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Effondrement de ’État de Droit en Haïti: Le cris de détresse de Kay Jèn

PORT-AU-PRINCE.__ L’Organisation Kay Jèn lance un appel aux autorités en place à garantir l’ordre et la paix publique. Dans une note en date du 24 avril 2025, l’organisation dit constater que la crise actuelle est en train de miner les fondements mêmes de l’État de droit.

Le pays est marqué par l’instabilité politique, la violence généralisée des groupes armés et une corruption endémique qui le ronge. La nation peine à garantir la sécurité et la justice, les droits fondamentaux des citoyens sont bafoués, l’existence même de la population, de l’État-nation est menacée, a souligné Kay Jèn.

L’organisation fustige le pouvoir en place pour son comportement insouciant face aux cris de détresse du peuple. «Tout porte à croire que l’Exécutif ne se soucie guère du sort d’un peuple meurtri par la misère et l’injustice», a écrit Kay Jèn,

Relatant le paralysie des institutions régaliennes à cause de l’absence des trois pouvoirs de l’État. «L’accès à la justice est limité pour une grande partie de la population, en particulier pour celles et ceux des zones rurales et des quartiers défavorisés», soutient l’organisation.

Entre autres constats, Kay Jèn note la montée en puissance des groupes armés qui contrôlent une partie importante de la capitale, ainsi que d’autres régions, notamment dans l’Artibonite et le Centre.

Il est à signaler que, malheureusement, malgré ces défis, la méfiance et les rancunes entre les acteurs politiques et ceux de la société civile les empêchent de trouver une entente pour mettre le pays sur la voie du développement.

“Face à ces difficultés, Kay Jèn invite les autorités et les forces vives de la nation à manifester une volonté politique ferme et une mobilisation collective, en vue de rendre fonctionnel et constitutionnel un État de droit. Le rétablissement de la sécurité, de la justice, de l’égalité des chances et de la justice sociale demeurent primordial pour permettre au pays de sortir de cette spirale de violence et d’instabilité”, conclut la note portant la signature de Chedler Désir, membre du bureau de communication de Kay Jèn.

Lire dès l’enfance : une révolution douce pour Haïti

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Dans les rues de nos villes, les marchands ambulants crient les prix du riz et de l’huile, les enfants chantent des comptines en courant pieds nus, les klaxons ponctuent la rumeur des jours… Mais où sont les livres ? Où sont les enfants qui, le soir venu, plongent dans des histoires comme dans un rêve éveillé ? En Haïti, lire est encore un luxe – matériel, culturel et parfois même psychologique. Pourtant, développer une culture de lecture dès l’enfance est peut-être l’un des actes les plus révolutionnaires que nous puissions poser. Car un enfant qui lit est un citoyen en devenir, un esprit qui s’ouvre, un futur qui s’écrit.

Lire pour se construire : un droit fondamental

La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée chaque 23 avril sous l’égide de l’UNESCO, est bien plus qu’un symbole. Elle rappelle au monde que la lecture est un droit fondamental, un socle de l’éducation, de la liberté et de la paix. Mais en Haïti, malgré les efforts de plusieurs institutions, l’accès aux livres reste inégal. Peu d’écoles ont une bibliothèque fonctionnelle. Dans certaines zones rurales, les livres sont plus rares que l’eau potable.

Pourtant, les recherches sont formelles : un enfant exposé tôt à la lecture développe plus de vocabulaire, de logique, d’empathie et de confiance en soi. Selon une étude de l’OCDE, “la fréquence de lecture à domicile à l’âge de 10 ans est l’un des meilleurs prédicteurs de réussite scolaire à 15 ans.” Développer une culture de lecture, ce n’est donc pas faire plaisir aux intellectuels, c’est donner une vraie chance aux enfants de briser le cycle de pauvreté cognitive et sociale.

Créer des rituels de lecture dans les familles, même sans livres

On croit souvent qu’il faut une bibliothèque pleine pour initier un enfant à la lecture. Faux. Il suffit d’un texte et d’une voix. Une chanson traditionnelle, un proverbe haïtien raconté avec émotion, un conte créole transmis par un aîné : tout cela peut devenir une porte d’entrée vers le plaisir de lire. Le ministère de l’Éducation pourrait promouvoir une “minute de lecture créole” dans chaque foyer – un moment court, quotidien, en langue maternelle, où l’on partage une histoire.

