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La coopération bilatérale au centre d’une rencontre sur la sécurité

Le Premier ministre a rencontré ce vendredi 10 mai l’Ambassadeur du Brésil Luís Fernando De Carvalho et le Commandant en chef des Forces armées d’Haïti, Lieutenant-Général, Derby Guerrier. Cette rencontre rentre dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité, de défense et d’appui institutionnel.

Le Premier ministre a salué « l’engagement du Brésil en faveur de la stabilité en Haïti, tout en réaffirmant la volonté du Gouvernement de renforcer cette collaboration dans un esprit de respect mutuel, de souveraineté nationale et de solidarité régionale ».

Autre dossier abordé au cours de la réunion, la question des prochaines élections. Selon le chef du gouvernement le rétablissement de la sécurité est une condition essentielle au bon déroulement du processus électoral.

À ce titre, le gouvernement de transition mise sur l’importance du soutien des partenaires internationaux, dont le Brésil, « dans les efforts visant à créer un climat propice à des élections libres, inclusives et crédibles ».

Par Kily Johao

La PNH a repris le contrôle du Sous-Commissariat de Furcy, momentanément occupe par les terroristes

KENSCOFF, Haïti.— Après une attaque spontanée et audacieuse perpétrée dans la nuit du 8 au 9 mai 2025, par le groupement terroriste Viv Ansanm, contre le Sous-Commissariat de Furcy, des unités spécialisées ont été mobilisées pour reprendre le contrôle de l’espace.

Selon une source proche de la Coordination Presse et Relations Publiques de la PNH, le Directeur Général a.i. de la Police Nationale d’Haïti (PNH), M. Rameau Normil, a donné des instructions claires pour une intervention rapide. Grâce à une opération de riposte efficace et bien coordonnée, les forces de l’ordre ont réussi à repousser les assaillants en seulement quelques heures, rétablissant un calme apparent dans cette zone.

Cette opération a permis à la PNH de reprendre l’avantage de terrain sans qu’aucun agent ait été blessé. Un renforcement en effectif et patrouille a été constaté afin d’éviter de nouvelles incursions des criminels. Plusieurs armes lourdes et munitions, abandonnées par les terroristes pendant leur fuite, ont été saisies.

La PNH a exprimé sa détermination à restaurer l’ordre public et à lutter sans relâche contre les bandes terroristes qui menacent la sécurité des citoyens.

Alfredo Antoine libéré mais interdit de quitter le pays

PORT-AU-PRINCE.— L’ancien député de Kenscoff, Alfredo Antoine, après son audition au Parquet de Port-au-Prince, a été remis en liberté, ce vendredi 9 mai 2025. Son arrestation a eu lieu le 4 avril dernier, par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).

L’ancien parlementaire est soupçonné d’avoir des liens avec des bandes criminelles; avec des accusations graves telles que le financement de gangs et la complicité dans des assassinats.

En dépit de sa remise en liberté, Alfredo Antoine, est conditionné par des mesures restrictives significatives. La justice haïtienne a pris la décision de confisquer ses documents de voyage, lui imposant ainsi une interdiction formelle de quitter le territoire national. Ces restrictions sont accompagnées de la transmission de son dossier au cabinet d’instruction pour les suites judiciaires.

Antoine est, certes, autorisé à regagner son domicile, mais son dossier demeure entre les mains de la justice; ce qui met évidence la complexité de l’affaire.

Rappelons que lors de son arrestation, l’ancien parlementaire se trouvait en possession d’objets compromettants, notamment trois armes, dont deux fusils, ainsi que neuf téléphones portables et un dispositif de radiocommunication. Ces éléments qui renforceraient les accusations pesant contre lui.

Par Jean Mapou

Le Référendum et les Élections au Cœur d’une Séance de Travail avec des Partenaires Internationaux

Le Premier Ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, a rencontré ce vendredi les représentants d’ONU Femmes et de l’UNESCO. Plusieurs membres du gouvernement étaient également présents, dont Joseph André Gracien Jean, Ministre chargé des Questions électorales et constitutionnelles, Pédrica Saint-Jean, Ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, ainsi que Niola Lynn Sarah Devalis Octavius, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC).

