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Une association d’enseignants d’écoles privées requiert une intervention de l’OEA en Haïti

PORT-AU-PRINCE.— Dans une correspondance, en date du 29 mai, adressée au secrétaire Général de l’OEA, Albert RAMDIN, la Plateforme Syndicale des Enseignants pour la Défense des Ecoles Privées d’Haïti sollicite une intervention de l’organisation hémisphérique en faveur Haïti.

La PSEDEPH commence par exposer la situation en informant le secrétaire général que depuis quelque temps Haïti est tombée dans une crise sans précédent. «Pas de gouvernement légitime, le CPT organe qui gouverne actuellement n’est pas crédible pour organiser le référendum et n’a pas été élu aux élections», soulignant qu’à côté de cela certains de ses membres ont été soupçonné de corruption, déduisant ainsi que le CPT n’est plus apte à diriger le pays.

La plateforme fait un état des lieux critique sur la situation sécuritaire du pays. «Plus de 80% des territoires du département de l’Ouest sont perdus. Sans compter les départements de l’Artibonite et du centre particulièrement la ville de Mirebalais qui sont aussi aux mains des gangs armés», déplore le syndicat ajoutant que partout l’insécurité bat son plein.

L’association tire également sa sonnette d’alarme sur la crise sociale, jugée à son comble et atteignant son paroxysme. «Les Haïtiens vivant en République Dominicaine sont tous les jours victimes d’abus de la part du peuple voisin », a ainsi noté ce groupe d’enseignants d’écoles privées, échafaudant sa requête auprès du secrétariat général de l’OEA.

«Dans ce contexte, nous (PSEDEPH, Haïti Positive (HP), KOFAKA, KADBALIE, STFH, (SOS D’HAITI (SH) et REMEDH) avant-gardistes de la nation sollicitons votre intervention pour aider Haïti à sortir de ce bourbier. Espérant que notre demande obtiendra votre faveur, nous vous prions de recevoir nos remerciements anticipés», ont écrit les signataires de cette lettre.

Cette adresse au Secrétaire Général de l’OEA illustre le désespoir criant du peuple haïtien, cherchant frénétiquement à explorer toutes les pistes comportant un semblant de solution face à cette situation qui a déjà trop duré.

Jean Mapou

Le nouveau décret migratoire de Donald Trump : un coup dur pour Haïti et sa diaspora

Le 4 juin 2025, le président Donald Trump a signé un décret interdisant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de douze pays, dont Haïti. Ce décret, qui entrera en vigueur le 9 juin à 12 h 01 du matin, représente un tournant brutal dans les relations haïtiano-américaines et risque d’avoir des conséquences économiques, sociales et humaines majeures pour le peuple haïtien. Il interdit non seulement l’émigration légale vers les États-Unis, mais bloque également l’accès aux visas temporaires pour des milliers d’Haïtiens.

Depuis des décennies, les États-Unis représentent pour les Haïtiens une terre d’espoir, de refuge et de progrès. Des générations entières ont quitté le pays pour fuir l’instabilité politique, les catastrophes naturelles, ou simplement pour chercher de meilleures conditions de vie. Grâce à leur travail acharné, ces membres de la diaspora haïtienne ont su s’établir dans divers États américains, notamment en Floride, à New York, au Massachusetts ou encore en Géorgie. Leurs envois d’argent vers Haïti — qui représentent chaque année entre 2 et 3 milliards de dollars — constituent l’un des principaux piliers de l’économie nationale. Avec ce décret, ce lien vital est directement menacé.

Sur le plan humain, la décision de Trump aura un impact tragique sur des milliers de familles haïtiennes. De nombreux parents attendaient des années pour faire venir leurs enfants ou conjoints grâce au processus de réunification familiale. Ces projets se retrouvent brutalement interrompus, plongeant des familles entières dans l’incertitude, le chagrin et l’angoisse. Les jeunes étudiants haïtiens qui espéraient étudier dans des universités américaines, les artistes qui devaient participer à des événements culturels, ou encore les entrepreneurs en quête de partenariats économiques, voient leurs rêves s’effondrer du jour au lendemain.

