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La violence poursuit son règne à La Chapelle : la commune se vide de près de 9 000 habitants

Sous la pression des groupes armés, La Chapelle s’est vidée. Plus de 8 800 personnes ont été forcées de quitter la commune de l’Artibonite après une attaque violente survenue le 22 juin 2025. Ce nouvel épisode sanglant intervient dans un contexte où les violences en Haïti ont déjà causé plus de 2 680 morts et déplacé plus de 1,3 million de personnes depuis janvier, selon les Nations Unies.

La terreur continue de gagner du terrain en Haïti. La commune de La Chapelle vient de s’ajouter à la liste des zones abandonnées par leurs habitants, face à la progression des groupes criminels lourdement armés. Selon le dernier rapport du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), au moins 8 890 personnes, issues de 2 257 familles, ont fui leurs foyers suite à l’attaque du dimanche 22 juin 2025.

La majorité des personnes déplacées ont trouvé refuge dans d’autres localités de l’Artibonite, tandis que d’autres ont tenté de rejoindre le département de l’Ouest. Selon l’OCHA, ces mouvements viennent alourdir une situation déjà critique, dans un pays où plus de 1,3 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du territoire.

Depuis le début de l’année 2025, les violences généralisées ont coûté la vie à plus de 2 680 personnes et fait au moins 957 blessés, selon les données de l’ONU. Les groupes criminels continuent de s’imposer, contrôlant de vastes portions du territoire et forçant des familles entières à fuir.

Les récentes attaques à La Chapelle qui ont fait près de 6 morts et l’incendie de plusieurs bâtiments publics et privés dont le commissariat, confirment une tendance déjà constatée : les gangs armés ne se limitent plus à la capitale. Ils s’étendent de plus en plus vers les communes et les régions de province, affaiblissant davantage un pays plongé dans une crise humanitaire et sécuritaire profonde.

Face à cette situation, la réponse sécuritaire nationale et internationale reste jusqu’ici insuffisante. La mission multinationale, dirigée par le Kenya depuis juin 2024, peine toujours à contenir les violences ou à reprendre le contrôle des zones abandonnées par les forces de l’ordre. La police nationale et l’armée rencontrent toujours des problèmes alors que les gangs ne chôment pas.

Pendant que les habitants fuient les balles, les questions persistent : qui pourra arrêter cette avancée des gangs ? Et combien de communes tomberont encore avant qu’une réponse efficace ne soit mise en place ?

Wideberlin Sénexant

Privé de soutien, le Kenya envisage de se désengager de la mission en Haïti, rapporte Diario Libre

Faute de soutien international, le Kenya envisage de se retirer de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) en Haïti, selon le média dominicain Diario Libre qui a rapporté l’information ce 26 juin 2025. Le président kényan William Ruto a alerté le Conseil de sécurité des Nations Unies sur le manque de ressources financières et humaines, menaçant de mettre fin à l’engagement de son pays si la situation persiste. Une annonce qui apparaît alors que la mission fête le premier anniversaire de la venue de sa première troupe en Haïti.

Alors que la mission fête son premier anniversaire, l’information est tombée comme une bombe. Selon Diario Libre, dans une lettre adressée au président du Conseil, Mohamed Irfaan Ali, et au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, William Ruto dénonce le non-respect des promesses internationales. Moins de 40 % des effectifs annoncés ont été déployés et seulement 11 % des fonds nécessaires pour la première année ont été réunis : environ 68 millions de dollars collectés sur les 600 millions prévus. « Nous sommes obligés de revoir notre engagement », a souligné le chef d’État kényan, appelant à une décision rapide avant l’expiration du mandat en cours.

Le président Ruto a également averti que des contrats logistiques essentiels sont sur le point d’expirer. Sans une réponse claire du Conseil de sécurité de l’ONU, le Kenya ne pourra pas maintenir sa position à la tête de cette mission, dont les capacités opérationnelles restent largement insuffisantes.