Les discussions ont porté sur l’importance de l’implication de toutes les composantes de la société, y compris des partenaires internationaux, dans le processus électoral visant à la reconstruction de l’État et à la restauration de la confiance citoyenne.

Au cours de cette rencontre, le Premier Ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à créer un climat de stabilité et de sécurité, des conditions essentielles pour le succès du processus électoral.

Alix Didier Fils-Aimé aspire à « une mobilisation collective pour relever les défis majeurs du pays, notamment l’insécurité, l’affaiblissement institutionnel et la fragmentation sociale. »

Dans un compte rendu de l’entretien, le chef du gouvernement a exprimé sa détermination à œuvrer de manière inclusive, transparente et concertée pour guider le pays vers un avenir démocratique, basé sur des institutions légitimes capables de répondre aux aspirations profondes du peuple haïtien.

Tel un chef d’orchestre, Fils-Aimé prend les rênes pour mobiliser les acteurs autour de la question électorale. Atteindra-t-il ses objectifs ? L’avenir nous le dira.

Hommage à Frédéric: Une figure éminente de la série: « La Vi nan Bouk la » des années 80

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PORT-AU-PRINCE.— Le monde du théâtre haïtien pleure le décès de l’acteur Frédéric, de son vrai nom Jean Max Choute, survenu le mercredi 7 mai 2025. Frédéric a su incarner des valeurs et des sentiments qui résonnent profondément avec la culture et le quotidien haïtien.

Reconnu pour son rôle marquant dans la série télévisée emblématique «Lavi nan bouk la», de Papa Pyè, véritable miroir de la société haïtienne dans les années 80, Frédéric a touché le cœur de nombreux téléspectateurs qui se souviennent, avec nostalgie, des scènes humoristiques et des leçons de vie que proposait cette série inoubliable.

«Lavi nan bouk la» a peint les joies et les peines des habitants d’un pays en constante évolution, travers le personnage du fils unique de Papa Pyè, Frédéric.

Bien que les circonstances exactes de sa mort n’aient pas encore été révélées, il est important de souligner qu’il souffrait de la maladie de Parkinson depuis plus de huit ans. Cette épreuve ne lui a jamais fait perdre sa passion pour l’art, un témoignage de la résilience qu’incarne tant l’artiste que le personnage qu’il a joué.

Malheureusement, Frédéric n’est que le seul d’une liste d’acteurs emblématiques de «Lavi nan bouk la» à nous quitter. En effet, au fil des années, les regrettés Papa Pyè et Gracié, ont également tiré leur révérence. Leur départ laisse un vide immense dans le paysage culturel haïtien.

Frédéric, affectueusement surnommé Ti Lèzanj, a ainsi laissé une empreinte indélébile, non seulement sur ses collègues, mais aussi, sur le public qui a appris à apprécier son talent et sa contribution à la culture haïtienne. «La vi nan bouk la», un héritage de rires et réflexions auxquelles des générations entières ont pu s’identifier.

Ilan Goldfajn en Haïti : Une visite marquée par des annonces de financement en faveur du secteur économique et sanitaire

La visite de deux( 2) jours du président de la BID, Ilan Goldfajn, en Haïti a pris fin le vendredi 9 Mai 2025. Son passage dans le pays lui a permis de rencontrer les plus hautes autorités locales, notamment le président du Conseil Présidentiel de la Transition, Fritz Alphonse Jean, explorer les modalités d’un appui technique et financier renforcé en faveur d’Haïti dans cette période combien difficile.

En effet, dès son atterrissage, il s’est rendu au plus grand centre hospitalier du département du Nord, hôpital Justinien. Le responsable de la banque interaméricaine de développement a réitéré son engagement envers le secteur de la santé. Selon nos informations, une enveloppe de 85 à 100 millions de dollars a été annoncée par la BID.
Cet investissement substantiel permettra non seulement la rénovation des infrastructures existantes, mais également l’acquisition d’équipements médicaux modernes et la formation du personnel soignant.

