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Amazon : les robots bientôt plus nombreux que les humains dans les entrepôts

Amazon a franchi un cap historique en déployant plus d’un million de robots dans ses entrepôts à travers le monde, un chiffre qui s’approche désormais du nombre total de ses employés, estimé à 1,56 million, dont la majorité travaille dans la logistique. Cette accélération de l’automatisation, portée par l’intégration massive de l’intelligence artificielle, marque un tournant dans le modèle opérationnel du géant du e-commerce.

Un rythme de robotisation inédit

Depuis 2020, le nombre de robots chez Amazon a été multiplié par cinq, avec une cadence annuelle de 150 000 à 200 000 nouveaux robots installés dans les centres de traitement des commandes. Si cette tendance se poursuit, les robots devraient surpasser les humains dans les entrepôts d’ici 12 à 18 mois, selon les prévisions des experts et de la direction du groupe.

Un impact direct sur l’emploi

Amazon a déjà amorcé une réduction de ses effectifs, supprimant plus de 27 000 postes depuis 2022, principalement dans les divisions retail et appareils électroniques. La direction assume que l’IA et la robotisation entraîneront « moins de personnes pour certains métiers », mais insiste sur la création de nouveaux emplois techniques, notamment dans la maintenance et la gestion de robots. Depuis 2019, 700 000 salariés ont été formés à de nouveaux métiers, mais la tendance globale reste à la baisse des effectifs.

Gains de productivité et mutation des tâches

L’automatisation permet à Amazon d’atteindre des niveaux de productivité inédits : chaque employé gère désormais en moyenne 3 870 colis par an, contre 175 en 2015, soit une multiplication par 22 de la productivité individuelle. Les robots prennent en charge les tâches les plus pénibles et répétitives, libérant les salariés pour des fonctions plus qualifiées et moins physiques. Selon la direction, 75 % des opérations de livraison sont désormais automatisées, et la densité robotique dans les nouveaux entrepôts est dix fois supérieure à celle des anciens sites.

Un modèle qui fait débat

Amazon défend sa stratégie en affirmant que la robotisation « assiste, mais ne remplace pas » les humains, et qu’elle améliore la sécurité et l’intérêt des postes restants. Cependant, la réduction rapide des effectifs, conjuguée à la montée en puissance de l’IA, soulève des inquiétudes sur l’avenir de l’emploi non qualifié et la transformation du marché du travail logistique à l’échelle mondiale.

Un modèle qui promet des gains d’efficacité spectaculaires, mais qui pose aussi de nouveaux défis sociaux et économiques majeurs.

La première édition du salon de l’entrepreneuriat féminin est lancée

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EGM Strategy and Management avec le support de PNUD, ont lancé ce mercredi 2 juillet la première édition du Salon de l’Entrepreneuriat Féminin HAIFEX. Cette activité se déroulera les 5 et 6 juillet 2025 au Centre de convention de l’hôtel NH El Rancho,. « Offrir une vitrine aux femmes entrepreneures haïtiennes et promouvoir leur rôle dans la transformation économique et sociale d’Haïti », c’est l’objectif principal de cet évènement.

Selon coordonnateur général de HAIFEX, vGrégory Morisette l’événement s’articulera autour de trois axes majeurs : l’exposition de produits, les panels et ateliers, ainsi qu’un défilé de mode.

Près de 70 femmes entrepreneures, sur les 170 inscrites, auront l’opportunité d’exposer leurs produits et services. En parallèle, plusieurs conférences et panels réuniront des cheffes d’entreprise, des professionnelles et des figures de l’innovation autour de thématiques liées à l’entrepreneuriat et aux défis.

HAIFEX en a profité pour annoncer l’organisation d’un concours national d’entrepreneuriat réservé aux entreprises dirigées par des femmes. L’objectif est de stimuler l’innovation dans trois secteurs clés : les industries de transformation, les industries créatives, et les technologies et services numériques.

