mercredi, mars 11, 2026
10.3 C
Londres
Accueil Blog Page 192

TONTON BICHA — 4 KANPE

0

La question de savoir si l’extrait « 4 Kanpe » présent dans la chanson Je vais appartient aux Frères Dodo appelle une réponse catégorique : non.

Quant à déterminer si cet extrait appartient à Fabrice Rouzier (Ayiti Twoubadou) ou à Daniel Fils-Aimé (Tonton Bicha), cela reste incertain, car je ne connais pas les termes contractuels de leur collaboration. Cette question relève désormais de l’appréciation des tribunaux.

Ma réponse sur la première interrogation est donc sans équivoque. Pour mieux saisir le contexte, il est nécessaire de comprendre ce qu’est la chanson Je vais par Ayiti Twoubadou. Permettez-moi de préciser.

Je vais est ce que l’on appelle un cover enrichi de Ti Tass des Frères Dodo. Mais qu’est-ce qu’un cover enrichi dans le langage des amateurs de musique ?

Un cover enrichi désigne une reprise où un artiste ou un groupe respecte les paroles et la mélodie de la version originale, tout en y ajoutant des éléments nouveaux destinés à rendre la version plus vivante, plus contemporaine, ou simplement plus représentative de sa propre personnalité. Ces ajouts peuvent inclure :
• Un sketch ou une courte conversation entre les couplets ou sections,
• Une introduction ou une outro originale,
• Un bref passage solo, tant qu’il ne dénature pas la structure musicale de base.

C’est une manière pour l’artiste de démontrer sa créativité sans pour autant altérer le socle fondamental du morceau.

Ce cover enrichi se distingue du cover simple, où, en dehors du rythme ou du style qui peuvent varier, la structure et la mélodie originales sont strictement conservées, sans aucun ajout ni dans les paroles ni dans l’accompagnement. I Will Always Love You de Whitney Houston est, par exemple, un cover simple de la chanson de Dolly Parton.

Revenons maintenant à Je vais et Ti Tass. Le sketch de Tonton Bicha que l’on entend dans Je vais n’existe pas dans Ti Tass. Cela signifie que cet ajout a été apporté par Ayiti Twoubadou pour dynamiser leur version. La législation sur les droits d’auteur, dans la quasi-totalité des pays, reconnaît au créateur d’une nouvelle version le droit de protéger ses ajouts sous copyright, sans nécessiter l’autorisation de l’auteur original, à condition de ne pas revendiquer l’entière paternité de l’œuvre. Ainsi, les droits liés à un cover enrichi concernent uniquement les éléments ajoutés.

Dans le cas de Je vais, toute la partie comprenant « Ay Tonton Bicha 4 Kanpe » n’appartient donc pas aux Frères Dodo. Reste à savoir qui, entre Fabrice Rouzier (Ayiti Twoubadou) et Daniel Fils-Aimé (Tonton Bicha), détient les droits sur ces ajouts. Comme je l’ai dit, je n’en sais rien, car cela dépend du contrat qui aurait été établi entre eux.

La complexité s’explique aussi par l’existence, dans le système français de droits d’auteur, des droits voisins.

Les droits voisins protègent notamment les artistes qui participent à une œuvre sans en être les auteurs. Un guitariste, par exemple, peut détenir des droits économiques sur son solo joué dans une chanson. En France, la contribution d’un artiste invité peut être considérée comme un élément déterminant du succès d’une œuvre. Toutefois, l’acquisition de ces droits nécessite un contrat précisant les modalités. Sans savoir s’il existait un tel accord entre Fabrice Rouzier et Tonton Bicha, il est impossible d’attribuer clairement la propriété des droits sur ces ajouts et donc, les royalties.

Concernant à présent la polémique autour de l’utilisation de 4 Kanpe par Joé Dwèt Filé, deux dimensions sont à prendre en compte :
1. La vidéo : L’utilisation d’images de Fabrice Rouzier et des membres d’Ayiti Twoubadou sans leur autorisation constitue une violation évidente de leurs droits. Ils peuvent exiger soit le retrait de la vidéo, soit une compensation financière en l’absence d’accord.
2. La musique elle-même : Il semblerait que Joé Dwèt Filé ait conclu un accord avec Tonton Bicha pour utiliser un sample de sa voix sur le titre 4 Kanpe. C’est là que réside tout l’enjeu du litige. Aux États-Unis, où la plainte est déposée, les droits voisins ne sont pas reconnus, contrairement à la France.

