jeudi, mars 12, 2026
11 C
Londres
Accueil Blog Page 20

Nouvelle étape du dialogue inter-haïtien: des candidats se bousculent

Par Jean Wesley Pierre

Au lendemain du dialogue inter-haïtien organisé par le Conseil présidentiel de transition (CPT), le dépôt des candidatures pour les postes de président et de Premier ministre, a offert un spectacle révélateur de la fragilité de la scène politique haïtienne.

Dans un protocole censé être solennel, une responsable de la réception des dossiers s’est adressée aux candidats d’une voix étonnamment pressante : « Qui est là pour le poste de Premier ministre ? Président ? Avancez ! » L’intonation, presque théâtrale, contraste avec le sérieux de l’enjeu : choisir les dirigeants capables de conduire le pays après le 7 février 2026. Le hall de l’hôtel se transforme ainsi en un théâtre où la solennité se mêlait à l’absurde, donnant à voir une scène pour le moins burlesque.

Afflux de candidats et ambitions démesurées

Parmi les premiers postulants à se présenter figurent Tranquilor Mathieu, candidat à la présidence, et Maître Reynold Georges, dont l’accès a été refusé par les agents de l’USGPN, suivi par d’autres figures politiques locales.

Coordonnateur national de Diaspora Ayisyen Pou Lapè,
Tranquilor Mathieu, doctorant en droit international à l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti, est titulaire d’une maîtrise en études judiciaires, se dit porteur d’un projet pour une transition sans exclusion, dans la paix et l’unité nationale.

Tous ambitionnent d’intégrer le collège présidentiel de trois membres proposé par la résolution du dialogue, composé d’un représentant du CPT, d’un juge de la Cour de cassation et d’une personne de la société civile, aux côtés d’un Premier ministre chargé de la gestion quotidienne de l’Etat.

Cette affluence illustre non seulement l’ampleur des ambitions politiques, mais également le mode d’organisation de la procédure : le protocole, bien que méthodique sur le papier, peinait à canaliser le flot de candidatures, donnant l’impression que la solennité de l’événement s’effritait face à la réalité du terrain. Certains observateurs n’ont pas manqué de qualifier la scène d’« humoristique », tout en reconnaissant son importance politique réelle.

Une étape concrète, mais fragile

Le dépôt des candidatures constitue la première tentative tangible de mettre en œuvre la résolution adoptée lors du dialogue inter-haïtien. Clovis Obas, ancien parlementaire du PHTK, a insisté sur le fait que :

« cette phase constitue l’étape concrète de mise en œuvre des propositions du dialogue ».

Cependant, symbolisme et efficacité ne sont pas synonymes : ces dossiers déposés n’effacent pas les obstacles structurels qui pèsent sur la transition.

Le Dr Jean Hénold Buteau, membre du comité de pilotage des signataires de l’Accord de Montana, souligne que :

« La principale difficulté réside dans l’incapacité réelle à garantir l’application de la résolution adoptée. »

L’insécurité persistante, la fragmentation politique et l’influence des acteurs internationaux demeurent des freins majeurs. La bonne volonté des candidats et du CPT ne suffit pas face à ces réalités.

Entre solennité et ironie protocolaire

La scène du hall de l’Hôtel Montana illustre parfaitement cette tension entre formalisme et absurdité : des candidats déposant leurs dossiers avec rigueur, confrontés à un protocole presque comique dans sa manière de presser les participants. Derrière cette légèreté apparente se cache une réalité inquiétante : le dépôt de candidatures, aussi officiel soit-il, ne garantit ni la continuité du dialogue ni la mise en œuvre effective de la résolution.

Une transition suspendue

Tranquilor Mathieu et les autres postulants incarnent les ambitions politiques et les espoirs de légitimation nationale, mais ils sont confrontés à l’écart considérable entre symbolique et efficacité. Entre injonctions théâtrales du protocole, pressions internationales et obstacles sécuritaires, la scène reflète toute la complexité et les incertitudes de la transition haïtienne à l’approche du 7 février 2026.