Sur les 175 candidatures reçues, 15 finalistes ont été retenues, dont trois seront distinguées à l’issue du salon. Une initiative que les organisateurs espèrent pérenniser afin de « mettre en lumière les entrepreneures qui transforment leur communauté », selon Morisette.

Le salon sera ouvert au grand public de 10h à 5heure PM durant les deux jours.Les tickets sont disponibles dans plusieurs points de vente, dont l’hôtel El Rancho, la pâtisserie Marie Béliard (Pétion-Ville), Belmart (Delmas 48) et Obonprix Market (Delmas 83).

Gedeon Delva

Tourisme en Haïti : Entre rêves de relance et piège de l’insécurité

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*Haïti a célébré, ce 2 juillet 2025, la Journée nationale du tourisme en insistant sur le rôle stratégique de ce secteur dans la relance économique. Mais sur le terrain, la montée de l’insécurité étouffe les espoirs, freine les visiteurs et condamne de nombreux sites à l’abandon.^

Port-au-Prince, 2 juillet 2025 – Réunis à l’Hôtel Karibe, à Pétion-Ville, les principaux acteurs du secteur, dont le Ministre du Tourisme John Herrick Dessources, accompagné du Premier ministre haïtien, ont défendu une vision axée sur la résilience et la croissance, à l’occasion de la Journée nationale du tourisme et du développement local et régional.

Dans son intervention, le Ministre a présenté cinq grands axes d’action, dont la rénovation des sites touristiques, le renforcement de la Police touristique (PoliTour) et la mise en œuvre du programme d’investissement intégré « Le Nouveau Deal ». L’objectif affiché : faire du tourisme un levier solide pour dynamiser l’économie nationale.

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a réaffirmé la place centrale du tourisme dans la stratégie de relance économique du pays. Fils-Aimé a profité de la tribune pour saluer la persévérance des hôteliers, chauffeurs, artisans et entrepreneurs, malgré les conditions difficiles. « Haïti est une terre d’attraction, riche de la diversité de son patrimoine », a-t-il déclaré, en promettant de renforcer la sécurité et d’assurer un climat propice aux affaires.

Mais au-delà des discours, le secteur touristique reste pris dans un piège : celui de l’insécurité croissante. Les rues bloquées par les gangs armés, la peur permanente de se faire kidnapper et la multiplication des zones rouges découragent les touristes. Plusieurs sites historiques et lieux emblématiques sont aujourd’hui désertés. Apeurés, les visiteurs potentiels préfèrent explorer d’autres destinations, laissant les plages et montagnes haïtiennes à l’abandon.

La volonté politique se prononce, mais sans un retour effectif à la sécurité, le tourisme haïtien risque de rester un projet suspendu, incapable de séduire dans un climat dominé par la peur.

Le Relief

Diogo Jota meurt dans un accident de voiture en Espagne : le football portugais en deuil

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Une tragédie bouleverse le monde du football. Diogo Jota, attaquant international portugais et joueur emblématique de Liverpool, est décédé ce mercredi à l’âge de 28 ans , dans un accident de voiture survenu en Espagne. Son frère cadet, André Jota, 26 ans, a également perdu la vie dans le drame.

Selon les autorités locales, le véhicule du joueur une Lamborghini aurait quitté la route à grande vitesse avant de prendre feu. Les deux occupants n’ont pas survécu à l’incendie qui a suivi. Le drame s’est produit en fin de journée, alors que Jota séjournait en Espagne pour quelques jours de repos.

La disparition de Diogo Jota intervient à un moment où sa carrière était à son apogée. Il venait tout juste d’être sacré champion de la Ligue des Nations avec le Portugal, un titre auquel il avait largement contribué. Auteur de plusieurs buts décisifs durant la compétition, il s’était imposé comme un pilier de la Seleção.

