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Réflexion du professeur Pierre Josué Agénor Cadet autour de Saint Thomas d’Aquin au Collège Canapé-Vert

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Par: Dalanne Farinja THÉODORE

« La philosophie et la foi ne sont pas ennemies ». C’est autour de cette idée centrale que s’est articulée la conférence organisée par le Collège Canapé-Vert à l’occasion de la fête des philosophes, plus précisément de la fête de Saint Thomas d’Aquin, célébrée le 28 janvier, mais tenue le vendredi 30 janvier 2026 dans l’auditorium de l’institution.

Cette conférence, animée par le professeur Pierre Josué Agénor Cadet, a réuni des élèves, des professeurs et des membres de l’administration autour du thème : « La philosophie peut-elle contredire la foi ? ».
Le conférencier a souligné l’importance de cette célébration, qu’il a qualifiée de « fête toujours présente ». Bien qu’aucun thème fixe n’ait été imposé, il a proposé d’orienter sa réflexion autour de cette question fondamentale.

Dans son exposé, le professeur Agénor Cadet a rappelé que la philosophie n’est pas réservée uniquement aux philosophes de formation. Il a cité plusieurs figures intellectuelles majeures, notamment Anténor Firmin, Jean Price-Mars, Jean-Pierre Strauss, Frankétienne, Michel-Rolph Trouillot, Emmanuel Joseph, Laënnec Hurbon et Jean-Claude Bajeux, afin de montrer que la pensée philosophique traverse divers champs du savoir, tels que la politique, la religion, la littérature et la réflexion sociale.

Pour approfondir son propos, il a replongé l’auditoire dans le Moyen Âge, période marquée par la naissance des universités en Europe, notamment à Paris, et par la redécouverte des œuvres d’Aristote, centrées sur la logique, la nature et les idées, parfois sans référence directe à la foi. C’est dans ce contexte qu’a émergé la question : la philosophie peut-elle contredire la foi ?

Selon le professeur Cadet, trois positions se sont alors opposées : celle qui séparait totalement la philosophie de la foi, celle qui rejetait la philosophie, et celle de Saint Thomas d’Aquin, qui proposait une voie d’harmonie et de complémentarité entre la foi et la raison. Il a également souligné que le thomisme demeure vivant aujourd’hui, y compris en Haïti.

L’idée centrale de Saint Thomas d’Aquin repose sur le principe selon lequel la foi et la raison ne sont pas ennemies, pas plus que la philosophie et la religion. Pour illustrer cette complémentarité, le professeur a évoqué la question de l’existence de Dieu, rappelant que certains intellectuels, hier comme aujourd’hui, ont estimé devoir nier Dieu pour s’affirmer comme philosophes.

Avant de conclure et d’ouvrir la séance de questions, le professeur Agénor Cadet a invité les élèves à retenir l’essentiel : la capacité de l’esprit humain à chercher, comprendre et relier. Découvrir Saint Thomas d’Aquin, a-t-il affirmé, c’est rencontrer un penseur qui croyait profondément en l’intelligence humaine et en son pouvoir de dialogue avec la foi.

À travers cette réflexion, le conférencier a enfin encouragé la jeunesse haïtienne à croire en la puissance de sa pensée, à questionner sans crainte et à construire, par l’intelligence et le dialogue, un avenir plus juste et plus conscient.

Dalanne Farinja THÉODORE
L’auteure de ce compte rendu, Dalanne Farinja Théodore, est élève de NS III au collège Canapé-Vert. Elle suit des cours de communication multimédia, qu’elle considère comme un bon moyen pour communiquer des informations.

Au Congrès américain, Son Excellence Henry Wooster avance des chiffres!

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Par Yves Lafortune

Environ 6 000 policiers face à 12 000 membres de gangs armés. C’est le discours de Son Excellence Mr Henry Wooster au Congrès Américain. Il a les chiffres de la police et tenez vous bien, des gangs aussi. Le pays se lit désormais en ratios. On ne parle plus d’un projet collectif, mais d’un équilibre sécuritaire minimal. L’économie devient un outil de pacification, les élections un mécanisme d’encadrement, l’État un objet de gestion.