Enfin, il est important de noter que 4 Kanpe de Joé Dwèt Filé est à considérer comme une chanson française, tandis que Je vais d’Ayiti Twoubadou est à classer comme une chanson américaine. Nous reviendrons sur cet aspect pour l’expliquer en détail.

Jean Venel Casséus, MSc
28 avril 2025

La jeune Ava Lee s’offre une nouvelle médaille en attendant les Jeux de la Jeunesse à Asuncion

0

Par: Jean Mapou

L’ascension d’Ava Lee se poursuit sur les tatamis internationaux, quelques semaines après son sacre au Panam Série au Mexique. Elle vient de décrocher une médaille d’argent à la President Cup Africa, en Éthiopie.

En effet, la jeune taekwondoïste haïtienne a confirmé son excellent état de forme en remportant la médaille d’argent, face à une concurrence issue des meilleures écoles africaines de taekwondo.

Cette performance intervient quelques semaines après son titre de championne au Panam Série, disputé au Mexique. Une victoire qui lui a officiellement ouvert les portes des Jeux Panaméricains de la Jeunesse, prévus en août 2025 à Asuncion, Paraguay.

«J’ai participé à cette compétition non seulement pour préparer ma participation aux Jeux de la Jeunesse à Asuncion, mais aussi pour renouer avec mes racines, l’Afrique, terre de mes ancêtres», a déclaré Lee, avec une empreinte d’émotion. «Cette médaille, je la dédie aux héros de l’indépendance et au bien-être de mon peuple», a-t-elle lâché.

Le Président de la Fédération Haïtienne de Taekwondo, Docteur Frinel Ostin, s’est incliné devant cette performance d’Ava Lee et de son entraîneur. Il a souligné l’importance de cette médaille dans le cycle de préparation en vue du rendez-vous continental. «Ce résultat est porteur d’espoir à l’approche des Jeux Panaméricains de la Jeunesse 2025», a-t-il déclaré.

«Nous remercions également le Comité Olympique Haïtien pour son support constant et inébranlable», a poursuivi Ostin, insistant sur l’impérieuse nécessité d’exposer davantage les athlètes haïtiens aux compétitions internationales :

À travers cette nouvelle médaille, Ava Lee incarne la vitalité d’une génération sportive haïtienne qui, malgré les obstacles, continue de faire rayonner le pays sur la scène internationale. Elle mérite, en plus des hommages, un soutien complet pour continuer de porter en elle les espoirs d’Haïti pour une participation brillante aux prochains Jeux de la Jeunesse à Asuncion.

.

CPT en Haïti : Un coût trop exorbitant, selon l’organisation dirigée par Pierre Espérance

Un an après l’installation du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dresse un bilan accablant de la gestion financière de la transition. Entre rémunérations somptuaires, frais de mission astronomiques et une absence totale de contrôle, le CPT est accusé de piller les caisses de l’État, au détriment des besoins urgents de la population.

Rémunérations et avantages indécents

Selon le rapport du RNDDH publié le 25 avril 2025, les membres du CPT s’octroient des indemnités mensuelles exorbitantes, totalisant 10 000 000 de gourdes par personne. Ce montant comprend un salaire de base de 225 000 gourdes, des frais de fonctionnement de 75 000 gourdes, des frais de deuxième résidence de 400 000 gourdes, une carte de téléphonie de 500 000 gourdes, des frais de renseignement de 4 500 000 gourdes, des frais de carburant de 300 000 gourdes, une carte de débit de 2 500 000 gourdes, des frais pour conjoint.e de 500 000 gourdes, des frais pour remplir le réfrigérateur de 75 000 gourdes, et des frais de nourriture s’élevant à 925 000 gourdes. À cela s’ajoutent chaque mois 3 500 000 gourdes destinées au financement du petit-déjeuner et du lunch des membres du CPT. En outre, pour les fêtes patronales et autres célébrations, chaque membre a reçu des primes spéciales allant de 3 000 000 à 5 000 000 de gourdes.