Formé au Paços de Ferreira, Jota s’était révélé à Wolverhampton avant de rejoindre Liverpool en 2020. Sous les couleurs des Reds, il avait brillé par sa polyvalence, sa technique et son efficacité devant le but. En quelques saisons, il était devenu un chouchou d’Anfield et un élément central dans l’effectif de Jürgen Klopp, puis d’Arne Slot.

Mais au-delà du terrain, c’est l’homme que ses proches pleurent aujourd’hui. Jota s’était marié il y a tout juste dix jours lors d’une cérémonie intime, entouré de sa famille. Il laisse derrière lui son épouse et leurs trois jeunes enfants.

La nouvelle de son décès a provoqué une onde de choc. Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux, de la part de clubs, de coéquipiers et de légendes du football.

Mardoché D’Août

P. Diddy reconnu non coupable de certains chefs d’accusation, les réactions pleuvent

Le 2 juillet 2025, Sean Combs, alias P. Diddy, a été déclaré non coupable des chefs les plus graves, dont le trafic sexuel et l’association de malfaiteurs, mais reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution. En attendant la sentence, une demande de libération conditionnelle a été refusée, tandis que les réactions se multiplient dans le monde de la musique et au-delà.

Le verdict est tombé le 2 juillet 2025 au tribunal fédéral de Manhattan : Sean Combs, connu sous le nom de P. Diddy, a été partiellement acquitté des graves accusations de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs. Ces charges, qui auraient pu le conduire à la prison à vie, ont été rejetées par les jurés après plusieurs semaines de débats intenses.

Le verdict

Cependant, la star de 55 ans n’a pas échappé à toute condamnation. Le jury l’a reconnu coupable de deux chefs d’accusation de transport de personnes à des fins de prostitution, des délits fédéraux passibles chacun d’une peine maximale de 10 ans de prison. Les faits retenus concernent le déplacement de victimes d’un État à un autre pour les soumettre à des activités sexuelles tarifées.

Le procès a mis en lumière des témoignages accablants, notamment ceux de Cassie Ventura, ex-compagne de P. Diddy, et d’une autre femme identifiée sous le pseudonyme « Jane ». Elles ont décrit des scènes de « freak-offs », des soirées sexuelles organisées où elles auraient été contraintes de se prostituer sous le contrôle direct de P. Diddy. La défense, de son côté, a plaidé que ces relations étaient consenties et s’inscrivaient dans un style de vie « polyamoureux ». On peut identifier comme « krèy ».

Mais des éléments visuels, notamment une vidéo montrant P. Diddy en train d’agresser Cassie Ventura dans un hôtel de Los Angeles, ont pesé lourd dans les délibérations. Malgré cela, le jury n’a pas retenu les accusations les plus lourdes, notamment celle d’association de malfaiteurs sous la loi RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act). Cette loi américaine permet de poursuivre les membres d’organisations criminelles pour des activités coordonnées, avec des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

Peu après l’annonce du verdict, l’avocat de P. Diddy a sollicité une libération conditionnelle, mais la demande a été fermement rejetée par le juge Arun Subramanian. Le magistrat a justifié sa décision en soulignant les antécédents de violence de l’artiste et son mépris des règles. P. Diddy reste donc en détention en attendant la prononciation de sa peine.

Les réactions

Le verdict a provoqué une vague de réactions dans le monde artistique et au sein de l’opinion publique. La chanteuse Kesha a adressé un message de soutien à Cassie Ventura sur les réseaux sociaux : « Cassie, je te crois. Ta force est un phare pour les survivantes. »

Aubrey O’Day, ancienne protégée de P. Diddy, s’est dite « choquée » par l’acquittement sur les accusations les plus graves, affirmant que cette décision minimise la souffrance des victimes. De son côté, l’actrice Rose O’Donnell a dénoncé un système judiciaire qui refuse de comprendre pourquoi certaines femmes restent dans des relations abusives, rejetant l’idée qu’elles soient motivées par l’argent ou la célébrité.