Des rencontres sectorielles et des visites de terrain où sont exécutés des projets ont été également réalisées. L’objectif, évaluer les actions en cours afin de renforcer l’impact et dynamiser la coopération régionale. Ilan Goldfajn a visité les parcs industriels Caracol et Codevi. Il a pu s’entretenir avec les responsables, des membres du secteur, évaluer les enjeux économiques et les divers potentialités dans la région du grand Nord. La BID s’engage à aider à relancer l’économie du pays en particulier dans ce département.

Le mercredi 7 Mai, le gouvernement haïtien a signé un accord de financement du projet avec Ilan Goldfajn, président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Cet ajustement s’elève à 125 millions de dollars américains. Cet accord vise à adapter le projet aux défis particuliers en Haïti, notamment en matière de gouvernance et de stabilité. L’objectif affiché : desservir plus de 130 000 ménages et consolider les services essentiels, tant en milieu rural qu’urbain.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre du programme d’alimentation scolaire mis en œuvre avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Bureau de nutrition et développement (BND). Ce programme vise à maintenir les enfants à l’école, loin des influences criminelles, tout en stimulant l’économie locale. Actuellement, 60 % des élèves sont couverts, avec des repas composés à 70 % de produits locaux. Plus de 170 producteurs haïtiens sont intégrés à la chaîne d’approvisionnement.

À la fin de sa mission, une rencontre de haut niveau entre Ilan Goldfajn, les membres du gouvernement haïtien et le Conseil présidentiel de transition, dont le ministre des Finances, Alfred Metellus a eu lieu. Au menu des discussions : les priorités nationales en matière de services de base, de création d’emplois et de soutien au secteur privé. « L’emploi, c’est plus que des revenus : cela apporte la stabilité et renforce les communautés », a rappelé le président de la BID, mettant en exergue les piliers de l’action de l’institution : énergie, connectivité, formation et infrastructures.

Rappelons en juin 2006, un ancien président de cette institution, Luis Alberto Moreno avait visité la deuxième ville du pays avec quasiment les mêmes objectifs et défis. Près de 20 ans plus tard, les mêmes problèmes se persistent encore.

L’élection de Laura Gil à la tête de l’OEA, « une victoire» pour les mouvements féministes, selon Ref-Haïti

Le Refuge des Femmes d’Haïti (Ref-Haïti) a salué l’élection de Laura Gil au poste de Secrétaire générale adjointe de l’Organisation des États Américains (OEA), faisant d’elle la première femme à occuper cette fonction depuis la création de l’institution. Ref-Haïti qualifie cette élection d’« étape décisive » pour l’équité de genre et la représentation féminine dans les sphères décisionnelles et une victoire pour les mouvements féministes.

Dans un communiqué publié ce vendredi, l’’organisation haïtienne, dirigée par des femmes et engagées dans la défense des droits des femmes et des filles, voit en Mme Gil un modèle inspirant. Son élection envoie un message fort à toutes les jeunes filles et femmes des Amériques.

«Le Refuge des Femmes d’Haïti (Ref-Haïti) salue chaleureusement l’élection historique de Mme Laura Gil à la tête de l’Organisation des États Américains (OEA). En devenant la première femme élue à cette fonction, Mme Gil marque une étape décisive dans la lutte pour l’équité de genre et la représentation des femmes dans les espaces de décision». a écrit REF-HAITI.

Selon Ref-Haïti, ce moment historique ne se limite pas à une avancée symbolique. Il constitue une véritable victoire pour les mouvements féministes et un signal fort en faveur de la participation des femmes à la gouvernance régionale.

«Cette élection, plus qu’un symbole, est une victoire pour les mouvements féministes à travers les Amériques. Elle illustre que l’implication des femmes dans les plus hautes sphères de gouvernance n’est pas seulement nécessaire, mais essentielle pour promouvoir des politiques inclusives, équitables et respectueuses des droits humains», peut-on lire dans le communiqué.

