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Retour sur une journée d’impact : Quand la parole féminine redessine l’avenir au Cap-Haïtien

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La date du 8 mars 2026 restera gravée comme un moment de rupture et de prise de conscience au Cap-Haïtien. Sous le leadership d’Entr’Elles Haïti, le panel ‘Leadership, Autonomie et Protection’ a su captiver une assistance venue chercher des réponses aux défis systémiques que rencontrent les femmes haïtiennes. Ce n’était pas seulement une célébration de plus, mais un véritable carrefour d’idées où la rigueur intellectuelle a rencontré l’urgence sociale.

De la lutte contre le harcèlement à la gestion des budgets dans l’entrepreneuriat, chaque sujet a été décortiqué avec précision par le trio de panélistes composé de Tchessie Louis, Youbentha Preval et Kelindra Elusma. La dynamique des échanges a mis en lumière une vérité essentielle : la protection des droits des femmes est un investissement pour la nation entière.

Le succès de cette activité témoigne de la vitalité de la société civile du Nord et de l’importance croissante de donner aux femmes les outils nécessaires pour diriger, entreprendre et se protéger. Un événement qui fera date par la force de son message et la qualité de son organisation.

Roldie LAINE Responsable des Relations Publiques Entr’Elles Haïti (EEFH)

En prélude à la Journée internationale des droits des femmes, le FNE salue l’engagement déterminant de ses collaboratrices

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, le Fonds National de l’Éducation (FNE) a choisi de marquer ce moment de portée universelle par un geste de reconnaissance envers les femmes qui, par leur engagement quotidien, participent activement au bon fonctionnement et au rayonnement de l’institution.

Loin des hommages symboliques ou des gestes de circonstance, cette initiative met en lumière une réalité bien tangible : au FNE, les femmes ne sont pas de simples silhouettes dans le décor administratif. Elles ne constituent pas une présence décorative ; elles représentent une véritable force de travail, d’intelligence et d’engagement au service de l’éducation. Actrices à part entière de l’action publique, ces professionnelles engagées mettent leur compétence et leur constance au service de la mission éducative portée par l’institution.

À cette occasion, le Directeur général, M. Elysé COLAGENE, a tenu à saluer avec insistance la qualité du travail accompli par ces femmes au sein de l’organisme. Par cette marque d’attention, il a souhaité reconnaître publiquement l’apport réel et constant qu’elles fournissent dans la conduite des activités et dans la progression de la mission éducative poursuivie par le FNE. Derrière chaque dossier traité, chaque action menée, chaque projet accompagné, se trouve souvent l’implication discrète mais essentielle de professionnelles qui font du sens du devoir une véritable éthique de travail, a-t-il laissé entendre.

Dans le même esprit, le Directeur général a mis en relief leur sens élevé des responsabilités, leur professionnalisme ainsi que la rigueur avec laquelle elles assument leurs fonctions au quotidien. Selon lui, cette contribution ne se mesure pas uniquement à l’aune des tâches exécutées, mais également à travers l’esprit de dévouement et la conscience professionnelle qui accompagnent chacune de leurs actions.

Autant de qualités qui, dans le fonctionnement interne du FNE, constituent des piliers discrets mais essentiels à l’avancement des objectifs de l’institution en faveur de l’éducation en Haïti. Dans cette perspective, M. Colagène a rappelé que l’efficacité d’une structure publique repose souvent sur des engagements constants, parfois peu visibles, mais toujours déterminants.

À cet égard, la présence et l’implication des femmes au sein du FNE traduisent une dynamique de travail où compétence, discipline et sens du service public se conjuguent au quotidien pour faire progresser l’action éducative.

Ce moment de reconnaissance s’inscrit ainsi dans une volonté claire : rappeler que la contribution des femmes au développement des organisations publiques n’est ni accessoire ni marginale. Elle est structurelle. Elle est déterminante.

Parallèlement, les femmes concernées ont accueilli cette initiative avec une satisfaction empreinte de sobriété et de dignité. Non pas comme une tentative de leur attribuer une valeur qu’elles possèdent déjà, mais comme un signe que leur engagement, leur professionnalisme et la qualité de leur apport sont reconnus à leur juste mesure.

Car au-delà des discours et des symboles, ce geste vient surtout confirmer une évidence : au sein du FNE, les femmes ne sont pas seulement présentes — elles participent activement à la solidité, au dynamisme et à la projection d’une institution résolument tournée vers l’éducation et l’avenir d’Haïti.