Cette mise en garde intervient alors qu’une réunion urgente du Conseil de sécurité est prévue ce lundi 30 juin, à la demande de la République dominicaine et du groupe A3++, soutenus par le président dominicain Luis Abinader et trois anciens présidents, Danilo Medina, Leonel Fernández et Hipólito Mejía. Ces dirigeants ont adressé des correspondances aux puissances membres du Conseil, y compris la Russie et la Chine, pour pousser à une action rapide.

Un an après : une mission sans impact

En Haïti depuis le 25 juin 2024, la mission multinationale menée par le Kenya n’a permis ni l’arrestation de chefs de gangs ni la reprise de territoires stratégiques. Des quartiers comme à Port-au-Prince, La Chapelle, Mirebalais et Saut-d’Eau restent sous contrôle des groupes armés.

Les violences se poursuivent : plus de 1,3 million de déplacés internes, au moins 2 680 personnes tuées et 957 blessées depuis janvier 2025, selon les Nations Unies.

Sur les 2 500 agents promis, seulement 991 sont actuellement déployés. La mission reste sous-financée et sans impact réel. Un an après, la sécurité ne s’est pas améliorée et la population haïtienne reste livrée à elle-même.

Par ailleurs, la mission a organisé une activité ce 26 juin pour marquer son premier anniversaire. Plusieurs membres de l’exécutif ont été présents dont le Conseiller-Président Fritz Alphonse Jean et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

W S

Enfin, le bilan de l’attaque des gangs à La Chapelle: 6 morts, 8 890 déplacés

Cinq jours après l’attaque armée des gangs aboutissant au contrôle de la commune de La Chapelle dans le département de l’Artibonite, les autorités gardent le silence. Ni le CPT, ni le gouvernement n’ont daigné communiquer sur la situation de cette commune, autrefois paisible de l’Artibonite.

Devant l’indifférence totale des autorités, c’est l’organisation onusienne, OCHA, qui a dressé un bilan partiel, de cette nouvelle attaque des bandits armés perpétrée contre la population de La Chapelle.

Selon les chiffres communiqués par l’agence onusienne, 6 personnes ont été tuées, tandis qu’un total de 8 890 personnes ont été déplacées.

91% se sont réfugiés dans d’autres communes du département et d’autres ont fui directement vers le département de l’Ouest.

Le récentes informations communiquées par l’OCHA soulignent, environ 95% des déplacées ont pu trouver une place dans des familles d’accueil, tandis que 5% d’entre eux ont été installées de manière spontanée dans des abris provisoires créés, suite aux attaques des malfrats. Cinq jours après, les autorités gardent le silence face a cette escalade de violence.

Le chef du gouvernement Alix Didier Fils Aimé n’a annoncé aucune mesure visant à combattre les groupes armés au niveau du département de l’Artibonite.

A noter que les habitants de La Chapelle viennent d’allonger la liste des déplacés internes, victimes des exactions des groupes terroristes qui contrôlent plus 85% du territoire national.

Jacques Innocent

Haïti au centre des discussions lors d’un sommet régional à Aruba

Alors que la crise haïtienne s’aggrave de jour en jour, affectant non seulement le peuple haïtien mais aussi l’ensemble de la région caribéenne, des discussions se multiplient autour de la tenue d’un sommet international sur Haïti à Aruba. Cette proposition, bien qu’encore non officielle, suscite un intérêt croissant au sein des cercles diplomatiques, en raison de l’urgence d’une réponse collective face à l’effondrement de l’État haïtien.

Depuis plusieurs années, Haïti traverse une crise multidimensionnelle : insécurité endémique, paralysie des institutions, crise humanitaire, déplacements internes massifs et incertitudes politiques. Ces réalités ne sont plus confinées au territoire haïtien. Des vagues migratoires incontrôlées frappent déjà les pays voisins, et plusieurs États caribéens alertent sur les impacts économiques, sociaux et sécuritaires de cette crise prolongée. Aruba, territoire autonome du Royaume des Pays-Bas situé à proximité du continent, apparaît désormais comme un candidat stratégique pour accueillir une conférence internationale visant à mobiliser les efforts en faveur d’Haïti.

