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Crise au sommet: Le CPT envisage de révoquer le Premier ministre Fils-Aimé en dépit d’une mise en garde de Washington

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Par Jean Mapou

Port-au-Prince.— Une nouvelle escalade institutionnelle s’est produite dans la nuit de mardi à mercredi au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT), avec la signature, très tard dans la soirée, d’une résolution mettant fin aux fonctions du Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé. L’acte, considéré comme déterminant dans le rapport de forces interne, a été consommé lorsque le conseiller-président Smith Augustin a apposé sa signature, portant à cinq le nombre de conseillers favorables à la révocation, soit la majorité qualifiée requise sur les sept membres du CPT.

Cette résolution survient dans un climat diplomatique électrique. Quelques heures auparavant, l’ambassade des États-Unis en Haïti avait publié une note mettant en garde contre toute modification de la composition du gouvernement en fin de mandat. Washington prévenait qu’une telle démarche, jugée par l’ambassade nulle et non avenue, pourrait compromettre les efforts internationaux visant à atteindre, ce que les USA appellent, un niveau minimal de sécurité et de stabilité dans le pays.

Pour plusieurs conseillers, ce message a été perçu comme une tentative d’ingérence directe dans un processus relevant de la souveraineté institutionnelle haïtienne. En passant outre cette pression, Smith Augustin a confirmé une ligne de fracture désormais assumée au sein de la transition.

Politiquement Fils-Aimé n’est plus Premier ministre

Avec cette signature, les jeux sont faits: Alix-Didier Fils-Aimé n’est techniquement plus Premier ministre. Le CPT devra formaliser sa décision et désigner un chef de gouvernement intérimaire avant la formation d’un exécutif de remplacement, sous peine d’aggraver l’instabilité déjà chronique de l’appareil d’État.

Un débat explosif sur la souveraineté et le pouvoir

La résolution ravive un débat plus ancien: celui de la souveraineté nationale face à l’influence américaine dans les moments charnières de la politique haïtienne. Plusieurs observateurs y voient un tournant majeur, d’autant que le mandat du CPT arrive à échéance le 7 février prochain, laissant planer l’incertitude sur l’après-transition.

Sur le terrain politique, les critiques n’ont pas tardé. Selon le défenseur des droits humains Pierre Espérance, les conseillers signataires, dont Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire, Fritz Alphonse Jean et Edgard Leblanc, chercheraient avant tout à s’emparer du pouvoir afin de procéder à des remplacements clés à la tête d’institutions stratégiques telles que la Police nationale d’Haïti (PNH) ou l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC). Pierre Espérance a appelé à sécuriser la Villa d’Accueil et à faire barrage à ce qu’il qualifie de tentative de capture institutionnelle.

Les conseillers concernés rejettent quant à eux toute tentative de lecture complotiste et affirment agir dans le cadre strict des prérogatives constitutionnelles du Conseil présidentiel.

En effet, ce bras de fer intervient alors que le pays se rapproche dangereusement de la date butoir du 7 février, prévue pour la fin des mandats issus de l’Accord du 3 avril. Aucune feuille de route consensuelle n’a encore émergé, ni sur la formation d’un nouvel exécutif ni sur l’organisation d’élections, dans un contexte où l’insécurité et la fragmentation institutionnelle compliquent toute anticipation politique.

Jean Mapou / Le Relief

Ligue des champions: Quand Prague gèle, Barcelone s’enflamme

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Par Jean Wesley Pierre

Mené très tôt au score sur la pelouse du Slavia Prague ce mercredi, le FC Barcelone a livré une prestation de caractère ce mercredi 21 janvier 2026 pour s’imposer 4-2, dans des conditions climatiques extrêmes, avec une température avoisinant les -5°C. Une victoire précieuse, autant sur le plan comptable que mental, qui permet aux hommes d’Hansi Flick d’assurer au minimum une place dans le top 8 de la Ligue des champions, avant un match décisif face à Copenhague pour ça.

La rencontre avait pourtant mal débuté pour les Blaugrana. À la 10e minute, Vasil Kušej profitait d’un moment de flottement défensif pour ouvrir le score sur un corner.