En saluant leur engagement à la veille de cette journée internationale, le Fonds National de l’Éducation rappelle ainsi que la reconnaissance du mérite ne relève pas d’un simple rituel, mais d’un devoir envers celles et ceux qui, par leur travail quotidien, contribuent à faire progresser les institutions au service de la nation.

Me Magnekell REGULUS

En prélude à la Journée internationale des droits des femmes, le FNE salue l’engagement déterminant de ses collaboratrices

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, le Fonds National de l’Éducation (FNE) a choisi de marquer ce moment de portée universelle par un geste de reconnaissance envers les femmes qui, par leur engagement quotidien, participent activement au bon fonctionnement et au rayonnement de l’institution.

Loin des hommages symboliques ou des gestes de circonstance, cette initiative met en lumière une réalité bien tangible : au FNE, les femmes ne sont pas de simples silhouettes dans le décor administratif. Elles ne constituent pas une présence décorative ; elles représentent une véritable force de travail, d’intelligence et d’engagement au service de l’éducation. Actrices à part entière de l’action publique, ces professionnelles engagées mettent leur compétence et leur constance au service de la mission éducative portée par l’institution.

À cette occasion, le Directeur général, M. Elysé COLAGENE, a tenu à saluer avec insistance la qualité du travail accompli par ces femmes au sein de l’organisme. Par cette marque d’attention, il a souhaité reconnaître publiquement l’apport réel et constant qu’elles fournissent dans la conduite des activités et dans la progression de la mission éducative poursuivie par le FNE. Derrière chaque dossier traité, chaque action menée, chaque projet accompagné, se trouve souvent l’implication discrète mais essentielle de professionnelles qui font du sens du devoir une véritable éthique de travail, a-t-il laissé entendre.

Dans le même esprit, le Directeur général a mis en relief leur sens élevé des responsabilités, leur professionnalisme ainsi que la rigueur avec laquelle elles assument leurs fonctions au quotidien. Selon lui, cette contribution ne se mesure pas uniquement à l’aune des tâches exécutées, mais également à travers l’esprit de dévouement et la conscience professionnelle qui accompagnent chacune de leurs actions.

Autant de qualités qui, dans le fonctionnement interne du FNE, constituent des piliers discrets mais essentiels à l’avancement des objectifs de l’institution en faveur de l’éducation en Haïti. Dans cette perspective, M. Colagène a rappelé que l’efficacité d’une structure publique repose souvent sur des engagements constants, parfois peu visibles, mais toujours déterminants.

À cet égard, la présence et l’implication des femmes au sein du FNE traduisent une dynamique de travail où compétence, discipline et sens du service public se conjuguent au quotidien pour faire progresser l’action éducative.

Ce moment de reconnaissance s’inscrit ainsi dans une volonté claire : rappeler que la contribution des femmes au développement des organisations publiques n’est ni accessoire ni marginale. Elle est structurelle. Elle est déterminante.

Parallèlement, les femmes concernées ont accueilli cette initiative avec une satisfaction empreinte de sobriété et de dignité. Non pas comme une tentative de leur attribuer une valeur qu’elles possèdent déjà, mais comme un signe que leur engagement, leur professionnalisme et la qualité de leur apport sont reconnus à leur juste mesure.

Car au-delà des discours et des symboles, ce geste vient surtout confirmer une évidence : au sein du FNE, les femmes ne sont pas seulement présentes — elles participent activement à la solidité, au dynamisme et à la projection d’une institution résolument tournée vers l’éducation et l’avenir d’Haïti.

En saluant leur engagement à la veille de cette journée internationale, le Fonds National de l’Éducation rappelle ainsi que la reconnaissance du mérite ne relève pas d’un simple rituel, mais d’un devoir envers celles et ceux qui, par leur travail quotidien, contribuent à faire progresser les institutions au service de la nation.

Me Magnekell REGULUS

En prélude à la Journée internationale des droits des femmes, le FNE salue l’engagement déterminant de ses collaboratrices

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, le Fonds National de l’Éducation (FNE) a choisi de marquer ce moment de portée universelle par un geste de reconnaissance envers les femmes qui, par leur engagement quotidien, participent activement au bon fonctionnement et au rayonnement de l’institution.

