mercredi, mars 11, 2026
10.3 C
Londres
Accueil Blog Page 188

Programme National de Cantines Scolaires, une foire gastro-artisanale pour promouvoir la souveraineté alimentaire

PORT-AU-PRINCE.— Le Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) a organisé, le 1er mai, une première foire gastro-artisanale à l’occasion de la Journée mondiale de l’agriculture et du travail. Les expositions déroulées dans les locaux de l’institution à Catalpa, un quartier de la commune de Delmas, étaient une occasion pour l’institution de mettre en avant la production locale, sous le thème: «Bay manje lokal nan lekòl, se kore pwodiksyon nasyonal».

Une grande première de toute série promise par le Coordonnateur du PNCS, Kevenot Dorvil, en vue de souligner l’importance de la souveraineté alimentaire d’Haïti. En ce sens, les activités ont été dédiées à Harry Nicolas, ambassadeur de la gastronomie nationale, connu sous le pseudonyme «Mèt Fèy Vèt», pour sa contribution dans la promotion de la production agricole nationale.

Me Kenevot Dorvil a salué le travail de Mèt Fèy Vèt en faveur de la consommation locale. «Un protocole d’accord pour renforcer la collaboration avec les producteurs haïtiens sera signé sous peu», a-t-il annoncé.

La foire a réuni de nombreux fournisseurs de produits alimentaires au programme national de cantines scolaires et des exposants venus des différentes régions du pays. Des variétés de produits ont été offertes ont participants, en plus de la richesse et la diversité de la culinaire haïtienne.

En inaugurant cet événement, le PNCS vise à soutenir les producteurs locaux tout en garantissant un accès à une alimentation saine et locale pour les enfants haïtiens, affirmé Dorvil, indiquant son intention de faire de cette foire un événement régulier.

«L’objectif à long terme est de continuer à offrir des repas chauds aux écoliers tout en dynamisant l’économie locale», a renchéri Dorvil, remerciant également ses partenaires pour leur contribution au succès de cette première édition.

En dépit du climat de sécurité préoccupant, les participants ont fait le déplacement pour illustrer l’attachement des Haïtiens à leur richesse culinaire. Toutefois cette foire est une mobilisation d’énergie en faveur des actions concrètes de soutien à la production locale.

Par Jean Mapou

La masse salariale de la diplomatie haïtienne avoisine les 6 millions de dollars par mois.

Ne soyez pas étonné si l’on vous apprend que le passeport diplomatique remplace, à certains égards, le CBP One du programme Biden en Haïti. Sous couvert de statut diplomatique, des centaines de proches des dirigeants haïtiens les mieux placés fuient le pays en raison de l’insécurité grandissante. Résultat : un surpeuplement croissant dans les ambassades et les consulats.

Selon nos informations, les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) auraient intimé l’ordre au chancelier Harvel Jean Baptiste de réserver les postes dans les missions diplomatiques aux États-Unis exclusivement à leurs proches. Monsieur Jean Baptiste est un soldat. Et un soldat, ça obéit aux instructions aveuglément, quitte à ruiner sa personne et sa personnalité.

Le conseiller-président Smith Augustin, entre autres, aurait déjà procédé à au moins dix nominations dans les missions haïtiennes chez l’Oncle Sam dont Mesmy Mary Fleurant, Lauture Jacques… Au Canada, la valse se joue aussi à mille temps dans les missions. En témoigne le contrat que vient d’obtenir l’un des frères de son chef de cabinet, Mathias Pierre.

Cependant, les dirigeants canadiens nous ont à l’œil : leur consulat en Haïti a récemment refusé au MAEC six demandes de visa diplomatique. Une ancienne ministre du gouvernement de Garry Conille figurait parmi les demandeurs. Quelle honte !

À maintes reprises, nous avons tenté de contacter la direction des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) pour obtenir le nombre exact de diplomates haïtiens et de contractuels en poste à l’extérieur. En vain. Nos appels se sont systématiquement soldés par des raccrochages, comme s’il s’agissait d’un secret d’État.

