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La FHF Appelle à l’Union et au Soutien en Période de Doute

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Face à la vague de réactions suscitées par les récentes performances de la sélection nationale haïtienne, la Fédération Haïtienne de Football (FHF) a publié un communiqué appelant à la solidarité, à la responsabilité et à la foi collective dans l’avenir du football haïtien.

Les derniers résultats des Grenadiers, en éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 ainsi qu’en ouverture de la Gold Cup 2025, ont déçu une partie du public, provoquant de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux et dans les médias. La FHF affirme entendre cette passion, qu’elle considère comme « le reflet d’un attachement profond du peuple haïtien à son équipe nationale ».

Dans ce communiqué empreint de lucidité, la fédération souligne que ces moments difficiles doivent être l’occasion de se rassembler plutôt que de se diviser. « C’est justement dans ces périodes de doute que l’unité autour de notre football devient essentielle », insiste-t-elle.

La FHF assure que les joueurs et le staff technique poursuivent leur travail avec « sérieux, engagement et lucidité », conscients des attentes du peuple haïtien. Elle souligne également que si les critiques sont entendues et peuvent être constructives, l’équipe a également besoin de sentir que le lien avec la nation reste solide.

L’instance fédérale appelle les supporters à exprimer leur opinion dans un esprit de respect et de responsabilité. Car c’est en préservant cet espace commun que nous pourrons, ensemble, construire un avenir plus fort pour notre football, précise le texte.

En conclusion, la Fédération Haïtienne de Football invite le peuple à continuer de croire et de soutenir ses Grenadiers malgré les épreuves. La route est encore longue, et rien n’est écrit d’avance. Ce qui fera la différence, c’est notre capacité à traverser ensemble les épreuves, sans jamais perdre de vue ce qui nous unit.

Mardoché D’Août

Assassinat de Jovenel Moïse: La Cour d’appel a refusé la demande d’audition par visioconférence de Martine

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PORT-AU-PRINCE.— L’épouse du défunt président Jovenel Moïse ne s’est pas présentée à la Cour d’appel ce mercredi 18 juin. Les avocats de Martine Moïse ont sollicité une audition en visioconférence, une demande catégoriquement rejetée par le tribunal.

L’un des avocats, Me Lemoine Gélin, a adressé à la Cour une requête pour que l’audition se tienne à distance, évoquant des préoccupations liées à la santé et à la sécurité de sa cliente. Cependant, les juges ont opposé une fin de non-recevoir à cette demande, insistant sur la nécessité d’une comparution physique dans le cadre de cette affaire.

Par ailleurs, Me Rocky Pierre, représentant du ministère public, a critiqué l’attitude de l’ex-première dame, l’accusant de ne pas faire preuve de bonne foi dans sa collaboration avec la justice haïtienne.

Ce refus de se représenter par Martine Moïse dans le cadre d’un dossier aussi sensible relance les interrogations sur aon comportement face à la justice et sa volonté réelle de coopérer, alors que les proches de l’ex-président Jovenel Moïse réclament toujours vérité et justice.

Jean Mapou

De quelle autorité l’ECC expertise-t-elle les marchés publics de la PNH ?

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Sur la base d’une supposée gestion opaque de la PNH, l’organisation de la société civile Ensemble Contre la Corruption (ECC) questionne les passations de marchés publics adjugées au sein de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Sans répondre aux questions des médias, l’ECC indique avoir été interpellée par des soumissionnaires qui auraient perdu des contrats dans le cadre des services de restauration de la PNH. Le contrat en question concerne les services de restauration de l’institution, d’une valeur de 29 millions de dollars pour l’exercice 2024-2025.

Depuis lors, l’organisme tempête dans les médias à propos de ce dossier, allant jusqu’à en faire une affaire personnelle. Pourquoi ? Le Relief a décidé d’aller au fond des choses. Selon nos informations, un contrat a été passé pour la restauration de la police. Après l’ouverture des plis, la commission chargée de superviser les dossiers a attribué le marché à un soumissionnaire dûment qualifié. C’est à ce moment qu’un proche d’une organisation membre du consortium de l’ECC est allé se plaindre.

Un appel à la transparence

S’inscrivant dans le cadre des efforts de l’organisation pour promouvoir la transparence et la bonne gouvernance, l’ECC doute de la bonne gestion des fonds publics dans plusieurs institutions. Sans faire la démonstration d’une solide expertise, l’ensemble évoque une série de techniques et de mécanismes administratifs qui devraient encadrer les procédures dans le cadre de la lutte contre la corruption. De quoi faire douter de la bonne intention de ce consortium de la société civile dans ce pays. L’ECC se montre capable d’évaluer la conformité légale et administrative d’un contrat public. A-t-elle cependant la compétence technique pour le faire ?