Loin des hommages symboliques ou des gestes de circonstance, cette initiative met en lumière une réalité bien tangible : au FNE, les femmes ne sont pas de simples silhouettes dans le décor administratif. Elles ne constituent pas une présence décorative ; elles représentent une véritable force de travail, d’intelligence et d’engagement au service de l’éducation. Actrices à part entière de l’action publique, ces professionnelles engagées mettent leur compétence et leur constance au service de la mission éducative portée par l’institution.

À cette occasion, le Directeur général, M. Elysé COLAGENE, a tenu à saluer avec insistance la qualité du travail accompli par ces femmes au sein de l’organisme. Par cette marque d’attention, il a souhaité reconnaître publiquement l’apport réel et constant qu’elles fournissent dans la conduite des activités et dans la progression de la mission éducative poursuivie par le FNE. Derrière chaque dossier traité, chaque action menée, chaque projet accompagné, se trouve souvent l’implication discrète mais essentielle de professionnelles qui font du sens du devoir une véritable éthique de travail, a-t-il laissé entendre.

Dans le même esprit, le Directeur général a mis en relief leur sens élevé des responsabilités, leur professionnalisme ainsi que la rigueur avec laquelle elles assument leurs fonctions au quotidien. Selon lui, cette contribution ne se mesure pas uniquement à l’aune des tâches exécutées, mais également à travers l’esprit de dévouement et la conscience professionnelle qui accompagnent chacune de leurs actions.

Autant de qualités qui, dans le fonctionnement interne du FNE, constituent des piliers discrets mais essentiels à l’avancement des objectifs de l’institution en faveur de l’éducation en Haïti. Dans cette perspective, M. Colagène a rappelé que l’efficacité d’une structure publique repose souvent sur des engagements constants, parfois peu visibles, mais toujours déterminants.

À cet égard, la présence et l’implication des femmes au sein du FNE traduisent une dynamique de travail où compétence, discipline et sens du service public se conjuguent au quotidien pour faire progresser l’action éducative.

Ce moment de reconnaissance s’inscrit ainsi dans une volonté claire : rappeler que la contribution des femmes au développement des organisations publiques n’est ni accessoire ni marginale. Elle est structurelle. Elle est déterminante.

Parallèlement, les femmes concernées ont accueilli cette initiative avec une satisfaction empreinte de sobriété et de dignité. Non pas comme une tentative de leur attribuer une valeur qu’elles possèdent déjà, mais comme un signe que leur engagement, leur professionnalisme et la qualité de leur apport sont reconnus à leur juste mesure.

Car au-delà des discours et des symboles, ce geste vient surtout confirmer une évidence : au sein du FNE, les femmes ne sont pas seulement présentes — elles participent activement à la solidité, au dynamisme et à la projection d’une institution résolument tournée vers l’éducation et l’avenir d’Haïti.

En saluant leur engagement à la veille de cette journée internationale, le Fonds National de l’Éducation rappelle ainsi que la reconnaissance du mérite ne relève pas d’un simple rituel, mais d’un devoir envers celles et ceux qui, par leur travail quotidien, contribuent à faire progresser les institutions au service de la nation.

Me Magnekell REGULUS

Feu vert pour la réhabilitation de la route Rita-Clercine, un axe stratégique pour la circulation

Par Jean Wesley Pierre

Ce lundi 9 mars 2026, le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC) et le Conseil municipal de Tabarre ont officialisé leur partenariat. L’objet de cet accord : la réhabilitation du tronçon routier reliant Carrefour Rita à Carrefour Clercine (BIM). Une bouffée d’oxygène pour les milliers d’usagers qui empruntent quotidiennement cet axe névralgique de la commune.

L’ambiance était solennelle ce lundi matin dans la salle de conférence du ministère. Autour de la table, l’ingénieur Joseph Almathe Pierre Louis, ministre des Travaux publics, transports et communications, et Arsonval Alexandre, membre du conseil municipal de Tabarre, ont apposé leur signature au bas d’un protocole d’accord qui, espèrent-ils, marquera la fin du calvaire des usagers de la route dans le bas de la commune.

Sous les yeux des techniciens et de quelques journalistes, le ministre des Travaux publics a détaillé les contours de cette entente. Selon ses déclarations, le financement des travaux sera assuré par le conseil municipal de Tabarre, tandis que le ministère mettra à disposition l’expertise technique, l’équipement lourd et le personnel nécessaires à la bonne marche du chantier. Une prise en charge qui vise à garantir à la fois la célérité et la qualité des interventions.

