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Prise de fonction d’Albert Ramdin comme nouveau secrétaire général de l’OEA

Washington – le 26 mai 2025

Par Josué Sénat

Ce 26 mai 2025 marque le début du mandat d’Albert Ramdin, le nouveau secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), succédant à Luis Almagro.

Dans un communiqué de presse, le nouveau secrétaire général de cette organisation hémisphérique a exposé sa vision et les objectifs qui guideront ses actions tout au long de son mandat. Guidé par les valeurs de l’organisation, il a affirmé qu’il va assumer son rôle non « pas à titre individuel, mais en tant que serviteur engagé des peuples des Amériques ».

« Je suis inspiré par la diversité, la résilience et le potentiel de notre hémisphère, et je suis pleinement engagé à contribuer à la construction d’un avenir fondé sur la paix, la sécurité, la prospérité, la coopération et le respect mutuel. »

Premier Caribéen élu à ce poste, ce diplomate et ancien ministre des Affaires étrangères du Suriname connaît bien l’OEA, ayant été secrétaire général adjoint de l’Organisation de 2005 à 2015. Il entame son mandat à un moment où l’OEA doit pleinement assumer sa responsabilité en tant qu’organisation d’intégration régionale. Le secrétaire général devra également gérer plusieurs crises, notamment la crise haïtienne, alors que les États-Unis appellent à un engagement accru sur ce dossier.

L’Ambassadeur Ramdin a partagé sa vision de « diriger une OEA plus réactive, inclusive et efficace. Une organisation qui reflète la diversité et le dynamisme de notre région et qui offre des avantages concrets à tous ».

Bien qu’il reconnaisse que le chemin ne sera pas facile, le nouveau secrétaire général a appelé à l’unité et à l’instauration d’une volonté politique pour renforcer les liens entre les nations, les institutions et, surtout, les peuples des Amériques.

Durant le mandat de l’ancien secrétaire général Luis Almagro, l’OEA a connu un bras de fer avec le Venezuela de Nicolas Maduro. Ce dernier a claqué la porte de l’Organisation. Le Nicaragua, lui, a emboîté le pas. En plus de la crise haïtienne, le nouveau secrétaire général, Albert Ramdin, devra s’efforcer de rapprocher l’Organisation de ces pays dissidents pour une intégration complète en Amérique, dans le respect de la souveraineté des États.

En plein voyage diplomatique, le couple Macron fait l’objet d’une vive polémique

Alors qu’ils sont en visite officielle au Vietnam, le couple présidentiel a été aperçu en pleine dispute au moment de descendre de l’avion présidentiel.
Dans une séquence vidéo largement relayée, on voit la main de la Première dame se diriger vers le visage du président, une scène qui n’est pas passée inaperçue.

Face au tollé médiatique, l’Élysée a démenti toute tension entre les époux, qualifiant la scène de « plaisanterie conjugale ». Interrogé par des journalistes, le président Macron a, de son côté, dénoncé une interprétation excessive de la séquence.

Dans un contexte de crise internationale sans précédent, cette scène a une nouvelle fois terni l’image de la présidence française.

Mouvement du personnel diplomatique au sein de la chancellerie haïtienne

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Le Ministère des Affaires Étrangères annonce la rotation de certains de ses fonctionnaires des services externes et centraux depuis plus d’une semaine. Selon un communiqué du MAEC, cette disposition vise deux objectifs : d’une part, le renforcement des 11 directions stratégiques des services centraux ; et d’autre part, l’utilisation plus rationnelle des ressources humaines disponibles dans les 53 missions diplomatiques et postes consulaires.

« Plus de 55 fonctionnaires des services centraux ayant entre 10 et 30 ans d’expérience ont été promus ou transférés aux services externes sur une base de méritocratie et d’ancienneté », précise le MAEC.

Le Ministère des Affaires Étrangères en profite pour informer du processus de titularisation de tous ses contractuels, en conformité avec l’OMRH, soit un nombre de 229 incluant l’intégration de 28 nouveaux diplomates issus de la promotion Hannibal Price 2023-2025 de l’Académie Diplomatique Jean Price Mars. Le Ministère des Affaires Étrangères déclare vouloir poursuivre la mise en œuvre du plan de modernisation de la diplomatie haïtienne sur plusieurs chantiers, notamment l’adoption et la publication du nouveau décret cadre portant sur l’organisation et le fonctionnement du Ministère ; l’adoption et la publication du décret régissant la carrière diplomatique et consulaire ; ainsi que l’amélioration des conditions de travail de ses fonctionnaires.

