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Fin du mandat du CPT, bilan contrasté des conseillers et nouvelle phase autour du Premier ministre Fils-Aimé

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Par Jean Wesley Pierre

La transition politique haïtienne franchit une nouvelle étape ce 7 février 2026 avec la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Alors que la capitale s’est réveillée dans un calme relatif, les déclarations publiques des acteurs politiques, notamment celles des membres sortants du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, témoignent à la fois d’un bilan nuancé, de préoccupations persistantes et d’attentes fortes autour du rôle désormais central du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Emmanuel Vertilaire : reconnaissance d’objectifs non atteints

Dans une déclaration adressée à la nation, Emmanuel Vertilaire, membre du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, a reconnu que les objectifs majeurs assignés à la transition, notamment le rétablissement de la sécurité nationale, la création des conditions nécessaires à des élections crédibles et le retour à l’ordre constitutionnel n’ont pas été pleinement atteints.

Tout en soulignant les « efforts soutenus » et les « sacrifices consentis », il affirme quitter ses fonctions « paisiblement », en invoquant le respect de la légalité républicaine et de l’État de droit. Son message se veut à la fois lucide et porteur d’espoir, insistant sur la complexité des défis institutionnels et humains auxquels Haïti demeure confrontée.

Cette prise de position reflète une forme de bilan défensif : reconnaissance des limites, mais affirmation d’une action conduite selon les principes républicains.

Smith Augustin : entre inquiétude, défense du bilan et appel à la jeunesse

De son côté, Smith Augustin, autre membre du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, a adopté un ton plus personnel et réflexif. Il affirme quitter ses fonctions « sans amertume », tout en exprimant une « réelle inquiétude » pour l’avenir du pays.

Il insiste sur certains acquis revendiqués durant la transition, notamment :

  1. la représentation diplomatique d’Haïti sur la scène internationale,
  2. des initiatives en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche,
  3. ainsi que des efforts visant à améliorer l’accès à la justice.

Smith Augustin reconnaît également l’existence d’erreurs et de décisions imparfaites, tout en affirmant avoir agi dans le respect des valeurs républicaines. Son discours inclut un appel appuyé à la jeunesse haïtienne à s’engager dans la vie publique, soulignant la nécessité d’une nouvelle génération de dirigeants compétents et intègres.

Une transition qui s’achève sans élections

Le constat commun à ces déclarations reste l’absence d’élections ayant permis le retour à un pouvoir démocratiquement élu, pourtant objectif central du mandat du CPT. Cette situation nourrit les critiques d’une partie de l’opinion publique, qui considère que la transition n’a pas produit les résultats attendus en matière de sécurité, de stabilité institutionnelle et de gouvernance.

Alix Didier Fils-Aimé désormais seul maître et seigneur

Selon plusieurs analyses politiques et informations circulant dans l’espace public, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé devrait désormais assumer un rôle élargi, cumulant de facto les fonctions de chef du gouvernement et celles associées à la direction de l’exécutif.

Certains observateurs estiment qu’il bénéficie d’un soutien significatif de partenaires internationaux, ce qui pourrait renforcer sa capacité d’action, mais aussi accroître les attentes à son égard.

Soutiens, critiques et attentes

Les réactions dans l’espace public restent contrastées. L’entrepreneur Brad Bartholy Cadet plaide pour une « rupture réelle » avec les pratiques politiques qu’il juge improductives et appelle à une nouvelle classe politique plus responsable, tout en exprimant son soutien au Premier ministre pour assurer stabilité et gouvernance.

À l’inverse, d’autres voix, comme celle de Richard Sénacal, soulignent que la concentration actuelle des leviers de pouvoir autour du chef du gouvernement signifie qu’aucune excuse ne pourra être invoquée en cas d’échec, pointant implicitement la nécessité de résultats tangibles.

Une nouvelle phase pleine d’incertitudes

La fin du CPT ne marque pas nécessairement la fin de la crise politique haïtienne. Elle ouvre plutôt une nouvelle phase dont les contours institutionnels restent encore débattus. Les défis sécuritaires, économiques et institutionnels persistent, tandis que la question de la légitimité démocratique demeure centrale.

Dans ce contexte, la capacité du nouvel exécutif à instaurer un climat de confiance, à améliorer la sécurité et à préparer un retour crédible à l’ordre constitutionnel constituera l’un des principaux tests politiques des prochains mois.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Le Parti Politique FONDEL interpelle le pouvoir sur la sécurité et le retour à l’ordre constitutionnel

Par Jean Valdonel CONSTANT

La structure Politique Force Nationale d’Espoir et de Lumière (FONDEL), par la voix de son président, Pierre-Louis Dominique, a lancé un appel en faveur du peuple haïtien, exhortant les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités face à la crise que traverse le pays.