Le rappeur 50 Cent, connu pour son opposition de longue date à P. Diddy, n’a pas tardé à réagir. Sur Instagram, il a écrit : « Diddy a battu le RICO. Ce garçon est un homme méchant. » Il a également confirmé la préparation d’une série documentaire pour Netflix, intitulée provisoirement Diddy Do It, qui reviendra sur l’affaire et ses zones d’ombre. Cette production, dirigée par Alex Stapleton, ambitionne de dévoiler des aspects encore méconnus du dossier.

Les décisions des jurés

Sur le plan judiciaire, P. Diddy a été :
-Non coupable de conspiration de racket (peine encourue : prison à vie).
-Non coupable des chefs de trafic sexuel impliquant Cassie Ventura et « Jane » (peines encourues : 15 ans minimum, prison à vie).
-Coupable de deux chefs de transport de personnes à des fins de prostitution (peine maximale : 10 ans chacun).

Alors que la sentence finale est attendue dans les prochaines semaines, ce verdict continue de diviser l’opinion publique, entre ceux qui estiment que la justice a triomphé et ceux qui dénoncent une décision incomplète qui ne reconnaît pas pleinement la gravité des faits.

Ce procès restera sans doute l’un des événements judiciaires les plus marquants de l’année 2025, au croisement des luttes pour les droits des victimes, des enjeux de pouvoir dans l’industrie musicale et des limites du système judiciaire face aux violences sexuelles.

Le Relief

Haïti – Transition politique : la CARICOM relance les discussions sur l’avenir du Conseil Présidentiel

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Dans un contexte de crise prolongée et de défiance croissante envers les autorités de transition, la CARICOM a organisé, ce mardi 1er juillet, une réunion avec les parties prenantes haïtiennes. Objectif : relancer le dialogue autour de l’avenir du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et trouver une voie consensuelle vers une transition politique qui patine.

Un dialogue politique réactivé

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts de médiation de la CARICOM, représentée par son Groupe de Personnalités Éminentes (EPG), avec des acteurs haïtiens issus des principaux secteurs de la vie nationale – du moins les plus importants.

Cette initiative intervient à quelques jours du Sommet des chefs de gouvernement de la CARICOM, prévu du 6 au 8 juillet en Jamaïque, au cours duquel un compte rendu des discussions haïtiennes doit être présenté.

Les principales décisions

Quatre décisions majeures ont été prises: Réforme du Conseil Présidentiel de Transition, la mise en place d’un gouvernement d’unité élargie, la mise en place d’un calendrier électoral et enfin un soutien régional et international renforcé.

  1. Réforme du Conseil Présidentiel de Transition
    Face aux critiques répétées sur l’inefficacité et l’impopularité du CPT, plusieurs intervenants ont plaidé pour sa réduction, voire sa restructuration complète. Des propositions visent à faire passer le Conseil de neuf à trois membres, ou à renouveler sa composition sur la base de critères d’intégrité, de compétence et de représentativité.

D’autres participants ont suggéré de repenser l’équilibre interne du CPT, en veillant à une répartition équitable entre représentants politiques, acteurs de la société civile et personnalités issues du monde judiciaire.

  1. La mise en place d’un gouvernement d’unité élargie
    Au-delà de la réforme du CPT, certaines voix ont proposé la mise en place d’un gouvernement de large consensus, plus inclusif, capable de restaurer la confiance de la population. Cette formule viserait à intégrer des acteurs non représentés actuellement, tout en excluant toute alliance avec des groupes armés ou des figures controversées.
  2. La mise en place d’un calendrier électoral
    La nécessité d’un calendrier électoral clair et réaliste a été unanimement soulignée. Plusieurs participants ont appelé à ce que les grandes lignes de ce calendrier soient définies avant même la tenue du sommet de la CARICOM, pour démontrer la volonté réelle de conduire le pays vers des élections dans un délai raisonnable.
  3. Un Soutien régional et international renforcé
    Sur le plan sécuritaire, les discussions ont réaffirmé la nécessité d’un appui international, en particulier par le biais de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS). L’accompagnement technique, logistique et diplomatique des partenaires régionaux est jugé essentiel pour garantir une transition stable.