Des programmes comme Lekti se lavni ou les caravanes de lecture animées par FOKAL ou Bibliotaptap l’ont déjà montré : quand les enfants entendent des histoires régulièrement, leur curiosité s’éveille, leur vocabulaire s’élargit, leur esprit critique s’affûte. La lecture devient une fête, pas une punition.

L’école comme déclencheur : lire autrement pour apprendre mieux

Les enseignants sont des passeurs de sens. Or, trop souvent, la lecture en classe est réduite à une activité scolaire figée : lecture à haute voix, interrogation, punition en cas d’erreur. Il faut changer cette dynamique. La lecture doit devenir un jeu, un dialogue, une exploration. Pourquoi ne pas intégrer des livres jeunesse haïtiens (comme ceux d’Èvelyne Trouillot, Kettly Mars ou Gary Victor) dans les leçons de créole et de français ? Pourquoi ne pas laisser les enfants choisir leurs livres en début de semaine, les raconter à leurs camarades le vendredi ?

Des ateliers de lecture expressive, des coins lecture dans chaque salle, des concours d’écriture de contes créoles… tout cela est possible, même avec peu de moyens. Ce qu’il faut, c’est une volonté pédagogique, et un accompagnement des maîtres dans cette révolution douce.

Lire, même sans papier : les nouvelles pistes numériques et communautaires

Dans un pays où les infrastructures sont fragiles, le numérique peut jouer un rôle déterminant. Des applications mobiles comme “Library for All”, déjà testées en Haïti, permettent à des enfants d’accéder à des livres jeunesse gratuits sur smartphone, même hors ligne. Les radios communautaires peuvent diffuser des histoires lues chaque soir. Les bibliothèques mobiles, comme Bibliotaptap, peuvent aller à la rencontre des enfants dans les quartiers reculés.

Mais surtout, il faut faire de la lecture un événement social. Pourquoi ne pas organiser une “Sware Lekti” chaque mois dans chaque commune ? Une soirée ouverte, festive, où les enfants, parents, artistes et conteurs lisent ensemble, en créole et en français. La lecture deviendrait alors un acte de lien, d’ancrage et de fierté.

Lire, c’est dire oui à l’avenir

En cette Journée mondiale du livre, que chacun entende cet appel : un enfant qui lit est un enfant qui pense, qui rêve, qui questionne, qui imagine un autre monde. Dans un pays traversé par les crises et les incertitudes, investir dans la lecture, c’est semer les graines de la reconstruction. Ce n’est pas un luxe, c’est une urgence.

Et si chaque famille haïtienne décidait, ce soir, de lire une phrase à son enfant ? Et si chaque école offrait un moment de silence pour que les mots pénètrent les cœurs ? Et si chaque commune faisait de la lecture une fête mensuelle ? Ce serait peut-être le début d’une révolution.

Pas celle du bruit. Mais celle, profonde, d’une nation qui apprend à se lire pour mieux s’écrire.

Manouchecar MASSENAT
Éducatrice

Canapé-vert: La police encore une fois mise en déroute par les bandits

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PORT-AU-PRINCE.__ Des morts et blessés enregistrés dans les rangs de la brigade de Canapé-vert, au moins six personnes sont tuées, au cours d’une intervention policière, ce mercredi 23 avril, à Pacot, un quartier de Canapé-Vert (Port-au-Prince). Parmi les victimes, un proche du policier Samuel, chef de la brigade d’autodéfense de Canapé-vert.

Selon des témoins, un groupe d’hommes armés dirigés par Samuel, chef de la brigade de Canapé-vert, a décidé de déloger des bandits qui sont cantonnés dans les environs. Le mariage police-population a été pris au piège des bandits, entraînant la mort de plusieurs citoyens et la perte de matériels dont un blindé de la PNH, ont également rapporté des médias.

Avec leur mode opératoire, apparenté aux tactiques de guérilla urbaine, ces malfrats se sont toujours donnés une longueur d’avance sur la police. Ils abritent des maisons, creusent des brèches dans les murs pour se faufiler sans se faire prendre.