Barcelone réagissait rapidement par l’intermédiaire de Fermín López, auteur d’un doublé express aux 34e et 42e minutes, confirmant son excellente dynamique européenne. Mais juste avant la pause, un fait de jeu inattendu venait relancer le Slavia : Robert Lewandowski marquait contre son camp (44’), ramenant les deux équipes à égalité dans un scénario complètement fou.

En seconde période, le Barça a haussé le ton. Plus dominateurs dans le jeu, plus agressifs à la récupération, les Catalans ont logiquement repris l’avantage grâce à Dani Olmo (63’), avant que Lewandowski (70’) ne se rachète en inscrivant son but, confirmant au passage une statistique impressionnante : le Polonais a marqué en Ligue des champions lors de 15 saisons consécutives, depuis 2011/2012.

Les chiffres traduisent la domination barcelonaise : 59 % de possession, plus de 20 tirs, 12 frappes cadrées, et un gardien du Slavia Prague auteur de plus de huit arrêts, évitant une addition plus lourde. Sous la direction d’Hansi Flick, le Barça affiche désormais 61 buts en 21 matchs de Ligue des champions, signe d’une animation offensive efficace et assumée.

Individuellement, Fermín López a crevé l’écran. Décisif, lucide et combatif malgré le froid, il a logiquement été élu Homme du match.

En conférence de presse, le jeune milieu a insisté sur la difficulté des conditions et l’importance de la victoire collective, tout en affichant clairement son ambition de s’imposer durablement au Barça… et en sélection.

Seule ombre au tableau : la blessure de Pedri, contraint de quitter le terrain après une gêne à l’ischio-jambier droit. Les premières informations évoquent une absence pouvant aller de trois à quatre semaines, voire un mois, en attendant les examens médicaux complémentaires. Une perte potentiellement lourde pour un Barça engagé sur tous les fronts.

Malgré cela, le FC Barcelone continue d’avancer fort : leader de Liga, qualifié en Coupe du Roi, vainqueur de la Supercoupe d’Espagne et toujours en course en Ligue des champions. Dans le froid de Prague, le Barça a surtout prouvé qu’il savait souffrir… et gagner.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

𝐋𝐞 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐏𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 Louis 𝐆é𝐫𝐚𝐥𝐝 𝐆𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐦𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐅𝐢𝐥𝐬-𝐀𝐢𝐦é 𝐩𝐚𝐫 𝐀𝐥𝐟𝐫𝐞𝐝 𝐌é𝐭𝐞𝐥𝐥𝐮𝐬

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Le Conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles a confirmé, en exclusivité pour l’agence en ligne Le Relief, le remplacement de Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement par Alfred Métellus par interim dans le cadre des discussions politiques en cours.

S’exprimant au nom de la continuité de l’État et de la stabilité des institutions, le Conseiller présidentiel a indiqué que cette décision s’inscrit dans la volonté de garantir la bonne marche des institutions, de préserver la stabilité politique et de favoriser l’apaisement au sein de la population haïtienne. Il a précisé que la période actuelle exige des choix visant à assurer une issue pacifique et ordonnée à la transition, notamment à l’approche de l’échéance du 7 février marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition.

Selon Louis Gérald Gilles des consultations préalables, menées du dimanche 18 au mardi 20 janvier en cours avec différents secteurs, ont mis en évidence la nécessité d’un changement à la tête du gouvernement comme condition préalable à tout dialogue, toute concertation et toute discussion politique. A son avis, le poste de Premier ministre, en tant que principal bras opérationnel de l’action gouvernementale, demeure déterminant pour la conduite des affaires publiques et la satisfaction des attentes nationales.

Le Conseiller présidentiel a salué le travail accompli par Didier Fils-Aimé durant son passage à la Primature, tout en soulignant que la responsabilité des chefs de l’État impose, dans le contexte actuel, des décisions orientées vers la stabilité et le calme institutionnel.

Dans cette logique, Alfred Métellus, jusqu’alors ministre de l’Économie et des Finances, a été désigné Premier ministre par intérim. Louis Gérald Gilles a présenté Alfred Métellus comme un technocrate au profil transversal, ne se réclamant d’aucun camp politique spécifique, et disposant de la capacité de conduire le dialogue avec l’ensemble des secteurs de la vie nationale, notamment les forces vives, la société civile et les acteurs politiques.

