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Un nouveau projet de loi pour combattre la violence des gangs en Haïti introduit au sénat américain

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WASHINGTON.— Haiti Criminal Collusion Transparency Act est une initiative des sénateurs Jeanne Shaheen (D-NH), Tim Kaine (D-VA), Rick Scott (R-FL), John Curtis (R-UT) et Chris Coons (D-DE), qui ambitionne de réaffirmer le leadership des États-Unis dans la lutte contre la crise sécuritaire croissante en Haïti. Une initiative bipartisane réintroduite au Sénat américain, pour aider à relever le défi de la violence des gangs qui sévit actuellement en Haïti.

En effet, dans un communiqué, paru le 22 mai 2025, les parlementaires américains mettent en lumière l’impact dévastateur de la montée de la violence, qui a déjà entraîné le déplacement de plus d’un million de citoyens haïtiens, plaçant notamment les femmes et les enfants au cœur d’une crise humanitaire alarmante.

À travers ce projet de loi, des sanctions strictes seraient imposées tant aux gangs haïtiens qu’aux acteurs criminels armés et à leurs soutiens politiques et économiques.

La sénatrice Shaheen a souligné que ce projet de loi bipartisan représente une avancée significative pour traiter et prévenir les collusions criminelles et la violence en Haïti. «Les États-Unis doivent être parés à protéger leurs intérêts en matière de sécurité nationale tout en garantissant la stabilité et la sécurité de la région», a-t-elle soutenu.

Pour sa part, le sénateur Rick Scott a insisté sur l’impact des élites corrompues, notant que, grâce à ce projet de loi, la collusion entre les criminels et les figures de pouvoir serait dévoilée. «Ce projet de loi expose cette collusion, affirmant notre position face à cette violence», a-t-il déclaré.

En outre, John Curtis a souligné: «la dégradation de la sécurité en Haïti représente un défi direct aux intérêts des États-Unis dans la région. Pour Chris Coons, «la sécurité des Américains est intrinsèquement liée à celle d’Haïti», déclarant qu’«une Haïti stable et sûre est bénéfique pour tous».

Les mesures envisagées par Haiti Criminal Collusion Transparency Act comprennent l’imposition de sanctions contre les gangs et les élites politiques et économiques, ainsi que l’obligation de produire des rapports inter-agences détaillés sur la nature et l’étendue de la collusion criminelle en Haïti. Le projet prevoit également une évaluation exhaustive des menaces que représente cette collusion pour les intérêts des États-Unis. Cette évaluation sera accompagnée de recommandations visant à renforcer la gouvernance démocratique et l’assistance au gouvernement haïtien.

Soulignons qu’une initiative similaire en terme de législation complémentaire a été, parallèlement, introduite à la Chambre des représentants par le député de New York Gregory Meeks. Son projet a déjà reçu un avis favorable de la commission des affaires étrangères du Congrès américain en avril 2025.

Jean Mapou

Le journaliste Wadson Désir arrêté aux Etats Unis pour séquestration illégale et harcèlement

Le journaliste haïtien Wadson Désir, âgé de 46 ans, a été arrêté aux États-Unis pour séquestration illégale et harcèlement, à la suite d’un incident survenu en début de mois dans le comté de Miami-Dade, a rapporté le media américain NBC6 le 22 Mai 2025.

Selon le média américain, M Désir, qui travaillait comme chauffeur pour la plateforme Lyft, aurait pris en charge une employée de Starbucks à Homestead dans le cadre d’un trajet pris en charge par un programme de collaboration entre Starbucks et Lyft. Mais au lieu de la ramener directement à son domicile, le conducteur aurait délibérément dévié de l’itinéraire prévu, suscitant l’inquiétude de la passagère.

NBC 6 indique que la victime a affirmé aux enquêteurs que l’application Lyft lui avait envoyé plusieurs notifications lui conseillant d’appeler la police si elle ne se sentait pas en sécurité. Lorsqu’elle remarque que Désir allait dans la mauvaise direction, il aurait simplement ri, expliquant qu’il avait fait un « mauvais détour ».

