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8 mars 2026: Sandra Paulemon appelle à renforcer la place des femmes dans le développement d’Haïti

Par Oscar Jean-Etienne

À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, célébrée le 8 mars, la Ministre de la Planification et de la Coopération Externe d’Haïti, Sandra Paulemon, a adressé un message de respect et de solidarité à l’ensemble des femmes haïtiennes, tant dans le pays que dans la diaspora.

Fraîchement nommée à la tête du ministère, la ministre a souligné que cette responsabilité constitue non seulement une reconnaissance personnelle, mais aussi un symbole du rôle croissant des femmes dans la vie publique et dans la construction nationale.

Dans son message, elle a rendu hommage aux femmes haïtiennes qui, malgré les difficultés, continuent de porter la société avec courage et détermination. Elle a salué notamment les mères de famille, les jeunes filles en quête d’éducation, ainsi que les professionnelles, entrepreneures, agricultrices et militantes qui contribuent chaque jour au développement du pays.

La ministre a également réaffirmé son engagement à promouvoir des politiques publiques inclusives plaçant l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes au cœur des stratégies de développement.

Selon elle, le développement durable d’Haïti ne peut être envisagé sans la pleine participation des femmes aux processus de décision et à la transformation sociale du pays.

En conclusion, Sandra Paulemon a appelé à poursuivre les efforts pour bâtir une Haïti où les femmes peuvent vivre librement, travailler dignement et voir leurs droits pleinement respectés. Elle a rappelé que la force et l’engagement des femmes constituent une richesse essentielle pour l’avenir de la nation.

Oscar Jean-Etienne

Sommet de Doral 2026: pendant que Washington rassemble ses alliés, Haïti est juste écartée

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Le président des États-Unis, Donald Trump, doit réunir ce samedi à Doral, en Floride, plusieurs chefs d’État et de gouvernement d’Amérique latine et de les Caraïbes dans le cadre du Shield of the Americas Summit, une initiative diplomatique visant à renforcer la coopération sécuritaire dans l’hémisphère occidental.

Selon la Maison-Blanche, cette rencontre a pour objectif de consolider une coalition régionale autour de priorités communes telles que la lutte contre les cartels du narcotrafic, la criminalité transnationale et la gestion des flux migratoires irréguliers vers l’Amérique du Nord. Les discussions devraient également porter sur la coordination politique entre gouvernements considérés comme proches de Washington dans le contexte géopolitique actuel.

Plusieurs dirigeants latino-américains et caribéens figurent parmi les invités. Il s’agit notamment du président argentin Javier Milei, du chef de l’État salvadorien Nayib Bukele, du président équatorien Daniel Noboa, du président panaméen José Raúl Mulino et du président paraguayen Santiago Peña.

Les Caraïbe sera notamment représentée par le président dominicain Luis Abinader, dont la participation illustre la place croissante de la République dominicaine dans les discussions régionales liées aux enjeux de sécurité et de migration.

En revanche, Haïti ne figure pas parmi les délégations annoncées. Aucun représentant officiel du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé n’apparaît dans la liste des participants communiquée par les autorités américaines.

Cette absence intervient pourtant dans un contexte où la crise politique et sécuritaire haïtienne demeure l’une des préoccupations majeures de la région caribéenne, marquée par l’expansion des groupes armés, l’effondrement institutionnel et une pression migratoire croissante vers les pays voisins et l’Amérique du Nord.

Par ailleurs, plusieurs grandes puissances latino-américaines, dont le Brésil, le Mexique et la Colombie, n’ont pas non plus été associées à cette initiative. Le sommet réunit principalement un groupe restreint de gouvernements considérés comme des alliés politiques de l’administration américaine.

Il faut noter qu’il y a quelques semaines l’administration Trump avait joué toutes cartes pour maintenir Alix Didier Fils-Aimé aux commandes d’Haïti, arguant l’actuel à la tête d’un exécutif monocéphale serait idéal pour le combat contre la criminalité organisée, alors que, Fils-Aimé, le protégé de Washington se trouve L’organisationignoré dans le cadre de ce sommet.

Soulignons que l’organisation de cette rencontre à Doral s’inscrit dans la stratégie diplomatique de Washington visant à consolider un bloc régional aligné sur ses priorités sécuritaires et migratoires, dans un contexte marqué par les recompositions géopolitiques en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Jean Mapou / Le Relief

Sandra Paulemon : pourquoi ne pas patienter ?

La nomination de Sandra Paulemon au ministère de la Planification et de la Coopération externe a immédiatement déclenché une vague de réactions. Les critiques pleuvent, parfois avant même qu’elle n’ait eu le temps de poser la moindre action. Un procès public s’ouvre déjà, souvent plus passionnel que fondé.