Des échéances décisives à court terme

Plusieurs échéances majeures jalonnent les prochaines semaines et pourraient être décisives pour la suite du processus de transition. D’abord, le Sommet des chefs de gouvernement de la CARICOM, prévu du 6 au 8 juillet en Jamaïque, doit permettre la présentation officielle des conclusions de la réunion tenue à Port-au-Prince. À cette occasion, les États membres de la CARICOM pourraient adopter une position commune sur l’avenir du Conseil Présidentiel et sur les grandes lignes du processus électoral. Ensuite, une nouvelle mission du Groupe de Personnalités Éminentes est attendue à la mi-juillet, afin d’évaluer les avancées concrètes réalisées sur la base des engagements pris.

D’ici là, les acteurs haïtiens sont invités à soumettre une proposition claire de réforme du CPT, incluant une nouvelle composition et un calendrier électoral provisoire. L’objectif étant qu’un accord politique structuré puisse être mis en œuvre dès le mois d’août, en vue de poser les fondations d’un retour progressif à l’ordre constitutionnel.

Vers une transition plus crédible ?

Cette réunion marque une tentative renouvelée de relancer le processus politique haïtien, aujourd’hui en panne. Si les propositions sur la table semblent répondre à certaines revendications populaires, leur concrétisation dépendra de la volonté réelle des acteurs haïtiens de rompre avec les logiques d’exclusion, de méfiance et de fragmentation.

L’accompagnement de la CARICOM, bien que déterminant, ne suffira pas sans une dynamique interne sincère et structurée. Le temps presse, et la fenêtre d’opportunité politique pourrait rapidement se refermer si des décisions claires et inclusives ne sont pas prises dans les jours à venir.

Par Gesly Sinvilier

Le Premier ministre reste convaincu de la tenue des élections cette année

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Port-au-Prince, le 1er juillet 2025. — Alix Didier Fils-Aimé reste inflexible dans sa conviction : les élections auront lieu dans huit mois, à la date butoir du 7 février 2026. Engagé dans le retour à l’ordre constitutionnel, le Premier ministre a effectué ce mardi une visite au Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Accompagné de Joseph André Gracien Jean, ministre délégué aux questions électorales et constitutionnelles, le chef du gouvernement a eu des échanges avec Patrick Saint-Hilaire, président du CEP, ainsi que d’autres conseillers.

Les discussions ont porté sur les avancées du processus électoral, notamment la finalisation du décret référendaire, la publication imminente du calendrier électoral et les questions budgétaires.

À cette occasion, le Premier ministre a affirmé que les ressources nécessaires seraient mobilisées pour accompagner chaque étape du processus électoral.

Le président du CEP a annoncé l’installation prochaine des Bureaux Électoraux Départementaux (BED) et des Bureaux Référendaires Départementaux (BRD), l’ouverture des locaux pour les bureaux de vote, l’intégration d’outils technologiques modernes, ainsi que les premières évaluations issues des récentes visites régionales.

Cependant, deux questions demeurent après ces discussions avec le conseil électoral : comment pourra-t-on assurer le bon déroulement du scrutin dans des zones difficilement accessibles ? Et dans quel état d’esprit peut-on demander à une personne déplacée vivant dans un camp d’aller voter ?

Killy Johao

Carlos G. Ruiz Massieu est le nouveau représentant du SG des Nations Unis en Haïti

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Le diplomate de carrière de nationalité mexicaine, Carlos G. Ruiz Massieu, est nommé, ce mercredi, nouveau représentant du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres et également responsable en chef du Bureau intégré des Nations Unies en haïti, en remplacement de Maria Isabel Salvador.

Avant d’accéder à ce poste, Monsieur Massieu occupait la fonction de chef de mission de vérification des Nations Unies en Colombie.