À défaut de réponse officielle, ce que l’on sait de sources sûres, c’est qu’il y a deux ans, la masse salariale mensuelle de la diplomatie haïtienne s’élevait à environ 4 millions 500 mille dollars. Aujourd’hui, elle avoisine les 6 millions. Depuis l’arrivée de Harvel Jean Baptiste, elle a connu une augmentation d’au moins 10 %. Annoncé comme un sauveur-réformateur, il apparaît désormais comme un exécutant docile. Un oui-oui. Un “j’approuve”, sans plan ni vision.

Quel dommage ! Haïti est peut-être le seul espace sur terre ayant une colonie bien fournie de diplomates sans vraie diplomatie.

Département d’État des États-Unis Bureau de la porte-parole Le 2 mai 2025 Fiche d’information

Viv Ansanm est un groupe qui s’est constitué en septembre 2023 sous la forme d’une coalition de gangs née d’une une alliance entre les deux principales factions de gangs opérant à Port-au-Prince, à savoir G-9 et G-Pép.

Ces groupes offrent une plateforme unifiée aux groupes criminels qui recourent à la violence pour déstabiliser Haïti et étouffer les actions visant à rétablir le contrôle de l’État. Viv Ansanm a lancé des attaques coordonnées contre des infrastructures critiques en Haïti, y compris des prisons, des bâtiments gouvernementaux et le principal aéroport du pays à Port-au-Prince, dans le cadre d’une campagne qui a notamment contraint l’ancien Premier ministre haïtien Ariel Henry à démissionner.

Gran Grif est le plus grand gang du département de l’Artibonite, une région qui abrite une grande partie des rizières du pays. Depuis 2022, Gran Grif est responsable de 80 % des décès de civils signalés dans l’Artibonite. Gran Grif a attaqué la Police nationale haïtienne et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) autorisée par l’ONU, notamment lors de l’attaque de février 2025 qui a coûté la vie à un officier kenyan de la MMAS.

Les désignations terroristes exposent et isolent des entités ou des individus, et leur interdit l’accès au système financier américain et aux ressources dont ils ont besoin pour mener leurs attaques.
Tous les biens et les intérêts dans les biens des personnes aujourd’hui désignées, qui se trouvent aux États-Unis ou qui sont sous la possession ou le contrôle d’une personne des États-Unis, sont bloqués. Il est généralement interdit aux personnes des États-Unis de faire des affaires avec des personnes sanctionnées.

Les personnes, y compris les citoyens américains, qui prennent part à certaines transactions ou activités avec ces entités ou ces individus peuvent s’exposer à des risques de sanctions. Il convient de noter que le fait d’effectuer certaines transactions avec les organisations désignées aujourd’hui comporte un risque de sanctions secondaires en application des pouvoirs en matière de lutte contre le terrorisme.

Le fait de fournir sciemment un soutien matériel ou des ressources à ces organisations, de tenter d’agir en ce sens ou d’y conspirer constitue un crime. En outre, les désignations comme organisations terroristes peuvent faciliter les mesures répressives prises par d’autres agences et gouvernements des États-Unis.

Les mesures prises aujourd’hui sont prises en vertu de l’article 219 de l’Immigration and Nationality Act (la loi sur l’immigration et la nationalité), telle qu’amendée, et du décret 13224, tel qu’amendé. Les désignations FTO prennent effet dès leur publication au Journal officiel fédéral.

Les requérants qui demandent le retrait des personnes désignées aujourd’hui de la liste des Ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées doivent se référer à la page Delisting Guidance du département d’État.

