jeudi, mars 12, 2026
11.4 C
Londres
Accueil Blog Page 175

Après le sénat français, c’est le tour de L’International Socialiste d’adopter une résolution en faveur d’Haïti

PANAMA.— Le Comité pour l’Amérique Latine et les Caraïbes de l’International Socialiste a adopté une résolution de soutien à Haïti dans un contexte de crises multiples qui sévissent dans le pays. Cette résolution a été adoptée le 11 mai dernier, à l’initiative du Parti Fusion des Sociaux Démocrates Haïtien.

Le parti Fusion s’est lancé dans une campagne internationale dans le cadre de sa contribution dans le processus de restitution et de réparation d’Haïti par la France. Les plaidoyers ont abouti à l’adoption d’une résolution où le Comité pour l’Amérique Latine et les Caraïbes de l’Internationale Socialiste s’est engagé à:
• Exprimer sa solidarité pleine et entière avec le peuple haïtien, confronté à une violence extrême et à une exclusion prolongée, et réitérer son appui aux efforts légitimes de restauration de l’ordre démocratique et de la dignité des institutions publiques.
• Appeler à une mobilisation internationale urgente, coordonnée et durable, pour restaurer l’État de droit, démanteler les groupes armés illégaux, protéger la population
civile et rebâtir les fonctions essentielles de l’État haïtien.
• Soutenir les dynamiques de concertation interne, portées par les acteurs haïtiens civils et politiques, en vue d’un accord national débouchant sur des élections libres, transparentes, inclusives et placées sous supervision internationale.
• Encourager une coopération renforcée entre Haïti et les États de l’hémisphère, ainsi que les organisations internationales compétentes : notamment l’ONU, l’OEA, la CARICOM, la CELAC, l’Union africaine, l’Union européenne, et les partenaires clés tels que les États-Unis, le Canada et la France dans un esprit de coresponsabilité, sans
imposition ni tutelle.
• Recommander que le comité mixte créé par la France formule des recommandations à la hauteur du préjudice financier historique subi par Haïti, en vue d’une réparation juste
et concrète.
• Proposer la création urgente d’un Fonds régional pour la reconstruction institutionnelle et le développement humain, alimenté par des pays d’Amérique latine, des Caraïbes et
d’Afrique, pour financer des projets stratégiques en matière de santé, d’éducation, de justice, d’emploi des jeunes et de résilience climatique.
• Lancer un appel solennel aux pays d’accueil afin qu’ils garantissent aux migrants haïtiens un traitement digne et conforme au droit international, tant dans les procédures de retour que dans les mécanismes de régularisation.

Par cette résolution l’International Socialiste reconnaît l’état lamentable de la situation, et la nécessité pur Haïti d’obtenir le soutien de la communauté internationale à travers un plan de contingence pouvant redynamiser la nation et redonner confiance au peuple.

Cette résolution met également en lumière l’urgence d’une réponse internationale cohérente, coordonnée et respectueuse de la souveraineté haïtienne, pouvant garantir la sécurité, la gouvernance démocratique et la protection sociale indispensables à un avenir choisi librement par les Haïtiennes et
les Haïtiens.

Rappelons que plusieurs acteurs politiques, dont le Parti socialiste français à travers sa
représentation au Sénat, ont récemment reconnu, dans une résolution adoptée le 11 avril
2025, la nécessité de réparer la dette historique contractée à l’encontre du peuple haïtien.

Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens continue, en tant que société civile, de porter les doléances d’Haïti à l’échelle internationale dans un contexte marqué par une absence significative de la diplomatie haïtienne. Les démarches de la Fusion n’ont jusqu’à présent pas été récupérées par les autorités de la transition.

Jean Mapou

18 Mai 2025 Ho Haïti ❗

Notre chère Nation pleure. Les larmes tombent à grosses gouttes sur notre Drapeau déchiré, piétiné. Les Haïtiens, jeunes et vieux meurent de faim. Partout humiliés. La Terre presqu’entière est devenue un Enfer pour nous. Les Patriotes sont condamnés, certains aux Travaux Forcés et d’autres à Mort sans être jugés.Depuis l’Antiquité, les Peuples Barbares ont toujours caressé l’idée de dominer les Nations Éclairées , Civilisées comme la nôtre. Les Indiens d’Amérique souffrirent jusqu’à leur extermination par des Colons Européens hier et avant hier, aujourd’hui Américains Démocrate et Républicains confondus.Partout, la Vérité est condamnable ,condamnée et l’honnêteté est mise au Feu de Lucifer. Si on veut avoir une idée sur la Cupidité des Colons Blancs , lisez l’Histoire de Jésus Christ.Les Maîtres de l’Occident ne changent pas. Et la racine latine du mot Occident demeure encore et toujours.  » Occident vient du verbe Latin Occidere qui signifie Tuer, Assassiner, Dévorer, Exterminer … » .Voilà ❗ Au Paradis Américain , l’ Impérialisme épouse le Nazisme pour enfanter le Terrorisme international.Quand l’ENFER a pris feu la présence de Lucifer n’est pas nécessaire.HAÏTIENS, NNES de tout bord, ne comptez pas sur Lucifer pour améliorer notre situation.Drapeau en main – Détermination à l’Esptit – Coeur Palpité -Tête Altière , où que nous sommes, déclarons encore : Liberté ou la Mort. Liberté Générale pour tous les Peuples opprimés. Nos Racines Ancestrales nous obligent à regarder le Ciel avec Grandeur d’Âme sans la moindre Peur des Foudres qui nous tombent dessus.HAÏTI ,en avant. Vivre Libre ou mourir ❗Ça c’est notre Devise.