En définitive, la question reste entière : cette étape transformera-t-elle la résolution du dialogue en transition politique effective, ou ne restera-t-elle qu’un épisode protocolaire dans le chaos institutionnel haïtien ? Les prochains jours fourniront la réponse.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Détention prolongée et surpopulation carcérale : 44 détenus examinés, une initiative du MJSP supportée par le CARDH

Par Jean Wesley Pierre

La question de la détention préventive prolongée demeure l’une des violations les plus persistantes et les plus structurelles des droits humains. Dans ce contexte, le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) s’impose depuis plusieurs années comme un acteur central de la société civile, engagé dans la défense des droits fondamentaux et la lutte contre l’arbitraire judiciaire.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la deuxième séance d’Habeas Corpus organisée dans le cadre du programme « Initiative mobile pour la réduction de la surpopulation carcérale » annoncé sur le compte X de CARDH, anciennement Twitter ce mardi 3 février 2026. Cette nouvelle audience concerne 24 détenus, portant à 44 le nombre total de personnes examinées depuis le lancement du programme. À l’issue de la première séance, tenue le 27 janvier dernier, 19 détenus avaient déjà été remis en liberté, illustrant l’ampleur des abus liés à la détention sans jugement.

L’Habeas Corpus : un droit fondamental trop souvent ignoré

L’Habeas Corpus n’est pas une faveur accordée par l’État, mais un principe fondamental du droit, inscrit dans la Constitution haïtienne et consacré par les conventions internationales ratifiées par le pays. Il garantit à toute personne privée de liberté le droit de comparaître rapidement devant un juge afin de contester la légalité de sa détention.

Or, en Haïti, ce droit est systématiquement vidé de sa substance. Des milliers de détenus croupissent dans les prisons pendant des années sans jugement, parfois sans même connaître les charges retenues contre eux. La situation est aggravée par l’effondrement du système judiciaire, l’insécurité généralisée et le manque criant de moyens de l’administration pénitentiaire.

Une réponse ponctuelle à un problème structurel

L’initiative portée par le CARDH, bien que salutaire, met en lumière une réalité troublante : la libération de dizaines de détenus révèle l’illégalité manifeste de nombreuses incarcérations. Autrement dit, ces personnes n’auraient jamais dû être privées de liberté aussi longtemps.

Cependant, si ces séances d’Habeas Corpus apportent un soulagement immédiat à certaines victimes de l’arbitraire, elles ne sauraient constituer une solution durable. La surpopulation carcérale est le symptôme d’un système judiciaire en crise profonde, marqué par l’absence de politiques pénales cohérentes, le dysfonctionnement des tribunaux et l’inaction prolongée de l’État.

Le rôle crucial de la société civile face à la défaillance de l’État

Le fait que ce soit une organisation de défense des droits humains qui impulse ce type d’initiative est révélateur : l’État haïtien a largement failli à ses obligations régaliennes. En se substituant, partiellement, aux institutions publiques, le CARDH joue un rôle de garde-fou démocratique, tout en exposant les limites d’un système dépendant de projets ponctuels et de la bonne volonté des acteurs non étatiques.

La question centrale demeure donc entière : combien de détenus encore oubliés derrière les barreaux, sans jugement, sans voix, sans recours ?

Un impératif politique et moral

La réduction durable de la surpopulation carcérale passe par des réformes structurelles urgentes : relance effective des tribunaux, audit des dossiers de détention préventive prolongée, renforcement du rôle des juges de paix, et volonté politique claire de faire du respect des droits humains une priorité.

À défaut, les initiatives comme celles du CARDH, aussi courageuses soient-elles, resteront des réponses d’urgence dans un océan d’illégalités. Or, la justice ne peut être intermittente, et le respect de la dignité humaine ne peut dépendre d’opérations exceptionnelles.

En Haïti, l’Habeas Corpus ne devrait pas être un événement. Il devrait être la norme.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Par Jean Wesley Pierre

La question de la détention préventive prolongée demeure l’une des violations les plus persistantes et les plus structurelles des droits humains. Dans ce contexte, le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) s’impose depuis plusieurs années comme un acteur central de la société civile, engagé dans la défense des droits fondamentaux et la lutte contre l’arbitraire judiciaire.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la deuxième séance d’Habeas Corpus organisée dans le cadre du programme « Initiative mobile pour la réduction de la surpopulation carcérale » annoncé sur le compte X de CARDH, anciennement Twitter ce mardi 3 février 2026. Cette nouvelle audience concerne 24 détenus, portant à 44 le nombre total de personnes examinées depuis le lancement du programme. À l’issue de la première séance, tenue le 27 janvier dernier, 19 détenus avaient déjà été remis en liberté, illustrant l’ampleur des abus liés à la détention sans jugement.