L’organisation espère que ce leadership féminin contribuera à renforcer les politiques inclusives, la justice sociale, et la lutte contre toutes formes de violence et de discrimination.

Ref-Haïti appelle enfin à une mobilisation collective pour garantir la pleine participation des femmes dans la vie publique et politique, en Haïti comme ailleurs dans les Amériques.

Par Gedeon Delva

Journée mondiale de la Croix rouge et du croissant rouge: Le CICR et la Croix-Rouge Haïtienne «du côté de l’humanité»

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PORT-AU-PRINCE.— La Croix-Rouge Haïtienne, le Comité international de la Croix-Rouge et la Fédération des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) ont marqué la journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge par un hommage aux volontaires qui se sacrifient, chaque jour, aux côtés des personnes ayant besoin de protection, de soins de santé et d’aide sociale en Haïti et partout dans le monde.

Célébrée cette année sous le thème « Du côté de l’humanité », la journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge revêt d’une importance particulière pour la croix rouge haïtienne et le comité international de Croix-Rouge (CICR), basé à Port-au-Prince.

Pour James Peterson Joachim et Jean Jacob Charles, respectivement porte-parole du CICR et de la Croix-Rouge Haïtienne, la date du 8 mai doit être l’occasion de réitérer l’appel au respect de l’emblème de l’institution, à la protection des convois médicaux, des volontaires, en garantissant l’accès aux communautés ayant besoin d’aides humanitaires. «Sans accès, nous ne pouvons rien faire», a déclaré Charles.

«En dépit du contexte marqué par une crise sécuritaire croissante en Haïti, heureusement nous n’avons pas eu de volontaires ou de pérennes victimes pour l’année 2024, mais le manque d’accès reste un problème crucial», a souligné Jean Jacob Charles, affirmant qu’une dizaine de membres du personnel et de bénévoles de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont victimes à travers le monde pour l’année écoulée.

Préserver l’humanité et la dignité dans une crise sans horizon

La situation étant devenue de plus en plus complexe et polarisée, les besoins humanitaires sont en nette augmentation, a fait remarquer Joachim, le porte-parole du CICR en Haïti. «Pour l’année 2024, nous avions eu plusieurs axes d’interventions: la santé, la formation au premier secours, l’eau potable et assainissement, la sensibilisation et un dialogue continu avec ceux que nous appelons dans le jargon de la Croix-Rouge, des porteurs d’armes», a fait savoir Joachim.

«Plus de 600 personnes sont formées dans le domaine du premier secours pour sauver des personnes blessées par balle, sans compter des formations sur les escalades de violence dans les communautés», avance le porte-parole du CICR Haïti, ajoutant la distribution de 2 000 kits d’hygiène, 2 000 bâches et 3 000 lampes solaires pour aider 2 500 familles déplacées (environ 12 500 personnes) dans les camps des déplacés internes.

Selon Joachim, 55,000 personnes dans les communes de Cité Soleil, Delmas et Tabarre ont bénéficié de 2,6 millions de litres d’eau potable grâce aux interventions du CICR. Des points de stabilisation dans les zones de Cité Soleil, Christ-Roi (Port-au-Prince) ont été installés pour intervenir d’urgence sur des plaies par balles, a précisé le porte-parole du CICR.

La Croix-Rouge Haïtienne a aussi jouie d’une coopération privilégiée avec le comité international, tant au niveau du service ambulancier qu’au niveau de la formation de volontaires et d’autres soutiens techniques, a renchéri James Peterson Joachim.

La classification des gangs comme organisations terroristes et les enjeux humanitaires en Haïti

Dans un contexte de crise multiforme et de prolifération des actes de violence, l’engagement est devenu sine qua non pour le CICR et la Croix-Rouge Haïtienne. Alors que les bénévoles essaient de tenir dans des situations où les accès sont très limités, la désignation des gangs armés comme étant des organisations terroristes pourrait entraver les interventions humanitaires dans le pays.