ALEXIS Clérius

Depuis Beaumont Haïti: 18 Mai 2025.

Quand l’Etat oublie les priorités nationales

Le gouvernement met le paquet pour célébrer royalement le bicolore. Plus de 300 millions de gourdes, pour une cérémonie de deux heures, dans la ville du Cap-Haïtien. L’État n’est jamais pauvre, il faut faire honneur au drapeau, symbole de l’unité nationale et de souveraineté.

Lorsque le ministre de la Jeunesse a annoncé le budget des festivités, ce 13 mai, au programme hebdomadaire du gouvernement baptisé « Mardi de la Nation », la plupart des journalistes croyait à une hallucination.

Pour justifier le décaissement de cette somme, la ministre a avancé le fait que le gouvernement projette de faire de la fête du drapeau une célébration nationale.

Sommes-nous sérieux ou inconscients?

Pendant que nous dépensons sans compter pour une messe et un simple discours de plus, des Haïtiens souffrent en République voisine. Ils sont chassés, humiliés, alors que revenir sur leur terre natale est d’autant plus dangereux que le supplice des Dominicains.

Des milliers continuent de vivre dans l’indignité du déplacement interne. La vie dans les camps de fortune est devenue infernale. Des institutions publiques continuent d’accumuler des arriérés de salaires.

300 millions c’est un «Caca Harang», qu’est-ce qu’on peut faire avec. Le pays a trop de problèmes, on ferait mieux de faire la fête et hisser notre bicolore pour rappeler au monde entier qui nous avons toujours été.

Pour faire honneur au drapeau, qui en paiera le prix ?

Selon une analyse de l’ancien ministre du commerce Jonas Coffy, le CPT à lui seul coûterait plus de 60 millions de gourdes par mois à l’État haïtien. Des frais pour leur conjoints, deuxième résidence, frais de nourriture, pour les vêtements, sans compter les voyages.

La délégation qui ira au Cap-Haïtien n’aura pas de droits de passage à verser dans les postes de péage installés le long de la route nationale numéro un. Aucune difficulté à faire face à cause de la menace de pénurie de carburant qui pèse sur le pays.

Mais leur déplacement sera assuré par des hélicoptères au frais de la nation, des per diem ou primes de risque seront calculés. Pour tout cela pas même un centime ne sera soustrait des indemnités totales des Conseillers-Présidents.

Faisons ce que savons faire le mieux et les autres peuples ne nous laisseront pas périr

Pendant que nous essayons de supprimer notre propre humanité en niant la réalité qui est la nôtre, le monde continue de progresser dans divers domaines. Mais cela ne nous fait ni chaud ni froid, car le progrès des autres est au final pour nous. Nous n’aurons pas besoin de faire des efforts dans l’agriculture car la République Dominicaine le fait, pas d’investissement dans l’éducation car le Canada le fait, pas besoin de financer des recherches scientifiques, car les États-Unis le font. Nous avions eu le programme Biden, nous en aurons sûrement d’autres… ainsi va la vie en Haïti.

Un jour, il faudra que les choses changent. On pourra éternellement avoir recours à la corruption pour s’enrichir on ne pourra pas toujours dépouiller les caisses de l’État. On ne pourra pas toujours se verser dans le trafic des armes et des munitions, car on peut tout faire avec une arme sauf s’assoir dessus. Les armes, à elles seules, n’ont jamais un pays riche. Ce sont les progrès de la science et le travail impénitent des citoyens qui créent la propriété.

Jean Mapou

Ashley Swimwear : Quand une passion pour les maillots de bain devient une marque

0

Ce vendredi 16 mai 2025, Ashley Carey Espérant a lancé le nouveau site de sa marque de maillots de bain: Ashley Swimwear. D’une simple passion pour les maillots de bain, cette Haïtienne a su développer un modèle d’affaires qui mérite toute notre attention.