Toujours d’après NBC 6, la victime aurait appelé son petit ami pour qu’il puisse surveiller sa localisation en temps réel. Arrivés dans sa communauté, Désir aurait verrouillé les portières, empêchant la jeune femme de quitter le véhicule. Il lui aurait alors exigé de lui remettre son téléphone, y aurait enregistré son propre numéro, et se serait appelé lui-même afin de garder ses coordonnées. Ce n’est qu’après cela qu’il aurait déverrouillé les portes, permettant à la passagère de sortir.

NBC 6 précise que les agissements de Wadson Désir ne se sont pas arrêtés là. Quelques jours plus tard, il se serait présenté sur le lieu de travail de la victime, se tenant devant la porte du Starbucks et brandissant ostensiblement son téléphone pour attirer son attention, un geste interprété comme une forme de harcèlement.

Wadson Désir devra désormais répondre devant la justice américaine de ces faits particulièrement graves, selon l’acte d’accusation obtenu par NBC 6.

Par Gédéon Delva avec NBC

La Conférence Épiscopale d’Haïti dénonce le massacre de la localité de Préval dans l’Artibonite

Par Gesly Sinvilier

Ce 23 mai 2025, la Conférence Épiscopale d’Haïti a exprimé, dans une note publique, sa solidarité avec la population de la localité de Préval, victime d’un massacre ayant coûté la vie à des dizaines de paysans de ladite localité dans le département de l’Arti.

En effet, dans l’après-midi du mardi 20 mai 2025, un groupe armé d’autodéfense de la région, dénommé La Coalition, a massacré plus d’une vingtaine de personnes, et notamment des paysans de Préval, une localité de la première section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite. En cette occasion, la Conférence Épiscopale renouvelle son appel à la paix et à la réconciliation nationale.

« Face à la violence systématique qui ravage notre pays, nous avons exhorté à une prise de conscience collective, soulignant que « l’ampleur du mal qui nous frappe nous oblige à un profond examen de conscience » et rappelant que l’existence de « ceux qui détruisent des vies et tuent le rêve de tant de familles, est aussi le reflet d’une société malade, minée par l’injustice, la corruption et la misère », peut-on lire dans cette note.

La Conférence exprime, par ailleurs, le souhait que « les auteurs de tous les massacres perpétrés dans le pays, ainsi que leurs complices, soient traduits en justice et répondent de leurs actes. » Elle interpelle également les autorités de l’État sur leur silence et leur responsabilité régalienne quant à la protection des citoyens et à la restauration de l’ordre public.

Des Organisations exigent au MAST de justifier la subvention des organismes de base et des familles en difficulté

PORT-AU-PRINCE.— Un groupe d’organisations a écrit au ministère des affaires sociales et du travail pour exiger des explications concernant une subvention accordée à des organismes de la société civile. Cette requête est signée par plusieurs entités notamment Droit et la Vie Humaine (DVH) et l’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDDH), Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains (LHDDH).

Les signataires ont accordé un délai de huit jours au Ministre des affaires sociales pour fournir les justificatifs des fonds octroyés aux organisations de la société civile dans la rubrique Subvention, tout en exprimant leur inquiétude par rapport aux impacts délétères de la corruption sur le développement social et économique du pays.

Ils tiennent également à souligner que cette pratique érode la confiance des citoyens envers les institutions publiques et nuit à l’amélioration des conditions de vie, rappelant l’importance cruciale de la transparence et de la reddition de comptes, bases fondamentales du bon fonctionnement d’une démocratie.

En effet, dans la lettre sont formulées deux demandes principales. D’abord, la publication d’un rapport détaillé sur le budget alloué par le MAST, ensuite une ventilation des subventions destinées aux différentes entités, afin de garantir que les fonds sont distribués de manière transparente et efficace.

Par ailleurs, les signataires interpellent le MAST sur le programme MonCash, mis en place pour soutenir financièrement les familles vulnérables lors de la rentrée scolaire. Ils exigent des précisions, avec des preuves à l’appui, sur le nombre total de bénéficiaires et sur les montants effectivement distribués, pour s’assurer que les fonds sont employés conformément à leur objectif initial, évitant ainsi tout risque de détournement de ressources destinées à des fins nobles.

En cas de réponses non-satisfaisantes, les organisations signataires de cette correspondance
se réservent le droit d’exiger une reddition de comptes, voire de mener des actions légales si besoin est.

