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Haïti : l’ULCC alerte sur un vaste réseau de corruption au sein de plusieurs institutions publiques

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a rendu public, le 8 mai 2025, un rapport accablant mettant en lumière de graves dérives de gestion et de multiples actes de corruption au sein de plusieurs institutions publiques majeures : la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), l’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA), des centres de demande de passeports, ainsi que l’Office de la Protection du Citoyen (OPC). Les révélations concernent des détournements de fonds publics, des fraudes fiscales, des conflits d’intérêts et des abus de fonction impliquant de nombreuses personnalités de haut rang, dont des ex-directeurs généraux, des responsables d’entreprises privées, un ancien ministre, ainsi que des proches de l’ancien Protecteur du citoyen.

Immigration : falsification de passeports orchestrée par l’ancien directeur

Le rapport de l’ULCC met en cause l’ancien directeur de la DIE, Stéphane Vincent, accusé d’avoir dirigé un système de falsification de documents. Avec la complicité de collaborateurs tels que Lesly Saint Juste, Rubens Pauleon et Marriantha Méroné, Vincent aurait créé un faux compte sous l’identité fictive de « Fernando Victor » pour délivrer illégalement 736 passeports entre septembre et novembre 2024, entraînant une perte de plus de 3,6 millions de gourdes pour l’État. Bien que M. Vincent ait nié en audition, des preuves techniques le lient directement à ce compte frauduleux, et les demandes ont été traitées avec ses identifiants administratifs. L’ULCC recommande sa traduction en justice pour des faits de concussion et de détournement de fonds publics.

OFATMA : 107 millions dépensés sans retenue fiscale

L’ex-directeur général de l’OFATMA, le Dr Carl François, est également dans le viseur de l’ULCC. L’enquête révèle qu’il a autorisé le paiement de 107,6 millions de gourdes à deux entreprises privées – VALCUISINE et OLEY Event & Food Services – sans prélèvement fiscal, causant un manque à gagner de plus de 2,1 millions de gourdes. L’ULCC plaide pour un audit de sa gestion par la Cour des Comptes et recommande des poursuites contre lui pour abus de fonction et faux.

Passeports : un système illégal de frais supplémentaires évalué à plus de 72 millions de gourdes en 2023

L’ULCC révèle que des centres de demande de passeports ont perçu illégalement plus de 72,5 millions de gourdes en frais supplémentaires en 2023. Ces frais, imposés en violation d’une circulaire, variaient jusqu’à 2 500 gourdes pour un passeport perdu. L’ULCC appelle à des poursuites judiciaires contre plusieurs responsables et recommande la résiliation de contrats illégaux.

L’OPC sous Renan Hédouville dans le collimateur

L’ULCC cible également l’OPC sous la direction de Me Renan Hédouville, mentionnant des voyages fictifs financés par l’institution. En 2022 et 2024, 16,5 millions de gourdes auraient été décaissées pour des missions fictives, avec plus de 7 millions pour des billets d’avion et environ 9 millions en per diem. Des chèques ont été émis pour des déplacements non réalisés, mettant en évidence une gestion opaque.

Une longue liste de personnalités dans le collimateur

L’ULCC recommande des poursuites judiciaires et des audits complets de la gestion des responsables impliqués. Les personnalités mises en cause comprennent Stéphane Vincent (ancien directeur de la DIE), Lesly Saint Juste (ancien employé de la DIE), Rubens Pauleon (ancien employé de la DIE), Marriantha Méroné (responsable dans les centres de passeport), William Étienne (responsable des centres de passeport), Jude Marcelin (responsable des centres de passeport), René Jacques Laguerre (responsable des centres de passeport), Jean Osselin Lambert (responsable des centres de passeport), Liszt Quitel (ancien ministre), Renan Hédouville (directeur de l’OPC), Régine Hédouville (fille de Renan Hédouville), Tex Viller Celafoi Louis (beau-fils de Renan Hédouville), Carl François (ancien directeur général de l’OFATMA).