Étudiante en 3e année de licence en biotechnologie végétale, Ashley partage sa vie entre ses études au Maroc, le goût de l’aventure, les voyages et les maillots de bain. Après avoir terminé ses études secondaires, elle raconte que la conjoncture sociopolitique en Haïti a bouleversé ses plans. Ne pouvant poursuivre ses études dans son pays, elle a obtenu une bourse pour étudier au Maroc en 2022. Depuis son arrivée, elle a décroché un diplôme universitaire en Biologie, Chimie et Géologie.

Avant son départ, déjà plongée dans l’univers des affaires familiales, cette jeune entrepreneure avait lancé sa première initiative : Shop Your Kini, où elle revendait en Haïti des bikinis, achetés à l’étranger et adaptés à son goût esthétique.

Avec une grande modestie, Ashley explique qu’elle s’est chargée de tout le branding de sa nouvelle marque : de la conception du logo – inspiré de la culture marocaine – à la gestion et au marketing. Elle agit sur tous les fronts pour faire rayonner Ashley Swimwear. À la question de savoir si elle envisage d’étendre ses activités à d’autres secteurs commerciaux, Ashley répond par la négative. Son objectif est de renforcer sa marque afin de devenir une référence dans l’univers balnéaire.

Ashley Swimwear, c’est donc à la fois l’expression d’une passion et le symbole d’une personnalité affirmée – celle d’Ashley Carey Espérant.

Gesly J. Sinvilier

222e du bicolore national : le Consortium International de la Jeunesse Haïtienne (CIJHA) invite les jeunes à une journée de débat

À l’occasion des 222e anniversaire du drapeau haitien ce 18 mai 2025, le consortium international de la jeunesse haitienne organise une journée de débat et de réflexion autour du bicolore haïtien. « Le drapeau nous unit, l’héritage historique de nos aïeux nous oblige, la jeunesse s’engage», c’est le thème retenu dans le cadre de cette activité.

Cette initiative est prise, selon l’un des membres de la structure, Dave Weitzlor Solitaire, pour rappeler aux jeunes haïtiens l’importance, le sens symbolique du drapeau et son histoire.«Depuis des années l’on constate un effritement des valeurs républicaines et historiques. La fête du bicolore perd tout son sens. Les jeunes, les adolescents haïtiens ignorent la valeur du drapeau. Nous espérons sensibiliser les jeunes sur leurs responsabilités envers la nations, les porter à prendre leur destin en main», a déclaré Solitaire, membre du consortium et également intervenant.

Plusieurs intellectuels haïtiens interviendront à cette conférence. On peut citer: Fresnel Larosillière, Lionel St Félix, Emmanuel Louis-Jeune, Carlos Roberto Deronceray, Jean Djerkens Don, Étienne Lubin, Dave Weitzlor Solitaire… Elle sera organisée à l’Ephraïm Club situé à Delmas 41 à partir de 10 hrs.

Dave Weitzlor Solitaire se dit attristé par la situation dans lequel le pays célèbre les 222e anniversaire du bicolore. « Je célèbre la fête du drapeau avec un sentiment de tristesse, d’amertume. Trop de gens quittent leurs maisons. Ils ne peuvent pas se procurer ce dont ils ont besoin. L’insécurité fait rage. On ne peut pas même se rendre à l’Arcahaie pour fêter», s’indigne-t-il, tout en rappelant que nos ancêtres ont lutté rien que pour nous laisser un pays où l’on peut vivre aisément dans la paix et la sérénité.

Malgré tout il encourage tous les jeunes haïtiens à s’unir, à se mettre ensemble autour d’un projet commun, d’une vision commune aux fins de sauver ce pays qui, depuis des décennies, ne cesse de souffrir.

Gédéon DELVA

POUR UNE NOUVELLE PENSEE SOCIALE HAÏTIENNE

  1. Un fil conducteur ?

La pensée sociale n’est pas à confondre à un courant politico-idéologique tant au niveau mondial (par exemple, le capitalisme versus le communisme) qu’au niveau national (par exemple, le pouvoir au plus capable versus le pouvoir au plus grand nombre). Elle fait plutôt référence à une cause, face aux grands problèmes que traverse la société et, pour son renouvellement et son avancement, il faut des idées nouvelles. En d’autres termes, comme l’a dit Alice Canabate, quand un pays est rendu à un moment charnière, où les fondements culturels et les régularités sociales perdent de leur aspect fédérateur et de leurs atouts sédatifs, cela invite à des quêtes de nouvel imaginaire et d’actions collectives. La pensée sociale est donc l’expression d’un éveil de conscience et de la revendication d’un nouveau modèle de société rejetant l’ordre ancien. Sur cette base peut alors se greffer et s’enraciner un courant politico-idéologique, voire un choix économique.