Dans le contexte actuel, caractérisé par des défis socio-économiques majeurs et une crise endémique de corruption, les signataires disent espérer une réaction rapide et constructive de la part des autorités.

Jean Mapou

Le projet de Constitution, un coup d’État des oligarchies contre le peuple

Le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement Fils-Aimé ont reçu le projet de Constitution élaboré par un groupe de travail, assisté de quelques experts dont les noms n’ont pas été rendus publics. Ils ont, ce faisant, annoncé la tenue d’un référendum constitutionnel visant à supprimer, une fois pour toutes, l’actuelle Constitution, adoptée par le peuple il y a 38 ans.

Cette annonce est une honte ! Qui sont ces individus à la manœuvre dans cette sale affaire ? Toujours les mêmes, comme l’a rappelé l’ancien sénateur Steveson. Cette fois encore, ils récidivent avec vigueur. C’est le clan mafieux de René Préval, allié à celui de l’ex-président Jovenel Moïse, unis dans une ultime offensive contre la démocratie en Haïti. Pour eux, la Constitution de 1987 — qu’ils ne connaissent même pas — serait une source d’instabilité et ferait obstacle à une bonne gouvernance.

Leur démarche vise avant tout à instaurer un président fort et autoritaire, en démantelant les garanties de l’État de droit fondées sur un système de contrepoids et de modération du pouvoir présidentiel. En Haïti, qui dit changement constitutionnel dit lutte de pouvoir et affrontement entre classes sociales, comme l’a écrit l’historien Claude Moïse, professeur émérite à l’Université de Montréal.

Nous sommes en effet dans un contexte de lutte pour le pouvoir, où l’objectif des dirigeants actuels n’est pas d’épurer le texte de 1987 de ses imperfections pour en faire un document de fierté nationale, mais de se maintenir au pouvoir en confisquant les élections à venir.

Pour reprendre les mots de Marcel Gilbert, la classe traditionnelle détentrice du pouvoir d’État, franchit une nouvelle étape dans sa violence contre le peuple. Les classes dominantes, nourries à la violence, ne cèdent que devant une force plus grande qu’elles. Ce projet de Constitution est un acte de violence contre la démocratie et l’État de droit. Il remet en cause l’indépendance nationale et ouvre la porte à toutes sortes de menaces extérieures.

C’est par devoir citoyen et intellectuel — sans faux-fuyants ni complaisance — que je choisis de livrer au public une série de textes consacrés à ce projet de Constitution remis dans l’actualité par les autorités en place. Dans un contexte marqué par la sécheresse de la pensée critique et l’absence de passion pour l’interrogation, il m’importe de contribuer à un débat éclairé. Car l’objectif réel de ce processus, c’est de gagner du temps pour mieux siphonner les ressources de l’État, tout en imposant une Constitution taillée sur mesure pour un régime autocratique — bien éloigné du rêve de gouvernance du peuple haïtien, qui aspire à un État juste, démocratique, garant de son bien-être.

*La participation populaire est exclue*

On se souvient que les premiers amendements apportés au texte fondateur de 1987 ont permis, en 2011, à René Préval d’empêcher la participation populaire dans le processus politique, en excluant les collectivités territoriales du choix des membres du Conseil électoral permanent. Dans le processus de sélection des membres du Conseil électoral, les compétences que la Constitution de 1987 avait attribuées aux Assemblées départementales, lesquelles, il faut le souligner, n’ont jamais été constituées pour des raisons politiques liées à la consolidation d’un pouvoir oligarchique, éloigné du peuple, ont été transférées aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Ces amendements n’étaient pas le fruit du hasard : René Préval, avec ses partisans regroupés dans ses structures politiques — Vérité, Inité et Lespwa — ainsi qu’une partie de l’oligarchie financière, dont l’influence est particulièrement forte dans cet attelage CPT-gouvernement, espéraient, avec les élections de 2010, prendre le pouvoir en Haïti pour une période illimitée. Le coup a été déjoué, le projet contrarié, par l’arrivée de Michel Martelly au pouvoir, imposé par Washington. Préval n’est plus, mais le groupe qu’il a mis en place demeure assez puissant pour mettre le pays en déroute et régression démocratique. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

