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Le rôle des médias dans la construction de la paix en Haïti au coeur d’un colloque

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À l’initiative de la Commission technique de restructuration de la Radio et Télévision Nationale d’Haïti (RTNH), un colloque s’est tenu, dans un hôtel à Petion Ville, le samedi 7 juin 2025. Réalisée à l’occasion de la Journée latino-américaine de la presse thème retenu : « Médias et culture de la paix ».

L’objectif, réfléchir collectivement sur le rôle fondamental de la presse dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et d’une culture démocratique renouvelée.

Présent à cette activité, le Secrétaire d’État à la Communication, Bendgy Tilias, a salué le courage des professionnels de la presse, qui, malgré un climat souvent hostile, continuent d’exercer leur métier avec dévouement, parfois au péril de leur vie. « À ces femmes et ces hommes de courage, je rends aujourd’hui un hommage solennel », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, M. Tilias a appelé les journalistes à devenir les artisans d’un récit alternatif, d’un contre-récit capable de dépasser les douleurs du passé pour porter un message d’espoir. Il a exhorté les médias à demeurer des piliers de la démocratie, porteurs de vérité et bâtisseurs de paix, conformément au thème de la journée.

« La paix ne se bâtit pas seulement avec des armes. Elle commence dans les esprits. Et dans ce combat pour l’apaisement, la vérité, la lucidité et la cohésion sociale, la presse est en première ligne », a-t-il souligné, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à garantir un environnement sécurisé pour l’exercice du journalisme.

Le Secrétaire d’État a également invité les médias à s’associer aux efforts nationaux en faveur de la sécurité publique, la restauration de l’image du pays et la défense des valeurs républicaines.

« Haïti a besoin d’une presse libre, indépendante, mais aussi responsable et engagée dans la reconstruction morale et institutionnelle de la nation », a-t-il conclu, plaidant en faveur d’une véritable pédagogie médiatique de la paix: une information qui désarme sans affaiblir, qui alerte sans affoler, qui mobilise sans enrôler.

L’événement a réuni plusieurs personnalités dont des journalistes, communicateurs, chercheurs, responsables de médias et acteurs de la société civile.

Gedeon Delva

FELIFHA : un festival pour valoriser la littérature féminine en Haïti, propulsé par l’organisme Vwa Fanm Ayisyèn

Du 12 au 14 juin 2025, le Centre Culturel Brésil-Haïti, à Pétion-Ville, accueillera la première édition du Festival de la Littérature Féminine Haïtienne (FELIFHA). Une initiative ambitieuse portée par la plateforme Vwa Fanm Ayisyèn (VFA) pour mettre en lumière la richesse et la diversité de la production littéraire des femmes haïtiennes.

La littérature haïtienne s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Pour la première fois, un festival entièrement dédié à la littérature féminine verra le jour sous l’impulsion de « Vwa Fanm Ayisyèn » (VFA), une organisation engagée dans la valorisation des œuvres et des droits des femmes. Baptisé « FELIFHA », pour « Festival de la Littérature Féminine Haïtienne », l’événement se tiendra pendant trois jours, les 12, 13 et 14 juin 2025 dans l’enceinte du Centre Culturel Brésil-Haïti à Pétion-Ville.

Ce rendez-vous inédit a pour objectif, selon l’organisation, de mettre en lumière les voix féminines, longtemps sous-représentées dans l’espace littéraire haïtien. À travers une série de conférences, d’ateliers d’écriture, de panels de discussion, d’expositions d’ouvrages et de présentations littéraires, FELIFHA offrira une tribune à des auteures d’horizons divers, qu’elles soient déjà connues du public ou qu’elles fassent leurs premiers pas dans le milieu.

Pour une production de connaissance renouvelée

Le festival se veut à la fois un espace de diffusion, de création et de réflexion. Il favorisera des échanges intellectuels autour de thématiques telles que l’histoire de la littérature féminine, les études de genre, la place du créole dans la création littéraire ou encore la comparaison entre les productions haïtiennes et celles d’autres sphères linguistiques. L’accent sera mis sur une approche académique rigoureuse, avec la volonté de produire une connaissance renouvelée sur la littérature des femmes, dans toute sa pluralité.