Cette déclaration a été faite le samedi 7 février 2026, devant la Villa d’Accueil, lors d’un point de presse au cours duquel il a interpellé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’invitant à garantir la sécurité et la protection de la vie de la population.

Dans son intervention, le président du parti Politique FONDEL a souligné que les problèmes d’Haïti doivent être résolus par les Haïtiens eux-mêmes, appelant la communauté internationale à se tenir à l’écart de toute décision fondée sur le favoritisme au profit d’une minorité. Le dirigeant politique a déploré l’effondrement des institutions, l’affaiblissement de l’État et l’absence d’une justice équitable, qu’il considère comme des facteurs majeurs d’aggravation de la crise politique et sociale.

Enfin, Pierre-Louis Dominique a plaidé pour l’organisation rapide d’élections sur le territoire national, afin de doter le pays de dirigeants légitimes et de permettre la remise sur pied du Parlement ainsi que des autres institutions républicaines. Rappelant la portée historique du 7 février 1986, il s’est interrogé sur la capacité d’Haïti à rompre définitivement avec les logiques de domination et à retrouver sa pleine souveraineté, dans l’intérêt exclusif du peuple haïtien.

HAÏTI : À L’HORIZON DU 7 FÉVRIER 2026

LE TEMPS D’UN VÉRITABLE DIALOGUE INTERHAÏTIEN

Sortir de la transition interminable, construire un accord rationnel, redonner une direction claire au pays et bâtir la Nation.

Par Evans PAUL
Centre ABC – ATIZAN BON CHANJMAN
Agir pour le Bien Commun

🚨 ALERTE NATIONALE

À l’horizon du 7 février 2026, Haïti se trouve face à une réalité incontournable :
le pays ne peut plus continuer à survivre de transition en transition, sans cap clair, sans stabilité durable, sans projet national partagé.

Cette date ne doit être ni réduite à une simple échéance constitutionnelle, ni utilisée comme prétexte à un nouveau bras de fer politique.
Elle constitue avant tout un moment de responsabilité historique, appelant à la lucidité, au courage et à la maturité collective.

Haïti est arrivée à la limite :
• de l’improvisation politique ;
• de la confrontation stérile ;
• des solutions provisoires ;
• des transitions sans horizon.

Le temps est venu de changer de méthode, de langage et de posture nationale.

CHANGER DE PARADIGME

Gérer la crise ne suffit plus.
Il faut désormais en sortir définitivement.

Cela exige une gouvernance efficace reposant sur cinq piliers fondamentaux :
1. un mécanisme crédible de sécurité publique et nationale ;
2. un système d’éducation et de formation professionnelle adapté aux réalités nationales ;
3. une économie productive, créatrice d’emplois ;
4. un cadre durable de stabilité politique et sociale ;
5. une compétition électorale crédible, garantissant l’alternance démocratique et la participation populaire.

Ces piliers constituent la base d’une nouvelle orientation nationale.

UNE CRISE DEVENUE STRUCTURELLE

La crise haïtienne n’est plus conjoncturelle.
Elle est globale, profonde et cumulative.

Elle se traduit par :
• l’effondrement de la sécurité ;
• la perte du contrôle du territoire ;
• la délégitimation des institutions ;
• la paralysie de l’État ;
• l’épuisement économique ;
• la pauvreté massive ;
• la désespérance sociale ;
• l’exode des forces vives.

À cette situation s’ajoute une dérive majeure :

la transition est devenue un mode de gouvernance permanent.

Ce qui devait être exceptionnel est devenu la norme —
une norme qui affaiblit chaque jour davantage la République.

LA TRANSITION INTERMINABLE : UN ÉCHEC COLLECTIF

Aucune transition récente n’a permis :
• de restaurer durablement la sécurité ;
• de rétablir l’autorité de l’État ;
• de stabiliser les institutions ;
• de reconstruire la confiance publique ;
• de fédérer un projet national crédible.

Privée de consensus, de vision et de légitimité populaire, la transition s’est muée en impasse politique.

La question centrale n’est donc plus seulement :

qui gouverne ?

mais bien :

comment, pourquoi et au nom de qui gouverne-t-on ?

LE TEMPS DE LA RAISON

Face à cette impasse, Haïti est convoquée à un acte de maturité nationale.