L’ULCC préconise également la résiliation de contrats illégaux, le gel des comptes bancaires concernés et un audit complet de la gestion de ces entités par la Cour des Comptes et du Contentieux administratif
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Retour sur la visite du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans le Sud. Ses différentes rencontres

Par Jean Mapou

CAYES, Haïti.— Arrivée dans la ville mercredi 7 mai, la délégation officielle, conduite par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, s’est entretenue avec plusieurs instances, groupes organisés et personnalités importantes. Ces différentes rencontres sont inscrites dans le cadre d’une volonté du chef du gouvernement de jeter les bases d’une gouvernance locale stable et participative dans la perspective d’une sortie de crise du pays, a laissé entendre l’office de communication de la primature à travers plusieurs communiqués.

Dans environ 24 heures, Fils-Aimé a eu près de six séances de consultations et de travail avec plusieurs groupes d’intérêts dans la péninsule du Sud. Des membres des collectivités à ceux de la société civile, la délégation a abordé des sujets tels que: la sécurité, les élections, l’économie, le commerce, l’éducation et l’enseignement supérieur.

La sécurité, une priorité régionale dans les préparatifs du référendum et des élections

Cette visite a été l’occasion pour le Premier ministre d’activer des Cellules de Sécurité Municipales (CSM), lors d’une cérémonie officielle avec les mairies. Une initiative visant à aplanir le terrain pour la tenue du référendum constitutionnel et des élections, a expliqué l’instance de communication de la Primature.

En ce sens, des consultations ont eu lieu avec des représentants des associations d’élus locaux (CASECS et ASECS), informe un communiqué, insistant sur l’implication des responsables dans le succès de ce processus démocratique.

«Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de concertation visant à mobiliser les structures locales autour de l’impératif démocratique (Élections)», a écrit la Primature, rappelant le rôle crucial des CASEC dans la sensibilisation, la préparation logistique et la légitimation des prochaines consultations populaires.

Des perspectives économiques et universitaires

Selon les comptes-rendus de son bureau de Communication, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a tenu une importante réunion de travail avec le rectorat de l’université publique du sud, pour d’aborder plusieurs sujets clés relatifs à l’éducation supérieure en région, la sécurité autour des campus, et le rôle stratégique des universités dans la reconstruction nationale.

Le Gouvernement reste convaincu que les universités publiques régionales sont des piliers essentiels du progrès social et économique, et qu’elles doivent être pleinement associées aux grandes décisions de la Transition, pouvait-on lire.

Des rencontres stratégiques ont été organisées avec les Chambres de Commerce, pour aborder les défis majeurs auxquels fait face la région: la vulnérabilité des infrastructures économiques, l’exode des forces productives, et la nécessité d’une relance coordonnée et inclusive.

«Le développement économique et la stabilité démocratique sont indissociables», a déclaré Fils-Aimé soulignant l’importance de la mise sur pied des institutions légitimes en vue de la croissance durable.

Les représentants des Chambres de Commerce ont exprimé leur volonté de contribuer activement à la dynamique nationale, tout en appelant à des mesures urgentes pour renforcer la sécurité, protéger les investissements locaux et accompagner les entreprises du Sud dans la reprise de leurs activités, a rapporté la direction de communication.

Durant son passage, Alix Didier Fils-Aimé a visité FRAGER, fleuron de l’industrie haïtienne des huiles essentielles, entreprise emblématique spécialisée dans la production et l’exportation d’huile essentielle de vétiver depuis plus de soixante ans.

Dans un contexte national marqué par l’insécurité et la crise profonde que traverse la région métropolitaine de Port-au-Prince, cette visite se veut un message fort, apportant de l’espoir pour des femmes et des hommes, des entrepreneurs et des investisseurs, qui continuent de croire en Haïti.

A rappeler que bien avant le Premier ministre Fils-Aimé, d’autres autorités de l’État avaient fait des séances de travail, tenu des consultations et élaboré des documents rhétoriques sur ce que devrait-être le développement d’Haïti, mais on en est encore là à se demander si demain sera. Prendre un engagement politique est une chose, le respecter en est toute une autre.

