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Plus de 1,617 personnes tuées au cours des trois premiers mois de l’année en Haiti: de graves conséquences sur les femmes et les enfants

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti publié le 30 avril 2025, fait état de 35 enfants tués et une dizaine d’autres blessés dans les attaques perpétrées par les bandes criminelles, entre janvier et mars 2025. Ce rapport alarmant sur la situation sécuritaire du pays, révèle le caractère dramatique de la violence armée dans le pays.

Ce document dresse un tableau lugubre sur la profondeur de la crise qui ravage Haïti, marquée par un nombre croissant de victimes, de crimes affreux, ciblant les plus vulnérables.

*Les enfants, doublement victimes*
Même les plus innocents ne sont pas épargnés de la fureur des gangs, déplore le BINUH. Au moins 35 enfants sont tués lors d’attaques de gangs, d’opérations policières ou encore de lynchages populaires. Dix autres ont été grièvement blessés, mentionne le rapport, soulignant également des cas de traite d’enfants, ou le phénomène très répandu d’enfants soldats, enrôlés de force par les bandes armées.

Selon le rapport, au moins 1,617 personnes ont été tuées au cours des trois premiers mois de l’année. À cela s’ajoutent 580 blessés et 161 enlèvements contre rançon, dont une large majorité, soit 63 % dans le département de l’Artibonite, devenu l’épicentre de l’insécurité.

Une situation qui augmente considérablement le nombre d’enfants orphelins, et dans la plupart des cas sans tuteurs légaux. Ces enfants plongés dans une vulnérabilité accrue, cherchant désespérément de l’aide, deviennent les proies faciles des gangs recruteurs, qui les transforment en assassins impitoyables.

*Les femmes au premier plan*
Pour la même période, le rapport note aussi une hausse effrayante des cas de violences sexuelles. Plus de 330 femmes ont survécu à des agressions sexuelles, dont 96 % ont été violées, souvent en groupe, par des membres de la coalition criminelle Viv Ansanm.

Ces actes barbares visent à imposer la terreur dans les communautés et à exercer un contrôle brutal sur les populations locales. Les femmes sont souvent utilisées comme armes de guerre pour faire pression aux belligérants qui tentent de défier l’ordre des gangs ou de s’organiser en groupe d’autodéfense.

Le BINUH alerte sur une situation qui s’apparente à une guerre non déclarée contre les Haïtiens eux-mêmes. Prises au piège entre la terreur des gangs et la faillite de l’État, dans un contexte d’impunité généralisée, l’avenir de toute une génération est menacée. Les populations civiles se trouvent toujours à la merci des gangs, s’exposant à la cruauté des représailles populaires et l’inefficacité des forces de l’ordre.

En attendant ce soutien latent de la communauté internationale, le peuple haïtien vit son drame au quotidien dans l’indifférence générale, même de ses dirigeants.

Barça – Inter Milan (3-3) : un match fou et une qualification encore incertaine

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Le FC Barcelone et l’Inter Milan ont offert un spectacle mémorable lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions, se quittant sur un score de 3-3 au stade olympique Lluís-Companys de Montjuïc. Ce match, riche en rebondissements, laisse la qualification pour la finale entièrement ouverte avant le retour à San Siro le 6 mai.

Dès la première minute, Marcus Thuram a surpris la défense catalane en inscrivant un but d’une talonnade, donnant l’avantage à l’Inter. Peu après, Denzel Dumfries a doublé la mise pour les Italiens, profitant d’une défense barcelonaise désorganisée.

Malgré ce début difficile, le Barça a su réagir. Le jeune prodige Lamine Yamal, âgé de seulement 17 ans, a réduit l’écart avec un but remarquable, devenant ainsi le plus jeune buteur en demi-finale de Ligue des champions. Avant la mi-temps, Ferran Torres a égalisé, permettant aux Blaugranas de revenir dans le match.

Au retour des vestiaires, Dumfries a inscrit son deuxième but de la soirée, redonnant l’avantage à l’Inter. Cependant, le Barça n’a pas tardé à réagir : Raphinha a égalisé grâce à une frappe puissante déviée par le gardien Yann Sommer. Les deux équipes ont continué à se créer des occasions, mais le score est resté inchangé jusqu’au coup de sifflet final.

