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Le changement de la constitution est loin d’être une priorité nationale, selon René Civil

Le secrétaire national du parti Émergence Patriotique assimile comme une manœuvre politicienne les démarches visant à liquider les ressources du pays, la décision de changer la constitution. Lors d’une interview exclusive accordée au journal en ligne Le Relief, René Civil a déclaré que changer la constitution n’est guère une priorité pour la population haïtienne, traversant une crise humanitaire sans pareil.

Lerelief: Vous avez probablement déjà lu le texte de l’avant projet de la nouvelle constitution, qu’est-ce cela vous inspire?

René Civil: Bien sûr, je l’ai lu. Je crois que c’est une démarche qui vise à réduire à néant tout ce sur quoi la nation haïtienne est fondée. Le document essaie de manière subtile à concentrer le pouvoir d’un président infantilisé. Comment pouvons-nous accepter que quelqu’un peut devenir président de la République à 30 ans. Sans expérience de la vie, mais aussi de l’État. Je ne parle même pas des autres failles de cette nouvelle constitution.

Lerelief: Ne croyez-vous pas que ce serait une belle avancée dans la promotion de la jeunesse? La population haïtienne est majoritairement jeune.

René Civil: Ho! Oui, ce serait bon de propulser la jeunesse à la plus haute sphère de l’État avec ses idées novatrices et sa vigueur. Mais sans expérience politique, sans connaissance de la vraie vie… 30 ans, un jeune est à peine sorti de l’université, les tenants du système vont essayer de le manipuler pour obtenir la possibilité de liquider les ressources du pays et permettre aux étrangers de posséder des terres en Haïti.

Lerelief: Pensez-vous que la communauté internationale est cachée derrière ces manœuvres?

René Civil: Je ne pense pas qu’elle soit cachée derrière, elle est à l’origine même de cette volonté de changer la constitution de 1987. Il est clair que c’est en se basant sur la constitution de 1987 que le sénat sous la gouvernance de Laurent Lamothe avait empêché à Clinton d’acheter en son nom propre des terrains à Port-de-Paix, contenant de ressources minières. Cette nouvelle constitution est aussi une vengeance contre le sénat. Lisez bien le texte et vous verrez ce qu’est advenu le sénat.

Lerelief: Nombreux sont ceux qui avancent que la constitution de 87 est une source d’instabilité, y voyez un inconvénient si on y apporte des mises à jour?

René Civil: Des amendements oui… par exemple aux États-Unis on a jamais changé la constitution; on y apporte des amendements pour l’adapter aux nouvelles exigences des temps et des générations. En Haïti toutes les crises sont liées au changement de la constitution, alors que celle qui est en vigueur n’a jamais été utilisée à bon escient. Sinon des dirigeants qui ont interprété voire exploité quelques articles pour leur cause personnelle.

Lerelief: Selon vous, il n’y a pas encore lieu d’aborder ce sujet?

René Civil: Nous sommes en guerre. D’abord une guerre existentielle pour ne pas disparaître comme peuple, car derrière tout cela se cache une volonté d’annexer à Haïti à la République Dominicaine et d’un créer une île Hispaniola blanche. Ça c’est un aspect beaucoup plus profond que nous pourrons aborder plus tard. Nous sommes aussi en guerre contre l’insécurité, la misère, les conditions infrahumaines dans les camps des déplacés internes. La situation est grave, alors changer de constitution est le cadet des soucis d’un peuple qui connaît l’humiliation partout dans le monde.

Lerelief: Alors que faut-il faire?

René Civil: Le pari peut-être gagné, il nous faut seulement une masse critique de gens conscients de sa responsabilité envers les générations futures.

Interview de Jean Mapou

Projet de Nouvelle Constitution : les journalistes haïtiens veulent peser dans le débat

PETON-VILLE.— Des Journalistes se sont réunis le week-end dernier à l’initiative de SOS Journalistes, pour discuter de la nécessité d’une nouvelle constitution et de l’application stricte des règles éthiques et déontologiques qui gouvernent l’exercice responsable de la liberté de la presse.