Alors qu’ils progressent en territoire et peaufinent leur stratégie pour lancer des attaques planifiées et coordonnées, les autorités policières montrent encore leur médiocrité.

Affrontement entre les forces de l’ordre et gangs armés à Pacot et à Pernier: des morts dans les deux camps

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.__ Plusieurs opérations policières simultanées menées à Pacot, quartier de Port-au-Prince, et à Pernier, localité de Pétion-Ville, ont abouti, mardi 22 avril 2025, à des confrontations armées entre les forces de l’ordre et des individus armés.

Des membres de la Brigade de Canapé-Vert auraient été tués et d’autres blessés, ce mercredi après-midi lors des combats avec les gangs, au niveau de Pacot, un quartier de Port-au-Prince. Un membre de la brigade, proche de Samuel compte parmi les victimes. Des morts et des blessés ont été également signalés dans le camp des bandits.

Ces interventions, a informé la PNH, visent à rétablir l’ordre public et à intensifier la lutte contre la criminalité qui secoue ces zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Ces opérations d’envergure ont été orchestrées par le Groupe d’Intervention de la Police d’Haïti (GIPNH-SWAT) à Pacot et par l’Unité Tactique Anti-gangs (UTAG) à Pernier,

À Pacot, l’opération est soldée par plusieurs blessés dans les rangs des bandits. Les agents du GIPNH-SWAT ont également saisi un fusil AR-15, une arme, à la fois puissante et très convoitée.

Parallèlement à Pernier, l’opération de l’UTAG s’est également soldée par des échanges de tirs durant lesquels un bandit a été mortellement blessé. Un autre fusil ainsi que des cartouches, ont été récupérés.

Par ailleurs, au moins cinq membres de la population civile sont blessés par balle à Pacot, mettant en lumière la gravité de la situation sécuritaire à Port-au-Prince, où la violence urbaine a pris une ampleur inquiétante ces dernières années.

Il importe pour les autorités d’amplifier les mesures prises pour neutraliser la menace que représentent les gangs armés. Le renforcement des capacités des forces de l’ordre, couplé à une stratégie préventive incluant le développement socio-économique, pourrait s’avérer essentiel pour endiguer le phénomène des gangs de manière durable.

Adou Éternel, Adou Maternel

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Aujourd’hui, tu aurais eu 72 ans. Philanthrope et bienveillante, tu as consacré ta vie à donner aux autres, sans jamais rien attendre en retour.

Un hommage spécial pour toi, une journée symbolique rappelant ton passé mythique sur terre. Merci pour tout Man, nous t’aimerons pour l’éternité.

De ton petit-fils qui t’aime tant !

Tchedly Jackson Alexis
PDG
Fondateur de Le Relief Inter

Découvrir Gusti-Klara Gaillard, l’historienne de la mémoire franco-haïtienne

Fille d’historien, Gusti-Klara Gaillard est l’une des figures majeures de la recherche historique en Haïti. Spécialiste des relations franco-haïtiennes et de la dette de l’indépendance, elle a récemment été nommée le 17 avril 2025 comme co-présidente de la commission franco-haïtienne, chargée d’étudier l’impact de l’indemnité imposée par la France en 1825. Elle incarne la rigueur scientifique et la mémoire critique d’un passé encore douloureux. À la croisée de l’héritage familial et de l’engagement académique, son parcours force le respect.

Un héritage familial prestigieux

Née en 1959 à Port-au-Prince, Gusti-Klara Gaillard est issue d’une famille d’intellectuels. Son père, l’historien Roger Gaillard (1923-2000), est reconnu pour ses ouvrages majeurs sur l’occupation américaine d’Haïti entre 1915 et 1934. Sa mère, Hedwig Kladekova-Gaillard (1928-2008), d’origine bulgare, dirigea l’Institut culturel haïtiano-allemand à Port-au-Prince. Son frère, Micha Gaillard, universitaire et militant politique engagé, est décédé tragiquement lors du séisme du 12 janvier 2010.