Dans cette nouvelle fonction à Port-au-Prince, Carlos Ruiz Massieu devrait associer ses 25 années d’expérience dans la diplomatie et la fonction publique pour contribuer au dénouement de la crise politique sans précédente que connait le pays.

Son accession à ce poste de responsabilité survient à un moment, où plus de six millions d’Haïtiens sont frappés de plein fouet par l’insécurité alimentaire et un marasme économique aigue.

Le nouveau représentant d’Antonio Guterres devra tenir compte du poids et de la complexité de cette situation désastreuse dans laquelle se trouve le pays, et devrait s’arranger également afin de ne pas être un simple rapporteur, qui serait incapable de participer à la résolution de la crise en Haïti.

Le remplaçant de Maria Isabel Salvador qui a passé plus de 4 ans dans cette fonction, fera la différence si, éventuellement, il parviendrait à formuler des recommandations clés, pouvant servir de pistes de solutions pour aider le peuple haïtien à traverser ce carrefour combien difficile, où personne ne sait à quel saint se vouer.

Jacques Innocent

Haïti: Quand des mécréants encadrent le déroulement des examens officiels

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Les examens officiels de la 9e année fondamentale se sont déroulés sans incident majeur du 30 juin au 2 juillet, selon un bilan partiel des autorités. Dans la plupart des zones de non-droit, les centres d’examens ont été déplacés, dans d’autres à risque moins élevé, l’État a tenté le coup et réalisé ces épreuves malgré tout.

PORT-AU-PRINCE.—A Delmas, Pétion-Ville, Tabarre et autres zones accessibles, les épreuves de la neuvième année fondamentale sont déroulées dans un dispositif de sécurité habituel comme chaque année. Les ressources humaines du ministère de l’éducation nationale et le personnel des sièges s’accordent pour permettre aux candidats de passer cette étape, sous les regards bienveillants et vigilants des agents de la PNH notamment de l’EDUPOL.

À Carrefour, l’une des rares zones contrôlées par les bandits de Viv Ansanm tout s’est déroulé sous la surveillance des bandes armées. Les rues de Fontamara, Bizoton, Thor, Mon Repos, Waney jusqu’à Brochette, a témoigné Sarah Pierre, parent d’une adolescente de 14 ans, candidate à ces examens.

Les agents de la Direction Centrale de la Police Routière (DCPR) et ceux de l’unité EDUPOL, structure policière spécialisée dans l’accompagnement des élèves, étaient tous absents, a constaté l’équipe de Le Relief. Par contre des hommes lourdement armés, certains encagoulés vêtus de treillis, contrôlaient les allés et venus à travers les rues… une forme d’encadrement au bon déroulement des examens.

«J’avais peur en voyant tous ces hommes armés le premier jour», a avoué Lisa Louis, élève de 9e année. «D’habitude, ils sont si nombreux et si fréquents dans les rues quand il y a une attaque ou un événement à craindre. J’ai failli rebrousser chemin et abandonner les examens», a ajouté l’adolescente.

Parallèlement les autorités éducatives, satisfaites, ont évoqué un déroulement sans heurt des épreuves de 9e année, comptant les jours pour se lancer dans la tenue des examens officiels du baccalauréat.

Des centres d’examens relocalisés

En plaine: Croix-des-Bouquets, Cannan, Santo, Bon Repos, Marin, Clercine et Butte Boyer, les centres d’examens ont été relocalisés ailleurs en raison du contrôle total exercé par les bandits sur ces zones. A Cité Soleil, Route Neuve même constat, alors le MENFP avait donné la garantie que toutes les dispositions sont prises pour l’organisation des épreuves officielles.

Une fois de plus, sciemment ou par inadvertance, l’État s’est adapté à la réalité. Celle imposée à la société depuis plusieurs années.