Haïti est sur le point d’adopter sa vingt-quatrième Constitution. Depuis plus de deux siècles, le pays fait figure de laboratoire, ayant expérimenté à travers ses constitutions presque tous les régimes politiques connus dans le monde. Ce dernier projet prévoit la suppression totale du texte de 1987, non pas pour l’améliorer, mais pour mieux s’adapter aux mentalités rétrogrades et à l’esprit autoritaire de nos dirigeants. Quelle que soit la valeur intrinsèque d’une constitution, elle demeure inefficace en l’absence de volonté, tant du côté des gouvernants que des gouvernés, de la respecter.

Pendant plus de trois décennies, les élites rétrogrades ont tout fait pour empêcher les élections indirectes qui auraient pu déboucher sur la constitution des Assemblées, véritables leviers de la participation des citoyens dans la vie politique du pays. Ces Assemblées territoriales devaient jouer un rôle clé dans le choix des juges de paix, des Tribunaux de première instance, ainsi que des membres des Cours d’appel. Cette procédure constitutionnelle contournée, visait à garantir la légitimité du pouvoir judiciaire, à l’instar des deux autres pouvoirs — exécutif et législatif — qui étaient traditionnellement considérés comme plus démocratiques en raison de leur proximité avec le suffrage universel.

*On y décèle une méconnaissance du droit*

Cette constitution, la plus démocratique de notre histoire, a été mise en échec par une élite sauvage et rétrograde, incapable d’évoluer dans une société haïtienne dominée par les règles de l’État de droit et de la bonne gouvernance. Pour cette raison, elle a été victime d’une campagne négative orchestrée par des individus qui non seulement refusent d’accepter les normes qu’elle édicte, mais aussi par ceux qui ne la connaissent même pas. Les justifications apportées par les bricoleurs-experts pour abroger la Loi fondamentale démontrent de manière éloquente leur méconnaissance du régime politique définit par celle-ci. Le philosophe Spinoza a écrit avec raison : on ne peut pas changer une réalité que l’on ne comprend pas.

Le texte de 1987 répondait à une question fondamentale : comment empêcher le retour à l’arbitraire dans notre histoire de gouvernance, tel que nous l’avons connu au cours de nos deux siècles d’histoire ? Il a répondu à nos aspirations, c’est-à-dire à la manière dont le peuple rêve d’être administré, dans un régime qui concilie les pouvoirs des gouvernants et les libertés des gouvernés, au sein d’un cadre démocratique, en respectant l’État de droit, où les autorités sont soumises à la loi, au même titre que le citoyen. 

Ces considérations d’ordre philosophique ont conduit les constituants de 1987 à atténuer la force du présidentialisme autoritaire, qui a dominé la vie politique haïtienne pendant deux siècles pour les remplacer par les principes de l’État de droit. Cette vision, qui a marqué un tournant dans l’histoire d’Haïti, n’a pas été comprise, ni par les acteurs politiques ni par la communauté juridique nationale. Les juristes haïtiens, pourtant présentés comme les plus compétents, ont préféré évaluer de manière biaisée la rationalité juridique du texte à l’aune de celui de la France, oubliant que chaque peuple possède ses propres fondements naturels. La France est fondamentalement différente d’Haïti, et c’est en fonction de ses réalités historiques et philosophiques qu’elle a bâti des institutions adaptées aux problèmes spécifiques des Français.

De même, les transpositions excessives des institutions de la Ve République française — comme la création d’un Conseil constitutionnel aux côtés d’un pouvoir judiciaire indépendant, ancré dans la souveraineté nationale — ainsi que celles du régime présidentiel américain, annonciatrices d’un fédéralisme au rabais, nuisent à la tradition de l’État unitaire haïtien. Ces emprunts institutionnels n’ont aucune véritable pertinence dans le contexte haïtien.

 *Chaos et désordre politique et administratif à la clé*

Ce mélange explosif ne peut engendrer que chaos et désordre politique et administratif. La multiplication des instances territoriales ne relève en rien d’un génie constitutionnel capable de porter le rêve haïtien.