Le Conseiller présidentiel a également tenu à préciser que les démarches et procédures administratives pour nommer Monsieur Métellus à ce poste par intérim ont été respectées.

CPT : la farce finale d’une transition sans honneur

Par Pierre Josué Agénor Cadet

À l’agonie de son prétendu mandat, le Conseil présidentiel de transition (CPT) offre au pays l’un de ses spectacles les plus consternants : une querelle de signatures, de chaises et d’egos, là où l’urgence nationale exigeait courage, lucidité et responsabilité. À deux semaines de la fin de son pouvoir, cette équipe de transition, déjà disqualifiée par son immobilisme, tente un dernier acte de prestidigitation politique : faire du Premier ministre le bouc émissaire d’un échec collectif retentissant.
Après près de deux années de gouvernance stérile, marquées par l’insécurité galopante, des scandales pluriels, l’effondrement institutionnel, un fort déficit de souveraineté et la perte totale de crédibilité de l’État, le CPT feint soudainement de découvrir l’inefficacité du chef du gouvernement. Quelle hypocrisie ! Le Premier ministre n’a été ni un corps étranger ni un accident de parcours : il est une créature politique du CPT, nommé, soutenu et maintenu par les mêmes conseillers-présidents qui, aujourd’hui, feignent l’indignation.

Une crise artificielle pour masquer l’échec

Cinq des sept conseillers-présidents à voix délibérative ont signé une résolution visant à révoquer le Premier ministre. Mais le Coordonnateur du Conseil, refusant de signer et de transmettre le document pour publication, a transformé cette décision en bras de fer institutionnel. La question juridique, signature ou non, majorité ou coordination, sert désormais de paravent à une réalité autrement plus crue : le CPT se disloque parce qu’il n’a jamais su gouverner.
Qu’on ne s’y trompe pas : ce conflit n’est pas une bataille pour la légalité ou la bonne gouvernance. C’est une lutte de survie politique entre acteurs conscients que leur passage à la tête de l’État restera dans l’histoire comme l’un des plus stériles et des plus irresponsables de la période post-constitutionnelle récente.

Le mythe du veto du Coordonnateur

Certains analystes, dans une confusion intellectuelle inquiétante, tentent de faire croire que l’absence de signature du Coordonnateur rendrait nulle toute décision du CPT. Cette interprétation est juridiquement infondée et politiquement suspecte. Nulle part dans l’accord du 3 avril 2024 il n’est question d’un droit de veto accordé au Coordonnateur. Le CPT est un organe collégial, et la majorité qualifiée de cinq membres sur sept constitue l’expression souveraine de sa volonté.
Aller plus loin, c’est refuser de voir l’essentiel : les conseillers-présidents sont égaux en droit et en responsabilité. Le Coordonnateur n’est ni un monarque, ni un arbitre suprême ; il est un primus inter pares. Et à ce titre, il peut être remis en cause par la même majorité qui a compétence pour révoquer le Premier ministre.

Une transition sous tutelle étrangère

Plus grave encore est l’attitude des représentants des États-Unis et du Canada, qui se sont empressés de faire bloc derrière le Premier ministre au nom d’une prétendue  » stabilité » . Depuis quand la stabilité se construit-elle sur l’échec, l’insécurité, l’inaction et la paralysie ? Cette posture révèle une vérité dérangeante : la transition haïtienne n’a jamais été pleinement souveraine. Les décisions majeures continuent à se prendre sous le regard, et souvent sous la pression, de chancelleries étrangères, davantage soucieuses d’un statu quo contrôlable que du salut réel du pays.
La classe politique haïtienne, émanatrice du CPT, fidèle à elle-même, se divise sur une querelle de personnes, incapable de poser la seule question qui vaille : à quoi le CPT a-t-il réellement servi ?

Une fin de mandat indigne

À moins de deux semaines de la fin de leur mandat, vouloir révoquer le Premier ministre relève du ridicule politique. C’est l’aveu ultime d’un naufrage. Conseillers-présidents et chef du gouvernement sont liés par une responsabilité commune : celle d’avoir laissé passer le temps sans vision, sans résultats et sans courage.