Pour Jean Jacob Charles, c’est aux dirigeants de la Croix-Rouge de réfléchir à l’interne pour pouvoir continuer d’aider les gens les plus vulnérables sans aller à l’encontre des mesures de politique internationale, insistant sur le caractère neutre et impartial du mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

«Une fois que l’accès pour les bénévoles et les employés ne sont pas restreints, notre approche ne va pas changer, car l’accès reste la pièce maitresse de notre travail auprès des communautés victimes», a-t-il précisé soulignant que le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est financé par des volontaires et des bailleurs humanitaires à travers le monde.

Rappelons que la journée du 8 mai rend hommage à ce qui est devenu le plus grand Mouvement humanitaire au monde, fort de 80 millions de membres et volontaires, tous unis autour d’une mission commune: prévenir et soulager les souffrances humaines, partout, en tout temps. Le thème choisi par le Mouvement international place un accent particulier sur ce principe fondateur qui rend tous les autres possibles.

Jean Mapou

Célébrée cette année sous le thème « Du côté de l’humanité », la journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge revêt d’une importance particulière pour la croix rouge haïtienne et le comité international de Croix-Rouge (CICR), basé à Port-au-Prince.

Pour James Peterson Joachim et Jean Jacob Charles, respectivement porte-parole du CICR et de la Croix-Rouge Haïtienne, la date du 8 mai doit être l’occasion de réitérer l’appel au respect de l’emblème de l’institution, à la protection des convois médicaux, des volontaires, en garantissant l’accès aux communautés ayant besoin d’aides humanitaires. «Sans accès, nous ne pouvons rien faire», a déclaré Charles.

«En dépit du contexte marqué par une crise sécuritaire croissante en Haïti, heureusement nous n’avons pas eu de volontaires ou de pérennes victimes pour l’année 2024, mais le manque d’accès reste un problème crucial», a souligné Jean Jacob Charles, affirmant qu’une dizaine de membres du personnel et de bénévoles de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont victimes à travers le monde pour l’année écoulée.

Préserver l’humanité et la dignité dans une crise sans horizon

La situation étant devenue de plus en plus complexe et polarisée, les besoins humanitaires sont en nette augmentation, a fait remarquer Joachim, le porte-parole du CICR en Haïti. «Pour l’année 2024, nous avions eu plusieurs axes d’interventions: la santé, la formation au premier secours, l’eau potable et assainissement, la sensibilisation et un dialogue continu avec ceux que nous appelons dans le jargon de la Croix-Rouge, des porteurs d’armes», a fait savoir Joachim.

«Plus de 600 personnes sont formées dans le domaine du premier secours pour sauver des personnes blessées par balle, sans compter des formations sur les escalades de violence dans les communautés», avance le porte-parole du CICR Haïti, ajoutant la distribution de 500,000 kits contenant des matériels hygiéniques, de bâches et de lampes solaires dans les camps des déplacés internes.

Selon Joachim, 55,000 personnes dans les communes de Cité Soleil, Delmas et Tabarre ont bénéficié de 2,6 millions de litres d’eau potable grâce aux interventions du CICR. Des points de stabilisation dans les zones de Cité Soleil, Christ-Roi (Port-au-Prince) ont été installés pour intervenir d’urgence sur des plaies par balles, a précisé le porte-parole du CICR.

La Croix-Rouge Haïtienne a aussi joué d’une coopération privilégiée avec le comité international, tant au niveau du service ambulancier qu’au niveau de la formation de volontaires et d’autres soutiens techniques, a renchéri James Peterson Joachim.

La classification des gangs comme organisations terroristes et les enjeux humanitaires en Haïti

Dans un contexte de crise multiforme et de prolifération des actes de violence, l’engagement est devenu sine qua non pour le CICR et la Croix-Rouge Haïtienne. Alors que les bénévoles essaient de tenir dans des situations où les accès sont très limités, la désignation des gangs armés comme étant des organisations terroristes pourrait entraver les interventions humanitaires dans le pays.