Ce match nul laisse toutes les options ouvertes pour le match retour à Milan. Le Barça devra améliorer sa défense, pointée du doigt par Raphinha comme “inacceptable” après avoir concédé trois buts à domicile. De son côté, l’Inter cherchera à capitaliser sur ses performances offensives tout en consolidant sa défense.

Les postes de péage rapportent aux gangs armés entre 60 et 100 millions de dollars par an

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Depuis un certain temps, les gangs armés ne se contentent très peu d’actes de kidnapping pour s’enrichir ; ils établissent, à visière levée, des postes de péage sur toutes les routes principales. Cela leur permet de générer entre 60 et 100 millions de dollars américains par an en imposant des frais illégaux sur le transport des conteneurs et d’autres véhicules circulant dans le pays. Cette information, considérée comme une bombe, a été révélée par le ministre de l’Économie et des Finances lors d’une intervention sur Magic9.

Ces bandes armées, qui sèment la terreur au quotidien dans la capitale haïtienne, s’enrichissent alors que le pays s’effondre. La méthode a changé. Ils font, désormais, fortune grâce aux postes de péage qu’ils imposent aux chauffeurs de camions, aux automobilistes et aux motocyclistes.

Le ministre a précisé que chaque conteneur est soumis à une « taxe » de 2 000 dollars américains exigée par ces groupes. Que ce soit pour se rendre vers le sud ou le nord, un droit de passage est exigé. Ce qui pousse les chauffeurs à augmenter les tarifs des courses pour couvrir ces frais, rendant ainsi des passagers, principales victimes de ce système anarchique, encore plus vulnérables.

Les postes de péage illégaux se sont multipliés depuis le 1er juin 2021, date à laquelle les gangs ont pris le contrôle de Martissant, à l’entrée sud de la capitale. Lors de son intervention sur Magic9, le ministre de l’Économie et des Finances a appelé à la mise en place de mesures urgentes pour mettre fin à cette arnaque de financement criminel.

Selon un rapport de l’ONU, plus de 85 % de la capitale haïtienne est sous le contrôle des gangs armés. Ces derniers étendent leur emprise à d’autres communes du pays, notamment Kenskoff, Mirebalais et Saut d’Eau.

Relever les défis du CAN, le CP Gilles dynamise le secteur santé

Par Killy Johao

Rencontre entre le Conseiller-Président, Louis Gérald Gilles, avec l’administration du Centre Ambulancier National (CAN). ce mardi 29 avril 2025 à l’hôtel Montana.. Cette réunion visait à discuter des mesures à adopter pour renforcer la capacité opérationnelle du CAN dans le but de mieux répondre aux besoins de la population haïtienne. Plusieurs personnalités y ont participé, notamment le ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP), et l’ambassadeur de la République de Chine-Taïwan.

Dans son intervention, le Conseiller Louis Gérald Gilles a mis l’accent sur l’importance d’une coordination efficace pour faire face aux urgences sanitaires. “ Le CPT accompagnera le CAN dans le renforcement de ses capacités, en évoquant des pistes concrètes telles que l’augmentation du nombre d’ambulances, la mise en œuvre d’un vaste programme de formation en secourisme et le renforcement des ressources humaines”.

Le Conseil Présidentiel de Transition en a profité pour réaffirmer son engagement à soutenir les institutions clés du secteur de la santé, dans une perspective de service à la nation.

De son côté part, le président du Conseil d’administration du CAN, Dr Hary Éloi, a exprimé sa détermination à relever les défis actuels afin de permettre à l’institution de mieux remplir sa mission de service public.

Lettre ouverte au président Luis Abinader : Pour une politique migratoire respectueuse des droits humains

Monsieur le Président,

Depuis le début de votre mandat, la République dominicaine a intensifié ses efforts pour contrôler l’immigration, en particulier en provenance d’Haïti. Si la souveraineté nationale et la sécurité sont des préoccupations légitimes, les méthodes employées soulèvent des inquiétudes majeures quant au respect des droits fondamentaux.

Les expulsions massives, les arrestations arbitraires et les déportations de femmes enceintes ou allaitantes, souvent directement depuis des établissements de santé, ont été largement documentées et condamnées par des organisations internationales telles qu’Amnesty International et les Nations Unies. Ces actions, perçues comme discriminatoires et inhumaines, portent atteinte à la dignité des personnes concernées et contreviennent aux engagements internationaux en matière de droits humains.

