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Jean Rebel Dorcenat de retour a la CNDDR, le RNDDH offusqué

Le Conseil des ministres réuni mercredi à la Villa d’Accueil a procédé à une série de nominations, dont celle très remarquée de Jean Rebel Dorcénat au sein de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR). Une modification a été effectuée à l’article 4 de l’Arrêté du 12 février 2025 redynamisant et réformant la CNDDR) pour réintégrer Mr Dorcenat.

Un choix vivement critiqué par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) qui considère cette décision comme une “banalisation de la violence” et d’“impunité organisée”.

Selon Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, Jean Rebel Dorcénat est “un allié de Barbecue, président du gang Viv Ansanm, un proche de chefs terroristes et un facilitateur des groupes armés qui sèment la terreur dans le pays”.

“C’est lui qui a été chargé de “fédérer les gangs après les tueries, et c’est lui encore qui est allé plaider pour eux publiquement”, a lancé Espérance, accusant Dorcénat d’avoir renforcé le pouvoir des gangs plutôt que de les désarmer.

Pour le directeur du RNDDH, cette décision constitue une insulte aux victimes des gangs : “C’est une gifle pour les femmes violées, pour les gens massacrés, pour les déplacés, pour tout un peuple pris en otage par les groupes armés”, a-t-il dénoncé, appelant les autres membres nommés au sein de la CNDDR à “réfléchir sérieusement à leur participation”.

L’organisation des droits humains exige l’annulation immédiate de cette nomination et accuse le CPT de “trahir la promesse de changement et de sécurité”, faite à la population haïtienne.

Il faut rappeler Jean Rebel Dorcenat faisait partie déjà de la commission de désarmement et de réinsertion en 2018 sous la présidence de Jovenel Moïse, et occupait le poste de porte-parole.

Prévention de la violence : la CNDDR et la MSS se concertent avec le soutien du BINUH

À l’initiative de la cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, Isabel Salvador, la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), récemment renouvelée, a tenu une réunion le 30 avril 2025 avec la Mission de soutien à la sécurité (MSS).

Port-au-Prince, 30 avril 2025 – Dans le cadre de son mandat d’accompagnement des initiatives gouvernementales de prévention et de réduction de la violence communautaire, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a tenu ce mardi, une réunion avec la CNDDR et la Mission de soutien à la sécurité (MSS).

La rencontre, organisée sous l’impulsion de la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU, Isabel Salvador, a réuni les responsables de la CNDDR – récemment renouvelée – et le commandant de la MSS, Godfrey Otunge, autour d’un objectif commun : échanger sur des stratégies de prévention de la violence.

La CNDDR, réorganisée par arrêté lors du Conseil des ministres du 21 février 2025, est désormais composée du coordonnateur Enold Florestal et des membres Guerda Prévilon, Claudy Alexis, Junior Bonheur, Illionor Louis, Michel Jean-Marie Léonidas et Abler Roudy Lalanne.

Cette troisième version de la CNDDR “ a pour mission claire de mettre en place une cellule de planification pour agir rapidement et permettre aux enfants et aux jeunes en conflit avec la loi de retrouver leur place dans la société sans discrimination”, comme a indiqué la primature lors de son installation.

Le BINUH, la CNDDR et la MSS s’accordent sur l’importance de la collaboration pour faire face aux défis sécuritaires dans le pays.

Alors que la violence se déchaîne, augmentée par la multiplication des foyers de gangs. Et de plus, ces foyers sont souvent composés à plus de 30% d’enfants. Et ces derniers sont enrôlés de force pour commettre les forfaits.

La CNDDR, bien qu’échouée à deux reprises, demeure l’un des moyens de réinsérer ceux qui ont la volonté d’endiguer la violence.

𝐕𝐢𝐯𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐡𝐚ï𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐧𝐮𝐦é𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞, à 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐮𝐧𝐢 !

𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠, 𝑀𝑆𝑐

Autrefois, les dirigeants qui échouaient pouvaient espérer se recycler. L’histoire officielle, souvent écrite par les puissants eux-mêmes, leur offrait des replis confortables. On les oubliait, ou on les réhabilitait. Mais ce temps est révolu. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, le verdict de l’opinion publique est immédiat, viral, impitoyable. Plus besoin d’attendre un livre d’histoire ou un rapport officiel : la société juge, commente, archive… en direct.

