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Magalie Habitant : Le lien entre les gangs et le monde des affaires illicites

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Par Killy Johao

Ces dernières années, Magalie Habitant a été au cœur de multiples affaires troublantes. Elle entretient des relations étroites avec des chefs de gangs et possède des connexions avec des figures du pouvoir politique, évoluant principalement dans les quartiers populaires où elle orchestre d’importantes opérations d’assainissement.

En effet, Magalie Habitant a facilement accès aux territoires des gangs. Avec son solide carnet d’adresses, elle joue un rôle clé dans les transactions au profit des grands criminels : vente de véhicules et de marchandises volées, transfert d’argent grâce à son chauffeur, Lenès Jean Philippe, et négociations pour la libération d’otages.

*Magalie et les transactions douteuses*

Parmi les opérations menées par Mme Habitant pour ses associés criminels figure également l’achat de munitions et d’armes. Pour cela, elle contact une figure du milieu, Victor Profane, un homme d’affaires et ancien député de Petite Rivière de l’Artibonite, actuellement sous sanctions des Nations Unies pour ses activités criminelles dans le pays.

Elle se positionne comme intermédiaire entre certains entrepreneurs et les gangs pour la récupération de camions détournés. Notamment, l’un d’eux a offert un véhicule blindé de niveau 6, à un Land Cruiser d’une valeur supérieure à 150 000 dollars, au chef de gang de Canaan, Jeff Gwo Lwa. Cependant, la DCPJ s’abstient de dévoiler le nom de la personne impliquée dans son rapport.

Considérée comme une clé de l’insécurité, Magalie Habitant agit également en tant qu’intercesseuse auprès des hautes autorités pour le financement des chefs de gangs. Sous l’administration de Gary Conille, elle aurait dû être reconduite à son poste au sein du SNGRS, si ce n’était pour la révocation soudaine de l’ancien Premier ministre.

À la suite d’instructions d’une « instance concernée », le directeur général de la CAS, Elionor Devallon, a débloqué des fonds pour Barbecue, président de la coalition criminelle, après l’intervention de Magalie.

*Un lien essentiel entre les gangs et les autres sphères ?*

Les manœuvres clandestines semblent toujours passer par elle. Lorsque son pouvoir politique est menacé, Magalie se mobilise. À la demande de l’ancien président Jovenel Moïse, elle a négocié la libération de Dominicains enlevés à Port-au-Prince en 2021, puis détenus à Grand Ravine, pour la somme d’un million de gourdes. Une fois les otages libérés, elle a été chargée de les remettre à la CNDDR.

Le 18 novembre de l’année dernière, suite à l’enlèvement et à l’assassinat du militant politique Dickson Oreste, elle a diffusé une conversation audio dans laquelle elle s’interroge sur l’implication de ce dernier dans les négociations entre le pouvoir et les chefs de gangs, visant à instaurer la paix.

Doutant de la sincérité de Magalie, certains militants l’ont accusée d’avoir un lien avec cet assassinat en raison de sa recherche de pouvoir. La famille Oreste a même déposé une plainte auprès de la DCPJ.

Des militaires tués et d’autres blessés à Kenscoff

Au moins trois militaires haïtiens ont été tués et six autres grièvement blessés ce dimanche 20 avril à Kenscoff, selon une confirmation du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH).

L’attaque s’est produite à la suite d’une embuscade tendue par des individus lourdement armés. D’après Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, un véhicule militaire transportant neuf soldats a été pris pour cible alors qu’il circulait dans les hauteurs de Kenscoff. Les assaillants, embusqués dans un bâtiment en hauteur, ont ouvert le feu par surprise sur le pick-up militaire.

Cet incident survient au lendemain d’une vaste opération menée par les forces de l’ordre, qui aurait conduit à la mort d’environ quarante présumés bandits, toujours selon le RNDDH. Cette opération a été rendue possible grâce à l’usage de drones armés d’explosifs, déployés dans la zone.

Le gouvernement maintient ses actions au prêt des déplacés

Dans le souci de montrer sa solidarité, le FAES se veut proactif sur le terrain des engagements pris par le pouvoir, vis-à-vis de la population, surtout des plus vulnérables, dit-on.