« Les travaux devront commencer lundi », a annoncé M. Arsonval Alexandre, fixant un calendrier clair et immédiat. Toutefois, aucune annonce concernant le budget n’a été faite. Dès la semaine prochaine, les engins devraient donc investir le tronçon pour entamer les premières opérations de reprofilage et de drainage.

Un axe économique sous haute tension

Situé entre Carrefour Rita et Carrefour Clercine, le tronçon concerné, à proximité de la base de l’unité de la Police nationale d’Haïti (BIM), est bien plus qu’une simple voie de passage. Il constitue un maillon essentiel entre plusieurs sections communales de Tabarre et le reste de l’agglomération métropolitaine. Chaque jour, des véhicules de transport en commun, des camions de marchandises et des milliers de particuliers s’y engouffrent, subissant nids-de-poule et embouteillages chroniques.

La dégradation avancée de cette chaussée était devenue un frein à l’activité économique locale et une source d’insécurité routière. Pour les riverains et les commerçants, cette réhabilitation tant attendue est perçue comme un signal fort de la part des autorités.

Un test pour la collaboration État-Mairie!

Au-delà de l’aspect technique, ce protocole d’accord revêt une dimension politique et institutionnelle importante. Dans un contexte où la décentralisation et l’efficacité de l’action publique sont souvent remises en question, la signature de ce jour illustre une volonté de synergie entre le pouvoir central et les collectivités territoriales.

Le conseil municipal de Tabarre, par la voix de son représentant Arsonval Alexandre, voit dans cet appui du MTPTC une reconnaissance des besoins urgents de la commune.

Reste désormais à transformer l’essai. Si l’annonce est prometteuse, les usagers, eux, attendent de voir si le calendrier sera respecté et si la qualité des travaux résistera aux prochaines intempéries. La population de Tabarre, habituée aux promesses non tenues, observe avec un espoir prudent.

La balle est donc dans le camp des équipes techniques. Dès lundi prochain, le bruit des engins sur la route, près des locaux de l’unité policière BIM, sera le premier indicateur de la concrétisation de cet accord. Pour la mobilité dans la zone, c’est l’occasion d’un tournant décisif.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Processus électoral en Haïti : La machine du CEP tourne en plein enlisement sécuritaire

Par Jean Wesley Pierre

Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé réunissait son gouvernement à la Villa d’Accueil ce samedi 7 mars 2026 pour « tracer la feuille de route » vers des élections crédibles, et que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) prolongeait jusqu’au 11 mars le recrutement des agents électoraux, une question existentielle traverse la classe politique : comment organiser un scrutin quand 60 % de l’électorat vit en zone de non-droit et que les partis ont perdu jusqu’à leur siège social ?

En apparence, tout fonctionne. D’un côté, la Primature publie un communiqué solennel où le Chef du gouvernement expose sa « vision stratégique » et fixe des « orientations précises » à ses ministres, notamment sur « la préparation des élections, conformément au cadre légal et au Pacte national ». De l’autre, le CEP annonce une prolongation technique du recrutement des Agents du registre électoral et se félicite qu’une « cinquantaine » de partis aient déjà entamé leur inscription.

Mais derrière cette façade de normalité administrative, l’analyse des déclarations du secrétaire général de parti FUSION des Sociaux-Démocrates Haïtiens et ancien locataire du ( MTPTC ) Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications, Mr Rosemond Pradel, révèle un effondrement systémique que les communiqués officiels semblent soigneusement éviter.

L’axiome sécuritaire : la variable que les calendriers ignorent

Le communiqué de la Primature énumère trois priorités nationales :

« le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, le redressement économique et social du pays et l’organisation d’élections libres ».

La formulation suggère une simultanéité, voire une synergie, entre ces objectifs.

Pourtant, l’analyse du terrain impose un ordre séquentiel rigoureux que le discours politique refuse d’assumer. Mr Rosemond Pradel est catégorique :

« L’environnement actuel, du point de vue sécuritaire, ne nous permet pas d’organiser des élections. » Il ne s’agit pas d’un simple constat d’insécurité, mais d’une équation géographique implacable. « Les départements du Centre, de l’Artibonite et de l’Ouest… représentent à eux seuls 60 % de l’électorat haïtien. »

Le raisonnement est imparable : ou bien le CEP organise des élections excluant de facto 60 % des électeurs, ce qui viderait le scrutin de toute légitimité démocratique. Ou bien il attend que ces zones soient sécurisées, ce qui, selon le secrétaire général du parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens, repousse l’échéance bien au-delà de 2026.