Tous ont rendez-vous avec l’histoire le 7 février 2026. Et ce jour-là, aucune manœuvre de dernière minute, aucune résolution tardive, aucune querelle de signature ne pourra effacer la réalité : le CPT aura échoué, non par manque de pouvoir, mais par absence de hauteur d’État.
Ce qui se joue aujourd’hui au sommet de la transition n’est pas une crise institutionnelle ; c’est la farce finale d’un pouvoir sans boussole, plus préoccupé par sa survie symbolique que par le destin d’un pays à genoux.

Pierre Josué Agénor Cadet

𝐑𝐨𝐬𝐞𝐦𝐚𝐫𝐢𝐞 𝐇𝐚̈𝐟𝐞𝐥𝐢, 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐠𝐢𝐜𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐯𝐢𝐞𝐬, 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐦𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞

𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

En Haïti, chacun garde en mémoire une figure venue d’ailleurs qui a compté dans son parcours. Moi, j’ai la mienne : Rosemarie Häfeli. Son nom se tatoue dans mes élans comme dans mes sauts, ces bonds nécessaires pour aller de l’avant. Il circule entre mes pas et mes phrases, entre ce que je cherche et ce que j’écris.

Je me souviens de ce matin d’octobre 1988 où je posais le pied, pour la première fois, au Collège Verena de l’Armée du Salut, à Delmas 2. J’y entrais pour apprendre les premières lettres de l’alphabet, sans savoir qu’un jour elles s’assembleraient sous mes doigts pour un poème, un article de reportage ou un essai.

Bien avant mon passage, bien avant celui de milliers d’autres enfants, bien avant l’architecture maîtrisée des classes et des cours, il y eut un geste posé en 1969. Une femme venue de Suisse, infirmière de formation, âgée de trente-trois ans, foula le sol de Port-au-Prince pour une mission qui se dissipa presque aussitôt. Face à ce temps ouvert, sans fonction définie, Rosemarie Häfeli choisit d’agir. Elle ouvrit une école. Une construction de bois à Delmas 2, quelques enseignants, des élèves rassemblés, et la conviction que l’apprentissage pouvait tenir debout dans un environnement privé des services sociaux essentiels.

De 1969 jusqu’au tournant des années 2000, pendant plus de trente et un ans, la major Häfeli a porté le Collège Verena de l’Armée du Salut avec constance. Elle l’a organisé, l’a discipliné, lui a donné une ossature pédagogique rigoureuse. L’établissement est demeuré gratuit et a accueilli des enfants issus des milieux les plus démunis, tout en maintenant un niveau d’exigence qui soutenait la comparaison avec les écoles les plus favorisées du pays.

Lorsque le temps de la transmission est arrivé, elle a passé le flambeau à d’autres gestionnaires, laissant derrière elle une institution solide, structurée, capable de poursuivre son chemin malgré les aléas politiques, l’insécurité multidimensionnelle et les catastrophes naturelles. Le Collège Verena de l’Armée du Salut existe encore aujourd’hui, comme la présence vivante d’une œuvre patiemment construite.

Au nom de tous les miens, au nom de tous mes camarades de bancs rugueux et de cahiers trop minces, au nom de ces matins sans certitude où l’on avançait pieds nus vers l’avenir, je te dis merci, Rosemarie Häfeli. Merci pour la patience semée dans nos regards, pour la discipline posée sans dureté, pour la dignité offerte sans conditions. Au nom de toutes ces enfances que tu as accueillies sans leur demander d’où elles venaient, mais seulement où elles voulaient aller, je t’adresse cette reconnaissance qui déborde les mots et cherche refuge dans la poésie.

Au nom de tous les rêves, au nom de toutes les générations de fils et de filles de va-nu-pieds auxquelles tu as donné une chair, une langue, une posture face au monde, je salue la grâce de tes 90 ans de naissance qu’on célèbre cette année. Tu as ouvert une école et élargi l’horizon.

Merci, au nom de tous les grains de poussière devenus perles, par ta générosité.