Le plus frappant reste l’absence du peuple haïtien comme sujet politique. Haïti continue d’exister, mais à la troisième personne ( Casseus 2026).

Et une question plus profonde surgit : à quel moment un pays cesse-t-il de parler pour lui-même sans même s’en rendre compte ?

Combien de citoyens avons-nous exactement ? Le pays ne le sait pas.

Combien d’hôpitaux fonctionnels sur l’ensemble du territoire ? Nous ne disposons pas d’un chiffre consolidé.

Combien de professeurs, combien d’écoles réellement opérationnelles ? Les données sont fragmentaires, incertaines, parfois inexistantes.

Nous naviguons dans l’approximation pendant que le Blanc dispose de bases de données précises sur nous.

Or, un pays se dirige avec des données. On planifie avec des chiffres. On sécurise avec des statistiques. On investit avec des indicateurs.

Si nous ne produisons pas nos propres données, d’autres les produisent pour nous et décident en conséquence. N’est ce pas ?

La souveraineté ne se perd pas seulement par les armes. Elle se perd aussi par l’ignorance de soi.

Yves Lafortune, PH.D Candidate, MPA, Av

Position du MEFP en faveur de l’Exécutif bicéphale en Haïti

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Le Mouvman Etidyan Finisan ak Pwofesyonèl (MEFP), fidèle à sa mission de promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la participation citoyenne des jeunes, tient à exprimer clairement sa position en faveur de la mise en place d’un Exécutif bicéphale en Haïti.

Pour le MEFP, l’Exécutif bicéphale représente une formule de gouvernance équilibrée, capable de favoriser la concertation, de limiter la concentration excessive du pouvoir et de renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité au sommet de l’État. Dans un contexte national marqué par des crises répétées et une profonde méfiance envers les institutions, cette configuration peut contribuer à restaurer la confiance et à encourager une gestion plus inclusive des affaires publiques.

Nous estimons qu’un Exécutif bicéphale, fondé sur une répartition claire des compétences, une coordination efficace entre les deux têtes de l’Exécutif et le respect strict de la Constitution, peut garantir une meilleure stabilité politique et une continuité de l’action gouvernementale au bénéfice de la population.

Le MEFP insiste toutefois sur la nécessité que cet Exécutif repose sur des personnalités compétentes, intègres et engagées, capables de travailler dans l’intérêt supérieur de la nation, au-delà des intérêts partisans ou personnels. L’Exécutif bicéphale ne doit pas être un espace de rivalités, mais un cadre de coopération, de responsabilité partagée et de leadership complémentaire.

À travers cette position, le MEFP réaffirme sa conviction que Haïti a besoin d’un modèle de gouvernance moderne, équilibré et adapté à sa réalité, dans lequel la jeunesse peut se reconnaître et contribuer activement à la reconstruction de l’État.

Le MEFP demeure convaincu que l’Exécutif bicéphale, bien encadré et bien appliqué, constitue une option crédible pour l’avenir institutionnel d’Haïti.

Pour le MEFP

Woodjery DUPRE
duprewoodjery@gmail.com
Coordonnateur Général MEFP

Luckenson AZEMAR
Coordonnateur Adjoint

Dudly ROYAL
Secrétaire Général

Me Marc Grégoire Jean
Responsable Juridique

Dynald Louis
Porte-Parole

Ralph LUBERICE
Responsable Relations Humaines

Le MAE et l’OEA consolident leur partenariat: sécurité et élections au cœur des échanges

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Par Gesly Sinvilier

Le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, s’est entretenu ce mardi 10 février 2026 à Port-au-Prince avec le Représentant de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, l’ambassadeur Cristobal Dupouy, autour du renforcement de la coopération entre l’organisation régionale et les autorités haïtiennes.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’engagement renouvelé de l’OEA à soutenir le gouvernement haïtien, notamment dans deux domaines jugés prioritaires : l’amélioration de la sécurité et l’appui au processus électoral. Selon les échanges rapportés, l’ambassadeur Dupouy a réaffirmé la disponibilité de l’institution à accompagner les initiatives nationales visant à stabiliser le pays et à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles.