Ces assises ont permis aux journalistes et représentants des medias de partager leurs opinions sur l’opportunité ou non de l’adoption d’une nouvelle constitution. Le Secrétaire général de SOS Journalistes, Joseph Guyler C. Delva, soutient toute initiative visant à doter le pays d’une nouvelle constitution. «Maintenant qu’il y a un pouvoir de transition en place, il n’y a pas de parlement, c’est le moment idéal pour l’adoption d’une nouvelle constitution», a déclaré Delva.

Le secrétaire général de SOS Journalistes appelle les acteurs à la transcendance. A son avis, Il y a des gens, des politiciens et des opposants qui veulent boycotter le processus de changement de la constitution juste parce qu’ils ont un problème politique avec le CPT.

«Personnellement j’ai eu beaucoup de problèmes avec certaines décisions prises par le pouvoir. Mais s’ils commencent à rectifier le tir, notamment en ce qui concerne la liberté de la presse, je changerai de position…», a souligné Delva.

Les discussions ont été également tournées vers la nécessité de doter le secteur de la presse d’une Commission d’Éthique qui pourra veiller au strict respect des règles déontologiques et éthiques. Cette commission s’assurera que le travail du journaliste soit standardisé et conforme aux règles du la profession.

De nombreux journalistes expérimentés et très connus du secteur ont participé aux assises avec beaucoup d’enthousiasmes, a rapporté le responsable de SOS Journalistes. L’organisation prévoit une vaste campagne de promotion des valeurs éthiques attachées à l’exercice de la profession conformément à la Charte Mondiale d’Éthique du Journaliste.

Ce rassemblement doit marquer un nouveau tournant dans le processus d’autorégulation des journalistes et d’autres professionnels des médias haïtiens, s’est réjoui le secrétaire général de SOS Journalistes.

Jean Mapou

Haiti et ses territoires perdus : de Martissant à Mirebalais, 4 ans d’inaction étatique

Quatre ans après l’assaut des gangs à Martissant, un rapport du Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) dresse un bilan alarmant de la perte de contrôle de plusieurs zones du pays, soulignant l’impunité et l’inaction des autorités. Plus d’un million de déplacés, des milliers de morts et de kidnappings : Haïti s’enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent.

Le 1er juin 2025 marque les quatre ans du début du morcellement d’Haïti, enclenché par la prise d’assaut de Martissant, un quartier stratégique de la capitale. Ce jour-là, en 2021, des affrontements violents éclatent entre gangs rivaux à Martissant et à Fontamara. Malgré plusieurs tentatives, la police est rapidement débordée. Les gangs prennent le contrôle, et Martissant devient un territoire sous domination criminelle.

D’après le rapport du CARDH, la violence s’est rapidement intensifiée, gagnant non seulement la capitale, mais aussi d’autres régions du pays. Entre le 6 et le 7 juin 2021, les gangs de Gran Ravin et de Village-de-Dieu s’emparent de zones clés comme Pont Breyard, Martissant 7, 2A, 2B, 4 et 23. Des chefs sont installés dans ces quartiers, et malgré plusieurs interventions, la police échoue à reprendre le terrain. Finalement, le 20 mars 2023, l’État reconnaît officiellement Martissant comme un territoire perdu.

Le rapport, long de plus de 30 pages, révèle que 28 territoires sont désormais considérés comme perdus, dont 25 dans le département de l’Ouest. Il recense plus de 1 064 000 personnes déplacées internes, 4 716 assassinats, dont 136 policiers tués ou portés disparus, et 3 363 enlèvements. Par ailleurs, 102 institutions publiques, ( en référence à l’agence Le Relief Inter) et 622 privées ont été contraintes de fermer, délocalisées, vandalisées ou incendiées.

