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Les policiers Kenyans présents en Haïti s’apprêtent à quitter le pays

Les 400 policiers kenyan déployés en Haïti au sein de la Force Multinationale dans l’objectif de combattre les gangs criminels armés aux côtés de la police nationale quitteront le pays au cours du mois de Juillet prochain. L’information est confirmée par le porte-parole de la mission, Jack Ombaka.

Dans le cadre de la MMAS, le Kenya a opté pour un cycle de rotation annuel. “Ce calendrier reste soumis aux politiques internes de chaque pays. Le Kenya a, jusqu’à présent, déployé quatre contingents différents, avec une relève prévue chaque année, conformément à notre plan de rotation convenu”, a indiqué le porte-parole tout en précisant qu’ils seront remplacés par d’autres policiers qui viendront du Kenyan. Cependant, il n’a pas précisé la date de la troupe remplaçante.

Notons que, depuis leur arrivée, deux (2) des officiers kenyans ont été tués dans le département de l’Artibonite. Plus d’un se demande à quoi sert le déploiement des policiers kenyans en Haïti ? Puisque, malgré leur présence, les gangs continuent de gagner du terrain, de massacrer la population, violer et tout incendier sur leur passage.

Tout ce qu’on peut savoir sur Marjorie Michel, cette fille d’Haïti, élue députée au Canada

La Canadienne d’origine haïtienne, Marjorie Michel, est élue députée ce lundi 28 avril dans la circonscription de Papineau à Montréal, succédant, du coup, à Justin Trudeau.

Qui est-elle?

Arrivée au Canada dans les années 1980, Marjorie Michel est la fille
de l’ancien premier ministre haïtien Smarck Michel. Ses parents s’installaient au Canada pour s’échapper à des violences qui régnaient en Haïti à cette époque.
Sa carrière politique a débuté officiellement en 2008 sur la scène provinciale, comme conseillère politique.

Elle est titulaire d’une maîtrise en psychologie sociale, du travail et des organisations de l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique. Dans sa communauté, Marjorie Michel est une femme d’action capable de mobiliser des équipes.

Sur le site du parti libéral, on présente la nouvelle députée comme une femme qui a un esprit créatif, une forte capacité d’analyse. Ce qui lui permet d’accompagner les organisations dans la gestion du changement et l’exploration; une façon de faire novatrice, menant au succès. Sa devise professionnelle est “Sortez des sentiers battus!”, écrit le parri sur sa page Web.

Elle s’implique activement au sein du Réseau des Femmes d’affaires du Québec depuis 2005, faisant de l’inclusion économique son cheval de bataille. C’est dans la circonscription provinciale de Viau qui a certains quartiers en commun avec la circonscription fédérale de Papineau, que Marjorie a commencé à s’impliquer en politique. Elle a, depuis, mené avec succès de nombreuses campagnes électorales.

En 2016, elle a rejoint le cabinet du ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social. En 2019, elle est devenue la première femme noire à être nommée cheffe de cabinet, au sein du gouvernement fédéral.

Après la victoire électorale d’octobre 2021, Marjorie a été nommée chef de cabinet adjointe du premier ministre Justin Trudeau.

Ses talents en organisation, son expertise en stratégies partenariales et son travail exceptionnel comme coordonnatrice générale de l’Assemblée générale annuelle de l’Organisation des États américains (OEA) en 1995 lui ont valu une distinction du gouvernement des États-Unis.

Son élection est saluée par de nombreux Haïtiens vivant tant en Haïti qu’à l’extérieur. On peut lire sur les réseaux des messages comme ceux-ci: «une autre fille du pays fait honneur du pays au Canada…»

Marjorie Michel n’est pas la dernière personne d’origine haïtienne qui brigue de hautes fonctions politiques au Canada. On peut citer Emmanuel Dubourg , ancien député à la chambre des communes.