Au cœur du programme, des ateliers d’écriture permettront aux participantes de créer leurs propres textes, encadrées par des professionnelles du domaine. Ces ateliers donneront naissance à un ouvrage collectif, symbole concret de cette effervescence littéraire féminine. L’idée est de stimuler la créativité, mais aussi de valoriser la propriété intellectuelle des femmes, souvent négligée ou invisibilisée.

FELIFHA s’inscrit dans une mission plus large de « Vwa Fanm Ayisyèn », qui milite pour la reconnaissance des talents féminins en Haïti, toutes disciplines confondues. La plateforme, qui conjugue action culturelle et plaidoyer pour les droits des femmes, souhaite, avec ce festival, contribuer à l’autonomisation des créatrices haïtiennes par la culture et l’écriture.

De la visibilité médiatique

Dans une note adressée à la presse, la présidente de l’organisation, Westerline Charles, a invité les médias haïtiens à assurer la couverture de l’événement, soulignant l’importance de faire rayonner cette initiative au-delà des cercles littéraires. « La présence de la presse est vivement souhaitée afin de donner à cet événement la visibilité qu’il mérite », écrit-elle.

Les activités du festival débuteront le jeudi 12 juin à 10h et s’achèveront dans l’après-midi du samedi 14 juin. Pendant ces trois jours, Pétion-Ville deviendra un véritable foyer d’inspiration littéraire, où les voix féminines résonneront avec force et élégance.

Wideberlin Sénexant

Tentative d’assassinat contre le Sénateur colombien de droite Miguel Uribe

Par Josué Sénat

Le sénateur conservateur Miguel Uribe, prétendant à la présidence de la Colombie pour l’élection de mai 2026, à été touché par au moins trois balles dont deux à la tête ce samedi 7 juin alors qu’il participait à un rassemblement politique à Bogota, capitale de la Colombie.

Un attentat en direct

Dans une vidéo publiée sur les médias sociaux, on peut voir l’élu conservateur de 39 ans en train de prononcer un discours devant des partisans avant que des bruits de balles ne retentissent. Il a été visé deux fois à la tête et une fois au genou, selon les ambulanciers qui l’ont héliporté vers un hôpital de Bogota pour recevoir des soins d’urgence.

Selon la police, l’auteur présumé est un mineur, qui a ouvert le feu à environ 17 h 30 locale (22 h 30 GMT). Blessé à une jambe, il a été maîtrisé par les gardes du corps de Miguel Uribe, a expliqué, à la presse, le chef de la Police, Carlos Fernando Triana.

Sur le compte X du Sénateur, son épouse Maria Tarazona a indiqué que Miguel est en train de lutter pour sa vie après avoir subi une première intervention chirurgicale réussie.

Une attaque contre la démocratie

Rapidement après l’attaque, le président Colombien Gustavo Petro a réagi, qualifiant cet attentat “comme est une attaque non seulement contre l’intégrité physique du sénateur, mais aussi contre la démocratie, la liberté de pensée et l’exercice légitime de la politique en Colombie”.

« Respecter la vie, c’est ça la ligne rouge. La Colombie ne doit pas tuer ses enfants », a écrit Gustavo Petro sur le réseau social X. Il a promis que les responsables seront traqués et punis.

Une avalanche de réactions internationales

Des dirigeants mondiaux ont aussi réagi suite à l’attentat. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a attribué cette tentative d’assassinat contre le sénateur à la rhétorique violente de gauche émanant des plus hautes sphères du gouvernement colombien. Il a ainsi appelé le Président Colombien, Gustavo Petro, à “modérer ses propos incendiaires et protéger les élus colombiens”.

Le bureau de l’ONU en Colombie a, quant à lui, condamné fermement l’attaque. “Nous sommes convaincus que les autorités feront la lumière sur les faits et puniront” les auteurs, a-t-il réagi sur X.