« Nous sommes à neuf mois de la fin de l’année 2026 et les forces de suppression des gangs annoncées par les autorités ne sont toujours pas en place. »

Le Premier ministre parle de « redéfinition des cadres normatifs de la sécurité ». Mais entre la norme et sa matérialisation sur le terrain, les gangs continuent d’administrer leurs territoires.

L’inscription des partis : le rituel procédural ?

Le ( CEP ) Conseil Électoral Provisoire insiste dans sa communication :

« Depuis le début du processus d’inscription, des partis politiques, groupements et regroupements politiques se succèdent dans les locaux du CEP ».

L’institution électorale construit ainsi le récit d’un processus dynamique et participatif.

Mr Pradel expose un dilemme que les chiffres bruts du CEP ne capturent pas.

« On peut s’inscrire, mais sans forcément participer aux élections sous le nom de ce parti politique ; on peut participer aux élections sous la bannière d’une plateforme politique. »

Cette précision est cruciale. Elle indique que l’inscription en cours pourrait n’être qu’une formalité sans lien avec une réelle intention de participer au scrutin. Plus grave, elle révèle une stratégie d’évitement : les partis gardent leurs options ouvertes tout en maintenant une distance critique.

« Je ne vois pas pourquoi un parti politique qui a l’habitude de participer aux élections depuis déjà plus d’une décennie… devrait refaire la démarche, puisque son dossier est déjà entre les mains du CEP, » ajoute-t-il, soulignant ce qu’il perçoit comme une absurdité administrative. La décision de finalement s’inscrire, annoncée à contrecœur, relève moins d’une adhésion au processus que d’une prudence tactique : « comme c’est le souhait du CEP que tous les partis politiques viennent s’inscrire, dans ce cas nous allons nous inscrire. »

L’effondrement logistique : la variable muette des communiqués

Ni le communiqué de la Primature ni celui du CEP n’évoquent la situation matérielle des partis politiques. Pourtant, l’analyse des déclarations du secrétaire général du parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens met en lumière un désastre infrastructurel silencieux.

« Le local que nous avions a été pris par la population, qui en a fait un camp de réfugiés, » révèle-t-il.

Ce témoignage, au-delà de son aspect anecdotique, décrit une réalité systémique. Les partis politiques, acteurs centraux de tout processus électoral, sont physiquement amputés de leurs moyens d’action.

La conséquence logique est implacable : « Même si nous voulions organiser des élections aujourd’hui, tous les partis devraient déplacer leur siège social vers un département plus ou moins calme. » souligne Mr Rosemond Pradel.

Cette transplantation forcée implique des coûts que les formations politiques, dans le contexte économique actuel, ne peuvent supporter.

Aucun calendrier électoral, aussi précis soit-il, ne peut résoudre cette équation. Le CEP agit « comme si les élections allaient réellement avoir lieu » , mais cette fiction administrative se heurte à l’absence des infrastructures les plus élémentaires.

La réforme technique comme seule issue : l’argumentaire du désespoir

L’élément le plus frappant de l’analyse politique réside peut-être dans la proposition du secrétaire général. Plutôt que de simplement rejeter le processus, il formule une critique constructive en pointant les failles structurelles du système électoral haïtien.

« Depuis 1986, nous organisons des élections en Haïti, et presque toutes ont toujours été contestées, » rappelle-t-il.

Le diagnostic est précis : le support papier, avec ses bulletins et ses procès-verbaux, crée structurellement les conditions de la fraude.

« Lorsqu’on retire les bulletins de l’urne pour les compter, il y a toujours une possibilité de fraude, car les chiffres ne correspondent pas. » poursuit Rosemond Pradel.

En dernier lieu l’ancien locataire du MTPTC, Rosemond Pradel affirme clairement que :

« C’est une opportunité pour que le CEP lance la modernisation de l’organisation électorale. »

La suggestion d’un passage au vote électronique ou biométrique, qui éliminerait les « centres de tabulation » devenus, par un jeu de mot révélateur, des « centres de tribulations ».