Jean Mapou

Crise politique en Haïti : l’organisation NOUKONSYAN appelle à une mobilisation générale pour tourner la page du CPT

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Alors que la crise haïtienne s’enlise dans une impasse politique et institutionnelle sans précédent, l’organisation socio-politique « NOUKONSYAN » hausse le ton.

Dans une note de conjoncture rendue publique, ce mercredi, elle dresse un réquisitoire sévère contre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qu’elle accuse d’avoir totalement failli à sa mission. À travers cette déclaration, NOUKONSYAN relance le débat sur l’avenir de la transition et appelle à une mobilisation populaire structurée en vue d’un véritable changement.

Un bilan jugé désastreux

Depuis sa mise en place en avril 2024, le CPT fait l’objet de nombreuses critiques, tant sur le fond que sur la forme. Pour NOUKONSYAN, le Conseil s’est illustré par l’inaction, le gaspillage et une opacité dans la gestion des affaires publiques. L’organisation dénonce notamment l’octroi de contrats sans transparence, la mauvaise utilisation de fonds publics, ainsi que l’absence de réponses concrètes face à la misère de la population et aux urgences nationales.

Les dépenses jugées excessives à l’occasion de la fête du 18 mai, les accords opaques avec des compagnies privées, et les fonds mobilisés pour un référendum jugé contesté, sont cités comme exemples d’un pouvoir déconnecté des réalités.. Le silence persistant des autorités face au sort de nombreux Haïtiens refoulés ou en difficulté à l’étranger est également pointé du doigt.

L’échec du CPT : un constat étendu à ses parrains

Au-delà du CPT lui-même, NOUKONSYAN remet en cause l’ensemble des acteurs politiques et sociaux qui ont permis sa formation. Selon l’organisation, cette expérience a démontré l’incapacité des forces traditionnelles à proposer un cadre de sortie de crise viable et crédible. Elle exprime ainsi son scepticisme quant à la relance des discussions menées sous l’égide de la CARICOM et de certaines franges de la société civile, qu’elle juge inefficaces et dépassées.

Une proposition alternative axée sur l’institutionnalité

Face à ce constat, NOUKONSYAN renouvelle sa propre proposition de sortie de crise, qui passe par la mise en place d’un Conseil Présidentiel resserré, composé de trois personnalités indépendantes issues d’institutions nationales clés : l’Université d’État d’Haïti (UEH), la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) et la Banque de la République d’Haïti (BRH).

Ce trio, selon l’organisation, serait en mesure de garantir à la fois un leadership éthique, une gestion rigoureuse des ressources publiques, et une vision claire pour une transition axée sur des réformes structurelles et l’organisation d’élections crédibles.

Un appel à la mobilisation nationale

Dans sa note, NOUKONSYAN ne se limite pas à l’analyse. Elle appelle à une vaste mobilisation populaire et pacifique. Jeunes, ouvriers, enseignants, professionnels, paysans, diaspora : tous les secteurs de la vie nationale sont invités à s’unir pour exiger la fin de la transition actuelle et l’adoption d’un projet d’avenir commun pour Haïti.

Avec en perspective une « Haïti souveraine, prospère et juste » à l’horizon 2054, NOUKONSYAN veut ainsi transformer le rejet populaire du système actuel en une dynamique de refondation nationale. Le message est clair : sans rupture avec les pratiques actuelles, aucun progrès durable ne sera possible.

Un nouveau souffle ou un vœu pieux ?

Alors que les critiques contre le CPT se multiplient, notamment dans les milieux religieux et intellectuels, la proposition de NOUKONSYAN pourrait trouver un écho croissant dans l’opinion publique. Reste à savoir si l’organisation parviendra à fédérer au-delà de la dénonciation et à mobiliser efficacement dans un pays profondément fracturé.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle prise de position confirme l’accélération du désenchantement à l’égard du Conseil de Transition et ouvre la voie à d’intenses débats sur les alternatives possibles pour sortir durablement de la crise haïtienne.

Par Gesly Sinvilier