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Vers la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture

Le Conseil présidentiel de transition a réalisé une séance de travail ce vendredi avec les responsables de l’OFNAC et de l’AAN. L’objectif, faire le point sur les dispositions en cours pour la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture.

Selon une note de la présidence , les discussions ont permis d’identifier les exigences imposées par la FAA, les coûts d’assurance très élevés, classant l’aéroport en « zone de guerre» , l’interruption des travaux du tour de contrôle, entre autres…

Les autorités ont rappelé que l’aéroport n’est pas fermé mais fonctionne sous certaines restrictions. « depuis le 11 Novembre 2024, il continue d’accueillir des vols cargo, militaires, charters vers l’Amérique», a précisé la note de la présidence.

Les autorités gouvernementales disent s’engager à tenir la population
informée sur les démarches entreprises et les dispositions adoptées, en ce qui concerne le fonctionnement de l’aéroport.

La fragilité du gouvernement CPT/Fils-Aimé pour organiser les élections

La situation en Haïti requiert une réponse multidimensionnelle qui englobe des solutions politiques, sécuritaires et diplomatiques afin de surmonter les multiples obstacles à la tenue d’élections libres et transparentes dans un environnement chaotique. Les conseillers présidentiels et le gouvernement d’Alix Didier Fils Aime se retrouvent dans une position délicate, où la restauration de la sécurité, bien qu’essentielle, demeure un défi majeur dans un pays où l’insécurité est omniprésente. Le renforcement des institutions publiques est d’autant plus difficile avec la décentralisation forcée de nombreuses structures et une perte de crédibilité croissante. Par ailleurs, garantir la transparence du processus électoral devient une tâche encore plus ardue dans un contexte où des scandales, des contrats douteux et des conflits d’intérêts semblent faire partie intégrante du système.

Sans une prise de décision politique ferme, tant au niveau national qu’international, l’organisation d’élections en Haïti continue d’apparaître comme un projet insurmontable, susceptible de diviser davantage la population et de renforcer les tensions internes. La présence d’un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) sous la houlette de conseillers accusés de corruption, de népotisme et de pratiques douteuses ne fait qu’aggraver les inquiétudes. L’absence de leadership clair et d’une volonté réelle de réformes alimentent encore plus l’instabilité. Le peuple haïtien, déjà las des promesses non tenues, se voit confronté à des institutions politiques inefficaces, souvent perçues comme déconnectées des réalités de la population.

Dans ce climat de défiance, l’avenir politique d’Haïti dépendra en grande partie de l’engagement du peuple haïtien à prendre en main son destin. Il est impératif que la population continue de manifester pacifiquement, comme elle l’a fait dans les rues de la capitale, pour réclamer un changement de formule politique. Il est grand temps de mettre fin à la présence de neuf conseillers présidentiels, en faveur de l’installation d’un nouveau gouvernement dirigé par un homme politique compétent, doté d’une véritable expérience et capable de rétablir la confiance du peuple. La situation actuelle ne permet plus l’inaction ; Haïti a besoin d’un renouveau, d’un souffle politique frais, capable de remettre le pays sur la voie du progrès.

La solution à la crise haïtienne est avant tout haïtienne. Il appartient au peuple de s’unir pour exiger une gouvernance responsable, avec des priorités claires et en phase avec les besoins urgents de la population. Si la transition actuelle est une épreuve, elle doit aussi être un tournant, celui de la reconstruction nationale. C’est un moment historique où le peuple haïtien peut, par son engagement, reprendre le contrôle de son avenir.

Jean Rodlet Jean Baptiste, citoyen engagé.