Il devient impératif de privilégier :
• la raison sur la passion ;
• le dialogue sur la confrontation ;
• la construction sur la destruction ;
• l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

Aucun acteur ne détient seul la solution.

La sortie de crise ne peut être :
• ni imposée ;
• ni décrétée ;
• ni importée.

Elle ne peut être que concertée, assumée et interhaïtienne.

POUR UN DIALOGUE INTERHAÏTIEN RESPONSABLE

Le moment est venu d’engager un véritable dialogue interhaïtien, sérieux, structuré et inclusif, associant :
• les forces politiques responsables ;
• la société civile organisée ;
• le secteur privé productif ;
• les universités et intellectuels ;
• les confessions religieuses ;
• les organisations communautaires ;
• la diaspora haïtienne.

Ce dialogue ne doit être ni symbolique,
ni cosmétique,
ni fondé sur le partage de postes.

Il doit devenir :

un espace de vérité, de responsabilité et de décisions nationales.

VERS UN ACCORD RATIONNEL DE SORTIE DE CRISE

L’objectif du dialogue interhaïtien est clair :

aboutir à un accord politique rationnel,
fondé sur les réalités du pays et non sur les calculs de circonstance.

Cet accord doit reposer sur des priorités nationales non négociables :
• rétablissement effectif de la sécurité ;
• restauration de l’autorité de l’État ;
• stabilité institutionnelle garantie ;
• gouvernement de mission limité dans le temps ;
• relance économique d’urgence ;
• réhabilitation de la confiance publique ;
• préparation crédible de la refondation démocratique.

Il ne s’agit pas de gouverner indéfiniment,
mais de remettre l’État debout et la Nation en mouvement.

BÂTIR LA NATION

L’histoire enseigne une vérité fondamentale :

Les héros de 1804 ont fondé l’État haïtien.
La Nation, elle, demeure à construire.

Bâtir la Nation suppose :
• un pacte de responsabilité collective ;
• une culture de la respectabilité républicaine ;
• une volonté nationale fondée sur la sécurité, la stabilité et la prospérité ;
• une rupture définitive avec la violence, l’exclusion et le chaos.

Sans nation, il n’y aura jamais d’État fort.
Sans dialogue, il n’y aura jamais de nation.

À L’HORIZON DU 7 FÉVRIER 2026 : UN CHOIX HISTORIQUE S’IMPOSE

Le 7 février 2026 ne doit être :

  • ni une nouvelle débandade ;
  • ni un saut dans l’inconnu ;
  • ni une victoire à la Pyrrhus ;

mais un acte de refondation nationale au service du bien commun.

Haïti est à la croisée des chemins :
• soit la transition perpétuelle ;
• soit le choix courageux du dialogue, de la raison et de la responsabilité.

SYNTHÈSE

Le temps n’est plus à la fuite en avant.
Le temps n’est plus à la domination d’un camp sur l’autre.

Le temps est venu :
• de se parler sans peur ;
• de s’écouter sans arrogance ;
• de décider sans égo ;
• d’agir pour le Bien Commun.

Haïti ne manque ni d’intelligence ni de courage.
Elle manque d’unité, de méthode et de vision partagée.

Le dialogue interhaïtien n’est pas une faiblesse.
Il est aujourd’hui la seule voie rationnelle pour sauver la République et bâtir la Nation.

CENTRE ABC
ATIZAN BON CHANJMAN
Agir pour le Bien Commun

Evans Paul
Ex Premier Ministre

Fin du CPT et nouvelle phase de transition : quel avenir pour le collège présidentiel issu du dialogue inter-haïtien ?

Par Jean Wesley Pierre

Ce samedi 7 février 2026 marque la fin officielle du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), et qui ouvre une nouvelle étape incertaine dans la transition politique haïtienne. Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé apparaît désormais comme la principale figure de l’exécutif, comme maître et seigneur, une question majeure reste en suspens : que devient le projet de collège présidentiel à trois membres issu du dialogue inter-haïtien organisé notamment à l’hôtel Montana, et son éventuelle installation ?

Un collège présidentiel annoncé… mais sans concrétisation immédiate

Avant la fin de son mandat, le (CPT) Conseil Présidentiel de Transition avait encouragé un dialogue inter-haïtien visant à doter le pays d’un exécutif bicéphale reposant sur un collège présidentiel composé d’un représentant du CPT, d’un juge issu de la Cour de cassation et d’un représentant de la société civile. Des noms avaient même circulé, notamment Leslie Voltaire, Charles Tardieu et la juge Jocelyne Casimir.