Mark Carney devient premier ministre : les libéraux remportent un quatrième mandat en pleine tourmente commerciale avec les États-Unis

OTTAWA – Les Canadiens ont tranché. Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, ils ont choisi de faire confiance à l’expérience internationale et au calme rassurant de Mark Carney. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre fait ainsi son entrée à la tête du gouvernement après avoir mené le Parti libéral à une quatrième victoire consécutive, sous un autre gouvernement minoritaire.

Cette victoire est la première pour Carney à titre de chef, mais elle couronne une campagne marquée par une question dominante : qui est le mieux placé pour défendre le Canada face à un Donald Trump revenu sur le devant de la scène politique américaine avec une rhétorique plus agressive que jamais ?

Dans cet affrontement à distance, Pierre Poilièvre et les conservateurs n’ont pas su convaincre les Canadiens d’un océan à l’autre. Leur incapacité à rassurer les Canadiens sur la protection de leurs intérêts économiques semble avoir coûté cher. D’autant plus que le chef conservateur a subi une défaite personnelle retentissante en perdant son propre siège à Carleton, une circonscription qu’il représentait depuis deux décennies.

De l’autre côté, Carney a capitalisé sur son image d’homme d’État, de technocrate aguerri et de négociateur redouté sur la scène internationale. Dès le déclenchement de la campagne, il s’est positionné comme le candidat du sérieux économique et de la stabilité, dominant les sondages sans relâche. Son passage remarqué à la tête d’institutions financières majeures lui a permis de projeter l’image d’un leader, capable de tenir tête à Trump.

Même si les libéraux ne décrochent pas les 172 députés requis pour être majoritaires, ils pourront vraisemblablement compter sur l’appui du Nouveau Parti démocratique pour former le prochain gouvernement. Le Bloc québécois, pour sa part, jouera aussi un rôle déterminant dans cette configuration parlementaire fragmentée. Mais ce sont les gains libéraux au Québec qui auront permis de conserver le pouvoir. Hier soir dans son discours, Mark Carney a promis de protéger la langue française et l’identité québécoise.

La prochaine étape sera cruciale pour Mark Carney, qui devra non seulement former un cabinet solide, mais aussi rassurer les marchés et les Canadiens. Son défi, transformer son aura technocratique en un leadership politique, capable de tenir dans la durée, dans un parlement où chaque vote comptera dans un contexte minoritaire.

Le Canada entre ainsi dans une nouvelle ère : celle d’un premier ministre formé dans les arènes de la finance mondiale, désormais chargé de naviguer dans les eaux troubles de la géopolitique.

Un million deux cents mille personnes vivent dans les camps en Haïti: la dignité humaine, mise en cause, selon une enquête de l’OPC

Par: Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— L’office de protection du citoyen a publié une enquête, réalisée ce mois d’avril, sur la situation des déplacés internes. Intitulée *Étude sur la protection du droit des personnes déplacées en Haïti*, cette enquête met en lumière l’absence de la responsabilité de l’Etat et le manque d’engagement des organisations des droits humains et le rôle de l’OPC auprès dans les camps.

*Un état des lieux alarmant et inquiétant pour l’avenir*

Ce document de 67 pages décrit le Déplacement à l’Intérieur de leur Propre Pays (DIPP), dans le contexte actuel, comme étant découlé de conflits ou de banditisme armé dans les zones frontalières ou populeuses. «Le DIPP exprime une défaillance de contrôle sociale, due à une désarticulation dans la politique de sécurité publique qui conduit directement à la violation systématique du droit à la sécurité», écrit Jean Wilner Morin, Protecteur du Citoyen.

De manière générale, la sécurité est l’état d’esprit du corps social qui se sent tranquille, rassuré, en confiance, à l’abri de tout danger, commente l’OPC, soutenant que la sécurité se réfère à la confiance, alors que le constat montre que la réalité sécuritaire dans la zone métropolitaine est loin de mettre la population à l’abri de toutes menaces.

*Quelle est exactement la situation sécuritaire dans la zone métropolitaine?*

Pour y répondre l’enquête remonte à 2020 avec la formation de l’organisation des gangsters appelée G9 et G-pèp un peu plus tard. En se renforçant en pôles politiques, ces organisations se sont regroupées en 2024 en coalition criminelle nommée Viv Ansanm, rappelle l’OPC.