Le départ imminent : un Didier fini, un CPT vacillant

Port-au-Prince brûle, Canapé-Vert résiste, et les machettes de la colère tranchent l’air devant la Villa d’Accueil et la résidence du Premier ministre. Ce 19 mars 2025, le peuple a crié son ras-le-bol, et il est temps que nous, Haïtiens, regardions la vérité en face : le Conseil présidentiel de transition (CPT) et son pantin, Alix Didier Fils-Aimé, nous ont trahis. Ils ont chassé Garry Conille, un Premier ministre qui, malgré ses défauts, incarnait une lueur d’espoir, pour imposer un homme d’affaires incapable, un Didier qui n’a rien fait d’autre que de regarder les gangs de “Viv Ansanm” dévorer notre pays. Voici pourquoi leur chute est inévitable – et pourquoi leur dernière chance de rédemption est un mirage.

1. Un Didier fini, un CPT à l’agonie
Alix Didier Fils-Aimé est un homme mort politiquement. Les habitants de Canapé-Vert, machettes en main, ne sont pas seuls à le dire : chaque quartier ravagé par les gangs hurle son nom comme une malédiction. Le CPT, ces neuf conseillers autoproclamés gardiens de la transition, pourrait bien le lâcher pour sauver sa peau. Mais qui croit encore à leur légitimité ? En novembre 2024, ils ont orchestré un coup d’État classique contre Conille, un PM qui avait au moins la volonté de confronter l’insécurité. À sa place, ils ont donné les clés de la Primature à Didier, un homme dont le seul mérite semblait être son carnet d’adresses dans les salons feutrés du secteur privé. Résultat ? Un échec retentissant. Si Didier part, ce sera un aveu : le CPT a misé sur le mauvais cheval.

2. Un remplaçant providentiel ? Un rêve éveillé
Le CPT pourrait survivre en trouvant un nouveau PM, un homme ou une femme capable d’inspirer confiance au peuple et de faire trembler les gangs de “Viv Ansanm”. Mais où est ce sauveur ? La confiance populaire est un trésor pillé par des décennies de promesses brisées. Quant aux gangs, ils rient des balles de la Mission multinationale et des discours creux de nos dirigeants. Jimmy “Barbecue” Chérizier et ses sbires ne plieront pas devant un costume bien taillé ou une rhétorique enflammée. Il faudrait un titan, un leader au passé irréprochable et à la poigne d’acier. Le CPT, divisé et corrompu, est-il capable de le dénicher ? Permettez-moi d’en douter.

3. La dernière carte du CPT : un pari perdu d’avance
Si ces neuf conseillers trouvent un miracle, ce sera leur ultime chance de ne pas sombrer dans l’oubli – ou pire, dans la vengeance populaire. Mais leur bilan est une plaie ouverte : ils ont évincé Conille, un technocrate respecté, pour imposer Didier, un symbole de l’élite déconnectée. Ce “coup” n’était pas une vision pour Haïti, mais une magouille avec une frange du secteur privé avide de protéger ses privilèges. Aujourd’hui, leur créature leur échappe, et l’échec de Didier est leur échec. Un nouveau PM compétent pourrait les absoudre temporairement, mais leur péché originel – ce putsch contre Conille – reste gravé dans la mémoire collective.

4. Le secteur privé : complice d’un désastre
Parlons-en, de ce secteur privé qui a poussé Didier à la Primature. Ces messieurs en costume croyaient qu’un des leurs, un ancien président de la Chambre de commerce, ramènerait l’ordre et les profits. Quelle illusion ! Didier n’a pas seulement échoué à mater les gangs ; il a exposé la faillite morale d’une élite qui préfère négocier avec les puissants plutôt que de défendre le peuple. Son passif est le leur : une gouvernance pour les riches, par les riches, pendant que Port-au-Prince s’effondre sous les balles et les cris.

5. Un peuple seul face au chaos
Et nous, que nous reste-t-il ? La Mission multinationale patauge, les Américains regardent de loin, et les gangs de “Viv Ansanm” dictent leur loi. Le CPT et Didier nous ont laissés nus face à cette tempête. Conille, malgré ses limites, avait un plan, une stature internationale, une volonté. Lui arracher le pouvoir pour un Didier inepte était plus qu’une erreur : c’était un crime contre Haïti. Aujourd’hui, le vide guette. Si un nouveau PM émerge, il lui faudra plus que du courage – il lui faudra des miracles, des armes, et un peuple prêt à le suivre. Mais ce peuple, épuisé par les trahisons, croit-il encore en ses dirigeants ?