L’Habeas Corpus : un droit fondamental trop souvent ignoré

L’Habeas Corpus n’est pas une faveur accordée par l’État, mais un principe fondamental du droit, inscrit dans la Constitution haïtienne et consacré par les conventions internationales ratifiées par le pays. Il garantit à toute personne privée de liberté le droit de comparaître rapidement devant un juge afin de contester la légalité de sa détention.

Or, en Haïti, ce droit est systématiquement vidé de sa substance. Des milliers de détenus croupissent dans les prisons pendant des années sans jugement, parfois sans même connaître les charges retenues contre eux. La situation est aggravée par l’effondrement du système judiciaire, l’insécurité généralisée et le manque criant de moyens de l’administration pénitentiaire.

Une réponse ponctuelle à un problème structurel

L’initiative portée par le CARDH, bien que salutaire, met en lumière une réalité troublante : la libération de dizaines de détenus révèle l’illégalité manifeste de nombreuses incarcérations. Autrement dit, ces personnes n’auraient jamais dû être privées de liberté aussi longtemps.

Cependant, si ces séances d’Habeas Corpus apportent un soulagement immédiat à certaines victimes de l’arbitraire, elles ne sauraient constituer une solution durable. La surpopulation carcérale est le symptôme d’un système judiciaire en crise profonde, marqué par l’absence de politiques pénales cohérentes, le dysfonctionnement des tribunaux et l’inaction prolongée de l’État.

Le rôle crucial de la société civile face à la défaillance de l’État

Le fait que ce soit une organisation de défense des droits humains qui impulse ce type d’initiative est révélateur : l’État haïtien a largement failli à ses obligations régaliennes. En se substituant, partiellement, aux institutions publiques, le CARDH joue un rôle de garde-fou démocratique, tout en exposant les limites d’un système dépendant de projets ponctuels et de la bonne volonté des acteurs non étatiques.

La question centrale demeure donc entière : combien de détenus encore oubliés derrière les barreaux, sans jugement, sans voix, sans recours ?

Un impératif politique et moral

La réduction durable de la surpopulation carcérale passe par des réformes structurelles urgentes : relance effective des tribunaux, audit des dossiers de détention préventive prolongée, renforcement du rôle des juges de paix, et volonté politique claire de faire du respect des droits humains une priorité.

À défaut, les initiatives comme celles du CARDH, aussi courageuses soient-elles, resteront des réponses d’urgence dans un océan d’illégalités. Or, la justice ne peut être intermittente, et le respect de la dignité humaine ne peut dépendre d’opérations exceptionnelles.

En Haïti, l’Habeas Corpus ne devrait pas être un événement. Il devrait être la norme.

Parti Démocrate-Chrétien Haitien (PDCH)COMMUNIQUÉ DE PRESSE

0

En Haïti, la démocratie est confisquée depuis 2021, le pays vit au rythme des « transitions ». Cinq années d’un provisoire sans fin, où chaque accord présenté comme salvateur accouche d’une nouvelle impasse. Les institutions s’effritent, la confiance publique s’éteint, et la violence s’installe comme mode de gouvernement. Pendant ce temps, ceux qui prétendent parler au nom de la nation négocient sa direction sans jamais lui demander son avis.

C’est dans ce contexte que le samedi 31 janvier 2026, le Parti Démocrate-Chrétien Haïtien (PDCH) a tenu un atelier de réflexion et de formation consacré au CARITATISME, socle idéologique du parti. Cette activité a réuni cadres, responsables politiques et militants autour d’un exercice collectif de clarification doctrinale et d’engagement politique, dans ce contexte national marqué par de profondes crises institutionnelles et sociales.

Un des moments phares de la rencontre, a été l’intervention du Président du PDCH, Monsieur Mathias PIERRE, qui a donné une portée particulière à cette rencontre. Dans un discours clair et sans détours, il a rappelé que le Caritatisme n’est ni un slogan ni une posture morale abstraite, mais une ligne d’action politique exigeante.

