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Résumé du mémoire en Droit de Makenson JEAN sur la thématique du déboisement des forêts en Haïti

Chers publics,
Chers, ères Professeurs
Chers,ères camarades de promotion,

Je tiens à vous remercier infiniment, par la présente, de vos encouragements et de votre généreuse contribution lors de mes quatre (4) années d’études à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE), de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH).

Après avoir parcouru un long chemin, ce mardi 10 juin 2025, vers 11 heures du matin, j’ai presenté mon mémoire de sortie, intitulé : La lutte contre le déboisement en Haïti au regard du droit de l’environnement de 2004 à 2024 : Cas du Parc Macaya. Ce travail a été réalisé sous la direction du Professeur Renan HEDOUVILLE. Après délibération du jury, composé des Professeurs Elie MEUS, Président, Bernard ST. VIL, lecteur critique, Emmanuel Stéphane LAURENT, encadreur suppléant, j’ai obtenu la note de 82/100.

En effet, le phénomène du déboisement des forêts en Haïti est un sujet peu abordé, que ce soit dans les travaux de recherche universitaire, les débats publics, les écoles et les institutions à vocation de protection de l’environnement alors que la situation environnementale ne cesse de se détériorer. Par ailleurs, les forêts d’Haïti se dégradent à un rythme accéléré, soit à une couverture forestière d’environ 2 % de la totalité du pays.

À la suite d’une revue de littérature abondante, en vue de formuler une question principale de recherche, nous avons constaté que, pour faire face à cette réalité environnementale critique et malheureuse, la République d’Haïti a signé et ratifié plusieurs Conventions, traités et accords internationaux visant la protection de l’environnement et elle a donné naissance également à un corpus juridico-institutionnel national environnemental régissant la matière, notamment la Convention de 1940 sur la protection de la faune, de la flore et des beautés panoramiques naturelles des pays de l’Amerique ; la Convention de 1972 concernant le patrimoine mondial, culturel et naturel ; le décret du 28 janvier 1995 créant le Ministère de l’Environnement (MDE) et le décret de 2005 portant sur la gestion de l’environnement et de la régulation de la conduite des citoyens et citoyennes pour un développement durable.

En dépit de toutes ces avancées normatives et institutionnelles, l’effectivité du droit de l’environnement en Haïti reste et demeure une véritable problématique, en terme de lutte contre le déboisement des forêts. C’est pourquoi, dans le cadre de ce travail de recherche, nous avons demandé est-ce que le déboisement des forêts n’est-il pas caractérisé par l’inapplication, l’inefficacité et l’inefficience des mesures juridiques régissant la protection des arbres ?

Ce travail de recherche est réalisé dans l’objectif de faire un véritable plaidoyer pour une meilleure responsabilité citoyenne dans la lutte contre le déboisement des forêts, favoriser l’éducation relative à l’environnement dans les écoles à tous les niveaux et mettre en œuvre des Cours et Tribunaux environnementaux (CTE) dans le système judiciaire haïtien.

Pour mieux orienter ce travail de recherche et répondre à la question de recherche posée, nous avons énoncé un cadre théorique et méthodologique. Sur ce, nous avons opté, dans un cadre théorique, pour l’approche de la durabilité de l’éthique environnementale de la théorie du développement durable. Selon les compréhensions de certains auteurs, l’éthique environnementale peut orienter la conduite du citoyen dans une société et développer chez lui un comportement plus harmonieux et respectueux de l’environnement. Car, l’environnement est le « patrimoine commun de tous », il mérite la protection de tous les citoyens.

Dans un cadre méthodologique, la méthode qualitative est priorisée. Nous avons élaboré un guide d’entretien semi-directif qui nous a permis d’aller vers l’interprétation de la compréhension de certains spécialistes et défenseurs de l’environnement, pour une meilleure compréhension de ce phénomène.

Chers publics, le Parc national naturel Macaya, déclaré Parc en 1983, est la zone sur laquelle s’est effectuée notre étude. Il s’étend sur les départements du Sud et de la Grand’Anse. Actuellement, dans l’aire du Parc, environ 500 espèces de plantes sont en voie de disparition. La destruction du Parc est marquée par la mise en culture des forêts ou l’agriculture incontrôlée, l’exploitation massive et abusive des arbres, la fabrication et le commerce anarchique du charbon de bois et du bois de feu, etc. Donc, le Parc Macaya représente aujourd’hui une menace pour la vie des habitants des départements précités en particulier et l’environnement haïtien en général.

Dans le cas du Parc Macaya, le droit de l’environnement est entièrement violé. C’est la raison pour laquelle nous sommes d’avis que la violation systématique du droit à la protection de l’environnement constitue une porte ouverte favorisant le déboisement des forêts du Parc.

Certes, il existe suffisamment de lois, il suffit de les appliquer et de les faire respecter. Mais, à l’heure actuelle, le problème reste et demeure un manque d’éducation relative à l’environnement dans les écoles et un déficit de responsabilité citoyenne. Car, l’éducation, c’est cette voie qui peut conduire l’humanité à l’amélioration environnementale.