Un sursaut ou la chute
Le CPT et Didier ont joué avec le feu, et maintenant, les flammes lèchent leurs talons. Le départ de Didier est une question de jours, mais la survie du CPT dépend d’un pari improbable : un leader qui rallie les foules et brise les gangs. Sans cela, ils tomberont, emportant avec eux les derniers vestiges d’une transition déjà moribonde. Haïti mérite mieux qu’un Conille évincé et un Didier nul. Haïti mérite un sursaut. Mais qui osera le porter ? Le temps des illusions est fini – place aux actes, ou au chaos.

Des manifestants exigent des mesures urgentes pour démanteler les gangs à Port au prince 

Près d’un millier de personnes étaient descendues des les rues de Port-au-Prince le mercredi 19 mars 2025. Avec en main des objets divers, ils dénoncent la recrudescence de la violence des gangs et l’inaction prolongée du gouvernement haïtien. Venus de plusieurs quartiers de la capitale notamment Canapé-Vert, Débussy, Pacot, Carrefour-Feuilles et Christ-Roi, les manifestants ont convergé en direction de la Villa d’Accueil et de la Primature à Musseau. Ils réclament à l’unanimité, des mesures urgentes pour démanteler les groupes armés qui sèment la terreur dans le pays.

Arrivé à Bourdon, la situation allait prendre une autre tournure. En effet, les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes, notamment à proximité du bureau du notaire Jean Henry Céant. Les protestataires ont riposté en lançant des pierres et divers projectiles contre des entreprises dans la zone, aggravant ainsi les tensions déjà croissantes.

Munis de bâtons, de machettes, et pour certains vêtus de maillots noirs semblables à ceux de la police, les manifestants n’ont pas caché leur colère. «Nous avons besoin de la sécurité, nos enfants meurent, ils souffrent, c’en est trop », ont lancé des manifestants tout au long du parcours.

Suite aux réactions brutales des policiers, la manifestation allait prendre une tournure  anti-gouvernementale, marquée par de vives critiques à l’encontre du premier premier ministre Alix Didier Fils Aimé et les membres du conseil présidentiel de transition. Les protestataires dénoncent l’inaction des autorités face à l’insécurité.

En somme, les manifestants exigent sans détour la démission des dirigeants actuels, qu’ils tiennent pour responsables de l’aggravation de la situation et du non-respect de leurs engagements.

Huis clos de Jean Paul Sartre

L’enfer du regard ou le masque de l’authenticité perdue

« L’enfer, c’est les autres. » Cette métaphore mythique de Jean-Paul Sartre a dépassé le cadre philosophique pour s’enrichir dans le langage courant. Extraite de Huis Clos (1944), une pièce de théâtre retentissante du philosophe de l’existentialisme, transcende la banalité apparente de nos interactions pour dévoiler une vérité dérangeante : le regard d’autrui façonne carrément notre liberté intérieure et peut conditionner tout notre rapport à nous-mêmes.

« L’enfer, c’est les autres » est une pièce, à première vue, empreinte de pessimisme. Elle suggère que les relations humaines sont une source inévitable de souffrances. Aussi implique-t-elle une réflexion dense sur l’identité et la liberté face au regard d’autrui. 

Loin de condamner les relations humaines, Sartre explore les tensions entre ce que nous montrons (la persona), ce que nous cachons (l’ombre) et ce que nous aspirons à devenir (le soi).  Ainsi, du philosophe antique à l’écrivain contemporain, et à travers l’analyse des bouleversements politiques actuels dans le monde, le masque demeure une métaphore puissante de notre lutte intérieure.  Les masques et les mécanismes d’enfermement psychologique ont toujours hanté la réflexion humaine, révélant ainsi une problématique universelle et intemporelle.