«Depuis que les gangs se sont fédérés, une situation de terreur s’est installée dans la zone métropolitaine», soulignent les enquêteurs. Les routes nationales sont systématiquement occupées, des quartiers sont contrôlés par les bandits et les habitants, pour fuir la terreur qui s’y installe, sont obligés d’abandonner leur domicile, emportant ce qu’ils peuvent pour essayer de trouver refuge ailleurs dans d’autres quartiers et des lieux publics.

À Carrefour-Feuilles, à Solino, Delmas 30, Christ-Roi, Kenscoff et Mirebalais sont adjoints aux territoires perdus, butins des bandits. Ceux qu ont tenté de résister ont fini par faillir,a relaté l’OPC dans son étude.

*La situation des droits humains, une catastrophe dans les camps des déplacés internes*

La population cible de l’étude est les personnes déplacées internes des camps. Au moment de la cueillette d’informations, cent quatre (104) camps existaient dans la zone métropolitaine et comprenaient environ un million deux mille (1.200.000) déplacés internes.

La vie dans les camps est deshumanisante et ne répond pas aux normes relatives à la dignité humaine. Les espaces et l’environnement des camps ne sont pas faits pour loger une personne voire des familles entières. Les conditions d’hygiènes sont exécrables. Cette situation remet de plus en plus en question les droits à l’identité, à la santé, à l’éducation, au logement, à l’alimentation, à l’environnement, à la libre circulation et à la dignité humaine, soutient l’OPC.

L’office affirme avoir organisé des ateliers de collecte d’informations dans plusieurs camps qui ont permis de constater que la situation du droit des déplacés de la zone métropolitaine est très précaire et entraine des questionnements en ce qui a trait à des solutions durables pour résoudre la problématique. L’institution se demande, même si la protection du droit des déplacés internes de la zone métropolitaine est assurée et assumée.

*Les recommandations*

Les enquêteurs ont fait des recommandations sur trois angles: Les responsabilités de l’État, les engagements des organisations de défense des droits humaines et le rôle de l’OPC. Ils suggèrent entre autres que l’État se dotent d’une politique publique de sécurité qui tient compte de la Sécurité nationale, de la sécurité publique et de la Sécurité civile, c’est-à-dire: assurer la protection des citoyens contre toutes formes de danger.

«La solution pour instaurer la sécurité n’est pas seulement militaire et policière, elle est également sociale et administrative», recommande l’étude de l’OPC, insistant sur les responsabilités de l’État pour diminuer les espaces criminogènes en envisageant de réduire l’inégalité sociale et de protéger les PDIPP en se basant sur une approche fondée sur les droits humains.

Dans la mise en contexte de l’enquête, le protecteur du citoyen, Jean Wilner Morin se demande: «Intéressons-nous au réel? Si nous y accordons peu d’attention, il se développera quand même, se construira sans nous ou contre nous. Il a surtout mis en lumière le piège des quartiers populeux qui s’est développé sous les regards de l’État, qui, aujourd’hui, peine à y faire face.

Il a sévèrement critiqué ce qu’il qualifie de vide de réponse claire, une absence d’apparence de compréhension, de maîtrise du phénomène de déplacement interne qui, écrit-il, travaille mortellement le corps social et modélise la conscience collective de manière négative.

Carlo Ancelotti attendu à la tête du Brésil dès début juin prochain

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La Fédération brésilienne de football (CBF) accélère ses plans pour accueillir Carlo Ancelotti à la tête de la Seleção. Selon les dernières informations, le légendaire entraîneur italien est attendu sur le banc brésilien dès la première semaine de juin, marquant ainsi le début officiel de son aventure avec l’équipe nationale.

Depuis plusieurs mois, Ancelotti est la priorité absolue pour la CBF, qui a toujours posé une condition claire : la prise de fonction devait se faire avant la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, excluant toute possibilité d’attendre le mois de juillet. L’objectif est limpide : permettre à Ancelotti d’installer rapidement ses méthodes et de préparer la Seleção dans les meilleures conditions en vue des prochaines échéances internationales.

