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De nouveaux territoires perdus

La commune de Saut d’Eau tombe. Incendies en cascade, assassinats des dizaines de personnes, plus de trente mille déplacés.

Dans une interview exclusive avec l’ancien député, Romial Smith, « l’état n’existe plus dans la commune. Le commissariat de police est détruit. Ce sont les bandits qui placent leur chef dans tous les quartiers, depuis le week-end écoulé ».

Cette villégiature monumentale est aujourd’hui un nouveau territoire perdu. Il en faudra un inventaire. Alors, quelles sont les vraies motivations des criminels?

Camps de déplacés: Un appel à une réponse plus humaine

PORT-AU-PRINCE.__ Le Premier Ministre. Alix Didier Fils-Aimé, s’est entretenu ce mardi 8 avril 2025, avec des représentants de plusieurs camps de déplacés internes. Fils-Aimé voulait s’enquérir davantage sur les conditions d’existence de PDI, et leur exprimer la solidarité de son gouvernement, a informé un communiqué de la Primature.

Cette réunion déroulée avec la participation des ministres de la Santé Publique et de la Population, des Affaires Sociales et du Travail, du délégué auprès du Premier Ministre, chargé de la Solidarité et des Affaires Humanitaires, ainsi que les directeurs généraux du Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES) et de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), était une occasion pour ces autorités d’affirmer leur engagement envers ces victimes de l’escalade de violences armées dans la capitale.

Les représentants des camps de déplacés internes en ont profité pour faire part des différents besoins de dizaines de milliers de gens qui ont été contraints de vivre dans des conditions infrahumaines, loin de leur foyer. Pour les déplacés, des actions humanitaires doivent être posées en urgence pour éviter une situation plus grave dans les sites.

A ce propos, le message du premier ministre est clair, «l’État ne vous abandonne pas», exhortant les membres de son équipe à assumer pleinement leurs responsabilités. Alix Didier Fils-Aimé a également lancé à la solidarité nationale. «institutions, citoyens et représentants des camps: nous devons unir nos efforts pour améliorer le quotidien des déplacés”, a-t-il insisté.

Parmi les préoccupations des déplacés, l’accès à l’eau potable, les soins pédiatriques, l’assainissement, le distribution de kits hygiéniques et le renforcement de la sécurité sont les priorités.

Mais au-delà des interventions d’urgence nécessaires, les autorités doivent œuvrer en faveur d’un retour à la normale pour permettre aux déplacés de retourner dans leur quartier respectif, occupé par les gangs. Bref, l’Etat doit récupérer les territoires perdus pour que le pays revienne à la vie avec une situation plus humaine.

L’OCNH lance un cri d’alarme en faveur des déplacés de Mirebalais

La violence des gangs dans le bas Plateau Central pousse des milliers de gens à quitter Mirebalais et les zones limitrophes pour aller s’installer notamment à Hinche. En visite d’évaluation dans le département du centre, l’OCNH dit constater 45 sites d’hébergement temporaires, accueillant actuellement ces familles déracinées, dont plus de 2 000 enfants âgés de zéro à 8 ans. En plus de ces camps de pauvreté improvisés, quelque 500 familles sont hébergées dans des maisons d’accueil, tandis que 1 500 autres vivent dans des conditions précaires, isolées de tout soutien.

« Il est urgent d’agir. Les besoins sont énormes, surtout pour les enfants et les personnes âgées : alimentation, soins de santé, abris sûrs, protection. Le temps presse », a déclaré Me Camille Occius de l’OCNH, appelant à une solidarité nationale et internationale dans ce dossier.

La ville de Hinche devient le théâtre d’une urgence humanitaire que les autorités ne doivent pas ignorer.
À la crise sécuritaire s’ajoute une crise humanitaire aiguë qui touche le gros de la population.

Le nombre de déplacés internes en Haïti a donc triplé en un an, dépassant désormais le million. Près de la moitié sont des enfants, soit environ 10 % de la population nationale. Cette hausse dramatique reflète la montée en puissance des groupes armés, responsables de déplacements forcés, d’actes de terreur et de pertes de moyens de subsistance.

DANIEL ROUZIER: LA RAGE DANS LES ENTRAILLES

DE DANIEL ROUZIER

En hommage à Phillip Villedrouin, donner du sens n’a jamais eu autant d’importance.