Zanmi Pep annonce une manifestation pour le 18 mai prochain

La plate-forme politique Zanmi Pep dénonce le Conseil présidentiel de Transition (CPT) qui, à son avis, n’est pas en mesure de résoudre les problèmes de sécurité en Haïti. “Le CPT ne pourra pas réaliser les élections dans le pays, contrairement à sa mission, énoncée dans l’accord du 3 avril 2024. C’est pourquoi nous exigeons sa démission immédiate”, ont déclaré les membres de cette structure politique lors d’une conférence, le 8 mai.

Parallèlement, Zanmi Pep rejette les déclarations du Premier ministre qui souhaite se concentrer entièrement sur la question électorale afin de remettre le pouvoir dans le délai fixé par l’accord du 3 avril. “Il est impossible de respecter ces engagements”, estime Zanmi lors de son intervention sur le bilan de la transition.

La plate-forme Zanmi Pep annonce une mobilisation pour le 18 mai prochain en vue de réclamer la démission de l’équipe au pouvoir.

Les Félicitations du Premier Ministre haïtien au Pape Léon XIV pour son élection

Le Premier ministre haïtien a salué l’élection du nouveau pape Léon XIV, anciennement le cardinal Robert Francis Prevost. Le Gouvernement haïtien a exprimé ses plus sincères et chaleureuses félicitations au nouveau Saint-Père.

“Homme de foi, de service et de mission, son parcours remarquable témoigne d’une ouverture d’esprit, d’une proximité sincère avec les plus démunis et d’un engagement indéfectible envers l’universalité de l’Église”, a commenté le Premier ministre.

“En ce moment historique et empreint de spiritualité, Haïti, nation profondément enracinée dans la tradition catholique, s’associe en prières aux fidèles du monde entier”, a-t-il précisé, tout en formulant le vœu que ce nouveau pontificat soit placé sous le signe de la paix, de la fraternité et de la justice pour tous les peuples.

Robert Francis Prevost, le premier pape américain de l’histoire de la papauté

VATICAN.— Le cardinal américain Robert Francis Prevost succède au pape François dont il était un proche collaborateur et prend le nom de Léon XIV. Au deuxième jour du conclave, jeudi 18 heure 10, de la fumée blanche est sortie de la cheminée de la chapelle Sixtine, annonçant l’élection du nouveau pape.

Le cardinal américain Robert Francis Prevost, est aimsi devenu le 267e souverain pontife, succédant à François.

Premier pape originaire des États-Unis, natif de Chicago dans l’Illinois, le cardinal Robert Francis Prevost a été ordonné prêtre en 1982 à l’âge de 27 ans et a obtenu un doctorat en droit canonique à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin à Rome, après l’obtention d’une licence en mathématiques à l’Université de Villanova et une maîtrise en théologie à la Catholic Theological Union de Chicago.

Après une vingtaine d’années passées en Amérique du Sud, l’homme, aujourd’hui âgé de 69 ans, a servi pendant deux décennies au Pérou, où il est devenu évêque et citoyen naturalisé, avant de s’élever jusqu’à diriger son ordre religieux international.

Avant d’être élu au conclave, il présidait la Commission pontificale pour l’Amérique latine et la préfecture du puissant dicastère des évêques, chargé de nommer les évêques du monde entier. Rôles qu’il a obtenus en 2023, après avoir été nommé par le pape François lui-même.

Le profil d’un pape modéré, alliant de traditions et défis contemporains de l’église

Son profil modéré et accessible, ainsi que son expérience internationale, suggèrent une volonté de renforcer les liens avec les régions en croissance du catholicisme, telles que l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. Selon le New-York Times, ses partisans le considèrent comme le « juste milieu digne ».

Le révérend Michele Falcone, 46 ans, prêtre de l’Ordre de Saint-Augustin, autrefois dirigé par le cardinal Prevost, y décrit son mentor et ami comme un « homme digne et au milieu de la route ».