À la lumière de ce que nous avons élaboré dans ce travail : vue la faiblesse de l’Etat ou le manque de responsabilité de l’Etat, le problème d’application stricte de la loi, le manque d’éducation relative à l’environnement, l’absence des cours et tribunaux environnementaux (CTE) dans le système judiciaire haïtien et le déficit de politiques publiques environnementales, nous avons formulé des propositions pour améliorer la législation environnementale haïtienne pour une meilleure protection des arbres des forêts :

Nous avons proposé ardemment l’élaboration d’un code de l’environnement et d’un code forestier pour une meilleure protection des arbres. Nous avons également proposé la mise en œuvre des Cours et Tribunaux environnementaux dans le système judiciaire haïtien, pour entendre tout contrevenant causant de préjudices à l’environnement. Et enfin, l’application des articles 74 et 75 du décret de 2005 portant sur la gestion de l’environnement et aussi du décret du 15 janvier 2021 portant sur l’intégration de l’éducation relative à l’environnement dans les curricula du système éducatif haïtien pour un meilleur enseignement de l’éducation environnementale de nos enfants dans les écoles.

Chers publics, nous sommes très loin de prétendre apporter toutes les solutions juridiques aux problèmes auxquels se trouvent confrontés l’environnement haïtien, particulièrement le Parc Macaya. Cependant, seule une véritable synergie entre les acteurs et décideurs environnementaux, ainsi que les citoyens, peut combattre ce phénomène en Haïti.

Makenson JEAN
Licencié en Droit et défenseur de l’environnement

Journée nationale de l’activité physique et du sport, une grande première du MJSAC

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PORT-AU-PRINCE.— Le ministère de la Jeunesse des Sports et aux Ecrions Civiques célèbre la journée nationale de l’activité physique et du sport. Un arrêté présidentiel pris récemment a consacré le 15 juin en tant que tel. Elle est célébrée sous le thème: «L’activité physique et le sport, leviers indispensables à la santé et au bien-être de tous».

La Ministre Niola Lynn Sarah Dévalis Octavius, accompagnée de son staff au MJSAC, avait annoncé cette première édition, en conférence de presse à la fin de cette semaine, dans les locaux du ministère à Frères. Les principales activités prévues sont notamment les finales des Jeux Sportifs Scolaires, des séances d’aérobic, des conférences-débats, ainsi qu’un programme artistique et protocolaire.

C’est une journée de promotion pour les bienfaits de la pratique du sport tant sur le plan individuel que sur le plan de la cohésion sociale, avait affirmé le Directeur des activités physiques et des sports du MJSAC Marc Enold Exinor.

Pour sa part, le directeur général, Nathan Laguerre avait souligné que cette édition marque un tournant vers une célébration élargie et pérenne dans les années à venir. «Plus on bouge, plus on pratique du sport, plus on aura un pays en santé», avait-t-il déclaré.

L’instauration d’une journée nationale de l’activité physique et du sport souligne l’importance de la culture nationale de l’activité physique régulière à tous les âges. La pérennité de cette initiative dépend de la mobilisation de l’Etat haïtien à travers sa politique en faveur du développement du sport, en tant que vecteur de santé publique, de cohésion sociale et d’inclusion.

Jean Mapou

Le chargé d’affaires Henry Wooster dans nos murs, avec la stabilité comme priorité

PORT-AU-PRINCE.— La diplomatie américaine prend une autre tournure en Haïti avec l’arrivée du chargé d’affaires Henry T. Wooster à l’ambassade des États-Unis en Haïti. Ses expériences de terrain dans plusieurs zones stratégiques, font de lui l’homme de la situation d’Haïti marquée par une crise multidimensionnelle.

Le parcours professionnel de Wooster lui permettra de jouer un rôle central dans la coordination de la politique américaine en Haïti, ainsi que dans la collaboration avec les partenaires internationaux engagés dans le soutien aux forces de sécurité haïtiennes. Sa carrière est remarquable avec des missions en France, en Irak, au Pakistan, en Géorgie, diverses affectations à Washington et un rôle d’ambassadeur en Jordanie.

Avant son débarquement à Port-au-Prince, Henry Wooster a discuté cette semaine avec le Secrétaire d’État des États-Unis, Marco Rubio d’une approche intergouvernementale visant à promouvoir la paix et la stabilité en Haïti, a informé le département d’État, soulignant qu’il travaillera avec le peuple haïtien, les membres de la diaspora et les partenaires internationaux, y compris l’OEA et La MMAS. «Le rétablissement de la stabilité sera sa priorité», pouvait-on lire dans une note de l’ambassade.

Henry T. Wooster succède à l’ambassadeur Dennis B. Hankins, qui prend sa retraite après près de 40 années de carrière diplomatique. «Alors que mon service en tant qu’ambassadeur touche à sa fin, je souhaite prendre un moment pour exprimer ma gratitude au peuple haïtien. De ma première visite en Haïti en 1991 à mon expérience comme ambassadeur, j’emporterai avec moi l’hospitalité et la chaleur du peuple ainsi que la richesse de la culture haïtienne», a déclaré Hankins dans message d’adieu.

Son arrivée à Port-au-Prince intervient à un moment critique, alors qu’Haïti est inscrite sur une liste noire de 12 pays interdits d’entrée aux États-Unis. En ce sens, le département d’État est en train de changer de ton envers Haïti, sous la conduite d’un profil expérimenté

ANALYSE CRITIQUE DE L’AVANT PROJET CONSTITUTIONNEL DE 2025

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L’instabilité politique qui sévit dans le pays depuis la fin de la dictature des Duvalier n’est pas un hasard, elle est essentiellement le résultat de nos choix politiques et de la mauvaise gouvernance. Nos choix ne sont pas toujours authentiques, ils reflètent souvent l’image de ce qui se faitailleurs.