  1. Évolution de la pensée sociale haïtienne

Il y a plusieurs courants d’idées, à commencer par l’esprit de Vertières et de l’Indépendance pour arriver aux révisionnistes des 38 dernières années, en passant par les Théoriciens au pouvoir, les Générations de la ronde, les Indigénistes, les Griots, etc. Mais, si dans les premières générations, nous avons retrouvé une âme haïtienne profonde et forte, malgré leurs paradoxes de conséquence, mais dans la dernière dite révisionniste, cette âme s’est effritée. Les révisionnistes font preuve d’un exercice de démocratie trompe-œil, stérile pour le peuple et ruinant systématiquement les grands acquis du pays. La situation actuelle en est la preuve. Cette crise profonde n’est certes pas que politique et économique. Elle est aussi et avant tout fondamentalement anthropologique, mettant en scène la cupidité, la traitrise et l’esprit revanchard. Tout cela, couplé à l’agenda international ayant un soubassement tant historique et raciste que stratégique, fait d’Haïti l’unique PMA de l’hémisphère américain et l’un des pays les plus inégalitaires au monde.

  1. Un ordre social déliquescent

Les révisionnistes regroupent les membres d’une nouvelle élite post-Duvalier. Ils ont rejoint dans leur pratique ceux de l’élite oligarchique. Ils se sont donnés en commun un soutien international, leurs bras armés et leur sirène composée d’intellectuels et de politiciens laquais. Ils ont engagé le pays dans un labyrinthe qui leur permet seuls d’en tirer profit, contre tout désir et projet du peuple d’améliorer ses conditions de vie. Une autre frange de l’élite, au lieu de faire face à ses responsabilités de penser et de prendre des actions pour le relèvement du pays, a préféré observer une stratégie de retrait ou se réfugier sous d’autres cieux plus cléments, souvent sur le sol des bourreaux et contempteurs du pays, sans pour autant lui offrir ce qu’elle y jouit, sinon des subsides de consommation et la construction de sa maison de retraite, faisant plus office de sauvetage familial et personnel que d’amélioration collective, d’autant que l’État n’a défini jusqu’ici aucune politique de valorisation des transferts.

Quand le président Trump a qualifié Haïti de « Shithole », le président Macron a traité les dirigeants en place de « Cons », le ministre canadien Jean-François Roberge a dit que « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » et monsieur Rémi Villemure d’ajouter que « Haïti est probablement le pays le plus foireux parmi les 192 pays de la terre, … », c’est l’expression de leur mépris pour tous les Haïtiens. De tels propos ne sont certes pas nouveaux. Sous l’occupation américaine, des responsables américains en ont fait pareil. Un sénateur américain est allé jusqu’à dire : « Vous n’avez pas idée des conditions qui existaient quand nous avons débarqué dans ce pays. En comparaison, les écuries d’Augias étaient un paradis » (Voir Alain Turnier dans « Les sociétés des Baïonnettes », p. 9 – 10). Tout cela, sans oublier les nombreux affronts dominicains dont l’actuel président se croit investi, face à l’impuissance de la partie haïtienne et au nom d’un agenda caché, de la mission de défendre la cause d’Haïti sur le plan international.

Qu’est-ce qui a changé depuis, sinon ça n’a fait qu’empirer, puisque nous nous comportons comme des enfants prodigues et des feuilles de banane. Nous sommes dans une société où le matérialisme dominant en général comble les nantis en abondance et transforme les rêves du plus grand nombre en chimère. Les jeunes sont les plus grands sacrifiés. Ils sont réduits à admirer l’arsenal de choses matérielles que colporte une élite dominante, sans volonté de partage et sans vision prométhéenne, et que font miroiter à longueur de journée les médias et les réseaux sociaux, provoquant ainsi des désirs hallucinants et irrésistibles. Ce qui pousse certains d’entre eux à faire des choix compromettants pour satisfaire leur envie. C’est ce modèle consumériste dominant, ingurgité sans filtre, qui transforme hélas le pays en marché poubelle, en arrière-cour sous protectorat avec subordination politique et commerciale, en société en détresse alimentaire, matérielle, juridique et morale, donnant carte blanche à l’informel, au gangstérisme, à la violence et à la fuite.

  1. Momentum d’une société haïtienne alternative

Cette terrible réalité nous renvoie à notre devoir de maison. Le 222e anniversaire du bicolore national est un moment charnière pour commencer à questionner : « A qui est Haïti ? ». La réponse doit être bien pensée, car devant servir d’antidote à ce système qui fait voir l’Haïtien comme une chimère et son pays comme une menace. C’est cette mission historique qu’une nouvelle pensée sociale doit être l’expression, en œuvrant comme un Bellérophon pour sauver Haïti. Commençons par assumer que nous ne sommes pas ces clichés et stéréotypes que les prédateurs et pourfendeurs du pays véhiculent, mais plutôt « la lumière du monde », comme l’a dit Marlène Chouloute-Hyppolite. C’est surtout nos efforts et la renaissance d’Haïti dans une logique dessalinienne, une ferveur salnaviste, une intelligence salomoniste et une intrépidité estimiste, qui le prouveront comme vérité mathématique.