Proche collaborateur de François, le pontificat de Léon XIV pourrait incarner la continuité, avec un accent sur l’inclusion des communautés marginalisées et la lutte contre la corruption au sein de l’Église. Son élection rapide est le fruit d’un consensus parmi les cardinaux, dont environ 80 % ont été nommés par François, indiquant une possible continuité dans les réformes engagées par son prédécesseur.

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Haïti-Sécurité : Lettre ouverte au Ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus.


Par Jean Venel Casséus

Aujourd’hui, la lutte contre l’insécurité en Haïti ne peut plus se résumer à une stratégie militaire classique. Les territoires contrôlés par des groupes armés, les lacunes d’un aménagement du territoire cohérent et la faiblesse institutionnelle exigent une approche transversale, innovante et durable. Dans ce contexte, *l’économie orange*, encore trop méconnue et sous-exploitée, doit être envisagée comme un levier stratégique dans la lutte contre l’instabilité sociale et sécuritaire.

L’économie orange, comme vous le savez mieux que moi, désigne l’ensemble des activités liées à la culture, à la créativité, aux industries de l’image, du son, de l’artisanat, du design, des médias numériques et de l’innovation technologique. Elle mobilise des talents, crée de l’emploi, valorise les identités locales et constitue une source importante de revenus, notamment pour les jeunes. Dans un pays comme Haïti, où plus de 60 % de la population a moins de 30 ans et où l’offre d’emploi est très faible, investir dans l’économie orange, c’est offrir une alternative crédible à l’attrait des gangs armés.

En effet, de nombreux jeunes se retrouvent sans perspective et finissent par céder à l’emprise des groupes criminels, non par adhésion idéologique, mais par nécessité économique. Or, les technologies numériques et les plateformes de création de contenus offrent aujourd’hui des opportunités d’inclusion massives : production audiovisuelle, podcasts, journaux en ligne, photographie, musique, web radio, applications mobiles, design graphique, jeux vidéo, etc. Autant de métiers accessibles avec peu de moyens, pourvu que l’on structure un écosystème de soutien à l’entrepreneuriat culturel et créatif.

La lutte contre l’insécurité exige aussi une reconquête symbolique et narrative de l’espace public. Les médias numériques et les industries créatives permettent de restaurer l’autorité culturelle, de diffuser des récits positifs, de promouvoir des modèles de réussite alternatifs et de contrecarrer la propagande des groupes violents. Ils constituent donc des outils puissants de pacification sociale, en participant à la construction d’un imaginaire collectif valorisant la paix, la citoyenneté et la dignité.

Vous conviendrez avec moi, Monsieur le Ministre, que pour faire de l’économie orange un pilier de la sécurité durable, il faut une politique publique cohérente. Cela passe par : (1) l’intégration des arts et des technologies créatives dans les curricula scolaires et universitaires ; (2) le financement de hubs créatifs dans les quartiers vulnérables ; (3) la valorisation du patrimoine immatériel et artisanal local ; (4) l’accès au haut débit pour tous ; (5) un cadre fiscal incitatif pour les entreprises culturelles et numériques ; et (6) des campagnes massives de sensibilisation autour du potentiel de l’économie orange.

L’État haïtien doit comprendre que, dans cette guerre asymétrique contre l’insécurité, l’innovation est une arme. L’économie orange, avec son pouvoir de transformation sociale, économique et symbolique, mérite d’être considérée non pas comme un luxe culturel, mais comme un instrument central dans la construction d’un avenir plus stable. Ignorer cette dimension serait passer à côté d’une solution profondément ancrée dans les réalités et les aspirations du peuple haïtien.

Je vous suggère humblement, Monsieur le Ministre, *de penser à mettre en place un réseau d’incubateurs publics* dédiés à la création et à l’innovation numérique, afin d’offrir aux jeunes un espace de formation, d’expérimentation et de production. Un tel réseau permettrait non seulement de les détourner d’une consommation passive de plateformes comme TikTok ou Instagram, mais aussi de les encourager à penser, concevoir et créer dans ces environnements. C’est une manière concrète de transformer des utilisateurs en acteurs, de révéler des talents, et de bâtir une culture d’innovation qui contribuera, à terme, à la stabilité sociale et à la sécurité du pays.