De même pour la gouvernance, nos décisions ne sont pas toujours en adéquation avec les bonnes pratiques de la gestion. Depuis environ cinq ans, le pays est attente d’électionset fonctionne en dehors des normes constitutionnelles. Il patauge dans un spiral de violence inédite de son histoire. Le dernier président sortant des urnes a été lâchement assassiné.

Les gangs occupent la quasi-totalité de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, bloquant l’accès aux régions et rendant difficile le mouvement des personnes et des biens. En plus de cela, toutes les institutions de la République sont dysfonctionnelles et leurs occupants sont de facto. Sans légitimité, ils ne se montrent pascapables de remédier à la situation pour arrêter la violence des criminels qui perturbe la tranquillité de nos concitoyens. C’est dans ce contexte que ces dirigeants cherchent à doter ce pays d’une nouvelle constitution.

En revanche, l’idée d’une nouvelle constitution ou une révision constitutionnelle en profondeur n’est pas mauvaise. C’est une nécessité voire un impératif pour harmoniser le temps électoral au temps constitutionnel et rééquilibrer les pouvoirs de l’État.C’est aussi une meilleure occasion de sortir ce pays de ce carcan électoral permanent et avoir un nouveau régime politique.

C’est également un devoir pour nous de rendre ce pays plus inclusif et combattre le phénomène de l’exclusion qui ronge la sociétédepuis 1806. Toutefois, la confusion et le cafouillage qui entourent le nouveau régime politique dans cette nouvelle constitution, rendent ce projet presqu’irréalisable.

Maurice Duverger dans Institutions politiques et droit constitutionnel, explique que « L’objet d’une constitution est de définir par avance un certain type de régime qu’on tâche ensuite d’appliquer en pratique : ainsi l’essence précède l’existence »,(Duverger, Institutions politiques et droit constitutionnel, 1971, p. 181). En réalité, cet article n’est pas une panacée à tous les problèmes existant dans l’Avant-projet de 2025, il est de préférence une infirme contribution dans ce débat pouvant aboutir au changement ou à une révision significative de la Constitution de 1987. Ainsi, il n’abordera pas tous les aspects de l’Avant-projet, il mettra seulement l’accent sur certains pointsjugés essentiels.

A- Commençons d’abord par les points positifs de l’Avant-projet.
1-La durée de mandat

Les questions relatives à l’uniformisation de mandat de tous les élus de la République,sont à notre avis, très intéressantes. Tous les élus auront un mandat de cinq ans, ce qui diminuerait normalement le cycle électoral. La Constitution de 1987 prévoit des élections tous les deux ans pour des sénateurs, quatre ans pour des députés et les collectivités territoriales et cinq ans pour le président de la République. Depuis l’adoption de cette constitution, ces délaisont été rarement respectés, occasionnant souvent des vides auniveau de nos institutions.

Pour remédier à cette situation, les acteurs politiques haïtiens, sous pression de la communauté internationale, ont souvent eu recours à des accords politiques. Une fois arrivée au pouvoir, ils violent les accords qu’ils ont eux-mêmes signés. Alors, la diminution du nombre d’électionsselon nous, permet au pays d’économiser de l’argent et assurer la stabilité de nos institutions.

2- Transformation des sections communales en commune et suppression du Conseil communal

Selon nous, c’est encoreune excellente idée. Cette nouvelle situation occasionnerait une meilleure gestion de cette entité territoriale qui, pendant longtemps, reste en arrière-plan du développement du pays. Avec ce découpage, ces nouvelles communes auront la possibilité d’avoir de nouvelles structures administratives qui représenteront d’une certaine manière, l’autorité de l’État.

Dépourvues de tout, les sections communales font face à tous les défis : sanitaire, sécuritaire, routière, scolaire, etc. Jusqu’à présent, au 21éme siècle, la majorité des gens habitant nos sections communales n’ont ni de latrines ni de toilettes hygiéniques. Ils continuent à déféquer par terre.

Depuis le démantèlement les chefs de section, il n’existe pas de policerurale et des tribunaux. C’est le CASEC qui, arbitrairement joue les rôles de juges de paix et de police. Ce qui est contraire à l’esprit de la Constitution de 1987, puisqu’il est une simple autorité administrative. Les CASEC logent souvent dans des bureaux de fortune, dépourvus de toutes sorte de ressources ( financières, logistiques et humaines), et la plupart d’entre euxne savent ni lire ni écrire.

Voilà pourquoi, nous sommes d’accord avec la transformation de nos sections communales en commune. Cette transformation à notre avis, diminuerait l’exclusion sociale (moun lavil ak moun andeyò) et favoriseraitun commencement de développement.

3- La jeunesse

Permettre aux jeunes d’exercer leur droitpolitique à partir de 21 ans, c’est reconnaitre la force de la majorité de la population dans les affaires du pays. Le dicton nous dit qu’« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ».

Cette ouverture à la jeunesse faciliteraitl’acquisition de l’expérience et la connaissance de la chose publique. L’IHSI, dans un document publié en 2024, intitulé « Estimations désagrégées de la population haïtienne en 2024 », nous dit que les jeunes représentent plus de 62% du pays. Ce qui implique que leur participation dans la vie politique, sociale et culturelle du pays est fondamentale. Bref, permettre aux jeunesd’impliquer très tôt dans les affaires du pays, c’est essayer de construire l’avenir avec plus assurance.