La nouvelle pensée haïtienne est donc une œuvre de l’esprit qui transcende la matière, lui transmettant des ondes vibratoires de création positive pour l’émancipation nationale et le bien-être collectif. La prospérité soutenable d’Haïti ne peut arriver que dans la création d’une aisance moyenne pour le plus grand nombre et non dans l’enrichissement d’une minorité détenant ou contrôlant environ 90% de la richesse nationale. Ces ondes énergétiques doivent provenir en premier lieu des familles, de l’école et des cercles d’interactions sociales. Mais, ces espaces sociaux ont besoin avant tout d’être recadrés pour prendre en main le contrôle de certains canaux de transmission porteurs d’ondes négatives, en vue de véhiculer une éducation en osmose avec la création positive dans sa pureté transcendantale. Ils doivent aussi ouvrir les perspectives tant sur la maîtrise des espaces communs : terre, mer, air et numérique, que sur l’édification de « villes paysannes » réappropriant la mémoire des Lakou authentiques contre les schèmes coloniaux.

Cette nouvelle pensée sociale haïtienne doit surtout cultiver chez l’Haïtien l’esprit civique et patriotique, en lui donnant l’amour du pays, le sens du devoir, le souci du bien commun et de l’autre ; interpréter la grandeur dans le sauvetage de l’humain et le respect de la nature, dans une esthétique qui apporte le bien-être et une espérance de vie meilleure, grâce à un leadership éclairé et transparent. Par conséquent, elle doit sortir le quotidien social du cycle de violence, de la logique de destruction et d’égoïsme aveugle, de corruption, de vol des derniers publics, de pillage des dons et des fonds empruntés, pour valoriser la probité, la passion de construire, de vivre-ensemble et de préserver les patrimoines matériels et immatériels. C’est dans un tel cadre de moralisation des mœurs, formant un cercle vertueux, que l’investissement peut fructifier et la nation prospérer.

  1. Conclusion

Nous sommes à un moment décisif, où il faut rendre l’impensable et l’impossible pensable et possible. La nouvelle pensée haïtienne doit alors faire éclore une nouvelle élite porteuse d’un projet de société inclusif dirigé par un État souverainiste pratiquant un leadership respectueux des droits et libertés, recelant une autre politique de fiscalité, d’investissement, de coopération, et valorisant la transparence ; interventionniste pour servir le bien-être collectif ; progressiste dans les affaires économiques et commerciales ; régionaliste dans les affaires politiques et administratives ; pragmatique sur le plan géopolitique et diplomatique pour permettre à Haïti de tenir dignement sa place dans le concert des nations.

Abner Septembre
Sociologue, Entrepreneur, Écologiste
17 Mai 2025.

Poursuite judiciaire contre les personnes sanctionnées par l’international: Me Camille LeBlanc livre son avis

0

À travers une correspondance en date du 12 mai 2025 le ministre de la justice, Me Patrick Pelissier, a ordonné au commissaire du gouvernement de Port au Prince, Frantz Monclair, de prendre des mesures urgentes contre toutes les personnes sanctionnées sous le régime des Nations Unies dont le gel de tous leurs comptes ainsi que ceux appartenant à leurs complices. Une décision qui suscite des réactions dans le monde de la basoche.
Contacté par notre rédaction, M Camille Leblanc, avocat au barreau de Port au Prince a émis ses commentaires.

Compétence du Parquet
Pour l’homme de loi, la justice peut poursuivre toute personne qui commet des crimes contre la pays. Cependant tout doit être fait dans le respect des normes juridiques.
En ce qui a trait à l’injonction faite par le ministre de la justice au commissaire du gouvernement, M Lablanc trouve que la lettre est approximative. Il y avait des personnes qui ont été sanctionnées par l’ONU, d’autres par certains pays étrangers comme le Canada, la République dominicaine, les États Unis etc. L’homme de loi indique que la justice ne peut poursuivre que les individus sanctionnés par les Nations-Unies unies.

« En fait la lettre du Ministre est approximative. Fait elle injonction au Parquet de prendre des mesures provisoires contre les personnes sanctionnées par certains pays etrangers: le Canada,la République dominicaine et les Etats Unis ou seulement les personnes sanctionnées par l’Onu ?
Certains semblent valider la thèse que la lettre ne vise que les gens sanctionnes par l’ONU; si tel est le cas la procédure judiciaire s’applique. Dans le cas contraire, le gouvernement ne peut nullement, sans aucun dossier penal, se saisir sous aucun pretexte des biens des citoyens», a répondu Me Camille sur la compétence du parquet de poursuivre ses individus.

