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222 ans du drapeau haïtien : plus de 300 millions de gourdes pour les festivités

Le Cap-Haïtien accueillera, le dimanche 18 mai 2025, la cérémonie officielle de la 222e Fête du Drapeau, sous le thème évocateur « Yon sèl drapo, yon sèl pèp, yon sèl nasyon ».

Pour marquer cette date fondatrice de l’histoire d’Haïti, le gouvernement haïtien mobilise un budget exceptionnel estimé entre 300 et 400 millions de gourdes, signe de sa volonté de faire de cette célébration un véritable moment de rassemblement national.

L’annonce a été faite ce mardi 13 mai par la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Lynn Sarah Devalis Octavius, lors de la 8e édition des « Mardis de la Nation », mettant en scène lui et le ministre de l’économie et des Finances, Alfred Metellus.

À travers ce choix, l’administration actuelle entend décentraliser les grandes célébrations nationales, trop souvent concentrées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Alors que cet événement historique avait l’habitude de fêter à Arcahaie, la cité du drapeau mais vu l’insécurité, le symbolisme est bafoué.

CPT : L’ÉTAT D’URGENCE EST UNE STRATÉGIE CRIMINELLE 

Je risque de paraître comme un empêcheur de tourner en rond mais l’effroyable souffrance de mes 12 millions de compatriotes, blottis dans ce mitard à ciel ouvert qu’est devenu mon pays, révolte ma conscience d’homme et d’initié. Il faut que le silence de nos chaînes enlève le sommeil aux puissants de la terre. Même si l’isolation de Port-au-Prince du reste du monde, par décision politique, crée un business aussi rentable que la cocaïne sur le dos de pauvres passagers, cela n’incite à aucune commisération des moralistes mondiaux. La crise haïtienne ne se parle qu’entre deux réunions sur la situation en Ukraine ou à Gaza, au Cachemire ou au Yémen. 

Le sang d’haïtiens sacrifiés par des haïtiens eux-mêmes, n’émeut pas l’occident chrétien. L’exemple du génocide rwandais semble hanté les nuits creuses de nos familles ensanglantées. 

Et la descente aux enfers continue dans l’indifférence totale des institutions dites morales ou sociales qui siègent au Conseil Électoral Provisoire, des parties prenantes des secteurs politiques, des affaires et de la société civile qui se partagent avec une rare complicité, toutes les responsabilités du Pouvoir Exécutif à travers le CPT, le Gouvernement et les Collectivités Territoriales.

Ce n’est que maintenant, j’ai fini par comprendre pourquoi les secteurs qui contrôlent le CPT et les neuf varans ont toujours refusé l’existence d’un Organisme de Contrôle de la Transition. 

Voici des faits !

Le CPT a proclamé « l’état d’urgence » le 7 avril et s’est doté le 14 avril d’un « budget de guerre. » Que cache cette stratégie ? C’est l’article 2 de l’Arrêté instaurant l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire qui prévoit entre autres, de :

• appliquer des procédures célères de déblocage de fonds ; 

• ⁠faire les dépenses jugées nécessaires ;

• ⁠désaffecter des crédits budgétaires en vue de faire face à la situation, à l’exception des salaires, indemnités et pensions de retraite ;

• ⁠passer les contrats qu’il juge nécessaires selon les procédures célères prévues par la réglementation prévue sur les marchés publics ;

• ⁠accorder, pour le temps qu’il juge nécessaire à l’exécution rapide et efficace des mesures d’intervention, les autorisations ou dérogations prévues par la loi pour l’exercice d’une activité ou l’accomplissement d’un acte requis dans les circonstances ;

• ⁠ordonner, lorsqu’il n’y a pas d’autre moyen de protection, l’évacuation des personnes ;

• ⁠mettre en œuvre tout programme d’assistance financière jugée nécessaire à l’égard des personnes victimes ;

• ⁠prendre les dispositions nécessaires en vue d’héberger les populations déplacées et pourvoir, au besoin, à leur ravitaillement ; 

• ⁠ordonner, lorsqu’il n’y a pas d’autre moyen de protection, la construction ou la démolition d’ouvrages ainsi que le déplacement de tout bien public ou privé ;

• ⁠créer et organiser toute structure ad hoc dotée de pouvoirs nécessaires pour assurer la gestion équitable de la situation d’urgence ;

• ⁠mobiliser des ressources supplémentaires tant nationales qu’internationales aux fins d’améliorer des conditions de sécurité alimentaire et agricole. » ….