𝑄𝑢𝑒 𝑐𝑒 𝑡𝑒𝑥𝑡𝑒 𝑡𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑣𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑔𝑛𝑒́𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑢𝑚𝑖𝑒̀𝑟𝑒, 𝑜𝑓𝑓𝑒𝑟𝑡𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟, 𝑎𝑢 𝑛𝑜𝑚 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑚𝑎𝑟𝑐ℎ𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒, 𝑑𝑒𝑏𝑜𝑢𝑡, 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑠𝑖𝑙𝑙𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑡𝑜𝑛 𝑝𝑎𝑠.


20 janvier 2026

Sécurité, souveraineté et décisions stratégiques : Haïti face à l’épreuve de la Force de répression des gangs

Par Jean Wesley Pierre

Ce mercredi 21 janvier 2026, à l’hôtel Montana, le Groupe d’initiative pour la recherche d’une solution durable à la crise haïtienne a tenu un colloque consacré à l’insécurité et à la Force de Répression des Gangs (FRG), nouvelle mission appelée à succéder à la MSS. Au cœur des échanges : la faillite sécuritaire de l’État, la question de la souveraineté nationale et les conditions politiques, institutionnelles et sociales d’une sortie de crise.

Pour l’ancien député Deus Dorenneth, la sécurité ne peut être traitée comme une urgence improvisée. Elle relève d’un contrat fondateur de l’État, exigeant vision, planification et responsabilité.

Selon lui, l’insécurité haïtienne implique des réseaux puissants, masculins et féminins, capables d’influencer durablement les décisions publiques.

Il insiste pour dire que Penser la sécurité revient donc à affronter des intérêts structurés, pas seulement des groupes armés visibles.

L’agronome Jean André Victor a, de son côté, placé le débat sur le terrain de la souveraineté nationale. Il alerte sur une menace systémique : sécurité, élections, gouvernance, rien ne peut réussir sans l’implication centrale des citoyens.

Il interroge frontalement la société haïtienne : restera-t-elle spectatrice face à la FRG, ou choisira-t-elle d’en faire un levier de restauration de l’autorité publique ? La réussite, selon lui, dépendra d’un engagement collectif.

Selon lui, le contexte international pèse lourd. Entre 2013 et 2024, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté plus de 55 résolutions sur Haïti, illustrant une internationalisation durable de la crise.

Pourtant, au niveau interne, les réponses du Conseil présidentiel de transition (CPT) demeurent floues. Interrogés sur les conclusions de leurs discussions avec les secteurs politique et social, ses membres peinent à formuler des résolutions claires, nourrissant le doute sur la cohérence de la gouvernance actuelle.

Les risques humanitaires accentuent l’urgence. L’hypothèse d’une famine généralisée n’est plus écartée, soulignant l’interdépendance entre sécurité, économie et gestion publique.

Cinq leviers de décision ont été avancés :

  1. administrer les ressources sous contrôle international avec transparence ;
  2. mieux gérer celles relevant de l’État ;
  3. exploiter les ressources abondantes ;
  4. recourir à des raccourcis technologiques (à condition d’électricité et d’internet) ;
  5. et renforcer la société civile.

Enfin, l’ancien militaire Ashley Laraque a rappelé les principes de droit. Ni la société ni l’émotion ne doivent décider du sort des membres de gangs : les tribunaux seuls sont compétents, sans distinction de genre.

Il a aussi distingué gangs et terrorisme, soulignant que la lutte doit rester nationale et juridique, sans prétextes d’ingérence sécuritaire.

Au final, la FRG ne sera ni une solution miracle ni un échec programmé. Sa crédibilité dépendra d’une stratégie claire, d’un État responsable et d’une société mobilisée pour la souveraineté, la justice et la sécurité.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Pierre Esperance en désaccord avec la résolution du CPT

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Par Gedeon Delva

Cinq conseillers présidentiels ont adopté, dans la soirée du mercredi 21 Janvier 2026, une résolution pour renverser le premier ministre Alix Didier Fils Aimé. Cette décision suscite de nombreuses réactions tant du côté des acteurs nationaux et internationaux.

En effet, lors d’une intervention sur Magic 9 ce jeudi matin, le directeur exécutif du réseau national de défense des droits humains, Pierre Esperance appelle la police et l’armée à prendre le controle de la Villa D’accueil, retirer la sécurité des membres de cette institution et aussi empêcher leur accès au bâtiment au cas où ils prendraient effectivement cette voie.