Le président de l’Équateur voisin, Daniel Noboa, ainsi que la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, ont apporté, sur X, leur soutien à la famille du sénateur.

Le président de gauche au Chili, Gabriel Boric, a aussi réagi en condamnant l’agression contre Miguel Uribe Turbay. Selon lui, la violence n’a ni sa place ni sa justification dans une démocratie.

Pour sa part, le Secretaire Général de l’OEA, Albert Ramdin, a appelé à une enquête rapide et approfondie afin de traduire les responsables de l’attentat en justice.

Miguel Uribe est membre du parti Centre démocratique, la principale formation de la droite colombienne. Il a manifesté son intention de briguer la présidence en octobre dernier et est un farouche détracteur du président actuel. Il est le petit-fils de Julio Cesar Turbay, président entre 1978 et 1982, et le fils de Diana Turbay, une journaliste qui avait été enlevée par l’ex-baron de la drogue Pablo Escobar, avant d’être tuée lors d’une opération militaire de sauvetage en 1991.

Cette attaque pourrait plonger la Colombie dans une autre vague de violence politique après les progrès réalisés ces dernières décennies pour consolider la sécurité et la démocratie dans ce pays de l’Amérique du Sud.

Israël / Gaza : Benyamin Netanyahou et sa guerre sans fin ?

Par Gesly Sinvilier

Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, le conflit israélo-palestinien a franchi un nouveau seuil de violence et d’ampleur sans précédent . Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, s’est lancé dans une guerre annoncée comme totale contre le Hamas, avec l’objectif affiché de « démanteler l’organisation terroriste » et de « restaurer la sécurité d’Israël ».

Plus de dix-huit mois après, la guerre s’est enlisée à un niveau inimaginable : Gaza est en ruines, le bilan humain, côté palestinien, augmente considérablement selon les autorités locales, des milliers d’Israéliens restent traumatisés, et les otages ne sont toujours pas tous libérés. Alors que les combats se poursuivent, une question s’impose : Netanyahou peut-il atteindre ses objectifs ? Et surtout, quel chemin pour la paix ?

Une guerre aux contours changeants

La riposte israélienne, massive et sans précédent depuis des décennies, a d’abord bénéficié d’un large soutien interne et d’un appui international tacite, notamment des États-Unis. Mais au fil des mois, l’ampleur des destructions, les crises humanitaires successives, les frappes sur des convois humanitaires, les morts civiles — femmes, enfants, soignants, journalistes — ont profondément altéré cette dynamique.

Netanyahou, sous pression politique et judiciaire dans son propre pays, a fait de cette guerre une affaire personnelle. Il refuse les propositions de cessez-le-feu qui ne garantissent pas la « victoire totale » sur le Hamas, alors même que plusieurs membres de son cabinet, de hauts responsables militaires, et des familles d’otages plaident pour une sortie rapide du conflit.

Mais le Hamas n’est pas un ennemi classique : profondément enraciné dans la société gazaouie, il est difficile à l’éradiquer par des moyens militaires seuls. Chaque frappe israélienne alimente une spirale de haine et renforce, paradoxalement, la résilience de groupes armés.

Une communauté internationale divisée et impuissante

Face à la poursuite des hostilités, la communauté internationale apparaît fragmentée. Les États-Unis, principal allié d’Israël, commencent à hausser le ton, appelant à « une fin rapide » de la guerre et conditionnant une partie de leur aide militaire. L’Afrique du Sud, la Jordanie, la Turquie, la France, et plusieurs pays d’Amérique latine ont dénoncé des « crimes de guerre ». La Cour internationale de Justice a même demandé à Israël de cesser ses opérations militaires. Mais Netanyahou persiste, convaincu que l’objectif de sécurité prime sur les considérations diplomatiques ou humanitaires.

Les institutions internationales — ONU, Conseil de sécurité, CPI — peinent à peser, face au jeu d’alliances, aux vétos croisés, et à l’absence d’une volonté politique collective pour imposer un cessez-le-feu durable.