Le président Trump justifie cette mesure par des motifs de sécurité nationale, évoquant un manque de coopération des pays concernés en matière de retour de leurs ressortissants expulsés, une faible qualité de contrôle des identités, ou encore des taux élevés de dépassement de visa. Or, cette justification, bien que légale selon les pouvoirs de l’exécutif américain, est perçue en Haïti comme profondément injuste. Le décret semble réactiver des logiques de stigmatisation déjà observées dans les précédentes politiques migratoires de Trump, qui ciblaient surtout des pays à majorité noire, musulmane ou pauvre. Pour de nombreux Haïtiens, cette décision relève moins d’un impératif sécuritaire que d’un agenda politique discriminatoire, en pleine campagne électorale américaine.

Les conséquences de cette interdiction pourraient également être explosives sur le plan social en Haïti. Dans un pays déjà ravagé par la violence des gangs, la pauvreté extrême, le chômage massif et la paralysie de l’État, cette fermeture d’un couloir d’émigration légale pourrait exacerber les frustrations. Des milliers de jeunes, qui voyaient dans l’émigration l’unique moyen de s’en sortir, se retrouvent sans perspective. Cette situation pourrait accentuer les départs clandestins par bateau, via la mer des Caraïbes, ou encore par les routes périlleuses de l’Amérique centrale. Ces migrations irrégulières exposent les Haïtiens à la traite humaine, aux naufrages, à la détention arbitraire ou à la mort.

La réaction du gouvernement haïtien à cette annonce reste pour l’instant timide, voire inexistante. Aucune déclaration officielle de protestation n’a été faite, ce qui renforce le sentiment d’abandon chez de nombreux citoyens. Pourtant, une telle décision appelle à une réponse ferme, stratégique et coordonnée. Haïti doit non seulement exiger des clarifications auprès de l’administration américaine, mais aussi mobiliser sa diaspora, ses partenaires internationaux, et ses ressources diplomatiques pour contester cette mesure. Le pays pourrait également entamer un plaidoyer auprès du Congrès américain et des organisations de défense des droits humains afin d’obtenir une révision du décret ou des exemptions spécifiques.

En parallèle, cette crise pourrait servir de réveil brutal pour Haïti. Elle rappelle l’urgence pour le pays de construire un modèle de développement qui n’est plus fondé sur la dépendance à l’émigration, mais sur la création d’opportunités locales. Il devient impératif d’investir dans l’éducation, l’agriculture, les technologies, l’industrie locale, et les infrastructures. L’État haïtien, en coopération avec les acteurs privés et la société civile, doit mettre en place une politique publique capable de redonner espoir à sa jeunesse, non pas à travers l’exil, mais en Haïti même.

Il faut aussi souligner que cette décision risque d’avoir un effet boomerang sur les relations diplomatiques et commerciales entre Haïti et les États-Unis. Elle pourrait générer un rejet croissant des politiques américaines perçues comme néocoloniales ou hostiles à l’égard des pays du Sud. Ce ressentiment pourrait affaiblir l’influence américaine dans la région et ouvrir la voie à d’autres puissances, notamment la Chine ou la Russie, qui cherchent à accroître leur présence dans les Caraïbes.

En définitive, le décret signé par Donald Trump est une épreuve de plus pour un peuple haïtien déjà à bout de souffle. Mais c’est aussi une occasion de repenser nos priorités nationales et de faire émerger une nouvelle conscience collective. Une conscience qui refuse de subir les décisions des autres et qui choisit de se tenir debout, avec dignité, pour bâtir une Haïti forte, autonome et respectée.

Port-au-Prince, 5 juin 2025

Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA

Douze pays, dont Haïti désormais sur une liste noire de Donald Trump

WASHINGTON.— Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé, mercredi 4 juin, une mesure de restriction interdisant l’entrée sur le territoire américain à des ressortissants de douze pays, parmi lesquels figure Haïti. Cette décision, effective à partir du 9 juin, a été justifiée par le besoin de protéger le pays de potentiels « terroristes étrangers », à la suite d’une attaque récente survenue dans l’État du Colorado.