Viv Ansanm, une désignation qui change tout : l’Haïti au bord du jugement mondial

La désignation du groupe armé Viv Ansanm comme organisation terroriste par les États-Unis marque un tournant historique dans la crise haïtienne. Ce n’est plus seulement un problème de sécurité nationale. C’est une requalification radicale du chaos haïtien : le pays est désormais perçu comme un terrain d’opération terroriste dans l’hémisphère occidental. Et les conséquences, à la fois visibles et silencieuses, seront implacables.

D’abord pour Haïti, cette désignation précipite son isolement. Le regard du monde change. Les États ne traiteront plus ce dossier comme une simple instabilité locale, mais comme une menace pour la sécurité régionale. L’image du pays s’assombrit, se referme, se stigmatise. Les relations diplomatiques seront soumises à condition. Les flux financiers, humanitaires ou de coopération passeront désormais par des filtres de sécurité renforcés. Le pays entre dans une ère de suspicion mondiale.

Au niveau bancaire, le système haïtien entre en zone rouge. Toute banque locale ou institution de microfinance soupçonnée de faciliter les transactions des gangs tombera dans le viseur du Trésor américain et de ses partenaires. Les transferts d’argent de la diaspora, les virements internationaux, les mouvements en devise, les comptes en nom fictif, tout sera scruté. Et si les institutions haïtiennes échouent à prouver leur intégrité, elles pourraient être déconnectées du système bancaire international, une sanction financière d’une ampleur catastrophique pour une économie déjà agonisante.

Cette désignation donne aussi un fondement légal à des actions étrangères musclées. Les États-Unis, le Canada, la France et d’autres alliés peuvent désormais justifier l’usage de drones, de forces spéciales, voire de frappes ciblées si les chefs de gangs sont classés comme menaces terroristes. L’intervention de la mission multinationale, menée par le Kenya, prend désormais une autre dimension : elle n’est plus là pour sécuriser, mais pour démanteler une structure terroriste. Le droit international autorise la neutralisation immédiate de tout groupe ou individu lié à une organisation terroriste. La justice haïtienne, impuissante ou corrompue, pourrait être contournée.

Le Conseil Présidentiel de Transition, les ministres, les hauts fonctionnaires du pouvoir doivent comprendre qu’ils sont désormais eux aussi sous surveillance. Toute complicité avec Viv Ansanm active ou passive peut être qualifiée de collaboration avec une organisation terroriste. Cela signifie des sanctions personnelles, la saisie de biens, des blocages de visa, et dans certains cas, des mandats d’arrêt internationaux. Leur pouvoir déjà fragile est maintenant conditionné à une action immédiate et visible contre les gangs. Sinon, ils tomberont.

Quant aux oligarques, ceux qui financent, protègent ou utilisent les gangs comme bras armé pour défendre leurs intérêts commerciaux ou politiques, ils sont directement menacés. Leurs entreprises, leurs comptes offshore, leurs investissements à Miami, au Canada, en République dominicaine sont désormais à portée des services de renseignement financiers internationaux. L’argent du kidnapping, des rançons, de la drogue ou du trafic d’armes sera traqué. La réputation de ces puissants souvent intouchables dans leur pays sera réduite en cendres sur la scène mondiale. Ils seront traités comme des soutiens logistiques du terrorisme.

Mais les gangs eux-mêmes ne sont pas invincibles. Derrière leurs fusils et leur arrogance, ils sont terriblement vulnérables. Leur force dépend de réseaux d’approvisionnement en armes, d’argent, de carburant et de silence. Or tous ces réseaux seront désormais attaqués. Leurs bases logistiques, leur approvisionnement, leurs caches de munitions deviendront des cibles prioritaires. Leurs relations internationales seront coupées. Ils ne pourront pas fuir : pas de refuge en République dominicaine, pas de protection à Miami, pas d’exil en Amérique Latine. Interpol les traquera. Ils seront isolés comme des pestiférés.

Et surtout, ils sont divisés. Viv Ansanm n’est pas un mouvement homogène. C’est un assemblage de groupes rivaux unis par l’argent et la peur. La pression extérieure, les trahisons internes, la panique, la faim, les morts inutiles finiront par briser leurs alliances. L’histoire des groupes armés l’a toujours prouvé : plus la lumière se fait sur leurs crimes, plus leurs structures s’effondrent.