Le Premier ministre essaie de dynamiser le processus électoral

Mobiliser les autorités du Grand Sud pour réactiver le référendum et les élections, telle est la démarche du Chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, dans la ville des Cayes, en marge de la cérémonie marquant l’activation des Cellules de Sécurité Municipales (CSM).

Pour ce faire, le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, a présidé une réunion avec les plus hautes autorités administratives, sécuritaires et territoriales des quatre départements du Grand Sud : le Sud, le Sud-Est, la Grand’Anse et les Nippes.

“L’objectif de cette réunion stratégique était clair : mobiliser l’ensemble des acteurs régionaux autour des grandes priorités nationales que sont la sécurité, le référendum constitutionnel et l’organisation d’élections inclusives et crédibles”, a déclaré Fils-Aimé.

Aux côtés du secrétaire d’État aux Collectivités territoriales, Patrick Sully Joseph, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à rétablir l’ordre et la stabilité dans tout le pays.

Rappelant les trois axes principaux de la transition, à savoir la sécurité, le référendum et les élections, le Chef du Gouvernement s’est dit “engagé à garantir l’ordre public sur l’ensemble du territoire national, afin que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse prendre part à la reconstruction démocratique du pays”.

Déjà, des ressources financières de l’État sont désormais mobilisées pour soutenir les efforts sécuritaires dans la réalisation du référendum constitutionnel et des élections. Après l’annonce de la publication du budget et la réactivation du système du côté de l’État, quelle sera donc la prochaine étape dans le processus électoral ? La balle est dans le camp du CEP.

Par Killy Johao

Église catholique : Robert Prevost devient le pape Léon XIV, premier pontife américain

Le conclave réuni au Vatican a désigné, ce jeudi 8 mai, le successeur du pape François, décédé le 21 avril dernier. Il s’agit du cardinal américain Robert Francis Prevost, qui devient le 267e pape de l’histoire sous le nom de Léon XIV.

 La place Saint-Pierre a explosé de joie en fin d’après-midi lorsque la fumée blanche, tant attendue, s’est échappée de la cheminée de la chapelle Sixtine. Un symbole clair : l’Église catholique a un nouveau souverain pontife. À l’issue du deuxième jour du conclave, le cardinal protodiacre Dominique Mamberti a proclamé le nom du nouvel élu : Robert Francis Prevost, cardinal américain, désormais pape Léon XIV.

Né à Chicago le 14 septembre 1955, Robert Francis Prevost devient ainsi le tout premier pape originaire des États-Unis. À 69 ans, il succède à François, décédé le 21 avril dernier, et incarne une nouvelle page de l’histoire de l’Église catholique.

Entré dans l’Ordre de Saint Augustin en 1977, il prononce ses vœux solennels en 1981 après des études de théologie à la Catholic Theological Union de Chicago. Ordonné prêtre en 1982, il poursuit sa formation en droit canonique à Rome. Sa vocation le mène ensuite au Pérou, où il exerce de nombreuses responsabilités : professeur, directeur de formation, vicario judicial, prieur et directeur des missions dans les diocèses de Chulucanas et Trujillo.

Élu deux fois Prieur Général de l’Ordre de Saint Augustin, en 2001 et 2007, il est ensuite nommé par le pape François administrateur apostolique de Chiclayo en 2014, puis évêque titulaire de Sufar. Il est ordonné évêque le 12 décembre 2014, jour de la fête de Notre-Dame de Guadalupe, et devient évêque de Chiclayo en 2015.

Depuis 2018, il est vice-président de la Conférence épiscopale du Pérou. En 2023, il est nommé préfet du Dicastère pour les évêques, un poste de grande importance dans la gouvernance de l’Église.