La position géographique d’Aruba, sa stabilité politique, ainsi que ses infrastructures modernes, en font un lieu propice pour favoriser une rencontre de haut niveau. Ce territoire dispose d’une certaine neutralité diplomatique, ce qui pourrait faciliter le dialogue entre les acteurs haïtiens, les partenaires régionaux, et les grandes puissances impliquées dans le dossier. Pour Aruba, ce sommet serait aussi une manière de participer activement à la gestion d’une crise régionale qui ne cesse de s’étendre, tout en affirmant son rôle dans l’espace caribéen.

L’idée d’un sommet à Aruba s’inscrit dans un contexte où la communauté internationale cherche à relancer une dynamique d’appui structuré à Haïti. La récente suspension des vols d’Aruba Airlines à destination de Port-au-Prince pour des raisons de sécurité a attiré l’attention sur la gravité de la situation dans la capitale haïtienne. Cette décision, bien que technique, traduit une inquiétude croissante et renforce l’idée qu’une réponse régionale coordonnée est nécessaire.

Un éventuel sommet sur Haïti à Aruba aurait pour objectif de créer un cadre politique, diplomatique et technique autour de plusieurs priorités : soutien au déploiement de la mission multinationale de sécurité initiée par les Nations Unies et pilotée par le Kenya ; appui à l’organisation des élections haïtiennes prévues d’ici fin 2025 ; coordination de l’aide humanitaire d’urgence, notamment en matière de santé, d’alimentation et de déplacement interne ; et mobilisation de financements durables pour la reconstruction institutionnelle et économique du pays.

Les préparatifs d’un tel sommet nécessitent cependant une volonté politique forte et un consensus régional. Des consultations préliminaires auraient déjà eu lieu entre les autorités arubaises, la CARICOM, certains membres du Conseil présidentiel haïtien de transition, et des partenaires internationaux comme les États-Unis, le Canada et l’Union européenne. Toutefois, la réussite d’un tel événement dépendra également de la capacité à inclure la société civile haïtienne et à éviter les erreurs du passé, marquées par des promesses internationales sans effet durable.

Dans un contexte où les mécanismes traditionnels de coopération semblent atteindre leurs limites, Aruba pourrait représenter une nouvelle scène de dialogue pour poser les jalons d’une solution régionale à la crise haïtienne. Si cette initiative venait à se concrétiser, elle symboliserait un tournant dans la mobilisation régionale et internationale en faveur d’Haïti. Elle traduirait également un engagement ferme à ne pas abandonner un pays frère en détresse, et à construire ensemble un avenir de stabilité et de solidarité caribéenne.

Par Gesly Sinvilier

Lenteur dans les décaissements budgétaires : le ministère de l’Economie et des Finances s’explique

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Dans les couloirs de certains ministères, ou dans l’administration publique en général un refrain est présent sur les lèvres de plus d’un m, notamment des ministres : «lenteur dans les décaissements budgétaires». Ces derniers se plaignent et pointent du doigt, le ministère des finances.

La semaine dernière, le coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Monsieur Fritz Alphonse Jean, a publiquement, déploré la lenteur des décaissements concernant son “budget de guerre”. Ce qui a suscité des nombreuses réactions et des citoyens des questions.

Le ministère des finances, est-ce le principal responsable dans cette problématique?

Le ministère des Finances est le gardien des deniers publics et entité chargée de valider et d’exécuter les paiements. Avant toute dépense des documents doivent être bien preparés pour être soumis au Ministère. Des exigences de procédure, de transparence, de conformité sont à respecter. Ces mesures strictes visent à prévenir la mauvaise gestion et toute éventuelle corruption aprioris.