Le peuple haïtien, lui, commence à se lever. Les vidéos de dénonciation, les cris dans les rues, les prières publiques, les manifestes sur TikTok et WhatsApp forment un autre front. Celui de la conscience populaire. Même sans armes, le peuple peut être un détonateur moral et politique. Et cette énergie doit être protégée, canalisée, organisée.

Ce message s’adresse enfin à tous les complices, visibles ou cachés. Vous qui financez les gangs sous couvert de contrat, d’aumône, de « négociation » ou de « stratégie politique », sachez que vous êtes dorénavant considérés comme complices de terrorisme. Vous qui fermez les yeux dans les institutions, qui effacez des noms, qui bloquez des mandats, vous êtes complices. Vous qui utilisez la presse pour laver les criminels ou pour salir ceux qui résistent, vous êtes complices. Le monde vous regarde. Il a des preuves. Et il n’oubliera rien.

La désignation de Viv Ansanm comme groupe terroriste est un appel à la justice, pas à la vengeance. C’est une main tendue au peuple, une gifle pour les traîtres, et une alerte pour ceux qui croyaient pouvoir faire alliance avec le mal en toute impunité.

Haïti est au bord d’une renaissance ou d’un effondrement total. Ceux qui choisiront la justice écriront une nouvelle page. Ceux qui persistent dans l’ombre du crime seront balayés, et leur mémoire salie à jamais.

Le moment de vérité est arrivé.

Port-au-Prince, 2 Mai 2025

Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA

Une dizaine de mesures adoptées en conseil des ministres spécial cette semaine

PORT-AU-PRINCE.— Le pouvoir en place a annoncé, le 1er mai, la création de l’Agence nationale de sécurité (Ans), en remplacement de l’ancienne Agence nationale d’intelligence (Ani), l’instauration de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire pour une période de trois mois et un ensemble d’autres décisions dont la nomination de trois nouveaux directeurs généraux.

Ces dispositions ont été adoptées en Conseil des ministres spécial tenu le 30 avril 2025, selon un message de la Primature, publié sur son compte X.

Un décret gouvernemental abroge les dispositions du 31 décembre 2020 relatives à l’Ani, pour créer l’Ans. Elle est placée sous l’autorité administrative du Premier ministre, avec la mission d’assurer la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de « renseignement et de contre-renseignement ». La structure remaniée vise à pallier l’absence de coordination stratégique dans la collecte et l’analyse du renseignement en Haïti, indique le communiqué.

L’ANS sera notamment chargée de centraliser, traiter et synthétiser les informations stratégiques relatives à la sécurité nationale, à la paix sociale et à la protection des intérêts fondamentaux d’Haïti.

Le décret ayant créé l’Ani, adopté par l’ancien président Jovenel Moïse, avait soulevé des controverses en raison de ses restrictions des libertés individuelles. Quant à l’ANS, elle est née de la nécessité de disposer d’une vision intégrée et cohérente du renseignement, afin de répondre plus efficacement aux menaces internes et externes, justifie la Primature.

En parallèle, les autorités ont décidé d’instaurer l’état d’urgence sur tout le territoire national pour une durée de trois mois, en réponse à l’aggravation de la crise sécuritaire et à ses effets sur la vie des citoyens et l’économie du pays.

Ce décret vise à mobiliser les ressources et moyens institutionnels de l’État pour renforcer les capacités d’action des forces de l’ordre et des services publics, toujours inadaptées face à la violence implacable des gangs.

En même temps, le gouvernement a également annoncé avoir élargi la composition de la Commission nationale de démantèlement, de désarmement et de réinsertion (CNDDR), de 7 à 9 membres. L’objectif est de garantir son bon fonctionnement dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants.