Du grand art criminel associé à un terrorisme financier. C’est la mise en déroute de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, de l’Inspection Générale des Finances, des Contrôleurs financiers et des Comptables publics. 

Un rapport officiel certifie des décaissements autorisés de novembre 2024 à avril 2025  (en 5 mois) ainsi ventilés :

• Renforcement des capacités d’intervention de la PNH:                                              $ 35,708,910 USD 

• ⁠Acquisition armes, munitions et matériels de Police :                                          $ 11.062,912 USD 

• ⁠Opérations dans l’Artibonite, Kenscoff et Mirebalais :                                     $ 2,559,006 USD

• ⁠Total : $ 49,330,828 USD

(Quarante-neuf millions trois-cent trente mille huit cent vingt-huit dollars américains.)      Pour le budget de guerre, les montants( convertis au taux de la BRH) suivants sont postés :

PNH   : 235,85 millions USD

FAd’H : 64.43 millions USD

Quel est le résultat ?

D’ailleurs, aucune commande d’équipements n’est passée par les filières régulières des FAd’h, de la PNH et de leurs services administratifs. 

C’est une mane entre les mains du CPT et du Gouvernement, utilisée dans les couloirs ténébreux de l’ÉTAT D’URGENCE.

Les terroristes sont les rues, les conseillers présidentiels sont à la Villa d’Acueil : Haïti est pris en otage par des gangs. 

À QUI PROFITE LE CRIME ?

Je rappelle à toute la population fatiguée que la meilleure façon de neutraliser un criminel, c’est de penser comme lui. 

Dr. Emmanuel Ménard

Marjorie Michel, la canadienne d’origine haïtienne nommée ministre de la santé 

Le premier ministre du Canada Marck Carney a annoncé, ce mardi 13 mai 2025, la composition du nouveau Conseil des ministres du Canada. Parmi les 14 femmes composant le cabinet ministériel, on trouve cette canadienne d’origine haïtienne, fraîchement élue députée de Papineau à Montréal Majory Michel. Elle occupe le poste de ministre de la santé. Ce conseil des ministres paritaire est composé de 28 personnes; 14 femmes, 14 hommes et de 10 secrétaires d’Etat.

Les autres membres du gouvernement sont: Shafqat Ali, président du Conseil du Trésor ; Rebecca Alty, ministre des Relations Couronne-Autochtones; Anita Anand, ministre des Affaires étrangères; Gary Anandasangaree, ministre de la Sécurité publique; François-Philippe Champagne, ministre des Finances et du Revenu national; Rebecca Chartrand, ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique et ministre responsable de l’Agence canadienne de développement économique du Nord; Julie Dabrusin,

Comme ministre de l’Environnement et du Changement climatique; on retrouve Sean Fraser, ministre de la Justice et procureur général du Canada et ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique; Chrystia Freeland, ministre des Transports et du Commerce intérieur; Steven Guilbeault, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles; Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux Autochtones; Patty Hajdu, ministre de l’Emploi et des Familles et ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l’Ontario; Tim Hodgson. 