Les discussions ont également mis en lumière plusieurs actions concrètes déjà réalisées par l’OEA en appui à la Police nationale d’Haïti (PNH). Parmi celles-ci figurent l’acheminement de plus de 65 tonnes de matériels et d’équipements destinés à renforcer les capacités opérationnelles des forces de l’ordre, ainsi que la construction de commissariats et de dortoirs pour les agents.

De son côté, le chancelier haïtien a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale fondée sur la confiance, la transparence et l’efficacité. Il a souligné l’importance d’orienter les partenariats vers des résultats concrets, mesurables et adaptés aux réalités du contexte haïtien, afin de produire des effets directs et durables au bénéfice de la population.

Cette réunion témoigne de la volonté des deux parties de maintenir un dialogue actif et une coordination étroite autour des enjeux de sécurité et de gouvernance électorale.

Gesly Sinvilier / Le Relief

Haïti: Passation de pouvoir, la communauté internationale opte pour la stabilité

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Par Gesly Sinvilier

La fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février, et le transfert de pouvoir au Premier ministre ont provoqué plusieurs réactions au niveau international. Dans l’ensemble, les partenaires étrangers d’Haïti ont adopté une position simple : éviter le vide politique, maintenir la continuité de l’État et avancer vers des élections.

Plusieurs pays et organisations ont salué une transition jugée nécessaire pour garder une direction gouvernementale en place. Leur priorité est claire : préserver un minimum de stabilité dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et la crise institutionnelle.

Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien aux autorités gouvernementales actuelles, en insistant surtout sur l’urgence sécuritaire. Washington met l’accent sur la lutte contre les groupes armés, le renforcement des forces de sécurité et la préparation d’élections crédibles. Des messages fermes ont aussi été envoyés contre les acteurs accusés de bloquer le processus de transition.

Dans la région, la CARICOM a adopté une position pragmatique. Les pays caribéens, impliqués depuis le début dans les discussions sur la transition haïtienne, estiment qu’il vaut mieux assurer la continuité du pouvoir que risquer une rupture institutionnelle. Ils encouragent toutefois un dialogue plus large entre les acteurs haïtiens.

Du côté des organisations internationales, le message est aussi direct : pas de vide de pouvoir, mais une transition courte, claire et orientée vers des élections. L’ONU et les instances interaméricaines rappellent que la priorité reste la sécurité, l’accord politique minimum entre les forces nationales et l’organisation du scrutin.

Les partenaires européens, de leur côté, parlent surtout de retour à l’ordre constitutionnel. Ils soutiennent le principe de continuité, tout en demandant de la transparence, de l’inclusion politique et un calendrier électoral sérieux.

En résumé, la réaction internationale est surtout pratique : accepter la passation de pouvoir pour éviter le chaos, soutenir la stabilité immédiate, et pousser les autorités à organiser des élections afin de redonner une légitimité démocratique au pays.

Gesly Sinvilier / Le Relief

Le MAE et l’UNESCO renforcent leur coopération autour de la science, de l’eau et de la protection des journalistes

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Par Gesly Sinvilier

Le Ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, a reçu ce mardi le Représentant de l’UNESCO en Haïti, Monsieur Eric Voli BI, dans le cadre d’une rencontre de travail consacrée au suivi et au renforcement des projets de coopération en cours.

Au cours des échanges, le représentant de l’UNESCO a présenté un état d’avancement des principaux chantiers actuellement conduits par l’institution en Haïti. Plusieurs axes prioritaires ont été abordés, notamment un projet pilote de formation en micro-science destiné à initier, dès ce mois-ci, des professeurs haïtiens aux techniques de manipulation en laboratoire scientifique. Cette initiative vise à renforcer l’enseignement expérimental et les capacités pédagogiques dans le domaine des sciences.

Les discussions ont également porté sur la poursuite du programme de formation en hydro-diplomatie à l’intention d’experts nationaux. Ce volet entend soutenir le développement de compétences stratégiques liées à la gestion et à la gouvernance des ressources en eau, dans un contexte où les enjeux environnementaux et de coopération régionale prennent une importance croissante.

Par ailleurs, la question de la formation et de la protection des journalistes a occupé une place notable dans les échanges, soulignant l’engagement de l’UNESCO en faveur de la liberté de la presse, de la sécurité des professionnels des médias et du renforcement des pratiques journalistiques.