Entre autres décisions adoptées lors de ce Conseil des ministres spécial, la Création de la Commission Présidentielle ad hoc dénommée: «Commission de Lutte contre la Violence Non-Accidentelle dans le Sport»; Institution de la Journée Nationale de l’Activité Physique et du Sport; Nomination des Directeurs Généraux du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural, du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, et de la Direction Nationale du Livre; Entrée de WAKA ÉNERGIE S.A. dans le secteur pétrolier; Autorisation de l’implantation de la zone franche commerciale: «LAFITO COMMERCIAL FREE ZONE» à Lafiteau, Habitation Lafiteau-Simonette, 3° Section Communale de Source Matelas, Commune de Cabaret, Arrondissement de l’Arcahaie, Département de l’Ouest, et de la zone franche portuaire dénommée: «PC TERMINALS FREE ZONE » à l’Habitation Chinourette, 5° Section Communale de Fonds-Blanc, Commune de Terrier-Rouge, Arrondissement de Trou du Nord, Département du Nord-Est; et Déclaration d’utilité publique de certains terrains de la deuxième et de la troisième Section Communale de Fonfrède et de Laborde de la Commune des Cayes pour l’extension des espaces réservés à la construction de l’aéroport international des Cayes.

Par Jean Mapou

Les États-Unis désignent les gangs haïtiens comme organisations terroristes

Le 2 mai 2025, les États-Unis ont officiellement désigné les coalitions criminelles haïtiennes Viv Ansanm et Gran Grif comme « organisations terroristes étrangères » . Cette décision marque une évolution significative dans la politique étrangère américaine, notamment dans l’hémisphère occidentale où les activités criminelles posent de sérieux problèmes pour la sécurité intérieure des États-Unis.

*Une réponse à une crise sécuritaire sans précédent*

L’organisation Viv Ansanm, formée en septembre 2023 par une coalition d’environ 27 groupes armés, est une alliance de gangs qui contrôle environ 85 % de Port-au-Prince et des zones environnantes . Cette coalition est responsable de nombreuses attaques violentes, notamment la fermeture de l’aéroport principal, des évasions massives de prisonniers et des massacres de civils. L’autre organisation, Gran Grif, établie depuis 2016 et opérant principalement dans le centre d’Haïti (Département de l’Artibonite), est impliquée dans des tueries de masse, dont celle de Pont-Sondé qui a fait plus de 70 morts .

La violence des gangs a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes et la mort de plus de 5 600 individus au cours de l’année écoulée. Au premier trimestre de cette année, selon les données actualisées du BINUH, plus de 1600 morts sont déjà recensés alors que les activités criminelles s’en vont en grandissant. Les infrastructures de santé sont paralysées, et plus de la moitié de la population haïtienne est confrontée à une insécurité alimentaire sévère .

*Les implications de la désignation terroriste*

En classant ces groupes comme organisations terroristes, les États-Unis peuvent désormais appliquer des sanctions plus strictes, geler les avoirs financiers et poursuivre en justice toute personne ou entité leur apportant un soutien matériel ou financier aussi minime soit-il. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à élargir la définition du terrorisme pour inclure des groupes criminels transnationaux, comme cela a été fait précédemment avec des organisations telles que MS-13 et Tren Aragua. Selon de hauts responsables américains, les personnes impliquées dans les activités terroristes en Haïti et celles qui les financent peuvent se retrouver dans les prisons à sécurité maximale du Salvador.