Dans le premier cas, selon l’ancien ministre de la justice, le commissaire peut suivre les instructions du ministre. En ce sens, il doit faire 2 choses. Sur le plan pénal: il doit saisir le juge d’instruction pour poursuivre ces individus pour les crimes qu’ils ont commis. Sur le plan civil: le commissaire peut prendre des mesures. Pour se faire, il doit avoir une ordonnance ( autorisation) du doyen du tribunal de première instance qui lui permettra de saisir les biens des personnes indexées. Pour les complices, M Leblanc a fait savoir que seul un juge peut déclarer qui est complice. Ce qui rend, selon lui, cette phase difficile.

* Droit de recours des sanctionnés *
Le commissaire peut les sanctionner. Auront-ils droit de recours après le gel de leurs avoirs M Leblanc ? «Il faut rappeler que quand vous bloquez les avoirs de quelqu’un vous l’étranglez économiquement avec des conséquences personnelles, familiales et sociales. Vous le détruisez.

Et si vous le faites abusivement la victime est en droit de réagir contre tous ceux et celles qui ont participé (article 27 de la constitution haitiennes en vigueur) à cette injustice», a répondu l’ancien ministre sous le premier mandat du Président René Préval.

L’instruction judiciaire
Pour la categorie des personnes sanctionnées par des pays, l’homme de loi a fait savoir qu’«il faut obtenir les dossiers afin de saisir la justice penale».La difference reside dans le fait que les Nations Unis ont pris des sanctions après des enquetes documentées; ce qui n’ est pas toujours le cas des personnes sanctionnées par certains pays à l’exception des Etats unis qui semblent avoir documenté les cas rendus publics.

Le 22 octobre 2022 le Conseil de sécurité des Nations Unies avait adopté à l’unanimité la Résolution 2653 (2022), établissant un régime de sanctions en réponse à la situation sécuritaire en Haïti. Un comité a été composé de tous ses membres, pour entreprendre le suivi de la mise en œuvre des sanctions.

Ce régime de sanctions impose une interdiction de voyage, gel des avoirs, embargo ciblé sur les armes. Seul le chef de gang, Jimmy Chérizier, dit Barbecue a été sanctionné en 2022. La liste compte désormais cinq chefs de gangs, parmi ceux considérés comme les plus redoutables du pays.

Gedeon Delva

Dans le Nord d’Haïti, le Premier ministre multiplie les rencontres

Arrivé dans le nord du pays le vendredi 16 mai, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a entamé une série de discussions stratégiques. L’organisation des élections, la sécurité et la refondation institutionnelle sont au cœur des échanges. Ce déplacement coïncide avec la célébration du 222e anniversaire du drapeau haïtien, exceptionnellement délocalisée de l’Arcahaie au Cap-Haïtien.

À peine arrivé, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé a tenu une séance de travail avec le délégué et vice-délégués du département, en vue de renforcer le dialogue entre l’État central et les autorités locales.

Lors de cette réunion, le chef du gouvernement a rappelé, toujours selon le communiqué, que la nation fait face à des défis majeurs et qu’il est indispensable que chaque acteur – local, institutionnel ou communautaire – s’engage dans le processus de refondation démocratique.

Trois priorités ont été mises en avant : l’organisation d’élections libres et inclusives, la tenue du référendum constitutionnel et le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, dans un second communiqué, le bureau du Premier ministre a fait savoir qu’il avait également rencontré les présidents des chambres de commerce des départements du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest. Ces échanges, auxquels ont participé plusieurs membres du gouvernement, ont porté sur la relance économique, la situation sécuritaire et la contribution du secteur privé au processus électoral.

Selon ce communiqué, Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé son engagement à restaurer la sécurité nationale et à garantir la tenue des prochaines élections dans les meilleurs délais. Il a également plaidé pour une meilleure implication des autorités locales dans la gestion des marchés publics afin, dit-il, que les investissements profitent directement aux régions.

Au cours de sa tournée, le Premier ministre a été informé de l’état critique du lycée François Capois. Jugeant la situation inacceptable, il a convoqué, toujours selon le communiqué, le ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin, et la directrice générale du Fonds National de l’Éducation (FNE), Sterline Civil, en leur donnant des instructions claires pour engager rapidement la reconstruction complète de l’établissement.

Cette tournée du chef du gouvernement s’inscrit également dans le cadre de la célébration du 222e anniversaire du drapeau haïtien et de l’Université, exceptionnellement organisée cette année au Cap-Haïtien au lieu de l’Arcahaie. Elle vise, selon les autorités, à encourager la mobilisation citoyenne et à placer la population au cœur des efforts de redressement national.