5- Les deux mandats consécutifs du président de la République

Permettre au président d’exercer deux mandats consécutifs, c’est réaliste. Certaines gens ont peur que le président ne se convertisse pas en un dictateur. D’après nous, ce n’est pas le mandat qui transforme un élu en dictateur, c’est de préférence l’élu qui peut transformer son mandat en une dictature. Même avec un seul mandat, le président peut devenirun dictateur. En effet, les deux mandants consécutifs de cinq ansassureront la stabilité de la présidence et le suivi des projets déjà démarrés.

En Haïti, on constate toujours des manquements dans la continuité de l’État. On a toujours tendance à mettre de côtéce qui a été déjà commencé. Mais, une chose sûre, les présidents passent, mais l’État demeure comme institution. Chacun peut avoir sa vision de l’État, ce qui est normal en démocratie. Cependant, les projets déjà commencés ne doivent pas être une affaire d’individus, mais de la République.

B- Les points faibles
1-Le régime politique

Comme on a mentionné en haut, l’essence même d’une constitution, c’est le régime politique qu’elle définit.
Conventionnellement, le régime hybride (semi-présidentiel/ semi-parlementaire) que nous avons actuellementest hérité de la France. Il a été conçu sous la Cinquième République pour faciliter l’équilibre des pouvoirs après plusieurs années de blocages au niveau du parlement.
Malgré son adoption depuis 1958, il n’a pas pu résoudre les problèmes pour lesquels il a été conçu.

Un coup d’œil sur l’actualité politique en France pendant ces dix dernières années vous en dira plus. De même que ses anciennes colonies en Afrique qui ont opté pour ce même régime, se sont transformées dans le temps, en des pouvoirs autoritaires (un présidentialisme à outrance). Ne parlons pas de chez nous depuis 38 ans. 

De 1987 à nos jours, le pays a connu environ une trentaine de premiers ministres et une quinzaine de chef d’États, cinq seulement sont élus par le peuple. Ce régime politique favorise la corruption, lorsqu’il est questionde nommer ou censurer un premier ministre. Théoriquement, il a donné le plein pouvoir au chef du gouvernement, mais dans laréalité, c’est le président qui exerce le vrai pouvoir politique. D’où la nécessité de le changer pour permettre une meilleure harmonisation entre les pouvoirs de l’État.

Malheureusement, l’Avant-projet de 2025, n’a pas pu résoudreces problèmes. Si on parle d’hybridité pour la Constitution de 1987, pour cet Avant-Projet, on ne sait pas de quoi il s’agit. Certains parlent d’un présidentialisme. Mais, en droit constitutionnel tout comme en science politique, le présidentialisme n’est pas considéré comme un régime politique. C’est un déséquilibre entre les trois pouvoirs de l’État où le président concentre tous les pouvoirs. Cette réalité peut être observée ni dans un régime présidentiel ni dans un régime mixtecomme le nôtre.

Toutefois, si nous adoptons la démocratique comme système, il est complètement anormal d’accepter le présidentialisme comme mode de gouvernance politique. C’est une inadéquation au principe de la séparation des pouvoir.

Conventionnellement, dans un régime présidentiel, il n’existe pas de poste de premier ministre, de préférence un vice-président éluau suffrage universel avec le président. Cela peut être existé dans un État fédéral tout comme un État unitaire.

Dans un régime présidentiel, on trouve des provinces ou régions au lieu desdépartements. Chaque région est dirigée par un gouverneur élu également au suffrage universel direct et a toute une administration dévolue à sa fonction. Dans un tel régime, la séparation des pouvoirs est claire, chaque pouvoir reste dans limite de ses attributions. L’un ne peut renvoyer l’autre, sauf d’exceptions clairement stipulées dans la constitution. Georges Burdeau explique que Le régime présidentiel est celui qui, en assurant au maximum l’indépendance des pouvoirs, réalise leur séparation la plus complète », 2015, p.8.

2- La Zone économique exclusive

L’article 8, alinéa b, de l’Avant-Projet, stipule que la zone économique exclusive (ZEE) fait partie du territoire national. Ce n’est pas du tout le cas. Selon l’article 56 de la Convention de Montego Bay sur les droits de la mer (1982), la ZEE (200 milles marins) ne fait pas partie du territoire nationale, et de ce fait, l’État côtier ne peut y exercer sa souveraineté. Par contre, il peut l’exploiter à des fins économiques, exploratoires, etc.

D’après les articles 2 et 3 de cette même convention, seulement la mer territoriale fait partie exclusive de l’État côtier et s’étendant à 12 milles marins. L’Étatcôtier peut également exercer certains contrôles sur la zone contiguë (24 milles marins) pour prévenir ou réprimer certaines violations liées à ses lois et règlements en matière de douane (art. 33).  

3- Le nombre de ministères.

L’article 146 de l’Avant-projetstipule que le nombre de ministères ne peut être supérieur à quinze (15). À notre avis, ce n’est pas tout à fait utile de l’inscrire dans une constitution. Cela peut être resté à la discrétion du chef de l’État. Un ministère est créé en fonctiond’un besoin national ou d’une crise.

En effet, n’importe quelle situation, par exemple : une catastrophe naturelle, une épidémie, une guerre, le changement climatique, l’explosion démographique, etc., peut provoquer la création un nouveau ministère. De même, il y a des ministères qui sont là aujourd’hui,mais qui n’existeront plus à l’avenir. C’est le cas par exemple du Ministère de la guerre et de la marine.

4- La Haute Cour de justice (art. 171) du Projet.

Cette question est un vœu pieux pour les constituants de 1987 et ceux faisant partie du Comité pilotage. Les deux principes cardinaux qui régissent l’administration de la justice sont : l’impartialité et l’indépendance des magistrats.