En plein Vendredi Saint, ce 18 avril 2025, l’institution a déployé des équipes en vue d’intensifier ses efforts pour venir en aide aux déplacées, victimes des violences armées et de l’instabilité persistante.

C’est en sens qu’une distribution de kits sanitaires et de plus de 12,000 plats chauds (Riz collé et poissons frits), a été organisée sur les sites de Bourdon, École Nationale de la République d’Équateur, Bureau du Travail / MAST et MTPTC, notamment. Une initiative qui a permis de fournir une aide à bon nombre de familles.

Dans un communiqué, le gouvernement dit exprimer sa profonde gratitude à l’ensemble des partenaires, bénévoles et institutions qui, avec détermination et dévouement, unissent leurs forces pour faire face à cette situation d’urgence et redonner un souffle d’espoir aux plus démunis.

Haïti 2025 – Période pascale sous tension : les cerfs-volants se taisent, étouffés par les tirs incessants

Dans le ciel de certains quartiers de Port-au-Prince, un silence étrange a remplacé le bourdonnement joyeux des cerfs-volants. Autrefois, pendant la Semaine sainte, les hauteurs de la capitale vibraient au rythme des joutes aériennes. Les enfants, armés de ficelle, de papier et de patience, montaient sur les toits pour faire danser leurs cerfs-volants colorés dans les vents de Pâques. C’était un rituel, une tradition bien ancrée. Aujourd’hui, ce plaisir s’efface, emporté par la peur et les rafales de balles.

La fête pascale, bien plus qu’un moment religieux, représentait pour les plus jeunes une échappée vers le ciel. Fabriquer un cerf-volant, choisir la belle queue, renforcer la croix centrale, puis défier les autres dans des batailles amicales – tout cela faisait partie du charme. Mais dans les zones marquées par l’insécurité, tout cela a disparu.

« Avant, on ne pouvait pas faire dix pas sans voir un cerf-volant dans les airs. Les enfants couraient partout avec leur bobine. Maintenant, on ne voit plus rien, sauf des drones ou des balles », raconte Jean-René, un habitant de Delmas 30. Il désigne du doigt son toit, jadis animé par les rires, aujourd’hui désert et silencieux.

Pour Ronald, marchand de cerfs-volants à Pétion-Ville, les ventes sont au plus bas. « Avant, j’en vendais trente à quarante par jour pendant la semaine sainte. Cette année, j’en ai à peine vendu cinq. Les parents ne veulent plus que leurs enfants montent sur les toits. Trop dangereux », lâche-t-il avec amertume.

Kervens, 10 ans, habite dans un quartier autrefois paisible, Christ-roi. Il serre contre lui un cerf-volant qu’il a fabriqué avec son grand frère. « Maman dit que je ne peux pas aller jouer avec. Il y a des tirs. Si je monte, on peut me prendre pour un guetteur. Je peux être tué », murmure-t-il, les yeux baissés sur l’objet, symbole d’un rêve inaccessible.

Autrefois, la période pascale marquait le moment où les enfants reprenaient possession du ciel. Aujourd’hui, ce même ciel leur est interdit. Les cerfs-volants ne s’élèvent plus. Ils restent pliés dans un coin, vestiges muets d’une enfance suspendue.

« Les toits sont devenus des postes de guet pour les gangs, ou des cibles lors d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre. Personne ne veut risquer la vie de son enfant pour quelques minutes de bonheur », soupire Mme Solène, grand-mère de six petits-enfants. « Quand j’étais petite, on se battait pour avoir le plus beau cerf-volant. Aujourd’hui, ils ne savent même plus comment en fabriquer un. »

Les combats de cerfs-volants ont laissé place aux affrontements armés. Le ciel, jadis terrain de jeux, est devenu zone de non-droit. Et avec chaque Pâques qui passe, c’est un peu de l’âme populaire haïtienne qui s’envole…

La Chine accélère ses dépenses publiques pour soutenir une économie sous tension

Le gouvernement chinois a significativement accru ses dépenses budgétaires au premier trimestre, marquant une accélération notable dans sa réponse aux défis économiques actuels. Selon les dernières données, les engagements financiers de l’État ont progressé de 5,6% sur un an, atteignant 1 300 milliards de dollars (1,3 billion), un rythme inédit depuis 2022.