La création de pôles régionaux stratégiques, en fonction des intérêts géopolitiques, ainsi que l’adoption et la publication du décret portant sur l’émission et l’utilisation des passeports diplomatiques et officiels figurent parmi les chantiers de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Jean Victor Harvel Jean Baptiste.

Killy Johao

Melchie Dumornay : Meilleure Jeune Joueuse en Ligue des champions féminine

À seulement 20 ans, Melchie Dumornay s’est imposée comme l’une des grandes révélations de la saison 2024/2025 de la Ligue des champions féminine de l’UEFA. Recrutée par l’Olympique Lyonnais, l’attaquante haïtienne a rapidement conquis les supporters et les observateurs grâce à son talent éclatant et son impact décisif dans les matchs clés. Une ascension fulgurante saluée par l’UEFA, qui l’a élue Meilleure Jeune Joueuse de la compétition.

La saison européenne de Dumornay n’a pourtant pas débuté sous les meilleurs auspices. Blessée à la cheville, elle a manqué l’intégralité de la phase de groupes. Mais loin d’être freinée par ce contretemps, la jeune prodige est revenue plus déterminée que jamais pour la phase à élimination directe.

En seulement cinq apparitions, elle a su laisser son empreinte : deux buts marqués, trois passes décisives, et une influence notable dans le jeu offensif lyonnais. Son sang-froid, sa vivacité et sa créativité ont permis à l’OL de franchir les étapes une à une pour atteindre la finale de la compétition.

Sa performance n’est pas passée inaperçue. Le panel des observateurs techniques de l’UEFA l’a désignée Meilleure Jeune Joueuse de cette édition de la Ligue des champions, récompensant ainsi son talent, sa maturité sur le terrain et sa contribution essentielle à la campagne européenne de son club. Elle figure également dans le Onze de la Saison, une distinction réservée aux meilleures joueuses à leur poste sur l’ensemble du tournoi.

Melchie Dumornay n’en est qu’au début de sa carrière, mais elle s’annonce déjà comme l’un des visages incontournables du football féminin international. Son parcours inspire des milliers de jeunes, notamment en Haïti, où elle est devenue un véritable symbole d’espoir et de réussite.

Avec l’OL, l’une des plus grandes équipes d’Europe, et un avenir radieux devant elle, Dumornay semble destinée à marquer durablement l’histoire du football féminin.

Mardoché D’Août

Mondial U-17 Qatar 2025 : Haïti connaît ses adversaires dans le Groupe E

Le tirage au sort de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, prévue du 3 au 27 novembre 2025 au Qatar, a révélé les adversaires de la sélection haïtienne. Logée dans le Groupe E, Haïti affrontera l’Angleterre, le Venezuela et l’Égypte dans cette phase finale très attendue.

Pour les jeunes Grenadiers, cette compétition marque une nouvelle page d’histoire. Il s’agira en effet de leur troisième participation à une Coupe du Monde U-17, après les éditions de 2007 en Corée du Sud et de 2019 au Brésil. Sous la direction du sélectionneur Eddy César, la sélection nationale espère marquer les esprits et faire honneur à ses prédécesseurs.

Ce nouveau chapitre s’écrit dans l’ombre bienveillante de deux figures emblématiques du football haïtien : Yves Philogène Labaze, aujourd’hui disparu, et Webens Princimé, dit Itala, tous deux anciens entraîneurs qui ont conduit les jeunes Grenadiers sur la scène mondiale dans les éditions précédentes. Leur héritage, empreint de passion et de détermination, inspire aujourd’hui le staff actuel à guider cette nouvelle génération avec ambition.

Face à des adversaires de taille, dont une redoutable équipe d’Angleterre, Haïti devra faire preuve de solidarité, de rigueur tactique et de talent pour espérer franchir les étapes de la compétition. Le Venezuela, équipe montante du football sud-américain, et l’Égypte, représentant africain redouté pour sa discipline et sa technique, complètent un groupe E aussi compétitif qu’équilibré.