La focalisation constante sur les marchés de restauration de la PNH risque de décrédibiliser non seulement la lutte contre la corruption par ces organisations de défense des droits humains, mais aussi d’autres dossiers.

Détenant l’hégémonie dans la fabrication des actes et documents pour Transparency International, l’ECC devrait faire preuve d’un peu plus de transparence dans l’identification des dossiers, afin d’éviter que leurs rapports ne perdent en crédibilité.

Instrumentalisation de la lutte anticorruption

Alertée par la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), autorité qualifiée pour intervenir, la démarche de l’ECC peut nuire et retarder les procédures. Pour un combat impartial, l’ECC doit exercer une vigilance accrue sur la gestion des fonds publics. Accéder aux dossiers, les examiner, mener des enquêtes et les divulguer en toute sérénité. Voilà une bonne approche pour éviter de créer de faux scandales dans une société déjà malade jusqu’aux os.

Avec des moyens importants, contrôlant des secteurs puissants, tant nationaux qu’internationaux, ce consortium indique à ce soumissionnaire les voies de recours prévues par la loi. Une démarche très intéressée, qui peut également peser lourd sur le travail des institutions mandatées, à savoir la Cour des comptes et l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).

Les enjeux financiers des marchés publics dans les institutions publiques sont énormes. C’est pourquoi l’ECC devrait encourager le respect des procédures et des normes d’attribution des marchés. Il est crucial d’éviter d’entrer dans des copinages et des affaires de clientélisme qui peuvent fragiliser même la lutte contre la corruption.

Jacques Fred Mourra

Deux projets musicaux pour célébrer Haïti autrement : La Poétique du Jazz et Haïti On The Beat

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Par Jean Venel Casseus

À l’occasion de la Fête de la Musique, ce 21 juin, je suis heureux de vous présenter officiellement deux projets musicaux expérimentaux qui me tiennent à cœur : La Poétique du Jazz et Haïti On The Beat (HOTB). Deux explorations artistiques radicalement différentes mais profondément liées par une même ambition : faire vibrer Haïti au rythme de la créativité et de la technologie.

Mon engagement s’inscrit dans une démarche résolument contemporaine, où musique, littérature et patrimoine immatériel s’entrelacent pour faire émerger des œuvres éducatives, modernes et profondément enracinées dans l’âme haïtienne. Ces projets visent à renouveler notre rapport à la culture, en mettant en évidence toute la splendeur de notre pays, sans folklorisme, sans nostalgie, mais avec audace et liberté.

La Poétique du Jazz est un album de 12 morceaux entièrement composés à partir de poèmes d’auteurs haïtiens de différentes époques. Ils sont : René Depestre, René Philoctète, Dominique Batraville, Farah Martine Lhérisson, Jean Venel Casséus, Patrick Louis (Kanga), Émile Roumer, Roussan Camille, Auguste Ténor, Guy Gérald Ménard et Davertige. L’album fait dialoguer les mots et les sons, les vers et les harmonies, dans un voyage musical allant du jazz classique au créole-jazz le plus inventif. Chaque piste est une immersion dans un univers poétique et sonore unique, où la musique devient langage, et la poésie devient souffle. Cliquez pour écouter: https://youtube.com/playlist?list=PLRLG1zOqZjaKzqkyWgK62fS2PdJre3u5J&si=2oRIDEyqhUTRBmsd

Le second projet, Haïti On The Beat, est une proposition plus festive, presque euphorique. Construit autour de 7 pistes aux sonorités électro, afro, Compas-Techno, cet album expérimental donne vie à une idée forte : faire coexister l’héritage culturel et la modernité musicale et technologique. Les proverbes haïtiens, entre autres, porteurs d’une sagesse populaire millénaire, y sont remixés, chantés, scandés, dans une rythmique brûlante, cadencée, presque incantatoire. Ce projet s’inscrit dans la logique de mon manifeste artistique : Ne joue pas avec la musique — une manière de rappeler que la musique, chez nous, est à la fois jeu, enjeu, mémoire et puissance douce. Écoutez ici: https://youtube.com/playlist?list=PLRLG1zOqZjaJ8tSr66Bv4USF1bR1IC1JW&si=CNCUSehuWSFE93Lo

Avec ces deux projets, je veux affirmer que Haïti peut encore surprendre, émouvoir, innover. Que notre patrimoine n’est pas un musée, mais une source vivante. Et que la rencontre entre les traditions et les technologies peut accoucher d’une nouvelle esthétique haïtienne, libre et lumineuse.