Le CARDH dénonce la passivité et la complicité de plusieurs responsables politiques, qu’il considère comme directement impliqués dans l’aggravation de la crise. Il rappelle également que les gangs « Viv Ansanm » et « Gran Grif » ont été désignés comme organisations terroristes internationales par les États-Unis en mai 2025. Une décision jugée importante, mais qui restera sans effet si elle n’est pas suivie de mesures concrètes, durables et coordonnées.

Parmi les pistes de solution évoquées figure la possible collaboration avec la société de sécurité privée Academi (anciennement Blackwater), citée dans une enquête du New York Times. Toutefois, toute intervention extérieure, insiste le CARDH, doit s’inscrire dans un cadre légal clair, respecter les droits humains et être accompagnée de mécanismes de contrôle, de transparence et de redevabilité.

En parallèle, le rapport recommande une réforme urgente du cadre légal sécuritaire, la création d’unités spécialisées anti-gangs bien formées et équipées, l’augmentation des effectifs de la police et de l’armée, la levée de l’embargo sur les armes, un soutien logistique terrestre, aérien et maritime aux forces de sécurité, la construction d’une prison de haute sécurité, ainsi que la mise en place de programmes de réinsertion pour les enfants enrôlés dans les gangs. Il appelle également à la création d’une cellule judiciaire spécialisée pour traiter exclusivement les dossiers criminels liés aux gangs.

Le morcellement territorial d’Haïti est aujourd’hui une réalité. De Martissant à Mirebalais, c’est tout un pays qui se voit grignoté, faute de réponse adéquate de l’État. Le temps presse pour éviter que l’ensemble du territoire ne passe sous l’influence de groupes criminels désormais qualifiés de terroristes.

NB: L’agence Le Relief Inter avait dénombré 64 territoires perdus dans une enquête rendue publique et disponible sur notre site www.lerefielhaiti.com

Wideberlin Sénexant

La Juventus des Cayes, reine du Championnat National Spécial de D1

Cap-Haïtien, 1er juin 2025.- Dans une finale haletante et riche en émotions, la Juventus FC des Cayes a décroché le titre de champion du Championnat National Spécial de D1, ce dimanche au Parc Saint-Victor, en s’imposant face à l’ASC au terme d’une séance de tirs au but palpitante (5-3,), 2-2 à l’issue du temps réglementaire.

Le match a offert un véritable spectacle aux nombreux supporters présents dans l’antre capoise. Ralph Charles a ouvert le score pour l’ASC à la 18e minute, avant que Mikerson Gilot n’égalise peu après la pause (46e). Les Capois reprennent l’avantage grâce à Mylove Dorvilien (52e), mais la Juventus arrache l’égalisation dans les ultimes instants grâce à Onelson Dorante, forçant ainsi la décision aux tirs au but.

Plus précis et solides mentalement, les Cayens l’ont emporté 5 tirs à 3 dans cette épreuve fatidique, décrochant ainsi leur premier sacre dans cette compétition spéciale, organisée par la Fédération Haïtienne de Football (FHF).

Avec ce triomphe, la Juventus FC obtient son billet pour représenter Haïti à la Caribbean Cup. De son côté, l’ASC, surnommée le Vieux Coq capois, participera à la Caribbean Shield.

Un doublé historique pour le football haïtien, qui verra deux de ses clubs s’illustrer sur la scène régionale.

Mardoché D’Août

L’Office national d’identification célèbre ses 20 ans d’existence ce dimanche

1er juin 2005-1 juin 2025, vingtième bougie pour l’Office national d’identification. Pour marquer l’événement, le directeur général de l’institution annonce un ensemble de perspectives parmi lesquelles « doter les personnes déplacées dans les camps de leur carte d’identification nationale ».

L’ONI veut calmer les esprits de ceux qui s’inquiètent de leur sécurité en raison d’absence de carte d’identification nationale. Lors d’une interview accordée à radio télé Metropole, le directeur de l’Institution, l’ingénieur Reynold Guerrier, a annoncé une campagne d’identification dans les camps de deplacés où la majorité des gens n’ont pas de carte.