*Une intervention militaire en perspective ?*

La doctrine de suprématie américaine, réaffirmée après les attentats du 11 septembre 2001, justifie des actions militaires préventives pour protéger les intérêts stratégiques des États-Unis. Avec Haïti situé à proximité immédiate, la présence de groupes terroristes dans cette région est perçue comme une menace directe aux intérêts et à la sécurité intérieure des États-Unis selon le Secrétaire d’État américain Marco Rubio. Bien que les États-Unis n’aient pas encore annoncé d’intervention militaire ou d’actions concrètes, la désignation des gangs comme terroristes pourrait servir de prélude à des actions plus directes, notamment en coordination avec la mission de sécurité multinationale dirigée par le Kenya et les forces de sécurité haïtiennes, qui peinent actuellement à contenir la violence en raison de ressources limitées. Il faut cependant rappeler que les États-Unis avaient fait savoir au Conseil de Sécurité de l’ONU, lors de la séance d’informations du mois d’Avril, qu’ils ne sont pas en mesure de soutenir financièrement les opérations de la MMAS en Haïti sur le long terme, en appelant à un plus grand engagement de la communauté internationale sur Haïti.

La désignation des gangs haïtiens Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères par les États-Unis représente une escalade significative dans la réponse internationale à la crise en Haïti. Très attendue du côté haïtien, cette décision pourrait ouvrir la voie à des actions plus directes pour rétablir la stabilité en Haïti, conformément à la volonté de Donald Trump d’avoir un meilleur contrôle sur la sécurité régionale.

Marco Rubio Secrétaire d’État Américain

Aujourd’hui, j’annonce la désignation par le Département d’État de Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères et terroristes mondiaux spécialement désignés. L’ère de l’impunité pour ceux qui soutiennent la violence en Haïti est révolue.

Les gangs haïtiens, dont la coalition Viv Ansanm et Gran Grif, sont la principale source d’instabilité et de violence en Haïti. Ils constituent une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis dans notre région. Ces gangs ont tué et continuent d’attaquer la population haïtienne, les forces de sécurité haïtiennes et le personnel de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), et sont déterminés à renverser le gouvernement haïtien. Leur objectif ultime est de créer un État contrôlé par les gangs où les trafics illicites et autres activités criminelles se déroulent librement et terrorisent les citoyens haïtiens. Les désignations de terroristes jouent un rôle crucial dans notre lutte contre ces groupes vicieux et constituent un moyen efficace de limiter le soutien à leurs activités terroristes. Les transactions avec des membres de ces groupes comportent des risques vis-à-vis des autorités antiterroristes, non seulement pour les Haïtiens, mais aussi pour les résidents permanents légaux et les citoyens américains. Les personnes et entités fournissant un soutien matériel ou des ressources à Viv Ansanm ou Gran Grif s’exposent à des poursuites pénales et à une interdiction de territoire ou à une expulsion des États-Unis.

Nous saluons l’extraordinaire courage de la Police nationale haïtienne et de tous les partenaires internationaux qui soutiennent la mission MSS pour leurs efforts continus visant à instaurer la stabilité et la sécurité en Haïti. Nous exhortons tous les dirigeants politiques haïtiens à donner la priorité à la sécurité du peuple haïtien, à trouver des solutions pour mettre fin à la violence et à progresser vers le rétablissement de la démocratie par des élections libres et équitables. Les États-Unis soutiennent le peuple haïtien dans sa quête d’un avenir sûr et stable pour son pays et ses citoyens.

Les mesures prises aujourd’hui par le Département d’État démontrent l’engagement de l’administration Trump à protéger nos intérêts en matière de sécurité nationale et à lutter contre ces gangs dangereux.

https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2025/05/terrorist-designations-of-viv-ansanm-and-gran-grif/

Visite du ministre des Affaires étrangères russe en République Dominicaine : Une leçon de realpolitik à méditer par les autorités haïtiennes

Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a visité la République dominicaine le 30 avril dernier.
Cette visite marque une première dans les relations bilatérales entre Moscou et Santo Domingo.

Au cours de son passage M Lavrov a eu des entretiens approfondis sur le commerce, le tourisme, la coopération bilatérale et à une série de gestes forts révélateurs d’un tournant multipolaire dans les relations internationales actuelles.