Pourtant, aucune installation officielle n’a suivi. La cérémonie du 7 février à la Villa d’Accueil, marquant la fin du CPT, a plutôt consacré la continuité gouvernementale autour du Premier ministre et du Conseil des ministres. Le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, a confirmé que le gouvernement assurerait la gestion de l’État, sans calendrier clair concernant ce collège.

Une transition qui change de configuration

Dans son adresse à la Nation, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur la continuité républicaine, la lutte contre l’insécurité et l’organisation future d’élections. Il a reconnu que la transition restait inachevée, notamment en raison de la situation sécuritaire.

Les premières décisions prises — changement à la tête du ministère des Finances ou nomination d’un nouvel agent exécutif intérimaire à Port-au-Prince — montrent une volonté d’affirmation politique rapide. Plusieurs observateurs y voient la confirmation d’un exécutif de fait plus centralisé, au moins provisoirement.

Reconnaissance internationale et attentes politiques

La réaction de l’ambassade américaine, saluant un transfert pacifique du pouvoir et affirmant sa disposition à travailler avec les autorités haïtiennes, renforce l’idée que la priorité internationale reste la stabilisation sécuritaire et l’organisation d’élections. Cette posture pourrait indirectement reléguer au second plan la mise en place du collège présidentiel, si celui-ci n’est pas perçu comme un facteur immédiat de stabilité.

Le CPT quitte la scène avec un bilan contesté

Lors de la cérémonie de fin de mandat, Laurent Saint-Cyr a défendu les efforts du CPT en matière de sécurité et de processus électoral, estimant que des avancées avaient été réalisées malgré les obstacles. D’autres voix restent plus critiques, soulignant l’absence d’élections, la persistance de l’insécurité et l’incertitude institutionnelle.

Certaines analyses estiment même que la transition s’achève sans réelle rupture avec la situation antérieure, laissant le pouvoir exécutif concentré autour d’un Premier ministre renforcé.

Une interrogation politique majeure

L’avenir du collège présidentiel dépend désormais de plusieurs facteurs dont :

  1. volonté politique interne,
  2. consensus entre acteurs nationaux,
  3. position de la communauté internationale
  4. et évolution de la situation sécuritaire. Sans ces conditions, son installation pourrait rester théorique ou différée.

En définitive, le 7 février 2026 marque moins la fin d’une transition que l’ouverture d’une nouvelle phase d’incertitude. Entre la consolidation du pouvoir autour du Premier ministre et l’attente d’une architecture institutionnelle plus inclusive, la trajectoire politique d’Haïti demeure fragile, suspendue à la capacité des acteurs à restaurer la sécurité et à organiser des élections crédibles.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

7 Février 2026 : Une date historique qui n’a rien d’historique

Par Emmanuel Taulème BRINA, journaliste et juriste

Ce 7 février 2026 restera gravé dans les annales haïtiennes, non pas comme le couronnement d’un processus démocratique enfin abouti comme cela avait pu être imaginé , mais comme le jour où l’État haïtien a vu sa fragile souveraineté s’effriter. Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) devait prendre fin ce jour-là sans que des élections générales n’aient pu être organisées ,une débâcle institutionnelle sans précédent , le pouvoir exécutif est tout simplement revenu au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une passation de pouvoir qui ressemble moins à un passage démocratique qu’à une simple ratification d’un ordre venu d’ailleurs.

Le CPT, composé de neuf membres non élus, avait été installé en avril 2024 après la démission d’Ariel Henry pour conduire une transition qui devait ramener la paix, la sécurité et des élections libres. Deux ans plus tard, le bilan est tragiquement clair : des centaines de morts sous les balles des gangs armés, plus d’un million de déplacés, et un État constamment humilié par son incapacité à reprendre le contrôle de son territoire. La dissolution du CPT le 7 février n’est donc pas seulement un échec administratif ,c’est une humiliation politique.

Un bras de fer interne vidé de sens

La dernière phase de ce conseil ,censée être une célébration de la transition ,aura au contraire mis en lumière les luttes internes et les intérêts personnels au sein de la classe politique haïtienne. À quelques semaines de la fin de son mandat, plusieurs membres du CPT avaient voté pour la destitution du Premier ministre Fils-Aimé, accusant ce dernier de s’éloigner de l’esprit de la transition. Mais cette décision a été stoppée net par le refus de publication dans le Journal officiel, bloquée par les appareils d’État restés fidèles à Fils-Aimé.