Une carrière bâtie sur la rigueur et la constance

Gusti-Klara Gaillard poursuit des études d’histoire et soutient en 1991 une thèse de doctorat à l’université Paris-VIII, intitulée « Les ressorts des intérêts français en Haïti (1918-1941) », sous la direction de Jacques Thobie. En 2015, elle obtient son habilitation à diriger des recherches à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec un mémoire portant sur « Haïti-France : une pratique de relations inégales aux XIXe et XXe siècles. Économie, politique, culture » (source : IdRef.fr).

Une enseignante et chercheuse influente

Depuis 1988, Gusti-Klara Gaillard est professeure à l’École Normale Supérieure de l’Université d’État d’Haïti (UEH), où elle a également siégé au Conseil scientifique de 2018 à 2022. Elle dirige actuellement la Fondation Roger Gaillard, son père, tout en étant membre de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie. Elle a notamment coordonné les concours de 2015, 2017 et 2019 du Prix de la Société Haïtienne d’Histoire en partenariat avec la FORG.

Un engagement académique ancré dans l’histoire de la dette

Dès son mémoire de maîtrise, primé en 1988 par la Société Haïtienne d’Histoire, Gusti-Klara Gaillard s’intéresse à la dette extérieure haïtienne avec une étude intitulée:« L’expérience haïtienne de la dette extérieure ou une production caféière pillée (1875-1915) ». Ce travail annonce la suite de ses recherches centrées sur les rapports asymétriques entre Haïti et la France.

Une nomination internationale marquante

En avril 2025, le président Emmanuel Macron annonce la création d’une commission mixte franco-haïtienne pour étudier l’impact de l’indemnité imposée par la France à Haïti en 1825. Gusti-Klara Gaillard est nommée co-présidente de cette commission aux côtés de l’historien français, Yves Saint-Geours. Cette nomination vient consacrer une carrière marquée par la rigueur scientifique et la défense d’une mémoire collective.

Elle est une voix respectée dans le monde intellectuel haïtien. « Elle est respectée de ses collègues autant que des étudiants pour son intégrité et ses hautes valeurs morales », témoigne Michèle Pierre-Louis, ancienne Première ministre d’Haïti, rapporte le journal Le Monde.

Par son parcours, Gusti-Klara Gaillard incarne une génération d’intellectuels engagés, soucieux de revisiter l’histoire pour mieux construire l’avenir.

Les bailleurs réaffirment leur engagement, à Washington, envers Haïti face aux urgences

À l’occasion d’une table ronde tenue à Washington ce 22 avril 2025, les bailleurs de fonds internationaux ont renouvelé leur engagement envers Haïti en présence de la délégation haïtienne conduite par Alfred Fils Métellus, ministre de L’Economie et des Finances. Face à une situation sécuritaire critique et des besoins urgents estimés à 644 millions de dollars, les discussions ont porté sur le financement des priorités nationales : sécurité, relance économique, gouvernance et appui aux populations vulnérables.

Haïti continue de mobiliser la communauté internationale lors de la table ronde du 22 avril 2025 réunissant les principaux bailleurs de fonds. L’activité s’est tenue dans le cadre des Réunions de Printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale. Objectif : rallier davantage de soutien autour des priorités économiques, sociales et sécuritaires du gouvernement haïtien.

Cette initiative s’appuie sur le Rapport d’Évaluation Rapide de l’Impact de la Crise (RCIA) publié en décembre 2024, qui chiffre à 644 millions de dollars américains les besoins urgents de financement pour surmonter les effets de la crise sécuritaire et relancer le pays à court terme.

Intervenant à distance, le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, a insisté sur l’urgence d’agir : renforcement des forces de l’ordre, organisation d’élections crédibles, relance de l’économie nationale, et programmes d’apaisement social. Il a également plaidé pour une meilleure coordination de l’aide internationale, exhortant à une collaboration étroite entre l’État, les collectivités territoriales, les bailleurs et le secteur privé.

De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Métellus, a présenté le budget rectificatif 2024-2025 et détaillé plusieurs réformes clés. Parmi elles : la modernisation du système fiscal et douanier grâce à la digitalisation, une gouvernance publique renforcée, l’amélioration des services sociaux de base et une lutte accrue contre la corruption et le blanchiment d’argent. Il a souligné que la stabilité macroéconomique ne pourra être atteinte sans sécurité ni confiance entre l’État et les acteurs économiques.