De l’avis de certains experts, «l’une des faiblesses structurelles de l’administration haïtienne réside, en effet, dans sa capacité limitée à rédiger des programmations et des justificatifs conformes aux exigences pour faciliter les dépenses publiques. Des dossiers, parfois sont incomplets, et/ou mal justifiés ou non conformes aux procédures établies. Cela entraîne une navette, des corrections répétées, sources de long retard.

Certains fonctionnaires de l’Etat, animés de l’esprit de corruption, cherchent à contourner les procédures déjà établies par les lois. Ils recourent à toutes sortes de manœuvres pour mener à bien leurs méfaits.

Soulignons que le ministère des Finances à l’obligation d’agir avec diligence et d’efficacité dans le traitement des dossiers. Toutefois, il ne porte pas l’entière responsabilité des retards de décaissements. Elle est partagée. Il faut rappeler sous l’administration Préval, des efforts avaient été faits pour réduire ces étapes et fluidifier les procédures. Malgré ces allègements, la bureaucratie haïtienne reste une source majeure de frustration.

Gedeon Delva

L’ambassadeur de France en Haïti visite le département du sud

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L’ambassadeur de la France en Haïti, Antoine Michon était dans le sud du pays. Ce jeudi 26 juin, M Michon a visité l’hôpital Immaculée conception des Cayes. Cette visite était pour lui l’occasion de constater l’avancement des travaux de réhabilitation de la maternité et de l’unité de pédiatrie, financés par la France à travers le projet TIMAMA, mis en œuvre par Entraide médicale (EMI).

L’ambassadeur Michon a renouvelé l’engagement de la France à supporter Haïti dans le domaine médical. « La France réaffirme son engagement aux côtés d’Haïti pour un système de santé plus équitable, inclusif et résilient, au bénéfice des populations les plus vulnérables», a-t-il dit.

Le programme TIMAMA (Tibebe Manman Malere) été lancé par l’Agence française de développement (AFD) en 2016. Il vise à améliorer l’accès aux soins pour les femmes et les enfants dans les zones rurales et enclavées.

Sa première phase a été déployée en 2018 dans les départements de la Grande-Anse, du Sud et du Nord-Ouest à hauteur de 8,95 millions d’euros, Une seconde en 2020, portant le financement total à 11 millions d’euros.

Après le tremblement du 14 août 2021, l’AFD se mêlait de la partie en accordant une aide d’urgence pour reconstruction de certains établissements de santé endommagés. En 2025, elle a accordé 2 millions d’euros supplémentaires pour appuyer les infrastructures de santé du Sud et de la Grande-Anse qui reçoivent tous les jours une pluralité de gens venant de la région métropolitaine de Port-au-Prince, en raison du climat d’insécurité.

Gedeon Delva

ADOPTION DU NOUVEAU CODE PÉNAL SUSCITE SATISFACTIONS ET INQUIÉTUDES

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Le conseil des ministres, réuni le mardi 24 juin dernier, a, après des échanges de correspondances entre les conseillers-présidents Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Fritz Alphonse Jean, le Coordonnateur du CPT, procédé à l’adoption du nouveau code pénal ainsi que du code de procédure pénale.

Ces deux documents, qui ont été au centre des débats lors du conseil, ont été adoptés par décret après délibération, en attendant leur publication officielle dans le journal « Le Moniteur ».

L’ordre du jour de cette réunion comprenait également un décret portant sur l’organisation d’un référendum constitutionnel prévu pour cette année, qui a, également, reçu un avis favorable.

Satisfactions du CPT

Le conseiller-président sans droit de vote, Frinel Joseph, a exprimé sa gratitude face à l’engagement des conseillers et à leur volonté de doter le pays de nouveaux outils juridiques. Selon lui, ils ont fait preuve d’une grande élégance.