« Le Caritatisme, a-t-il affirmé, est une rupture avec la politique de prédation et d’improvisation. Il place l’être humain au centre de l’action publique et oblige le dirigeant à servir avant de se servir. »

Le Président du PDCH a insisté sur la nécessité de former des leaders capables de transcender les intérêts personnels et les logiques de clans, soulignant que la crise haïtienne est avant tout une crise de valeurs et de vision. Il a également rappelé que le Caritatisme engage le parti à œuvrer pour la construction d’un État moderne, fondé sur des institutions fortes, impersonnelles et respectueuses de la Constitution, tout en restant profondément attentif aux plus vulnérables.

La Secrétaire générale du parti, Mme Rose Lys BERTIN a introduit la rencontre. Puis, un temps particulier a été consacré à la présentation de feu Sylvio C. CLAUDE, fondateur du parti et du Caritatisme, assurée par Madame Naika CLAUDE, petite-fille de Sylvio Claude. Elle a retracé l’héritage intellectuel et moral du fondateur, mettant en lumière la genèse du CARITATISME et sa vocation profondément humaniste et chrétienne.

Les axes prioritaires du CARITATISME réorienté, socle idéologique du PDCH, sont ainsi titrés : Sortir d’une économie de rentes, un
système de prédation ; Le capital humain, moteur de la société ; La santé comme droit fondamental et responsabilité régalienne ; Le logement comme pilier de stabilité sociale ; Pacte entre élites et masses, une nécessité historique ; De l’autodestruction inconsciente à la reconquête de la souveraineté nationale ; Le leadership, vers une vision partagée ; Haïti et sa localisation géopolitique ; L’État pour contenir la violence endémique et finalement ; L’État pour rentrer dans la modernité.

Pour le PDCH, ces axes constituent des conditions sine qua non pour sortir de la politique de prédation et transformer l’État failli actuel en un État moderne, fondé sur des institutions fortes, au service du bien commun et de la dignité humaine.

Enfin, avant le lancement effectif de l’atelier, Monsieur Cliff COULANGES, Responsable politique, a exposé la structure des ateliers ainsi que les travaux à réaliser, précisant la méthodologie, les axes de réflexion et les objectifs attendus des différents groupes de travail.

Les travaux se sont poursuivis en groupes de réflexion autour de plusieurs axes, notamment les fondements idéologiques du Caritatisme, son application dans le leadership politique, la gouvernance démocratique et la modernisation de l’État.

Les échanges ont été marqués par une volonté commune de traduire les principes idéologiques en propositions concrètes et en pratiques politiques responsables.

À l’issue de l’atelier, les participants ont salué la clarté de la vision portée par la direction du parti et la pertinence des débats. Ils ont réaffirmé leur engagement à faire du Caritatisme non seulement une référence doctrinale, mais un outil vivant de transformation politique et sociale.

Par cette initiative, le PDCH, sous le leadership de son Président Mathias PIERRE, réaffirme sa vocation à former des cadres politiquement solides, moralement responsables et résolument engagés dans la construction, conformément à son slogan et à sa vision politique, d’une Haïti juste, solidaire et productive.

Pour Authentification:
Ingénieur Mathias Pierre
Président du PDCH

Navires militaires américains au large de Port-au-Prince: Washington apporte des précisions

0

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— La présence remarquée d’un navire de guerre américain et de plusieurs patrouilleurs dans la baie de Port-au-Prince continue de susciter interrogations et spéculations, dans un contexte politique haïtien marqué par une forte instabilité. À l’approche du 7 février, date symbolique correspondant à la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’ambassade des États-Unis en Haïti a tenu, ce mardi, à apporter des clarifications officielles.

Dans une communication diffusée simultanément en créole, en français et en anglais sur ses plateformes numériques, la représentation diplomatique américaine précise que les bâtiments USS Stockdale, USCGC Stone et USCGC Diligence ont fait escale dans la baie de Port-au-Prince dans le cadre de l’opération baptisée Southern Spear, menée sur instruction du Secrétaire à la Défense des États-Unis.