Le portefeuille de l’Énergie et des Ressources naturelles; Mélanie Joly, ministre de l’Industrie et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec; Dominic LeBlanc, président du Conseil privé du Roi pour le Canada et ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, des Affaires intergouvernementales et de l’Unité de l’économie canadienne; Joël Lightbound, ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement; Heath MacDonald, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire; Steven MacKinnon, leader du gouvernement à la Chambre des communes; David J. McGuinty, ministre de la Défense nationale; Jill McKnight, ministre des anciens combattants et ministre associée de La Défense nationale; Lena Metlege Diab, 

Autres personnalités occupant de postes ministériels, Eleanor Olszewski, de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté;, ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés et ministre responsable de Développement économique Canada pour les Prairies; Gregor Robertson, ministre du Logement et de l’Infrastructure et ministre responsable de Développement économique Canada pour le Pacifique; Maninder Sidhu, ministre du Commerce international; Evan Solomon, ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique et ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario; Joanne Thompson, ministre des Pêches et Rechie Valdez, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et secrétaire d’État (Petites Entreprises et Tourisme), 

En ce qui concerne les 10 nouveaux secrétaires d’Etat, ils sont: Buckley Belanger, secrétaire d’État (Développement rural); Stephen Fuhr, secrétaire d’État (Approvisionnement en matière de défense); Anna Gainey, secrétaire d’État (Enfance et Jeunesse); Wayne Long, secrétaire d’État (Agence du revenu du Canada et Institutions financières); Stephanie McLean, secrétaire d’État (Aînés); Nathalie Provost, secrétaire d’État (Nature); Ruby Sahota, secrétaire d’État (Lutte contre la criminalité); Randeep Sarai, secrétaire d’État (Développement international); Adam van Koeverden, secrétaire d’État (Sports); John Zerucelli, secrétaire d’État (Travail).

« Le nouveau Conseil des ministres du Canada est conçu pour apporter les changements que les Canadiens et les Canadiennes souhaitent et méritent » , a déclaré le chef du gouvernement, Marck Carney.

Marjorie Michel est la fille de Smarck Michel, ancien Premier ministre d’Haïti (1994-1995),!a été coordonnatrice générale de l’Assemblée générale annuelle de l’Organisation des États américains (OEA) en 1995. Mme Michel a rejoint le cabinet du ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social en 2016. En 2019, elle est devenue la première femme noire à être nommée chef de cabinet au sein du gouvernement fédéral. Lors des campagnes électorales de 2019 et 2021, elle a agi à titre de directrice des opérations du Parti libéral du Canada – Québec (PLCQ)

Repensons l’Identification Nationale en Haïti : Un Système Obsolète Qui Freine Notre Avancement

En Haïti, le processus d’identification des citoyens est non seulement archaïque, mais aussi profondément inefficace. À l’heure où de nombreux pays simplifient l’accès à l’identité légale, notre système repose encore sur une mécanique lourde, coûteuse et injustement complexe. Il est temps de repenser ce modèle.

Aujourd’hui, obtenir une pièce d’identité en Haïti, c’est entrer dans un véritable labyrinthe administratif. Tout commence par l’acte de naissance délivré par l’officier de l’État civil. Mais cet acte seul ne suffit pas. Il faut ensuite demander un extrait de cet acte, puis faire légaliser l’extrait auprès du parquet, du ministère de la Justice, et parfois même des Affaires étrangères. Ce processus n’est pas seulement absurde, il est profondément inefficace et chronophage.

Ce système brûle le temps et freine notre développement. Il pénalise les citoyens, notamment ceux des zones rurales, qui doivent parcourir de longues distances et dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas, simplement pour prouver leur existence. Il ouvre aussi la porte à la corruption et à l’exclusion sociale.

Dans une époque dominée par la technologie et la simplification des démarches administratives, Haïti doit moderniser son système d’identification. Il est inadmissible qu’une personne doive franchir autant d’étapes pour obtenir un document qui devrait lui être accessible de façon directe, rapide et sécurisée.

À l’OIMI, nous croyons qu’il est urgent d’instaurer un système numérique centralisé où chaque citoyen peut être enregistré dès sa naissance, et où ses données sont protégées, accessibles et reconnues sans avoir besoin de répétitions inutiles. Cela permettra non seulement de mieux identifier nos concitoyens, mais aussi de leur offrir un accès plus rapide à leurs droits civiques, sociaux et économiques.