Cet engagement précoce témoigne de l’importance stratégique que la Fédération brésilienne accorde à ce nouveau cycle, avec en ligne de mire la quête d’une sixième étoile mondiale. Ancelotti, riche de son expérience exceptionnelle en clubs, est perçu comme l’homme idéal pour insuffler un nouvel élan à une équipe en quête de renouveau.

Le feuilleton Ancelotti-Brésil touche donc à son dénouement. Le technicien italien devrait très prochainement écrire une nouvelle page historique en devenant le premier entraîneur non-brésilien à diriger la Seleção depuis près de six décennies.

Haïti : Un don de 50 millions de dollars pour renforcer la résilience agricole et la sécurité

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Le gouvernement haitien et la Banque Mondiale ont officialisé, le vendredi 25 avril 2025 à Washington DC, un financement de 50 millions de dollars pour la deuxième phase du projet Haïti:  « Territoires Productifs Résilients ». Cette initiative vise à lutter contre l’insécurité alimentaire et à promouvoir une agriculture durable, dans un contexte où près de la moitié de la population haïtienne peine à se nourrir correctement.

*Une réponse multisectorielle à la crise alimentaire*
Haïti traverse une crise alimentaire aggravée par l’inflation, les dérèglements climatiques et la dégradation des sols. Selon les dernières données, de nombreux ménages ont réduit leurs repas quotidiens en raison de la flambée des prix et de la baisse de leurs revenus. Face à cette urgence, le projet mise sur une approche intégrée combinant agriculture, gestion de l’eau et protection de l’environnement.

« Ce financement permettra de renforcer la résilience des zones rurales en soutenant les petits agriculteurs et en restaurant les écosystèmes dégradés », a expliqué un représentant du Ministère de l’Économie et des Finances.

*Quelles actions concrètes ?*
Le projet prévoit notamment :
• La promotion de pratiques agricoles durables pour augmenter les rendements;
• La protection des bassins versants et des sols contre l’érosion ;
• L’amélioration des systèmes d’irrigation et de gestion de l’eau;
• Un soutien aux filières locales, de la production à la commercialisation.
L’accent sera mis sur la mise en œuvre du plan directeur pour des paysages productifs résilients, piloté par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Des investissements dans l’innovation agricole et les infrastructures rurales sont également prévus pour créer des emplois et faciliter l’accès aux marchés.

*Un souffle d’espoir pour les communautés rurales, mais le chemin reste semé d’embûches*
Si l’annonce de ce financement suscite un réel optimisme dans les zones les plus reculées d’Haïti, les défis à surmonter demeurent colossaux. Ce don de 50 millions de dollars représente bien plus qu’une simple injection financière. C’est une lueur d’espoir pour des milliers d’agriculteurs et de familles rurales qui luttent quotidiennement contre l’insécurité alimentaire et la précarité.

Cependant, dans un contexte haïtien marqué par des années de mauvaise gouvernance et de projets mal coordonnés, la véritable question qui se pose est celle de la mise en œuvre effective. Comment garantir que ces fonds atteindront réellement ceux qui en ont le plus besoin ? L’histoire récente du pays est hélas jalonnée d’exemples où l’aide internationale s’est perdue dans les méandres de la bureaucratie ou a été détournée de sa vocation initiale.

La balle est désormais dans le camp des autorités et des partenaires techniques pour prouver que, cette fois, les promesses se traduiront en actes.

« J’ai peur de mourir »: l’appel au secours de Jeff Louis, ancien footballeur haïtien

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Coincé à Mirebalais, sa ville natale tombée aux mains des gangs, l’ancien footballeur Jeff Louis vit dans la peur. Pillé, sans ressources et bloqué en Haïti faute de documents valides, il lance un appel désespéré pour rejoindre ses enfants en France.