En dehors de nos préoccupations, ce projet de constitution nous propose un régime présidentiel dissimulé, sans vice-président, qui renforce la toute-puissance du Chef de l’État en affaiblissant le Parlement et le pouvoir judiciaire, dont la légitimité en tant que pouvoir démocratique est nulle. On y décèle une difficulté théorique assumée par les concepteurs de ce projet. Il n’existe pas de pouvoir en démocratie sans la proximité avec le suffrage universel. Tout pouvoir démocratique est délégué ou consenti. Ainsi, par le mode de désignation des juges, tel qu’envisagé dans ce projet, le pouvoir judiciaire sera frappé d’un déficit démocratique. Il ne sera plus le résultat de la mise en œuvre de la souveraineté nationale par laquelle le peuple désigne ses représentants.

Le poste de Premier ministre, qu’il institue ou conserve dans ce nouveau projet, n’a aucune signification, puisque le Président de la République est à la fois chef de l’État et du gouvernement, et que le principe de l’irrévocabilité réciproque entre l’exécutif et le Parlement est donc le fondement du régime présidentiel classique, basé sur la séparation stricte des pouvoirs et l’absence de responsabilité du gouvernement devant le Parlement. Que vaut le poste de Premier ministre si le Président de la République est à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement ? Il s’agit là d’une tentative de camoufler la véritable nature du régime politique proposé, dans lequel l’absence de contrôle fait disparaître l’éthique gouvernementale, accompagnée d’une totale méconnaissance des questions théoriques liées à la science du droit et aux typologies des régimes politiques contemporains. Cette absence de fondement théorique, qui constitue le socle de la science, invalide tout le projet. C’est un projet en ruine !

J’en ferai la démonstration dans les textes à venir. Car la science du droit a besoin de théories, de concepts et d’outils méthodologiques pour maintenir sa place parmi les disciplines scientifiques. Ceux-ci sont d’une utilité pratique, tant pour l’édiction des règles de droit que pour leur application et leur interprétation.

Ma démarche ne s’adresse pas aux experts autoproclamés, souvent présentés par la propagande médiatique comme les plus qualifiés, mais à ceux qui cherchent sincèrement à désapprendre pour mieux réapprendre. S’il est une chose que l’on ne peut prendre d’assaut, c’est bien le savoir scientifique. Ma démarche est à la fois citoyenne et intellectuelle. Je crois que chacun doit assumer sa part de responsabilité envers la nation, afin d’éviter une déchéance plus profonde — à l’inverse de ces experts et constituants improvisés, issus d’une conférence nationale tenue dans l’ombre du peuple, une initiative ayant englouti un budget colossal dans un contexte où la faim frappe quatre Haïtiens sur cinq.

La neutralité, dans ce contexte de désarroi collectif, ou le silence calculé, constitue un acte de démission patriotique, civique et intellectuelle. Assumons-nous pleinement, avec le souci constant de dire la vérité à la nation, quoi qu’il nous en coûte. Il faut dire au peuple, avec tout le courage intellectuel et politique nécessaire, pourquoi il ne doit pas accepter ce forfait, avant qu’une mise en demeure ne lui soit signifiée, l’obligeant ainsi à se soumettre à ce qui est inacceptable.

Sonet Saint-Louis av

Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la faculté de droit et des sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti.

Sous les bambous, la Gonãve, 22 mai 2025

sonet.saintlouis@gmail.com

Éditorial : Le football haïtien à la croisée des chemins

Le football haïtien, jadis source de fierté nationale et symbole d’unité, traverse une crise sans précédent. Entre insécurité galopante, gouvernance chaotique et infrastructures paralysées, le sport roi en Haïti est au bord de l’asphyxie. Pourtant, au cœur de cette tempête, des solutions existent pour redonner au football haïtien ses lettres de noblesse.

L’insécurité généralisée est le premier obstacle. Les compétitions, autrefois vibrantes, sont réduites à un championnat « spécial » pour la Première Division, tandis que la Deuxième Division a disparu, privant les jeunes talents d’une plateforme pour émerger. Plus dramatique encore, le Centre FIFA Goal de la Croix-des-Bouquets, poumon de la formation nationale, est occupé par des gangs armés. Cette situation rend impossible tout entraînement ou développement des joueurs, coupant l’herbe sous le pied de la relève. Restaurer la sécurité autour des infrastructures sportives doit être une priorité absolue. Cela passe par une collaboration étroite entre les autorités, les forces de l’ordre et les acteurs du football pour sécuriser les stades et les centres d’entraînement.