Cette proposition technique cache une analyse politique profonde : la crise actuelle, si elle rend les élections impossibles dans leur format traditionnel, pourrait paradoxalement ouvrir une fenêtre d’opportunité pour une refondation du système. Mais cela suppose que le CEP et le gouvernement reconnaissent que la simple activation des procédures héritées du passé ne suffira pas.

Le syndrome du calendrier flottant

Le CEP parle de cycle électoral, rappelant dans ses documents que « certaines activités de la période post-électorale peuvent se poursuivre au démarrage du prochain cycle électoral ».

Cette vision continue du temps électoral, techniquement juste, devient problématique quand elle sert à masquer l’absence de conditions de base.

La Primature évoque une « gouvernance responsable » et des « actions humanitaires en faveur des Personnes Déplacées Internes ». Mais ces personnes déplacées sont parfois installées dans les locaux mêmes des partis politiques, transformant les infrastructures électorales en camps de réfugiés.

Entre la machine administrative qui tourne à vide et la réalité d’un effondrement sécuritaire et logistique, le fossé se creuse chaque jour. Et pendant ce temps, les trois départements qui concentrent 60 % de l’électorat, comme le rappel Rosemond Pradel, restent silencieusement exclus d’un processus qui, sur le papier, prétend les inclure.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Josué Sénat, une occasion que le gouvernement Fils-Aimé ne devait pas manquer

Par: Jean Junior Joseph
Inspiré d’une publication de PAPPOST

PORT-AU-PRINCE.— La proposition de l’ASE de confier le ministère du Tourisme à Josué Sénat intervient à un moment charnière pour le pays. À l’heure où la transition se structure autour du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le choix des profils appelés à diriger les ministères devrait dépasser la simple répartition de portefeuilles, et, engager une vision de l’État, un pari sur l’avenir.

À 32 ans, Josué Sénat représente une génération souvent évoquée dans les discours politiques, mais encore trop rarement investie d’un véritable pouvoir décisionnel. Politologue de formation, ancien vice-président du Parlement Jeunesse d’Haïti, ancien membre de cabinet d’un ancien Secrétaire d’Etat à la Communication, il n’est pas issu des cercles traditionnels de manœuvres partisanes. Son parcours traduit davantage une logique de préparation que d’improvisation.

Titulaire d’une maîtrise en science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Sénat s’est formé aux enjeux institutionnels et aux mécanismes de gouvernance publique. Cette base académique, combinée à une expérience au sein des instances de représentation de la jeunesse, lui confère une compréhension fine des attentes d’une population majoritairement jeune. Il ne parle pas de renouvellement par posture. Il en maîtrise les ressorts structurels.

Le tourisme en Haïti, un secteur stratégique en quête de cohérence

Le tourisme haïtien ne peut plus se limiter à des annonces sporadiques ou à des initiatives isolées. Il exige une stratégie intégrée: formation professionnelle adaptée, accompagnement à l’entrepreneuriat local, structuration des chaînes de valeur, intégration du numérique et valorisation du patrimoine culturel.

Dans un pays confronté à une crise multidimensionnelle, le tourisme peut devenir un levier de relance économique et d’inclusion sociale. Il est l’un des rares secteurs capables de générer rapidement des emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes. Encore faut-il une coordination entre attractivité internationale et mobilisation des talents nationaux.

Le profil de Sénat semble correspondre à cette exigence. Jeune, mais doté d’une formation rigoureuse. Technique, sans être déconnecté des réalités sociales. Sans passif politique controversé, ce qui, dans le contexte actuel, constitue en soi un atout.

Un signal politique fort

Nommer Josué Sénat au ministère du Tourisme aurait constitué plus qu’un choix administratif. Ce serait un message clair envoyé à une génération souvent marginalisée dans les processus décisionnels: la compétence et l’innovation priment sur la gérontocratie, la préparation sur le clientélisme.

Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé avait l’opportunité d’incarner un renouvellement sans rupture brutale, une modernisation sans improvisation. Dans un climat marqué par la défiance envers les institutions, investir un jeune cadre formé et structuré aurait renforcé l’idée que l’État peut encore se réinventer.

Au-delà de la personne, c’est la logique de gouvernance qui est en jeu. Faire confiance à Josué Sénat reviendrait à miser sur une génération prête à assumer des responsabilités stratégiques, à articuler vision publique et efficacité opérationnelle.