Mais un fait frappe : dans bien des discussions, on parle moins de Sandra Paulemont que de son mari, le journaliste Assad Volcy. Comme si une femme ne pouvait exister politiquement sans être ramenée à l’ombre de son époux. Ce réflexe rappelle les vieux travers d’une société encore marquée par le machisme, où la légitimité d’une femme est souvent questionnée avec plus de sévérité que celle d’un homme.

Ses diplômes et ses compétences sont aujourd’hui mis en doute, alors même que ces éléments existent bel et bien. Pourtant, au fil des années, combien de personnalités ont occupé de hautes fonctions publiques sans que leur parcours ne soit scruté avec la même intensité ?

Il est vrai que Sandra Paulemon appartient à une famille politique controversée et qu’elle s’est longtemps opposée au régime Martelly. Cela peut expliquer certaines hostilités. Mais la politique ne devrait pas se réduire à des règlements de comptes permanents.

Personne n’affirme qu’elle représente le profil parfait. Dans une démocratie, chacun est libre d’avoir son opinion. Mais une réalité demeure : elle est aujourd’hui ministre, et c’est par ses actions qu’elle devra être jugée.

D’ailleurs, dans un cabinet déjà critiqué du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, il est surprenant que l’attention se concentre presque exclusivement sur cette nomination, alors que d’autres choix, parfois plus discutables, passent relativement inaperçus.

La politique haïtienne gagnerait sans doute à sortir des procès d’intention pour revenir à l’essentiel : les résultats. Les projets. Les décisions.

Alors, au lieu de condamner avant l’heure, peut-être faudrait-il simplement observer, analyser et attendre.

Après tout, l’histoire politique a déjà montré que les verdicts les plus justes ne viennent pas des polémiques du moment, mais du temps.

Le Rédaction

Le gouvernement célèbre la Journée internationale des droits des femmes: Fils-Aimé y voit une priorité nationale

Par Jean Wesley Pierre

Le Ministère de la Condition Féminine et des Droits des Femmes (MCFDF) a célébré, ce vendredi 6 mars 2026 à l’hôtel Montana, la Journée internationale des droits des femmes, placée sous le thème « Droits, Justice, Action pour toutes les Femmes et les Filles ». Une cérémonie qui a réuni les plus hautes autorités de l’État, dont le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les représentants du système des Nations Unies en Haïti, du corps diplomatique et de nombreuses organisations féminines et féministes.

Au-delà des discours protocolaires, cette commémoration a été l’occasion de présenter des avancées concrètes dans la lutte pour l’égalité des genres. La restitution des deux journées de réflexion sur la mise en œuvre de la Politique d’Égalité Femmes-Hommes 2014-2034 et la présentation de la résolution finale de l’atelier interinstitutionnel sur la prise en charge des femmes survivantes de violences témoignent d’une volonté de passer des intentions aux actes. Ces documents, issus de concertations avec les secteurs concernés, pourraient constituer une feuille de route opérationnelle pour les années à venir.

Pourtant, un paradoxe frappant a traversé les allocutions : alors que les discours officiels célèbrent les droits des femmes, la réalité de leur représentation politique reste alarmante. La Conseillère électorale Yves Marie Edouard a livré un constat sans complaisance, qualifiant de « trop faible et fragile » la présence féminine dans les instances décisionnelles, avec un effectif « au plus bas ». Son appel à ne pas « attendre la permission » pour conquérir l’espace politique résonne comme un défi lancé à la fois aux femmes elles-mêmes et aux institutions censées garantir leur accès équitable au pouvoir.

Le nouveau décret de la loi électorale de 2025, visant à promouvoir la participation politique active des femmes, pourrait constituer un levier important. Mais comme l’a souligné la ministre Pedrica Saint Jean, c’est par « l’engagement collectif, la mobilisation et la solidarité » que les droits se traduiront en résultats tangibles dans la vie des Haïtiennes. Une position nuancée par le Premier ministre, qui a tenu à rappeler que cette lutte n’oppose pas les hommes aux femmes, mais construit une « société plus juste, plus équitable et inclusive pour toutes et tous ».

Allant plus loin dans son plaidoyer, le chef du gouvernement a livré une déclaration forte sur le rôle structurel des femmes dans la nation, affirmant que « la véritable force d’Haïti ne réside pas seulement dans son histoire ou dans ses institutions, la véritable force d’Haïti ce sont ses femmes », citant pêle-mêle les Madan Sara qui nourrissent des milliers de familles, les enseignantes, les infirmières, les mères et les jeunes filles qui rêvent d’un avenir meilleur. Avant de conclure sur un constat sans concession :

« Trop de femmes subissent la violence, ou voient leurs droits ignorés. Cela n’est pas acceptable. »