Pour Jean Jacob Charles, c’est aux dirigeants de la Croix-Rouge de réfléchir à l’interne pour pouvoir continuer d’aider les gens les plus vulnérables sans aller à l’encontre des mesures de politique internationale, insistant sur le caractère neutre et impartial du mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

«Une fois que l’accès pour les bénévoles et les employés ne sont pas restreints, notre approche ne va pas changer, car l’accès reste la pièce maitresse de notre travail auprès des communautés victimes», a-t-il précisé soulignant que le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est financé par des volontaires et des bailleurs humanitaires à travers le monde.

Rappelons que la journée du 8 mai rend hommage à ce qui est devenu le plus grand Mouvement humanitaire au monde, fort de 80 millions de membres et volontaires, tous unis autour d’une mission commune: prévenir et soulager les souffrances humaines, partout, en tout temps. Le thème choisi par le Mouvement international place un accent particulier sur ce principe fondateur qui rend tous les autres possibles.

Jean Mapou

« 4 Kampe » : fondamentalement, le symbole est dans l’appellation

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Par Jean Venel Casséus

Nul doute, 4 Kampe, composition de Joé Dwèt Filé, est aujourd’hui un hit mondialement reconnu, apprécié bien au-delà de la communauté haïtienne. Mais, comme à chaque phénomène musical de cette envergure, une question à un million revient : comment crée-t-on un hit ? Est-ce une affaire de génie ? De marketing bien pensé ? De hasard bien orchestré ? Ou d’un subtil mélange des trois ? Car souvent, ce que l’on qualifie de tube planétaire n’est ni une prouesse musicale, ni un manifeste poétique. Ça passe… comme ça passe.

Dans le cas précis de 4 Kampe, on peut pourtant identifier quelques ingrédients déclencheurs de son succès. Il y a, dans ce titre, quelque chose de plus profond qu’un simple agencement réussi de sons et de mots. Ce n’est ni le rythme, pourtant entraînant, ni le texte, manifestement piètre, ni même la stratégie de distribution qui explique à elle seule sa portée. Le véritable ressort se cache ailleurs : dans le titre lui-même, dans ce que cette expression convoque de mémoire, d’histoire, d’identité… et de dignité collective.

L’expression 4 Kampe évoque d’abord, pour les Haïtiens, une vieille blague populaire, grivoise mais inoffensive, qui a fait rire des générations entières sans jamais choquer. Une blague inscrite dans la culture orale, immédiatement reconnaissable. Déjà, il y a une vingtaine d’années, ce même titre avait servi de tremplin à un autre morceau devenu viral à l’époque. Il y a donc un lien affectif profond avec l’expression, qui agit comme un code culturel partagé, déclenchant instantanément la complicité et l’adhésion.

Joé Dwèt Filé n’a rien à prouver à la communauté haïtienne. Sa carrière se construit largement en dehors des frontières du konpa ou du rap kreyòl. Il est chez Sony, il remplit des salles à Paris, à Montréal, à Abidjan. Il aurait pu suivre les codes dominants de la pop urbaine francophone sans jamais revenir vers ses racines. Or il choisit de le faire. Il le fait avec simplicité, sans folklore, sans pitié. Et ce choix, précisément parce qu’il n’était pas attendu ni obligé, donne une valeur particulière au morceau. 4 Kampe devient alors un acte de reconnaissance, une offrande d’estime. Cela renforce l’adhésion du public, qui y voit une validation, voire une réhabilitation.

L’international connaît peu Haïti, et ce qu’il en connaît est souvent dramatique : catastrophes naturelles, instabilité politique, misère endémique. Porté par une voix déjà mondialement connue, 4 Kampe insinue autre chose. Son clin d’œil à Haïti redessine les regards pour faire voir un peuple qui danse, qui aime, qui inspire. Le succès du morceau, porté par des clips léchés, des chorégraphies virales et des reprises sur TikTok, participe d’un autre récit : celui d’une Haïti debout, digne, fière, visible autrement.

Tout autre que 4 Kampe comme titre, le morceau aurait peut-être eu son succès, mais pas cette charge symbolique qui en fait l’affaire de toute une nation, de tout un monde.

9 mars 2025