« En adoptant, lors de ce Conseil des ministres, le Code pénal, le Code de procédures pénales, ainsi que le décret référendaire, ils ont montré une élévation d’esprit et un sens du devoir remarquables. Ce geste solennel restera gravé dans les annales de notre Nation », a-t-il déclaré.

Par cet acte de haute responsabilité, ils ont écarté le spectre d’une déchéance morale qui menaçait notre société, permettant ainsi au processus démocratique de continuer son cheminement légitime.

« Je les remercie d’avoir, comme je l’avais sollicité humblement, prêté l’oreille à la voix de la sagesse », a conclu le conseiller Joseph, comme l’indique une publication sur son compte X, anciennement Twitter.

De son côté, Emmanuel Vertilaire, représentant du Parti politique Pitit Dessalines au Conseil présidentiel de Transition, a exprimé sa grande satisfaction après avoir obtenu l’autorisation de participer au conseil des ministres, compte tenu de l’urgence de la situation.

Il a également déclaré : « Par cette décision, je réaffirme mon engagement envers une gouvernance collégiale, fondée sur la recherche constante du consensus. Aucune volonté dictatoriale ne saurait supplanter l’exigence collective de dialogue, d’équilibre et de respect des principes démocratiques », a-t-il souligné dans une publication sur son compte.

Des notes discordantes

L’adoption de ces nouveaux instruments juridiques en conseil des ministres ne fait unanimité. Elle suscite des réactions parmi certains acteurs de la société ivile.

Exprimant de vives inquiétudes quant à la révision de certains articles du Code pénal de 2020 modifié, l’ancien sénateur de l’Ouest, Jean Renel Sénatus, dit attendre avec impatience la publication de la nouvelle version. Selon lui, ce Code devrait refléter les mœurs, les réalités sociales, ainsi que les pratiques et modes de fonctionnement d’une société en pleine évolution.

Toutefois, l’ancien parlementaire se montre sceptique quant à la profondeur réelle de cette révision, doutant que les recommandations formulées par certains juristes et experts en droit pénal aient été pleinement prises en compte.

Jacques Innocent

Examens officiels de la 9e année fondamentale: le MENFP se dit prêt et annonce des consignes

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Les examens officiels de la 9e année fondamentale pour l’année 2025 se dérouleront du 30 juin au 3 juillet. Lors d’une conférence de presse ce Jeudi 26 Juin 2025, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) se dit déjà prêt pour l’organisation de ces examens et annonce les consignes pour le bon déroulement de ces épreuves.

En effet elles sont au nombre de huit. «Tout candidat surpris en train de tricher verra sa copie annulée et ne pourra participer aux examens qu’après 2 ans de suspension; toute arme à feu est interdite au centre d’examen; les calculatrices programmables sont interdites ;l’utilisation de téléphone portable sont interdits dans les salles d’examen. Cette mesure concerne et les candidats et les surveillants; tout candidat surpris en train d’utiliser un téléphone portable sera automatiquement éliminé; toute personne suprise en train de commettre une fraude à l’intérieur ou aux abords du centre d’examen sera arretée et remet aux autorités judiciaires.

Enfin, il est interdit à toute personne de pénétrer les centres d’examen au moment du déroulement des épreuves.

Le ministère a également fait savoir que toutes les planifications sont déjà assurées avec les autorités policières et judiciaires pour éviter tout dérapage pendant le déroulement de toutes les épreuves cette année.

« Nous avions déjà tout planfié avec les autorités. La justice et la police sont déjà mobilisées pour sécuriser les examens», a déclaré le directeur général du ministère de l’éducation nationale, Yves Roblin.

Pour l’année 2025, plus 187 mille candidats pour la 9e année fondamentale prendront part aux épreuves, selon ce qu’a fait le MENFP.