Le Chancelier haïtien a, pour sa part, réaffirmé la volonté des autorités de valoriser les mécanismes de coopération existants avec l’UNESCO. Il a insisté sur la nécessité de maintenir une communication constante entre la Représentation de l’organisation en Haïti et la Chancellerie, afin d’assurer une meilleure coordination et une mise en œuvre efficace des projets conjoints.

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de consolidation des partenariats techniques et institutionnels entre Haïti et les agences spécialisées du système des Nations unies.

Gesly Sinvilier / Le Relief

HAÏTI, LE TEMPS D’UNE GOUVERNANCE DE MISSION

Par Evans PAUL

ENTRE L’EXCLUSION, L’ILLUSION ET LA CONFUSION, ACCOMPLISSONS LA MISSION DE LA RAISON POUR LE REDRESSEMENT NATIONAL

  1. Une crise multidimensionnelle sans précédent

Haïti traverse l’une des périodes les plus graves de son histoire contemporaine.
Depuis plus de cinq (5) ans, le pays s’enfonce dans une débâcle économique continue, caractérisée par :
• une récession quasi permanente ;
• une inflation galopante, qui érode le pouvoir d’achat et paupérise les familles ;
• un déficit structurel de la balance commerciale, accentuant la dépendance extérieure ;
• l’effondrement de l’investissement productif et la fuite massive des compétences.

À cette crise économique s’ajoute une insécurité généralisée, devenue un facteur majeur de destruction nationale. En l’espace de cinq ans, des milliers de morts ont été enregistrés, dont celui du président Jovenel Moïse, assassiné dans des conditions qui ont profondément ébranlé la République et mis en lumière la fragilité de l’État jusque dans ses plus hautes sphères.

Cette insécurité chronique a notamment entraîné :
• la décision de la plupart des compagnies aériennes internationales de suspendre leurs vols à l’aéroport international Toussaint-Louverture, dans la capitale ;
• un isolement progressif du pays sur la scène internationale ;
• la fermeture officielle de la frontière terrestre avec la République dominicaine, avec de lourdes conséquences économiques, sociales et humanitaires.

  1. Un État dysfonctionnel et des institutions en ruine

Sur le plan institutionnel, Haïti connaît une vacance démocratique prolongée :
• un Parlement dysfonctionnel depuis plus de cinq (5) ans ;
• une Présidence affaiblie, contestée ou inexistante ;
• des municipalités paralysées, réduites à de simples expressions administratives ;
• une Justice gravement affaiblie, avec des tribunaux détruits, déplacés ou rendus inopérants.

Des symboles majeurs de la République ont été attaqués, banalisés ou abandonnés :
• le Palais national, au Champ-de-Mars ;
• la Primature, au Bicentenaire ;
• le Palais de justice, au Bicentenaire ;
• plusieurs ministères et institutions publiques.

Parallèlement, des hôpitaux, des universités et des écoles de renom ont été incendiés, pillés, fermés ou contraints à la fuite.
Des entreprises, des commerces, des bibliothèques et même des cimetières ont été vandalisés, révélant une crise profonde du respect de la vie, de la mémoire collective et du savoir.

  1. Entre exclusion, illusion et confusion : une impasse nationale
    • L’exclusion alimente la frustration, la radicalisation et la violence.
    • L’illusion des solutions miracles retarde et empêche les décisions sérieuses.
    • La confusion des rôles, des transitions et des responsabilités compromet toute stabilité durable.

Dans ce contexte, la politique a trop souvent été réduite à une lutte de clans et de pouvoirs fantômes, au lieu d’être un instrument de service public, de régulation sociale et de construction nationale.