Le peuple haïtien, fervent supporter de son équipe, suivra avec attention et espoir le parcours de ces jeunes talents qui ont désormais l’occasion d’écrire leur propre légende sur les pelouses du Qatar.

Mardoché D’Août

La réforme constitutionnelle ne passera pas, pense Maître Reynold Georges

PORT-AU-PRINCE.— L’ancien constituant de 1987, Maître Reynold Georges rejette le texte de l’avant projet de loi, soumis récemment, dans le cadre de la réforme constitutionnelle. L’avocat identifie un vice de forme dans le document.

«Le texte ne respecte pas les procédures pour être accepté. Il devait être présenté à la fois en français et en créole», estime l’avocat, précisant que ce ne sera pas aussi simple que de traduire un document. «Il a fallu rédiger les articles dans les deux langues parlées en Haïti. Et les deux textes seront soumis au vote en même temps», soutient Maître Georges.

L’ancien constituant a tenu à rappeler que les amendements adoptés sous l’ancienne administration Préval avaient échoué en raison de vice de procédure, soutenant qu’en matière de droit, la forme prime sur le fond.

L’homme de loi désapprouve aussi l’idée que la constitution de 1987 est dépassée et que c’est le moment de le changer. «Ce n’est pas une question d’opportunité pour le pays, mais de profit politique et d’intérêt économique pour des groupes occultes», a commenté Reynold Georges.

«Cette nouvelle constitution qui n’est autre qu’un jeu de duperie, cela ne passera pas», a-t-il martelé, mettant ainsi en garde contre toute tentative de manipulation de l’opinion publique ou d’usage de manœuvre déloyale pour imposer cette réforme constitutionnelle.

Jean Mapou

POUR UNE CONSTITUTION SANS ÉMOTION : SEPT (7) RECOMMANDATIONS INCONTOURNABLES

Dans l’histoire tourmentée d’Haïti, chaque tentative de réforme constitutionnelle a souvent été guidée par l’émotion, par les blessures encore vives d’événements politiques récents, ou par des intérêts partisans à courte vue. Pourtant, le moment est venu de concevoir une Constitution sans émotion, mais non sans cœur, une Constitution lucide, pragmatique et profondément ancrée dans les réalités politiques, économiques et sociales du pays. La Constitution de la République d’Haïti, en tant que loi suprême du pays, est le document qui établit les fondements politiques et la légitimité de l’État. Elle met en place un système républicain, démocratique et représentatif, reposant sur la séparation des pouvoirs (Législatif, Exécutif et Judiciaire) afin d’éviter toute forme de domination ou d’abus.

Alors que les débats sur une nouvelle Constitution refont surface en Haïti, une question fondamentale s’impose : allons-nous encore écrire un texte sous le coup de l’émotion, ou allons-nous enfin bâtir une Loi mère en tenant compte des réalités profondes de notre pays ?

Trop souvent, les constitutions haïtiennes ont été façonnées dans la précipitation, en réponse à des crises politiques ou sous la pression d’intérêts partisans. Résultat : des textes lourds, parfois inapplicables, souvent déconnectés des véritables besoins de la population.

Aujourd’hui, Haïti a besoin d’une Constitution lucide. Une Constitution qui regarde la vérité en face : un pays marqué par l’exclusion, les inégalités, la corruption, l’absence d’éducation de qualité, et l’effondrement des institutions. Une Constitution qui propose des solutions concrètes au lieu de rêver à des idéaux inatteignables.

1. Une Constitution réaliste et inclusive

Notre prochaine Loi mère ne peut plus ignorer les dysfonctionnements profonds de notre système. Elle doit s’attaquer frontalement aux racines du mal haïtien : la centralisation excessive, l’instabilité institutionnelle, la corruption systémique, l’exclusion des masses et l’effondrement des services publics. Elle doit être l’expression d’un projet de société cohérent, rédigée non dans la vengeance ou l’urgence, mais dans la volonté ferme de bâtir une nation juste et équitable.