À travers cette série de rencontres, Alix Didier Fils-Aimé entend, selon ses propos, bâtir une gouvernance fondée sur l’écoute, la concertation et l’action. « C’est ensemble que nous devons reconstruire notre démocratie, restaurer la confiance et refonder la République », a-t-il déclaré.

Wideberlin Senexant

Discours du 18 Mai 2025 pour la libération d’Haïti

Peuple haïtien,
Frères et sœurs de la terre sacrée de Dessalines,
L’heure n’est plus aux lamentations, l’heure est à la RÉSISTANCE !

Depuis trop longtemps, nos bourreaux ont changé de visage, mais jamais d’intention. Le fouet du colon s’est transformé en diplomatie assassine, en accords léonins, en ONG parasites, en gouvernements marionnettes. Nous sommes les cibles d’un nouvel esclavage : le NÉOCOLONIALISME déguisé en aide humanitaire.

Les États-Unis, la France, le Canada, ces puissances impérialistes de l’Occident qui se proclament amies d’Haïti, sont en réalité les architectes de notre destruction lente. Ils complotent dans l’ombre pour voler notre or, notre pétrole notre richesse, nos terres, nos côtes, pendant que nous mourons de faim sur le sol le plus riche des Caraïbes !

Ils placent au pouvoir des pantins, des traîtres, des misérables prêts à vendre la patrie pour quelques billets verts et des visas. Aujourd’hui, le Conseil transition du présidentiel de 9 personnes n’est qu’un théâtre minable financé par l’étranger pour maintenir le peuple sous domination. Nous disons NON !
NON !

Haïti n’est pas un terrain de jeux pour les impérialistes occidentaux. Haïti est une nation libre, née dans le sang, la gloire et la dignité de ses héros.

Le moment est venu de briser nos chaînes modernes, de rejeter les ordres de Washington, d’Ottawa, et de Paris, et de reprendre le flambeau de la révolution.
Le peuple haïtien n’a jamais été un peuple soumis. Nous sommes les enfants de Makandal, de Toussaint Louverture, de Jean Jaques Dessalines !

Unissons nos forces comme l’armée indigène d’hier. Organisons-nous. Mobilisons-nous. Reprenons les rues, reprenons notre terre, reprenons notre avenir !

Ce système corrompu doit tomber. Ce système qui affame, humilie, viole et trahit doit être démantelé.

Haïti ne tendra plus la main aux assassins. Haïti veut parler avec ses vrais frères :

Nos frères Africains comme Ibrahim Traoré, Assimi Goïta,

Nos alliés du Sud et comme aussi du Président Vladimir Poutine et du Président Xi Jinping,
— non pas pour changer de maître, mais pour bâtir une nouvelle souveraineté libre des chaînes de l’Occident !

Peuple haïtien, levons-nous !
C’est maintenant ou jamais. L’histoire nous appelle à nouveau.
Le combat a commencé. Que chacun prenne sa place !

À bas l’impérialisme !
À bas le néocolonialisme !
À bas la trahison !
Vive la révolution haïtienne nouvelle !
Vive Haïti libre, digne et souveraine !

Josué Blaise
Porte-Parole Nationale
( GRANAC )

100 000 gourdes par personne, le gouvernement haïtien veut relocaliser les déplacés

Incapable de garantir encore le retour des déplacés dans leurs quartiers gangrenés par la violence, le gouvernement haïtien mise sur une allocation de 100 000 gourdes pour leur permettre de se reloger. Une aide dérisoire face à l’explosion du coût du logement et à la gravité de la crise humanitaire.

Le retour des déplacés dans leurs zones respectives semble encore bien lointain. Les balles continuent de dicter leur loi dans plusieurs quartiers de la capitale. Faute de solution sécuritaire, les autorités haïtiennes optent pour une réponse humanitaire limitée : une enveloppe de 100 000 gourdes remise à des familles déplacées, censée couvrir leur relocalisation.

Dans une cérémonie tenue le 15 mai 2025 dans les locaux du Bureau à l’intégration des personnes handicapées, à Delmas 60, une première phase de remise a été effectuée : 3 400 familles vivant dans des camps d’hébergement ont reçu un chèque destiné au relogement.

Chaque bénéficiaire a reçu un chèque de 99 000 gourdes, accompagné d’une allocation de 1 000 gourdes destinée à l’obtention d’un numéro d’identification fiscale auprès de la Direction générale des impôts (DGI), selon les explications du ministre Georges Wilbert Franck.

Quant au secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées, Génard Joseph, il a salué l’initiative tout en dénonçant les conditions inhumaines dans lesquelles vivent encore des milliers de déplacés internes à Port-au-Prince et dans ses environs.