Selon la note officielle, ce déploiement naval reflète l’engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti. Washington affirme que la U.S. Navy et la U.S. Coast Guard entendent, à travers cette opération, réaffirmer leur partenariat avec Haïti et leur soutien aux efforts visant à renforcer la sécurité et la prospérité du pays.

Ces précisions interviennent dans un climat politique particulièrement tendu. À quelques jours de l’échéance du 7 février, plusieurs acteurs politiques et organisations cherchent à imposer leur vision de la transition et de la sortie de crise. Les discussions engagées ce mardi dans le cadre du Dialogue inter-haïtien ont ainsi débouché sur un accord prévoyant la mise en place d’un nouvel exécutif bicéphale.

Selon les termes de cet accord, la transition serait désormais pilotée par un Collège présidentiel de trois membres, accompagné d’un Premier ministre. Le futur Collège présidentiel devrait être composé d’un représentant du Conseil présidentiel de transition, d’un membre de la Cour de cassation et d’un représentant de la société civile. Une configuration institutionnelle qui, loin de faire l’unanimité, alimente déjà de vifs débats et des inquiétudes quant à la gouvernance et à la stabilité politique dans les semaines à venir.

Dans ce contexte de fragilité institutionnelle et de crise sécuritaire persistante, la présence navale américaine, bien que présentée comme une mission de soutien et de partenariat, reste scrutée avec attention par l’opinion publique et la classe politique haïtiennes. Nombre d’observateurs s’interrogent sur les implications diplomatiques, politiques et sécuritaires d’un tel déploiement à un moment charnière de la transition.

Entre assurances officielles et climat de méfiance historique, ce déploiement naval s’inscrit désormais au cœur des débats sur la souveraineté, la sécurité et l’avenir politique d’Haïti à l’orée d’une nouvelle phase de son instable transition.

Jean Mapou / Le Relief

Sécurité publique : le gouvernement réaffirme sa stratégie de reconquête de l’autorité de l’État

Par Jean Wesley Pierre

Le gouvernement haïtien a réitéré, ce mardi 3 février 2026, sa détermination à renforcer l’autorité de l’État et à intensifier la lutte contre l’insécurité sur l’ensemble du territoire national. Cette position a été réaffirmée par le Secrétaire d’État à la Sécurité Publique, Mario Andrésol, lors de la 35e édition des “Mardis de la Nation”.

S’exprimant au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Mario Andrésol a insisté sur le caractère prioritaire de la sécurité publique, présentée comme une condition indispensable à la stabilité politique, au redressement économique et au retour à la vie démocratique. Il a assuré que l’État haïtien est engagé dans une offensive « structurée, durable et irréversible » contre toutes les formes d’insécurité.

Dans cette perspective, le Secrétaire d’État a mis en lumière la signature, fin juillet 2025, d’un cadre de coopération stratégique entre le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Selon les autorités, cet accord vise à renforcer la capacité souveraine de l’État haïtien en matière de sécurité, sans se substituer à ses responsabilités régaliennes.

Ce cadre de coopération repose sur cinq axes majeurs :

  1. le renforcement de la gouvernance et du pilotage stratégique du secteur de la sécurité,
  2. la consolidation du cadre juridique et normatif,
  3. l’appui aux mécanismes de planification et de prise de décision de l’État,
  4. le renforcement de la résilience des communautés face aux menaces sécuritaires, ainsi que
  5. l’intensification de la lutte contre la criminalité transnationale organisée, dans une approche de sécurité inclusive et équitable.

L’objectif central de cette stratégie, a précisé Mario Andrésol, est de soutenir la reconquête progressive et méthodique du territoire national, en particulier dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, qui demeurent parmi les plus affectés par les violences des gangs armés.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique, le Bureau du Secrétaire d’État à la Sécurité publique s’est doté d’experts nationaux et internationaux, appelés à travailler en étroite collaboration avec les institutions étatiques et le PNUD. Cette démarche vise à renforcer les capacités opérationnelles, institutionnelles et décisionnelles de l’État afin d’assurer une stabilisation durable du pays.