Cette hausse reflète une stratégie proactive pour contrer plusieurs vents contraires : un marché immobilier toujours atone, des signes persistants de déflation, et une demande extérieure menacée par l’escalade des tensions commerciales avec les États-Unis. En injectant des fonds publics dans l’économie, Pékin tente à la fois de stimuler la demande intérieure et de sécuriser ses objectifs de croissance.

Cependant, cet effort budgétaire intervient dans un contexte de revenus gouvernementaux en recul : les recettes fiscales ont chuté de 2,6% au premier trimestre, à 950 milliards de dollars. Résultat, le déficit public s’est envolé à 315 milliards de dollars, en hausse de 41% par rapport à l’année précédente un déséquilibre qui pourrait alimenter les débats sur la soutenabilité financière à moyen terme.

Reste à voir si ces injections budgétaires suffiront à enrayer la défiance des ménages et des investisseurs, clé d’une reprise durable.

Bicentenaire de la dette de l’indépendance: France et Haïti, la vérité en face

Par Jean Mapou
_Comme annoncé, le président français Emmanuel Macron a fait une annonce officielle depuis le Palais de l’Élysée, pour marquer les deux cents ans de l’indemnisation versée par Haïti pour la reconnaissance de son indépendance. Contre toute attente, aucune initiative n’a été annoncée par Macron. Le discours du président, si émouvant qu’il soit, n’a exprimé aucune possibilité de réparer l’injustice faite aux Haïtiens. La France n’a jamais eu de remord face à cette impasse de son histoire commune avec Haïti. Cet article revient sur quelques passages de ce discours, tout en faisant un survol de l’histoire contemporaine._

PARIS.__ A l’occasion du bicentenaire de la dette de l’indépendance d’Haïti, ce 17 avril, le président français Emmanuel Macron a prononcé aussi historique qu’émouvant. Le chef de l’État français a reconnu l’injustice de histoire face à une nation qui a conquis sa liberté au prix du sang.

Depuis son palais à l‘Élysée, Macron est revenu sur ce passage des plus sombres de l’histoire commune des deux peuples. «En dépit de la conquête effective de sa liberté, dès 1804, par les armes et le sang, le dernier des Rois de France, en échange de la reconnaissance et de la fin des hostilités, soumettait le peuple d’Haïti à une très lourde indemnité financière, dont le paiement allait s’étaler sur des décennies», a-t-il déclaré, reconnaissant que l’imposition d’un prix sur la liberté d’un peuple est injustice qui ne peut pas s’oublier.

En ce sens, Macron met la France face à son histoire, affirmant qu’Haïti fut née d’une révolution fidèle aux idéaux de 1789, qui affirmaient les principes de liberté, égalité et la fraternité… «mais la monarchie française d’alors a décidé d’écrire l’histoire autrement», a-t-il dit.

*La France ne doit pas se perdre dans le déni de la vérité*

«Reconnaître la vérité de l’Histoire, c’est refuser l’oubli et l’effacement. C’est aussi, pour la France, assumer sa part de vérité dans la construction de la mémoire, douloureuse pour Haïti, qui s’est initiée en 1825», a prononcé le chef d’État français. Pour lui il faut regarder cette Histoire en face. Avec lucidité, courage et vérité.

En acceptant de rétablir la vérité, le président Macron propose de prendre les chemins du dialogue. Il soutient que dans cet esprit et dans ce but, qu’il faut désormais à la France d’ouvrir tous les espaces de dialogue et de compréhension mutuelle.

*Des perspectives d’un lendemain meilleur pour les deux nations*

Emmanuel Macron a annoncé la création d’une commission mixte franco-haïtienne, chargée d’étudier en profondeur deux siècles de relations entre les deux pays.