La personna à travers les âges

Le masque est une métaphore universelle qui traverse les époques, les cultures et les générations, symbolisant le besoin d’adaptation face aux attentes sociales. Cette idée explorée par Platon dans L’Allégorie de la Caverne illustre l’illusion des perceptions et l’emprisonnement intellectuel.

Plus près de nous, en Haïti, Frankétienne, ce génie créateur, cet artiste exceptionnellement doué, s’est engagé dans la même exploration menée par le philosophe grec.

Dans Dezafi, un roman monumental de la littérature créole, Frankétienne décrit une société asservie par un système oppressant. Dans la spirale de son écriture métaphorique, l’auteur nous entraîne dans un univers oppressif représentant l’enfermement psychologique à travers l’image des zombies. 

Les zombies, en tant que revenants, sont victimes de sortilèges vaudous.  L’esprit envoûté, la force irrésistible, maléfique brise la personne.  « Le Moi ne sera plus maître dans sa propre maison », pour parodier Sigmund Freud. Dans Huis Clos, une pièce symbolique de l’existentialisme, Jean-Paul Sartre approfondit ce thème en montrant comment le regard des autres deviennent une prison intérieure, empêchant toute liberté authentique.

Déjà, dans mon roman « La Transe des Masques » (paru aux Éditions C 3, en 2024), contrairement à Jean Paul Sartre que je n’avais pas encore tout à fait approfondi dans mes recherches, je proposais alors une vision un peu plus libératrice. Pour moi, les masques sociaux, loin d’être de simples prisons peuvent devenir aussi et surtout des outils de libération dans la mesure où l’individu prend conscience de leur existence. Le masque devient alibi, prétexte, voire un moyen d’atteindre une véritable authenticité intérieure. La métaphore de cet objet dans notre culture renvoie à la transformation de notre aspect naturel. En ce sens, cette opération par laquelle on se transforme ne saurait être un enfermement sans issue, où le regard des autres condamne à l’aliénation et empêche toute liberté intérieure.

Ainsi, du philosophe antique à l’écrivain contemporain, et à travers l’analyse des bouleversements politiques actuels dans le monde, le masque demeure une métaphore puissante de notre lutte intérieure, oscillant entre adaptation sociale et quête de liberté personnelle.

L’illusion du masque social

Pour Sartre, l’homme est libre par ses actes, mais cette liberté se heurte sans cesse à l’évaluation d’autrui. Pour se conformer aux attentes sociales, chacun porte une persona, un masque façonné par les normes et les rôles que la société nous impose.

Dans Huis Clos, trois (3) personnages sont enfermés dans une pièce, un enfer sans flammes, où la torture est absolument psychologique. Chacun devient à la fois victime et bourreau, enfermé tour à tour dans le regard intrusif de l’autre.

Leur véritable identité ne s’efface que derrière des rôles imposés.

Si l’on prend Estelle Rigault par exemple, elle incarne tout à fait la superficialité du masque social : femme mondaine raffinée. On retrouve Estelle cachée sans cesse derrière une façade de perfection et cherchant désespérément l’approbation des autres tout en refusant d’affronter ses fautes passées. Toutefois, au-delà de ce masque social visible, se cache une dimension plus profonde : l’ombre.

L’Ombre : Ce que l’on refuse d’être

Au-delà du masque visible, se cache l’ombre : cette partie refoulée de notre être où résident nos peurs, nos désirs et nos frustrations profondes. Ignorer cette ombre, c’est risquer de projeter ses propres failles sur autrui, exacerbant ainsi les tensions sociales.

« Tu n’es rien d’autre que ta vie », dit Inès Serrano.

Cette réplique révèle le rôle d’Inès Serrano, lucide et impitoyable, qui devient le miroir des vérités refoulées des autres.

Ancienne employée des postes, manipulatrice assumée, elle incarne l’ombre de chacun, dévoilant sans concession ce que les autres préfèrent ignorer. Elle force ses compagnons à affronter leurs contradictions les plus profondes. Mais cette confrontation brutale avec l’ombre n’a de sens que si elle mène à une quête plus intime : celle de l’authenticité.