L’identification n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental. Et quand ce droit devient un privilège réservé à ceux qui peuvent naviguer dans les méandres administratifs, c’est la démocratie elle-même qui est menacée.

Repensons, innovons, simplifions. Pour un Haïti plus juste, plus inclusif, et enfin tourné vers l’avenir.

Par Me. Wilgens Milius

Président de l’Organisation pour l’Identification et la Migration ( OIMI )

Haïti – Football Féminin : Les Grenadières affrontent le Canada fin mai et début juin

La Fédération Haïtienne de Football (FHF) a confirmé les horaires officiels des deux rencontres amicales internationales qui opposeront la sélection féminine haïtienne à l’équipe nationale du Canada lors de la prochaine fenêtre FIFA. Ces confrontations, attendues avec grand intérêt, se tiendront à la fin du mois de mai et au début du mois de juin 2025.

Le calendrier des matchs :

• Vendredi 31 mai 2025 à 13h00 (heure locale) / 14h00 (heure de Port-au-Prince)

Lieu : Stade Princess Auto, Winnipeg, Manitoba

• Mardi 3 juin 2025 à 19h30 (heure locale)

Lieu : Stade Saputo, Montréal, Québec

Ces deux rencontres s’annoncent comme un test de haut niveau pour les Grenadières, face à une référence du football féminin mondial. La FHF salue cette double confrontation qui représente une étape importante dans le développement de la sélection haïtienne.

Un tremplin vers les grands rendez-vous

Ces matchs serviront également à affiner la préparation d’Haïti en vue du lancement du nouveau cycle quadriennal de la Concacaf (2025–2029). Ce cycle comprend des échéances majeures telles que les éliminatoires de la Concacaf W, la Coupe du Monde 2027, prévue au Brésil, et les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

Avec ces confrontations face au Canada, la sélection haïtienne féminine entame une phase stratégique de son évolution, nourrissant l’ambition de s’installer durablement parmi les meilleures équipes de la région.

Mardoché D’Août

Une enveloppe de 243 millions de dollars pour le renforcement de la coopération Haïti–BID

Pour la période 2025-2026, 143 millions de dollars sont déjà disponibles pour le financement d’un projet majeur d’eau potable et d’assainissement, destiné à 30 000 foyers dans la région Nord.

La huitième édition des « Mardis de la Nation » a eu lieu ce mardi à la Primature, accueillant le Ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Métellus. À cette occasion, le grand argentier de la République est revenu sur les moments clés de la visite officielle du Président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), Ilan Goldfajn, dans la région Nord du pays.

Le Ministre considère cette mission comme une étape significative dans le renforcement des relations entre Haïti et cette institution financière régionale. « Cette visite a permis non seulement de réaffirmer l’engagement de la BID en faveur du développement durable d’Haïti, mais également de préciser les priorités de coopération pour la période 2025-2026 », souligne Métellus.

Parmi les résultats majeurs annoncés, le ministre note qu’une enveloppe totale de 243 millions de dollars de financement est prévue pour la période 2025-2026, dont 143 millions de dollars sont déjà disponibles. Un projet d’eau potable et d’assainissement, destiné à 30 000 foyers dans la région Nord, bénéficie d’un financement de 125 millions de dollars.

Concernant la réhabilitation de l’Hôpital Universitaire Justinien du Cap-Haïtien, l’enveloppe initialement prévue de 185 millions de dollars a été réévaluée à 100 millions de dollars, en fonction des priorités identifiées et des ressources mobilisées, après des discussions avec cet important bailleur.

Au cours de sa visite la semaine dernière, le Président de la BID, Ilan Goldfajn, s’est entretenu, entre autres, avec le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, plusieurs ministres, dont le conférencier du jour, des représentants du secteur privé ainsi que des membres de l’Association des Chambres de Commerce du Nord.