Dans cette perspective, sa nomination ne serait pas un pari risqué, mais une occasion cohérente. Une occasion que le gouvernement Fils-Aimé ne devait pas manquer. Retenez bien son nom, la jeunesse l’aura vu à l’œuvre. Ton pays pays t’attends encore Joe…

Jean Junior Joseph

Après deux ans de mutisme, Laurent Lamothe appelle à un sursaut national

L’essentiel de l’interview

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Après pratiquement deux années de relative discrétion médiatique, l’ancien Premier ministre haïtien Laurent Lamothe est revenu sur le devant de la scène publique lors d’une interview accordée au podcast «Pièce de Résistance». Dans cet entretien, l’ex-chef du gouvernement a livré une analyse sévère de la crise multidimensionnelle qui frappe Haïti et esquissé sa vision pour sortir le pays de l’impasse.

Dès le début de l’entretien, Laurent Lamothe décrit la situation actuelle comme une crise profonde mêlant insécurité généralisée, paralysie politique et effondrement institutionnel. Selon lui, l’État haïtien a progressivement perdu le contrôle de plusieurs zones du territoire au profit de groupes armés, ce qui fragilise davantage les institutions et entrave le fonctionnement normal du pays.

L’ancien Premier ministre estime que la priorité absolue doit être le rétablissement de la sécurité, condition indispensable au retour de la stabilité politique et économique.

L’impact de l’assassinat de Jovenel Moïse

Interrogé sur les événements ayant accentué l’instabilité du pays, Lamothe évoque l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021. Il considère cet événement comme un tournant majeur qui a aggravé la crise institutionnelle et plongé Haïti dans une période d’incertitude politique prolongée.

Selon lui, il demeure essentiel que toute la lumière soit faite sur ce crime, notamment pour identifier les commanditaires et restaurer la confiance dans le système judiciaire.

Un regard critique sur la classe politique

Au cours de l’entretien, l’ancien chef du gouvernement n’a pas ménagé la classe politique haïtienne. Il reproche à certains acteurs de privilégier les luttes de pouvoir et les rivalités partisanes au détriment de solutions concrètes pour la population.

Pour Lamothe, le pays souffre d’un déficit de leadership et de vision stratégique, ce qui empêche l’élaboration d’un projet national capable de mobiliser les différentes forces du pays.

Une vision pour la reconstruction

L’ancien Premier ministre a également exposé les axes qu’il juge essentiels pour sortir Haïti de la crise.

Parmi ses priorités figurent:
le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire;
la relance de l’économie et l’attraction d’investissements;
la modernisation de l’administration publique;
et le renforcement de la coopération internationale, tout en privilégiant des solutions portées par les Haïtiens eux-mêmes.

L’expérience gouvernementale en toile de fond

Au fil de l’échange, Laurent Lamothe est également revenu sur son passage à la tête du gouvernement entre 2012 et 2014. Il a défendu l’idée qu’en période de crise, les dirigeants doivent faire preuve de célérité d’action, de vision économique et de capacité à rassembler, notamment en impliquant la diaspora et les partenaires internationaux.

Par cette prise de parole, l’ancien Premier ministre tente ainsi de relancer le débat sur l’avenir d’Haïti et sur la nécessité, selon lui, d’un leadership capable de reconstruire l’État et de redonner espoir à la population.

Jean Mapou/ Le Relief

150 millions de gourdes pour l’Université Quisqueya de l’État haïtien : des éclaircissements apportés

L’Université Quisqueya (UniQ) a tenu à clarifier les circonstances entourant un financement de 150 millions de gourdes en 3 temps accordé par l’État haïtien. L’établissement affirme dans une note publique publiée le 8 mars 2026, que cet appui s’inscrit dans un cadre légal prévu pour soutenir l’enseignement supérieur privé et la recherche en Haïti. Bienque d’autres universités dans le pays n’ont rien reçu.

Face aux interrogations suscitées par certaines publications récentes, l’Université Quisqueya a jugé nécessaire d’apporter des précisions sur le financement reçu de l’État haïtien. Dans une note rendue publique le 8 mars 2026, l’institution explique que cet appui institutionnel résulte d’une démarche initiée depuis décembre 2022 dans un contexte de crise économique et sécuritaire affectant ses activités.

Selon l’université, le financement a été accordé dans le cadre d’un protocole d’accord signé le 20 mai 2025 avec le ministère de l’Économie et des Finances. L’établissement affirme que les fonds ont été sollicités pour soutenir la continuité de ses activités académiques, alors que ses ressources ont été fortement affectées par la crise nationale.