La quête du Soi authentique

Pour Sartre, la véritable liberté se trouve dans l’acceptation de toutes les facettes de notre être. Il s’agit d’un équilibre délicat entre notre désir d’être reconnu et la nécessité de rester fidèle à soi-même.

« Je suis ce que je veux être. Je suis ce que j’ai décidé d’être », soutient Joseph Garcin.

Le personnage de Garcin, ancien journaliste rongé par le doute, tente désespérément de se convaincre de son propre courage. Il incarne le conflit entre la persona (l’image du héros qu’il veut projeter) et son ombre (la peur d’être vu comme un lâche). Ce combat intérieur illustre parfaitement la difficulté d’atteindre un soi authentique.

Une résonance contemporaine : les masques numériques

Cette lutte, qui semblait déjà insoluble dans l’univers clos de Sartre, prend une nouvelle dimension à l’ère des réseaux sociaux, où le regard d’autrui atteint son paroxysme. Chaque publication devient un acte de mise en scène, un masque numérique soigneusement façonné pour récolter des likes et des commentaires.

Ce théâtre numérique (entre guillemets) exacerbe la fracture entre le soi authentique et la persona projetée. Mise en scène monnaie courante de notre quotidien, elle contribue à éloigner toujours plus l’individu de son essence véritable.

Se libérer du regard d’autrui

« L’enfer, c’est les autres » n’est pas une condamnation des relations humaines, mais plutôt un appel à la conscience de l’influence du regard extérieur sur notre identité. Se libérer de ce fardeau ne signifie pas rejeter autrui, mais trouver un équilibre entre affirmation personnelle et reconnaissance sociale.

Il est essentiel de rappeler que Huis Clos est une pièce existentialiste en un (1) seul et unique acte, où trois (3)  personnages, Garcin, Estelle et Inès, peuvent être interprétés comme des représentations de la persona, de l’ombre et du soi.

Dans cet enfer clos, l’absence d’échappatoire physique et psychologique sert de dispositif dramatique pour explorer la damnation intérieure, la dépendance au regard d’autrui et l’impossibilité de l’authenticité.

À la lumière de ces réflexions, il apparaît que l’œuvre de Sartre, bien qu’ancrée dans son époque, continue d’alimenter un débat toujours d’actualité.   Finalement, peut-on jamais se libérer totalement du regard des autres, ou faut-il simplement apprendre à vivre avec, sans se perdre … ?

Définitivement, soutenir le regard des autres, s’échapper de la toxicité de ce regard qui confère l’expression d’une conscience qui voudrait nous figer dans une image demande de la force intérieure pour s’épanouir dans le sens que nous donnons nous-mêmes à notre vie.  

Marnatha I. Ternier

Fritz Jean au gouvernail d’un bateau qui touche le fond

Nous sommes maintenant à la deuxième semaine sans Conseil des ministres pour Fritz Jean à la tête du CPT. Cela accentue l’impression d’un État paralysé, où l’urgence de la situation est ignorée par des dirigeants déconnectés de la réalité.

Le week-end écoulé, Fritz Jean était dans le nord pour parler de développement de la région septentrionale. Laurent Saint Cyr était avec les bourgeois dans un hôtel pour parler de relance économique, entre défis et opportunités. Smith Augustin et Leslie Voltaire ont participé à la messe des 160 ans du Petit Séminaire Collège Saint Martial qui, s’il faut le rappeler, n’est plus à l’adresse habituelle au bas de la Ville à cause de la guerre des gangs.
Pourtant, nous avons une réalité quotidienne où nos enfants, nos familles, nos frères et sœurs meurent sous les balles de bandits.

Dans un climat de déroute, les gangs, véritables forces de l’ombre, avancent sans relâche vers la Villa d’accueil et la Primature, menaçant symboliquement et concrètement les piliers du pouvoir. Ces derniers jours, des établissements de médias ont été vandalisés et incendiés par les groupes criminels. La population, prise en étau entre l’avancée des gangs et l’inaction des dirigeants, essaie de s’organiser en groupe de défense des quartiers. Les plus irréductibles sont sortis manifester leur mécontentement. Peine et misère !