Ce matin, je ne suis même plus en colère. La rage, qui me brûlait les entrailles, n’est plus qu’une braise morne. Je regarde ces images avec ce poids lourd au creux du cœur. Ils ont incendié Le Montcel. Des flammes qui rongent l’ombre d’un rêve, mais cette fois-ci, Dieu merci, ils n’ont pas arraché un enfant des bras de sa mère pour le jeter aux bûchers affamés. Ils n’ont pas assassiné de religieuses. Ils n’ont pas violé de jeunes femmes. Non, cette fois-ci, ils ont seulement ravagé des pierres, des toits, des champs. Du bois, de la terre.

Mais l’œuvre d’une vie… c’est cela qu’ils ont réduit en charpie.
Qu’était Le Montcel ? L’incarnation d’un rêve tissé patiemment, pierre après pierre, par un homme d’affaires que la mort a pris avant que le feu n’ait pu dévorer son espoir. Le Montcel, c’était un hôtel de quarante chambres où la simplicité trouvait son luxe, un restaurant où des plats modestes prenaient des allures de festin, une ferme-école écologique où l’on arrachait des fruits de la terre avec le respect dû à une mère nourricière. Là-haut, les techniques d’irrigation, les savoirs ancestraux réinventés trouvaient leur souffle, dispensés aux cultivateurs que l’État oubliait dans les replis des collines.

C’était une utopie en miniature : des parcelles reboisées à force de bras, de sueur et de foi. Un centre de production de charbon à partir de ce que d’autres laissaient pourrir. Un projet où l’on façonnait l’espoir avec des outils rudimentaires. Et puis, il y avait cette chapelle à ciel ouvert, où se pressaient des gens de toutes religions, de toutes couleurs, de toutes origines, cherchant quelque chose au-delà du simple repos. Peut-être une paix que le monde d’en bas leur refusait.

Je me souviens. Ce matin clair où des compatriotes rassemblés là, qui avant leur séjour au Montcel ne s’entendaient sur rien, avaient accepté de passer trois jours ensemble. Un miracle d’entente fragile. Le dernier jour, ils s’étaient lavé les pieds les uns les autres, dans un geste humble mais haut en symbole. Puis ils avaient assisté ensemble à une messe d’unité improbable, voire miraculeuse : une Mambo lisant la première lecture, un pasteur baptiste chantant les psaumes, un évêque anglican prêtant sa voix à la seconde lecture, l’Évangile délivré par un évêque catholique, et enfin, un imam prêchant l’homélie.
Tout cela n’existe plus désormais. Hier, des brigands ont mis le feu au Montcel.

Je me tiens là, les yeux fermés sur un ciel éclaboussé de cendres. Le silence est lourd comme un linceul. Que reste-t-il du rêve de cet homme maintenant que l’odeur âcre du bois brûlé règne sur la montagne ? Peut-être un souvenir qui se meurt dans la mémoire de ceux qui ont connu cet espace voué au silence, à la paix d’un temps volé au chaos.

Je pense au lierre rampant sur les murs de l’auberge, ses vrilles obstinées cherchant la terre. Aux jardins de roses, aux pêchers en fleur. À ces pins dressés comme des géants mélancoliques. Dans ce sous-bois, jadis, des enfants jouaient, leurs rires éclatant dans l’air pur. Dans une des nombreuses serres, j’avais vu Philipp enseigner aux jeunes comment lire la pluie, comment déchiffrer le langage secret des nuages et emmagasiner l’eau. Un savoir fragile, transmis dans un souffle, éphémère comme le vent.

Le Montcel n’était pas qu’un hôtel ou une ferme. C’était un rêve taillé dans la roche d’une utopie impossible, une tentative désespérée de relier les hommes à leur terre, de combler le vide laissé par les promesses politiques trahies. Ceux qui gravissaient la montagne n’y cherchaient pas seulement le repos, mais une forme de renaissance. Un retour au monde, lavé de ses ordures et de ses mensonges. J’ai vu des femmes planter là des semences avec la conviction de bâtir un avenir. J’ai vu des hommes pleurer en silence devant la beauté calme des collines. J’ai vu des hommes et des femmes qui se croyaient ennemis, s’embrasser au matin du troisième jour d’une retraite. J’ai vu un marxiste demander d’être baptisé.

Mais en une nuit, la montagne a perdu sa lumière. Pourtant, les cendres parlent. Les ruines gardent la mémoire de ceux qui n’ont pas renoncé. Les brigands n’ont pas seulement incendié un lieu, ils ont voulu briser un lien, étouffer une promesse faite à la terre elle-même, à notre Haïti commune.