Jean Venel Casséus
Journaliste, auteur, producteur.

Gestion opaque à la PNH ? Ensemble Contre la Corruption interpelle.

L’organisation de la société civile Ensemble Contre la Corruption (ECC) a organisé ce mercredi 18 une conférence au local du RNDDH, axée sur la question des passations de marchés publics au sein de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de l’organisation pour promouvoir la transparence, la bonne gouvernance et la gestion responsable des fonds publics dans les institutions étatiques. Les intervenants ont partagé avec les participants un ensemble d’informations techniques et administratives sur le déroulement de cette procédure, tout en soulignant certaines préoccupations exprimées au sein de la société civile et dans les milieux professionnels.

Au cours de cette rencontre, ECC a mis en avant la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de supervision dans les processus d’appel d’offres publics. L’organisation a encouragé les autorités concernées, notamment la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), à exercer pleinement leurs attributions afin de garantir que les procédures soient conduites dans le respect des normes établies, en assurant l’équité entre les soumissionnaires et en protégeant les intérêts de l’État.

Les représentants de l’ECC ont également évoqué l’importance des mécanismes de recours prévus par la loi, tels que le Comité de Règlement des Différends, pour permettre aux parties prenantes d’exprimer leurs observations et, le cas échéant, soumettre des contestations dans un cadre légal et organisé. Ils ont souligné que ces dispositifs constituent des outils essentiels pour renforcer la confiance dans les institutions publiques et prévenir les malentendus ou les conflits d’intérêt.

En plus des aspects techniques, la conférence a permis de replacer le débat dans un contexte plus large, celui des réformes nécessaires pour améliorer la gouvernance publique. ECC a rappelé que la transparence dans la gestion des marchés publics ne dépend pas uniquement de la qualité des textes légaux, mais aussi de la volonté politique, de la capacité institutionnelle et de l’implication des acteurs de la société civile. L’organisation a insisté sur le rôle que peuvent jouer les citoyens, les médias, les entreprises et les partenaires publics dans la construction d’une culture de responsabilité collective.

Dans son intervention, les responsables ont salué les efforts récents des pouvoirs publics, notamment l’initiative du gouvernement visant à professionnaliser la gestion des marchés à travers le lancement, en partenariat avec l’Université d’État d’Haïti (UEH), d’un programme de master spécialisé dans la passation des marchés publics. Une telle démarche, selon les intervenants, peut contribuer à doter le pays de cadres compétents capables de piloter les appels d’offres avec rigueur, impartialité et efficacité.

En conclusion, l’organisation a réaffirmé sa volonté de continuer à accompagner les efforts visant à améliorer la qualité des services publics et à promouvoir une gestion saine des ressources de l’État. Elle a exprimé le souhait que les autorités compétentes prennent en compte les différentes recommandations formulées, dans un esprit de collaboration et de renforcement institutionnel.

La conférence s’est déroulée en présence de membres de la presse, d’acteurs issus du secteur public et privé, ainsi que de représentants d’organisations de la société civile intéressés par les questions de gouvernance et d’intégrité publique.

Gesly J. Sinvilier

Des gangs armés, défiant encore les autorités, s’emparent d’un autre blindé à Kenscoff

KENSCOFF, Haïti .— Des bandits se sont emparés d’un véhicule blindé de la police nationale, lors d’un incident troublant dans la localité de Viard, ce mercredi. Le maire Massillon Jean a confirmé l’information sans apporter de précisions quant aux circonstances entourant cette perte.

La Police nationale d’Haïti (PNH) n’a pas encore émis de communiqué officiel pour clarifier l’incident, laissant la population dans l’incertitude quant aux mesures à prendre. Un blindé de la PNH sous le contrôle des gangs est une sérieuse menace, surtout s’ils parviennent à le manipuler.

Cet incident fait suite à une autre attaque survenue moins de 24 heures auparavant à Mirebalais, (Centre), lorsqu’un véhicule blindé a été incendié.

La récurrence de tels actes en un laps de temps montrant la capacité croissante des groupes armés à défier les forces de l’ordre et à semer la terreur au sein de la population, est un avilissement pour les autorités en place.