La gouvernance de la Fédération haïtienne de football (FHF) est un autre défi majeur. Depuis la mise à l’écart d’Yves Jean-Bart, accusé d’abus sexuels, la FHF est dirigée par un comité provisoire sans calendrier électoral clair. Cette instabilité institutionnelle paralyse la prise de décisions stratégiques et érode la confiance des partenaires, des joueurs et des supporters. Pour sortir de l’impasse, il est impératif de rétablir une gouvernance transparente et démocratique. Cela implique l’organisation rapide d’élections supervisées par des instances internationales comme la FIFA, avec des candidats irréprochables et un projet clair pour le football haïtien.

Relancer l’ensemble du système de compétitions est tout aussi crucial. Le championnat « spécial » actuel, bien que pragmatique, ne saurait remplacer un écosystème sportif complet, incluant toutes les divisions et les compétitions juniors. La FHF doit travailler à la réintroduction progressive de la Deuxième Division et des championnats de jeunes, tout en mobilisant des sponsors et des partenaires pour garantir leur viabilité. Un financement pérenne et responsable est essentiel pour soutenir ces initiatives. Cela pourrait inclure des partenariats public-privé, des subventions internationales et une meilleure gestion des fonds alloués au football, avec une transparence rigoureuse pour éviter tout détournement.

Enfin, le football haïtien doit redevenir un vecteur d’espoir et de cohésion sociale. Dans un pays où les crises s’accumulent, le sport peut jouer un rôle fédérateur, en offrant aux jeunes une alternative à la violence et à la précarité. Des programmes socio-éducatifs, intégrant le football comme outil de développement, pourraient être mis en place pour redonner du sens à cette discipline.

Le chemin sera long et semé d’embûches, mais le football haïtien a déjà prouvé sa résilience par le passé. En conjuguant sécurité, gouvernance saine, compétitions dynamiques et financement durable, Haïti peut non seulement sauver son football, mais en faire un symbole de renaissance nationale. L’heure est à l’action : joueurs, dirigeants, supporters et autorités étatiques  doivent s’unir pour écrire un nouveau chapitre glorieux pour le football haïtien.

Mardoché d’Aout

Le MAE dénonce les mauvais traitements infligés aux Haitiens en République dominicaine

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La chancellerie haïtienne a enfin brisé son silence face à la violation des droits des compatriotes haïtiens en terre voisine. À travers un communiqué publié ce jeudi 22 mai 2025, le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAEC) a dénoncé la violation des droits des Haïtiens, « particulièrement des femmes enceintes et allaitantes », en République Dominicaine.

Le MAE se dit préoccupé « face aux actes xénophobes exercés contre la communauté haïtienne en République Dominicaine, particulièrement les mauvais traitements infligés aux femmes haïtiennes enceintes et allaitantes ».

Le ministère des Affaires se dit prêt à accueillir toute action de solidarité en Haïti ainsi qu’à l’étranger en faveur des compatriotes victimes en terre voisine. «C’est dans l’unité et la solidarité que nous arriverons à faire respecter les droits et la dignité de nos concitoyens », a écrit la chancellerie haïtienne.

Elle reitère la volonté du gouvernement haïtien de privilégier la voie du dialogue et invite tous les secteurs et organisations de la société civile, organisations de droits humains à unir leur voix pour faire respecter le droit de nos compatriotes où qu’ils se trouvent.

Il informe que « l’Ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine M. Fritz Longchamps est appelé depuis certains temps à déployer les diplomates de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo et des agents consulaires dans les zones sensibles, comme Dajabon,Fruisa; organiser des caravanes de rapatriement volontaire dans des conditions dignes en faveur de nos concitoyens ; de revendiquer systématiquement le respect des droits des Haïtiens auprès des autorités dominicaines ; de demander des enquêtes sur les principaux cas de violation des droits des Haïtiens » .

Depuis des années, des Haïtiens en République Dominicaine subissent des actes de violence par les agents d’immigration lors des expulsions. Les femmes enceintes ne sont pas épargnées. À part des maltraitances, des femmes seraient également violées par des agents d’immigration.