En conclusion de son intervention, le secrétaire d’État à la Sécurité Publique a rappelé que la sécurité constitue un droit fondamental pour les citoyens et un devoir régalien non négociable de l’État, réaffirmant sa volonté d’assumer pleinement cette responsabilité face à une crise sécuritaire qui continue de peser lourdement sur la population.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Tensions entre Washington et Téhéran : Ali Khamenei brandit la menace d’une guerre régionale

Par Jean Wesley Pierre

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont franchi un nouveau seuil ce dimanche 1er février 2026, après une déclaration particulièrement ferme du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avertissant que toute action militaire américaine contre Téhéran déclencherait une guerre régionale. Il s’agit de la menace la plus directe formulée jusqu’ici par le dirigeant iranien depuis la montée des crispations diplomatiques et militaires entre les deux pays.

Selon des sources proches du pouvoir iranien, Ali Khamenei a affirmé que l’Iran ne resterait pas passif face à une agression, laissant entendre que la riposte dépasserait le cadre strictement national pour s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient. Cette déclaration intervient dans un contexte de démonstrations de force navales, de sanctions persistantes et de négociations incertaines autour du programme nucléaire iranien.

Entre ouverture diplomatique et pression militaire

Quelques heures après ces propos, le président américain Donald Trump a réagi depuis la Floride, adoptant un ton ambigu mêlant volonté de négociation et menace voilée.

« J’espère qu’on va trouver un accord. Si nous n’avons pas d’accord, nous verrons s’il avait raison ou non », a déclaré le président américain, faisant directement référence à l’avertissement du guide suprême iranien.

Donald Trump a par ailleurs rappelé la puissance militaire américaine déployée dans la région, soulignant que les États-Unis disposent « des navires les plus gros et les plus puissants du monde », une allusion claire à la présence navale américaine dans le Golfe et l’océan Indien.

Un contexte militaire international de plus en plus chargé

La déclaration d’Ali Khamenei intervient alors que plusieurs exercices militaires navals multinationaux sont annoncés ou en cours. En Afrique australe, les manœuvres navales « Will for Peace 2026 » ont débuté dans les eaux territoriales sud-africaines, impliquant les marines de la Chine et de l’Afrique du Sud, avec la participation de bâtiments russes et iraniens. Officiellement, ces exercices sont axés sur la sécurité maritime et la navigation sûre, mais ils sont perçus par de nombreux observateurs comme un signal politique adressé aux puissances occidentales.

Parallèlement, la Russie a confirmé la tenue d’un exercice naval conjoint avec l’Iran et la Chine au mois de février, renforçant l’image d’un axe stratégique en formation face aux États-Unis et à leurs alliés.

Durcissement du discours iranien contre l’Occident

Sur le plan diplomatique, le climat s’est encore détérioré après que le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié les armées européennes de « groupes terroristes ». Dans la même dynamique, les autorités iraniennes ont annoncé l’interdiction de tout navire militaire français dans le Golfe, après la désignation de l’armée française comme organisation terroriste par Téhéran.

En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé que l’Iran devait « se résoudre à des concessions majeures » et à un « changement radical de posture », appelant le régime iranien à mettre fin à la répression interne, libérer les prisonniers et cesser les exécutions.

Une ligne rouge clairement tracée par le guide suprême

Au cœur de cette escalade, la déclaration d’Ali Khamenei apparaît comme une ligne rouge stratégique. En évoquant explicitement une guerre régionale, le guide suprême cherche à dissuader toute intervention militaire directe contre l’Iran, tout en mobilisant ses alliés régionaux et internationaux.

Reste à savoir si cette rhétorique marquera un tournant vers une désescalade négociée ou, au contraire, ouvrira la voie à une confrontation élargie dans une région déjà fragilisée par des conflits multiples.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Haïti au 158e sommet de l’OMS à Genève pour discuter de ses priorités sanitaires

0

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Une délégation du Ministère de la Santé Publique et de la Population participe à la 158ᵉ session du Conseil exécutif de l’OMS à Genève, du 2 au 7 février. Conduite par le ministre Bertrand Sinal, la représentation haïtienne doit discuter du renforcement du système sanitaire avec ses interlocuteurs, a-t-on appris d’un communiqué du MSPP.

A titre de membre du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé, Haïti a été invitée à prendre part aux travaux de la plus haute instance de l’OMS sur les grandes priorités de santé mondiale. aux discussions sur les grandes priorités de santé mondiale, notamment la couverture sanitaire universelle, les soins de santé primaires, la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, les urgences sanitaires, ainsi que le renforcement des systèmes de santé.