Peu après son élection, Léon XIV s’est adressé à la foule réunie place Saint-Pierre : « Que la paix soit avec vous tous », a-t-il lancé, en italien, avant de prononcer quelques mots en espagnol, saluant notamment le peuple péruvien. Le nouveau pape a insisté sur la nécessité de « construire des ponts par le dialogue », appelant à une Église « proche de ceux qui souffrent » et « ouverte à tous ».

Le président américain Donald Trump a réagi dans la foulée sur Truth Social, saluant un « grand honneur » pour les États-Unis et exprimant son souhait de rencontrer le nouveau chef de l’Église.

Salué pour son humilité, son sens de l’écoute et son expérience internationale, Léon XIV aura la lourde tâche de poursuivre les réformes engagées par le pape François, tout en maintenant l’unité d’une Église confrontée à des défis spirituels, sociaux et éthiques majeurs.

Le journalistiquement correct, un débat dépassé avec Internet

Le journalistiquement correct, un débat dépasséavec Internet

Cette année 2025, la Journée mondiale de la liberté de la presse est commémorée autour du thème : « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la liberté de la presse et les médias ». Les événements commémoratifs se donnent de chercher à comprendre les avantages et les risques liés au développement des IA comme défis pour la liberté d’expression. En Haïti, nous sommes encore à la phase de redéfinition du métier et de remise en question de la formation professionnelle des journalistes.

Dans cet article, nous tentons de démontrer que les réflexions -sur les pratiques du journalisme dans le contexte de l’émergencedes nouveaux médias – peuvent aller dans le sens d’une approche participative de production d’information et d’utilisation plus responsable de ces plateformes sans confondre journalistes et usagers d’Internet.

Sans vouloir attiser une quelconque polémique sur la perception des uns et des autres, il convient, tout de même, au nom des principes, normes, règles, institutions des sociétés démocratiques, de nous positionner sur ces épineuses questions renvoyant aux prérequis relatifs au journalisme et au titre dejournaliste.
En effet, il existe une littérature très abondante sur ces questions basiques. Les manuels de journalisme, les codes d’éthique et de déontologie, les articles scientifiques, entre autres ont défini et réfléchi sur le journalisme et sur la qualité du journaliste. Il n’est donc pas nécessaire de revenir sur qui est journaliste et ce que c’est que le journalisme. Remettre ces fondamentaux sur la table prouve, une fois de plus, que le journalisme, en Haïti, est très loin d’être un corps de métier fonctionnant régulièrement. Là où le bât blesse, à notre avis, c’est la confusion alimentée entre l’exercice du journalisme et la liberté d’expression.

En ce qui concerne la liberté d’expression, la Déclaration universelle des droits de l’homme est sans équivoque dans son article 19 :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».
En ses articles 28 et suivants, la Constitution haïtienne de 1987consacre elle aussi, sans restriction, la liberté d’expression qui englobe le travail des journalistes professionnels. Pourtant, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2025, certaines voix se sont élevées contre cette liberté, dit-on, trop « libre ». Mais trop « libre » comment ? Et d’autres vont jusqu’à poser la question de savoir qui peut se prévaloir du titre de journaliste ?

D’entrée de jeu, il convient de faire remarquer que l’avènement des médias socionumériques a exercé une influence sur la pratique du journalisme à travers le monde sans pour autant remettre en question les journalistes eux-mêmes. Dans « Information et médias sociaux, les défis de la qualité », Lise Millette rappelle que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a ajouté une section sur les réseaux sociaux à son Guide de déontologie dans laquelle elle préciseque :
« Les journalistes exercent le même discernement dans l’utilisation des médias sociaux que dans l’ensemble de leur pratique. La nature sociale de ces réseaux implique que chaque propos qui y est échangé peut devenir public, malgré la possibilité de paramétrer les réglages de confidentialité. En conséquence, les journalistes ne doivent pas tenir dans les médias sociaux des propos qu’ils ne tiendraient pas en ondes ou dans leur publication ».