La dimension symbolique de la journée n’a pas été négligée, avec la remise de plaques d’honneur à six femmes remarquables, dont Me Darline Moïse et les magistrates Maguy Florestal et Gabrielle Domingue. Une manière de rappeler, à travers des figures d’exception, que les femmes haïtiennes sont, selon les mots du chef du gouvernement, « au cœur de la Nation », portant la vie, transmettant le savoir et faisant avancer le pays par leur courage quotidien. Reste à savoir si ces hommages individuels sauront se transformer en progrès collectifs durables.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

𝐐𝐮𝐢 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐢𝐞𝐧 𝐔𝐋𝐂𝐂𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Dans toute architecture institutionnelle moderne, la lutte contre la corruption repose sur un paradoxe fondamental. L’État institue un organe chargé de surveiller l’intégrité de ses propres agents, d’enquêter sur les abus de pouvoir et de contribuer à la sanction des détournements de ressources publiques. Mais une interrogation traverse depuis toujours la pensée politique et juridique : qui surveille celui qui surveille ? Qui garde le gardien ?

En Haïti, cette question surgit inévitablement lorsqu’on évoque l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), institution investie d’une mission aussi noble que stratégique. Créée au début des années 2000 dans un contexte de réformes de gouvernance encouragées par les partenaires internationaux, l’ULCC répondait à une nécessité incontestable : doter l’État haïtien d’un mécanisme spécialisé capable de prévenir, détecter et documenter les pratiques de corruption au sein de l’administration publique. L’ambition était claire : restaurer la confiance, moraliser la gestion publique et inscrire l’action étatique dans une culture de reddition de comptes.

Vingt ans plus tard, le débat ne porte plus uniquement sur l’ampleur de la corruption en Haïti. Il concerne désormais la crédibilité même de l’institution chargée de la combattre.

Depuis plusieurs années, l’ULCC multiplie les rapports d’enquête mettant en cause hauts fonctionnaires, responsables publics et gestionnaires d’institutions étatiques. Ces publications produisent un impact immédiat dans l’espace médiatique et nourrissent l’impression d’une activité institutionnelle soutenue. L’opinion publique assiste régulièrement à l’exposition de dossiers présentés comme attestant de graves irrégularités administratives. Pourtant, une réalité persistante apparaît : le passage entre accusation administrative et condamnation judiciaire demeure exceptionnel.

Attribuer cette situation aux seules limites structurelles du système judiciaire haïtien constitue une explication partielle. Certes, la justice souffre de lenteurs chroniques, d’insuffisances matérielles et de fragilités institutionnelles bien connues. Mais ces contraintes n’épuisent pas la question. Une part du problème tient également à la manière dont l’institution anticorruption elle-même conçoit et exerce sa mission.

Au fil du temps, une perception s’est installée : l’ULCC semble parfois travailler davantage pour l’opinion publique que pour l’aboutissement judiciaire des dossiers qu’elle instruit. La médiatisation de certaines enquêtes, le calendrier de publication de rapports et la visibilité accordée à des accusations administratives donnent l’impression que la logique communicationnelle précède parfois l’exigence probatoire. Or, la lutte contre la corruption ne relève pas du spectacle moral. Elle exige une rigueur technique capable de résister à l’épreuve contradictoire du tribunal.

Une institution d’enquête ne tire pas sa légitimité du volume de dénonciations produites, mais de la solidité juridique de ses dossiers. Lorsqu’un rapport largement diffusé échoue à produire des poursuites effectives ou s’effondre devant les exigences procédurales de la justice, le résultat dépasse le simple échec administratif. Il contribue paradoxalement à renforcer l’impunité qu’il prétend combattre. Chaque dossier mal préparé devient un argument supplémentaire pour ceux qui contestent la crédibilité de la lutte anticorruption.

À cette difficulté s’ajoute une problématique plus sensible : la politisation diffuse de l’action anticorruption. Dans un environnement institutionnel marqué par l’instabilité politique, toute institution disposant d’un pouvoir d’accusation publique devient vulnérable aux perceptions d’instrumentalisation. La sélection des dossiers, leur temporalité et leur exposition médiatique peuvent alors être interprétées comme participant à des rapports de force politiques plutôt qu’à une stratégie cohérente de justice administrative.

Le danger n’est pas abstrait. Lorsque l’anticorruption glisse vers une logique de régulation politique informelle, elle cesse progressivement d’incarner l’État de droit pour se rapprocher du tribunal de l’opinion. La dénonciation remplace la démonstration, la suspicion supplante la preuve, et la morale publique se trouve paradoxalement fragilisée.

La question du professionnalisme managérial devient dès lors centrale. La lutte contre la corruption constitue l’un des domaines les plus exigeants de l’action publique. Elle requiert des enquêteurs spécialisés, une culture institutionnelle fondée sur la preuve financière et documentaire, une parfaite compréhension de la chaîne pénale et une coordination constante avec les autorités judiciaires. Sans cette discipline technique, l’institution produit du bruit institutionnel sans produire de justice.