Vers une paix durable : quels mécanismes ?

La fin de la guerre ne sera pas simplement militaire. Elle nécessitera un cadre politique global. Plusieurs options sont sur la table :

Un accord de cessez-le-feu en plusieurs étapes, avec échange d’otages contre prisonniers palestiniens, retrait progressif de Tsahal, et mise en place d’une force d’interposition internationale.
– Une relance du processus de paix israélo-palestinien, aujourd’hui moribond, incluant une reconnaissance mutuelle, des garanties de sécurité, et une perspective d’État palestinien viable.

Cela impliquerait aussi un renouveau du leadership palestinien, au-delà du Hamas comme de l’Autorité palestinienne actuelle.
– Une gouvernance multilatérale de Gaza, sous supervision arabe et internationale, avec reconstruction, désarmement progressif, et aide humanitaire massive.

Mais aucun de ces scénarios ne pourra aboutir sans une pression coordonnée et ferme de la communauté internationale sur toutes les parties. Et surtout, sans une prise en compte des aspirations légitimes des deux peuples à la sécurité, à la dignité et à l’autodétermination.

Netanyahou à la croisée des chemins

L’avenir politique de Benyamin Netanyahou est lui aussi suspendu à l’évolution de ce conflit. S’il réussit à ramener tous les otages vivants, il pourrait regagner une légitimité populaire. Mais s’il échoue, il risque d’être rattrapé par les manifestations intérieures, les critiques de l’armée, et ses procès en cours pour corruption.

Quant à Gaza, elle reste une terre meurtrie. Sans une vision politique, elle risque de rester prisonnière d’une guerre sans fin. Et sans une volonté collective pour faire taire les armes, les appels à la paix resteront lettre morte.

Enfin, la guerre actuelle n’est pas seulement celle d’Israël contre le Hamas. C’est une lutte pour la mémoire, la justice, la dignité et la survie. Mais sans courage politique — à Tel-Aviv, à Ramallah, à Washington, à Paris et au Caire — la paix restera un mirage. Et Gaza, un champ de ruines et de larmes.

Les gangs de nouveau en guerre dans la Plaine du Cul-de-Sac

CROIX-DES-BOUQUETS.— Les quartiers de Marassa, Santo et Chada sont en ébullition depuis la nuit du vendredi 6 au samedi 7 juin. Les gangs Chen mechan, 400 Mawozo et de Canaan s’affrontent violemment, pour le contrôle de territoires.

Plusieurs dizaines d’habitants des quartiers où se déroulent les combats ont abandonné leurs résidences, cherchant désespérément à se mettre à l’abri des belles.

Pour l’heure, aucun bilan exact des dégâts causés par les bandits; mais les informations font état de morts et de blessés parmi la population; prise au piège de cette attaque surprise. On parle également de perte dans tous les camps des déplacés. Plusieurs maisons et entreprises sont aussi passées aux flammes.

Une video du porte-parole de la coalition criminelle, Viv Ansanm, appelant les caïds à un cessez-le-feu en vue de trouver un terrain d’entente, fait le tour des réseaux sociaux, alors que la bataille se poursuit avec une intensité inquiétante, dans l’absence totale des autorités de l’Etat.

Une patrouille blindée a été remarquée dans la zone en cours de la journée du samedi 7 juin, mais elle était insuffisante pour repousser les bandits trop nombreux pour les faire calmer. Pour le moment les habitants de Santo, Croix des Missions, Lilavois et d’autres zones avoisinantes vivent dans une peur constante.

Jean Mapou

Mondial 2026 – Éliminatoires CONCACAF (Groupe C) : Les Grenadiers balayent Aruba et restent dans la course en tête

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Haïti n’a laissé aucune chance à Aruba ce samedi, s’imposant avec autorité sur le score sans appel de 5-0 au Trinidad Stadion, dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2026. En pleine confiance, les hommes de Sébastien Migné poursuivent leur parcours parfait dans le Groupe C et confirment leur statut de sérieux prétendants à la qualification.