Selon lui, le CPT n’a ni moralité, ni intégrité, ni légitimité ni support pour renverser le chef du gouvernement à quinze jours de la fin de son mandat.

Une telle décision aurait de lourdes conséquences sur la famille des membres de cette institution ( épouses et enfants), a fait savoir Espérance. Cette décision aurait aussi de graves conséquences sur les efforts déployés par les forces de l’ordre, qui depuis plusieurs semaines, traquent les bandits de la coalition criminelle Viv Ansanm, a-t-il poursuivi.

Les Etats Unis d’Amérique ont également averti le CPT que : «Toute décision visant à modifier le gouvernement ne restera sans conséquence».

La résolution sera-t-elle publiée dans le journal officiel Le Moniteur en dépit de la réaction des USA? Il n’est que d’attendre.

Par Gedeon Delva

Le CPT face à la date ultime : le compte à rebours enclenché

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À moins de 20 jours de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’organe exécutif se met en branle. Dans un contexte politique tendu et sous la pression croissante de la rue, le CPT multiplie les rencontres avec des structures politiques et sociales, dans une tentative de dégager un consensus sur l’après-7 février.

Ces rencontres s’inscrivent dans une démarche de concertation visant à définir un mécanisme de gouvernance capable d’assurer la continuité institutionnelle, tout en préservant le processus électoral et en répondant à l’urgence sécuritaire.

Une rue en ébullition, une classe politique sous tension

Pendant que le CPT consulte, la rue gronde. Plusieurs structures politiques et organisations sociales haïtiennes aiguisent leurs stratégies de mobilisation. Conférences de presse, prises de position publiques et appels à descendre dans les rues se multiplient, dans l’objectif de forcer un changement de cap et de peser sur les décisions à venir.

Dans ce climat électrique, le CPT a entamé, depuis le dimanche 18 janvier 2026, une série de consultations à la Villa d’Accueil, recevant tour à tour des partis politiques, des regroupements et des acteurs clés de la société civile.

Trois jours de dialogue politique à la Villa d’Accueil

Le dialogue politique national a officiellement été lancé le dimanche 18 janvier 2026. Lors de cette première journée, le CPT a accueilli les groupes MORN et Consensus politique, regroupant notamment EDE, Pitit Dessalines, Ansanm Nou Fò, l’Accord historique du 14 août, le RENAPA et le Parti Ayisyen pou Ayiti.

Le Conseil présidentiel de transition a salué la qualité des échanges ainsi que la pertinence des propositions formulées par ces structures.

Les discussions se sont poursuivies le lundi 19 janvier 2026 avec COPPOS-Haïti et ses alliés, KOREPAD, ainsi que des représentants des Accords de Montana et du 21 décembre. Cette deuxième journée, qualifiée de constructive par le CPT, a été présentée comme une avancée significative dans la recherche d’une issue consensuelle à la crise de gouvernance.

Le mardi 20 janvier 2026, troisième et dernière journée du dialogue, le CPT a échangé avec les représentants de l’Accord du 21 décembre, de la Conférence nationale des acteurs, du Consensus national inclusif (CONAI) et du Conseil national de la société civile (CONASOC).

Dans l’après-midi, les consultations se sont élargies à des représentants du secteur syndical, du Vodou et du Forum des anciens parlementaires, marquant une volonté d’inclusion de divers segments de la société.

Un consensus encore incertain à l’approche du 7 février

Selon le CPT, ces rencontres visent à dégager un consensus haïtien autour d’un mécanisme de gouvernance susceptible d’assurer la stabilité politique, institutionnelle et sociale du pays après le 7 février 2026. Toutefois, à mesure que l’échéance approche, les divergences demeurent profondes et la pression populaire ne faiblit pas.

À près de deux semaines de la date ultime, l’issue de ce dialogue national reste incertaine, dans un pays où la transition politique continue de se jouer entre négociations institutionnelles et contestations de rue.

Quelles seront les retombées des rencontres? Une question qui se pose pour toujours et encore, une réponse est attendue. Chaque seconde compte!