Un coût total astronomique : entre voyages fastueux et délégations pléthoriques

Le RNDDH estime que chaque mois, les membres du CPT coûtent 93 500 000 gourdes à l’État haïtien, soit un total annuel de 1 122 000 000 gourdes. Ces dépenses somptuaires sont dénoncées comme un véritable « pillage des caisses publiques », en pleine crise socio-économique.

Outre les dépenses courantes, les membres du CPT multiplient les voyages à l’étranger, avec des frais de représentation de 5 000 dollars américains par déplacement et des nuitées facturées à 1 000 dollars américains. Les déplacements s’accompagnent souvent de délégations comptant parfois jusqu’à 15 personnes, dont les frais de transport, d’hébergement et de restauration sont également pris en charge par l’État haïtien. Le rapport du RNDDH souligne le caractère souvent injustifié de ces voyages, sans retombées concrètes pour le pays.

L’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG), prévu par l’accord politique du 3 avril 2024, n’a jamais été mis en place. Cette absence de contrôle permet au CPT et au gouvernement de gérer les finances publiques en toute opacité, ouvrant la voie à tous les abus.

Une transition qui enfonce Haïti davantage

Plus d’un million de déplacés internes, plus de 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire, plusieurs communes et quartiers tombés sous la férule des gangs armés. Pourtant, la mission du CPT était claire : rétablir la sécurité, améliorer les conditions de vie, organiser un référendum pour le changement de la constitution et organiser des élections. Le constat est amer : la transition ne délivre pas la marchandise.

Liverpool, Roi d’Angleterre : un 20e sacre historique après une démonstration face à Tottenham

0

Liverpool a décroché son 20e titre de champion d’Angleterre en écrasant Tottenham 5-1 à Anfield, égalant ainsi le record de Manchester United. Sous la direction d’Arne Slot, les Reds ont dominé la saison avec seulement deux défaites en 34 matchs. Cette victoire marque également le premier titre de Liverpool célébré devant ses supporters depuis 1990, après le sacre à huis clos de 2020.

Tottenham a ouvert le score dès la 12e minute par Dominic Solanke, mais Liverpool a rapidement réagi. Luis Díaz a égalisé après une intervention du VAR, suivi de deux buts d’Alexis Mac Allister et Cody Gakpo avant la mi-temps. Mohamed Salah a inscrit son 28e but de la saison en seconde période, devenant le meilleur buteur étranger de l’histoire de la Premier League avec 185 réalisations, surpassant Sergio Agüero. Un but contre son camp de Destiny Udogie a scellé le score.

Ce titre est le premier pour Arne Slot à la tête de Liverpool, réussissant l’exploit de remporter la Premier League dès sa première saison, fait rare. Les supporters ont célébré ce moment historique à Anfield, une première depuis 1990, le titre de 2020 ayant été remporté sans public en raison de la pandémie.

La ville de Liverpool est en liesse, avec des célébrations prévues dans les rues et une parade officielle à venir. Ce titre, le 20e, permet au club de rejoindre Manchester United au sommet du palmarès anglais.

Forum Jeunesse et Multiculturalisme pour un Monde de Paix: Pour porter l’étendard de la coexistence harmonieuse

0

Par: Jean Mapou

BOSTON, États-Unis.__ Le Forum Jeunesse et Multiculturalisme pour un Monde de Paix a eu lieu le 26 avril 2023, sous l’égide des Ministères des Affaires Étrangères et du Gouvernement Jeunesse d’Haïti, en collaboration avec le Bureau des Affaires Culturelles de la ville de Boston. Cet événement a rassemblé des jeunes de diverses origines, autour du thème: la promotion du multiculturalisme et l’implication des jeunes dans la construction d’un monde pacifique.

Parmi les intervenants, notons la présence de l’Ambassadeur Vilbert Belizaire, qui a partagé son vécu en tant qu’ambassadeur d’Haïti en France et en Argentine, ainsi que d’autres figures telles que Gauthier Eliazar, Ruth Sharon Saint-Hilaire et M. Eslina Alamo, qui ont tous contribué à enrichir le débat sur les enjeux qui conditionnent la vie des jeunes aujourd’hui.