C’est là tout l’intérêt — et toute la violence — de cette ère numérique. Car l’échec de ceux qui dirigent, qu’ils soient présidents, ministres ou directeurs généraux, n’est plus simplement administratif ou politique. Il devient un échec social total. L’espace public leur devient insupportable, hostile, glacial. Ils portent leur échec comme une cicatrice numérique, visible à jamais. Ils deviennent des parias, dans l’espace numérique, tout au moins.

Dans un pays comme Haïti, où les responsabilités sont rarement assumées, les réseaux sociaux jouent désormais le rôle d’archives populaires. Des tiroirs sans fond, qui conservent les fautes, les discours mensongers, les promesses trahies. Et lorsque l’impunité semble régner, le peuple numérique rouvre les dossiers. Le rappel est brutal, sans prescription, sans oubli.

On ne dirige plus sans conséquence. L’éclatement des médias, la prise de parole citoyenne, l’accès instantané à l’image et à la mémoire collective font que le pouvoir ne protège plus de la honte. Il l’expose. Le prestige ne dure plus que l’intégrité. Un ministre défaillant, un directeur corrompu, un président incompétent deviennent en quelques heures les cibles d’un bannissement social massif. Et ce bannissement n’a ni fin de mandat, ni grâce présidentielle.

Nous assistons à une mutation de la sanction. Ce ne sont plus les tribunaux qui effraient les dirigeants, mais le tribunal permanent de l’opinion, alimenté, amplifié et conservé par les réseaux sociaux. Le peuple haïtien numérique en profite bien, à défaut d’un système judiciaire utile. Une leçon pour ceux qui croient encore que le pouvoir est un privilège sans mémoire.

127 ans du Nouvelliste, 14 ans de C3 : Hommage à la persévérance des œuvres de l’esprit en Haïti.

Travay map travay, Azaka mede, map travay avè w tande!

En Haïti, chaque année d’existence d’une œuvre de l’esprit relève de l’exploit. Dans un pays secoué par l’instabilité, la précarité économique et la fragilité institutionnelle, faire vivre une maison d’édition ou une publication est un acte de résistance, une promesse obstinée faite à la culture, à la mémoire, et à l’avenir. C’est pourquoi, en ce mois de mai, il nous faut saluer, avec reconnaissance et admiration, deux anniversaires qui nous rappellent la vitalité haïtienne : les 127 ans du Nouvelliste et les 14 ans de C3 Éditions.

Le Nouvelliste est plus qu’un journal. Il est une mémoire vivante, le témoin des soubresauts, des drames, des gloires et des espoirs de notre peuple. Sa longévité, dans un paysage médiatique fragile, est une prouesse. Grâce à une rigueur éditoriale maintenue malgré les secousses de l’histoire, le Nouvelliste demeure un repère. Cent vingt-sept années à rapporter, à interroger, à réfléchir. C’est un legs considérable que nous devons défendre et transmettre.

À côté de ce monument, une jeune maison d’édition comme C3, fondée par Fred Brutus célèbre ses 14 ans avec la même flamme. Depuis 2011, C3 a su proposer des livres qui bousculent, qui enchantent, qui élèvent. Elle a révélé de jeunes plumes, publié des penseurs essentiels, affirmé une ligne éditoriale audacieuse et contemporaine. Dans un pays où lire est un luxe et éditer un sacrifice, C3 s’impose comme un acteur majeur de la bibliodiversité haïtienne.

Il serait malhonnête de taire combien il est difficile, en Haïti, de maintenir vivantes des œuvres de l’esprit. L’infrastructure manque, les politiques publiques de soutien au livre sont quasi inexistantes, et les lecteurs se battent eux-mêmes pour survivre. Pourtant, des femmes et des hommes continuent de croire en la force transformatrice de la culture. Ils impriment, lisent, diffusent, créent. Ils refusent que la parole haïtienne soit effacée. À leur manière, ils repoussent les limites du possible.