Dans une déclaration vidéo diffusée sur X, Trump a affirmé que l’attaque survenue à Boulder, une localité du Colorado, mettait en lumière les « dangers extrêmes » posés par les ressortissants étrangers ne bénéficiant pas d’un contrôle adéquat. « Nous ne voulons pas d’eux », a-t-il déclaré.

Les auteurs de l’attentat ont fait usage d’engins explosifs contre des participants d’une marche en soutien aux otages israéliens, faisant douze blessés. L’agresseur, un homme de 45 ans, a été interpellé et doit être traduit devant la justice pour des charges comprenant des crimes motivés par la haine et des tentatives d’assassinat.

Selon les médias américains, cet individu se trouvait sur le sol américain de manière illégale, son visa de touriste étant expiré, bien qu’il ait sollicité l’asile et obtenu un permis de travail. Une tragédie qui vient durcir l’administration Trump vis-à-vis des ressortissants étrangers, faisant écho des politiques migratoires qu’il avait mises en avant lors de son précédent mandat (2017-2021).

Les pays visés par cette interdiction incluent non seulement Haïti, mais également l’Afghanistan, le Myanmar, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

Parallèlement, sept autres nations, à savoir le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela, sont également concernés par ces mesures restrictives.

Trump a souligné que ces mesures sont de caractère préventives. Elles avaient permis d’éviter des attaques ayant eu lieu en Europe, soutenant qu’une immigration ouverte en provenance de pays qu’il juge « non contrôlables » serait dangereuse pour les États-Unis.

Par cette mesures, le président Trump cherche à rassurer une partie de l’électorat américaine inquiète des menaces terroristes, tout en soulevant des controverses quant aux implications humanitaires de telles décisions, agitant à nouveau le débat sur l’immigration et la sécurité nationale.

Le journaliste Dénel SAINTON demande à l’OPC d’intervenir pour les employés administratifs impayés de la PNH

Par Gesly Sinvilier

Le 4 juin 2025, Dénel SAINTON, journaliste et citoyen engagé, a adressé une demande formelle à Me Jean Wilner Morin, protecteur du citoyen pour une intervention urgente) en faveur des employés administratifs de la Police nationale d’Haïti (PNH), qui n’ont pas perçu leur salaire depuis 39 mois.

Dans un contexte de crise généralisée en Haïti, cette situation, qualifiée de « scandaleuse et inhumaine » par le journaliste, plonge ces travailleurs dans une précarité absolue et insoutenable.« Ce manquement de l’État à ses obligations constitue une violation flagrante de leurs droits fondamentaux et met en péril leur dignité, ainsi que celle de leurs familles. Certains s’endettent, d’autres sombrent dans la dépression », peut-on lire dans la correspondance.

En ce sens, Dénel SAINTON sollicite du Protecteur du citoyen :

  1. L’ouverture d’une enquête approfondie sur les causes de ce retard massif de paiement ;
  2. Une médiation urgente auprès des autorités compétentes (la Direction générale de la PNH, le Ministère de l’Économie et des Finances, et la Primature) en vue de la régularisation immédiate des arriérés ;
  3. Un suivi rigoureux pour éviter à l’avenir de tels manquements.

Par cet acte de responsabilité citoyenne, Dénel SAINTON souhaite alerter l’opinion publique et rappeler que l’État doit impérativement respecter ses engagements envers ses agents.

Gesly Sinvilier

Leslie Voltaire retourne de son voyage en Amérique latine avec sa valise chargée de promesses sans engagement

PORT-AU-PRINCE.— Le Conseiller-Président Leslie Voltaire est de retour en Haïti après un séjour d’une semaine en Colombie pour participer au sommet de l’Association des États de la Caraïbe, marquant le 30e anniversaire de cette institution. Il a bouclé son voyage par une visite officielle au Salvador.

Un communiqué de la présidence, publié le mercredi 4 juin, a etabli un compte-rendu de ce voyage. Après sa participation au sommet de l’AEC, où il a discuter de la situation sécuritaire d’Haïti et des coopérations souhaitées en vue d’une solution profitable à toute la région, Voltaire s’est rendu au Salvador. Il a rencontré le Vice-Président Félix Ulloa.