Par Killy Johao

Mackendy Bonhomme, un jeune inspirant 

Mackendy Bonhomme est l’un des jeunes de Vallue, qui incarne la démarche de l’oiseau qui construit son nid : « Piti piti, zwazo fè nich li ». Né à Vallue, en Juillet 1994, il est le fils d’Edner Bonhomme et de Manicia Zéphirin. C’est le 4ed’une famille de 6 enfants, dont 3 filles et 3 garçons. Il a fait ses études de philosophie en 2014. Il vit à Vallue,12esection de Petit-Goâve.  Dès l’âge de 7 ans, il a nourri une grande passion pour l’élevage de poulet et de cabri. Devenu adulte, il a priorisé l’élevage de poulet de chair et de poulet indigène qui, selon lui, est plus accessible.  Il a démarré son entreprise en 2019, avec 60 poussins, qu’il appelle : « La Différence Poulailler ». Celle-ci a grandi progressivement et compte à présent, soit 6 ans plus tard, 1 000 poulets de chair et 600 poulets indigènes élevés pour la ponte. Ce qui signifie une croissance moyenne de 4,44 % par an.

Il est à la fois éleveur et vendeur. Sa motocyclette lui sert dans les deux cas. Les poulets, les œufs et les fientes sont les trois produits de son entreprise. Son marché couvre un territoire d’environ 50 km, de Miragoane à Léogane. Il écoule parfois ses produits sur les marchés des Cayes et de Carrefour.  Le prix par unité de poulet de 45 jours varie, selon la période, de 1,250.00 Gourdes à 1,500.00 Gourdes. Ce qui lui rapporte un chiffre d’affaires annuel moyen d’un million de Gourdes. Ce revenu est complété par la vente de fientes, au prix de 500.00 à 600.00 Gourdes le sac. 

Pour démarrer, il a participé à une tontine (« sol » en créole) et a reçu un prêt d’une mutuelle.  Les deux lui ont permis d’investir cent mille Gourdes dans le bâtiment, les matériels et les 60 poussins.  Il les nourrit avec des aliments importés et locaux (des grains). Il a acheté les aliments et les médicaments à Gressier.  Les grands défis rencontrés sont liés à l’instabilité politique et à l’insécurité, entravant ses déplacements pour acheter les aliments et vendre ses poulets. De plus, il confronte des difficultés en termes d’approvisionnement en eau et en copeau de bois. L’éloignement de l’entreprise par rapport au marché entraine un coût de transport élevé qui érode sa marge de bénéfice. Parfois, il enregistre des pertes dues à des cas de maladie saisonnière (diarrhée).  Mais, celles-ci sont mineures, grâce à des traitements locaux à base de feuilles et d’antibiotique importée.

Dans cette activité, sa pire expérience était l’achat de poussins et d’aliments de mauvaise qualité, ayant causé des pertes. Sa plus grande satisfaction est une demande en hausse, surtout durant la période pascale.  Ce qui lui permet de vendre rapidement, massivement et à un prix raisonnable. Il s’agit aussi d’acheter des poussins de bonne qualité (poids, santé normale). Selon lui, cette entreprise est la plus belle expérience de sa vie.  Elle lui sert à la fois d’anti-stress et de moyens de rencontrer des gens de différents milieux sociaux.  C’est pourquoi il invite et encourage d’autres jeunes à s’investir dans une telle activité ou dans d’autres actions similaires génératrices de revenus. 

Mackendy Bonhomme est un jeune qui a une grande vision, qui a démarré petit et qui grandit en échelle.  C’est un modèle de jeune motivé, engagé et responsable, qui croit dans l’entreprise et qui fait l’effort qu’il faut pour avancer.  Malgré les contraintes, son cas montre par contre qu’il n’est pas impossible d’accomplir sur place ses rêves.  C’est là un autre jeune inspirant qui donne des raisons d’espérer.  Ce sont des jeunes comme Mackendy qu’il importe d’appuyer sur le plan technique, financier et managérial, voire communicationnel et commercial, tant pour faire accroître le chiffre d’affaires que pour influencer et convaincre d’autres qui croient qu’il faut avoir beaucoup d’argent pour démarrer une entreprise et qui n’ont pas l’audace d’oser.  