2. Une Constitution pour révéler notre dignité

Il est temps de rompre avec les textes conçus comme des outils de domination ou d’improvisation. La Constitution doit redevenir un miroir de notre identité collective, affirmant notre dignité, notre droit à la souveraineté, à la paix, à l’éducation, à la santé et à la justice. Elle doit renforcer l’État dans sa mission de garant du bien commun, tout en protégeant les droits fondamentaux de chaque citoyen.

3. Une Constitution qui apporte des solutions concrètes

La nouvelle Constitution ne doit pas être un catalogue de principes abstraits. Elle doit contenir des mécanismes concrets de gouvernance, de contrôle, de participation citoyenne, et de reddition de comptes. Elle doit intégrer des outils clairs pour garantir la transparence, l’égalité des chances, l’accès équitable aux ressources, et l’indépendance du pouvoir judiciaire.

4. Une Constitution pour une École haïtienne nouvelle

Aucune réforme constitutionnelle n’a de sens sans une refonte du système éducatif. La Constitution doit inscrire le droit à une éducation publique, gratuite, obligatoire et de qualité pour tous les enfants d’Haïti. Elle doit prévoir des politiques claires pour former une nouvelle génération d’Haïtiens éclairés, responsables, enracinés dans leur culture mais ouverts sur le monde.

5. Une Constitution contre l’inégalité et l’exclusion

Une société durable ne peut se construire sur les bases de l’inégalité, du favoritisme et de l’exclusion sociale. La future Constitution doit briser les privilèges injustes, créer des passerelles pour les plus démunis et établir un pacte social fondé sur la solidarité, la justice sociale, et le respect des différences.

6. Une Constitution pour sortir du Cycle des Impostures

Depuis plus de quarante ans, Haïti tourne en rond, enlisée dans une spirale d’échecs politiques, d’illusions constitutionnelles et de promesses jamais tenues. Aujourd’hui le pays n’a plus le luxe de recommencer une énième transition bricolée. Il lui faut une constitution claire, courageuse, réaliste et surtout débarrassée des parasites du système. La prochaine constitution doit mettre hors-jeu les déchets politiques, les abolotchos, et autres animaux politiques sans vision, ces figures usées qui ont échoué à chaque étape cruciale de notre histoire récente. Ceux-là mêmes qui sous prétexte d’expérience ou de représentativité ont contribué à notre descente collective en enfer.

7. Une Constitution fondée sur les valeurs essentielles

La justice sociale, la transparence, l’égalité, la liberté, le respect et la tolérance ne sont pas de simples slogans. Ce sont les piliers d’une démocratie stable et vivante. La nouvelle Constitution doit les consacrer dans ses dispositions les plus fortes, afin qu’ils deviennent les repères inébranlables de notre vie nationale.

Haïti a besoin d’une Constitution qui ne cède ni à la colère ni à l’illusion. Une Constitution pensée, pesée, construite avec rigueur et responsabilité. Une Constitution qui n’est pas un cri de douleur, mais un souffle d’avenir.

Pas une Constitution pour les élites. Une Constitution pour le peuple. Elle doit garantir les droits fondamentaux, assurer la transparence dans la gestion publique, renforcer la justice sociale, et surtout, offrir à chaque Haïtien une place digne dans la société.

Elle doit aussi miser sur l’avenir. Et cela commence par l’éducation. Une École haïtienne nouvelle, obligatoire, publique, gratuite et de qualité, doit être au cœur du projet constitutionnel. Car aucun changement durable n’est possible sans un investissement massif dans l’intelligence et la conscience citoyenne.

Il est aussi temps d’en finir avec les inégalités structurelles. Une bonne Constitution doit instaurer des mécanismes de redistribution, de contrôle, de participation citoyenne et de sanction. Elle doit protéger les plus vulnérables et ouvrir les portes de l’économie, de la justice et du savoir à tous.

Il ne s’agit pas uniquement de changer la Constitution, mais de définir des priorités basées sur des actions de redressement, une structuration rigoureuse, et une volonté politique ferme pour remettre le pays sur les rails.

Pas d’émotion. Pas de vengeance. Pas d’improvisation. L’heure est à la raison, à la construction, à la vision. Une Constitution n’est pas un manifeste politique. C’est un contrat social durable. Haïti mérite mieux que des promesses. Elle mérite un texte fort, juste, applicable. Une boussole pour les générations à venir.