Mais sur le terrain, cette aide soulève de nombreuses interrogations. Dans des zones comme Haut Delmas, une simple chambre peut se louer à 1 000 dollars américains, soit plus de 130 000 gourdes. Que pourront faire ces familles avec 100 000 gourdes dans un marché locatif aussi exorbitant ? Et que mettront-elles dans ces maisons, si elles en trouvent une ? Autant de questions qui persistent.

L’État central, de son côté, au lieu de prendre des mesures drastiques contre l’insécurité, relocalise discrètement plusieurs de ses bureaux, fuyant les zones rouges du centre-ville de Port-au-Prince, aujourd’hui dominées par les gangs. Une situation qui laisse craindre un abandon progressif du territoire aux mains de groupes armés, tandis que les déplacés continuent de s’entasser dans les camps ou chez des proches.

Sans une stratégie claire pour restaurer la sécurité, cette aide risque de n’être qu’un pansement sur une plaie béante. Pire, elle pourrait aggraver la surpopulation dans certains quartiers encore sûrs, déjà sous pression.

Car au fond, derrière ce geste d’assistance, se cache une autre réalité : le calvaire des déplacés n’est pas prêt de s’arrêter. Avec plus d’un million de personnes contraintes de fuir leur domicile à cause de la violence armée, le défi est colossal.

Les autorités seront-elles capables de relocaliser toutes les victimes ? Ou faudra-t-il encore longtemps avant que la sécurité soit rétablie, permettant enfin un retour digne et durable chez soi ? En attendant, l’incertitude persiste, et le calvaire des gens continue.

Wideberlin Senexant

100 000 gourdes par personne, le gouvernement haïtien veut relocaliser les déplacés

Incapable de garantir encore le retour des déplacés dans leurs quartiers gangrenés par la violence, le gouvernement haïtien mise sur une allocation de 100 000 gourdes pour leur permettre de se reloger. Une aide dérisoire face à l’explosion du coût du logement et à la gravité de la crise humanitaire.

Le retour des déplacés dans leurs zones respectives semble encore bien lointain. Les balles continuent de dicter leur loi dans plusieurs quartiers de la capitale. Faute de solution sécuritaire, les autorités haïtiennes optent pour une réponse humanitaire limitée : une enveloppe de 100 000 gourdes remise à des familles déplacées, censée couvrir leur relocalisation.

Dans une cérémonie tenue le 15 mai 2025 dans les locaux du Bureau à l’intégration des personnes handicapées, à Delmas 60, une première phase de remise a été effectuée : 3 400 familles vivant dans des camps d’hébergement ont reçu un chèque destiné au relogement.

Chaque bénéficiaire a reçu un chèque de 99 000 gourdes, accompagné d’une allocation de 1 000 gourdes destinée à l’obtention d’un numéro d’identification fiscale auprès de la Direction générale des impôts (DGI), selon les explications du ministre Georges Wilbert Franck.

Quant au secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées, Génard Joseph, il a salué l’initiative tout en dénonçant les conditions inhumaines dans lesquelles vivent encore des milliers de déplacés internes à Port-au-Prince et dans ses environs.

Mais sur le terrain, cette aide soulève de nombreuses interrogations. Dans des zones comme Haut Delmas, une simple chambre peut se louer à 1 000 dollars américains, soit plus de 130 000 gourdes. Que pourront faire ces familles avec 100 000 gourdes dans un marché locatif aussi exorbitant ? Et que mettront-elles dans ces maisons, si elles en trouvent une ? Autant de questions qui persistent.

L’État central, de son côté, au lieu de prendre des mesures drastiques contre l’insécurité, relocalise discrètement plusieurs de ses bureaux, fuyant les zones rouges du centre-ville de Port-au-Prince, aujourd’hui dominées par les gangs. Une situation qui laisse craindre un abandon progressif du territoire aux mains de groupes armés, tandis que les déplacés continuent de s’entasser dans les camps ou chez des proches.

Sans une stratégie claire pour restaurer la sécurité, cette aide risque de n’être qu’un pansement sur une plaie béante. Pire, elle pourrait aggraver la surpopulation dans certains quartiers encore sûrs, déjà sous pression.

Car au fond, derrière ce geste d’assistance, se cache une autre réalité : le calvaire des déplacés n’est pas prêt de s’arrêter. Avec plus d’un million de personnes contraintes de fuir leur domicile à cause de la violence armée, le défi est colossal.

Les autorités seront-elles capables de relocaliser toutes les victimes ? Ou faudra-t-il encore longtemps avant que la sécurité soit rétablie, permettant enfin un retour digne et durable chez soi ? En attendant, l’incertitude persiste, et le calvaire des gens continue.