Selon des informations, des femmes enceintes sont ciblées même au sein des centres hospitaliers. Une femme haïtienne en pleine grossesse a été forcée de monter dans un bus de l’immigration dominicaine pour être expulsée vers son pays natal, selon une vidéo devenue virale du journal dominicain Listin Diario.

Gedeon Delva

Au Symposium de l’OEA, le Conseiller Smith AUGUSTIN requiert une mobilisation internationale urgente face à la crise haïtienne

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Le Conseiller-Président Smith AUGUSTIN a participé, le mercredi 22 mai 2025, à Washington, au Symposium de l’Organisation des États américains (OEA). D’entrée de jeu, le CP Augustin a dressé un tableau alarmant de la situation en Haïti. Tout en dénonçant, la gravité de la crise sécuritaire, le représentant de RED-EDE au conseil présidentiel a appelé à une mobilisation internationale urgente face à la crise multinationale que connaît Haïti.

Le diplomate précise que environ 85 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est contrôlé par des gangs armés qui ne cessent d’étendre leur puissance sur d’autres régions telles l’Artibonite et le Centre. « La société haïtienne est profondément meurtrie avec des citoyens traumatisés, des familles déplacées, une jeunesse privée d’avenir, et un appareil d’État incapable d’assurer ses fonctions régaliennes », a déclaré le CP Augustin, en dénonçant une crise enracinée dans des siècles d’exclusion et de domination, que la force, à elle seule, ne saurait résoudre. « Il nous faut une mobilisation internationale, de toute la région pour résoudre la crise », a-t-il insisté.

La crise haïtienne a une dimension transnationale, a évoqué M Augustin. « Haïti ne fabrique ni armes ni munitions », a-t-il rappelé, réclamant une coopération régionale renforcée pour stopper les flux d’armes qui alimentent les groupes armés.

Plus loin, le diplomate a présenté les efforts du Gouvernement de transition, notamment l’augmentation du budget de la sécurité, le renforcement des forces de l’ordre et la lutte contre les complicités au sein même de l’appareil étatique. Il a, toutefois, insisté sur le fait qu’aucune solution ne pourra être uniquement militaire. Pour reconstruire Haïti, il estime qu’il faut s’attaquer aux causes profondes, telles que injustice, inégalités et perte de repères collectifs.

Enfin, le Conseiller-Président Smith AUGUSTIN a réaffirmé l’engagement du Conseil à rétablir l’ordre constitutionnel, à refonder les institutions et à organiser des élections libres et inclusives. Il a exhorté les membres de l’OEA à dépasser les déclarations d’intention et à poser des actes concrets de solidarité envers Haïti. Pour le conseiller-Président il y a un devoir de solidarité interaméricaine, non pas de charité mais de co-responsabilité.

Gedeon Delva

Les éditoriaux pleuvent. Mais qui dit enfin les choses ?

Des éditoriaux, il y en a beaucoup. Pourtant, qui parle vraiment sans langue de bois, ou sans « filtè » comme diraient certains ? Des articles de presse, on en trouve partout, des analyses également, et quant aux médias en ligne, ils se multiplient jour après jour. Mais une question reste incontournable : qui dit enfin les choses ?

Qui lire, qui croire, vers qui se tourner ? À qui devons-nous la vérité et quelle vérité, s’il y en a une ?


Emportés par la vague numérique, les médias et la politique tentent encore de retrouver leur équilibre. Il est donc aujourd’hui essentiel de bien maîtriser ses sources et de choisir judicieusement où s’informer, car n’en déplaise à certains, un bon citoyen se doit d’être au courant des affaires de la cité. Et quoi de mieux que des médias fiables pour cela ?

Aujourd’hui notre objectif n’est point de mettre en cause le travail des médias, ni d’en faire l’apologie. Nous proposons plutôt un travail de sensibilisation en clarifiant notre double rôle : celui de citoyen et celui de directeur de média.

Propagande, fake news, manipulation de l’information etc… Ces méthodes sont souvent utilisées, par certains,pour protéger leurs intérêts personnels. À qui profite réellement cela ? Chacun a son point de vue ou sa position qui mérite le respect. Mais qu’en est-il de la VÉRITÉ ?