À 32 ans, Jeff Louis, ancien milieu offensif du football haïtien, vit un véritable cauchemar. Contraint de mettre fin prématurément à sa carrière en 2018 en raison de graves blessures aux genoux, l’ex-joueur de l’AS Mirebalais, du Standard de Liège, ainsi que des clubs français du Mans, de Nancy et de Caen, se retrouve aujourd’hui piégé dans son pays natal, ravagé par la violence des gangs.

Dans un témoignage poignant accordé au journal L’Est Républicain, Jeff Louis décrit l’enfer qu’il traverse. Sa maison à Mirebalais, à une cinquantaine de kilomètres de Port-au-Prince, a été pillée par des groupes armés. « Ils m’ont tout pris. Je n’ai pas eu d’autre choix que de fuir », confie-t-il.

Le climat d’insécurité généralisée en Haïti laisse peu d’espoir à ceux qui, comme lui, tentent de survivre. « Ces gens-là n’ont aucune valeur, aucune considération pour la vie humaine. Si tu leur poses un problème, ils te tuent », déplore l’ancien international, la voix chargée d’angoisse. Même après avoir quitté son quartier, Jeff Louis continue de vivre dans la terreur. « J’ai peur de mourir », admet-il.

Sans document valide pour quitter le pays, il est aujourd’hui réfugié dans un hôtel, où il survit grâce aux dernières économies en sa possession. « Il me reste un tout petit peu d’argent pour dormir quelques jours encore, mais après ça, je vais me retrouver à la rue, sans rien », s’alarme-t-il.

L’ancien joueur, auteur de cinq buts en 33 sélections avec la sélection haïtienne, espère désormais qu’un élan de solidarité pourra l’aider à rejoindre ses deux enfants en France. Son cri de détresse souligne une fois de plus la crise humanitaire profonde qui frappe Haïti, où l’emprise des gangs rend la vie quotidienne insoutenable pour des milliers de personnes.

Haïti : 30 ans de dictature versus 40 ans de Démocratie Le Déclin d’une Nation et l’Échec Total du Modèle Politique

Haïti, jadis un pays qui, malgré la dictature, avait une infrastructure économique et sociale solide, est aujourd’hui un pays dévasté, effondré sous les coups de la corruption, de l’incompétence et des ingérences extérieures. À la fin du régime dictatorial des Duvalier en 1986, l’espoir de la démocratie se propageait comme un phare, mais cette promesse a été rapidement réduite à néant. Après trente ans de dictature, le pays était encore capable de maintenir une certaine cohésion interne et de fonctionner, même dans une grande précarité. Les entreprises publiques, telles que Teleco, le Beurre du Sud qui produisait du lait et du yaourt, la Sodexol, l’Email, la BNDAI, et bien d’autres, étaient des piliers essentiels de l’économie haïtienne. Ces institutions créaient des emplois, soutenaient l’agriculture et l’industrie, et permettaient au pays de produire et de consommer une grande partie de ses besoins.

Les usines sucrières, l’HASCO (Haïti Sugar Corporation), et la production de produits agricoles comme le riz et le maïs soutenaient non seulement l’économie mais aussi la souveraineté alimentaire du pays. Des services publics tels que l’eau potable étaient accessibles, l’électricité était présente 18 heures par jour et la sécurité assurée 24 heures sur 24, permettant aux citoyens de vaquer à leurs occupations dans un environnement relativement stable. Le pays était également un centre culturel vivant, avec des centres d’art, des lieux de lecture, de peinture et des cinémas, qui témoignaient de la vitalité de la culture haïtienne. Le tourisme, bien qu’encore à ses balbutiements, avait des bases solides grâce à une infrastructure en développement.

Cependant, après 1986, avec l’arrivée de la démocratie, le pays a vu s’effondrer ces bases et ces acquis. L’idéal démocratique qui avait été promis s’est transformé en une illusion, et ce qui était censé être un renouveau a vite sombré dans l’anarchie, la corruption systématique, et la mauvaise gestion.