Les partenaires internationaux, quant à eux, ont salué les efforts du gouvernement tout en tirant la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante dans les camps de déplacés internes. Plusieurs d’entre eux ont réaffirmé leur soutien, à commencer par la Banque interaméricaine de développement (BID), qui a accepté d’élaborer aux côtés du gouvernement un plan de relance et de développement pour la période 2025-2030.

Ce plan visera à stimuler l’économie haïtienne à travers des investissements dans le capital humain, les infrastructures, la résilience environnementale et le soutien au secteur privé. Une approche territoriale sera privilégiée, avec un accent mis sur les forces du pays : sa jeunesse, sa main-d’œuvre compétitive et son potentiel touristique.

Alors qu’Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, la table ronde de Washington marque une étape importante vers un soutien mieux structuré et plus efficace. Reste maintenant à transformer ces engagements en actions concrètes sur le terrain. Car de plus en plus la situation devient critique. 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire selon le récent rapport de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire appuyant sur les analyses de l’IPC. En majeure partie, le constat alarmant est remarqué dans des zones défavorisées et dans les camps des déplacés où la misère prend forme.

Vatican : une foule immense se recueille devant la dépouille du pape

Depuis ce mercredi 23 avril, le corps du pape François repose sous les ors de la basilique Saint-Pierre. Fidèles et pèlerins du monde entier affluent pour lui rendre un dernier hommage, dans une atmosphère marquée par l’émotion et la ferveur. Les funérailles sont prévues samedi 26 avril, tandis que le Vatican a décrété neuf jours de deuil.

Le plus petit etat du monde est plongé dans une atmosphère de recueillement solennel depuis l’annonce du décès du pape François, survenu lundi 21 avril. Dès ce matin à l’aube, le cercueil du souverain pontife a été exposé à la basilique Saint-Pierre, où près de 20 000 personnes avaient déjà défilé en début de soirée, selon les autorités vaticanes.

La dépouille du pape a été transférée solennellement depuis la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, où une courte prière a été récitée en sa mémoire. Une lente procession, menée par les gardes suisses en grande tenue et accompagnée de chants liturgiques, a traversé les ruelles du Vatican avant d’atteindre la basilique. Le cercueil de bois, drapé de rouge, a ensuite été placé devant l’autel de la confession, lieu hautement symbolique où reposerait l’apôtre Pierre. Là, il a été bénit et encensé par le cardinal camerlingue, désormais en charge de la période de transition jusqu’à l’élection du futur pape.

Dans les jours qui précèdent les obsèques, prévues samedi, les files d’attente s’allongent autour de la place Saint-Pierre. Le Vatican s’attend à accueillir jusqu’à 200 000 personnes venues des quatre coins du monde. Des dispositions sont déjà envisagées pour prolonger les horaires d’accès à la basilique, au-delà de minuit si nécessaire.

« C’est très fort, très triste, très émouvant », confie le père Timothy Nelson, religieux américain présent à Rome pour les fêtes pascales. « Le pape François a toujours prêché la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, nous prions pour qu’il la rencontre personnellement. »

Pour de nombreux fidèles, ce moment est bien plus qu’un adieu : il s’agit d’un rendez-vous avec l’histoire. « Malgré la tristesse, je suis heureux d’être ici », témoigne un jeune pèlerin venu d’Allemagne.

Dès samedi, les neuf jours de deuil proclamés par le Saint-Siège débuteront officiellement. Ils seront ponctués de messes, de veillées et de prières à travers le monde, pour saluer la mémoire de celui qui fut le 266e pape de l’Église catholique.

Avec RFI

Radio Panic FM contrôlé par les gangs de Mirebalais

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Par Max DORVIL

Port-au-Prince, Haïti – Le niveau d’audace des groupes armés en Haïti vient d’atteindre un seuil terrifiant.
Selon des informations glaçantes parvenues à notre rédaction, la station Radio Panic FM 97.5, émettant depuis 19 ans à Mirebalais, dans le département du Centre, est désormais sous le contrôle total des sanguinaires membres de la coalition autoproclamée “Viv Ansanm”.