« lL’ONI ira dans les camps pour identifier les déplacés», a déclaré le Directeur général qui indique que la lenteur constatée dans le processus est dûe en raison de la complexité qu’il y a dans la livraison des cartes.

Me Guerrier explique lorsqu’une carte est perdue, son détenteur doit aller dans un commissariat pour en faire sa déclaration à partir de ce moment, l’institution va devoir la réimprimer une nouvelle en faveur du demandeur. «Tenant compte de la situation sécuritaire, les personnes déplacées ont peur de circuler sans une pièce d’identité, l’ONI va rejoindre ces citoyens dans leurs camps d’hébergement respectifs».

Par ailleurs, le directeur général demande aux autorités de renforcer la capacité de l’Office en matériel car, dit-il, les demandes sont nombreuses. « Nous avons besoin de plus de matériels dans l’accomplissement de notre travail », a lancé M Guerrier à la fin de l’interview tout en invitant les citoyens à suivre les démarches exigées par l’Etat pour obtenir la carte.

Il faut rappeler que l’Office national d’identification a été créé en Juin 2005. Sa principale mission est d’identifier tous les citoyens en Haïti. 6 millions 180 mille citoyens sont déjà enregistrés, pour l’instant, dans les bases de données de l’ONI.

Gedeon Delva

La Colombie fait appel à l’unité Caribéenne pour aider Haïti à s’en sortir

MONTERIA, Colombie.— La ministre colombienne des Affaires étrangères, Laura Sarabia, a lancé, vendredi, un vibrant appel à l’unité régionale, insistant sur la nécessité de trouver des solutions autonomes pour sortir Haïti de la crise actuelle. Elle a tenu ces propos lors de son intervention au sommet de l’Association des États de la Caraïbe.

Dans un contexte où Haïti endure une instabilité croissante due à la violence des gangs armés, la situation est des plus préoccupantes, avec des rapports des Nations unies faisant état de plus de 5 600 décès et de plus un million 200 mille personnes déplacées, illustrant l’ampleur de la violence qui sévit dans le pays, où les gangs armés contrôlent une grande partie de Port-au-Prince, la capitale, ainsi que d’autres communes, poussant des milliers de citoyens à fuir leur foyer, Sarabia a souligné l’importance d’une action collective et solidaire, tout en affirmant que le peuple haïtien doit être le seul acteur de son destin.

La ministre colombienne a décrit la situation d’Haïti comme une crise multidimensionnelle, nécessitant une réponse urgente et coordonnée de la part des nations caribéennes.

Dans son discours, Laura Sarabia a mis en lumière les lacunes de l’intégration régionale et a appelé les pays membres de l’AEC à intensifier leur coopération. «La stabilité d’Haïti est l’affaire de toute la région. Elle doit passer par une solidarité active, respectueuse de la souveraineté et de la voix du peuple haïtien», soutenant que cette solidarité doit respecter le principe de l’autodétermination et l’autorité des nations, tout en soulignant les défis climatiques communs qui nécessitent une action concertée.

«L’avenir d’Haïti ne doit pas être conditionné par des interventions extérieures, mais doit résulter de la solidarité des nations caribéennes, alliant respect de la souveraineté et action collective», a-t-elle déclaré tout en rejetant toute idée d’intervention extérieure qui cacherait une forme d’assistanat internationale.

Le sommet de l’AEC a réunit 25 États membres et 7 membres associés. C’est une semaine consacrée aux échanges entre les nations de la Semaine de la Grande Caraïbe. Des thèmes tels que la sécurité régionale, le développement durable, les impacts du changement climatique et le bon voisinage des pays membres, sont abordés lors de ce sommet.

Jean Mapou

Le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles à l’écoute des syndicats du transport

Face à la crise persistante du carburant et aux revendications des syndicats du transport public, le conseiller Louis Gérald Gilles engage le dialogue avec les représentants du secteur. Il promet selon une publication sur son compte X, d’intervenir auprès des autorités pour relancer l’application du protocole d’accord signé depuis décembre 2021.