Par ailleurs, les politiques actuelles semblent détourner l’attention des véritables défis sécuritaires auxquels la région est confrontée — à savoir les réseaux transnationaux de trafic d’armes, de drogue et d’organes humains. Ces menaces, bien réelles, requièrent non pas une stigmatisation de communautés déjà vulnérables, mais une réponse concertée, stratégique et régionale, à la hauteur de leur complexité.

Quant à la tentation d’hériter, par la force ou par l’exclusion, d’un territoire que l’histoire n’a jamais scellé comme indivisible, permettez-nous de rappeler qu’aucun rêve de domination ne peut légitimement s’ancrer dans l’oppression ou l’injustice. Le rêve, lorsqu’il nie l’autre, devient délire — et parfois, délire fatal. Ce n’est pas par l’exclusion, mais par le respect mutuel que la République dominicaine pourra véritablement affirmer sa maturité politique et morale dans la région.

Nous vous exhortons donc, Monsieur le Président, à reconsidérer les choix politiques actuels, à faire preuve de grandeur en engageant un dialogue sincère avec les autorités haïtiennes, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux. Une diplomatie de la lucidité, appuyée sur la compassion, peut encore redonner de l’oxygène à des relations bilatérales trop souvent asphyxiées par les réflexes de peur et de rejet.

Fait à Port Au Prince, le 30 Avril 2025.

Jean Rodlet Jean Baptiste, Président Platfòm Jenès Prezan (PJP)
jeanbaptistejeanrodlet@gmail.com

Les conditions sécuritaires sont défavorables à la presse en Haïti comme en Amérique latine, reconnait la Société Interaméricaine de Presse

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MIAMI, États-Unis.— La Société Interaméricaine de Presse (SIP) exprime sa préoccupation sur la situation de la presse en Haïti. A l’issue d’une réunion semestrielle, tenue les 24 et 25 avril, l’organisation a souligné les conditions difficiles des travailleurs de la presse dans le pays.

Le journaliste senior haïtien, Joseph Guyler C Delva, a pris part à cette conférence virtuelle en tant que Vice-président régional de la SIP pour Haiti. L’occasion pour le secrétaire général de SOS Journalistes Haïti de présenter son état des lieux sur la situation de la presse.

Dans ses propos, Delva a noté que depuis octobre 2024, au moins deux journalistes haïtiens ont été tués dans l’exercice de leur profession et un autre est porté disparu. Plusieurs autres ont été menacés, agressés et/ou refusé d’accès à l’information.

« Par ailleurs durant la même période, la situation n’est pas meilleure en Amérique latine, a fait remarquer la SIP. Une dizaine de journalistes ont été assassinés pour des raisons apparemment liées à leur travail professionnel dont un en Colombie, un en Équateur, un au Guatemala, quatre au Mexique et un au Pérou, a relaté l’organisation, soulignant un niveau élevé d’impunité en raison du manque d’intérêt à révéler ce qui se cache derrière ces attaques. » 

Selon l’organisation, ce climat défavorable à la presse est la conséquence d’une détérioration institutionnelle persistante dans une grande partie du continent, qui se traduit par un manque ou une absence de garanties pour l’exercice d’un journalisme libre. 

L’affaiblissement de la liberté de la presse et de la liberté d’expression rend difficile la promotion d’un débat citoyen large et pluraliste, ce qui, à son tour, affecte le climat démocratique. Tout cela est exacerbé par les limitations croissantes de l’accès à l’information publique dans pratiquement tous les pays des Amériques. », a poursuivi la SIP.

« L’hostilité croissante, le harcèlement et la rhétorique stigmatisante à l’encontre des journalistes et des médias de la part de ceux qui sont au pouvoir se sont répandus dans toute l’Amérique. Aux États-Unis, avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le discrédit et les tentatives de saper le travail des journalistes et des entreprises ont même conduit à un black-out de l’information. » 

La Société Interaméricaine de Presse a dit constater que les journalistes et les médias sont confrontés à une réalité hostile: de la violence physique au harcèlement judiciaire, de la censure économique à la stigmatisation publique. », a-t-elle conclu.