Or, une institution chargée de juger moralement l’administration publique ne peut évoluer hors de toute évaluation rigoureuse. L’absence de mécanismes solides de redevabilité interne et externe entretient une contradiction fondamentale : l’organe chargé de promouvoir la transparence échappe largement à une évaluation transparente de sa propre performance.

La véritable interrogation ne consiste donc pas à remettre en cause l’existence de l’ULCC. Dans un État confronté à des pratiques systémiques de corruption, une telle institution demeure indispensable. Mais aucune institution démocratique ne peut durablement exercer une fonction de contrôle sans être elle-même soumise à des mécanismes crédibles de contrôle. Audits indépendants, évaluation parlementaire effective, critères professionnels transparents dans la nomination et la gestion de ses dirigeants constituent autant de conditions nécessaires pour préserver la légitimité du gardien.

Car la corruption ne détruit pas seulement les finances publiques. Elle érode la confiance collective. Et lorsque l’institution chargée de la combattre perd à son tour la confiance du public, c’est l’ensemble de l’architecture morale de l’État qui vacille.

La lutte anticorruption ne se gagne ni dans les conférences de presse, ni dans la multiplication des rapports, ni dans l’indignation momentanée de l’espace médiatique. Elle se gagne devant le juge, dans la rigueur de la preuve et dans la constance institutionnelle.

Sans cela, la question demeure entière, persistante, presque inquiétante : si le gardien lui-même échappe à toute reddition de comptes, qui garde réellement le gardien ?

Cette interrogation dépasse d’ailleurs le seul cadre de l’ULCC. Elle concerne également l’Inspection Générale des Finances (IGF), organe de contrôle administratif chargé de veiller à la régularité de la gestion financière publique ; la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), juridiction constitutionnelle responsable du contrôle des dépenses publiques et du jugement des comptes de l’État ; ainsi que l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), institution spécialisée dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement des activités illicites. Car dans un État de droit, la crédibilité du contrôle public dépend autant de la surveillance des gouvernés que de la redevabilité des institutions chargées de les surveiller.

𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Lettre d’outre-tombe à Patrice Michel Derenoncourt, 27 février 2026

Mon cher Patrice,

Aujourd’hui, tu aurais eu 65 ans. Le temps passe, mais ton absence demeure, douce et douloureuse à la fois. Je pense souvent à nos échanges, à ta passion pour le savoir, à cette lumière que tu portais sans effort et qui continue d’éclairer ma mémoire.

Ils ont cru te faire taire, mais ils n’ont pas compris que les esprits libres ne disparaissent pas. Tu vis encore dans mes pensées, dans mes engagements, dans chaque idée que nous avons partagée.

Au gré d’une résidence doctorale, la Dr Pearce vient de m’aider à changer la perspective de ma thèse. Elle aime Haïti et m’a orienté vers une réflexion plus exigeante sur le design et l’implémentation des politiques publiques au pays, comme un défi pour inscrire notre réalité dans la modernité. J’aurais tant aimé t’en parler. Je t’imagine déjà questionnant mes hypothèses, affinant mes arguments, me rappelant que penser Haïti, c’est aussi croire à sa capacité de se réinventer.

Merci pour la fraternité, pour la rigueur, pour cette foi dans l’intelligence qui continue de me guider. Repose en paix, mon frère tout en attelant à ton travail de Bizango pour le pays !
Nos conversations ne cesseront jamais mon frère !

Akbolisabadya!

Bonne fête Patoutou!

Ton petit frère,
El Yves
27 février 2026
Atlanta Georgia

Radiographie des accords de transitions en Haïti et lecture critique du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections

Par Jonathan Meus
Politologue – Philosophe

Depuis la chute du régime des Duvalier en 1986, Haïti évolue dans un cycle quasi permanent de transitions politiques, ponctuées par la signature d’accords, censés rétablir l’ordre constitutionnel, stabiliser les institutions et organiser des élections crédibles dans le pays. De l’Accord de Governors Island Agreement (1993), en passant par le Consensus politique de 2004, l’Accord d’El Rancho de 14 mars 2014, l’Accord du 5 février 2016, l’Accord du 3 avril 2024, jusqu’au récent Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections du 22 février 2026, la classe politique haïtienne a multiplié les instruments normatifs pour sortir de l’impasse institutionnelle. Pourtant, malgré cette abondance de textes, la stabilité politique demeure fragile, la gouvernance contestée et l’affaiblissement de l’État.

Ce paradoxe soulève une interrogation centrale : le problème haïtien réside-t-il réellement dans la qualité des accords et des cadres juridiques adoptés, ou plutôt dans la capacité et la volonté des acteurs politiques à les mettre en œuvre avec intégrité, compétence et sens de l’intérêt général ? En d’autres termes, la crise haïtienne est-elle une crise de textes ou une crise d’hommes ?
 