Comment demander à unpoliticien devenu sénateur de la République, membre d’un parti politique, de se convertir en juge pour juger un autre membre de son parti qui, devient soit président de la République, ministre ou secrétaire d’État, conseiller à la Cour des comptes ou au Conseil électoral provisoire, et autres, dans un système partisan? Sommes-nous à ce niveau de démocratie en Haïti? Sommes-nous capables de faire ce dépassement?

Même des pays qui secomportent en champions de la démocratie, ne peuvent pas atteindre un tel sommet. Sinon, le Congrès américain pouvait destituer et juger Donald Trump après l’assaut du Capitole. Ce que nous devons retenir, la chambre (sénateurs et députés), est constituée des politiciens. Cela sous-entend qu’ils ne peuvent pas être juges et partis dans une même affaire.

La question de la Haute Cour de justice, telle qu’elle est prévue dans l’Avant-projet est incompatible avec la fonction de la justice.
En outre, en matière de corruption, cette question de la Haute Cour de justice est contraire à certains instruments juridiques internationaux votés et ratifiés par Haïti. C’est le cas par exemple de la Convention des Nations unies contre la corruptionratifiée en 2007 et celle de la Convention interaméricaine contre la corruption ratifiée par Haïti en 2000. Dans ces deux conventions le président de la République, les ministres, les secrétaires d’État et autres sont considérés comme des agents publics et sont passibles devant les tribunaux de droit commun.

La Haute Cour de justice est aussi en contradiction profonde avec les articles 133, 133-1 et 143 de cet Avant-projet, qui fait du président de la République un ordonnateur et comptable du dernier public. De ce fait, lui et ses ministres n’ont pas besoin d’un tribunal spécial pour les juger en cas de corruption. Ils sont tous passibles devant les tribunaux ordinaires.

Par ailleurs, cetteHaute Cour de justice (art.171) est incompatible avec la loi portant prévention et répression de la corruption, qui ne donne aucune immunité aux hauts fonctionnaires de l’État en cette matière.

5- La Diaspora haïtienne.

Une nouvelle fois, dans le Projet de la Constitution de 2025, les Haïtiens et Haïtiennes de la diaspora ne trouveront pas réellement leur place. Au lieu d’être intégrés, ils se trouvent entre l’enclume et le marteau. L’article 11 de cet Avant-projet stipule que « Possède la nationalité haïtienne d’origine, tout individu né d’un père haïtien ou d’une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et n’avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance ».

Cet article est contraire à l’article 121-1 qui concerne l’éligibilité du présidant de la République. Il déclare que pour être élu Président de la République d’Haïti, il faut : « Être haïtien d’origine, n’avoir jamais renoncé à sa nationalité haïtienne et ne détenir aucune autre nationalité ».

De même pour élire sénateur de la République, l’article 78-1 indique : « Être Haïtien d’origine, n’avoir jamais renoncé à sa nationalité et ne détenir aucune autre nationalité au moment de l’inscription » et finalement l’article 73-1 qui concerne l’élection d’un député fait les mêmes exigences. Ces dispositions excluent toute possibilité à une personne naturalisée ou détenue une double nationalité d’accéderà l’une de ces fonctions électives.

6- Le pouvoir Judiciaire.

Les articles 158 à 170 de l’Avant-projet ne résolvent pas les problèmes existant dans le système judiciaire. Au contraire, ils les rendent beaucoup plus opaques.La question de nomination à vie pour les juges de la Cour de cassation est une imitation servile du régime politique américaine. Même pour les États-Unis, cette affaire « de juge à vie » fait pencher parfois l’équilibre des pouvoirs. C’est le casactuellement où tous les pouvoirs sont concentrés aux mains duprésident Trump (présidentialisme). Cependant, chez nous, avec nos attitudes autoritaires, il n’est pas du tout évident que les juges puissent être nommés à vie dans le système, surtout, si c’est par le président de la République.

En effet, pour arriver à l’indépendance du pouvoir judicaire, il vaut mieux que les juges et les officiers du parquet puissent être nommés de manière délibérative par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Désormais, les officiers du parquet porteront le titre de Procureur de la République. Au lieu de représenter le gouvernement dans les tribunaux, ils représentent de préférence la société.

En définitive, l’Avant-projet constitutionnel de 2025 estproblématique. C’est une accumulation d’articles tirés de plusieurs constitutions qui ne font que brouiller notre compréhension de la chose publique qu’au lieu de résoudre certains problèmes cruciaux que traverse le pays. Ce texte ne clarifie pas la nature du régime politique de la Constitution de 2025. Au contraire, il est flou et contient plus de confusions que de clartés. Cependant, il faut reconnaitre également qu’un changement ou une révision constitutionnelle s’impose actuellement. Mais, il est de notre responsabilité de trouver une solution rationnelle à cette situation. Cet Avant-projet tel qu’il est, mérite des corrections profondes, avant de le soumettre à un référendum.

Par Maximot Saintima
Juriste et politologue
Diplômé en science politique et droit international à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Vers la relance des négociations avec les parties prenantes pour un déblocage de la crise Haïtienne

Depuis plusieurs mois le conseil présidentiel fait l’objet de vives critiques en raison de son inefficacité. Malgré des promesses à répétition provenant du CPT, la crise politique et sécuritaire perdure encore. Dans une perspective de redressement de la situation, la CARICOM, principal forgeur de cette transition veut relancer les négociations avec les parties prenantes de l’accord du 3 Avril.