Dans cette dynamique, je suis heureux d’annoncer que la section livre de Doing Community Haiti aux États-Unis deviendra sous peu le représentant officiel de C3 Éditions sur le territoire américain. Nous nous engageons à soutenir les publications de C3, à les diffuser dans les communautés de la diaspora, et à prolonger l’esprit de Livres en folie dans le cadre des manifestations prochaines. D’autres éditions ponctuelles, thématiques ou tournées littéraires viendront enrichir ce partenariat.

Notre combat pour le livre ne peut se faire en vase clos. Il se nourrit d’initiatives parallèles, souvent portées dans la discrétion mais d’une valeur inestimable. Je pense ici à l’initiative Griot de Jean Venel Casseus, qui numérise des ouvrages haïtiens et les rend accessibles au grand public. Je pense aussi à ces libraires de fortune, à ces clubs de lecture de quartier, à ces professeurs qui continuent, malgré tout, à faire aimer le texte.

Saluons donc, avec chaleur, ceux qui tiennent la lampe allumée. Les 127 ans du Nouvelliste et les 14 ans de C3 Éditions sont plus que des chiffres : ce sont des repères dans la nuit, des preuves que l’esprit haïtien, quoique malmené, refuse de mourir.

Célébrons-les. Soutenons-les. Et soyons, chacun à notre manière, les relais de cette chaîne de transmission qui nous relie à notre dignité et à notre imagination.

Yves Lafortune
Fort Lauderdale , le 1er mai 2025

Arnel Bélizaire interpellé pour voie de fait sur une commerçante à Jacmel

Par Jean Mapou
JACMEL, Haïti.— L’ancien député de Delmas-Tabarre a été arrêté dans l’après-midi du mercredi 30 avril, suite à une violente altercation avec une commerçante. Les agents de l’UDMO Sud-Est, accompagnés d’un juge de paix, ont emmené l’ancien parlementaire pour voie de fait sur la dame en question.

L’activiste politique reconverti en businessman, n’est pas très bien vu par les Jacméliens pour ses accès de colère et sa manie de brandir son revolver pour régler ses différends avec les gens. L’information concernant l’agression a rapidement circulée dans la ville, suscitant une forte réaction de la part des habitants et des médias.

Selon des témoins oculaires, l’ex-parlementaire aurait été impliqué dans une violente altercation avec une commerçante de clairin, survenue à proximité de l’hôtel où il est domicilié. Les circonstances de cette confrontation sont particulièrement troublantes. D’après les témoignages recueillis, la querelle aurait été déclenchée par un refus de la marchande d’accepter une invitation galante formulée par Bélizaire la veille.

Désappointé et furieux face à ce mépris, l’ancien parlementaire a réagi de manière violente, ont rapporté des témoins, soulignant qu’il a renversé les marchandises de la dame, démoli son étal après lui avoir infligé des violences physiques.

Les cris de la victime ont attiré l’attention des riverains, qui se sont alors précipités pour intervenir et mettre un terme à l’agression. En réaction à la foule qui se précipita vers lui, Bélizaire a brandi une arme à feu, menaçant les témoins aux alentours.

La victime, qui entretient des liens avec une avocate influente de la région, a décidé, illico, de porter plainte au commissariat, conduisant à l’arrestation immédiate de l’ex-député devant son lieu de séjour.

Cette affaire soulève des questions préoccupantes sur la violence et l’abus de pouvoir, mettant une fois de plus en avant les comportements parfois inacceptables de certains personnes jouissant d’une influence. Elle rappelle également l’importance de la justice, qui, malgré les pressions potentielles, a su répondre efficacement afin de réagir face aux actes de violence et de protéger les citoyens en détresse.

KATIA, une jeune écolière qui donne des raisons d’espérer

Nous consacrons cette rubrique aux jeunes de Vallue qui marquent positivement l’esprit et leur temps.

Sur l’une des mille collines de Vallue, à 650 mètres d’altitude, une jeune nous invite à découvrir l’histoire qu’elle est en train d’écrire, qui vaut la peine d’être racontée. C’est Katia Baptichon, la fille de Louissone Baptichon et de Jacqueline Lys. Elle est née en mars 2007, à Zamor où elle vit avec sa mère, son père étant décédé en 2015. Elle est la cinquième d’une famille de 6 enfants, dont 2 garçons et 4 filles.