La littérature sur les États fragiles et la gouvernance publique suggère que l’efficacité institutionnelle dépend moins de la prolifération normative que de la qualité du leadership, de la solidité des mécanismes de reddition de comptes et de l’existence d’élites politique capables de résister aux logiques clientélistes et prédatrices.

Dans cette perspective, l’analyse des accords successifs signés en Haïti au cours des (40) quarante dernières années permet de mettre en évidence une constante : des engagements formels ambitieux, mais une mise en œuvre déficiente, souvent minée par l’impunité, la captation des ressources publiques et l’absence de sanctions crédibles.

Le présent article propose ainsi une double démarche. D’une part, il dresse une radiographie analytique des principaux accords de transition conclus depuis 1986, en identifiant leurs objectifs, leurs innovations et leurs limites structurelles. D’autre part, il offre une lecture critique du Pacte National de 2026 signé par plusieurs partis et groupement politiques, et publié dans le journal officiel « Le Moniteur », en soutenant que la sortie durable de l’instabilité politique ne dépend pas uniquement de la signature d’un nouvel accord ou pacte, mais plutôt de l’émergence d’un leadership intègre et responsable, condition indispensable à la restauration de la confiance publique et à la consolidation démocratique en Haïti.
 
Après la départ du président Jean Claude Duvalier en 1986, le pays s’ouvre à une longue séquence de transitions constitutionnelles et institutionnelles, aboutissant à l’adoption de la Constitution de 1987 qui fixe un cadre formel démocratique pour l’avenir du pays. Pourtant après l’adoption de cette nouvelle constitution et faute du non-respect des normes préétablies, le pays plonge dans une instabilité chronique débouchant au Governors Island Agreement en 1993 dont son objectif est de sortir le pays dans la crise après le coup d’État de 1991. Effectivement, le Governors Island Agreement (3 juillet 1993) engageait la restitution du pouvoir à Jean-Bertrand Aristide, la réforme des forces armées, et la création d’une nouvelle force de police civile ; l’accord prévoyait aussi des mécanismes de vérification internationale. Malgré la signature, l’accord a souffert d’une faible mise en œuvre effective. Ce qui provoque quelques années plus tard l’échec de l’accord.

En 2004, le pays est confronté à une nouvelle crise. Face à cette situation, les élites politiques parviennent à un « Consensus for a Political Transition » signé pour orchestrer une transition civilo-politique, la tenue d’élections et la réhabilitation des institutions de l’État dans le pays. Encore une fois, le texte était déjà en place ; l’application a toutefois rencontré des difficultés sous le gouvernement Boniface – Latortue.

En mars 2014, un accord politique connu sous le nom d’« Accord d’El Rancho » a été établi. L’objectif était de mettre en place un gouvernement ouvert capable de susciter la confiance et de créer les conditions indispensables à la tenue d’élections libres, équitables et démocratiques.

Peu de temps après à cause de l’échec du précèdent accord soit en février 2016, un autre accord politique a été conclu pour organiser la sortie de mandat présidentiel du président Michel Joseph Martelly et garantir une continuité institutionnelle (Accord du 5 février 2016). Les fragilités institutionnelles et la défiance politique ont limité l’effet stabilisateur de l’accord. De multiples textes et propositions ont cherché à régler l’absence d’autorité centrale, la sécurité et l’organisation d’élections.

Ces documents ont souvent été porteurs d’intentions, mais insuffisamment suivis d’actions concrètes et de contrôles. Présenté officiellement le 23 février 2026, le « Pacte National » se veut une nouvelle initiative de cadrage politique et électoral pour ramener la stabilité et préparer des scrutins en Haïti. Le lancement a suscité à la fois signatures et critiques au sein de la classe politique et de la société civile. 

Nous avons noté que les accords successifs présentent des traits communs : (i) diagnostic institutionnel sur le besoin de réformes de la police, de la justice, du cadre électoral ; (ii) mécanismes de transition gouvernements provisoires, calendriers électoraux, organes de suivi ; (iii) appui international  notamment l’Organisation des Nations Unies, des organisations régionales et d’ONG internationales. 

Les diagnostics sont généralement justes et les recommandations pertinentes, toutefois leur mise en pratique durable laisse à désirer. Les « bons textes » rencontrent des obstacles politiques, socio-économiques et sécuritaires qui entravent leur mise en œuvre intégrale. 
 
La littérature et les rapports d’experts identifient la capture des ressources publiques par des élites économiques et politiques, l’absence de comptes crédibles et la faible capacité judiciaire comme causes majeures de la fragilité haïtienne. Ces phénomènes limitent l’efficacité des accords : quand des élites politiques ou économiques profitent du statu quo, elles n’ont pas d’intérêt à appliquer les réformes qui réduiraient leurs marges d’action selon les analyses de Klitgaard et du rapport OCDE. 