Abner Septembre

Centre Banyen Jardin Labo

Vallue @ 13 Mai 2025

Comment dire et faire dire Haïti ?

Dans les médias internationaux dits « mainstream », le traitement de l’information n’est jamais neutre. Il y a les faits, certes, mais surtout la manière de les raconter. Un homme abattu dans une rue de Chicago est « un homme abattu dans une rue de Chicago » : un fait localisé, circonstancié, que personne ne songerait à généraliser à l’ensemble de l’État de l’Illinois, encore moins aux États-Unis. Mais que ce même fait se produise à Port-au-Prince, et l’on parlera soudain d’un acte de violence « en Haïti ». Moins de précision, moins de contexte, moins de nuances. Juste « Haïti ». Tout est dit. Tout est condamné. Le pays entier devient le théâtre unique de l’événement.

Cette mécanique n’est pas anodine. Elle repose sur une forme de réduction systémique : Haïti n’est plus perçue comme un territoire composé de communes, de départements, de lieux de vie divers et de réalités multiples. Elle devient un seul bloc, homogène dans sa misère, ses violences et ses tragédies. Un meurtre à Bel-Air vaut pour Jacmel. Une manifestation à Petit-Goâve vaut pour le Nord-Est. Un gang dans la capitale parle au nom de tout un peuple. Ce raccourci sémantique alimente une construction médiatique ancienne qui, sans le dire frontalement, entretient l’idée d’un pays « perdu », insaisissable, incorrigible.

Ce phénomène n’est pas propre à Haïti. Mais il y prend une dimension plus perverse. Et pourtant, Haïti ne manque pas de grandeur. Première république noire, première nation indépendante issue d’une révolte d’esclaves victorieuse, premier État à avoir osé défier l’ordre colonial mondial pour proclamer l’égalité entre tous les hommes : Haïti est un symbole universel de dignité humaine. Haïti, ce sont des villes, chacune avec sa spécificité, sa dynamique, sa manière de faire bouger la vie au quotidien. Elle possède des faits d’armes, des fondations de fierté, des références historiques et contemporaines qui devraient inspirer respect et admiration. Mais au lieu de valoriser cet héritage et sa créativité toujours en mouvement, certains récits médiatiques semblent figés sur les défaillances, les drames, les catastrophes — comme si le pays n’était qu’une succession de tragédies.

Pour briser cette spirale, il ne suffit pas de dénoncer. Il faut occuper l’espace. Il faut produire du sens, des récits, des images, des voix. Il faut que les journalistes haïtiens, les créateurs de contenu, les universitaires, les artistes, les diplomates et tous ceux qui portent Haïti dans leur chair et dans leur pensée prennent la parole. Pas pour enjoliver ou dissimuler, mais pour contextualiser, complexifier, humaniser. Dire Port-au-Prince au lieu de dire Haïti. Dire un quartier, une situation, une cause. Rendre à la réalité sa densité. Et surtout, rappeler qu’aucun pays ne se réduit à ses drames.

Changer le narratif sur Haïti n’est pas une option : c’est une urgence stratégique, culturelle et identitaire. Tant que l’on parlera de Haïti comme d’un bloc uniforme de chaos, aucun investissement durable, aucun partenariat sincère, aucune solidarité éclairée ne sera possible. Il est donc temps d’imposer une autre grammaire, une autre géographie, une autre manière de dire Haïti. Parce qu’Haïti, ce n’est pas seulement une nation blessée. C’est un pays vivant, pensant, parlant, qui mérite d’être nommé avec précision, respect et vérité.