Actuellement, elle est en classe de rhétorique ou NS3, à l’École Communautaire Gérard Baptiste de Vallue (ECGBV). Elle sait bien cuisiner et surtout préparer ce plat très aimé par les Haïtiens, que sa mère lui a appris : riz, sauce pois et légumes. Humm, c’est bon !

Son rêve est d’apprendre l’agronomie. Elle aime l’agriculture et souhaite devenir agronome, en vue d’être utile à sa communauté et au pays globalement. Elle détient une parcelle où elle a planté du chou, du poivron, du poireau, de l’aubergine et du piment. Elle a démarré ce jardin garde-manger en janvier 2025, dans le but de commencer à pratiquer l’agriculture non seulement pour apprendre mais aussi pour consommer et vendre, dit-elle.

Le lopin de terre qu’elle utilise appartient à Jesper Charlot, un paysan de la zone qui est membre comme elle de la Maison des Jeunes et de la Culture de Vallue (MJCV). C’est l’unique adulte de cette plateforme de jeunes. Katia a sollicité son autorisation pour utiliser cette parcelle qui est en pente, à quelques mètres et en amont de la maison de ses parents. Jesper Charlot lui a permis d’en faire usage, sans contrepartie. Elle est seule à travailler son jardin. Sauf pour le terrassement elle a requis les services de particuliers, auxquels elle a donné à manger. C’est sa mère qui l’a aidée à avoir les moyens pour nourrir les travailleurs, pour acheter les semences et les outils. Son travail dans le jardin consiste à planter, à arroser à entretenir et à vendre. Elle fournit en moyenne 45 minutes par jour.

Elle aime beaucoup l’expérience qui lui permet d’apprendre, par exemple, comment faire une terrasse et lutter contre les insectes nuisibles. Elle a été sensibilisée au jardin garde-manger à travers l’initiative « Main verte » de la MJCV, dans laquelle elle a appris à faire du compost et reçu un arrosoir. Ce jardin apporte une plus-value à sa vie, un minimum d’autonomie pour satisfaire certains petits besoins comme, par exemple, acheter des sous-vêtements, au lieu de s’adresser à sa mère,

Ce qu’elle n’a pas aimé était un cabri qui a mangé ses plantes et aussi le manque d’eau durant la saison sèche. Elle espère trouver les moyens nécessaires pour renforcer et clôturer son entreprise contre l’intrusion des animaux. Son message aux jeunes de son âge est de pratiquer aussi le travail de la terre. Dans cet art, il y a la vie, a-t-elle dit.

Katia est un modèle de jeune fille de caractère qui donne des raisons d’espérer : passionnée d’agriculture, quand la plupart des jeunes de sa catégorie la fuient ; esprit d’engagement et d’entreprise, par conséquent, d’autonomie. Quoi de plus civique demander à une jeunesse pour construire une grande nation. Katia a tracé sa voie : devenir une agronome pour servir sa communauté et le pays. Mais, elle a besoin de soutien pour renforcer son entreprise : avoir un plus grand espace, accès à l’eau et clôturer son jardin. Avec cette entreprise, elle pourra économiser de l’argent pour financer ses études anniversaires. Elle n’a pas peur de travailler. C’est là que vous entrez en jeu pour l’encourager et l’aider à atteindre ses objectifs. Bonne journée du 1e Mai, Fête de l’Agriculture et du Travail.

Abner Septembre
Centre Banyen Jardin Labo (CBJL)
& Sosyete Lakou Dessalines (SLD)
@ Vallue, 1 Mai 2025.

Trafic de stupéfiants : Pierre Christophe arrêté à Jacmel

La Police Nationale d’Haïti (PNH) a annoncé l’arrestation, ce mardi 30 avril à Jacmel, de Pierre Christophe, activement recherché pour son implication présumée dans un réseau de trafic de stupéfiants, impliquant un civil et une agente de police.