L’incapacité de l’État à assurer la sécurité et à monopoliser l’usage légitime de la force rend la mise en œuvre d’accords surtout électoraux  pratiquement impossible sans une recomposition sérieuse du rapport de forces. À notre constat montre que les accords qui ne prévoient pas de véritables solutions de sécurité se voient contrecarrés sur le terrain. Les textes exigent des administrations fonctionnelles pour organiser les scrutins, la vérification des listes électorales, la gestion budgétaire des campagnes, etc.

Or la corruption administrative et la faiblesse de capacités techniques empêchent l’exécution fiable des mesures prévues dans les différents accords. Des études à la fois académiques et institutionnelles l’indiquent clairement. La conclusion qui découle des éléments ci-dessus c’est que le problème n’est pas principalement l’insuffisance de textes ou d’accords, mais l’absence d’un réservoir suffisant de responsables publics honnêtes, intègres et compétents, capables de résister aux pressions clientélaires et mafieuses, à faire appliquer la loi et à rendre compte publiquement. Les accords peuvent tracer une feuille de route, mais il faut des acteurs porteurs de probité pour l’exécuter.
 
Le pacte national tente de réunir acteurs politiques, société civile et organes étatiques autour d’un calendrier et de mesures de stabilisation et d’organisation des élections. Il capitalise sur l’expérience précédente. Si nous entendons à exécuter ce pactesans mesures fortes et crédibles, premièrement démanteler les réseaux de corruption, deuxièmement sécuriser l’espace public,troisièmement assurer une justice indépendante et la poursuite des crimes de haut niveau. Sinon, le pacte risque de rester une « énième charte sans effet sur les objectifs fixés » qui pourrait être bonne sur le papier, mais faible dans l’exécution.

Les précédents historiques illustrent aussi que l’absence d’une élite d’État disposée à appliquer des sanctions et à rompre l’impunité rend inefficace tout accord. Effectivement, le pacte suscite des critiques sur son inclusivité et sur la crédibilité des signataires car certains partis et organisations l’ont dénoncé. Sans légitimité sociale large et sans contrôle indépendant, son potentiel stabilisateur est limité.
 
En définitive, l’histoire des accords en Haïti montre que les textes existent et sont souvent pertinents. La répétition des échecs tient moins à la qualité rédactionnelle qu’à la faible volonté politique de faire respecter les règles, à la capture par des élites politiques et à l’insuffisance d’acteurs publics intègres et de systèmes de contrôle efficaces.

Le Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections constitue, en ce sens, une opportunité mais aussi une épreuve de vérité pour le gouvernement de Fils-Aimé. Son efficacité dépendra non seulement de son architecture normative, mais surtout de la qualité morale et professionnelle des acteurs chargés de l’appliquer en toute conformité. La sortie de l’instabilité chronique suppose une rupture avec les pratiques de captation, de clientélisme et d’irresponsabilité institutionnelle qui ont fragilisé l’État depuis des décennies.

L’histoire récente d’Haïti enseigne une leçon fondamentale de gouvernance publique : les textes peuvent orienter l’action, mais seuls des hommes et des femmes intègres peuvent leur donner corps. La stabilité ne se décrète pas ; elle se construit par la cohérence entre la norme et l’éthique, entre la promesse politique et la responsabilité institutionnelle. Tant que cette cohérence ne sera pas restaurée, la transition risque de demeurer permanente et la stabilité, toujours différée.

 
Par Jonathan Meus

Haïti–Médias et technologies: une soixantaine de journalistes formés à l’intelligence artificielle par l’Ambassade américaine

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Une soixantaine de journalistes haïtiens ont pris part, du 2 au 4 mars 2026 à Pétion-Ville, à une session de formation consacrée à l’intégration de l’intelligence artificielle dans la pratique journalistique. L’initiative, saluée par la Direction de formation de l’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP), a été organisée par le Bureau des affaires publiques de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, avec l’appui académique de l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti (ESIH).

Placée sous le thème «Le journaliste augmenté: intégrer les intelligences artificielles génératives sans compromettre l’indépendance éditoriale», cette formation visait à familiariser les professionnels des médias avec les nouvelles technologies qui transforment rapidement la production, la diffusion et la consommation de l’information.

Comprendre les opportunités et les limites de l’IA

Selon l’OHDLP, ces trois journées de travail ont permis aux participants d’échanger avec des spécialistes du domaine, notamment le directeur général de l’ESIH, Patrick Attié, autour des opportunités et des limites de l’intelligence artificielle dans le journalisme. Dans un contexte marqué par l’accélération des technologies de communication, les intervenants ont souligné la nécessité pour les journalistes de maîtriser ces nouveaux outils tout en préservant les principes fondamentaux de la profession.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention du directeur de communication de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, le journaliste senior Joël Lorquet. Celui-ci a rappelé que le journalisme évolue désormais dans un environnement numérique dominé par l’instantanéité de la diffusion de l’information.