Jean Mapou

L’ex ambassadeur Roudy Stanley Penn suggère un régime présidentiel encadré pour Haïti

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Le politologue et ex-ambassadeur Roudy Stanley Penn plaide en faveur d’une révision profonde du régime présidentiel mis en avant dans l’avant-projet de la nouvelle constitution. Il suggère une présidence encadrée d’un consensus sociétal.

«Cet appel vise à garantir une séparation claire des pouvoirs» argumente-t-il, soulignant la nécessité de préserver la démocratie et la stabilité politique dans le pays.

Penn rappelle que la constitution actuelle ne prévoit pas la possibilité d’une modification par la voie référendaire, insistant sur le déficit de légitimité d’une initiative de cette envergure en dehors d’un consensus large parmi les forces vives de la société haïtienne.

«Quoique la voie référendaire ne soit pas prévue par la constitution, un tel processus ne pourrait être légitimé que par un large accord des citoyens. Sans elle, c’est une démarche mort-née, sujette à être renversée», a-t-il prévenu, notant l’importance de l’adhésion populaire dans toute tentative de réforme constitutionnelle.

L’ancien porte-parole de l’organisation d’étudiants étoile montante explique que cette démarche a été adoptée sous l’administration du défunt président Jovenel Moïse, qui avait mis en place un comité de travail. Toutefois, il note que sa proposition diffère substantiellement de celle du passé, puisqu’elle incite à une analyse comparative pour éclairer le débat.

Concernant les modifications proposées, Penn estime que le projet actuel offre un cadre politique plus structuré que la constitution en vigueur, mais appelle à une clarification des rôles de chaque pouvoir afin d’éviter l’émergence d’un régime autocratique. «Nous ne saurions livrer un boulevard politique au président. L’histoire nous rappelle les dérives causées par des administrations hégémoniques», souligne-t-il, plaidant pour des limites claires autour du pouvoir exécutif pour prévenir tout risque d’abus.

Parallèlement, Penn souligne l’urgence de disposer de contre-pouvoirs robustes pour responsabiliser les dirigeants, notamment par la mise en accusation du chef de l’État et des hauts fonctionnaires en cas d’abus. Il opte pour une collaboration renforcée avec le Parlement en matière de nominations afin de redistribuer et clarifier les responsabilités entre les différentes institutions. Il met en garde contre le fait que les sénateurs continuent d’avoir des attributions similaires à celles des députés, ce qui rendrait les démarches institutionnelles plus lourdes et complexes.

Enfin, le politologue appelle à une définition claire de la nationalité haïtienne, spécifiquement pour la diaspora. Cet ajout, selon lui, éviterait les malentendus et les abus potentiels liés à la nationalité, qui pourraient servir de bouclier pour échapper à des accusations ou bénéficier de privilèges indus.

Jean Mapou

L’AMELH se questionne sur l’utilisation adéquate de 182 millions de gourdes de fonds publics pour une campagne médiatique

L’Association des Médias Libres d’Haïti (AMELH) se dit préoccupée par les informations circulant dans l’espace public, selon lesquelles l’État haïtien aurait alloué plus de 182 millions de gourdes à des associations de médias pour soutenir une campagne autour de l’avant-projet de Constitution.

L’AMELH précise qu’aucun de ses membres n’est impliqué, de près ou de loin, dans cette initiative, « dont les modalités financières et politiques soulèvent de graves inquiétudes en matière de transparence, d’éthique et de respect de la déontologie journalistique ».

À travers sa devise « Voix libre, presse forte », l’AMELH réaffirme son attachement indéfectible à l’indépendance de la presse et à l’intégrité professionnelle, dénonçant par la même occasion une tentative d’instrumentalisation de l’information. En ce sens, elle s’oppose fermement à l’utilisation de fonds publics à des fins de propagande politique.
Dans une note signée par Marie Swamie Rameau, secrétaire générale ad interim, l’AMELH décline toute implication – personnelle ou collective – dans toute démarche partisane jugée contraire aux principes démocratiques.

C’est pourquoi elle exhorte les autorités à faire preuve de responsabilité et invite la société civile à rester vigilante face aux dérives potentielles qui menacent l’équilibre démocratique et l’avenir de la liberté de la presse en Haïti.

Colère populaire à Mirebalais : Haïti encore au bord du black-out général

La crise sécuritaire s’intensifie dans le Centre du pays malgré les engagements du gouvernement. À Mirebalais, les affrontements entre policiers et gangs armés se multiplient. À Péligre, ce 17 juin, des habitants en colère ont pris d’assaut la centrale hydroélectrique pour interrompant l’alimentation électrique vers Port-au-Prince après l’incendie d’un engin lourd de la Police nationale d’Haïti par les bandits. Haïti est désormais menacé par un black-out général.