Dès la première demi-heure, les Grenadiers ont pris les commandes de la rencontre grâce à un but de Danley Jean Jacques (29e), rapidement suivi d’une réalisation de Frantzdy Pierrot (35e). En seconde période, Rubens Providence (61e), Duckens Nazon (67e) et Mondy Prunier (86e) ont alourdi la marque, scellant une démonstration offensive.

La défense haïtienne n’a pas été en reste : le capitaine Johny Placide a joué les sauveurs en détournant un penalty arubain, maintenant ainsi sa cage inviolée pour la troisième fois consécutive.

Avec cette nouvelle victoire, Haïti totalise désormais 9 points, à égalité avec Curaçao mais avec une différence de buts légèrement inférieure (+8 contre +9). Les deux équipes ont déjà validé leur billet pour la troisième phase des éliminatoires, mais le choc à venir entre elles, ce mardi 10 juin, s’annonce décisif pour la première place du groupe.

Le duel tant attendu entre Haïti et Curaçao sera bien plus qu’un match de classement. Il s’agira d’un test de caractère, d’intensité et de préparation pour la suite de la campagne qualificative. En jeu : la suprématie du groupe C, mais aussi un élan crucial à l’approche des phases finales.

Les Grenadiers sont prêts. Et avec un collectif en pleine forme, l’espoir est permis.

Mardoché d’Aout

SYNTHÈSE ENTRE L’HAÏTIANISME ET LE PANAFRICANISME

Pour la Renaissance d’Haïti et le Réveil du Monde Noir

Préambule

Haïti est bien plus qu’une nation : elle est un symbole, une force, un cri dans l’histoire. En 1804, nos ancêtres ont accompli ce que nul autre peuple asservi n’avait réussi auparavant briser les chaînes de l’esclavage, vaincre les armées les plus puissantes de l’époque, et proclamer, au nom de tous les opprimés, la liberté comme droit inaliénable. Cette victoire n’appartient pas seulement aux Haïtiens, elle est l’héritage commun de tous les Noirs du monde.

Aujourd’hui, alors que les défis globaux réaffirment l’importance de la souveraineté, de l’identité culturelle et de l’unité stratégique, Haïti ne peut rester spectatrice des mouvements de renaissance panafricaine. Il est temps pour nous, peuple porteur de lumière, de nous repositionner, non pas comme simple acteur local, mais comme pierre angulaire du réveil noir mondial. Ce manifeste propose une voie nouvelle, une synthèse entre notre spécificité nationale (l’haïtianisme) et une appartenance assumée à une vision plus large: le panafricanisme.

I. Haïti, source originelle de la liberté noire

La révolution haïtienne de 1804 ne fut pas un épisode isolé mais le début d’une rupture majeure dans l’ordre mondial. Elle a bouleversé les empires esclavagistes, inspiré les luttes des Noirs aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique. Elle a donné naissance à un État noir souverain fondé sur la liberté, l’égalité et la dignité humaine. En ce sens, Haïti est le cœur battant du panafricanisme avant même que le terme n’existe.

Nous devons réancrer cette réalité dans notre mémoire collective, dans notre diplomatie, dans notre éducation. Nous devons cesser de présenter notre histoire comme un simple moment glorieux du passé : elle est notre capital politique, moral et identitaire. Elle doit redevenir une source d’inspiration et de stratégie pour l’avenir.

II. L’haïtianisme comme socle de reconstruction nationale

L’haïtianisme, c’est d’abord une prise de conscience. Celle de notre unicité, de notre richesse culturelle, de notre langue, de notre spiritualité et de notre génie propre. C’est la conviction que nous avons en nous-mêmes les ressources nécessaires pour redresser notre pays sans toujours attendre des solutions de l’extérieur. C’est un appel à une révolution intérieure.