«La technologie permet aujourd’hui à presque tout individu de publier du contenu. Mais publier ne signifie pas nécessairement informer», a-t-il déclaré, soulignant l’importance du rôle des journalistes dans la vérification et l’analyse des faits.

Tout en reconnaissant l’utilité de l’intelligence artificielle dans les salles de rédaction, il a insisté sur ses limites: « L’intelligence artificielle peut nous faire gagner du temps, mais elle ne remplacera jamais la responsabilité et l’émotion humaine dans le traitement de l’information», a renchéri Loriquet.

Une formation née d’un intérêt croissant pour l’IA

Selon Joël Lorquet, cette session en présentiel est née d’un programme de formations en ligne régulièrement organisé par l’Ambassade américaine à l’intention des journalistes haïtiens. L’intérêt croissant des participants pour les questions liées à l’intelligence artificielle a conduit les organisateurs à mettre sur pied cette formation intensive de trois jours.

Une soixantaine de journalistes ont ainsi été retenus parmi les premiers inscrits, parmi lesquels le directeur de promotion du magazine hebdomadaire Haïti-Espoir et directeur exécutif de l’OHDLP, Alex Calas. Le responsable de communication de l’Ambassade a toutefois indiqué que plusieurs journalistes des régions souhaitaient également participer, mais que les difficultés de déplacement vers Port-au-Prince ont limité leur présence.

L’IA, un outil puissant mais qui exige vigilance

Au cours des différentes sessions, les participants ont exploré les applications concrètes de l’intelligence artificielle dans la collecte, l’analyse et la diffusion de l’information. Patrick Attié, spécialiste des technologies de l’information et directeur général de l’ESIH, a expliqué que les outils d’IA générative peuvent accomplir jusqu’à 80 à 90% du travail préparatoire dans certaines tâches rédactionnelles. Cependant, il a rappelé que les étapes décisives du processus journalistique demeurent profondément humaines.

«La vérification des faits, l’analyse du contexte et l’exercice de l’esprit critique restent des responsabilités qui ne peuvent être déléguées aux machines», a-t-il souligné, tout en mettant en garde contre les biais algorithmiques pouvant découler des données utilisées pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle.

Renforcer les capacités des journalistes

L’attachée de presse de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, Amparo Garcia, a pour sa part insisté sur l’importance du renforcement des compétences des journalistes dans un environnement technologique en constante évolution. Elle a rappelé que les initiatives de formation soutenues par l’ambassade visent notamment à promouvoir la transparence, la responsabilité publique, la démocratie et la liberté de la presse.

Dans son discours de clôture, Joël Lorquet a souligné que l’intelligence artificielle transforme déjà les salles de rédaction en facilitant l’analyse de grandes bases de données, la détection de tendances et l’automatisation de certaines tâches répétitives. «Bien utilisée, l’intelligence artificielle peut devenir un outil au service d’un journalisme plus fort, plus précis et plus accessible», a-t-il affirmé, tout en rappelant que l’intégrité et le jugement humain demeurent au cœur de la profession.

Une initiative saluée par l’OHDLP

L’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse a salué l’organisation de ce séminaire, qu’il considère comme une initiative importante pour l’avenir du journalisme en Haïti. Selon l’organisation, la formation continue des professionnels des médias apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour renforcer une presse haïtienne plus moderne, plus responsable et mieux outillée face aux défis de la désinformation et des transformations technologiques.

Les organisateurs envisagent par ailleurs d’étendre cette initiative à d’autres villes du pays, notamment au Cap-Haïtien, afin de permettre aux journalistes des régions de bénéficier également de ce type de formation.

Des échanges entre professionnels des médias

Le séminaire a également constitué un espace de retrouvailles et d’échanges entre plusieurs figures du paysage médiatique haïtien. Parmi les participants figuraient notamment Denel Cinton de Radio Caraïbes, Marie-Lucie Bonhomme de Radio Vision 2000 et Télé Pluriel, Yves Paul Léandre de la Télévision nationale d’Haïti, Ruphalda Jean de Signal FM, Patrice Mépriser de Radio Galaxie et Gabriel René de Radio Kiskeya, entre autres.

Au terme de ces trois journées de formation, les participants ont du constater que l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un outil incontournable dans l’évolution du journalisme. Toutefois, sa véritable valeur dépendra toujours du professionnalisme, de l’éthique et de l’esprit critique des journalistes qui l’utilisent.