La Direction départementale du Sud-Est (DDSE), bras opérationnel de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la région, a procédé à l’arrestation de Pierre Christophe dans l’après-midi du mardi 30 avril 2025.

Selon les précisions fournies par la Coordination de Presse et des Relations Publiques (CPRP) de la PNH, cette interpellation entre dans le cadre d’une enquête menée par la Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS), qui recherchait activement Pierre Christophe depuis plusieurs mois. Ce dernier serait impliqué dans une affaire de trafic de stupéfiants révélée en juillet 2024, en lien avec un autre individu, Aris Charles, et une policière identifiée comme Carline Dezantil.

Au cours d’une perquisition effectuée à son domicile, en présence du juge de paix Antonius Alexandre, les forces de l’ordre ont saisi 15 cartouches de munitions de différents calibres.

Le suspect a été placé en garde à vue. Les autorités attendent désormais les suites judiciaires pour la poursuite de cette affaire.

Dans cette même journée, la police du Sud-Est a aussi arrêté l’ancien député de Delmas/Tabarre après avoir agressé physiquement une dame devant son hôtel Lakou New York, Jacmel et qu’il devait attendre 5 mai pour être auditionné.

Le Consulat Général d’Haïti à Miami aurait dépensé environ 50 000 dollars pour une visite de 48 heures de Dany Laferrière

Par Jean Venel Casséus

Gare aux chimères dans la gestion des affaires publiques de la diplomatie haïtienne. Près de 50 000 dollars américains auraient été prélevés des fonds du Consulat général d’Haïti à Miami pour organiser, fin mars dernier, un séjour d’environ 48 heures de l’écrivain Dany Laferrière dans cette métropole floridienne. Cette visite, orchestrée par l’administration du consul général de l’époque, Antonio Réginald Victor Louis, a été justifiée au nom de la culture, de la diplomatie et, peut-être, du prestige.

Joint au téléphone, l’actuel consul général fraîchement nommé, Yverick Delerme Cyril, n’a pas été en mesure de confirmer ni d’infirmer cette information que nous avons obtenue de sources fiables.

Certains diront que cette somme n’est pas excessive lorsqu’il s’agit d’accueillir un immortel de l’Académie française. Soit. Mais dans un contexte de gestion publique aussi précaire que celui d’Haïti, la véritable question reste : quelle est la valeur ajoutée ? Une amélioration durable de l’image de la communauté haïtienne à Miami ? Une reconnaissance accrue du rara haïtien sur la scène culturelle internationale ? Un réel rapprochement entre le consulat et ses administrés ? Ou simplement la satisfaction d’un fantasme ?

Dans les pratiques administratives haïtiennes, l’événementiel tend trop souvent à supplanter le substantiel. Il permet d’occuper l’espace médiatique, de flatter les égos et, surtout, de justifier des dépenses somptuaires dont l’impact reste difficile à mesurer.

À force de transformer les institutions en vitrines événementielles, on prend le risque de dilapider des ressources précieuses dans des initiatives ponctuelles et spectaculaires, au détriment d’actions structurantes et durables. Une manière subtile de masquer l’inaction.

Et, dans cette logique, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) devrait exercer un regard plus soutenu, afin de vérifier si ces types d’initiatives s’inscrivent réellement dans une politique publique cohérente ou relèvent plutôt d’une gestion improvisée, propice aux détournements.

_30 Avril 2025_

Haïti : le danger d’effondrement imminent de l’État

En guise de rappel, depuis tantôt 14 ans, notre pays subit un régime gangocratique inauguré avec le Narcotrafiquant bien connu, Monsieur Michel Joseph Martelly, hissé au pouvoir le 14 mai 2011 à la faveur de la Maison Blanche et de concert avec les principales ambassades occidentales regroupées en une coalition de pouvoir d’ingérence, dénommée : core group. Arrivé au pouvoir à travers une mascarade électorale contestable et contestée, il avait institué son pouvoir sur un trépied composé de :
Le corps group (constitué des ambassadeurs des USA, de la France, du Canada, de l’UE, de l’Espagne, de l’Allemagne, du Brésil, du représentant spécial de l’OEA et de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies).
La bourgeoisie rentière, flibustière et contrebandière (dit secteur des affres-faire)
Des cartels de drogue et des associations criminelles (appelées couramment les gangs).