L’haïtianisme affirme que notre langue créole est un outil puissant d’éducation, d’unité et de gouvernance. Trop longtemps reléguée au second plan, elle doit désormais devenir la principale langue d’enseignement, de débat public et de construction institutionnelle. Car un peuple qui pense dans sa propre langue est un peuple qui se libère.

Cette même logique s’applique à notre spiritualité. Le vodou haïtien, bien plus qu’un ensemble de rites, est une philosophie de résistance, une cosmogonie profondément enracinée dans la mémoire africaine. Il est temps d’en finir avec la honte construite autour de notre religion ancestrale. Le vodou doit être reconnu, valorisé, protégé, transmis.

L’haïtianisme repose également sur une redécouverte active de nos héros. Nous devons réhabiliter Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Catherine Flon, Sanite Bélair, non pas comme de simples noms de rues, mais comme guides philosophiques, politiques et moraux. Leur pensée, leur courage et leur radicalité doivent nourrir nos choix présents.

Enfin, l’haïtianisme, c’est la souveraineté. La vraie. Celle qui refuse l’assistanat international permanent, qui ne se plie pas à des injonctions extérieures, et qui fait du peuple haïtien l’unique dépositaire du destin national.

III. Le panafricanisme comme horizon stratégique

Loin de s’opposer à l’haïtianisme, le panafricanisme vient le compléter et l’élargir. Il est le prolongement naturel de notre révolution. Il offre un cadre global dans lequel Haïti peut s’affirmer, apprendre, contribuer, tisser des alliances.

Le panafricanisme ne doit pas être perçu comme une dilution de notre identité, mais comme l’amplification de notre voix. Il propose une vision de coopération entre les peuples noirs fondée sur la solidarité, la mutualisation des savoirs, l’indépendance économique, la souveraineté culturelle et la sécurité collective.

Dans cette perspective, Haïti doit renforcer sa diplomatie en direction du continent africain et de la diaspora. Il faut nouer des partenariats stratégiques avec les pays africains sur les plans agricole, médical, éducatif, technologique, militaire. Il faut également favoriser l’échange d’étudiants, d’experts, d’entrepreneurs entre Haïti, l’Afrique et les communautés afro-descendantes du monde entier. Notre pays doit redevenir un centre de rayonnement pour la diaspora.

IV. Une diplomatie noire nouvelle et souveraine

La politique étrangère haïtienne doit être refondée sur la base d’une vision claire : défendre les intérêts du pays tout en consolidant un axe afro-caribéen de développement solidaire. Cette nouvelle diplomatie noire implique une réorientation majeure : sortir de la dépendance aux anciennes puissances coloniales pour renforcer nos liens avec les nations africaines, les BRICS, et les États porteurs d’un projet multipolaire du monde.

Dans cette optique, Haïti devra intégrer activement les institutions africaines pertinentes, contribuer aux forums panafricains, et proposer des projets concrets de coopération Sud-Sud. En parallèle, elle doit établir des canaux de dialogue directs avec les diasporas noires en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et ailleurs, afin de bâtir une force transnationale.

V. Réformes pour une Haïti nouvelle, fière et moderne

La transformation de notre pays passera par un ensemble de réformes coordonnées, courageuses et profondes.

L’éducation doit être repensée dans sa structure et dans ses contenus. Elle doit transmettre aux jeunes générations une conscience historique, une fierté identitaire, et des compétences pratiques adaptées à notre réalité. L’histoire de l’Afrique, d’Haïti, de la Caraïbe, des résistances noires, doit devenir centrale dans les curricula. Des universités techniques rurales, des centres de formation professionnelle, et des écoles intégrant les valeurs panafricaines doivent voir le jour.

Sur le plan économique, il est temps de rompre avec l’économie de rente, de dépendance et de monopole. L’État doit soutenir une agriculture nationale forte, la transformation locale des produits, l’essor des petites et moyennes entreprises, et la protection des secteurs stratégiques. L’économie haïtienne doit être reterritorialisée, au service des masses, et non d’une élite accapareuse.