«Les discussions ont porté principalement sur la situation sécuritaire en Haïti et les pistes de collaboration régionale pour soutenir les efforts de stabilisation du pays», a rapporté le communiqué, notant également des entretiens avec le Président de la République du Panama José Raúl Mulino.

Le renforcement de la mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti, avec l’implication d’agents panaméens, La mise en place d’une opération conjointe de contrôle maritime, en collaboration avec les forces navales colombiennes, pour lutter contre les trafics illicites entre Haïti et la Colombie, l’établissement d’un programme de formation pour la police maritime haïtienne, destiné à renforcer les capacités nationales en matière de surveillance et d’intervention en mer, sont entre autres points abordés, selon le compte-rendu de la présidence.

Tout en réaffirmé l’importance d’un engagement soutenu des partenaires de la région pour répondre aux défis sécuritaires du pays et appuyer les efforts de stabilisation, le CP Voltaire est revenu au pays avec son sac rempli de promesses, comme d’habitude.

Jean Mapou

Le ministère des Affaires étrangères rappelle les règles d’alternance dans la carrière diplomatique

Dans une note circulaire adressée aux missions diplomatiques et consulaires, le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes d’Haïti précise que la carrière diplomatique se construit dans la durée, entre affectations aux services centraux et aux postes extérieurs.

Dans la note circulaire envoyée à notre rédaction ce 4 juin 2025, le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAEC) a tenu à rappeler aux membres du personnel des missions diplomatiques et consulaires d’Haïti que la carrière diplomatique débute au sein du ministère et s’accomplit par des périodes alternées d’affectation dans les services centraux et les services externes.

Le document précise que les agents arrivés au terme de leur mission à l’étranger peuvent solliciter leur réintégration dans les services centraux, selon les modalités prévues par le décret du 17 mai 2005 portant sur le Statut Général de la Fonction Publique. Cette procédure est destinée aux agents qui souhaitent s’engager pleinement dans la carrière diplomatique.

En ce qui concerne les diplomates ayant déjà reçu une lettre de transfert, ils sont invités à se présenter à la Direction des Ressources Humaines afin de recevoir leur nouvelle affectation au sein des services centraux. Le ministère compte sur leur expertise pour continuer à faire rayonner la diplomatie haïtienne.

Cette nouvelle sortie du ministère intervient dans un contexte de réorganisation interne. En effet, à la fin du mois de mai, le MAE avait annoncé la promotion ou l’affectation à l’étranger de plus de 55 fonctionnaires issus des services centraux, cumulant entre 10 et 30 années d’expérience, sur la base de critères de mérite et d’ancienneté.

Parallèlement, grâce à la collaboration avec l’Office de Management des Ressources Humaines (OMRH), 229 employés contractuels ont été titularisés. Parmi eux figurent 28 nouveaux diplomates, membres de la promotion Hannibal Price 2023-2025 de l’Académie Diplomatique Jean Price Mars.

Wideberlin Sénexant

APHA dénonce la sourde oreille dont faire preuve Fritz Alphonse Jean face à la souffrance de la population

Des organisations socio-politiques ne cessent de critiquer le comportement du CPT en particulier son coordonnateur général Fritz face à la souffrance de la population haitienne. Dans une note rendue publique le mercredi 4 Juin 2025, l’organisation politique Agissons pour Haïti( APHA) critique vivement l’attitude de Fritz Alphonse Jean à la tête du conseil présidentiel de transition. Pour APHA, le représentant de l’accord Montana représente un obstacle au bon fonctionnement du conseil présidentiel.

« L’organisation APHA – Agissons pour Haïti déplore avec véhémence l’attitude de M. Jean, qui, loin d’agir comme un homme de consensus, s’impose aujourd’hui en obstacle majeur au fonctionnement normal du Conseil des Ministres», a écrit APHA tout en indiquant que l’arrogance, l’obstination et son insensibilité face à la souffrance du peuple haïtien sont non seulement inacceptables, mais dangereusement irresponsables.