La privatisation des entreprises publiques a démantelé des structures vitales pour l’économie nationale, et l’absence de vision politique a permis à des groupes d’intérêts étrangers et des élites locales corrompues de prendre le contrôle des ressources du pays. Teleco, jadis un joyau de l’économie haïtienne, a été démantelé, tout comme le Beurre du Sud et d’autres entreprises productrices, qui ont été réduites à néant. En quelques années seulement, des milliers d’emplois ont été perdus, et l’État haïtien, au lieu de se renforcer, a vu ses capacités de gestion et d’intervention s’effondrer.

Le secteur agricole, pourtant la base de l’économie haïtienne, a été sacrifié sur l’autel des politiques néolibérales imposées par les puissances internationales, qui ont forcé Haïti à ouvrir son marché aux produits étrangers subventionnés. Ce fut un coup fatal porté aux producteurs locaux, et aujourd’hui, le pays dépend en grande partie des importations alimentaires. Les usines sucrières et l’agriculture vivrière ont été réduites à l’état de ruines, et la souveraineté alimentaire du pays a disparu.

Le système éducatif, un autre secteur fondamental, a également été érodé par des réformes mal pensées et une gestion chaotique. Les centres d’art, qui étaient un exemple de la richesse culturelle haïtienne, ont été laissés à l’abandon, tout comme les cinémas et les espaces de lecture qui étaient au cœur de la vie culturelle du pays. L’accès à l’éducation s’est dégradé, et aujourd’hui, des millions de jeunes haïtiens sont privés d’un enseignement de qualité, alimentant un cycle de pauvreté et d’ignorance.

Ce processus de destruction n’a pas seulement été le fait de gouvernements incapables, mais d’une classe politique entière, qui a sacrifié l’avenir du pays pour des intérêts personnels, souvent en connivence avec des pouvoirs étrangers. Les élections, censées être l’un des fondements de la démocratie, sont devenues une farce, un terrain de fraude, de violence et de manipulation, où des politiciens corrompus se battent pour des places au sommet, sans jamais chercher à véritablement servir la nation. Cette démocratie dévoyée a permis à des personnages tels que les CPT (Colons Présidentiels de Transition) et les Premier Manipulateur (PM) de prendre le contrôle, sans aucune intention de redresser la situation du pays.

Les ingérences extérieures ont exacerbé cette crise. Au lieu de soutenir des projets durables pour le développement du pays, la communauté internationale a souvent été complice de cette destruction, ne cherchant qu’à maintenir son contrôle sur les ressources naturelles du pays, tout en faisant semblant d’aider à la reconstruction. L’aide internationale, au lieu de soutenir une véritable politique de développement, a souvent alimenté la corruption et favorisé les élites au détriment du peuple haïtien.

Aujourd’hui, la situation d’Haïti est catastrophique. Le pays se trouve au bord de l’effondrement total, avec une insécurité généralisée, une injustice sociale qui frappe les plus vulnérables, et une économie complètement à l’agonie. Les élites politiques, qu’elles soient de droite, de gauche ou du centre, ont toutes contribué à cette tragédie, et ce, de manière active ou passive. Ce qui se passe en Haïti aujourd’hui n’est pas un accident ni une fatalité, mais un processus de destruction systématique qui a été planifié et exécuté, que ce soit par la complicité des dirigeants politiques ou par les intérêts étrangers qui ont fait main basse sur le pays.

L’heure du réveil a sonné. Il est crucial que le peuple haïtien prenne conscience de la réalité de sa situation et des responsables qui l’ont menée à ce point. Les dirigeants qui ont été au pouvoir, et qui sont encore là aujourd’hui, ont trahi le pays. Il est temps de démasquer ceux qui ont orchestré cette catastrophe et de réclamer un réveil national. Il est temps de restaurer l’autonomie, la souveraineté et la dignité du peuple haïtien. Les quarante années de démocratie ont tout détruit, et il est grand temps de reconstruire Haïti, mais cette fois avec un véritable projet national, fondé sur la justice, l’égalité, et l’humanité.