  1. Pourquoi une gouvernance de mission ?

Face à cette situation extrême, Haïti n’a pas besoin d’une transition supplémentaire sans cap ni crédibilité, mais d’un recadrage total, fondé sur une gouvernance de mission, structurée autour de neuf (9) axes prioritaires :
1. Un mandat clair, limité et orienté vers l’essentiel ;
2. Des priorités nationales non négociables ;
3. Une méthode rigoureuse, avec des objectifs mesurables et des résultats vérifiables ;
4. Un plan rationnel et coordonné pour éradiquer la violence et le banditisme ;
5. Une action ponctuelle, humaine et bienveillante en faveur des déplacés, notamment ceux vivant dans des camps de misère ;
6. Un appui financier et technique ciblé aux personnes dont les biens mobiliers, immobiliers ou les entreprises ont été détruits ;
7. Une Constitution adaptée, porteuse d’une vision moderne, fonctionnelle et équilibrée de l’État ;
8. Une compétition électorale crédible et bien planifiée, garantissant la souveraineté populaire et l’alternance démocratique ;
9. Une vaste campagne nationale de sensibilisation, favorisant l’engagement citoyen et la coresponsabilité collective.

Cette gouvernance doit s’articuler autour de quatre impératifs immédiats :

a) Rétablir la sécurité, condition de toute vie économique, sociale, éducative et démocratique.
b) Restaurer l’autorité de l’État comme bien commun, protecteur, impartial et crédible.
c) Relancer les fonctions vitales du pays : santé, éducation, justice et économie.
d) Rétablir la confiance nationale et internationale, par la cohérence, la responsabilité et la crédibilité de l’action publique.

  1. La raison comme boussole collective

La raison, ici, n’est ni arrogance, ni ingérence, ni improvisation.
Elle est sagesse, méthode, lucidité et responsabilité.

La passion sans raison engendre la pagaille.
La pagaille engendre le chaos.
Le chaos détruit la vie, le patrimoine et la dignité nationale.

La raison, au contraire, permet de :
• hiérarchiser les urgences ;
• pacifier les rapports sociaux ;
• transformer l’indignation en action bienveillante, structurée et durable pour le progrès.

Synthèse : le droit de vivre et d’espérer en Haïti

Haïti n’a plus le luxe de l’improvisation ni des divisions destructrices.
Le pays a besoin d’Actions pour le Bien Commun (ABC).
L’urgence d’un pacte de responsabilité nationale, fondé sur une mission collective de sauvetage, s’impose désormais comme un impératif historique.

Entre l’exclusion, l’illusion et la confusion,
accomplissons la mission de la raison.

Parce que le pays souffre trop.
Parce que c’est un devoir patriotique.
Et parce que le peuple haïtien mérite enfin la sécurité, l’ordre juste, une prospérité accessible et une espérance durable.

C’est possible, parce que c’est une question de survie collective.

CENTRE ABC
ACTION POUR LE BIEN COMMUN
Delmas, Haïti
Mercredi 11 février 2026

Haïti après le 7 février : stabilité précaire ou crise de constitutionnalité?

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le mardi 10 février 2026 —La fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février 2026, ouvre une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle en Haïti. Le pouvoir exécutif est désormais exercé sous l’égide du Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans un contexte marqué par la vacance persistante de la présidence, l’absence d’élections et une crise sécuritaire toujours aiguë.

Sur le plan juridique, cette configuration soulève d’importantes interrogations quant à sa légitimité, sa durée et sa conformité à l’ordre constitutionnel haïtien.

Comme nous le rappelle l’ancien président Jocelerme Privert lors d’une interview à Gazette,
La Constitution de 1987 amendée prévoit les mécanismes de remplacement en cas de vacance présidentielle. En principe, le président de la Cour de cassation ou, à défaut, un exécutif provisoire encadré par des institutions fonctionnelles doit assurer l’intérim jusqu’à l’organisation rapide d’élections.

Or, l’absence de Parlement opérationnel et la fragilisation des institutions judiciaires rendent aujourd’hui l’application orthodoxe de ces dispositions pratiquement impossible. Cette situation favorise des solutions politiques exceptionnelles, souvent justifiées par l’urgence, mais juridiquement discutées.

Le décret confiant l’exercice du pouvoir exécutif au Conseil des ministres s’inscrit dans cette logique d’exception. Certains juristes y voient un acte de nécessité visant à éviter un vide institutionnel total. Selon eux, le principe de continuité de l’État, fondamental en droit public, autorise temporairement ce type d’arrangement lorsque les institutions constitutionnelles ne peuvent fonctionner normalement. Cette lecture pragmatique insiste sur la stabilité minimale indispensable au fonctionnement administratif du pays.