C’est en ce sens que le conseiller Louis Gérald Gilles a rencontré, ce jeudi 29 mai 2025 à Delmas, les représentants du secteur syndical des transports routiers. Cette rencontre visait à faire le point sur les difficultés actuelles auxquelles est confronté le transport public en Haïti, notamment la hausse des prix du carburant et l’absence de mesures compensatoires promises par l’État.

Au cœur des échanges, les syndicalistes ont exigé le respect du protocole d’accord signé le 9 décembre 2021 entre le gouvernement haïtien et plusieurs organisations syndicales du transport. Cet accord prévoyait, notamment, une subvention ciblée du diesel et de l’essence, afin d’éviter une augmentation des tarifs du transport en commun. Il stipulait que des bons, fiches ou cartes pétrolières seraient remis aux transporteurs enregistrés, via une structure de suivi appelée Observatoire de surveillance de l’application de l’accord (OSA).

Composé de représentants de l’État et du secteur syndical, l’OSA devait être le garant de la bonne mise en œuvre de l’accord. Toutefois, selon les syndicalistes, cet observatoire n’a été officiellement activé que le 17 décembre 2021, soit plus d’une semaine après la hausse surprise des prix des carburants décidée par le gouvernement. Les transporteurs avaient alors dénoncé une rupture de confiance, accusant les autorités d’avoir agi sans respecter les engagements pris.

Depuis, les retards dans l’application de l’accord se sont accumulés. Malgré les nombreuses revendications, les mécanismes de subvention n’ont jamais été effectivement mis en place. En conséquence, les chauffeurs ont dû ajuster leurs tarifs à la hausse, provoquant des tensions avec les passagers et accentuant la précarité du secteur.

Face à cette situation, Louis Gérald Gilles a annoncé qu’il sollicitera en urgence une rencontre avec plusieurs responsables gouvernementaux, notamment les ministres de l’Économie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, et celui des Affaires sociales et du Travail, ainsi que les directeurs généraux de la DGI et de l’OAVCT. Objectif : trouver des solutions concrètes à la crise du carburant et répondre aux revendications légitimes du transport public.

Dans un contexte de mécontentement croissant et de mobilisation syndicale, cette initiative pourrait marquer un tournant, à condition que les engagements pris en 2021 soient enfin respectés.

Wideberlin Sénexant

Le PSG sur le toit de l’Europe : une victoire historique 5-0 face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des Champions

Ce samedi 31 mai 2025, à l’Allianz Arena de Munich, le Paris Saint-Germain a écrit l’une des pages les plus glorieuses de son histoire. Dans une finale de Ligue des Champions à sens unique, le club parisien a écrasé l’Inter Milan sur le score sans appel de 5-0, décrochant ainsi son tout premier titre dans la compétition reine du football européen. Ce triomphe, attendu depuis des décennies par les supporters parisiens, marque l’aboutissement d’un projet ambitieux et d’une saison exceptionnelle sous la houlette de Luis Enrique.

À la mi-temps, le score de 2-0 reflétait déjà la supériorité parisienne, mais le meilleur était à venir. Dès la reprise, le PSG a continué à presser, asphyxiant une équipe de l’Inter Milan visiblement dépassée. À la 63e minute, Désiré Doué s’est offert un doublé mémorable, transperçant la défense milanaise après une nouvelle combinaison magique avec Vitinha et Dembélé. Ce troisième but a sonné le glas des espoirs intéristes, déjà bien entamés par la prestation XXL des Parisiens.

À la 80e minute, Khvicha Kvaratskhelia, l’ailier géorgien qui a illuminé la saison du PSG, a enfoncé le clou. Lancé en profondeur par Dembélé, il a conclu d’une frappe sèche qui a laissé Yann Sommer, le gardien de l’Inter, sans réaction. Enfin, c’est le jeune Senny Mayulu, entré en jeu à la place de Fabian Ruiz, qui a parachevé ce chef-d’œuvre collectif. À 19 ans, il a inscrit le cinquième but parisien à la 85e minute, bien servi par Bradley Barcola, scellant une victoire historique et une “manita” (5-0) qui restera gravée dans les annales.