Déroulé dans un format bilingue, en français et en anglais, ce forum se veut une plateforme inclusive pour les échanges interculturels. Principal objectif, faciliter l’accès des jeunes à des ressources visant à renforcer leur engagement en faveur de la paix et du dialogue interculturel. Les discussions ont permis de réfléchir aux stratégies efficaces pour promouvoir l’intégration et l’interaction entre différentes cultures à travers des initiatives concrètes.

Les participants de se sont exprimés librement et de proposer des solutions innovantes à travers des débats interactifs, les ateliers de réflexion, et les panels avec des experts,

L’interaction directe entre les jeunes et les responsables internationaux a également offert aux participants une vision élargie des opportunités d’engagement et de coopération.

Dans un contexte mondial où la paix et l’harmonie interethniques sont souvent mises à l’épreuve, ce Forum Jeunesse et Multiculturalisme pour un Monde de Paix illustre la capacité des jeunes à bâtir un futur où le multiculturalisme sera considéré comme une richesse.

Victoire au bout du suspense : le Barça s’impose 3-2 en prolongation face au Real Madrid et soulève sa 32e Coupe du Roi !

0

Le FC Barcelone a remporté la finale de la Coupe du Roi 2025 en battant son grand rival, le Real Madrid, 3-2 après prolongation, au terme d’un Clasico aussi spectaculaire que tendu, disputé au stade de La Cartuja à Séville.

Le Barça a ouvert le score à la 28e minute grâce à une superbe action de Pedri. Mais le Real Madrid a renversé la situation en seconde période : Kylian Mbappé, entré en jeu, a égalisé sur coup franc, son premier but de ce type en carrière avant qu’Aurélien Tchouaméni ne donne l’avantage aux Merengue. Ferran Torres a ensuite permis au Barça d’égaliser à la 84e minute, envoyant les deux équipes en prolongation.
C’est finalement Jules Koundé qui a offert la victoire au Barça à la 116e minute, profitant d’une erreur de Brahim Díaz pour inscrire le but décisif.

Le match a été marqué par plusieurs décisions arbitrales controversées, notamment deux penalties annulés par le VAR et trois cartons rouges infligés à des joueurs madrilènes, dont Jude Bellingham, Antonio Rüdiger et Lucas Vasquez. Le Real Madrid avait d’ailleurs boycotté les événements d’avant-match pour protester contre l’arbitrage.

Ce succès permet au FC Barcelone de décrocher sa 32e Coupe du Roi, un record, et de poursuivre son rêve de triplé cette saison, après avoir déjà remporté la Supercoupe d’Espagne en janvier. Sous la direction d’Hansi Flick, le club catalan est toujours en lice en Ligue des champions et en tête de la Liga.

Dette de l’indépendance d’Haïti: Le CNHRR apporte le dossier devant la tribune de l’OEA

Par Jean Mapou

WASHINGTON., le 26 avril 2025._ Le Comité National Haïtien des Restitutions et Réparations (CNHRR) a articulé, cette semaine le mercredi, cinq (5) raisons essentielles en faveur d’une demande de restitution de la rançon de 1825, imposée à Haïti par la France. Le président du CNHRR, le professeur Fritz Deshommes, a soulevé des interrogations sur les fondements moraux et historiques de cette rançon.

Pour Deshommes, c’est une «triple rançon», acceptée sous la menace d’une invasion militaire écrasante. «Cette dette, comprenant une indemnité exorbitante, des intérêts bancaires usuraires et des préférences douanières, est présentée comme immorale et injuste», a soutenu Deshommes, rappelant que plusieurs présidents français, de Jacques Chirac à Emmanuel Macron, ont reconnu le caractère illégitime de cette rançon, renforçant ainsi la légitimité de la demande haïtienne de restitution.

Le professeur Fritz Deshommes met aussi en relief les conséquences désastreuses de cet acte insidieux sur le développement d’Haïti, soulignant que le pays a été plongé dans un «cycle interminable et permanent d’étranglement financier» et de sous-développement; ce qui explique en grande partie sa situation précaire actuelle.