Ce point fondamental inséré dans ce Guide ne redéfinit pas, dans le contexte de l’utilisation des réseaux sociaux, qui est journaliste et qui ne l’est pas. Au contraire, il fait appel à une utilisation plus responsable de ces nouveaux médias. Certains auteurs dont Tessier et ses collègues soutiennent que l’environnement numérique a transformé, en vingt-cinq ans, les modalités d’exercice du journalisme à plusieurs égards. Avec ces nouvelles plateformes, les médias traditionnels n’ont plus le monopole de l’information. Cette nouvelle réalité ronge les puristes du métier.

Aujourd’hui, des gens ordinaires produisent et diffusent de l’information sans prendre forcément les journalistes comme référence. Toutefois, on doit admettre malgré les nombreux bénéfices reconnus à l’avènement des réseaux socio numériques dont la démocratisation des médias et la disponibilité d’un flux d’informations, ceci ne garantit pas totalement la qualité ou la véracité des contenus informationnels ni la professionnalisation des journalistes.
Le cyberespace offre les mêmes opportunités à tous, du moins,en théorie. Tout le monde a la possibilité de partager des informations comme l’a si bien dit Villepreux. « Il suffit d’avoir un téléphone intelligent pour être en mesure de distribuer directement une actualité sur n’importe quelle plateforme numérique ». L’information en ligne est devenue plus qu’avant une « expérience sociale », grâce au couplage entre réseaux socio numériques et possibilités de partage en mobilité avec les téléphones intelligents rappellent Rosenstiel et collègues. Surcette base, il paraît important d’indiquer que la frontière est très mince entre le travail des professionnels des médias et celui des amateurs ou usagers des réseaux. D’autres travaux ont scruté le changement du paradigme journalistique dans le contexte de l’émergence d’Internet. Ainsi, la notion même de professionnalisme a pu être remise en débat à l’aune des évolutions du métier de journaliste, plus précisément avec la montée en puissance des médias sociaux mais pas la qualité de journaliste.

Amalgame malsain…
En Haïti, il n’existe, à notre connaissance, aucun guide ni un quelconque code qui régit le fonctionnement des influenceurs ou amateurs qui utilisent les plateformes des réseaux socionumériques comme espace pour informer, former ou distraire leurs « abonnés ». En plus, il n’existe aucun centre spécialisé dans la formation d’influenceurs ou animateurs d’un programme sur les réseaux. Ainsi, il paraît ambigu, voire tendancieux, qu’on veuille à ce que ces derniers soient respectueux d’une quelconque éthique ou déontologie professionnelle. On devrait se faire à l’idée que ces nouveaux médias qui ne sont pas régulés allaient de toute façon déboucher sur des dérives incontrôlables. C’est inévitable !
Toutefois, vouloir mesurer ces amateurs à l’aune des professionnels des médias c’est de la manipulation malsaine.

De nombreux travaux académiques récents portent sur l’appropriation par les journalistes des réseaux socionumériques comme canaux pour informer ou s’informer. Dans « Twittering the news : the emergence of ambient journalism », Hermida développe le concept de « journalism ambient » en considérant le développement des réseaux socio numériques, principalement Twitter (actuellement X). De son point de vue, cette plateforme facilite la diffusion immédiate de fragments numériques d’informations émanant à la fois de sources officielles et non-officielles. Ainsi, les citoyens au même titre que les journalistes professionnels participent à la co-production de contenus. Ainsi, Twitter est perçu à la fois comme instrument de réseautage et environnement informationnel ambiant.

Ces considérations sont tout aussi valables pour Facebook et YouTube, pour ne citer que ces deux plateformes numériquestrès populaires en Haïti. Comme Twitter (actuellement X), ellesoffrent l’option « live » ou « en direct » qui permet aux usagers d’Internet d’être en direct absolu pour animer un « talk-show ». Ces nouveaux médias ne sont soumis à aucun règlement. Ceci est valable pour les « influenceurs », « leaders d’opinion » ou « citoyens engagés » – vocables les plus utilisés pour les désigner – qui occupent le cyberespace. On ne peut pas leur demander de se conformer aux prescrits constitutionnels ou tout autre texte règlementant le journalisme. Ils ne sont pas des journalistes. Pourquoi cherche-t-on à les confondre avec des journalistes professionnels ?