Le Dr Bertrand Sinal est accompagné de S.E. Mme Ann-Kathryne Lassègue, Ambassadrice, Représentante permanente d’Haïti auprès des Nations Unies et des autres Organisations Internationales à Genève, ainsi que de cadres du Ministère et d’expertes de la Mission.

En pleine crise sécuritaire et politique, Haïti ne peut perdre de vue ses priorités. La participation de cette délégation à travaux de la 158e session du Conseil exécutif de l’OMS doit permettre aux autorités d’obtenir de meilleures boussoles pour répondre aux besoins restants de la Population en matière de santé.

Jean Mapou / Le Relief

Cri de cœur d’Edmonde Supplice Beauzile: un appel aux consciences haïtiennes pour un sursaut national

0

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Dans un appel d’une rare gravité, la citoyenne et femme politique engagée Edmonde Supplice Beauzile lance un cri d’alarme en direction des consciences encore debout du pays. Refusant les alignements partisans et les calculs de circonstance, elle interpelle publiquement des figures qu’elle considère comme des repères moraux et intellectuels capables de contribuer au redressement d’Haïti, engluée depuis des décennies dans une crise multiforme.

Dans son message, Beauzile rappelle que le pays ne manque ni de compétences ni de femmes et d’hommes de valeur. «Haïti regorge d’éminentes personnalités qui ne se réclament d’aucune chapelle, d’aucun clan, d’aucune orthodoxie de circonstance», souligne-t-elle, tout en reconnaissant qu’aucune neutralité absolue n’existe. Mais, insiste-t-elle, certaines voix transcendent les intérêts étroits et portent encore une vision fondée sur l’attachement désintéressé à la patrie.

Assumant pleinement la portée politique et symbolique de sa démarche, elle cite nommément plusieurs personnalités issues des mondes intellectuel, religieux, culturel, économique et social, parmi lesquelles Arnold Antonin, Evelyne Moïse, Samuel Pierre, Paul Latortue, Mgr Gabriel Julmiste, Mgr Leroy Mesidor, Carole Bérotte, Jean-Marie Caidor, Eddy Étienne, Rudy Edme, Maxime Charles, Kesner Pharel, Patrick Pierre-Louis, Yannick Lahens, Guy Étienne, Joël Pressoir et Laënnec Hurbon. Une liste qu’elle précise non exhaustive, appelant d’autres citoyens conscients du péril national à élargir ce cercle et à multiplier les interpellations.

Mais l’appel se veut clair : il ne s’agit ni de créer une énième structure politique vouée à l’échec, ni de produire un document de plus destiné à rejoindre «l’archive des bonnes intentions mal appréciées». Edmonde Supplice Beauzile appelle plutôt à un rassemblement de responsabilité, capable d’aider les acteurs politiques, sociaux et économiques, souvent prisonniers d’une quête immédiate de pouvoir, à regarder enfin le malade en face.

Son diagnostic est sans concession: Haïti ne souffre pas d’un manque d’analyses, mais d’un refus collectif d’assumer les traitements nécessaires. Elle plaide pour l’émergence de voix capables d’imposer le temps du sursaut, le temps du renoncement aux intérêts particuliers et surtout le temps du courage civique. Un avertissement sévère accompagne cet appel: l’histoire, prévient-elle, ne pardonne pas aux élites qui observent l’effondrement de leur pays en spectatrices lucides mais immobiles.

Dans une métaphore lourde de sens, Edmonde Supplice Beauzile exhorte chacun à accepter, ne serait-ce qu’un instant, de s’effacer au profit du bien commun. Lorsque la maison brûle, le patriotisme commande que l’on abandonne les querelles de pièces pour sauver l’édifice tout entier, conclut-elle, donnant à son message la tonalité d’un ultime appel à la responsabilité collective.

Jean Mapou/ Le Relief

Haïti : la démocratie confisquée

Ing. Mathias Pierre
Ancien candidat à la présidentielle

Le chaos haïtien n’est plus seulement une crise conjoncturelle ; il est devenu un système. Un système où la volonté populaire a été progressivement écartée au profit d’arrangements entre élites politiques, économiques et sociales. Là où devraient se tenir des élections libres et honnêtes, se tiennent désormais des réunions feutrées dans des chambres d’hôtel, transformées en antichambres du pouvoir.