L’impensable est devenu réalité : les bandits utilisent l’antenne pour diffuser en direct une propagande abjecte. Leurs émissions nauséabondes font l’apologie des actes criminels et rendent un hommage éhonté aux chefs de gangs qui terrorisent la population. Dans un geste de provocation ultime et d’une arrogance sans limite, ces criminels ont même rebaptisé la station en “Taliban FM”, crachant ainsi au visage de l’état de droit et des citoyens épris de paix.
La prise de contrôle d’une station de radio, un pilier de la communication et de l’information, par des forces du mal, constitue une escalade dramatique de la crise sécuritaire qui ravage notre nation.

Comment une telle infamie a-t-elle pu se produire ?  Quelles mesures urgentes les autorités comptent-elles prendre pour rétablir l’ordre et faire taire cette voix de la terreur qui résonne désormais sur les ondes haïtiennes et rendre ce pays vivable à nouveau ? La nation attend des réponses et elle les attend vite. L’incompétence est au pouvoir depuis trop longtemps en Haïti !

Haïti au bord du gouffre : le Conseil de sécurité de l’ONU tire la sonnette d’alarme

Alors que la crise en Haïti s’enlise, entre violences extrêmes et effondrement institutionnel, le Conseil de sécurité de l’ONU met en garde contre un “point de non-retour”. La communauté internationale est appelée à agir sans délai pour éviter le chaos total.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, réuni pour sa 9902e séance au siège de l’ONU le 21 avril 2025 à New-York, a dressé un sombre constat sur la situation en Haïti, marquée par une crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle d’une ampleur sans précédent. La Représentante spéciale du Secrétaire général, María Isabel Salvador, a tiré la sonnette d’alarme : sans un soutien international massif et immédiat, Haïti risque de sombrer dans un chaos irréversible.

Depuis janvier, les groupes armés multiplient les offensives coordonnées pour élargir leur emprise territoriale. Des zones jusque-là épargnées comme Kenscoff, Delmas et Pétion-Ville ont été attaquées, tandis que des villes clés comme Mirebalais sont tombées aux mains des gangs. Plus de 1 000 morts et 60 000 déplacés ont été recensés entre février et mars, dans un pays où l’État semble se déliter jour après jour.

 “Tout effort du gouvernement haïtien sera insuffisant sans une intensification du soutien international “, a affirmé Mme Salvador, appelant à renforcer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), aujourd’hui déployée à seulement 40 % de sa capacité.

Les membres du Conseil, à l’unisson ou presque, ont reconnu l’urgence. Si le Kenya, en charge de la MMAS, a exprimé sa volonté de poursuivre l’engagement, la faiblesse des effectifs actuels (1 000 soldats sur les 2 500 prévus) limite considérablement son efficacité.

Des divergences persistent toutefois. Tandis que la France, les A3+ (Algérie, Sierra Leone, Somalie, Guyana) et le Panama ont soutenu la proposition d’une opération de maintien de la paix, la Chine a rejeté l’idée d’un nouveau recours à l’international. Elle a accusé les États-Unis d’ingérence prolongée et de passivité dans l’application de l’embargo sur les armes, soulignant que « les gangs sont mieux armés que la police nationale ».

Le représentant haïtien, dans un cri d’alarme, a plaidé pour un soutien accru afin de neutraliser les gangs, qualifiant leur pouvoir d’« existential threat » pour la nation haïtienne. Il a salué l’initiative franco-haïtienne d’une commission mixte pour un “travail de mémoire” et appelé à la solidarité régionale.

Parallèlement, la société civile haïtienne, représentée par Pascale Solages de NÈGÈS MAWON, a dénoncé l’inaction sur les violences sexuelles et le non-respect de la représentation féminine. Elle a aussi critiqué l’inefficacité de la MMAS, un an après son déploiement.

Alors que les autorités haïtiennes annoncent la tenue d’élections d’ici novembre 2025, de nombreux observateurs doutent de la faisabilité d’un tel calendrier face à une insécurité persistante.

L’ONU appelle ainsi à intensifier la lutte contre le trafic d’armes, à sanctionner les commanditaires et à garantir un soutien logistique à la MMAS. Mais le compte à rebours semble lancé. Pour beaucoup, c’est maintenant ou jamais.