Port-au-Prince, 28 Avril 2025

Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA

LETTRE DE RAOUL DENIS JUNIOR ( ARTISTE)

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Lettre ouverte au CPT, au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, son gouvernement, à la PNH (Police Nationale d’Haïti), aux FAD’H (Forces Armées d’Haïti), aux Kényans et à tous les autres

Madame, Messieurs du CPT,
Monsieur le Premier Ministre sans mandat,
Mesdames et messieurs les ministres,
Messieurs les hauts gradés de la Police Nationale et des Forces Armées d’Haïti,

Je vous écris avec la rage au cœur, le vomi au bout des lèvres et les poings serrés.

Le 16 avril, comme des millions d’Haïtiens, j’ai regardé le dispositif militaire et policier disproportionné que vous avez déployé pour empêcher une imposante manifestation citoyenne menée par le commandant Samuel du Canapé-Vert.

C’était un mouvement pacifique, portant les cris de colère et de désespoir de personnes qui ont atteint leur limite. Une foule debout avec dignité réclamant pour une énième fois la protection de ce gouvernement. Et pourtant, votre force de sécurité « privée » était prête à écraser cette manifestation avec ses bottes, ses casques, ses gaz lacrymogènes et ses armes.

Nous n’avons jamais vu une telle force déployée à Carrefour-Feuilles, au Bel-Air, à Delmas, à Mariani, à Canaan, à Martissant, à Savane Pistache, à Tabarre, à Kenscoff, à Mirebalais… là où vos patrons indirects, les gangs, règnent depuis des mois en toute impunité, dans le sang, la terreur, le viol, et le feu.

Mais quand il s’agit de protéger votre sale petit confort, vos véhicules blindés et vos fauteuils volés de la Villa d’Accueil, grâce à vos « Quatre bons amis » et la Caricom là vous êtes prêts à tout ! À tirer sur le peuple. À marcher sur des corps. À donner des ordres criminels. Vous déployez alors toutes les ressources de la nation, non pour servir, mais pour vous servir.

Vous êtes à vomir.
Vous êtes la honte de cette nation.
Vous êtes une insulte vivante à la mémoire de ceux qui sont morts pour que ce pays soit libre.
Êtes-vous tous issus d’un seul ancêtre ? Conzé ? Votre trahison semble génétique.

Quand il s’agit de protéger vos privilèges, vous devenez soudainement brillants, organisés, disciplinés, stratégiques. Mais face aux massacres à répétition, aux pillages, aux femmes violées en série, aux enfants enterrés dans la terreur, vous êtes lâches, absents, silencieux. Non, pire : vous êtes complices. Parce qu’on ne laisse pas un pays brûler si on ne fait pas partie des incendiaires.

Pendant que des familles déplacées font leurs besoins à 25 gourdes le sachet, vous, comme neuf vilains petits canards suivant votre mère l’Oie, vous chiez sur votre passage à mesure que vous vous gavez de ce qui ne vous appartient pas.

Et maintenant que vous avez voté un budget de guerre, décrété un État d’urgence, j’ose poser la question suivante :
Est-ce pour briser l’échine des gangs, ou pour briser davantage celle du peuple ?
Est-ce pour reconquérir les territoires, ou pour mieux livrer ceux des autres départements ?
Est-ce pour servir la République, ou pour continuer à nous imposer votre République de coquins ?
Démissionnez ! C’est l’unique geste patriotique que nous vous demandons.

Alix D. Fils-Aimé, tu es en train de traîner dans la boue le nom de ton père, Alix « Boulon » Fils-Aimé.
Lui, n’aurait jamais accepté de se compromettre ainsi avec des filous aux dents longues.
Tu fais le déshonneur de ta famille, Fils-Aimé fils. Démissionne, la nation t’en sera redevable.
Et vous tous de ce gouvernement, Démissionnez, avant qu’il ne soit trop tard pour vous. Le peuple a aussi son tribunal, et l’Histoire retiendra vos noms dans ses pages les plus abjectes.