La région du Centre a une nouvelle fois été secouée par une série d’événements violents aux conséquences potentiellement dévastatrices. À Mirebalais, des affrontements nourris ont opposé les forces de l’ordre à des groupes armés dans un contexte de tension croissante. Plusieurs individus armés ont été neutralisés au cours des opérations, alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) tente de reprendre le contrôle de zones occupées par les gangs.

Barricades en murs de pierres, pneus enflammés, rues désertées : Mirebalais offre aujourd’hui le visage d’une ville en état de siège.
Dans cette lutte asymétrique, les habitants ont tenté de soutenir les forces de l’ordre. Un engin lourd artisanal, surnommé « Bèk kare » [ en mémoire d’un jeune brigadier tué,NDLR] fabriqué grâce aux contributions économiques de la communauté pour déblayer les voies, a été utilisé dans les opérations. Mais après une panne, l’engin a été incendié par des individus armés, comme le montrent plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux. L’événement a provoqué une vague de frustration et d’indignation chez les riverains.

Dans un climat de tension extrême, suite à l’incendie, un groupe de citoyens en colère s’est dirigé vers la centrale hydroélectrique de Péligre — infrastructure cruciale pour l’alimentation en électricité de la capitale. Ils ont envahi la centrale et mis à terre un pylône électrique reliant Port-au-Prince, provoquant une coupure immédiate du courant dans plusieurs zones.

Ce geste de protestation traduit le ras-le-bol d’une population abandonnée face à la montée de l’insécurité. Le risque d’un black-out généralisé plane désormais sur le pays, avec des conséquences graves pour les hôpitaux, les écoles, les entreprises et les foyers déjà lourdement affectés par la crise économique. Une première coupure avait déjà plongé plusieurs quartiers dans le noir ces derniers jours.

Malgré les promesses des autorités, appelant à la patience pour permettre le rétablissement du courant, la méfiance persiste. La population du Centre exige des actions immédiates et tangibles pour rétablir la sécurité, relancer les services publics de base et faire face aux gangs qui, depuis le 31 mars 2025, tiennent Mirebalais sous leur emprise.

Assistera-t-on encore à une longue période sans électricité ? L’État central tiendra-t-il enfin ses promesses ? En attendant des réponses claires, tous les regards restent tournés vers Mirebalais, symbole d’un pays qui vacille entre espoir de redressement et effondrement total.

Wideberlin Sénexant

Haïti/Santé : annonces des réformes, support aux PVVIH… le ministre Sinal Bertrand détaille les priorités du secteur

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À l’occasion de la 13e édition des Mardis de la Nation, ce mardi 17 juin 2025, le ministre de la Santé publique, Dr Sinal Bertrand, a présenté plusieurs réformes visant à redresser le système de santé en Haïti. Entre rénovations d’hôpitaux, campagnes de recrutement, appui aux PVVIH et reconnaissance internationale, le ministère veut marquer un tournant.

Selon le ministre, le système de santé entre dans une nouvelle phase. Parmi les annonces faites : la réhabilitation des hôpitaux Justinien au Cap-Haïtien et La Providence aux Gonaïves, ainsi que le renforcement du service de neurologie à Jérémie.

Il a, également ,annoncé la réorganisation des dix directions sanitaires départementales, dans une optique de performance et de proximité. Le Dr Bertrand a précisé que le « Cadre d’Action Prioritaire » du MSPP a été soumis aux bailleurs de fonds pour mieux coordonner l’aide internationale.

Autre avancée majeure, Haïti a été élue au Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une reconnaissance importante, selon le ministre, qui permet au pays de participer activement aux grandes décisions sanitaires mondiales.

À l’occasion de la Journée nationale de la santé, plusieurs campagnes ont été menées : dépistage du cancer du sein, sensibilisation sur les maladies non transmissibles, activités physiques collectives, dératisation et actions d’hygiène publique.

Pour renforcer le personnel, une campagne nationale de recrutement est en cours, visant à intégrer des infirmières, sages-femmes et pharmaciens, notamment dans les services de maternité. Enfin, le ministre a rassuré les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) : l’USAID maintiendra son soutien, malgré la réduction annoncée du financement américain dans le domaine de la santé mondiale.

Selon Dr Sinal Bertrand, ces actions traduisent la volonté du gouvernement de bâtir un système de santé plus efficace, plus inclusif et mieux préparé à répondre aux besoins de la population.

La rédaction