Une constitution ne doit pas être écrite avec émotion, mais avec vision, responsabilité et sens du devoir envers les générations futures. Un véritable outil de développement. Voilà ce dont Haïti a besoin aujourd’hui.

Patrick Alexis
Citoyen Engagé
MOUN9
alexispat@gmail.com
24 Mai 2025

De la nécessité d’une nouvelle Constitution : Haïti mérite mieux que le vacarme

L’avant-projet de la nouvelle Constitution est enfin disponible. Oui, j’ai bien dit avant-projet. C’est un mot qu’il faut entendre et comprendre : un document de travail, une ébauche, une base de réflexion, appelée à être enrichie, corrigée, discutée, transformée. C’est le point de départ, pas l’arrivée.

Un avant-projet n’est ni une vérité absolue, ni un texte figé. Il est le fruit d’un effort, d’une volonté de proposer une nouvelle fondation pour un pays qui en a cruellement besoin. En Haïti, nous parlons sans cesse de refondation, de renouveau, de rupture avec le désordre établi — mais quand une tentative voit le jour, elle est aussitôt attaquée, souvent avec une violence qui étonne, parfois avec mépris, rarement avec proposition.

Depuis la publication de cet avant-projet, le débat s’est transformé en champ de bataille. Des critiques virulentes pleuvent comme des drones kamikazes. Des mots forts, parfois blessants, souvent exagérés, prennent le dessus sur l’analyse sérieuse et sur l’esprit constructif. On parle de “coup d’État constitutionnel”, de texte “obscène”, de “mise à l’écart de la diaspora”, d’Haïti devenue “ingouvernable”. Un universitaire affirme même qu’il en a “perdu le sommeil”.

Et pourtant, ce n’est qu’un avant-projet.

Ce moment, au lieu d’être un temps de déchirement, devrait être celui de l’intelligence collective. C’est l’heure du débat, pas du mépris. L’heure de l’écoute, pas du rejet. L’heure des idées, pas des insultes. Si nous voulons offrir à notre pays une Constitution qui reflète ses aspirations profondes, nous devons nous asseoir ensemble — intellectuels, juristes, citoyens, membres de la diaspora, hommes et femmes de bonne foi — et proposer, amender, bonifier.

Il ne s’agit pas de défendre un texte comme s’il était parfait. Il ne l’est pas. Aucun avant-projet ne l’est. Il s’agit de reconnaître la nécessité de doter Haïti d’une nouvelle Constitution, et de travailler ensemble à l’élaboration d’un texte digne, moderne, équilibré, à la hauteur de notre histoire, de notre culture, de notre diversité et de notre avenir.

Nous sommes à la croisée des chemins. Allons-nous gaspiller cette opportunité dans un vacarme de rejet, ou allons-nous élever le débat et bâtir une Constitution avec sérieux, rigueur et espoir ?

L’histoire nous regarde. Nos enfants aussi.

Emmanuel Jean François

L’ AVANT-PROJET DE L’AVANT-PROJET DE LA NOUVELLE CONSTITUTION EST PEU CRÉDIBLE, INCONTESTABLEMENT ILLÉGITIME, MAIS PAS TOTALEMENT INCONSISTANT

Les débats qui se font autour de la publication de l’avant-projet de la nouvelle constitution confirment les inquiétudes que j’avais déjà exprimées sur la capacité du Groupe de travail sur la constitution (GTC) et du comité de pilotage de la conférence nationale à offrir à la nation une œuvre à la fois légitime, crédible et techniquement valable.

D’entrée de jeu, je dois souligner que le comité de pilotage s’est complètement démarqué de la conception du GTC de la réforme constitutionnelle et de ses recommandations sur la question. Contrairement à la démarche de révision prônée par ledit groupe de travail, le comité de pilotage opte pour l’élaboration d’une nouvelle constitution.