Ce bras de fer, loin d’être un débat démocratique profond, a surtout révélé une classe politique divisée, opportuniste, et souvent plus attachée à ses positions personnelles qu’au sort du pays. Pourtant, dans un contexte où la population haïtienne souffre et réclame des solutions concrètes , notamment la réduction de l’emprise des gangs et l’organisation d’élections , ces jeux d’appareils ne peuvent être justifiés.

Pourquoi les États-Unis soutiennent ferme Fils-Aimé

La position des États-Unis dans cette crise est emblématique et doit être analysée sans naïveté. Washington a fermement appuyé le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé au pouvoir au-delà de la fin du mandat du CPT, condamnant publiquement tout mouvement visant à le destituer. L’ambassade américaine a même déclaré soutenir « le leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’une Haïti forte, prospère et libre ».

Ce soutien n’est pas désintéressé : il répond à des préoccupations de sécurité régionale, de migration, et de stabilité géopolitique, mais surtout à une stratégie visant à contrôler l’agenda politique haïtien par procuration. En tenant à ce que Fils-Aimé reste en place, les États-Unis cherchent à assurer une ligne exécutive qu’ils jugent “stable” face aux gangs, qui ont détruit l’ordre public et fait fuir les investisseurs et les touristes. Mais la notion de « stabilité » brandie par Washington ressemble étrangement à un consensus imposé plutôt qu’à un choix démocratique haïtien.

Bateaux américains dans les eaux haïtiennes : message ou menace ?

À quelques jours de cette date fatidique, des navires de guerre américains (dont des destroyers et des bâtiments de la Garde côtière) ont été positionnés au large des côtes haïtiennes. Cette démonstration de force navale, décrite par certains spécialistes comme une « menace implicite », dépasse la simple coopération sécuritaire. Elle constitue un outil de pression politique brutal, rappelant les pires moments de l’interventionnisme dans l’hémisphère.

La présence de ces bateaux ne protège ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les quartiers pris en otage par des gangs ; elle sert plutôt à encadrer politiquement l’avenir institutionnel d’Haïti, en soutenant un leader choisi par Washington. La ligne entre assistance et ingérence ouverte est désormais si floue qu’elle jette une ombre sur toute perspective de souveraineté haïtienne.

L’initiative controversée d’organiser des élections dans un hôtel

À un moment donné au cours de cette transition, certaines voix ont proposé d’organiser des élections dans un hôtel de Port-au-Prince, comme symbole et tentative de briser l’impasse politique. Cette idée, bien que peut-être née de frustrations légitimes face à l’immobilisme électoral, demeure une caricature de démocratie si l’on considère les conditions sécuritaires et institutionnelles réelles : absence de contrôle territorial, millions de déplacés, intimidation armée, absence de processus électoral crédible.

Organiser des élections dans un hôtel ,loin des quartiers populaires, loin des banlieues contrôlées par des gangs ,serait un spectacle élitiste, excluant de facto les Haïtiens les plus vulnérables et renforçant la perception selon laquelle la démocratie haïtienne est une vitrine pour diplomates et ONG, pas une réalité pour les citoyens ordinaires.

Conclusion : un 7 février sous tension, mais pas sous souveraineté

Le 7 février 2026 restera une date historique en Haïti, mais pas pour les raisons auxquelles les Haïtiens aspirent. Il marque l’échec d’un processus de transition démocratique, l’emprise croissante d’intérêts externes, et la persistance d’un système politique qui parle de démocratie mais pratique l’impuissance étatique et l’ingérence étrangère.

Le peuple haïtien mérite mieux que des proclamations diplomatiques et des opérations navales. Il mérite une véritable voie démocratique, un calendrier électoral réaliste et inclusif, ainsi qu’un leadership responsable, ancré dans le respect de la souveraineté nationale. Toute autre voie ,même sous couvert de stabilité ,ne fera que prolonger l’échec du 7 février pour les décennies à venir.

Par Emmanuel Taulème BRINA, journaliste et juriste

𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞 𝟑𝟕𝟕 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐮𝐬, 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭

𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Les archives administratives du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, au 19 novembre 2025, recensent 377 organisations politiques enregistrées et reconnues. Ce nombre provient d’un inventaire juridique continu établi sur plusieurs décennies.

La chronologie des enregistrements débute en 1986. Dès le mois d’octobre qui suit la fin du régime des Duvalier, plusieurs formations s’enregistrent et obtiennent rapidement leur reconnaissance officielle. Le registre mentionne notamment Mobilisation pour le Développement National (MDN), Union Nationale des Forces Démocratiques (UNDF), Mouvement d’Organisation du Pays (MOP), Parti Social Chrétien d’Haïti (PSCH), Union pour le Renouveau Haïtien (URH) et Parti Révolutionnaire Démocrate Haïtien (PRDH). D’autres organisations apparaissent au cours de la même période, parfois à quelques semaines d’intervalle.

