obstacle principal à la stabilité politique, à la sécurité et au dialogue national. Selon eux, son renversement ,ou à tout le moins son départ ,permettrait de rétablir la confiance, de relancer les institutions et d’engager des réformes profondes.

Or, après son assassinat, aucun plan de transition clair et consensuel n’a émergé. Le vide institutionnel laissé par l’absence d’élections, l’effondrement du Parlement et la faiblesse du pouvoir exécutif ont accentué le chaos au lieu de l’apaiser.

L’effondrement de l’État et la montée en puissance des gangs

Depuis 2021, l’État haïtien s’est progressivement effacé face aux groupes armés. Les gangs ont étendu leur contrôle sur des quartiers entiers de la capitale et sur des axes stratégiques du pays, paralysant l’économie, le commerce et la circulation des personnes.

Contrairement aux promesses de rétablissement de l’ordre, la période post-Jovenel Moïse est marquée par :
• une insécurité généralisée,
• des enlèvements massifs,
• des déplacements forcés de populations,
• l’incapacité de la police à reprendre le contrôle du territoire.

Cette situation démontre que le problème d’Haïti ne se résumait pas à un seul homme, mais à un système politique fragile, gangrené par des luttes de pouvoir, l’impunité et l’absence de vision nationale.

Une opposition plus unie contre Jovenel Moïse que pour gouverner

L’un des paradoxes majeurs réside dans le fait que les forces opposées à Jovenel Moïse étaient davantage unies pour le combattre que pour gouverner après lui. Une fois l’objectif atteint, les divisions internes, les rivalités personnelles et les calculs politiques ont empêché la mise en place d’un projet commun.

Cette fragmentation a laissé le champ libre à l’instabilité, tandis que la population, déjà éprouvée, s’est retrouvée sans protection ni perspectives claires.

Le poids des responsabilités collectives

Attribuer l’effondrement actuel d’Haïti à Jovenel Moïse seul serait une simplification dangereuse. Sa gouvernance a certes été critiquée, mais la situation actuelle révèle une responsabilité collective :
• celle des élites politiques incapables de dépasser leurs intérêts,
• celle des acteurs économiques souvent silencieux,
• celle de la communauté internationale, dont les interventions manquent de cohérence,
• et celle d’un système institutionnel affaibli depuis des décennies.

Une leçon amère pour l’avenir

L’expérience post-2021 montre une vérité fondamentale : renverser un dirigeant ne suffit pas à sauver un pays. Sans institutions solides, sans projet national inclusif et sans respect de l’État de droit, le changement promis reste illusoire.

Aujourd’hui, Haïti paie le prix d’une illusion politique : celle qui consistait à croire que la chute d’un homme entraînerait automatiquement la renaissance d’une nation. L’histoire récente prouve que le véritable combat n’est pas contre une personne, mais contre un système profondément défaillant.

Emmanuel Taulème BRINA
Journaliste et Juriste

Un juge à la Cour de cassation pour assurer la transition : plusieurs structures politiques annoncent des mobilisations

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L’arène politique haïtienne est encore en ébullition. À l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), plusieurs regroupements politiques haussent le ton ce lundi 19 janvier 2025 et exigent une reconfiguration immédiate de l’exécutif.

Plusieurs plateformes politiques se sont regroupées pour former un front commun. L’Initiative du 24 avril 2025, dirigée par Jean Renel Sénatus l’Opposition plurielle de Jeantel Joseph, le Grand Bloc du Peuple (GBP), l’Accord Karibe, DEHFI et MP-18 réclament la désignation d’un juge à la Cour de cassation pour assurer la transition, ainsi que la nomination d’un nouveau Premier ministre. Selon eux, aucune prolongation du CPT ne saurait se faire sans base légale, sous peine de fragiliser davantage les institutions.

Pour ces alliances, le maintien du CPT au-delà du 7 février accentuerait la crise de légitimité et mettrait en danger la stabilité politique, sécuritaire et économique du pays. Elles plaident pour un exécutif transitoire crédible, capable de rétablir l’ordre, la sécurité et la confiance des citoyens.

Lors de la présentation de leur protocole, Sénatus a insisté sur le caractère large et unitaire du mouvement, regroupant plus d’une centaine de partis et d’organisations de la société civile. Il a dénoncé l’échec du CPT et du gouvernement de Fils-Aimé à répondre à la crise humanitaire, sécuritaire et sociale qui frappe Haïti : « La récréation est terminée. Après le 7 février, il faudra passer à quelque chose de sérieux », a-t-il martelé.

Les autres instigateurs, comme Annibal Coffy du GBP et Jeantel Joseph de l’Opposition plurielle, ont mis en avant la feuille de route de l’accord, qui prévoit l’ouverture à d’autres structures, l’organisation de pourparlers et une conférence nationale des acteurs pour encadrer la passation du pouvoir. Ils insistent sur le fait que ce plan est déterminé et concret, contrairement à la transition actuelle qu’ils jugent inefficace et sans projet.