Telle une catastrophe annoncée, l’inaction des autorités gouvernementales rappelle la tragédie du Titanic, où ceux aux commandes demeurent inconscients de l’iceberg se rapprochant inexorablement. Ce décalage entre l’agressivité des forces illégales et l’indifférence des autorités met en exergue la fragilité d’un système étatique en pleine crise après 38 ans de démocratie, laissant présager des conséquences dramatiques pour l’avenir du pays.

Quand les dirigeants auront conscience de la réalité, il sera peut-être trop tard.

Josué Sénat
M.A Politologue

Une commission de dialogue entre le MENFP et les syndicats enseignants installée

Le ministre de l’éducation nationale, le professeur Antoine Augustin, a installé le mardi 18 mars 2025 la commission du dialogue social de secteur. Composée des représentants de plusieurs syndicats enseignants et des représentants du ministère, elle est chargée de travailler sur les problèmes structurels qui entravent l’évolution et la performance des écoles. Cette commission a pour mission également d’analyser puis proposer des solutions aux problèmes conjoncturels notamment sur les conditions de travail des enseignants.

La mise en place de cette commission entre dans le cadre d’un accord, signé entre le Ministère de l’éducation nationale et les syndicats enseignants. Le titulaire du MENFP dit vouloir dialoguer constamment pour arriver à résoudre certains problèmes d’ordre conjoncturel.

« Nous n’avons pas peur de discuter avec les syndicats, ils sont des partenaires historiques du ministère et ont un rôle important à jouer dans la transformation du système éducatif haïtien», a déclaré le ministre Antoine Augustin.

Intervenant au nom des autres membres de la commission, Jean Lavaud Frédérick, a salué cette étape franchie dans l’exécution de l’acte d’engagement, signé entre le ministère et les syndicats enseignants. Il invite tous les autres collègues à les rejoindre en vue de materialer les voeux des enseignants.

La commission est composée de :

Jean Lavaud FRÉDÉRICK (PSEH);

– Laurenel LOUIS (RENATEPH);

– Léonel PIERRE (PHOTE);

– Yvel ADMETTRE (FENASE);

– Wisely MÉNARD (FENASE);

– Sadrac CASIMIR (COPLASEHQ);

– Jérôme MARION (MENFP);

– Dominus ZÉPHIRIN (MENFP);

– Donnky EMMANUEL (MENFP).

Il faut souligner, sur 6 syndicats qui ont signé l’acte d’engagement, 4 font partie de la commission du dialogue social.

Le cri d’un peuple sans secours ni recours…

Nous, les malheureux, les impuissants, les diriges, les gouvernés, les citoyens responsables et irresponsables, les simples individus-non-citoyens, les démunis, les infortunés, les opprimés, bref les innocents désarmés, nous sommes aux abois. Nous sommes pris dans un labyrinthe à nul autre pareil en subissant un régime gangocratique. 

Par quoi est caractérisé ce pétrin dans lequel nous pataugeons ?

1. L’incertitude, nous y sommes depuis environs sept (7) ans et ne savons pas comment s’en sortir, ni quand s’en sortir ni par où s’en sortir. Car, depuis 2018 un spiral de violence s’est enclenché sans répit contre les faibles. Cette violence va en crescendo comme s’il s’agit de subir un supplice implacable pour un crime commis. Mais qu’avons-nous fait mal ? De quoi est-ce qu’on nous reproche pour nous jeter dans ce cycle infernal innommable ? 

2. La confusion, nous, le peuple, nous sommes confus en ne s’sachant pas par quelle entité nous sommes censés gouverner. Certains pensaient que c’était par « l’État », un État sous-traité par d’autres puissants-États ; d’autres pensaient et pensent encore qu’au contraire, nous sommes sous la gouvernance d’une coalition terroriste créée, entretenue, aménagée, légalisée et garantie par cet État fantoche soigneusement manipulé par les supers-puissances de l’étranger, eux-mêmes, co-génitrices de la coalition des terroristes mercenaires. 