Ce triomphe est bien plus qu’un simple titre. Pour le PSG, c’est la fin d’une quête entamée il y a des années, marquée par des désillusions et des investissements colossaux. C’est aussi une revanche sur la finale perdue en 2020 face au Bayern Munich (0-1). Pour la France, c’est seulement le deuxième sacre en Ligue des Champions, 32 ans après celui de l’Olympique de Marseille en 1993. Les supporters parisiens, des tribunes de Munich aux Champs-Élysées, où une parade était prévue pour ce dimanche, ont laissé éclater leur joie.

Mardochée D’Aout

Henry Wooster nouveau Chargé d’Affaires des États-Unis en Haïti en remplacement à Dennis B. Hankins

WASHINGTON.— Le département d’États américain a annoncé, le 30 mai, la nomination d’un nouveau chargé d’affaires à leur ambassade en Haïti. L’ambassadeur Henry Wooster a été désigné pour succéder à Dennis B. Hankins à Port-au-Prince.

C’est Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui a officiellement annoncé cette nomination via un message sur le réseau social X. «J’ai le plaisir d’annoncer que l’Ambassadeur Henry Wooster assumera le rôle de Chargé d’Affaires à l’ambassade des États-Unis en Haïti», a-a-t-il écrit, mettant en avant les compétences et l’expertise d’Henry Wooster.

«L’Ambassadeur Wooster a fait ses preuves en matière de cohésion et de recherche de solutions créatives, compte tenu de son expérience à Washington et de son leadership à l’étranger, je suis convaincu qu’il est la personne idéale pour diriger cette mission à un moment crucial», a-t-il déclaré.

Selon nos recherches, Henry Wooster a un CV bien garni qui fait de lui un diplomate chevronné, ayant acquis une vaste expérience dans les relations internationales, tant sur les fronts bilatéraux que multilatéraux. Son parcours professionnel l’a conduit à occuper plusieurs postes stratégiques au sein du Département d’État américain, où il a su démontrer ses compétences en matière de négociation et de gestion de crises.

Son arrivée en Haïti coïncide avec les efforts déployés par les États-Unis, en collaboration avec les autorités haïtiennes et les pays de la région, pour résoudre la crise sécuritaire qui affecte le pays. Ce contexte complexe, empreint d’instabilités politiques et sociales, rend cette nomination d’autant plus significative pour l’avenir des relations diplomatiques entre Haïti et les États-Unis.

Cette nomination intervient également dans un contexte délicat, marqué par une crise multidimensionnelle qui continue de préoccuper la communauté internationale et les pays voisins. Les observateurs internationaux attendent désormais de voir comment son expérience et son leadership influenceront la dynamique des relations entre les deux nations dans cette période critique.

Jean Mapou

Haïti : Quand les postes de police se transforment en prisons

Le RNDDH dresse, dans un rapport publié le 30 mai 2025, un constat accablant dans plusieurs commissariats et sous-commissariats du département de l’Ouest d’Haïti. Il y révèle des conditions illégales et infrahumaines dans lesquelles vivent des centaines de personnes. Une situation qui découle directement des assauts contre les prisons telles que celle de la Croix-des-Bouquets ou le Pénitencier national.

Port-au-Prince, 31 mai 2025- Ce qui devait être un espace temporaire de garde à vue est devenu un lieu de souffrance prolongée. C’est le cri d’alarme lancé par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), après avoir mené une enquête dans dix postes de police du département de l’Ouest. À travers ce rapport, l’organisation dénonce une dérive inquiétante du système de détention en Haïti : l’effondrement du réseau carcéral formel a entraîné une transformation de fait des commissariats en prisons de substitution.