Gedeon Delva

L’OPH au cœur d’une réforme stratégique sur dix ans: témoignage de la LHDDH

PORT-AU-PRINCE.— Une délégation de la Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains a effectué une visite au sein de l’Office des Postes d’Haïti, pour s’enquérir du fonctionnement de cette institution passée sous silence depuis environ une dizaine d’années.

La LHDDH a présenté un rapport mettant en relief les efforts notables de modernisation déployés par l’administration actuelle dans un contexte technologique en constante évolution et face à des défis sociopolitiques.

Le fondement de cette visite

Dans ce document soumis à l’attention du public, la ligue haïtienne de défense des droits humains inscrit sa démarche dans le cadre de sa mission de veille des institutions de service public en s’assurant du respect des droits des contribuables. «Nous avons pu remarquer un silence qui s’apparente à un black-out sur l’office des postes, alors nous sommes allés voir ce qui se trame », justifie Jhemps Meralus, Directeur exécutif de la ligue.

En effet, la ligue haitienne de défense des droits humains a présenté un rapport élaboré après sa visite d’observation, dans les locaux de l’OPH relogé à la SONAPI, en raison de l’insécurité. «État des lieux des réformes entreprises sous la direction de Carel Alexandre Camille, en poste depuis avril 2015», a-t-on lu.

Un modèle d’organisation exempte de toutes formes d’agitations

Créée en novembre 1987, l’OPH est placée sous l’égide du ministère du Commerce et de l’Industrie, en étroite collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances; et quelque fois le MTPTC. Dans cette hiérarchie, le MCI joue le rôle de président du Conseil d’administration, alors que le DG de l’OPH en est le secrétaire général. A ce titre il n’agit pas en tant qu’ordonnateur public.

L’institution, qui a longtemps navigué entre périodes d’éclipses et de revitalisation, est, actuellement, réorganisée autour d’un modèle de fonctionnement collégial, un conseil de direction de cinq membres rendant compte d’une gestion structurée et cohérente qui rassure une clientèle fidèle.

À date, aucun mouvement de protestation d’employés n’est signalé, aucune plainte, alors que l’institution continue de livrer les colis reçus, produire et distribuer des timbres, participant silencieusement et en dépit des troubles à la marche de l’État. «Mon secret, en tant que cadre de l’armée, c’est le respect des normes et des principes», a dévoilé le directeur général de l’OPH, retranscrit dans le rapport de la ligue.

Les réformes notables retenues par la LHDDH

Sous la gouvernance de Carel Alexandre, plusieurs initiatives phares ont été mises en œuvre, visant à repositionner l’OPH sur la scène internationale. Parmi ces mesures, la ligue a recensé:
1. *La révision des salaires des employés:* Cette initiative vise à garantir une équité salariale en alignant les rémunérations sur le salaire minimum légal, réduisant ainsi les écarts internes.
2. *La mise en place d’un système de reporting rigoureux:* Ce dispositif permet une évaluation continue des performances institutionnelles à la fin de chaque exercice fiscal, favorisant ainsi une transparence accrue.
3. *L’introduction d’Express Mail Service:* Ce nouveau service, doté d’un numéro de suivi, assure une traçabilité des courriers à l’échelle mondiale, respectant les standards internationaux en matière de service postal.

Au-delà des réformes structurelles, l’OPH s’illustre aussi par son engagement dans des initiatives culturelles. Le concours épistolaire de 2015 témoigne de sa volonté d’enrichir l’espace culturel haïtien, en stimulant la créativité des jeunes tout en consolidant le rôle de l’institution dans la promotion de l’art et de la culture.

Un manque à gagner en dépit des efforts

Malgré les progrès notables, la LHDDH souligne certaines difficultés, notamment des retards dans la publication des rapports finaux pour l’exercice fiscal 2023-2024, situation attribuée à la conjoncture sociopolitique difficile. Malgré tout, le rapport est en cours de publication pendant que celui de 2024-2025 est en préparation. Néanmoins, les actions de l’OPH en matière de modernisation, de restructuration et d’intégration de technologies avancées soulignent sa détermination à s’adapter aux enjeux contemporains.