États-Unis : La Citibank ferme tous les comptes de l’ambassade et des consulats haïtiens pour mauvaise gestion

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Par Jean Venel Casséus

La Citibank, l’une des plus grandes institutions financières aux États-Unis, vient de procéder à la fermeture de tous les comptes bancaires liés à l’ambassade d’Haïti à Washington ainsi qu’à ses différents consulats sur le territoire américain. Cette décision radicale survient après plusieurs mois d’avertissements adressés aux autorités haïtiennes sur des pratiques jugées irrégulières dans la gestion des fonds diplomatiques.

Selon des sources proches du dossier, la banque avait, à maintes reprises, notifié l’État haïtien de son intention de mettre fin à cette relation si aucune mesure de redressement n’était entreprise. L’absence de réponse adéquate ou de changements significatifs aurait donc précipité l’action de la Citibank.

Dans le cadre de cette fermeture, la banque a procédé à la restitution intégrale des fonds disponibles dans les comptes concernés. Parmi les montants remis, figure une somme importante d’environ 6,5 millions de dollars américains, initialement destinée à la construction du nouveau bâtiment du Consulat Général d’Haïti à Miami. Ce projet, annoncé depuis plusieurs années, reste à ce jour inachevé.

Il convient de rappeler qu’à plusieurs reprises, des demandes avaient été formulées auprès de l’État haïtien pour la démolition du bâtiment actuel du consulat à Miami, jugé vétuste et dangereux. Au moins deux moratoires ont été sollicités par les autorités haïtiennes pour suspendre cette procédure. Dans ce contexte, il serait opportun que l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) se saisissent du dossier afin de suivre de près la gestion de ces quelque 6 millions de dollars actuellement en circulation.

29 avril 2025

Le PSG frappe fort à Londres : Dembélé offre une précieuse victoire face à Arsenal

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Le Paris Saint-Germain a frappé fort en remportant la première manche de la demi-finale de Ligue des champions face à Arsenal, mardi soir à l’Emirates Stadium. Grâce à un but précoce d’Ousmane Dembélé, les Parisiens s’imposent 1-0 à Londres et prennent une option sur la qualification pour la finale.

Dès la 4e minute, Ousmane Dembélé a profité d’une passe en retrait de Khvicha Kvaratskhelia pour ajuster une frappe croisée qui a trompé le gardien d’Arsenal, offrant ainsi l’avantage au PSG. Ce but marque sa huitième réalisation dans la compétition cette saison, égalant le record du club détenu par Kylian Mbappé.

Malgré une domination initiale, le PSG a dû faire face à une réaction d’Arsenal. Le gardien Gianluigi Donnarumma a été décisif, repoussant notamment des tentatives de Gabriel Martinelli et Leandro Trossard. Un but de Mikel Merino a également été annulé pour hors-jeu, après l’intervention du VAR .

Bien que cette victoire soit historique pour le PSG contre Arsenal, l’entraîneur Luis Enrique reste prudent. Il a souligné que la qualification n’est pas encore assurée et que le match retour au Parc des Princes sera déterminant. Concernant Dembélé, une légère gêne physique le rend incertain pour le prochain match, bien que la blessure ne soit pas jugée grave.

Le match retour se tiendra mercredi 7 mais de la semaine prochaine au Parc des Princes. Le PSG, en quête de sa première Ligue des champions, devra confirmer son avantage face à une équipe d’Arsenal déterminée à renverser la situation. Elle aussi en quête du précieux trophée continental en club.

Haïti Il était une fois un plan d’extermination pour tout un peuple

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Ce texte, je l’écris au fil du temps. Il se compose d’angle de vues pour former un ensemble que j’aimerais publier en plusieurs parties pour mieux retenir le tout. Aujourd’hui je rédige un papier qui ne s’étendra pas sur le génocide des Indiens Taïnos en Amérique ; il ne s’attardera pas sur le 17e siècle, non plus sur le 18e et le 19e siècle esclavagiste. Je m’intéresserai aux faits en cours.
Le Nouvelliste | Publié le : 2025-04-28 00:00:00

Ce que j’écris aujourd’hui est l’histoire de l’instant. Toute vue sur le passé par rapport à l’action en cours, considérez-le comme un flashback pour ne rien oublier.

Ceci n’est pas un texte, c’est un cri. C’est une réflexion qui concerne plutôt notre époque actuelle. Elle concerne le 21e siècle, à l’ère de la haute technologique où la communication se veut rapide comme une flèche. S’adressant à tous les humains connectés à un écran, cette cogitation qui impose une quête de faits, de documentations pour cheminer à fond dans l’examen de ce qui arrive à Haïti, se veut interactive.