Par cet acte, le comité de pilotage de la conférence nationale corrige les bévues et les erreurs d’appréciation du groupe de travail sur la constitution qui, bizarrement, évoquait des arguments juridiques erronés pour justifier la compétence des autorités actuelles à réviser ou amender la constitution en vigueur en dehors des formalités procédurales prévues en la matière. L’ on se rappelle que, dans son argumentaire développé dans son rapport de travail, le GTC avait piteusement confondu les notions de « révision constitutionnelle » et de  » nouvelle constitution “.

Mes premières réserves sur cet avant-projet de constitution portent sur son préambule. En effet, celui-ci n’est pas un simple ramassis d’idées, de formules et de symboles, transposables d’une constitution à une autre. Il est cette partie d’une charte constitutionnelle qui exprime l’état d’esprit de la population, les motivations du constituant et surtout le contexte sociopolitique dans lequel celle-ci a pris naissance. En général, il expose les aspirations ou les sensibilités historiques et émotionnelles d’un peuple. En ce sens, il revêt une importance exclusive.

Cela étant dit, la réforme constitutionnelle en cours n’est pas le projet d’une simple révision, mais celui d’une nouvelle constitution. En tant que telle, elle doit, dès son préambule, exprimer une certaine rupture entre l’ordre ancien que la population conteste et l’ordre nouveau auquel elle aspire. Malheureusement, les auteurs de l’avant-projet de la nouvelle constitution ne font que transposer le contenu du préambule de la constitution de 1987 amendée dans l’avant-projet de la nouvelle constitution, avec de légères modifications, se rapportant, notamment, à la promotion de la lutte pour l’intégration de la jeunesse.

Ce manquement sous-entend qu’il n’y a aucune situation nouvelle, aucun événement marquant, aucune raison déterminante qui justifieraient la démarche des autorités intérimaires de doter le pays d’une nouvelle charte et de croire que celle-ci serait effectivement une constitution annonciatrice d’un nouveau départ, comme l’affirment les membres du comité de pilotage de la conférence nationale et comme doit l’attester son dispositif. Cette irrégularité risque d’effriter davantage la crédibilité et la légitimité du susdit avant-projet de loi dont les travaux préparatoires réalisés par le GTC étaient incontestablement un fiasco total.

Cette stratégie légistique
n’est pas une exigence technique, encore moins l’accomplissement d’une simple formalité procédurale. Elle est aussi une exigence politique et psychologique, découlant des enjeux politiques inhérents à toute initiative du genre. Elle vise à rassurer la population, à susciter son intérêt et à provoquer chez elle une certaine prédisposition à accueillir favorablement les propositions formulées dans le dispositif de l’avant-projet de la constitution.
Enfin, elle vise à poser le cadre du débat constitutionnel, à susciter la curiosité des citoyens et à provoquer leur adhésion, à la fois, a la phase des débats et à celle de son approbation par référendum.

Il est évident qu’il y a une grande différence entre le contexte d’élaboration de la constitution de 1987 et celui de l’avant-projet de la nouvelle constitution. Malheureusement, cette dissociation n’ est pas clairement exprimée dans son préambule. Sur le plan stratégique et légistique, ce dernier ne relate pas les motifs historiques et politiques qui permettent aux générations futures d’apprécier la nécessité et l’ opportunité de doter le pays d’une nouvelle constitution. Il ne permet pas non plus d’apprécier la cohérence et la pertinence des différents articles insérés dans le dispositif dudit avant-projet par rapport à sa philosophie, ses objectifs et sa finalité.

Les lacunes relevées dans l’avant-projet de la nouvelle constitution ne sont pas seulement d’ordre technique et légistique. Elles sont également d’ordre culturel, politique et stratégique. On y dénote un manque de rigueur dans l’utilisation des concepts, dans la numérotation et la répartition des articles et une certaine imprudence dans la répartition des compétences entre les différents pouvoirs et les différentes institutions républicaines de l’État.

Les rédacteurs de l’avant-projet de la nouvelle constitution ont, certes, consenti un effort assez louable pour corriger certaines lacunes techniques contenues dans certains articles de la constitution de 1987 amendée, mais certaines fautes grossières sont passées inaperçues et sont inconsciemment reproduites dans le projet de la nouvelle constitution.