« En effet, cette rançon a gravement entravé les capacités économiques et sociales d’un pays déjà fragilisé par ses luttes pour la liberté », a-t-il mentionné.

Le CNHRR dit percevoir la restitution de cette rançon non seulement comme une question de justice historique, mais également comme un levier potentiel pour le développement du pays. Deshommes évoque l’idée que ces fonds pourraient être utilisés pour élaborer un plan de développement national, autonome et transparent, permettant de sortir Haïti de l’aide traditionnelle, souvent perçue comme une «assistance mortelle», pour parodier l’ancien ministre de la culture et cinéaste, Raoul Peck .

La France a utilisé cette rançon pour stabiliser son système bancaire et renforcer son empire colonial, et se développer aux dépens des Haïtiens. « Face à cela, il devient impératif pour Haïti de faire entendre sa voix sur la scène internationale », encourage Fritz Deshommes.

Le CNHRR invite la France à s’engager activement aux côtés du peuple haïtien, tout en appelant à la solidarité des nations américaines et des membres de l’OEA. Deshommes rappelle que Haïti a joué un rôle fondamental dans les luttes pour la liberté, l’abolition de l’esclavage et la décolonisation en Amérique. Ainsi, la responsabilité de le soutenir depuis le passé jusqu’à aujourd’hui s’inscrit dans une perspective de justice réparatrice.

Tout en reconnaissant l’importance d’une commission mixte franco-haïtienne, le président du CNHRR a salué la volonté d’un dialogue constructif.

L’intervention du CNHRR devant l’OEA illustre une fois de plus la nécessité pour Haïti de revendiquer son histoire et de réparer les injustices subies depuis tantôt deux siècles. Le plaidoyer du CNHRR pour la restitution de la rançon de 1825 demeure un appel vibrant à la reconnaissance du passé et à la construction d’un avenir juste et équitable pour Haïti.

Leslie Voltaire peut-il sauver le Directeur Général de la PNH, Rameau NORMIL?

Après avoir fait échouer la résolution visant la révocation du directeur général de la Police Nationale d’Haïti, le Conseiller Présidentiel Leslie Voltaire tente de sauver le soldat Normil. Ce samedi 26 avril 2025, il s’est rendu à la Direction Générale de la PNH pour discuter de la question sécuritaire du pays, en pleine intensification des gangs qui cherchent à prendre le contrôle total de la capitale haïtienne.

Selon une publication sur sa page Facebook, le bureau de presse de la PNH indique qu’« à l’issue de cette rencontre, des points stratégiques ont été abordés, notamment l’intensification de la lutte contre l’insécurité à laquelle fait face le pays ».

Le Conseiller Leslie Voltaire a eu l’occasion de visiter plusieurs infrastructures importantes de l’institution policière, dont le Centre d’Opération des Blindés (COB), afin d’évaluer les besoins les plus urgents de la PNH.

À la vitesse à laquelle les choses avancent, de nouveaux territoires risquent bientôt de tomber. Les gangs progressent à grands pas sur la ville de Hinche et sur ce qu’il reste de Port-au-Prince. Dans ces conditions, si le CPT, déjà décrié, essaie de conserver Rameau Normil à la tête de la PNH malgré l’insuffisance de ses résultats, ils risquent tous de partir ensemble.

La dette ( rançon ) de l’indépendance, devoir de mémoire et vérité Historique.

Par : Wilfrid Joseph

La rançon de l’indépendance — souvent appelée à tort « dette de l’indépendance » — représente une véritable outrage infligée à la jeune République d’Haïti au lendemain de sa victoire historique. Arrachée de haute lutte, l’indépendance haïtienne fut le fruit de sacrifices immenses consentis par d’anciens esclaves, jadis piliers de la prospérité de la colonie la plus florissante de l’empire français : Saint-Domingue. Cette exigence de compensation par l’ancienne métropole, imposée sous la menace, marqua le début d’un long cycle d’iniquités économiques et politiques. Pour en saisir toute la portée, il convient d’analyser cette injustice à travers plusieurs prismes : le contexte historique qui l’a vu naître, les dynamiques économiques qui l’ont nourrie, les enjeux politiques qu’elle a engendrés, et les répercussions postmodernes qu’elle continue de susciter.