Notre quotidien abonde de faits caractérisés par une violence hégémonique aveugle qui sont le fruit de choix politique et économique qui conduisent les Haïtiens à s’entre-tuer. Qu’on ne vienne pas me dire que c’est parce que les jeunes haïtiens armés de gros calibres venant des Etats-Unis sont méchants qu’ils tuent leurs propres frères de sang à Port-au-Prince, Cité Soleil, Kenskoff, Mirebalais, Pont Sondé, Petite-Rivière de l’Artibonite et dans d’autres agglomérations à la ronde.

Des tigres assoiffés de sang

Depuis quand des jeunes à fleur de l’âge (quinze, seize, vingt-ans) de ce pays connu pour son hospitalité et son sourire bienveillant deviendraient-ils spontanément des tigres assoiffés de sang ?

Depuis quand des bandits de grands chemins seraient-ils devenus comme par enchantement des stratèges capables de se déployer sur le territoire avec autant de capacité et d’art pour conduire leurs actions avec autant de détermination et de cohésion ?

Comme certains nantis du big business, ils sont parvenus à rallier à leur cause des professionnels de la communication et influenceurs. Payés grassement, ce monde de la communication les habille sous le label de « combattants de la liberté ». Malheur au public qui accorde crédit aux effaceurs de la réalité.

Une crise spirituelle

Dans la visée hégémonique de l’Occident, qui a construit un narratif ayant pour socle la supériorité de la race blanche, découle toutes les horreurs qui pourraient remplir toute une encyclopédie. Au regard de ce qui nous arrive, il me revient à la mémoire une chanson vodou : « Sa w wè a se sa. » (Ce que vous voyez c’est ce que vous voyez).

Voyons la racine latine du mot « Occident » : occire qui signifie tuer, détruire, massacrer, éliminer, assassiner, égorger. Ou encore occidere : couper, mettre en morceaux ; tuer, faire périr.

Pour un peuple dont les ancêtres ont connu plus de trois siècles d’esclavage, nous ne pouvons pas effacer de notre mémoire ce que nous avons subi d’après une conduite. Nous retenons que la conduite de toute action de l’Occident est fondée sur le mythe de la supériorité de la race. Pour cette raison, l’homme Blanc croit porter sur ses épaules « un lourd fardeau », pénible à supporter : nettoyer la terre de tous les sauvages, de tous les barbares et démons pour en faire un eldorado.

À l’aune de ce mythe, comprenez nos civilisateurs acharnés à terminer leur projet d’extermination en Haïti.

La race maîtresse, dans le cadre de son idéologie qui essentialise les humains jugés inférieurs, a balayé nos frères Taïnos de la croûte terrestre. Pour eux, ces êtres humains qui n’étaient pas des chrétiens n’avaient pas une âme. Et les Africains ? ils les avaient placés au bas de la pyramide raciale.

Avions-nous oublié que nous étions des objets, des marchandises empilées à la Croix-des-Bossales pour être vendus et jetés en esclavage ?

Confronté à une crise spirituelle, l’Occident s’active dans une poursuite sans fin à la richesse matérielle sur l’autel de la croissance. Dorénavant, ils veulent extraire toutes les richesses de la terre, pomper les ressources de nos océans pour produire des marchandises en vue de montrer leur toute puissance au monde. Carte blanche est donnée à l’enrichissement sans limite de l’individu. Pauvre individu.

Effacer les descendants pour mieux supporter l’histoire

Dans son excès d’orgueil, l’Occident veut réécrire l’histoire pour mieux construire l’imaginaire du monde en tant que superpuissant à obéir au doigt et à l’œil. Voilà pourquoi l’Occident continue à manipuler nos élites contre notre peuple pour mieux faire disparaître les descendants de nos vaillants guerriers qui ont crié lors de la bataille de Vertières « Liberté ou la mort ! Vivre libre ou mourir ! »

Nos élites aveuglées par l’argent ; nos élites, structurées dans un logiciel qui détermine leurs tâches à accomplir, exécutent leur fonction de valets. Toutes leurs opérations n’ont rien à voir avec les finalités essentielles de notre société. Ils sont au service d’un système programmé pour notre extermination.