Les institutions publiques doivent être assainies, modernisées et rendues plus proches du peuple. La digitalisation, la transparence, l’efficacité administrative et la lutte contre la corruption ne sont pas des luxes, mais des urgences nationales.

La diaspora haïtienne forte de son expertise, de ses ressources et de son attachement à la patrie doit être pleinement intégrée dans la reconstruction nationale. Il est nécessaire de créer un Haut Conseil de la Diaspora doté de moyens, de missions claires et d’une voix politique reconnue. La diaspora ne doit plus être un simple soutien financier, mais un acteur à part entière de notre souveraineté.

Enfin, la culture et la spiritualité doivent retrouver leur rôle central. Notre musique, notre théâtre, notre artisanat, notre danse, notre cuisine, notre manière d’être, tout cela doit être reconnu comme moteur de développement, d’identité et de cohésion. La révolution culturelle est une condition de la révolution politique.

VI. Une Haïti nouvelle pour un monde noir réconcilié

Haïti ne peut plus être la victime éternelle, le pays qu’on regarde avec pitié ou mépris. Elle doit redevenir le flambeau, le guide, l’éveilleuse des consciences. Pour cela, nous devons retrouver confiance en nous, en nos capacités, en notre destin.

Ce manifeste est un appel à l’audace, à la rigueur, à la foi. Il s’adresse à la jeunesse haïtienne qui cherche un sens à sa vie. Il parle aux intellectuels, aux ouvriers, aux paysans, aux exilés, aux artistes, aux croyants, aux entrepreneurs. Il interpelle aussi les panafricanistes du monde entier : nous sommes prêts à reprendre notre place.

Haïti ne veut pas une charité mondiale. Elle réclame le respect dû à une mère. Elle exige d’être reconnue comme le cœur du combat pour la dignité noire universelle.

À nos ancêtres, nous disons : votre combat ne fut pas vain.
À nos enfants, nous promettons : nous ne fléchirons plus.
À nos frères et sœurs noirs du monde : Haïti est debout.

Joseph Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA

La République voisine dit adieu à la Coupe du Monde 2026

La République Dominicaine a vu ses rêves de qualification pour la Coupe du Monde 2026 s’effondrer après une défaite 4-2 contre le Guatemala, lors d’un match décisif des éliminatoires de la Concacaf à l’Estadio Cementos Progreso. Malgré une première mi-temps prometteuse où ils ont mené 2-1, les Dominicains n’ont pas su résister à la remontée spectaculaire des Guatémaltèques, portés par un triplé d’Óscar Santis.

Les Dominicains ont démarré la rencontre avec détermination, prenant l’avantage grâce à deux buts bien construits en première mi-temps. À la pause, le score de 2-1 laissait présager une possible surprise. Cependant, le Guatemala, galvanisé par son public et un coaching tactique efficace, a renversé la vapeur après la mi-temps. Óscar Santis, en état de grâce, a marqué trois buts, exploitant les failles défensives d’une équipe dominicaine qui a semblé perdre ses repères. Un quatrième but guatémaltèque a scellé le sort du match, malgré les efforts des joueurs dominicains pour revenir au score.

Cette défaite élimine la République Dominicaine des qualifications pour la Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Placée dans le groupe E avec le Guatemala, la Jamaïque, la Dominique et les Îles Vierges britanniques, la sélection dominicaine devait impérativement s’imposer pour rester en lice. Le Guatemala, grâce à cette victoire, valide non seulement son ticket pour la phase 3 des éliminatoires du Concacaf, mais aussi pour la Gold Cup 2025, marquant un retour en force après près de 21 ans d’absence à ce stade.

Haïti face à Aruba : Les Grenadiers en quête de consolidation pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026

Ce samedi 7 juin 2025, à 17h00, les Grenadiers d’Haïti affrontent la sélection nationale d’Aruba au Trinidad Stadion d’Oranjestad, dans le cadre de la troisième journée de la phase 2 des éliminatoires de la Concacaf pour la Coupe du Monde 2026. Déjà mathématiquement qualifiés pour la phase 3 depuis vendredi soir, les Haïtiens abordent ce match avec l’ambition de renforcer leur dynamique et de s’emparer de la première place du groupe C.