Au lendemain de la guerre de l’indépendance, menée de haute lutte par les pères fondateurs – Jean-Jacques Dessalines, Henry Christophe, Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer, pour ne citer que ceux-là – la jeune République d’Haïti se retrouve confrontée à un contexte international hostile, encore largement dominé par le système esclavagiste. En Amérique du Nord, les États-Unis, bien qu’indépendants de la Couronne britannique, maintiennent l’esclavage. En Amérique latine, la servitude bat encore son plein au profit des royaumes ibériques, notamment l’Espagne et le Portugal.

L’indépendance haïtienne, arrachée en 1804 par des esclaves affranchis devenus soldats et stratèges, fut une gifle infligée à l’ordre mondial établi. Conscient de cet isolement diplomatique, Dessalines le Grand prend des mesures drastiques : il fortifie le pays, applique une politique de “rassia” pour éradiquer les vestiges du colonialisme, et mène la campagne de l’Est – une diplomatie préventive contre un éventuel retour des puissances coloniales.

Malheureusement, les luttes intestines et les rivalités entre chefs vont causer la mort de l’Empereur. Trois ans après l’indépendance, le pays se divise en plusieurs entités : le Nord et l’Artibonite sous Henry Christophe, l’Ouest sous Alexandre Pétion, le Sud brièvement sous André Rigaud puis Gérin, avant d’être rattaché à l’Ouest. Le pays est alors plongé dans des années de conflits fratricides entre Pétion et Christophe. Après la mort de Pétion en 1818 et le suicide de Christophe en 1820, Jean-Pierre Boyer réunifie le pays, seize ans après l’indépendance.

Sur le plan international, un tournant s’opère : en 1815, Napoléon est définitivement vaincu à Waterloo et exilé à Sainte-Hélène. La monarchie est restaurée en France avec le retour des Bourbons sous Louis XVIII. Les anciens colons, soutenus par une classe politique nostalgique de l’ordre colonial, exercent une pression croissante pour obtenir une indemnisation pour leurs “pertes” liées à l’indépendance haïtienne.

Avec l’arrivée au pouvoir de Charles X, roi ultra-royaliste, l’injustice prend une tournure officielle : le 17 avril 1825, il signe une ordonnance exigeant une rançon de 150 millions de francs-or, soit dix fois le PIB haïtien de l’époque, en échange de la reconnaissance de l’indépendance. Sous la menace d’une flotte de guerre stationnée dans la rade de Port-au-Prince, Haïti est contrainte de signer – un acte de diplomatie de la canonnière.

Le montant sera ensuite réduit à 90 millions, mais les conditions demeurent étouffantes : avantages commerciaux accordés à la France, et un prêt imposé auprès de banques françaises, qui place le pays dans un cycle de dette dont il ne sortira qu’en 1947. Pendant 125 ans, le paiement de cette rançon va hypothéquer tout développement durable, empêcher l’émergence d’une industrie nationale et exclure Haïti de la révolution industrielle du XIXe siècle. L’État, accaparé par le service de la dette, ne peut subvenir aux besoins de ses citoyens, et la paysannerie haïtienne, colonne vertébrale de la production agricole, est la principale victime de cette injustice.

D’un point de vue post-moderne, l’ordonnance de Charles X fête tristement ses 200 ans cette année. En 2004, à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance, le président Jean-Bertrand Aristide a officiellement réclamé restitution et réparations, dénonçant un braquage impérialiste orchestré par une nation qui se réclame pourtant des droits de l’homme. La France, qui par la loi Taubira (2001) reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité, ne peut moralement éluder cette dette historique.

Dès lors, il est du devoir des gouvernants haïtiens de porter cette cause devant la scène internationale, en adoptant une diplomatie proactive, panafricaniste et solidaire. Car Haïti, seule, ne pourra pas mener ce combat. Mais avec le réveil africain contre les héritages impérialistes, un moment historique s’offre à nous pour corriger cette injustice, rendre justice à nos aïeux, et inspirer les peuples opprimés du monde entier. Haïti, première République noire du monde, doit retrouver sa voix et montrer la voie.

Wilfrid Joseph