L’histoire rattrape ceux qui au cours des années 80 avaient combattu l’application du décret du 31 juillet 1986 sur la presse du Conseil national de gouvernement dirigé par le général Henri Namphy. Bien que le contexte ait justifié ce refus mais on n’en serait pas là aujourd’hui à se demander qui est journaliste et qui ne l’est pas. Aussi, le texte avait-il posé les jalons pour une presse avec des journalistes formés, du moins, ayant le minimum de connaissance, de compétence requise pour exercer le métier en tant que professionnels.
Aujourd’hui, on ne fait plus référence à la formation des journalistes pour le fonctionnement d’une presse avec des éléments plus aptes à exercer le métier. De préférence, une opportunité individuelle s’offre à certains pour se mettre en avant et faire une comparaison décontextualisée. L’exercice de la profession n’est plus ce qu’elle était il y a 20 ans. La migration du public vers les réseaux socionumériques pousse les médias à informer autrement. Le public n’est plus à la recherche de l’information, c’est l’information qui est à la recherche du public selon Charaudeau. Ceci explique pourquoi il y a un engouement pour la « parole libre » que favorisent les médias sociaux. Par « parole libre » nous entendons un discours qui n’est pas censuré, contrôlé, spécialisé.

Dans un texte qu’il a publié dans « Le Monde diplomatique » Ignacio Ramonet, a fait remarquer que l’information devient encore plus mobile et plus nomade, c’est-à-dire on peut savoir, à tout moment, ce qui se passe dans le monde. Il a toutefois porté un regard critique sur l’avènement des « blogs » qui, d’après son analyse, ont eu du succès parce qu’ils mélangent parfois, sans complexe, information et opinion, faits vérifiés et rumeurs, analyses documentées et impressions fantaisistes. L’engouement des lecteurs pour ces pratiques est une marque d’appréciation pour la subjectivité et la partialité assumée des blogueurs. Si l’on transpose ces considérations aux réseaux socio numériques, on comprend aisément leur succès et, par la même occasion, le déclin de l’audience de certains médias traditionnels qui sont restés professionnels.

S’il faut apporter des correctifs au travail des « bloggeurs », « influenceurs », « usagers d’Internet » et « citoyens engagés » qui animent des programmes sur les réseaux socionumériques, il faudra d’abord penser à délimiter – si possible – les champs de compétence, ensuite reconnaître le travail des amateurs sur les réseaux en dépit de leur faiblesse et enfin définir un cadre légal pour gérer tout cela. On peut toujours polémiquer sous couvert de déception personnelle mais il faut appeler un journaliste un journaliste et pareil pour les autres.
Jacky MARC
 
Bibliographie
 
Cardon, D. (2025). Les Gilets jaunes, entre ronds-points et pages Facebook. Réseaux, 251(3), 219-222.
 
Hermida, A. (2013). # Journalism: Reconfiguring journalism research about Twitter, one tweet at a time. Digital journalism, 1(3), 295-313.
 
Millette, L. (2013). Information et médias sociaux, les défis de la qualité. Éthique publique. Revue internationale d’éthique sociétale et gouvernementale, 15(1).
 
Purcell, K., Rainie, L., Mitchell, A., Rosenstiel, T., & Olmstead, K. (2010). Understanding the participatory news consumer. Pew Internet and American Life Project, 1, 19-21.
Ramonet, I. (2005). De la qualité de l’information dépend celle du débat citoyen. Media en crise. P. 1,26 et 27.
Repéré à http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/RAMONET/11796
Villepreux, O. (2021). Journalisme. Le mot est fiable, Anamosa, p 1-110.
Wagemans, A., Witschge, T., & Deuze, M. (2016). Ideology as resource in entrepreneurial journalism: The French online news startup Mediapart. Journalism practice, 10(2), 160-177.