«En ce jour symbolique, j’entends qu’il soit institué une commission mixte franco-haïtienne chargée d’examiner notre passé commun et d’en éclairer toutes les dimensions. Une fois ce travail nécessaire et indispensable accompli, cette commission proposera aux deux gouvernements des recommandations afin d’en tirer les enseignements et construire un avenir plus apaisé», a déclaré Macron

Le Président a proposé que cette commission soit composée d’historiens, des deux États et coprésidée par Mme Gusti-Klara Gaillard Pourchet (Haïti) et M. Yves Saint-Geours (France). Elle analysera, par ailleurs, l’impact de l’indemnité de 1825 sur Haïti, et proposer des recommandations pour construire une relation nouvelle, fondée sur la vérité, le respect mutuel et la coopération.

*Une double dette mais pas un mot sur la restitution*

Après François Hollande, Macron est le deuxième président français à reconnaître officiellement la dette morale de la France envers Haïti. Dans un geste fort, il a insisté sur la nécessité de transmettre cette histoire, par le renforcement de la coopération éducative et culturelle.

«La France est aux côtés d’Haïti face aux multiples défis du temps présent. Elle continuera de l’être, en soutenant les initiatives en faveur de la sécurité – la priorité absolue à l’heure actuelle – du rétablissement de la justice et de la démocratie, de l’éducation et de la santé, mais aussi du patrimoine et de la culture», a-t-il souligné, condamnant toute tentative de déstabilisation des autorités de transition.

Rappelons qu’en 1825, sous la menace de la flotte française, Haïti accepta de verser 150 millions de francs-or aux anciens colons pour obtenir la reconnaissance officielle de son indépendance par le roi Charles X. Cette somme fut réduite à 90 millions en 1838, mais son poids sur le pays fut écrasant.

Pour s’acquitter de cette « double dette », Haïti a dû s’endetter à des taux d’intérêt exorbitants auprès de la Banque Nationale d’Haïti, une institution sous contrôle étranger, alors même que les cours du café, sa principale ressource, étaient en forte chute. Les paiements se poursuivirent jusqu’en 1952, date à laquelle les derniers intérêts furent remboursés.

Selon des estimations, le montant total versé par Haïti au fil des ans dépasserait les 560 millions de dollars. La Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) affirme même qu’« Haïti représente un cas extraordinaire où des anciens esclaves sont contraints à indemniser ceux qui étaient leurs maîtres après les avoir vaincus».

Par ailleurs, en 2002, l’ex Président Jean Bertrand Aristide avait initié une démarche auprès des français pour exiger la restitution de cette escroquerie évaluée au taux de l’époque à 21,7 milliards de dollars américains. Deux ans plus tard, en 2004, alors qu’il venait de célébrer le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, Aristide a été balayé du pouvoir par une rébellion¹q locaux supportée par la communauté internationale.

Le dossier de Magalie HABITANT vu par la FJKL

Selon la Fondation Je Klere (FJKL), plusieurs aspects du rapport de la DCPJ concernant l’enquête sur Magalie Habitant et ses associés présentent des faiblesses graves. Entre allégations sans preuve, tentatives de manipulation et incohérences, l’enquête semble avoir été mal menée, ce qui remet en question sa crédibilité.

La FJKL met en évidence plusieurs points de faiblesse qui nuisent à la crédibilité de l’enquête sur Magalie Habitant et d’autres personnalités politiques et policières. Ces failles mettent en lumière des pratiques qui soulèvent des inquiétudes quant à l’intégrité de l’investigation menée par la DCPJ.

L’une des critiques majeures de la FJKL porte sur l’utilisation d’allégations sans fondement tangible. Le rapport de la DCPJ mentionne des informations issues du Bureau de Renseignements Judiciaires (BRJ), mais ces éléments ne sont étayés par aucun indice matériel ou témoignage vérifiable. Des noms comme ceux de Magalie Habitant et Prophane Victor sont cités comme des commanditaires d’une coalition criminelle sans aucune preuve formelle pour corroborer ces accusations. La FJKL souligne que les notes du BRJ, qui font état de ces liens, ne peuvent pas être intégrées dans le dossier sans vérification, car elles ne reposent sur aucune base solide permettant de justifier leur inclusion.