D’autres spécialistes du droit constitutionnel adoptent une lecture plus critique. Ils considèrent que ce dispositif risque de consacrer un exécutif monocéphale insuffisamment contrôlé. Le fait que le Premier ministre ait été auparavant révoqué par le CPT par un vote majoritaire alimente les doutes sur la solidité juridique et politique de son autorité actuelle.

Le leader de « Pitit Desalin », Moïse Jean Charles, le dit clairement :

« Je ne suis pas prêt à discuter avec Didier. C’est un Premier ministre révoqué, impliqué dans la corruption, qui démembre les partis politiques et qu’il a besoin de personnes en qui on peut avoir confiance. »

Dans cette perspective, l’exercice prolongé du pouvoir sans mandat électif ni contrôle parlementaire pourrait constituer une entorse à l’esprit constitutionnel.

La durée de cette vacance présidentielle constitue un enjeu majeur. La Constitution n’a jamais envisagé une vacance prolongée sur plusieurs années ni l’absence répétée d’élections. En théorie, l’intérim doit être bref et strictement encadré. Sa prolongation indéfinie pourrait banaliser l’exception, affaiblir la crédibilité institutionnelle et accentuer la méfiance populaire envers les autorités.

Les réactions politiques illustrent cette polarisation. L’ancien sénateur Jean-Charles Moïse qualifie le Premier ministre d’illégitime et refuse tout dialogue, tandis que d’autres acteurs, comme André Michel, « Avoka Pèp la », attribuent la situation actuelle à l’incapacité persistante de la classe politique haïtienne et de la société civile à trouver un consensus. Ces positions divergentes traduisent une crise plus profonde de confiance envers les institutions et les élites politiques.

Dans l’international, plusieurs partenaires étrangers dont les États-Unis d’Amérique, ont salué la continuité administrative assurée par le gouvernement, y voyant un facteur de stabilité relative. Toutefois, cette reconnaissance diplomatique ne saurait remplacer la légitimité démocratique issue des urnes. En droit constitutionnel comparé, la reconnaissance externe ne dispense pas du respect des exigences internes de légalité et de légitimité.

Au-delà du débat juridique, la question centrale reste celle de l’effectivité du pouvoir. Un exécutif incapable de rétablir la sécurité, d’organiser des élections crédibles et de restaurer la confiance publique voit sa légitimité s’éroder, indépendamment des arguments constitutionnels avancés.

La situation actuelle place ainsi Haïti dans une zone grise juridique et politique. Le décret peut être perçu soit comme une mesure pragmatique de continuité, soit comme un contournement risqué des normes constitutionnelles. L’issue dépendra de la capacité des autorités à transformer cette transition en véritable processus démocratique avec le respect d’un calendrier électoral crédible et des garanties de sécurité suffisantes.

Sans des élections libres, des institutions solides et la restauration de l’autorité de l’État, toute solution restera provisoire et la transition pourrait se prolonger au détriment de la démocratie haïtienne.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Les funérailles de la journaliste Matiado Vilmé à Pétion-Ville : un hommage poignant à une voix du journalisme haïtien disparue trop tôt

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La journaliste Matiado Vilmé, correspondante de la Voix de l’Amérique (VOA), a reçu un dernier hommage ce mardi 10 février à l’église Saint-Jude de Meyotte, à Pétion-Ville. Famille, amis et collègues du monde des médias étaient présents pour saluer le parcours d’une femme courageuse, engagée et profondément humaine.

Matiado Vilmé, âgée de 36 ans, s’est éteinte le dimanche 1er février 2026, après un long combat contre un cancer au rectum. Mère de deux enfants dont une fille de 15 ans et un fils de 4 ans. Elle laisse derrière elle une famille endeuillée et une trace indélébile dans le journalisme haïtien.

Son parcours de lutte contre la maladie a été marqué par près de deux ans de courage. Après l’ablation de son rectum le 3 juillet 2024, elle a suivi 18 séances de chimiothérapie. Une radiographie du 16 mai 2025 a révélé une propagation osseuse suspectée au coccyx. Les médecins lui ont recommandé une radiochimiothérapie, traitement malheureusement indisponible en Haïti.