*Est ce que Haïti devrait rester spectatrice ?*

La République dominicaine, en recevant Lavrov, ne s’est pas contentée d’un exercice de courtoisie diplomatique. Elle s’est affirmée comme un partenaire stratégique de la Russie dans la région, tissant avec soin un maillage de coopération dans les domaines du commerce, du tourisme, de la formation universitaire, de l’échange culturel et même des affaires multilatérales à l’ONU. En clair, Santo Domingo a su capitaliser sur une visite rare pour structurer sa position dans l’échiquier multipolaire émergent.

Cependant de l’autre côté de l’île ni message officiel, ni prise de contact bilatérale, ni proposition de coopération sectorielle n’ont été signalés. L’absence d’un sursaut diplomatique haïtien, au moment même où les BRICS,!cette coalition alternative aux puissances occidentale, s’étendent et renforcent leurs ponts avec le Sud global, traduit une stratégie nationale anémique et inerte.

L’un des éléments les plus significatifs de cette visite est sans doute le lien qu’elle entretient avec les récents développements au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont Lavrov revenait tout juste après une réunion ministérielle à Rio de Janeiro. Lors de ses échanges avec son homologue dominicain, Lavrov a clairement exposé les perspectives offertes par le nouveau paradigme multipolaire, y compris aux États partenaires non membres. Il a été question d’opportunités d’investissement, de mécanismes de financement hors du dollar, de projets éducatifs et d’un soutien multilatéral renforcé pour les pays du Sud.

*Quel avantage Haïti pourrait tirer d’une coopération renforcée avec Russe ?*

Pour plus d’un, Haïti aurait pu et dû se positionner comme État observateur ou partenaire privilégié de ce bloc en pleine expansion. Dans un contexte national marqué par une grave crise institutionnelle, économique et sécuritaire, l’ouverture vers les BRICS aurait offert à Port-au-Prince une alternative crédible et stratégique aux circuits traditionnels d’aide et de coopération, dominés par l’Occident, lesquels se montrent souvent plus conditionnels et restrictifs.

Haïti doit corriger le tir. Car une diplomatie plus proactive, tournée vers les pays émergents et moins soumise aux paradigmes traditionnels de dépendance, pourrait ouvrir de nouveaux horizons pour l’économie haïtienne. Des axes géopolitiques sur le plan stratégique dans différents domaines notamment en terme de développement d’infrastructures, diversification des partenaires commerciaux, création d’emplois par des investissements étrangers directs, soutien à l’agriculture, à l’énergie ou aux télécommunications via les canaux BRICS.

Il convient de rappeler qu’un ambassadeur de l’IMBRICS pour Haïti, en la personne de Monsieur Monel Calherbe, a été officiellement nommé par le ministère russe des Affaires étrangères. Cette démarche s’inscrit dans une volonté stratégique de rapprocher Haïti des pays membres des BRICS et de renforcer les échanges et la coopération Sud-Sud.

Les États-Unis classent les groupes criminels en Haïti comme des organisations terroristes

La doctrine de la suprématie américaine stipule que « l’Amérique n’acceptera jamais que sa domination stratégique soit disputée ». Pour s’en assurer, elle recourra si nécessaire à des actions militaires préventives; ce qu’on appelle l’autodéfense par anticipation. Cette doctrine a été mobilisée après l’attaque du 11 septembre.

Aujourd’hui, les États-Unis, gendarme du monde, viennent de franchir un nouveau cap sur Haïti en désignant les gangs criminels en Haïti comme des organisations terroristes étrangères. Haïti se trouve à quelques miles des États-Unis, donc dans son arrière cour. Il est devenu automatiquement impensable qu’il puisse exister des organisations terroristes dans l’arrière cour des États-Unis.

Si la définition du terrorisme pour les Américains a évolué depuis 2001, la doctrine de la suprématie, elle, reste inchangée. Quelles actions les États-Unis vont entreprendre dans les prochains mois pour combattre les organisations terroristes Viv Ansanm et Gran Grif en Haïti ?

Il n’est que d’atteindre !