Par ailleurs, l’ analyse du dispositif de l’ avant-projet de la nouvelle constitution révèle que ses rédacteurs proposent au peuple haïtien un retour au présidentialisme fort comme alternative au parlementarisme non rationalisé institue par la constitution en vigueur et à l’instabilité politique chronique qui affecte le développement du pays et la transition démocratique depuis son adoption. Comme ce fut le cas pour le pouvoir exécutif au lendemain du départ de la dictature duvaliériste, le pouvoir législatif est complètement édenté dans ce régime politique.

Ce nouveau régime fait du Président de la République, à la fois, le chef de l’Etat, du gouvernement ( avec pouvoir de nommer et de révoquer les ministres), de la diplomatie, des forces armées et de la police, pour ne citer que ces prérogatives-là. Le conseil constitutionnel est appelé à trancher n dernier resort es contestations électorales, mais le pouvoir judiciaire qui est appelé à jouer un rôle important pour la promotion de l’ Etat de droit ne présente pas de garantie d’indépendance suffisante.

Cet avant-projet de constitution affiche les velléités du comité de pilotage de faciliter la mise en œuvre de l’action gouvernementale, de renforcer les collectivités territoriales, de rendre la décentralisation plus effective et plus efficace, de rendre l’Etat moins budgétivore, plus efficace et plus développementiste. Ce sont précisément ces motifs qui auraient dû être techniquement retrouvés dans le préambule.

Pour compenser le déséquilibre qui existe au niveau des rapports des pouvoirs publics, les rédacteurs de l’avant-projet de la nouvelle constitution renforcent les collectivités territoriales. Désormais, celles-ci jouissent de l’autonomie administrative et financière. Elles sont renforcées par une nouvelle autorité qui porte le nom de gouverneur. Celui-ci ne remplace pas, à proprement parler, le délégué départemental, figure politique qui représente le pouvoir central au niveau des collectivités et qui, souvent, dispose de plus de pouvoir et de plus de moyens financiers que les membres des pouvoirs locaux.

Tout en essayant de limiter le poids de la politique dans la gouvernance du pays, cet avant-projet de loi confié à l’Etat et aux collectivités territoriales une plus grande autonomie et plus de responsabilités dans la gestion administrative et le développement du pays. Ce qui, à mon avis, a toujours été le crédo de ceux et celles qui s’opposent à la pernicieuse et compromettante tendance de réduire le pays à la république de Port-au-Prince.

Par ailleurs, certaines questions spéciales se rapportant à la nationalité, aux forces de l’ordre ( l’ armée et la police), à la lutte contre la corruption et au mécanisme de formation du pouvoir judiciaire et des institutions indépendantes sont abordées avec beaucoup de légèreté dans l’avant-projet de la nouvelle constitution. La conception et la structuration des articles y relatifs sur les plans numérique, légistique et littéraire, peuvent donner lieu à des confusions et à des interprétations diverses.

En effet, les rédacteurs de l’avant-projet de la nouvelle constitution n’ont pas résolu le problème de coordination observé entre les différentes institutions qui interviennent dans la lutte contre la corruption et le contrôle de la gestion des comptables et ordonnateurs publics. En dépit du fait que cette question constitue l’une des plus grandes préoccupations du peuple haïtien actuellement, elle n’occupe pas une grande place dans ce projet de nouvelle constitution. Aucune emphase n’est mise sur la lutte contre la corruption ni dans le préambule ni dans le dispositif dudit avant-projet. Ils se contentent de conférer un statut constitutionnel à l unite de lutte contre la corruption ( ULCC ).

Avec un contrôle parlementaire fantoche et sans conséquence réelle sur les rapports du pouvoir législatif avec le pouvoir exécutif et sur la gestion administrative et financière des collectivités territoriales, le Président de la République et son gouvernement disposent d’un boulevard qui leur permet d’utiliser comme bon leur semble les fonds du trésor public. Ce qui risque d’entraîner des conséquences néfastes sur la lutte contre la corruption et qui peut, à l’avenir, constituer une source d’instabilité pour le pays.

Quand on sait que le pouvoir exécutif jouissait déjà d’une certaine omnipotence réelle par rapport à l’omnipotence théorique du parlement et eu égard à la tradition présidentialiste qui a marqué toute l’histoire politique de ce pays, on a suffisamment de raisons de craindre que le caractère révolutionnaire de l’avant-projet de constitution conduise à la restauration de la dictature ou à la perpétuation de l’instabilité politique dans le pays.