En effet, selon des informations recueillies par notre rédaction, l’organisation hémisphérique a déjà contacté les chefs de file des parties prenantes à ce sujet. « Le redressement du processus de transition et le déblocage de la crise politique et sécuritaire seront au coeur des discussions. »

Contacté par notre rédaction, l’un des chefs de file des parties prenantes qui nous confirmé l’information se dit prêt à engager les discussions avec la CARICOM pour un dénouement à crise.

« Oui, effectivement la CARICOM nous a contacté dans la perspective de discuter autour du redressement de la transition, a confié ce leader à notre rédaction.

S’achemine-t-on vers un redressement du CPT ou une nouvelle formule de transition dans les mois à venir? Il n’est que d’attendre.

Gédéon Delva

Au sommet Caraïbes-Brésil, Fritz Jean récolte des promesses d’aide pour Haïti

Dans le cadre de la participation de Fritz Jean au sommet Caraïbes-Brésil tenu le 13 juin à Brasilia, Haïti a été sélectionnée pour recevoir les premiers projets de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté. Dans une publication sur X, le président du Conseil de transition, Fritz A. Jean, a annoncé qu’Haïti bénéficiera d’un don de 300 millions de dollars pour des projets sociaux.

Haïti, bénéficiaire des premiers projets de l’Alliance

Au sommet Caraïbes-Brésil, Haïti peut se réjouir de quelques promesses d’aide. Aux côtés de la République dominicaine, le pays a été sélectionné pour bénéficier des premiers projets de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, avec le soutien de la Banque interaméricaine de développement (BID). C’est le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva qui a fait cette annonce le 13 juin 2025, lors de ce sommet qu’il a lui-même initié. Il a également évoqué la mise en place d’un programme de transferts de revenus qui, selon lui, pourrait transformer la vie des Haïtiens.

À cet effet, sur X (anciennement Twitter), Fritz Alphonse Jean, président du Conseil présidentiel de transition, a remercié son homologue brésilien pour son engagement sans faille en faveur du peuple haïtien.

Par ailleurs, le président du CPT a annoncé que la BID, par l’intermédiaire de son président Ilan Goldfajn — qui s’est récemment rendu en Haïti —, s’est engagée à soutenir une proposition soumise au conseil de l’institution. Cette demande prévoit des dons pouvant atteindre jusqu’à 300 millions de dollars pour financer des projets sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l’accompagnement des jeunes filles victimes de violences sexuelles.

Un fonds est également mis à la disposition du gouvernement haïtien pour la réalisation d’une étude de faisabilité visant l’installation d’un réseau national de fibre optique.

Ilan Goldfajn a promis l’ouverture d’un bureau permanent de la BID au Cap-Haïtien, en complément de celui déjà existant à Port-au-Prince. En ce qui concerne le secteur privé, les crédits disponibles via IDB Invest seront octroyés selon le mérite des projets soumis.

Croisade diplomatique des CP, pour quelles retombées?

Il convient de rappeler que le président du CPT a quitté le pays le 11 juin à la tête d’une délégation composée de plusieurs hauts responsables haïtiens, dont la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Ketleen Florestal. Cette participation au sommet s’inscrit, selon la Présidence haïtienne, dans une stratégie diplomatique visant à renouveler le soutien des partenaires internationaux.

Les déplacements des autorités haïtiennes se multiplient : Leslie Voltaire revient d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Association des États de la Caraïbe (AEC), tenu à Carthagène, au Salvador, tandis que le conseiller présidentiel Laurent Saint-Cyr a représenté Haïti à l’UNOC3 en France, où il a pu rencontrer le nouveau secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin. Encore des promesses d’aide à Haïti a survenu.

Cependant, la barque nationale peine à se redresser. L’insécurité s’aggrave. Selon le dernier rapport de l’OIM, près de 1,3 million de personnes ont été déplacées en seulement six mois. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme rapporte plus de 2 000 meurtres depuis le début de l’année.

Au point des efforts locaux, les forces de l’ordre peinent toujours à rétablir le calme, malgré un budget spécial, la présence de la force multinationale, et celle — présumée — de mercenaires. Seuls l’usage de drones kamikazes semble momentanément repousser les gangs dans la capitale.

Cette année, annoncée comme électorale, reste minée par les incertitudes liées à la conjoncture politique et à la dégradation de la situation sécuritaire.

Wideberlin Sénexant

Le bilan des 100 premiers jours du nouveau DG de l’OAVCT, déjà quelques changements réalisés

PORT-AU-PRINCE.— Le nouveau directeur général de l’Office d’Assurance des Véhicules Contre-Tiers, Pierre Jean Raymond ANDRÉ a présenté, ce vendredi, le bilan de ses 100 premiers jours à la tête de l’institution. En guise de réalisations, il a fait état d’une série d’initiatives visant à redynamiser l’OAVCT.

Les quelques réalisations

En effet, dans une vidéo diffusée sur les comptes officiels de l’OAVCT, on a pu voir le directeur général noter certaines de ses réalisations comme la dotation en véhicules des services de constat de Pétion-Ville et de l’Avenue Charles Sumner, l’inauguration d’un nouveau bâtiment à Tabarre et la création d’une nouveau site internet interactif.

Pierre Jean Raymond est convaincu que ces initiatives peuvent optimiser les services de l’OAVCT, et le rapprocher des contribuables. Il s’est aussi illustré par une participation active aux réunions du Conseil d’Administration du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), renforçant les synergies entre l’OAVCT et les grandes orientations de la politique économique nationale.