Au cours des années 1990, la liste continue de s’allonger sans interruption. On y retrouve, entre autres, OPL, PAPP, MRN, PROP, PADEMH ainsi que Fanmi Lavalas en 1997. Le registre n’opère aucune hiérarchisation. Chaque organisation est présentée selon la même fiche administrative, indépendamment de son audience réelle ou de sa présence électorale.

Durant les années 2000, de nouvelles formations sont enregistrées, parmi lesquelles ADEBHA, KONBA, GREH, MODEREH, PLH ou PUN. Après le séisme du 12 janvier 2010, certaines organisations restent juridiquement reconnues même lorsque l’adresse déclarée n’est plus actualisée dans les archives.

Les années 2010 correspondent à la phase la plus dense d’enregistrements. Des séries de reconnaissances interviennent parfois le même jour. Le 19 mars 2015, par exemple, plusieurs organisations, dont REKLAM, RENACOP, RASIN, POVHA, RESULTAT, ASO et PAC, sont reconnues simultanément, aux côtés d’autres formations inscrites dans la même procédure administrative.

La liste se prolonge ensuite avec, notamment, PPPD, IDEAL-HAITI, OSER-HAITI, RAISON et UPPA, puis plus récemment ASE, Ayiti 2054, REPLIC, NAHES, ROCH, OPSA, PPUSC, MERCIH ou PPSDH. Chaque entrée reprend la même structure documentaire, composée de la date d’enregistrement, de la date de reconnaissance, du représentant et de l’adresse déclarée.

La dispersion numérique s’accompagne d’un brouillage idéologique. Les appellations se ressemblent, les références doctrinales se superposent et les programmes publics, lorsqu’ils existent, empruntent souvent les mêmes registres lexicaux. Dans ces conditions, le regroupement des organisations en familles politiques cohérentes demeure difficile. L’inventaire juridique décrit une pluralité formelle sans correspondance nette avec des clivages doctrinaux identifiables, ce qui rend toute classification en deux ou trois grandes catégories incertaine.

Haïti, la neige comme défi : l’hiver n’est plus une excuse

Haïti n’a pas d’hiver. Elle a mieux : la persévérance. À Milano–Cortina 2026, la neige n’est plus une anomalie exotique, mais un terrain d’épreuve assumé.

On pourrait sourire. Se dire qu’Haïti aux Jeux olympiques d’hiver relève du symbole, de l’exception aimable, presque folklorique. Ce serait une erreur de lecture. Car revenir une deuxième fois là où l’on n’était jamais attendu n’a rien de l’anecdote. C’est un choix sportif. Et, surtout, un choix de durée.

Un siècle après Chamonix 1924, berceau des Jeux d’hiver organisés dans les Alpes françaises sous le nom de Semaine des sports d’hiver de la VIIIe Olympiade, Haïti confirme sa place dans une histoire qu’elle observait autrefois de loin. À l’époque, seize pays posaient les bases d’un olympisme hivernal fondé sur une idée simple : le sport peut rassembler au-delà des climats et des évidences géographiques.

À Milan et Cortina d’Ampezzo, cet héritage se prolonge. Et Haïti, contre toute logique climatique, y prend désormais place avec constance.

La première page s’est écrite à Beijing, en 2022. Pour la toute première fois de son histoire, la Perle des Antilles découvrait l’hiver olympique. Une participation discrète, presque silencieuse, mais fondatrice. Milano–Cortina 2026 n’est donc pas une surprise : c’est une continuité. La preuve qu’une apparition peut devenir un parcours, et qu’un symbole peut se transformer en habitude.

La délégation haïtienne repose cette fois sur deux athlètes, deux trajectoires, une même rigueur. Richardson Viano, 24 ans, est engagé en ski alpin. Stevenson Savart, 26 ans, défend les couleurs nationales en ski nordique. Ce matin à 6h, Savart est attendu sur le ski de fond, avant le skiathlon (10 km + 10 km), discipline d’endurance pure où la gestion de l’effort ne laisse aucune place à l’approximation.

Des exigences que l’on retrouve dans l’ensemble des sports d’hiver – du biathlon au curling, du patinage à la luge – et qui font de ces disciplines un véritable levier éducatif : rigueur, patience, constance, humilité face à l’effort.