Après deux victoires convaincantes en juin 2024 contre Sainte-Lucie (2-1) et la Barbade (3-1), l’équipe haïtienne, sous la houlette de son staff technique, montre des signes de solidité et de réalisme. Ces succès ont permis aux Grenadiers de poser les bases d’une campagne prometteuse. Mais le rendez-vous face à Aruba représente une nouvelle opportunité de prouver leur constance. Bien que l’adversaire puisse sembler à leur portée, Haïti devra faire preuve de sérieux pour éviter tout faux pas.

Ce match n’est pas seulement une question de points. Il s’agit aussi de prestige et de préparation stratégique en vue du choc décisif contre Curaçao, prévu mardi prochain. Une victoire aujourd’hui permettrait aux Grenadiers de consolider leur position en tête du groupe C et d’aborder ce dernier duel avec confiance.

Pour Haïti, l’objectif est clair : maintenir l’élan et affirmer son leadership dans ces éliminatoires. Les Grenadiers, portés par une génération de joueurs talentueux et une ferveur nationale sans faille, savent que chaque match est une étape vers leur rêve de qualification pour la Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Défendre les couleurs bleu et rouge avec panache est une mission que prend à cœur
l’équipe, comme en témoigne l’engouement autour de cette rencontre.

Bien que moins cotée sur la scène régionale, la sélection d’Aruba ne doit pas être sous-estimée. Jouant à domicile, les Arubais chercheront à créer la surprise et à compliquer la tâche des Grenadiers. Haïti devra imposer son rythme, capitaliser sur ses forces offensives et rester vigilant en défense pour repartir avec les trois points.

Ce match face à Aruba est une nouvelle étape dans le long chemin vers la Coupe du Monde 2026. Les Grenadiers, galvanisés par leur qualification anticipée pour la phase 3, portent les espoirs d’une nation passionnée de football. Avec détermination et unité, ils sont prêts à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Allez Haïti ! 🔥🇭🇹 Que les Grenadiers continuent de faire vibrer les cœurs et de défendre fièrement nos couleurs sur la scène internationale !

Journée latino-américaine de la presse : l’AJH appelle au respect de la liberté, au droit à l’information et à la vérité

Ce 7 Juin célèbre la Journée latino américaine de la presse. Le thème retenu pour la célébration de cette année : « La presse face à l’autoritarisme ». En cette occasion, l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), appelle au respect des droits fondamentaux des journalistes dans l’exercice de leur fonction dans un contexte national marqué par la violence de toute sorte.

Dans une note rendue publique ce samedi, l’AJH a profité pour interpeller les autorités haïtiennes sur leurs responsabilités. Elle exhorte l’État à garantir pleinement la liberté de la presse, conformément à la Constitution haïtienne et aux traités internationaux ratifiés par le pays. Dans cette déclaration, l’association exige la fin des actes d’intimidation, des tentatives de censure, ainsi qu’à l’impunité dont jouissent trop souvent les auteurs de violences contre la presse.

L’AJH exprime sa « solidarité pleine et entière » à l’égard des journalistes haïtiens confrontés à des conditions de travail de plus en plus périlleuses. L’association a tenu à adresser une pensée spéciale aux journalistes déplacés, contraints de fuir leur domicile ou leur salle de rédaction en raison des violences armées. « Ils vivent dans des situations précaires et incertaines, et méritent tout notre appui et notre reconnaissance », peut-on lire dans la note.

Plus loin, l’AJH invite les professionnels des médias à faire preuve de « vigilance, de professionnalisme et de rigueur éthique », même dans un environnement hostile. Enfin , l’association salue « le courage, la détermination et la résilience » des journalistes à travers toute l’Amérique latine qui, malgré les menaces, continuent de défendre le droit à l’information et à la vérité.

Gedeon Delva