Entre autres réalisations durant ses 100 premiers, le nouveau DG affirme avoir réorganisé le travail de bureau par des réunions hebdomadaires de coordination, une tournée dans le Nord pour appréhender les réalités régionales et intégrer les préoccupations locales dans les décisions stratégiques. Il a également fait mention du lancement d’une semaine nationale de sensibilisation à la sécurité routière.

*Une meilleure collaboration avec le syndicat^

Parallèlement, parmi les collaborateurs de Pierre Jean Raymond André, les réactions à ce premier bilan paraissent un peu mitigées. D’abord certains ont salué une approche proactive et un leadership qui semble impulser une nouvelle dynamique à l’institution. Alors que ont préféré lancé une mise en garde.

Le Syndicat des Employés de l’OAVCT en a profité pour lancer un avertissement direct. La gestion actuelle risque de marcher les traces funestes des anciennes administrations si elle cède à la pression de ceux qui ont nommé le DG à ce poste.

Le Secrétaire général du SE-OAVCT accuse déjà le CPT de manipulations politiques et de tentatives de mainmise sur l’institution. Jean Roody SAINT JUSTE, a pointé du doigt un réseau d’influence capable de faire et défaire les dirigeants, au mépris des lois et des intérêts du personnel.

«Ces neuf conseillers-présidents, avec la complicité de certains secteurs politiques, sont connus pour exiger de fortes sommes d’argent aux directeurs généraux. C’est ainsi qu’ils ont poussé certains à la démission, ou à la prison», a-t-il déclaré, affirmant que le syndicat avait déjà prévenu le DG dès son arrivée.

Parmi les grands chantiers à entreprendre, Pierre Jean Raymond André devra aussi aborder la question de promotion et d’ajustement salarial, considérée comme une préoccupation pour le SE-OAVCT qui parle du traitement injuste et inégalitaire en ce sujet.

Jean Mapou

30 ans pour la PNH : quand le RNDDH décrypte les failles de l’institution policière

La Police nationale d’Haïti (PNH) fête 30e anniversaire. À cette occasion pour le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) de dresser un bilan sombre de l’institution. Dans un rapport publié ce 12 juin 2025, l’organisme pointe les failles structurelles, la précarité des agents, le manque d’équipements et appelle à des réformes urgentes.

Créé le 12 juin 1995, la Police nationale d’Haïti (PNH) souffle ses 30 bougies dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, les attaques de gangs armés et une défiance grandissante envers les autorités. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) en profite pour faire le point sur le fonctionnement de l’institution policière et les conditions de travail de ses agents. Son rapport est sévère, mais lucide.

Conditions de travail déplorables

Le RNDDH dénonce d’abord les effets directs de l’insécurité sur les policiers. Les quartiers traditionnellement habités par les forces de l’ordre comme Solino, Delmas ou Carrefour-Feuilles étant passés sous le contrôle des gangs, de nombreux agents ont été contraints de fuir leur domicile. Certains vivent désormais dans les commissariats ou chez des proches, souvent dans des conditions indignes. Le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) reste passif face à cette précarité, déplore l’organisme.

Un budget de guerre en trompe-l’œil

L’institution a, certes, bénéficié d’un budget rectificatif de près de 33 milliards de gourdes en avril dernier, qualifié de « budget de guerre » par le gouvernement. Mais, selon le RNDDH, 73 % de cette enveloppe est consacrée aux salaires et charges sociales, tandis que seulement 3 % du budget global de l’État est réellement dédié à l’investissement du matériel, des infrastructures et la formation. Une répartition jugée insuffisante face aux défis sécuritaires.

Rémunération et reconnaissance : une source de frustration

Le rapport fustige aussi l’irrégularité des paiements, l’insuffisance des salaires, et l’absence de reconnaissance du mérite. Malgré l’adoption de textes accordant des primes de risques et prévoyant un plan de carrière, ceux-ci restent inapplicables ou mal appliqués. Le moral des troupes s’effrite. « Beaucoup d’agents sentent que leur engagement n’est ni reconnu ni récompensé », note le RNDDH.

Équipements et renforcement des capacités : des efforts à saluer

Si l’institution bénéficie d’un appui international constant (notamment du Canada, des États-Unis et de la France), le RNDDH regrette que les équipements – armes, véhicules blindés, drones – soient encore largement fournis par l’étranger. Il salue néanmoins les formations continues et les nouvelles promotions de recrues qui contribuent au renforcement des capacités internes.

Des attaques et des pertes lourdes

Entre juin 2024 et juin 2025, au moins 33 policiers ont été tués, pour la plupart dans des affrontements avec des gangs. Plusieurs commissariats et infrastructures pénitentiaires ont aussi été attaqués ou détruits. Le RNDDH alerte sur les zones reprises mais non sécurisées durablement, comme Solino, où les bandits ont rapidement repris le contrôle après le départ des forces de l’ordre.

La Task Force sous critique

Si l’utilisation de drones kamikazes a permis d’infliger des pertes aux groupes armés (plus de 300 morts selon le RNDDH), l’organisme critique la coordination de ces opérations. Absente au départ, la PNH n’est toujours pas véritablement impliquée dans la gestion des drones, pilotée par la Primature. Résultat : aucune victoire durable, aucune arrestation majeure de chefs de gangs.

Une réforme structurelle urgente

Pour le RNDDH, le 30e anniversaire de la PNH doit être l’occasion d’une réforme en profondeur. Il appelle à une amélioration des conditions salariales, une reconnaissance effective du mérite, un meilleur accompagnement des blessés et des familles de policiers tués, ainsi qu’à une implication réelle de la PNH dans la coordination des opérations de sécurité.