Les hommages lors de la cérémonie ont souligné son professionnalisme et sa détermination. Journalistes et amis ont rappelé son engagement sans faille, notamment le 24 décembre 2024, lors de la fusillade à l’HUEH qui a fait trois morts et plusieurs blessés. Malgré le danger, Matiado Vilmé a aidé ses collègues blessés.

L’émotion a atteint son paroxysme lorsqu’un de ses collègues a dénoncé l’absence de soutien de l’État haïtien dans le traitement de la journaliste. « Toutes nos démarches auprès du ministre de la Santé publique et du directeur de l’OFATMA se sont avérées vaines », a-t-il affirmé, soulignant que le manque de prise en charge précoce a coûté la vie à Matiado Vilmé.

La fille aînée de la journaliste est également intervenue, émue, tandis que son père, Ylrick Vilmé, a insisté sur la nécessité d’une sépulture digne pour honorer sa mémoire. Au-delà du chagrin, la disparition de Matiado Vilmé rappelle l’héritage qu’elle laisse : un journalisme humaniste, courageux et engagé, qui a porté la voix d’Haïti au-delà des frontières et inspiré collègues et citoyens par son dévouement et sa solidarité.

Gédéon Delva

20 chantiers en cours dans le Tourisme en Haïti: le gouvernement mise sur le secteur pour relancer l’économie

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Le ministre du Tourisme, John Herrick Dessources, a présenté ce 10 février 2026 les vingt chantiers en cours dans le pays, mêlant travaux physiques et réformes structurelles. Ces initiatives visent à moderniser le secteur touristique, renforcer l’accueil dans les régions, développer les écoles hôtelières et stimuler investissements et création d’emplois.

Le ministre a fait état de vingt chantiers réalisés ou en cours d’exécution, dont dix projets physiques répartis dans plusieurs régions du pays.
Dans le Nord, les travaux concernent notamment la rénovation des infrastructures d’accueil à Milot et au Cap-Haïtien, ainsi que l’amélioration des services à l’aéroport international du Cap-Haïtien.

Dans le Sud, la Grand’Anse et l’Ouest, les interventions portent sur la remise en état des directions départementales, le réaménagement d’espaces touristiques stratégiques et le renforcement des infrastructures dédiées à la formation et à la sécurité touristique.

En parallèle des chantiers physiques, dix projets non matériels visent à structurer et moderniser l’industrie touristique. Ils portent notamment sur le recrutement de nouveaux cadres, le renforcement de la Police touristique, la mise en place d’un nouveau narratif sur Haïti, la modernisation technologique du secteur et la structuration du cadre légal des initiatives et institutions liées au ministère.

S’y ajoutent l’inventaire du parc hôtelier, la standardisation des formations et l’organisation d’assises sur l’investissement touristique, dans l’objectif de rendre le secteur plus attractif et plus compétitif.

Selon le titulaire du ministère, ces actions doivent favoriser l’attraction des investissements publics et privés, stimuler les activités économiques, encourager la création d’emplois directs et indirects et renforcer la compétitivité du pays dans le domaine touristique.

Les interventions du ministère s’inscrivent dans cinq axes stratégiques : l’amélioration de l’offre de services publics liés au tourisme, l’appui à l’offre privée, le renforcement de la synergie au sein de l’industrie touristique, la promotion de la destination et la planification du développement de l’économie touristique à moyen et long termes.

À la fin, des questions sur l’amélioration dans la ville du Cap-Haïtien qui demeure insalubre, le ministre croit que des efforts devraient être opérés, toujours dans le but de favoriser l’entrée des touristes.

Le ministre a souligné la volonté des autorités de décentraliser l’offre touristique vers d’autres régions du pays. Cette orientation vise à favoriser une meilleure répartition des opportunités économiques et à contribuer à la réduction de la délinquance.

Le gouvernement assure vouloir mobiliser l’ensemble des acteurs du secteur afin de renforcer l’impact des réformes et de soutenir durablement la relance du tourisme en Haïti.

Si ces efforts sont entrepris au nom du développement touristique, peut-on vraiment parler de relance lorsque les vols commerciaux internationaux, notamment ceux des compagnies américaines, restent suspendus ? Comment le pays pourra-t-il attirer visiteurs et investissements si l’accès reste limité malgré toutes ces initiatives ?

La rédaction