Sur la neige italienne, Haïti se distingue aussi par son allure. Les uniformes officiels portent la signature de Stella Jean, créatrice italo-haïtienne reconnue pour son art de mêler savoir-faire italien et héritage caribéen. Déjà saluées lors des Jeux d’été de Paris 2024 pour leur élégance et leur profondeur culturelle, ses créations reviennent à Milano–Cortina comme un manifeste discret.

Dans ces tissus, il y a plus qu’un design : il y a une mémoire, une filiation, une manière d’affirmer que même sous la neige, Haïti n’efface rien de ce qu’elle est.
Du 6 au 22 février 2026, Haïti ne vient pas apprendre. Elle vient confirmer. Confirmer qu’un pays tropical peut inscrire son nom dans l’hiver olympique sans renier son identité. Confirmer que l’Olympisme n’est pas une affaire de latitude, mais de constance et de fidélité à l’effort.

Sur les pistes de Milan et de Cortina d’Ampezzo, la délégation haïtienne avance sans bruit, sans effets de manche. Elle trace, simplement, une ligne droite. Exigeante. Et désormais durable.

Leconte Dor

8 février 2021 – 8 février 2026 : cinq ans après la farce, Haiti toujours captive de ses impostures politiques

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Le 8 février 2021 marque l’un des moments les plus dégradants de la crise politique haïtienne récente. Après plusieurs mouvements ouvertement déstabilisateurs dirigés contre le président constitutionnel Jovenel Moïse, et à la suite du coup d’État avorté de Petit-Bois, un regroupement se présentant comme le secteur démocratique et populaire (SDP) s’est arrogé le droit de proclamer le juge et professeur Mécène Jean-Louis “président de la République”.

Il ne s’agissait ni d’un acte révolutionnaire ni d’un sursaut démocratique. C’était une opération politique creuse, une scénographie improvisée destinée à créer l’illusion du pouvoir. Une démonstration éclatante de l’oubli volontaire du droit constitutionnel et du mépris assumé des institutions. La République n’a pas été renversée ce jour-là ; elle a été ridiculisée.

L’épisode a cependant produit des dégâts réels. Un magistrat de carrière a été exposé, instrumentalisé, puis abandonné. Mécène Jean-Louis n’a jamais exercé le pouvoir qu’on lui prêtait, mais il a payé le prix fort de l’irresponsabilité de ceux qui l’ont utilisé comme symbole provisoire. Cette affaire révèle une pratique bien ancrée : dans l’arène politique haïtienne, les individus sont consommés, puis jetés.

Ce 8 février a aussi agi comme un révélateur brutal. Derrière les discours moralisateurs et les proclamations démocratiques, une partie de la classe politique a montré son indigence intellectuelle, son absence de projet d’État et sa propension à confondre agitation et légitimité. La politique s’y est réduite à une gesticulation permanente, déconnectée de toute exigence institutionnelle.

Cinq ans plus tard, le constat est sévère. Rien n’a changé, ou presque. Les mêmes réflexes dominent : improvisation, radicalisme verbal, mépris du cadre légal. La crise s’est approfondie, la violence s’est installée, l’État s’est effacé. Nous continuons d’ avancer sans boussole, à normaliser l’échec et à transformer l’exception en règle.

Haïti, première République noire, mère proclamée de la liberté, se trouve aujourd’hui prisonnière de ses propres renoncements. Ce ne sont ni le manque de discours ni l’absence de slogans qui font défaut, mais le courage politique, la rigueur intellectuelle et le sens de la responsabilité historique.

Le redressement ne viendra ni des proclamations symboliques ni des présidences imaginaires. Il passe par le respect strict de la Constitution, la fin de l’instrumentalisation des institutions, la responsabilisation des acteurs politiques et la reconstruction d’un espace public fondé sur le droit, la mémoire et la vérité.

Cinq ans après le 8 février 2021, une évidence s’impose : tant que la farce restera une méthode politique et l’imposture une stratégie, la République demeurera piétinée.

Pierre Josué Agénor Cadet

Haïti-Transition Politique: La Coalition FANM YO DESIDE exige le respect strict de la parité

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PORT-AU-PRINCE.— La Coalition FANM YO DESIDE a pris officiellement acte de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de la passation du pouvoir exécutif au Conseil des ministres, désormais présidé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans le cadre de la transition politique en cours en Haïti.

Dans un communiqué de presse, en date du 7 fevrier, la coalition féministe souligne le caractère institutionnel et pragmatique de cette étape, tout en rappelant que cette nouvelle phase de la transition doit être exceptionnellement courte, clairement balisée et strictement limitée dans le temps. Elle insiste sur la nécessité d’éviter la reproduction des déséquilibres structurels du passé, notamment en matière de représentation des femmes dans les espaces de pouvoir et de décision.