Loin de toute célébration, ce 30e anniversaire met à nu les failles criantes d’une institution indispensable mais fragilisée. Pour le RNDDH, la PNH ne pourra jouer pleinement son rôle de garante de la sécurité publique qu’à condition de bénéficier de moyens suffisants, d’un encadrement efficace, et d’une volonté politique ferme de la réformer en profondeur.

Wideberlin Sénexant

Signature de l’accord entre le gouvernement et Sunrise Airways: les avis sont partagés

Après plusieurs mois de suspension, la compagnie Sunrise Airways relance ses vols domestiques à compter de ce 12 juin, grâce à un protocole d’accord signé avec le gouvernement haïtien.

Depuis sa signature, cet accord de plus de quatre articles suscite de nombreuses interrogations quant à son contenu et ses avantages pour l’Etat haïtien ainsi que pour le population en particulier.

En son article premier, l’accord stipule: l’Etat haïtien, usant de ses prérogatives de puissance publique, solicite de la compagnie nationale de SUNRISE AIRWAYS de reprendre progressivement ses vols commerciaux réguliers à l’aéroport international Toussaint Louverture. Au regard de l’article 2 dudit accord, la compagnie accepte de répondre favorablement à la demande de la puissance publique.

Si cette reprise vise à offrir une alternative aux routes contrôlées par les gangs, elle suscite déjà une vive controverse en raison de la hausse spectaculaire des tarifs : 215 dollars pour un aller simple entre Port-au-Prince et Cap-Haïtien, et 240 dollars pour Cap-Haïtien–Les Cayes.

Réagissant à cette décision de l’Etat haïtien, l’économiste Enomy Germain voit une capture de l’Etat haïtien par le secteur privé. «Jusqu’à 11 millions de dollars américains pour encourager la compagnie Sunrise à reprendre ses vols internes. POLITIK TÈT CHAT, mais intentionnelle. C’est la preuve que le secteur privé est au pouvoir, à la Primature comme au CPT», a écrit M Germain sur son compte X après la signature de l’accord.

C’est comme de la subvention à un monopole. Or, subventionner un monopole, c’est faire payer la population deux fois : une fois à travers des prix élevés et souvent injustifiés, et une deuxième fois par ses taxes, a-t-il poursuivi

Pour lui, ce soutien ne règle ni l’insécurité, ni la précarité. Il renforce la position dominante d’un opérateur unique, au détriment des consommateurs et de la concurrence.

Rencontrés à l’aéroport Guy Malary, plusieurs voyageurs ont salué la décision de reprendre les vols interurbains. Regrettant tout de même le prix exorbitant du billet, ces passagers estiment que cela ouvre, au moins, une voie d’accès entre les départements.

« Nous avions besoin de voyager et d’aller voir ma famille dans le sud. Les routes nationales sont toutes bloquées par les bandits. Il revient, donc, à l’État d’assumer ses responsabilités pour permettre aux citoyens d’avoir un minimum vital, qui est le droit de circuler », argumentent Mike et Sherly, échangeant entre autres sur le tarmac.

Gedeon Delva

Célébration de la PNH: 30 ans de résilience et de résistance dans l’engagement pour la patrie

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Une cérémonie marquant le 30e anniversaire de la Police nationale d’Haïti (PNH), ce jeudi 12 juin, a été organisée en présence de plusieurs autorités du pays.

Déroulée à la chapelle de l’amphithéâtre de l’École nationale de Police (ENP), cette cérémonie solennelle, à laquelle y ont participé le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, les conseillers présidentiels Leslie Voltaire, Smith Augustin et Edgard Leblanc Fils, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, des autorités judiciaires, a été présidée par l’archevêque de Port-au-Prince, Monseigneur Max Leroy Mésidor.

Dans son homélie, le prélat a exhorté les policiers à faire preuve de résilience et de résistance ainsi que de courage dans l’exécution de leurs tâches. « Je vous invite à être solidaires dans le but de combattre les mauvaises influences pouvant rejaillir négativement sur l’institution », a prêché Monseigneur Mesidor.

Le directeur général a.i. de la PNH, Monsieur Rameau Normil, des membres du haut commandement, des officiers de la Mission multinationale de soutien à Haïti (MSS), ainsi que des responsables municipaux ont honoré de leur présence cette célébration.

En les rendant un hommage appuyé, Rameau Normil a salué la mémoire des agents, tués sur le champs de bataille. Le commandant en chef est revenu sur le plan de modernisation de la PNH évoquant ainsi « le renforcement de ses capacités opérationnelles, des moyens adéquats, l’accompagnement social digne pour les agents ,la création d’une Police de l’air, création de Centres de formation dans le Nord et le Sud ». Devant toute l’assistance, le directeur général a déclaré: « Je vous le dis avec force, nous allons rétablir la sécurité. Nous ferons régner l’ordre, Nous allons rendre Justice ».

Pour sa part, le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, a salué les efforts soutenus de l’institution policière, qui, depuis sa création par la loi du 29 novembre 1994, œuvre sans relâche à assurer la protection des vies et des biens sur tout le territoire national, conformément à sa devise : « Protéger et servir ».

À cette occasion, en sa qualité de président du CSPN, le Premier ministre a rendu un hommage appuyé aux policiers et policières tombés ou portés disparus dans l’exercice de leurs fonctions.

Killy Johao