3. L’amalgame, avant le peuple pensait qu’il y avait un ennemi : les terroristes qui se réclament de « VIV NAN SAN », puis un allié-défenseur : l’État.  Mais au bout du compte, nous nous rendons compte que les intérêts tant de l’État » que des terroristes du « vivre dans le sang » sont tout à fait convergents. S’il en est ainsi, les gouvernants de l’un comme de l’autre se ressemblent. Or, dit-t-on, tout ce qui se ressemble s’assemble. Cela va sans dire que ces deux entités détentrices de droit de mort et de pourvoir sur la vie notre vie représentent les deux ailes d’un même vautour dont le peuple affaibli en leur proie. 

4. Le désespoir, étant donné qu’à mesure que les jours sont passés les ténèbres s’opacifie, aucune lueur ne se point à l’horizon, il y lieu d’affirmer un air d’affaissement, d’accablement, voire un sentiment défaitiste, au cas où il n’y ait pas un dernier sursaut populaire pour racheter le peuple. Car, seul le peuple peut se libérer dans la gueule du lion. Surtout quand la distinction entre les terroristes et l’État n’est pas claire et nette. Les frontières entre l’État et l’autre entité prédatrice est trop étanche.  Voilà où le bât blesse. 

Le Citoyen, Jean Willy Belfleur

Quand les forces de l’ordre deviennent eux-mêmes un danger pour les citoyens

La violence en Haïti ne cesse de s’intensifier au quotidien. La population est livrée à elle-même, seule face aux gangs armés qui massacrent, terrorisent et mettent en péril la sécurité des citoyens. Les forces de sécurité haïtiennes demeurent alors le seul rempart contre cette violence cruelle. Pourtant, un constat est flagrant : ces agents, dont la mission est de protéger la population, se livrent à des actes répétés qui représentent une menace supplémentaire pour les citoyens. 

Une nouvelle pratique s’est installée progressivement parmi les agents de la Police nationale et des Forces armées de la République, notamment lors des funérailles de leurs frères d’armes tombés au combat. Ces cérémonies sont souvent marquées par des tirs répétés, une pratique qui se veut un hommage aux défunts mais qui, en réalité, met en danger la vie des citoyens. Ces actes irresponsables ont déjà fait de nombreuses victimes innocentes, transformant des moments de recueillement en tragédies. 

Le mardi 3 décembre 2024, lors des funérailles de l’agent Jeff Petit-Dieu, ses collègues ont fait usage de leurs armes pour effectuer des tirs en son honneur. Même scénario ce lundi 17 mars 2025, lors des funérailles de deux soldats des Forces armées d’Haïti, tués lors de l’offensive des gangs à Delmas. Au cours de ces deux événements, les actes des agents sur place ont causé la mort de nombreux citoyens, qu’ils soient venus assister aux funérailles ou qu’ils habitent dans les parages. 

Les forces de l’ordre ont pour mission première de protéger la population, non de la mettre en péril. Pourtant, à chaque funéraille d’un policier ou d’un militaire, des dizaines de balles réelles sont tirées sans considération pour les conséquences. Ces projectiles, une fois en altitude, retombent avec une force mortelle, blessant et tuant des civils qui n’ont rien demandé. Ce comportement met en évidence une grave faille dans la formation et la discipline des forces de sécurité haïtiennes. 

Dans un contexte où l’insécurité est déjà un fléau quotidien, voir ceux qui sont censés faire respecter la loi se comporter de manière aussi irresponsable est inacceptable et témoigne d’un manque flagrant de professionnalisme. 

Adopter d’autres formes d’hommages 

Plutôt que d’utiliser des balles réelles, les forces de l’ordre pourraient adopter d’autres formes d’hommage qui ne mettent pas la population en danger : 

– Tirs à blanc : Certaines forces armées à travers le monde utilisent des balles à blanc lors des honneurs militaires. Cela permet de maintenir la tradition sans risquer des vies humaines.