La parité, une exigence constitutionnelle

FANM YO DESIDE rappelle avec fermeté que la parité femmes-hommes n’est ni une faveur ni une option politique, mais une exigence constitutionnelle et un engagement international de l’État haïtien. Selon la coalition, le respect de ce principe constitue une condition essentielle à toute gouvernance légitime, crédible et durable.

Dans un contexte national marqué par une insécurité généralisée et une recrudescence des violences, l’organisation insiste également sur l’urgence d’assurer la protection effective des droits des femmes et des filles, particulièrement vulnérables dans la crise actuelle.

Des priorités claires pour la transition

Tout en appelant au rétablissement effectif de la sécurité et de la paix sociale, la coalition estime que la transition doit prioritairement s’atteler à:
la mise en œuvre de mesures d’accompagnement social;
le déploiement de programmes d’insertion socio-économique;
l’organisation d’élections inclusives, crédibles et transparentes.

Un appel direct au Premier ministre

À ce titre, FANM YO DESIDE appelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à:
entretenir un dialogue franc, inclusif et permanent avec les forces vives du pays afin de restaurer la confiance et prévenir les tensions sociales;
garantir une présence significative et équitable des femmes au sein des instances décisionnelles;
intégrer la parité comme principe transversal de la nouvelle gouvernance, des politiques publiques et des mécanismes de transition.

Enfin, la Coalition FANM YO DESIDE réaffirme sa vigilance, sa mobilisation et sa disponibilité à contribuer à toute démarche sincère visant la stabilité nationale, le rétablissement de la sécurité, le respect des droits humains et le retour à l’ordre constitutionnel, dans le strict respect du principe de parité.

Crise politique : le Dr Jean-Marc Dargoût appelle à un sursaut patriotique

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Par Gesly Sinvilier

Dans une vidéo rendue publique le 6 février 2026, le Dr Jean-Marc Dargoût, citoyen engagé, a pris la parole pour interpeller la population haïtienne sur la gravité de la crise actuelle et la nécessité d’un changement profond de comportement collectif. Son message, à la fois direct et mobilisateur, s’articule autour de quatre piliers : la conscience citoyenne, l’honnêteté envers le pays, l’unité nationale et la primauté d’Haïti dans toutes les décisions.

D’entrée de jeu, le Dr Dargoût insiste sur la nécessité d’un réveil de la conscience citoyenne. Selon lui, la première étape vers toute transformation passe par une lecture lucide de la réalité nationale. Il appelle les citoyens à reconnaître sans détour l’état du pays — institutionnel, social et moral — afin d’adopter des attitudes plus responsables, tant dans la vie publique que dans les comportements quotidiens. Cette prise de conscience, dit-il, doit conduire à rompre avec l’indifférence, la résignation et les réflexes de division.

Le second axe de son intervention porte sur l’honnêteté envers la patrie. Le Dr Dargoût invite chacun — acteurs politiques, leaders d’opinion, membres de la société civile et simples citoyens — à faire preuve de vérité dans leurs analyses, leurs engagements et leurs actions. Pour lui, la crise ne peut être surmontée si elle est constamment maquillée, instrumentalisée ou exploitée à des fins partisanes. Il plaide pour un rapport sincère aux faits, aux responsabilités et aux devoirs envers le pays.

Abordant la question de l’unité, il rappelle que celle-ci constitue le socle historique de l’indépendance haïtienne. Face aux fractures actuelles — politiques, sociales et institutionnelles — il appelle à reconstruire un minimum de cohésion nationale. L’unité, précise-t-il, ne signifie pas l’uniformité des idées, mais la capacité de converger vers des objectifs supérieurs communs, notamment la stabilité, la sécurité et la reconstruction des institutions.

Enfin, son appel se conclut sur un principe central : mettre Haïti en premier. Au-delà des intérêts de groupes, des calculs personnels et des rivalités de pouvoir, le Dr Dargoût exhorte les citoyens et les dirigeants à replacer l’intérêt national au cœur de chaque décision. Il soutient que sans cette hiérarchie claire des priorités, aucun projet de sortie de crise ne pourra produire de résultats durables.

Par cette intervention, le Dr Jean-Marc Dargoût cherche à provoquer un sursaut civique. Son message se veut moins un discours politique qu’un appel moral et citoyen, invitant chacun à redevenir acteur du destin collectif.

Gesly Sinvilier / Le Relief