Face à cette situation, les regroupements annoncent une mobilisation populaire dès la semaine prochaine, avec des actions dans les rues jusqu’au 7 février, pour soutenir leur revendication et faire pression sur les autorités. Cette montée en tension survient alors que la sécurité reste critique, malgré les opérations récentes menées dans le bas de Port-au-Prince et le déploiement d’une force multinationale anti-gangs.

Les protagonistes annoncent un séisme politique très prochainement alors que des pourparlers sont organisés par le Conseil présidentiel de transition avec des groupes politiques pour discuter de la stabilité institutionnelle après le 7 février.

La rédaction

Haïti–Gouvernance publique: Le rapport de la commission de restructuration de la RTNH toujours sans effet

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Plusieurs mois après l’installation de la commission de restructuration de la Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH), les travaux annoncés ont bel et bien abouti à la rédaction d’un rapport final. Cependant, aucune décision institutionnelle n’a encore été rendue publique concernant la mise en œuvre des recommandations, relançant le débat sur le suivi des réformes au sein de l’administration publique.

Le document, dont nous avons pris connaissance, a été transmis aux autorités de tutelle conformément aux procédures. Ce constat confirme une continuité avec une précédente publication consacrée à la création de la commission et aux attentes placées dans ses travaux, après plusieurs années de critiques sur le fonctionnement et la gouvernance du média public.

Le rapport analyse en profondeur la RTNH dans ses dimensions administrative, financière, organisationnelle et éditoriale. Il met en lumière une structure interne jugée fragile, des charges opérationnelles élevées ainsi qu’un déficit de vision stratégique claire pour un média d’État censé jouer un rôle central dans le paysage audiovisuel national.

Les commissaires formulent une série de recommandations portant notamment sur la gouvernance et la modernisation institutionnelle, la rationalisation financière, la redéfinition de la mission de service public, le repositionnement éditorial à l’échelle nationale.

L’objectif affiché est de permettre à la RTNH de devenir un média public moderne, performant et capable de remplir efficacement sa fonction de service public de l’information.

Malgré la remise formelle du rapport, les autorités n’ont communiqué aucun calendrier, ni annoncé de mesures concrètes quant à l’adoption ou à l’application des recommandations.

«Le travail a été soumis dans les délais établis», a confiè in membre de la commission, précisqnt qu’aucune position officielle n’a été rendue publique par les instances concernées. Cette absence de communication entretient l’incertitude quant à la suite du processus, alors même que la question de l’avenir du média public fait débat depuis plusieurs années.

Ce cas rappelle une pratique institutionnelle fréquente en Haïti: la multiplication de commissions techniques ou administratives dont les conclusions ne débouchent pas systématiquement sur des actions concrètes. Dans un contexte marqué par la crise institutionnelle, la rareté des ressources et l’instabilité des priorités politiques, la question de l’efficacité de ces dispositifs est de plus en plus posée.

La restructuration de la RTNH, acteur central mais fragilisé du paysage médiatique, est attendue par plusieurs secteurs, dont ceux des milieux professionnels de l’information et de la culture. Pour l’heure, le rapport existe, mais demeure sans traduction politique ni administrative.

L’avenir du dossier dépend désormais de la volonté des pouvoirs publics à transformer les recommandations techniques en décisions exécutoires. Faute de quoi, ce rapport pourrait, comme d’autres avant lui, rester lettre morte, sans effet réel sur les performances de l’institution.

Jean Mapou / Le Relief

Opération à Village de Dieu, la PNH continue de marquer des points

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Port-au-Prince, Haïti – Les forces de l’ordre ont mené, ce samedi matin, une opération stratégique appuyée par des drones dans la zone de Village de Dieu, pour empêcher de piller un camion chargé de fer précédemment volé.

Selon des informations recueillies auprès de sources sécuritaires, l’intervention s’inscrit dans une série d’opérations visant à sécuriser les zones périphériques du quartier. Elle a débuté par un nettoyage de la zone de Ti Fanny, située en contrebas de la capitale, afin de créer un corridor permettant l’avancée des unités vers l’entrée de Village de Dieu.

L’opération a été déclenchée à la suite du vol, survenu avant-hier soir, d’un camion transportant une cargaison de fer. Le véhicule, tombé en panne, avait été remorqué par des individus armés vers l’intérieur du quartier contrôlé par des gangs.

Ce samedi matin, alors que les assaillants tentaient de décharger le matériel, les forces de l’ordre ont déployé deux drones pour intervenir et stopper l’opération.

Le bilan provisoire fait état de la neutralisation du chauffeur du camion ainsi que de deux à trois autres individus impliqués, empêchant toute récupération par les membres du gang. Un pick-up a également été repéré sur les lieux de l’incident.

Aucune opération majeure n’a été signalée pour l’instant dans la zone de Carrefour-Feuilles. Toutefois, les autorités assurent que la surveillance aérienne demeure active et que les opérations de sécurisation se poursuivront jusqu’à l’atteinte des objectifs fixés dans le secteur de Village de Dieu.