Sous le règne de Martelly, on peut dire que l’État s’associait avec la mafia, à la fois pour conquérir le pouvoir, le maintenir et le consolider. C’est ce qu’on nommera dans l’histoire récente d’Haïti, la gouvernance des bandits légaux ; tandis que sous l’administration de Monsieur Jovenel Moïse, ce dernier coopté et parachuté à la magistrature suprême de l’État par le régime des bandits légaux, fusionne l’Etat et la mafia tout en fédérant les associations criminelles pour pérenniser et renforcer le régime.
En revanche, à l’assassinat crapuleux de Monsieur Moïse par les cartels de Drug, le 7 juillet 2021 dans sa résidence, les autres associations criminelles qu’il avait fédérées sont devenues une espèce de mercenariat ambulant plus ou moins autonome qu’a hérité son successeur, M. Ariel Henri, qui a pu passer pas moins de trois ans à se démêler de cette camarilla tout en flirtant avec ce mercenariat avant de se voir éjecter du pouvoir par cette fédération des gangs dénommée : G-9 en famille et alliés qui avait paralysé la capitale en vue de forcer le Premier-Ministre-Président à rester en exil aux Etats-Unis d’Amérique.
Etant donné que la mort d’un sergent arrange toujours un caporal, cette expatriation de Monsieur Henri a fait la part belle aux neuf membres de la fameuse Coalition Présidentiel de Transition (CPT) qui, par contingence, bénéficient un pouvoir émanant directement de la « révolution » de la coalition des terroristes « viv ansanm », ci-devant G-9.
Ainsi, le pouvoir nanocephal porte dès sa naissance, les germes même de sa perversion. Car, il s’agit pour ainsi dire, pour les neuf mousquetaires, d’ouvrir la boite de pandore. Et, ce faisant, il procède à la cession de ce qui restait de l’ÉTAT à l’empire terro-cratique dans sa version la plus féroce et meurtrière depuis sa création en 2011.
En conséquence, aujourd’hui, l’État est censé dissoudre dans le régime terro-cratique au point que la coalition des terroristes peut ordonner à la Coalition Présidentielle de Transition de nommer pour son compte : Ministres, Directeurs généraux, Commandant en chef de la Police Nationale d’Haïti, délégué départemental, commissaire du gouvernement, le tout dernier ordre en date est celui du caïd de la commune de carrefour, Krisla, qui a décrété le dimanche 27 avril 2025 trois journées de grève juridictionnelle (lundi, mardi, mercredi) pour exiger aux autorités dites étatiques de valider pour lui un conseil municipal intérimaire après avoir chassé au début de l’année en cours tous les représentants légaux de l’État central et des collectivités territoriales. Il dit qu’il veut agir en toute légalité, c’est pourquoi, il ne nomme pas directement de son propre chef son conseil municipal. Sa grève a été respectée sans surprise à 100% durant les deux premiers jours. En dépit de cette réussite totale, il poursuit sa grève en convoquant la population à une journée de corvée pour balayer les rues de la ville de Carrefour en attendant que ses collaborateurs de la Coalition Présidentielle de Transition exécutent avec célérité son instruction sous peine d’organiser d’autres massacres sur la population vulnérable, laquelle est sans secours ni recours.
Ailleurs, c’aurait été un fait insolite, mais chez nous en Haïti, dans la première République nègre indépendante du monde qui oubliée et avilie, il est un fait divers, voire normal qui n’étonne presque personne. Ici, la volonté des terroristes est plus forte que la volonté générale, elle remplace les lois. Les couches populaires subissent un cycle infernal de violence indescriptible depuis ces sept dernières années dans certaine région du pays.
Voilà où nous en sommes dans cette décente aux enfers enclenchée depuis 14 ans de règne voyoucratique. Nous sommes aux abois. Le peuple haïtien appelle au secours des peuples du monde entier pour sa survie ! Le malheur nous guette de toutes parts. Il est multiforme. Nous n’avons plus de mots pour mieux décrire nos maux.

Jean Willy Belfleur, Fort-Liberté,