Ce matin, le soleil perce faiblement à travers le voile gris. Je refuse de croire que tout est perdu. Dans l’odeur du bois calciné persiste une mémoire vivace. Une mémoire qui attend son heure pour renaître. Comme ces graines obstinées qui, malgré la sécheresse, finissent toujours par éclore.

222e anniversaire de la mort de Toussaint Louverture: Le CPT rend un hommage bien mérité

PORT-AU-PRINCE.___ Une cérémonie de commémoration solennelle en l’honneur du précurseur de l’indépendance d’Haïti a été organisée, ce lundi 7 avril 2025, à la Villa d’accueil. Toussaint Louverture, une figure emblématique de la lutte pour libérer Haïti de l’esclavage.

Le président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, accompagné de certains membres du Conseil et de son administration, dont le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que de hauts responsables militaires et policiers, a dirigé cette cérémonie, empreinte de respect et de dévotion.

Dans ses propos de circonstance, Fritz Alphonse Jean a souligné l’importance capitale de cette date dans l’histoire haïtienne. Il a rappelé que Toussaint Louverture n’est pas seulement un héros national, mais également un symbole résistance contre l’esclavage.

«Cette journée doit être un moment de réflexion pour chaque Haïtien, afin de méditer sur les actions et l’héritage laissé par cet illustre précurseur de la liberté», a souligné Fritz A. Jean, appelant la population haïtienne à rehausser les idéaux des ancêtres. «La préservation de la mémoire de Toussaint Louverture et des autres héros nationaux est essentielle pour guider le pays vers un avenir meilleur», a-t-il affirmé.

À ce propos, le Conseil Présidentiel de Transition s’est engagé à suivre la voie des ancêtres pour orienter la nation vers de nouvelles perspectives prometteuses.

Plus qu’une simple commémoration, cet hommage à Toussaint Louverture incarne un véritable appel à l’engagement civique et à la réflexion collective, avise le Conseiller-Président Jean, rappelant la nécessité et l’importance de chérir les valeurs de la liberté et de la dignité nationales pour bâtir un avenir meilleur pour la postérité.

Mirebalais : deux journalistes manquent à l’appel

Les associations de journalistes tirent la sonnette d’alarme sur le sort de deux journalistes dans la commune de Mirebalais. Les deux confrères sont portés disparus depuis le mardi 31 mars dernier, jour de l’attaque armée perpétrée par des gangs dans la ville.

Selon l’AJH, la résidence de Jean Christophe Collègue, ancien correspondant de la Voix de l’Amérique, a été incendiée, et ni lui ni ses proches ne donnent signe de vie. Par ailleurs, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre Israël Roger Claudy, correspondant de Radio Ginen, enlevé avec son frère. Tous deux auraient été faussement identifiés par des gangs comme membres de la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP).

Face à cette situation, l’AJH appelle à une mobilisation urgente des autorités afin de garantir la sécurité des journalistes. « Chaque attaque contre un professionnel des médias constitue une atteinte grave à la démocratie », rappelle l’AJH.

De son côté, SOS Journalistes réitère son appel aux gangs armés pour que le journaliste Roger Claudy Israël soit relâché sain et sauf, et que les autres otages puissent rapidement rejoindre leurs familles.

Les ravisseurs du journaliste et de son frère ont publié une vidéo dans laquelle ils ont clairement menacé de les exécuter, croit savoir l’association dirigée par Joseph Guyler C. Delva.

Publiés les 6 et 7 avril 2025, ces communiqués expriment aussi la solidarité des associations de journalistes envers les familles des confrères disparus, tout en appelant la presse haïtienne à faire bloc autour de ses valeurs fondamentales : professionnalisme, responsabilité et solidarité.

Par ailleurs, les violences ciblant les journalistes ne datent pas d’hier et ne sont pas des cas isolés. En décembre 2024, plusieurs journalistes présents dans l’enceinte du plus grand centre hospitalier de Port-au-Prince ont été victimes d’une attaque sanglante, menée par des gangs, faisant plusieurs morts et blessés.

La violence monte d’un cran ces dernières semaines, avec de nouveaux territoires passés sous le contrôle des bandes armées. À Mirebalais, Saut-d’Eau et Kenscoff, les déplacements de population et les tueries se multiplient, sous les yeux d’un gouvernement silencieux qui se contente d’enchaîner les promesses sans lendemain.