– Moments de silence et sirènes : Observer une minute de silence suivie d’un retentissement de sirènes serait un geste fort et respectueux, sans conséquence néfaste.

– Cérémonies solennelles : Un hommage digne, à travers des discours et des cérémonies symboliques, aurait bien plus d’impact qu’une démonstration de force inconsidérée.  

Un appel aux autorités et aux commandements militaires 

Les responsables de la Police nationale et des Forces armées doivent assumer pleinement leurs responsabilités face à ce problème récurrent. Laisser perdurer ces pratiques dangereuses témoigne d’un laxisme qui ne fait qu’aggraver la méfiance du peuple envers ses forces de sécurité. 

Il est temps d’agir, de réglementer et de mettre fin à cette tradition meurtrière. Ainsi, il est impératif d’instaurer des mesures disciplinaires contre ceux qui tirent à balles réelles lors des funérailles. Cela enverrait un message clair sur l’importance du professionnalisme et de la responsabilité. 

S’il est vrai qu’un policier ou un soldat tombé mérite un hommage digne, celui-ci ne doit pas se faire au détriment de la vie de citoyens innocents.

«Renforcer l’appui à Haïti», le message de la ministre à la condition féminine, Pedrica Saint Jean à la tribune de l’ONU 

La ministre à la condition féminine et aux droits des femmes participe à la 69e session de la commission de la condition féminine qui se tient du 15 au 23 Mars 2025 au siège des nations. À la tribune, la ministre a appelé la communauté internationale à renforcer son appui à Haïti, particulièrement pour la protection des femmes et des filles, premières victimes des violences armées.

Dans un vibrant discours, la ministre a dressé un tableau sombre de la situation actuelle du pays en particulier les femmes et les filles qui sont tuées et violées à la longueur de journée. 

« L’insécurité a atteint des proportions insupportables. Chaque jour, des femmes et des filles sont lynchées, brûlées, violées, assassinées. Les gangs ne reculent devant rien, pas même devant le massacre des enfants », a déclaré Mme Saint Jean qui précise que Haïti ne demande pas la charité, mais justice.

« Le peuple haïtien ne demande pas la charité, mais la justice. Nos femmes ont droit à la vie, à la dignité, à l’avenir. Elles meurent chaque jour dans l’indifférence générale. Haïti a besoin de vous, plus que jamais », a-t-elle lâché avec émotion, appelant les États membres de l’ONU à faire bloc en faveur de la cause féminine haïtienne. 

La titulaire MCFDF en a profité pour exposer certaines avancées dans la lutte pour le respect des droits des femmes et quelques travaux déjà réalisés pour réduire la gouvernance de l’inégalité de genre.

« Nous avons lancé un programme d’insertion socio-économique pour les filles-mères et les femmes vulnérables dans les sept départements du pays, financé par le trésor public. Mais comment faire avancer l’autonomisation quand la survie elle-même est menacée ? », a questionné la ministre.

Dans ce contexte dramatique, le ministère collabore avec des organisations de la société civile pour offrir un soutien psychosocial aux femmes déplacées et survivantes de violences. Un Plan National d’Action aligné sur la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU – Femme, Paix et Sécurité – est en cours d’implémentation, avec l’appui d’ONU-Femmes et de l’Agence Française de Développement. Ce plan vise à renforcer les capacités des femmes à devenir des actrices clés dans la construction de la paix.

« La population haïtienne, et les femmes en particulier, sont prêtes à œuvrer pour le retour de la paix. Mais elles ont besoin de votre solidarité », a insisté Pedrica Saint Jean. Elle a remercié également les pays alliés qui soutiennent la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS), engagés aux côtés des forces haïtiennes pour tenter de rétablir l’ordre.

La ministre a exhorté les femmes membres de la Commission de la Condition Féminine à se lever pour leurs sœurs haïtiennes. « Si nous ne parlons pas pour elles aujourd’hui, qui le fera demain ? », a-t-elle lancé, soulignant que les défis liés à l’égalité des sexes ne pourront être relevés sans paix ni sécurité.