Hauts gradés, recevez ici la plaque d’honneur de la trahison à la nation.

Rameau, Haïti a compté sur toi l’espace de deux rafales de kalach. C’est dire à quelle vitesse s’est envolée la confiance.

Mario Andrésol, tu reçois ici la palme de la déception.
Ton image de policier rectiligne est en train de pâlir plus vite qu’un flash de caméra. Fous le camp de ce merdier puant Il est presque trop tard !

Autorités kenyanes, le geste le plus noble que vous puissiez faire maintenant, c’est de rappeler vos troupes inutiles et de placer le reste du magot de votre magouille sur un compte (au Burkina Faso de préférence), au nom du futur gouvernement haïtien honnête, accepté, porté et protégé par le peuple !

Leaders politiques du 20e siècle, pendant 40 ans vous nous avez menés dans le désert politique le plus abject. Vous avez conduits le peuple haïtien à son Kanaan. Nous sommes au 21e siècle, cédez la place à ceux qui comprennent ! Votre date d’expiration approche ou est déjà arrivée.

Et vous, « héros » fantômes, où êtes-vous ?
Les Guy Philippe, les Dimitri Hérard, et tous les guerriers 5G des réseaux sociaux ? Le peuple meurt, son sang se déverse dans toutes les rigoles de l’Ouest et du Centre, pendant que vous vous regardez le nombril, la main sur le téléphone. Votre silence est une gifle. Votre perte de temps, une trahison.

Courage, et bravo, KOMANDAN SAMUEL. La nation t’accompagne, Dieu est avec toi !

Cette lettre est une claque.
Un crachat.
Un vomi.
Un avertissement.

SOUS LE REGARD DES TRÈS-HAUTS,
le peuple n’a plus peur.
Le peuple est en colère.
Et quand la colère déborde, les digues sautent.

Raoul Denis Jr
Artiste musicien
Défenseur des Droits d’auteur

La date du début des élections pour le nouveau pape est connue

Le Vatican a annoncé ce lundi 28 avril 2025 que le conclave chargé d’élire le successeur du pape François débutera le 7 mai. Les cardinaux électeurs se réuniront dans la Chapelle Sixtine pour un scrutin à huis clos, précédé d’une messe solennelle, célébrée dans la basilique Saint-Pierre.

Le Saint-Siège a officiellement fixé la date du prochain conclave : les cardinaux électeurs se retrouveront à partir du 7 mai 2025 pour désigner le nouveau chef de l’Église catholique. L’annonce a été faite à l’issue d’une « congrégation générale », une réunion préparatoire privée rassemblant 180 cardinaux, peu après les funérailles du pape François, décédé d’un AVC à l’âge de 88 ans.

Conformément aux traditions vaticanes, la journée s’ouvrira par une messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre. L’après-midi, les 135 cardinaux âgés de moins de 80 ans entreront en conclave dans la Chapelle Sixtine. Ce scrutin, régi par un protocole séculaire, pourra durer plusieurs jours, avec quatre tours de vote par jour : deux le matin et deux l’après-midi.

Plus de 400 000 fidèles s’étaient rassemblés samedi au Vatican et dans les rues de Rome pour rendre un dernier hommage au pape François, premier souverain pontife sud-américain de l’histoire. Après une période de neuf jours de deuil, les « Princes de l’Église » tenteront d’élire un nouveau pontife, capable de guider les 1,4 milliard de catholiques dans un contexte mondial profondément divisé.

Parmi les favoris à la succession figurent l’Italien Pietro Parolin, ancien secrétaire d’État du Vatican, et le Philippin Luis Antonio Tagle, selon les bookmakers. Cependant, les observateurs soulignent que, selon la tradition, l’Esprit Saint doit avant tout inspirer le choix des électeurs.

La fumée blanche, annonçant l’élection d’un nouveau pape, pourrait s’élever quelques jours seulement après le début du conclave. Le nom du nouvel évêque de Rome sera alors proclamé « urbi et orbi », inaugurant ainsi une nouvelle page de l’histoire de l’Église catholique.