Ava Lee, première athlète haïtienne qualifiée pour les Jeux Panaméricains de la Jeunesse au Paraguay

La jeune taekwondoïste, Ava Lee, s’est illustrée en remportant la médaille d’or, en dépit d’un contexte marqué par le manque de soutien institutionnel. Elle est, ainsi, la première athlète haïtienne à obtenir son billet qualificatif pour les Jeux Panaméricains de la Jeunesse, déroulés à Asuncion, Paraguay, en 2025.

Lors du tournoi de qualification, Lee a enchaîné des performances convaincantes. Elle s’est d’abord imposée face aux États-Unis, avant de remporter la finale contre le Mexique, décrochant ainsi la médaille d’or dans sa catégorie.

Une victoire saluée par le président de la Fédération Haïtienne de Taekwondo, Dr Frenel Ostin. «Je salue l’engagement d’Ava Lee et de son entraîneur pour avoir livré une prestation de haut niveau, couronnée par une médaille d’or et une qualification directe pour Asuncion 2025», s’est réjoui Ostin, acclamant également le Comité Olympique Haïtien pour le soutien apporté à l’athlète.

Par ailleurs, cette prouesse d’Ava Lee n’arrive pas à  effacer la mésaventure de deux autres athlètes haïtiens, également qualifiés pour la compétition, qui n’ont pas pu effectuer le déplacement, en raison d’un manque de soutien de l’État haïtien, malgré les efforts logistiques et administratifs de la Fédération.

Il est à souligner que la performance d’Ava Lee peut être perçue comme un signal fort pour le sport haïtien, en particulier dans un contexte où les conditions de préparation et de participation restent précaires pour de nombreux athlètes. Sa qualification marque, ainsi, un pas important vers une meilleure représentation d’Haïti sur la scène sportive régionale.

Lutte féminine: 39 ans après, le rendez-vous avec l’histoire

Ce jeudi 3 avril 2025 marque les 39  ans de la marche historique du 3 avril 1986. Date à laquelle la lutte féminine en Haïti a pris un tournant décisif m, avec cet événement majeur. 

En effet deux mois après la chute de la dictature des Duvalier, près de 30. 000 femmes ont manifesté dans les rues de la capitale, pour réclamer une meilleure inclusion dans la vie politique du pays. Toutes les catégories sociales étaient représentées : paysannes, bourgeoises, chômeuses, travailleuses, etc. Elles étaient réunies à l’initiative d’une organisation dénommée FANM AYITI, avec pour objectif, revendiquer une place sur l’échiquier politique et de participer aux prises de décisions. 

S’il est vrai que le régime des Duvalier était cruel envers ses opposants, il l’était encore davantage envers les femmes, dont les droits étaient sévèrement limités. En effet, bien que celles-ci aient obtenu le droit de vote en 1957, sous le régime du Président Magloire, elles ne pouvaient ni participer aux prises de décisions ni s’opposer ouvertement à la dictature, imposée par le clan Duvalier, au risque de disparaître sans laisser de traces. 

Ainsi, la chute du régime représentait pour ces femmes l’avènement d’une ère nouvelle. Et ce fut effectivement le cas, car en mars 1990, alors que le pays était fragilisé par des crises sociopolitiques, une figure emblématique de la lutte féminine, la magistrate Ertha Pascal-Trouillot fut désignée, Présidente provisoire de la République conformément à la constitution du 29 mars 1987.

Le combat pour l’émancipation des femmes a fait, donc, une avancée importante en la matière, notamment en consacrant le principe d’égalité entre les sexes, la protection contre les discriminations – fondées sur le genre, la participation politique des femmes en imposant dans la constitution 1997 amendée un quota de 30% des femmes dans les postes clés de l’administration publique. Comme le stipule l’article 17 « que le principe du quota d’au moins trente pour cent (30%) de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics ».

En effet, la journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes 

cette année a été commémorée autour du thème: « Fanm peyi d Ayiti, jodi a, ann make listwa ankò ! ». 

Pour l’occasion, le ministère à la condition féminine a organisé ce 3 avril 2025 un dialogue autour des avancées réalisées, jusque-là, et réfléchir aussi sur 6 des douze domaines critiques de la Déclaration de la plateforme d’action de Beijing, 30 ans après. En d’autres termes il s’agissait d’esquisser les perspectives pour garantir la sauvegarde de ces acquis fondamentaux.

« C’était un rendez-vous avec l’histoire pour évaluer l’état d’avancement des travaux effectués et continuer la lutte dans un pays où les rapports illégaux entre les femmes et les hommes accentuent à la fois les déséquilibres et opportunités », écrit le MCFDF dans une note. 