Un état des lieux alarmants
Depuis les attaques menées en mars 2024 contre les principales institutions pénitentiaires de la capitale, notamment à Port-au-Prince et à la Croix-des-Bouquets, les autorités ont cessé d’utiliser plusieurs prisons, notamment celles de Cabaret et de l’Arcahaie. Résultat : les cellules de garde à vue dans les postes de police, censées ne retenir que brièvement les personnes arrêtées, sont devenues des lieux de détention prolongée et anarchique. Ce glissement n’est pas sans conséquences.

À Delmas 33, 68 personnes sont entassées dans quatre cellules exiguës. Certaines dorment debout ou suspendues dans des hamacs improvisés, par manque de place. À Pétion-Ville, 48 personnes sont retenues, dont plusieurs n’ont jamais vu un juge depuis leur arrestation. À Port-au-Prince, 61 détenus s’entassent dans cinq cellules, dans l’obscurité, sans ventilation, avec des rongeurs et des insectes. À Tabarre, 41 prisonniers, privés de toilettes, doivent faire leurs besoins dans des récipients laissés au sol. À Canapé-Vert, 28 autres partagent deux cellules insalubres, parfois sans savoir pourquoi ils ont été arrêtés. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres.

Le rapport met en lumière la violation flagrante des droits les plus fondamentaux. Des hommes, des femmes, parfois même des mineurs, croupissent pendant des mois dans des espaces prévus pour quelques jours au maximum. Certains sont là depuis plus d’un an sans avoir été auditionnés une seule fois. Des détenus déjà condamnés ne sont pas transférés dans les centres de détention prévus à cet effet. D’autres sont renvoyés dans les cellules après un passage au parquet, sans explication. C’est une justice à l’arrêt, dans un pays où l’exception devient la norme.

Les conditions humanitaires
Les conséquences sanitaires sont tout aussi désastreuses. Le RNDDH recense des cas de tuberculose, de gratelle, de démangeaisons chroniques, d’infections vaginales, de furoncles. Dans des cellules mal ventilées, humides, et parfois plongées dans le noir complet, les maladies se propagent rapidement. Le nettoyage, lorsqu’il est effectué, ne suffit pas à endiguer la détérioration des conditions de vie. Des détenus malades restent sans soins, comme cet homme à Canapé-Vert qui crache du sang depuis des mois sans avoir été vu par un médecin.

Dans ce chaos, la solidarité entre détenus est parfois le seul recours pour survivre. Beaucoup ne reçoivent aucune visite. Ils n’ont ni eau ni nourriture, aucun matelas, aucun soin. Les plus chanceux partagent le peu qu’ils reçoivent avec ceux qui n’ont rien. Dans certains cas, ce sont même des policiers qui, de leur propre poche, achètent un peu de nourriture pour les détenus. Un geste humain dans un système inhumain.

Si certains postes de police comme Borne-Soldat, Delmas 62 ou Petit-Goâve présentent des conditions moins dégradantes, ce sont des exceptions dans un paysage généralement sombre. À Petit-Goâve, par exemple, les autorités limitent la durée de détention à huit jours. Cela reste illégal au regard des 48 heures prévues par la Constitution, mais c’est bien mieux que les mois de rétention observés ailleurs.

Lurgence d’agir*
Le RNDDH exige que les autorités judiciaires auditionnent sans délai les personnes arrêtées depuis des mois. Elle appelle également au transfert immédiat des condamnés vers des prisons fonctionnelles, à la remise en état de la prison civile de Pétion-Ville, et à la fourniture d’eau, de nourriture et de produits sanitaires dans tous les postes de police. Elle rappelle enfin que la dignité humaine ne peut être suspendue, même en période de crise.

L’État haïtien, conclut le rapport, ne peut continuer à se défausser sur les commissariats transformés en prisons de fortune. Derrière les barreaux rouillés des postes de police, ce sont des vies humaines qui s’éteignent dans l’indifférence.

Wideberlin Sénexant