La LHDDH alerte sur la flambée alarmante des prix des produits de première nécessité

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— La Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains (LHDDH) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée de la sécurité alimentaire en Haïti. Dans un rapport consacré à l’évolution des prix des produits de première nécessité entre 2024 et 2025, l’organisation dénonce une situation devenue insoutenable pour une large majorité de la population. Selon elle, se nourrir décemment relève désormais du luxe pour de nombreux ménages.

La LHDDH souligne que son analyse ne prend pas en compte les données de l’année 2026. Néanmoins, elle met déjà en évidence une inflation alimentaire rapide, sans aucune amélioration proportionnelle des revenus. En 2025, manger trois repas par jour, standard nutritionnel de base, est devenu l’exception plutôt que la norme, estiment les auteurs du rapport.

Une hausse généralisée des prix sans amélioration des revenus dans un contexte exaspérant

Cette flambée des prix s’inscrit dans un contexte de crise multidimensionnelle. Le taux de chômage, estimé à 15 % en 2025, réduit fortement le pouvoir d’achat des ménages. À cette fragilité structurelle s’ajoute une insécurité généralisée qui paralyse les circuits économiques.

Kidnappings, déplacements forcés de populations, fermeture de marchés, abandon de terres agricoles et blocages de routes stratégiques par des groupes armés perturbent l’accès aux zones de production. L’organisation estime que ces facteurs conjugués expliquent la rareté et la hausse du prix de produits locaux tels que l’igname ou la banane.

Des hausses spectaculaires constatées sur les marchés

Les relevés effectués sur plusieurs marchés du pays montrent des augmentations significatives. Le sac de riz importé est passé de 2 500 gourdes en 2024 à environ 3 500 gourdes en 2025. Le pois noir et le pois Miami, vendus à 500 gourdes la marmite en 2024, atteignent jusqu’à 1 100 gourdes en 2025.

D’autres produits de base tels que la farine, le sucre, le beurrcrel’huile, le lait, lea pâtes… affichent également des prix jugés «très élevés» par la LHDDH. Seuls quelques produits comme le maïs ou le blé se maintiennent à des niveaux relativement stables. Pour la LHDDH, il s’agit d’une inflation alimentaire incontrôlée qui frappe de plein fouet les ménages les plus modestes.

Se nourrir un droit fondamental aujourd’hui menacé

Au-delà des chiffres, l’organisation met en garde contre les conséquences humaines de cette crise. La hausse des prix constitue, selon elle, une atteinte grave au droit à l’alimentation, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et dans plusieurs instruments internationaux ratifiés par Haïti.

Les populations déplacées en raison de la violence armée figurent parmi les plus vulnérables, souvent privées de logement, de revenus et de moyens de subsistance. L’insécurité alimentaire vient ainsi aggraver une situation humanitaire déjà critique.

Appels urgents aux autorités et aux partenaires internationaux

Face à ce constat, la LHDDH demande aux autorités haïtiennes de mettre en place des politiques publiques capables de stabiliser les prix et de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire. La libre circulation des biens et des personnes est, selon elle, indispensable à la relance des activités agricoles et commerciales.

L’organisation exhorte également la communauté internationale et les acteurs humanitaires à renforcer leur soutien aux populations les plus exposées. «Le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental, et non une faveur», rappelle la LHDDH.

Déterminée à poursuivre son travail de veille, de documentation et de plaidoyer, la Ligue affirme rester mobilisée pour que la dignité humaine et les droits fondamentaux de la population haïtienne soient pleinement respectés.

Jean Mapou

L’accord KARIBE opte pour un exécutif avec un président et un premier ministre

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Par Gedeon Delva

Les représentants de l’Accord de Karibe du 28 juin 2025 ont vivement critiqué le Conseil présidentiel de transition ainsi que l’ensemble du gouvernement, qu’ils estiment avoir échoué dans leur mission. Selon eux, ces autorités n’ont pas réussi à rétablir la sécurité dans le pays, à organiser le référendum et les élections, ni à redresser l’économie nationale.

Le vice-président de l’Accord de Karibe, Édouard St Fleur, a plaidé en faveur d’une nouvelle transition dotée d’un président et d’un premier ministre, estimant qu’une telle configuration serait plus efficace pour conduire le pays vers la stabilité.

«Le conseil présidentiel de transition a échoué. Sa mission principale était de sécuriser le pays, renforcer les institutions de l’Etat et organiser des élections. Aucune de ces missions n’a été accompli », a dénoncé St Fleur qui invite toutes les forces vives et politiques du pays à faire preuve de patriotisme.

L’idéal selon lui, c’est doter le pays d’un pouvoir exécutif bicéphale ayant à sa tête un président et un premier ministre et non conseil.

Il faut souligner les discussions officielles ont débuté ce jeudi à la Villa d’Accueil. Selon nos informations, les conseillers présidentiels souhaitent rencontrer plusieurs secteurs de la vie nationale, afin de définir un modus operandi pour trouver un consensus avant le 7 février, devant marquer la fin de leur mandat.

Gedeon Delva / Le Relief