Tout en dressant un tableau critique sur la situation sécuritaire et humanitaire d’Haïti, cette structure dirigée par Val Nortyl rapelle que la mission du Conseil Présidentiel est de faciliter une transition inclusive et apaisée, en priorisant les besoins urgents du peuple. Pourtant, des dossiers cruciaux restent en suspens, bloqués par une volonté manifeste de ne pas engager de dialogue constructif. Pendant ce temps, des milliers de familles déplacées attendent une réponse concrète de l’État.

APHA s’indigne également des dépenses extravagantes engagées à l’occasion du 18 mai, et des déplacements vers l’internationales sans retombées tangibles pour la population. Ces actes traduisent , pour «agissons pour Haïti», un profond mépris pour les souffrances quotidiennes des Haïtiennes et Haïtiens. Il est inacceptable qu’un homme, ou un clan, cherche à maintenir tout un peuple en otage pour satisfaire ses ambitions ou ses intérêts économiques.

APHA appelle les filles et fils du pays à se mobiliser pour prendre les rênes du pays aux fins de lui donner une nouvelle direction. « Haïti n’a plus le luxe de supporter des dirigeants sans vision ni compassion. Il faut des femmes et des hommes capables de servir avec humilité, lucidité et intégrité, a conclu APHA.

Il faut souligner que Fritz Jean, représentant de l’accord de montana au conseil présidentiel de transition, succède à Leslie Voltaire au regard de la résolution prise au conseil relatif à la présidence tournante.

Depuis son accession à la tête du CPT les activités au conseil bouge difficilement. Des critiques dénoncent à la longueur de journée le leadership boiteux de l’économiste, qui, selon eux, n’apporte rien au bon fonctionnement de la présidence du pays. Très peu de Conseils des ministres ne sont organisés en raison d’un vent de division qui souffle au sein de la structure présidentielle.

Gédéon Delva

Haïti, le 4 juin 2025 L’incompatibilité de l’unité du peuple d’avec les gangs-terroristes

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Nous avons entendu avec indignation et amertume les propos du Franco-Béninois, Monsieur Kemi Seba, lors d’un de ses discours fleuve, qu’il a prononcé dans le Nord d’Haïti, dans le cadre de sa tournée. Nous l’avons suivi avec intérêt et nous avons constaté qu’il s’agit d’une chanson dont nous connaissons déjà, par cœur, le refrain. C’est la chanson bien connue des principaux chefs terroristes qui nous tuent, kidnappent, volent et violent, depuis bientôt sept ans.

Lui, il pense que l’unité est nécessaire entre le prolétariat et la coalition des terroristes « viv ansanm » pour que la paix revienne dans notre pays. Nous autres, nous ne sommes pas de cet avis. Bien au contraire ! Nous réclamons la paix et la liberté pour le peuple haïtien emprisonné par les malfrats, et prison ou la mort pour ces criminels sans foi ni loi.

Autrement dit, nous pensons que la tranquillité de celui-là passe nécessairement par la prison ou la mort de ceux-ci. Pas de juste milieu, pas d’autre alternative. Si pour M. Seba, le peuple haïtien a un ennemi commun avec les terroristes et que c’est le blanc qui nous fait croire que c’est le nègre qui est l’ennemi du nègre, pour le peuple haïtien, c’est différent.

Synthétisons les termes de cette divergence.
i. Le peuple haïtien n’a pas d’ennemi commun avec lesterroristes, car ces derniers sont des malfrats et des exécutants au service des ennemis du peuple, internes et comme externes.
ii. Les terroristes haïtiens sont des hors-la-loi, ils ne peuvent pas transformer leur régime de criminalité en mouvement citoyen. Le passage entre terrorisme et exercice de citoyenneté ne peut pas se faire dans des discours grandiloquents.
iii. Contrairement à ce que préconise le président de l’ONG Urgences Panafricanistes, qui a plutôt responsabilisé ceux qui donnent les armes aux terroristes, le peuple haïtien tient pour responsables de son malheur et les terroristes (qui exécutent) et leurs commanditaires. Ils sont logés à la même enseigne. Ils représentent les deux bornes d’une même batterie.  
iv. Le peuple haïtien ne peut pas se réconcilier avec les groupes criminels terroristes de la coalition « viv ansanm ».Il n’est pas en situation conflictuelle ou d’inimitié avec les criminels mais fait les frais de leurs actes de banditisme, instrument de motifs inavoués.