Par Jean Venel Casséus

Le Ministère de la Santé rend hommage aux infirmières à l’occasion de la Journée internationale

Ce 12 mai 2025, marque la Journée internationale des infirmières. À cette occasion, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a célébré les professionnels de santé en mettant en lumière leur rôle essentiel dans le système de soins. Le ministre de la Santé publique, Dr Bertrand Sinal, a réaffirmé son engagement à garantir l’accès aux soins pour tous, soulignant que cet objectif demeure une priorité de son mandat.

La Direction des Soins Infirmiers (DSI) du MSPP a adopté le thème international de cette année : « Nos infirmières. Notre avenir. Prendre soin des infirmières renforce les économies ». Ce thème, choisi par le Conseil International des Infirmières (CII), met l’accent sur l’importance de soutenir la santé et le bien-être des infirmières, tout en reconnaissant leur contribution cruciale au renforcement des économies et à l’amélioration des systèmes de santé à l’échelle mondiale.

Dans une note publiée sur le réseau social X, le ministère a exprimé sa gratitude envers les infirmières et les infirmiers, les qualifiant de « héros et héroïnes de la santé ». Le Dr Sinal a renouvelé sa confiance en ces professionnels et a exprimé son soutien pour leur permettre de continuer à servir le pays et à veiller sur chaque citoyen et citoyenne. « Ensemble, veillons sur ceux qui veillent sur nous », conclut la note du ministère.

Haïti : Luis Almagro en quête de solutions avec le Groupe des Personnalités Éminentes 

Le secrétaire général sortant de l’OEA a échangé, sur son compte X, ce 12 mai 2025, avec d’anciens dirigeants caribéens sur la crise haïtienne. Alors que le pays sombre davantage dans l’insécurité et l’impasse politique, l’inaction de la communauté internationale suscite de vives critiques.

La situation en Haïti continue d’inquiéter à l’échelle régionale. C’est dans ce contexte que Luis Almagro, secrétaire général sortant de l’Organisation des États américains (OEA), a tenu une réunion virtuelle avec le Groupe des Personnalités Éminentes (GPE), une instance composée d’anciens chefs de gouvernement issus de la Caraïbe, chargée de suivre l’évolution de la crise haïtienne.

Parmi les participants figuraient Bruce Golding (Jamaïque), Perry Christie (Bahamas), Kenny D. Anthony (Sainte-Lucie) et l’ambassadeur Colin Granderson (Trinité-et-Tobago). Ces personnalités ont discuté des blocages politiques persistants en Haïti, du vide institutionnel, ainsi que de l’escalade de la violence menée par des gangs armés dans plusieurs régions du pays.

Dans son message publié sur le réseau X, Luis Almagro a souligné la nécessité d’« actions urgentes » pour aider Haïti à sortir de cette crise multidimensionnelle. Il a notamment insisté sur l’importance de fournir au pays les moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour rétablir la sécurité, lancer un processus électoral crédible et rétablir la gouvernance démocratique.

Sur le terrain, la réalité est alarmante. Le référendum qui devait avoir lieu le dimanche 11 mai dernier a été annulé, faute de conditions sécuritaires minimales.

Malgré tout, de timides avancées sont rapportées à Kenscoff, dans la localité Furcy, où la police dit avoir repris le contrôle de certaines positions stratégiques. Des efforts salués, mais encore insuffisants face à l’ampleur de la crise.

À Mirebalais, les autorités locales qui font des annonces de mener des opérations semblent désormais avoir perdu le contrôle, laissant les gangs organiser des rassemblements publics sans aucune réaction des forces de l’ordre. Le climat d’impunité s’installe dangereusement.

Alors que les discussions diplomatiques se multiplient, les Haïtiens, eux, attendent toujours des résultats concrets. Le budget d’urgence promis pour renforcer les forces de sécurité tarde à sortir du papier et l’organisation d’élections reste entourée d’incertitudes. La sortie de crise semble encore lointaine.