À l’horizon de la fin de l’année 2024, un projet ambitieux de refondation symbolique est envisagé. L’adoption d’une «feuille de route» visant à réorienter la stratégie de l’OPH et à officialiser les réformes engagées, consolidant ainsi la pérennité et la compétitivité des services postaux haïtiens au sein du marché mondial.

La LHDDH, dans son rapport, reconnaît les efforts soutenus de l’Office des Postes d’Haïti, qui s’efforce de répondre aux attentes croissantes de sa clientèle et de faire face aux défis exogènes. Ces avancées, tout en étant parsemées d’obstacles, témoignent d’une volonté indéniable de renouveau institutionnel, essentielle pour l’avenir du service postal en Haïti.

Jean Mapou

Dislocation totale de la gouvernance et des systèmes de sécurité en Haïti. Un cri d’alarme et un appel à la renaissance nationale

Haïti, jadis perle des Antilles, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement total. Une dislocation profonde ronge le cœur même de l’État : gouvernance en lambeaux, institutions déstabilisées, et un appareil de sécurité totalement dépassé. Ce qui subsiste n’est plus qu’une silhouette vacillante d’un pays en agonie, abandonné à l’ombre des promesses non tenues et des trahisons répétées.

La gouvernance haïtienne n’a jamais été aussi fracturée. L’État, impuissant et silencieux, regarde la souveraineté nationale se désintégrer jour après jour, pendant que des groupes armés imposent leur loi dans la capitale comme dans les provinces. Ministères fantômes, administration publique dysfonctionnelle, absence de leadership légitime, clientélisme érigé en système : le pays est pris en otage par des intérêts obscurs, pendant que la majorité de la population ploie sous le poids de la misère, de la peur et du désespoir.

Les systèmes de sécurité, autrefois garants de l’ordre public, ont sombré dans l’impuissance et la fragmentation. La Police Nationale d’Haïti, sous-équipée, sous-payée et souvent infiltrée, lutte pour survivre face à des bandes lourdement armées et organisées. Les commissariats sont assiégés ou abandonnés, les routes nationales sont devenues des corridors de l’horreur, et la population est laissée à elle-même, prise entre les feux croisés de l’inaction étatique et de la barbarie des gangs.

Ce chaos ne s’est pas installé par hasard. Il est le fruit amer d’années de mauvaise gouvernance, de corruption endémique, d’ingérences étrangères mal orientées, d’élites économiques sans vision nationale et d’un système éducatif sacrifié. Les citoyens ne croient plus en rien. Ils n’ont plus foi ni en leurs dirigeants, ni en leurs institutions. Le contrat social est rompu. Le pays semble flotter sans capitaine dans une mer agitée, sans boussole, sans horizon.

Pourtant, au milieu de cette obscurité, il reste une lumière. Une volonté. Celle du peuple haïtien. Un peuple debout malgré les ruines. Un peuple qui, génération après génération, continue de rêver d’un avenir meilleur, de croire en une Haïti reconstruite, fière et digne.

Il est temps, plus que jamais, de sonner le réveil collectif. De rebâtir, pierre par pierre, les fondations de notre État. De refonder la gouvernance sur l’intégrité, la compétence, la transparence. De repenser entièrement le système de sécurité, en plaçant l’humain, la justice et la protection des plus vulnérables au centre des priorités. Il faut un sursaut. Une union sacrée. Un nouveau pacte national.

Haïti ne mourra pas. Haïti renaîtra, non pas à travers des discours creux ou des interventions superficielles, mais par une prise de conscience profonde, une révolution éthique et un leadership visionnaire. C’est dans la douleur que naissent les renaissances. Que ce chaos marque la fin d’un cycle pour ouvrir la voie à une nouvelle ère : celle d’un Haïti gouverné avec dignité, sécurité et espoir.

JGD