Pour le peuple haïtien, l’opinion de M. Seba ne colle pas avec la réalité qu’il subit aujourd’hui. On a bien compris la velléité de ce dernier de prononcer de grand discours en « notre faveur », mais dommage, n’étant pas situé au même angle de vue, il voit l’inverse de ce que nous voyons.

Contrairement à lui, nous pensons que seule l’extermination des criminels peut être une voie de liberté et de paix pour le peuple haïtien. Le droit à l’autodétermination du peuple haïtien, qui lui semble cher, nepeut être effectif sous la terreur des gangs terroristes. Le peuple haïtien, qui se fait massacrer au quotidien et connaît de multiples exactions terroristes, s’inscrit donc en faux contre ce discours qui tend implicitement à disculper ses bourreaux de leurs impitoyables forfaits.

Jean Willy Belfleur,
Citoyen engagé haïtien

Soupçonné d’avoir ordonné des libération contre des pots-de-vin, le CG Frantz Monclair est dans le viseur de FJKL

PORT-AU-PRINCE.— La Fondation Je Klere réclame des mesures conservatoires accompagnées d’une enquête de moralité contre le Commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Frantz Monclair. La FJKL dit avoir des suspicions fondées concernant l’implication présumée du CG dans des actes de marchandage de justice.

En effet, dans une lettre adressée au Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, Me Jean Joseph LEBRUN, la Fondation Je Klere met en lumière ce qu’elle considère comme un comportement opaque du commissaire MONCLAIR remettant en question la théorie des apparences en matière judiciaire, selon laquelle la justice doit être rendue dans la transparence.

«L’apparence que la justice se vend aujourd’hui au plus offrant au parquet de Port-au-Prince est de nature à miner la confiance du public dans sa justice. Quelque chose doit être fait urgemment», a écrit Marie Yolène Gilles, directrice exécutive de FJKL, dans cette correspondance dont copie conforme est adressée au ministère de la justice et à l’ULCC.

La récente agression d’une huissière, Madame Marie Erlande D. PAUL, dans l’exercice de ses fonctions, a suscité des inquiétudes profondes quant à l’intégrité du système judiciaire haïtien. Cet incident tragique s’est produit le 29 mai 2025, lorsque des agents de sécurité de la société Terminal Varreux S.A., sous la direction de Mario LESPERANCE, ont attaqué Madame PAUL alors qu’elle accomplissait une mission inhérente à son statut d’officier ministériel assermenté, a raconté Gilles

La réaction initiale du substitut du commissaire du Gouvernement, Me Elysée FENELON, a été rapide et prometteuse. Il a ordonné l’arrestation de l’agresseur, agissant ainsi dans le cadre de ses responsabilités légales. Cependant, cette lueur d’espoir a rapidement été ternie par l’intervention du commissaire du Gouvernement, Frantz MONCLAIR. Ce dernier a pris la décision contestable de libérer l’agresseur sans avoir consulté le substitut en charge ni écouté la victime. Ce comportement a soulevé des questions sur l’impartialité et l’intégrité du système judiciaire, alimentant des rumeurs persistantes de corruption au sein du Parquet de Port-au-Prince.

Au regard de cette situation, la Fondation Je Klere (FJKL), par la voix de sa Directrice Exécutive, Marie Yolène GILLES, appelle à une enquête approfondie sur les actions du commissaire MONCLAIR et des magistrats du Parquet de la Capitale.

La demande d’une enquête de moralité s’accompagne de plusieurs recommandations dont l’examen de l’état de patrimoine du magistrat concerné, la mise en œuvre de mesures conservatoires à son encontre, et une supervision renforcée par l’Inspection Judiciaire. De plus, l’établissement d’un partenariat avec l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) est indispensable pour combattre efficacement les actes de corruption avérés au sein du domaine judiciaire, a avancé Marie Yolène Gilles.