Depuis 2021, le pays vit au rythme des « transitions ». Cinq années d’un provisoire sans fin, où chaque accord présenté comme salvateur accouche d’une nouvelle impasse. Les institutions s’effritent, la confiance publique s’éteint, et la violence s’installe comme mode ordinaire de gouvernement. Pendant ce temps, ceux qui prétendent parler au nom de la nation négocient sa direction sans jamais lui demander son avis.

Cette confiscation de la souveraineté populaire est au cœur du drame haïtien. Aucune société ne peut se reconstruire lorsque le citoyen est réduit au rôle de spectateur. Aucune stabilité n’est possible lorsque le pouvoir naît de compromis opaques plutôt que des urnes. En remplaçant l’élection par la cooptation, on a remplacé la légitimité par la convenance.

La question n’est donc pas seulement sécuritaire ou humanitaire ; elle est fondamentalement politique. Qui a le droit de choisir les dirigeants d’Haïti ? Un cercle restreint réuni à huis clos, ou un peuple majeur, héritier d’une histoire de liberté ? Tant que cette interrogation ne sera pas tranchée en faveur du suffrage universel, chaque transition ne sera qu’un détour de plus vers le même abîme.

Cinq ans déjà. Et demain ? Combien de temps encore le pays acceptera-t-il que son destin se décide sans lui ? Haïti ne manque ni de ressources humaines ni de courage collectif. Ce qui lui manque, c’est le retour à une règle simple : le pouvoir doit procéder du peuple et n’appartenir qu’à lui.

Refuser cette évidence, c’est prolonger indéfiniment la nuit haïtienne.
L’accepter, c’est ouvrir enfin la voie à une véritable renaissance.

Haïti : le gouvernement lie la reconquête sécuritaire à la relance du processus électoral

0

Le gouvernement haïtien a réaffirmé, mardi 3 février 2026, sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à organiser des élections, lors de la 35e édition des Mardis de la Nation, tenue à la Primature.

Intervenant au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, a assuré que la sécurité publique reste une priorité stratégique absolue. Il a rappelé l’existence d’une offensive « structurée, durable et irréversible » contre l’insécurité et mis en avant le cadre de coopération stratégique signé fin juillet 2025 entre le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et le PNUD, destiné à renforcer les capacités souveraines de l’État.

Ce cadre s’articule autour de cinq axes, dont le pilotage stratégique de la sécurité, le renforcement du cadre juridique, l’appui à la décision gouvernementale, la résilience des communautés et la lutte contre la criminalité transnationale. L’objectif affiché est la reconquête progressive du territoire, notamment dans l’Ouest, l’Artibonite et le Centre, les zones les plus touchées par les violences de gangs.

Mario Andrésol est également revenu sur l’opération visant à débloquer les routes nationales, suspendue dans un contexte de fortes tensions politiques. Il a expliqué que la décision avait été assumée, mais que des rumeurs de coup d’État avaient conduit le directeur général de la Police à interrompre les opérations pour sécuriser des points stratégiques, provoquant un arrêt d’une à deux semaines et un retard dans l’exécution du plan.

Sur le volet électoral, le ministre délégué chargé des questions électorales et constitutionnelles, Joseph André Gracien Jean, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner le processus. Il a mis en avant la modernisation du décret et du calendrier électoraux, ainsi que la signature d’un protocole d’accord entre le CEP et l’Institut national électoral du Mexique, axé sur le renforcement des capacités, la gestion du registre électoral et l’usage de la technologie.

Il a aussi rappelé le lancement d’un programme de renforcement des partis politiques, qui a déjà concerné 1 770 membres de 240 structures, et annoncé l’inscription prochaine des partis ainsi que la mise à jour du registre électoral. Côté finances, l’État a mobilisé 82,9 millions de dollars pour 2025, avec un solde disponible de 41,5 millions de dollars, géré par un comité associant le CEP, le ministère de la Planification et le PNUD.

À travers ces annonces, l’exécutif entend faire de la sécurité et des élections les deux piliers du retour à la stabilité institutionnelle et à la vie démocratique.

La rédaction