Le tonnerre qui accompagne nos dégoûts, nos indignations ne les ébranle pas. Nos cris ne veulent rien dire.

Fini le temps de vivre et d’aimer sous les tropiques. Des gens à la tête de l’État qui sont placés pour nous protéger se retournent contre nous. Regardez comment ils traitent les agents de notre Police nationale ? beaucoup de policiers englués dans la défense de leurs intérêts mesquins ne comprennent même pas qu’on les a avilis avant de les jeter en pâture à la boucherie.

Fini le temps de rêver et d’aimer dans la joie de vivre ensemble. Citoyens, il est venu l’heure de nous ressaisir afin de faire face aux démolisseurs. Vous n’êtes pas un sauvage, vous n’êtes pas inférieurs, comme ils disent. Vous êtes comme tous les êtres humains capables de bien et de mal. La lumière est en vous. Ce que vous faites-là n’est pas une production de l’enfer, elle est le fruit d’une culture, d’un choix politique, d’un choix économique qui nous engloutira tous dans un « shitole ».

Ne voyez-vous pas que nous avons une population aux mains nues, à genou. Pourquoi cette guerre totale. Pourquoi ces lancements de drones ?

Nos élites, aveuglées par l’argent et le pouvoir et le pouvoir qui conduit à l’argent, feignent l’impuissance pour poursuivre leur rêve de conquérants fatigués de vivre au milieu d’un peuple qui traîne dans une misère sale.

Marnatha I. TERNIER

Un bureau régional de l’UCP pour améliorer l’éducation dans le Grand Nord

Par: Jean Mapou

CAP-HAITIEN.— Ouverture officielle d’un nouveau bureau régional de l’Unité de Coordination de Projet par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) le lundi 28 avril. Cette antenne vise à renforcer la gestion et la mise en œuvre des projets éducatifs dans les quatre départements du grand Nord et le département du Centre.

Le ministre de l’Éducation, Augustin Antoine, a lui-même coupé le ruban inaugural en présence de la représentante de la Banque interaméricaine de développement (BID), Corinne Cathala, ainsi que de responsables du MENFP, de directeurs d’écoles et d’élèves. D’autant plus que la nouvelle UCP marque un renforcement du partenariat entre le MENFP et la BID.

L’installation de ce bureau déconcentré illustre l’engagement du MENFP à améliorer le suivi et l’encadrement technique des projets, notamment ceux financés par la BID comme le Projet d’Appui au Plan Décennal d’Éducation et de Formation (PAPDEF), a déclaré le ministre Antoine Augustin. Selon lui cette structure facilitera l’évaluation et la supervision des initiatives éducatives sur place et permettra gagner en temps et en efficacité.

Le ministre a salué le soutien constant de la BID à des programmes tels que le PEQH, l’ACEQH et le Système d’Assurance de la Qualité (SAQ), qui évalue les conditions d’apprentissage dans les écoles. «Le SAQ a permis de recueillir des données sur les infrastructures, l’hygiène, le leadership pédagogique et l’environnement scolaire dans 36 établissements», a fait savoir le professeur Augustin.

Ces évaluations ont permis d’atteindre des résultats probants dans le domaine de la formation continue des enseignants et les directeurs d’écoles, la dotation de kits scolaires, et renforcement des cantines, argumente le titulaire du MENFP. «Plus de 12 500 élèves reçoivent un repas chaud chaque jour», a estimé Antoine Augustin, soulignant que ce sont ces résultats qui ont motivé les partenaires à lancer le PAPDEF en 2022, facilitant ainsi la formation de près de 600 enseignants et d’une centaine de directeurs d’école.

Pour sa part, Corinne Cathala a souligné l’importance de ce bureau régional pour renforcer l’impact des projets éducatifs, en les rapprochant davantage des communautés locales. Elle a réaffirmé l’engagement de la BID à accompagner Haïti dans la mise en œuvre de son plan de relance éducative 2025–2030.

Shoudemilla Surpris, élève de 6e année fondamentale, au nom des bénéficiaires, a exprimé sa reconnaissance envers le MENFP et la BID pour les améliorations de la qualité de son apprentissage grâce aux encadrements des enseignants, la fourniture de manuels, et repas quotidien. Elle a souhaité que ces actions touchent aussi les enfants des zones plus éloignées et des quartiers défavorisés.