«L’intervention suspecte du Commissaire du Gouvernement dans le dossier est venue alimenter les rumeurs de libération contre pots-de-vin qui circulent dans les couloirs du Palais de justice dans le cadre de cette affaire», a-t-elle soutenu, notant que ce n’est pas la première fois que le nom du commissaire Frantz MONCLAIR est cité dans des cas de libération contre pots-de-vin ou d’autres types de scandales avec les femmes.

En ce sens la responsable de la Fondation Je Klere dit attendre, de la part du CSPJ, des actions fermes et célère dans ce dossier. La réponse des autorités judiciaires déterminera leur crédibilité future et leur capacité à protéger les droits de tous les citoyens haïtiens.

Jean Mapou

Accusations infondées ? L’avocat de Stephane Vincent démonte les charges de l’ULCC

Dans une requête adressée au Commissaire du gouvernement datée du 27 mai 2025, Me Guerby Blaise, avocat de l’ancien Directeur de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), conteste vigoureusement les conclusions du rapport de l’ULCC accusant de corruption l’ex DG. Il demande le classement sans suite de l’affaire, mettant en lumière des irrégularités juridiques, l’autonomie des centres de délivrance de passeports, et l’absence de preuves impliquant son client dans des actes de corruption.

Une responsabilité rejetée sur le chef du numérique

L’avocat de Stéphane Vincent pointe du doigt Jean Osselin Lambert, Directeur des technologies et de la communication à la DIE, comme étant l’unique responsable de la création des comptes numériques, y compris celui au nom de Fernando Victor. Il précise que Lambert contrôlait l’ensemble du système informatique, même après le départ de Vincent. Or, c’est sur ses seules déclarations — pourtant issues d’un individu déjà visé par deux rapports accablants de l’ULCC — que cette dernière s’appuie pour incriminer M. Vincent.

Rappel sur l’autonomie des CRLDI

Me Blaise critique l’ULCC pour avoir omis de prendre en compte l’arrêté Jouthe du 9 mai 2021, qui confirme l’autonomie administrative et financière des Centres de réception et de livraison de documents d’identité (CRLDI). Il explique que M. Vincent n’intervenait pas dans la gestion des fonds, mais assurait seulement un suivi des rapports financiers. Le personnel des CRLDI, souvent nommé sous pression politique, agissait de manière indépendante.

Des accusations juridiquement mal fondées

Concernant le détournement de fonds publics, l’avocat rappelle que la loi anticorruption de 2014 impose la preuve d’un maniement direct de fonds. Ce qui, selon lui, ne concerne pas M. Vincent. L’accusation d’abus de fonction est aussi remise en cause : le contrôle des timbres fiscaux relevait exclusivement du représentant de la DGI, Manuel Saint-Germain. Quant à l’association de malfaiteurs, aucune preuve de concertation n’a été établie entre M. Vincent et les autres personnes impliquées.

Une enquête entachée de contradictions

L’avocat souligne plusieurs contradictions et biais dans l’enquête de l’ULCC, notamment l’utilisation sélective de témoignages, le non-respect des textes en vigueur et le manque de preuves matérielles. Il affirme que la crédibilité de l’enquête est compromise, d’autant plus que certains éléments disculpent directement son client, comme la poursuite du fonctionnement des comptes après son départ de la DIE.

Une demande claire de classement sans suite

En invoquant l’article 48 du Code d’instruction criminelle relatif aux insuffisances probatoires, Me Blaise demande au Commissaire du gouvernement de classer sans suite le rapport de l’ULCC. Pour lui, les éléments rassemblés ne permettent ni de caractériser les infractions reprochées à son client, ni de justifier une quelconque poursuite judiciaire.

Pour mémoire, dans un rapport publié le 8 mai dernier, l’ULCC a accusé Stephane Vincent d’avoir détourné environ 3,6 millions de gourdes entre septembre et novembre 2024. Il lui est reproché d’avoir alimenté un compte fictif au nom de Fernando Victor, utilisé pour la production de 736 passeports sans paiement des timbres fiscaux, causant ainsi un important préjudice à l’État.