De plus, la FJKL met en lumière une tentative apparente de manipulation de l’enquête. Lors du troisième interrogatoire de Magalie Habitant, une question sans rapport direct avec l’enquête a été soulevée, visant à lier la militante à une prétendue manœuvre pour propulser un directeur de la Police Nationale à la tête de l’institution. Cette manœuvre est vue par la FJKL comme une tentative d’affecter la réputation d’Alain Auguste, un haut fonctionnaire de la PNH, en le présentant comme un acteur clé du réseau criminel. L’absence de preuves pour étayer cette accusation et la disparition du nom d’Auguste de la conclusion de l’enquête soulèvent des questions sur l’objectivité des enquêteurs.

La FJKL note également une autre incohérence préoccupante : alors que des invitations ont été lancées à Alain Auguste pour expliquer ses liens présumés avec la coalition « Viv Ansanm », aucune action similaire n’a été entreprise à l’encontre d’un homme d’affaires impliqué dans un financement présumé du terrorisme, ayant même fourni un véhicule blindé à un autre acteur clé de l’enquête. Cette omission semble incohérente et suggère des biais dans le traitement des suspects.

Les critiques de la FJKL montrent qu’il existe une grave inquiétude concernant la manière dont cette enquête a été conduite. La manipulation des faits à des fins politiques ou personnelles et l’inefficacité des méthodes utilisées pour collecter des preuves affectent non seulement la justice, mais aussi la réputation de l’institution policière elle-même. Pour FJKL, il est impératif que des enquêtes de cette nature soient menées avec la plus grande rigueur et dans le respect des principes de l’État de droit, afin de garantir la transparence et la crédibilité des actions de la DCPJ.

Le Salvador refuse de renvoyer aux États-Unis un homme expulsé par erreur

Le président salvadorien *Nayib Bukele* a fermement rejeté, cette semaine, toute idée de renvoyer *Kilmar Abrego García* aux États-Unis, un ressortissant salvadorien au cœur d’une bataille judiciaire après avoir été expulsé par erreur par les autorités américaines.

Comment suis-je censé le renvoyer ? En le faisant passer en contrebande ? a lancé Bukele, lors d’une rencontre avec *Donald Trump* dans le Bureau ovale. La déclaration, teintée d’ironie, souligne l’absurdité de la situation : les États-Unis réclament le retour d’un homme qu’ils ont eux-mêmes déporté illégalement vers le Salvador.

Une erreur aux conséquences juridiques complexes
*Kilmar Abrego García* dont le cas a été révélé par le *Washington Post*
, est devenu l’incarnation des dysfonctionnements du système d’immigration américain. Expulsé en 2023 malgré un statut légal aux États-Unis, son retour poserait un précédent délicat pour Washington, qui devrait reconnaître officiellement son erreur.

Un sujet sensible dans les relations bilatérales
La visite de *Bukele* à la Maison Blanche, initialement centrée sur la coopération sécuritaire, a donc pris un tour inattendu. Le dirigeant salvadorien, connu pour son style direct, a profité de la tribune pour rappeler que son pays « n’est pas une décharge pour les erreurs administratives américaines ».

Les avocats d’Abrego García envisageraient désormais des poursuites contre le gouvernement américain pour « *déportation illégale* ».

Droits Humains en Haïti : la Primature rencontre l’Office de la Protection du Citoyen

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a rencontré, ce mardi 16 avril 2025, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, accompagné du directeur général, Jude JN-Pierre. Ensemble ils ont discuté du renforcement des mécanismes de protection des droits humains, notamment en faveur des personnes déplacées vivant dans les camps. En sens un rapport sur leurs conditions de vie est en cours d’élaboration et servira de base à une stratégie d’action conjointe.

Port-au-Prince, le 16 avril 2025 – Cette rencontre tenue à la Primature entre le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, et le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, s’est déroulée dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante. Le directeur général du Bureau du Protecteur du citoyen (BPC), Jude JN-Pierre, a également pris part aux échanges.