L’Université Quisqueya souligne que cet appui financier ne constitue ni un financement opaque ni un avantage personnel pour ses dirigeants. L’institution rappelle que ce type de soutien est prévu par le décret du 11 mars 2020 portant sur le fonctionnement et la modernisation de l’enseignement supérieur en Haïti.

Selon l’article 195 de ce décret, publié dans le Journal officiel Le Moniteur le 30 juin 2020 :
« Les institutions privées d’enseignement supérieur et les centres de recherche à but non lucratif légalement constitués ou les fondations de recherche sont habilités à recevoir de manière équitable une aide financière de l’État en fonction de leurs besoins et de leur niveau d’excellence académique sur les recommandations de l’organisme de régulation. »

L’université indique que son financement s’inscrit dans ce dispositif visant à soutenir les institutions académiques contribuant à la formation et à la recherche.

Dans sa note, l’Université Quisqueya rappelle qu’elle est une institution à but non lucratif reconnue d’utilité publique, qui célèbre cette année 35 ans d’existence. Bien qu’elle fonctionne sous gestion privée, elle précise qu’elle n’appartient ni à ses fondateurs, ni à ses administrateurs, ni à son recteur.

L’établissement souligne également l’impact majeur de la crise sur ses finances. Le nombre d’étudiants est passé de plus de 3 500 inscrits durant l’année académique 2018-2019 à un peu plus de 850 l’an dernier.

Parallèlement, les revenus provenant des frais de scolarité ont chuté de 4,3 millions de dollars américains à moins de 500 000 dollars, en raison notamment de la dépréciation de la gourde, de la baisse des inscriptions et de l’insécurité dans les quartiers de Turgeau et Pacot, où se trouve l’établissement.

L’université précise que, conformément aux termes de l’accord conclu avec l’État, elle a transmis plusieurs rapports détaillant l’utilisation des fonds. Des rapports narratifs et financiers ont été envoyés au ministère de l’Économie et des Finances les 24 juillet et 31 octobre 2025, suivis d’un rapport final le 15 décembre 2025.

Dans sa note, l’Université Quisqueya souligne que le soutien financier de l’État aux universités privées constitue une pratique courante dans plusieurs pays, particulièrement lorsque ces institutions jouent un rôle clé dans la formation des cadres et le développement national.

Si l’Université Quisqueya bénéficie de ce financement, une situation préoccupante se dessine toutefois pour d’autres universités qui font face à d’importantes difficultés, toujours liées au même contexte d’insécurité. À l’instar de l’Université GOC, vieille de près de 50 ans, qui a perdu son campus de Titanyen avec l’installation de gangs dans la zone, réduisant son effectif de plus de 70 %, mais qui continue malgré tout à fonctionner à Port-au-Prince.

La rédaction

Haïti-Culture: Le vodou est sur le point de choisir un nouveau Ati national

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Le secteur vodou haïtien s’apprête à franchir une étape importante dans son organisation institutionnelle. La Konfederasyon Nasyonal Vodou Ayisyen (KNVA) lance ce 7 mars 2026 des élections visant à désigner un nouvel Ati national, la plus haute autorité spirituelle et représentative du vodou en Haïti.

Ce processus électoral interne vise à renouveler le leadership de cette structure qui se donne pour mission de représenter, structurer et défendre les intérêts des prêtres et prêtresses vodou, les oungan et manbo, à travers le pays.

Selon le bulletin électoral publié par le KNVA, quatre personnalités issues du milieu vodou sont en compétition pour accéder à la fonction d’Ati national:
Carol De Lynch
Florence Deltor Jean Joseph
Leonel Mompoint Mondestin
Garnier Séjour

Dans la tradition vodou, le titre d’Ati national renvoie à une figure de référence chargée d’incarner l’autorité morale, culturelle et organisationnelle du secteur. Au-delà de son rôle spirituel, l’Ati national agit également comme porte-parole du vodou dans les débats publics et dans les relations avec les autorités étatiques.

Cette élection intervient dans un contexte où plusieurs acteurs du secteur souhaitent renforcer la reconnaissance institutionnelle du vodou, religion officiellement reconnue en Haïti depuis 2003.

Plusieurs observateurs estiment que le futur Ati national devra travailler à renforcer la crédibilité du secteur et à promouvoir une meilleure représentation des communautés vodou à l’échelle nationale et internationale.

Jean Mapou / Le Relief