La rédaction

Dernière heure

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Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu, ce vendredi 23 janvier 2026, avec le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé. Selon un communiqué du département d’État, Washington réaffirme son soutien à la stabilité et à la sécurité d’Haïti.

Lors de cet échange, Marco Rubio a insisté sur l’importance du maintien d’Alix Fils-Aimé à la tête du gouvernement afin de lutter contre les gangs armés et de stabiliser le pays, soulignant que la violence actuelle ne peut être endiguée qu’à travers un leadership fort et constant, soutenu par la population.

Le chef de la diplomatie américaine a également appelé à la dissolution du Conseil présidentiel de transition (CPT) d’ici le 7 février, tout en mettant en garde contre toute tentative d’ingérence d’acteurs corrompus dans le processus menant à un pouvoir élu. Les États-Unis préviennent qu’un « coût élevé » sera imposé aux responsables politiques impliqués dans le soutien aux gangs armés et aux actes de terrorisme en Haïti.

Le Relief- À la pointe de l’information

Le CPT face à la date ultime : le compte à rebours enclenché

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À moins de 20 jours de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’organe exécutif se met en branle. Dans un contexte politique tendu et sous la pression croissante de la rue, le CPT multiplie les rencontres avec des structures politiques et sociales, dans une tentative de dégager un consensus sur l’après-7 février.

Ces rencontres s’inscrivent dans une démarche de concertation visant à définir un mécanisme de gouvernance capable d’assurer la continuité institutionnelle, tout en préservant le processus électoral et en répondant à l’urgence sécuritaire.

Une rue en ébullition, une classe politique sous tension

Pendant que le CPT consulte, la rue gronde. Plusieurs structures politiques et organisations sociales haïtiennes aiguisent leurs stratégies de mobilisation. Conférences de presse, prises de position publiques et appels à descendre dans les rues se multiplient, dans l’objectif de forcer un changement de cap et de peser sur les décisions à venir.

Dans ce climat électrique, le CPT a entamé, depuis le dimanche 18 janvier 2026, une série de consultations à la Villa d’Accueil, recevant tour à tour des partis politiques, des regroupements et des acteurs clés de la société civile.

Trois jours de dialogue politique à la Villa d’Accueil

Le dialogue politique national a officiellement été lancé le dimanche 18 janvier 2026. Lors de cette première journée, le CPT a accueilli les groupes MORN et Consensus politique, regroupant notamment EDE, Pitit Dessalines, Ansanm Nou Fò, l’Accord historique du 14 août, le RENAPA et le Parti Ayisyen pou Ayiti.

Le Conseil présidentiel de transition a salué la qualité des échanges ainsi que la pertinence des propositions formulées par ces structures.

Les discussions se sont poursuivies le lundi 19 janvier 2026 avec COPPOS-Haïti et ses alliés, KOREPAD, ainsi que des représentants des Accords de Montana et du 21 décembre. Cette deuxième journée, qualifiée de constructive par le CPT, a été présentée comme une avancée significative dans la recherche d’une issue consensuelle à la crise de gouvernance.

Le mardi 20 janvier 2026, troisième et dernière journée du dialogue, le CPT a échangé avec les représentants de l’Accord du 21 décembre, de la Conférence nationale des acteurs, du Consensus national inclusif (CONAI) et du Conseil national de la société civile (CONASOC).

Dans l’après-midi, les consultations se sont élargies à des représentants du secteur syndical, du Vodou et du Forum des anciens parlementaires, marquant une volonté d’inclusion de divers segments de la société.

Un consensus encore incertain à l’approche du 7 février

Selon le CPT, ces rencontres visent à dégager un consensus haïtien autour d’un mécanisme de gouvernance susceptible d’assurer la stabilité politique, institutionnelle et sociale du pays après le 7 février 2026. Toutefois, à mesure que l’échéance approche, les divergences demeurent profondes et la pression populaire ne faiblit pas.

À près de deux semaines de la date ultime, l’issue de ce dialogue national reste incertaine, dans un pays où la transition politique continue de se jouer entre négociations institutionnelles et contestations de rue.

Quelles seront les retombées des rencontres? Une question qui se pose pour toujours et encore, une réponse est attendue. Chaque seconde compte!

La rédaction