Les discussions ont notamment porté sur la coordination des efforts en faveur des populations vulnérables, en particulier celles vivant dans des camps de misère. Le gouvernement et le BPC entendent conjuguer leurs forces pour améliorer l’accès aux services essentiels tels que le logement, la santé et la sécurité.

Un rapport détaillé sur les conditions de vie dans les camps est en cours de finalisation. Ce document, fruit d’enquêtes de terrain, sera rendu public dans les prochaines semaines et orientera les futures interventions des autorités.

Le Premier ministre a souligné l’importance d’une mobilisation concertée des institutions nationales et des partenaires internationaux.
Fils-Aimé a réaffirmé sa volonté d’inscrire la dignité humaine au cœur de l’action publique.

Cette initiative est prise en vue de poser les bases d’une réponse durable à la situation des déplacés internes et à renforcer la défense des droits fondamentaux en Haïti.

Des faits troublants dans le dossier de Magalie, Prophane et Elionor

Un rapport récemment mis en lumière par la Fondation Je Klere (FJKL), basé sur des données de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), jette une lumière crue sur l’implication présumée de figures politiques, institutionnelles et policières dans des activités liées à des groupes armés opérant à Port-au-Prince.

Au cœur du document : Magalie Habitant, ancienne directrice du SMCRS, est citée pour ses liens étroits avec plusieurs chefs de gangs. Des interceptions téléphoniques et des échanges WhatsApp, notamment avec un chef de gang dénommé Kempès, font état d’une transaction d’armes : vingt caisses de cartouches, estimées à 70 000 dollars, auraient été achetées avec la médiation de Prophane Victor, ex-député et ancien directeur de la douane de Belladères.

Magalie Habitant est également mentionnée dans des transactions de véhicules et marchandises volés, ainsi que dans des transferts d’argent à des groupes armés via son chauffeur, Lenès Jean Philippe. Plus troublant encore : à la demande de l’ancien président Jovenel Moïse. Elle aurait servi d’intermédiaire dans la libération contre rançon de ressortissants dominicains enlevés en 2021, avec un versement d’un million de gourdes aux ravisseurs.

Autre acteur mis en cause : Elionor Devallon, directeur de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS). Il est accusé d’avoir autorisé un transfert de fonds à Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », à la demande de Magalie Habitant. Bien qu’il nie avoir su à qui les fonds étaient destinés, les registres de la CAS révèlent que 28 chèques pour un total de 1 299 729 gourdes ont été encaissés par lui-même, tandis que des bénéficiaires supposés n’auraient touché que de petites sommes, parfois 1 500 gourdes. Certains noms apparaissant sur les bordereaux auraient encaissé jusqu’à 100 000 gourdes.

Le document épingle également plusieurs policiers, dont les agents Peterson Augustin, Pierre Paul Balan et l’inspecteur divisionnaire Menmnon Miguel, tous soupçonnés de trafic d’armes. Un autre, connu sous le sobriquet de « Belly », affilié au groupe armé « Team Chacha », est soupçonné d’avoir participé à l’assassinat d’un agent du Swat Team à Croix-Deprez.

Cependant, la fiabilité de certaines accusations est remise en question. Plusieurs suspects sont identifiés uniquement par des pseudonymes, sans éléments permettant leur poursuite judiciaire. Ce manque de précision fragilise le dossier et soulève des inquiétudes quant à la rigueur du travail d’enquête.

Par ailleurs, ce dossier est déféré au cabinet d’instruction et avant ce déferrement 3 gens arrêtés chez Prophane lors de son interpellation ont été libérés pour fautes de preuves leur liant au dossier.

Ce rapport, en révélant l’enchevêtrement entre réseaux politiques, institutions publiques et groupes armés, renforce le sentiment d’impunité qui gangrène la situation sécuritaire en Haïti. Il interpelle les autorités sur la nécessité d’actions claires, crédibles et transparentes pour rétablir la confiance et lutter efficacement contre les dérives internes.