Cette absence totale d’ équilibre entre les pouvoirs de l ‘Etat et la prépondérance du Président de la république dans toutes les grandes décisions devant engager la nation peuvent provoquer des formes de résistance préjudiciables non seulement à la stabilité institutionnelle de l’État, mais encore au progrès du pays et à l’ensemble du processus démocratique. Obsédé de combattre les chantages et les irrationalités du pouvoir législatif, l’avant- projet de la nouvelle constitution risque d’opérer le transfert de la dictature du parlement au palais national.

C’est, malheureusement, avec ce même état d’ esprit, cette même immaturité démocratique que le constituant de 87 avait abordé la question de la gouvernance politique de l ‘ État au lendemain du départ de Jean Claude Duvalier. Décidément, à trop vouloir écarter les techniciens qui maîtrisent le Droit constitutionnel des réflexions sur le problème constitutionnel haitien et à trop vouloir rechercher des solutions faciles, l’ on risque constamment de graviter autour de la démocratie sans jamais y accéder réellement. « Dans les mêmes circonstances, les mêmes causes produisent les mêmes effets ».

Toutefois, ma probité intellectuelle et mon envie de voir Haïti sortir de cette impasse douloureuse me commandent de reconnaître, avec courage, que cet avant-projet de constitution n’est pas aussi exécrable qu’ on le prétend. Il présente quelques points positifs. On dénote une certaine volonté de la part du comité de pilotage de présenter un texte plus clair, plus précis, plus concis et plus simple.

On dénote également une certaine volonté de sa part d’éliminer les chantages politiques qui polluaient les rapports du pouvoir exécutif avec le pouvoir législatif, de réglementer le fonctionnement des partis politiques, de structurer l’opposition. Dans des circonstances normales, les faiblesses de l’ avant-projet de la nouvelle constitution, aussi fondées qu’elles puissent être, ne devraient pas le remettre en question dans sa globalité. Aucune œuvre humaine n’est parfaite.

Après tout, il s’agit d’un draft, d’une ébauche de projet de société qui, justement, est faite pour être critiquée, débattue et bonifiée. Le problème fondamental est que cet exercice sera effectué non seulement en fonction de la consistance technique de l’avant-projet, mais aussi et surtout en fonction des enjeux des luttes de pouvoirs. Mes nombreuses mises en garde et mes propositions n’ont pas été prises par décideurs politiques.

L’ aggravation du climat sécuritaire du pays, le contexte politique actuel, le déficit de légitimité des autorités intérimaires, les irrégularités observées dans la méthodologie adoptée par le groupe de travail sur la constitution et par le comité de pilotage de la conférence nationale et surtout le fait de ne pas mettre sur pied une assemblée constituante pour diriger les travaux préparatoires de la nouvelle constitution, sont autant de facteurs externes qui contribuent, à coup sûr, à saper la crédibilité et la légitimité de cet avant-projet de nouvelle constitution.

23 mai 2025

Me Kedlaire Augustin
Ancien président de la réforme constitutionnelle du Sénat de la république*

Deux bandits stoppés et un pistolet saisi, au cours d’une opération de police à Saint-Louis du Sud

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SAINT-LOUIS DU SUD.—Deux bandits ont été stoppés et un pistolet saisi au cours d’une opération policière menée par la police du Sud, le vendredi 23 mai 2025, dans localité de Sucrerie Henry, commune de Saint-Louis du Sud.

Tima ainsi connu et son acolyte sont présentés comme deux membres du gang du quartier de Simon Pelé, à Cité Soleil, Port-au-Prince. Les deux malfrats ont été stoppés dans des affrontements avec les agents de l’ordre et un pistolet a été confisqué, selon les informations publiées sur la page Facebook de l’institution policière.

La Police Nationale d’Haïti (PNH), par le biais de la direction départementale du Sud, maintient un imposant dispositif de sécurité dans des points stratégiques afin de mettre hors d’état de nuire tout individu mal intentionné, tout en continuant de solliciter la collaboration de la population.

Jean Mapou