En ce sens, l’OHDLP a adressé ses remerciements à l’équipe de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, ainsi qu’à la direction et au corps professoral de l’ESIH pour la qualité de l’encadrement académique offert durant cette formation.

L’organisation encourage également la poursuite de ce type d’initiatives destinées à renforcer les compétences des journalistes haïtiens, tant dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince que dans les villes de province, afin de mieux intégrer les technologies d’intelligence artificielle dans les pratiques rédactionnelles contemporaines.

Jean Mapou / Le Relief

Jocelyn Pierre installé à la tête de l’OAVCT : cap sur la modernisation et la proximité

Le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a procédé ce 4 mars 2026 à l’installation officielle de Jocelyn Pierre comme nouveau directeur général de l’Office d’Assurance Véhicule Contre-Tiers (OAVCT), succédant à Pierre Jean Raymond André.

Avocat au Barreau de Port-au-Prince depuis 2012 et criminologue, Me Pierre cumule plus de 25 ans d’expérience dans l’administration publique haïtienne. Professeur universitaire, il a enseigné le droit pénal et le droit social dans plusieurs établissements publics et privés pendant 15 ans. Sa carrière se distingue par des responsabilités variées, dont des postes de conseiller juridique et de directeur dans différentes institutions publiques, ainsi que la co-direction d’un cabinet d’avocats.

Dans son intervention, le nouveau directeur a placé son mandat sous le signe du renouveau et de l’efficacité. Il a décliné quatre axes prioritaires : la proximité avec les usagers, le renforcement des mécanismes de contrôle, l’amélioration de la performance administrative et l’innovation dans la gestion.

Insistant sur la nécessité d’un travail collectif, il a appelé les employés à s’impliquer pleinement dans cette nouvelle dynamique. « Votre expertise, votre rigueur et votre sens du service public seront les véritables moteurs de cette nouvelle étape », a-t-il déclaré, soulignant que le succès de l’institution dépendra de la discipline, de la solidarité et du sens des responsabilités de chacun.

En installant le nouveau responsable, le ministre a rappelé l’importance d’une gestion transparente et performante, en cohérence avec la volonté du gouvernement de renforcer les institutions publiques.

La rédaction

Valéry Fils-Aimé installé comme ministre de l’Environnement: prévention des risques et gouvernance climatique au cœur de ses priorités

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Valéry Fils-Aimé a été installé, mercredi 4 mars 2026, à la tête du ministère de l’Environnement, lors d’une cérémonie officielle organisée au siège de l’institution à Port-au-Prince. L’installation a été assurée par le ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Sinal Bertrand, en présence de membres du gouvernement, de cadres du ministère et de représentants de l’administration publique.

Le nouveau titulaire du portefeuille succède à l’ingénieur Moïse Fils Jean-Pierre, qui a passé plus de deux décennies au service de l’institution. La cérémonie s’est déroulée dans un climat empreint de solennité, marqué par des hommages rendus au travail accompli et par l’expression des attentes face aux défis environnementaux pressants.

Dans son intervention, Valéry Fils-Aimé a remercié le chef du gouvernement pour la confiance placée en lui. Il a salué l’engagement de son prédécesseur ainsi que le professionnalisme des cadres et employés du ministère, qu’il a invités à maintenir leurs efforts au service de la protection de l’environnement.

Des défis structurels et urgents

Le nouveau ministre a souligné que les questions environnementales demeurent au centre des défis majeurs auxquels fait face le pays. Il a évoqué les risques liés aux catastrophes naturelles, la dégradation accélérée des écosystèmes ainsi que les effets croissants des changements climatiques.

Selon lui, ces problématiques ont des répercussions directes sur la sécurité alimentaire, la stabilité économique et les conditions de vie des populations, particulièrement dans les zones les plus vulnérables.

À l’approche de la saison cyclonique, Valéry Fils-Aimé a insisté sur l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention des risques et d’améliorer la capacité de réponse institutionnelle. Il a plaidé pour une coordination accrue entre les structures publiques concernées afin d’anticiper les catastrophes et de limiter leurs impacts.

Gouvernance et engagements climatiques

Parmi ses priorités, le nouveau ministre a annoncé le renforcement des capacités techniques et administratives du ministère, l’amélioration de la gouvernance environnementale ainsi que la mise en place d’un cadre réglementaire plus cohérent avec les engagements climatiques internationaux d’Haïti.

Il a également lancé un appel à la mobilisation collective, estimant que la protection de l’environnement ne saurait relever du seul ministère, mais nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs : institutions publiques, collectivités territoriales, secteur privé, organisations communautaires et partenaires internationaux.

Dans un contexte marqué par la vulnérabilité accrue du pays face aux aléas climatiques, cette prise de fonction intervient comme un signal fort quant à la volonté des autorités de repositionner la question environnementale au cœur des politiques publiques et du développement national.

Jean Mapou / Le Relief