La lutte pour les droits des femmes en Haïti a été, donc, une bataille de longue haleine, et elle mérite d’être honorée, car elle témoigne d’une résilience et d’un courage infinis.

PNH et BSAP, quelle collaboration possible ? 

PORT-AU-PRINE.___Le Conseil présidentiel de Transition a publié l’arrêté, consigné l’engagement de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) aux côtés de la Police Nationale et des Forces Armées d’Haïti dans la lutte  contre les gangs armés, dans Le Journal Le Moniteur le 3 avril 2025. La résolution adoptée en Conseil des ministres comporte quatre articles. Elle établit les conditions d’une collaboration effective de la BSAP avec les forces armées du pays. 

En effet, l’article 2 précise que le gouvernement a la responsabilité de prendre toutes les dispositions nécessaires pour solliciter l’appui de la BSAP. Il est également stipulé que seuls les agents dont les comportements ont été évalués favorablement participeront à cette opération. 

Cependant, l’article 3 souligne la nécessité d’établir un protocole d’accord définissant les modalités d’intervention des membres de la BSAP et les règles régissant leur collaboration avec les autres forces de sécurité. Ce qui garantit un encadrement légal dans les opérations et d’assurer une efficacité entre les divers acteurs impliqués.

Quant à la coordination, elle doit-être rigoureuse, c’est un aspect crucial, indispensable pour anticiper des incidents tragiques, ayant été produits par le passé, tels que la mort de cinq membres de la BSAP lors d’affrontements l’année dernière avec des agents de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO), présageait des défis majeurs à surmonter.

L’article 4 traite de la soumission du protocole d’accord aux prescrits légaux, sous la diligence du Premier Ministre. Cette assertion implique une responsabilité accentuée par les autorités exécutives pour garantir que cette collaboration se déroule dans le respect des droits humains et des normes de sécurité. 

Cependant, cette initiative ne fait pas l’unanimité. Des critiques émergent concernant le manque de formation des agents de la BSAP pour des missions de cette envergure. L’histoire tendue entre la BSAP et la Police Nationale laisse planer des doutes sur la possibilité réelle d’une collaboration harmonieuse et productive. 

Si la mobilisation de la BSAP dans la lutte contre l’insécurité peut apparaître comme une réponse adaptée aux défis actuels, elle requiert, cependant, des mesures soigneusement établies et une attention soutenue. Ce choix, soulevant des questionnements légitimes, témoigne des efforts visant à renforcer l’efficacité opérationnelle des forces de l’ordre dans un contexte d’insécurité grandissante.

La Conférence Épiscopale dénonce l’insécurité après l’assassinat de deux religieuses à Mirebalais

Face à la montée de la violence en Haïti, la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH) exprime son indignation après l’assassinat de deux religieuses à Mirebalais le Lundi 31 mars 2025. Les évêques dénoncent l’inaction des autorités et appellent à la fin des violences qui plongent le pays dans le chaos. 

Dans une note datée du 3 avril 2025, les évêques haïtiens condamnent la recrudescence de l’insécurité et l’incapacité des autorités à juguler cette spirale de violence. 

« L’absence de réaction efficace face à l’insécurité persistante est un échec grave qui met en péril la nation abandonnée à la merci des forces destructrices », déplore la CEH.

La Conférence Épiscopale exprime sa solidarité avec les familles des victimes et réprime fermement cet acte barbare. Elle appelle les groupes armés à cesser immédiatement les violences et à retrouver « le sens du respect de la vie humaine ».

Les évêques exhortent également la population à ne pas céder à la haine et à l’indifférence, prônant plutôt la vigilance, la solidarité et la prière. « Haïti traverse la vallée de l’ombre, mais l’espérance chrétienne nous assure que la lumière du Ressuscité viendra illuminer nos chemins vers des jours meilleurs », conclut la note.

Ce nouvel épisode tragique vient une fois de plus souligner la gravité de la crise sécuritaire en Haïti, où la population, livrée à elle-même, peine à voir une issue à la spirale de la violence. 

La ville a depuis fait face à une extrême violence, au point où même l’hôpital universitaire de Mirebalais a dû faire évacuer son personnel et ses patients vers des lieux sûrs. Cet hôpital est considéré comme le plus grand du pays et il dessert la population locale et même d’autres régions du pays recevant près de 400 000 patients par année. 

Alors que le systeme sanitaire est en lambeaux avec peu d’insfrastructures, si ce dernier suspend ses services comme ceux à Port-au-Prince , ce sera fatal pour les malades à faibles moyens économiques.