Entre de mauvaises mains, rien n’est plus dangereux que ces outils qui, dans certains cas, servent à manipuler l’opinion publique. Car, celui qui contrôle l’opinion publique contrôle le peuple et par extension la vie politique. Et peut être la vie tout cours.

Dans le contexte sociopolitique actuel de notre pays, il est de la responsabilité de chacun, particulièrement des médias conventionnels ou en ligne, de questionner et d’exiger des actes concrets de la part de nos dirigeants, tout en respectant les normes déontologiques de la profession.

Nous, directeurs de médias, journalistes ou influenceurs, avons le devoir d’informer et de sensibiliser correctement le public sur les sujets d’actualité. Évitons la propagande ou la manipulation, qu’elle soit pro ou anti-gouvernementale. Comme le disait Yasmina Khadra, auteur franco-algérien, pour qui nous avons beaucoup d’estime : “il ne doit y avoir aucun excès d’un côté comme de l’autre”.

Tout le monde crie, tout le monde hurle, mais qui écoute vraiment ? CPT, opposition, cassation, la rue, etc… que des mots ! Les propositions sont nombreuses, les alternatives sont partout. Mais dès qu’il s’agit de mettre en œuvre les idées, c’est le vide total, voire la DIVISION.

Pour une fois, que chaque personne et chaque branche de la société prenne ses responsabilités. Changeons, évoluons, condamnons si nécessaire et construisons une nouvelle Haïti. Nous citoyens, citoyennes, voulons comprendre pour mieux analyser et proposer des solutions pour l’avenir.


À bas la manipulation de l’information, vive la vérité et vive la démocratie.

Vox Populi, Vox Dei

Tchedly Jackson Alexis
PDG de Le Relief Inter

PLATEFORME ZANMI PÈPNOTE DE POSITION

Contre l’avant-projet de Constitution inconstitutionnel et déconnecté de la réalité nationale.

La Plateforme Politique Zanmi Pèp tient à exprimer sa ferme opposition à l’avant-projet de Constitution remis récemment au Conseil Présidentiel de Transition (CPT), un organe que nous avons toujours dénoncé comme illégitime, illégal et impopulaire.

En effet, l’article 284.3 de la Constitution de 1987 est clair et sans équivoque : Toute consultation populaire tendant à modifier la constitution par voie de référendum est formellement interdite.

Ainsi, toute tentative de modifier la Loi Mère d’Haïti par un référendum constitue une violation flagrante de l’ordre constitutionnel. Le projet porté par le CPT, loin de corriger les dérives du passé, reproduit les logiques autoritaires en tentant d’imposer une réforme sans fondement juridique, sans mandat populaire, sans sécurité minimale, et sans transparence.

Nous rappelons que la Plateforme Zanmi Pèp a déjà alerté l’OEA, le Bureau des Nations Unies en Haïti (BNUH), ainsi que les ambassades de France, du Canada et des États-Unis, sur les dangers que représente le maintien du CPT, un organe non élu, non représentatif, incapable de rétablir la sécurité, et sans aucune capacité à organiser des élections crédibles.

Aujourd’hui encore, la réalité du pays est marquée par :
L’insécurité généralisée et l’absence de contrôle territorial par les autorités ;
L’exclusion de la majorité des forces vives de la Nation du processus politique ;
Le rejet populaire manifeste de toute tentative d’imposer un texte constitutionnel sous la contrainte ou dans l’opacité.

Face à cette situation, la Plateforme Zanmi Pèp exige la démission immédiate du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ainsi que celle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui n’ont ni la légitimité, ni les compétences, ni la volonté politique pour sortir le pays de la crise actuelle.

Le peuple haïtien mérite un véritable processus de refondation démocratique, participatif, transparent et inclusif. Ce projet de Constitution ne représente ni la volonté populaire, ni une solution viable pour l’avenir d’Haïti.

Pour la souveraineté populaire, pour le respect de la Constitution de 1987, pour une transition réellement patriotique et démocratique :

Nou di NON ak fo Konstitisyon !
Nou di WI pou delivrans pèp la !

Pour la Plateforme Zanmi Pèp:
Abel Loreston
Boirond Emmanuel jr.