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Des morts enregistrés dans le bilan des examens de 9e année fondamentale 2025 en Haïti

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PORT-AU-PRINCE. —Le Bureau National des Examens d’État (BUNEXE) a présenté, ce vendredi 4 juillet 2025, le bilan du déroulement des épreuves de la 9e année fondamentale. Deux cas de décès ont été enregistrés pendant ces examens, ont confirmé les responsables.

En effet, un premier cas a été recensé à Delmas, où un élève a perdu connaissance en raison du stress. Transporté d’urgence, il a malheureusement été déclaré mort. Le second cas a été signalé dans la commune de Lascahobas. Face à la panique provoquée par une attaque imminente de gangs armés dans la zone, plusieurs personnes ont tenté de fuir précipitamment. Dans la confusion, un élève a été mortellement heurté par un véhicule, a rapporté le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).

L’incident tragique survenu à Lascahobas a entraîné la suspension totale des épreuves dans cette commune. Les autorités du ministère ont annoncé que des dispositions seront prises pour organiser la reprise des examens perturbés dans les meilleurs délais.

Malgré ces incidents, le MENFP s’est félicité d’avoir réussi à près de 80% le déroulement de ces épreuves de fin de 3ème cycle. Les autorités reconnaissent toutefois les difficultés rencontrées, notamment dans la plaine du Cul-de-Sac, où des centres d’examen ont dû être déplacés en raison de la présence de groupes armés.

Cette année, plus de 187 000 élèves ont pris part aux épreuves finales de la 9e année fondamentale. Par ailleurs, 2 307 candidats ont participé aux examens de l’École normale des instituteurs et des Jardinières d’enfants, et 424 autres issus des Centres d’éducation familiale. Une participation de 96% sur le nombre d’inscrits. Et maintenant, mis à part des corrections les regards se tournent vers les examens de Baccalauréat.

Jean Mapou

MJSAC : un système bien huilé de détournement de fonds selon l’ECC

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L’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC) met à nu un réseau complexe de détournements de fonds au sein du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC). Entre contrats fictifs, rançonnement de jeunes et gestion opaque, le rapport pointe directement la responsabilité de la ministre Niola Lynn Sarah Devalis Octavius.

Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique est secoué par des révélations accablantes. Dans un rapport publié récemment en ce mois de juillet, l’ECC décrit une administration dévoyée, où des ressources publiques sont systématiquement utilisées à des fins personnelles. Le fonctionnement du ministère semble désormais servir des intérêts privés au détriment de la jeunesse haïtienne.

Les conclusions de l’enquête, menée entre le 4 et le 30 juin 2025, s’appuient sur les témoignages de 21 personnes, dont des employés actuels, des anciens agents et des bénéficiaires de programmes. L’ECC évoque notamment des irrégularités majeures dans la gestion des fonds publics et une absence totale de contrôle interne.

Au cœur du scandale : deux cartes bancaires institutionnelles régulièrement utilisées pour des dépenses personnelles. Chargées chaque mois de millions de gourdes, ces cartes devaient initialement couvrir les besoins administratifs du ministère. Selon plusieurs employés interrogés, elles servent en réalité à financer des achats sans lien avec la mission de l’institution.

D’importants écarts dans la gestion du carburant ont aussi été constatés. Les frais mensuels alloués à ce poste ont doublé, atteignant près de six millions de gourdes, alors même que les allocations des employés ont été considérablement réduites. Cette situation a paralysé à plusieurs reprises les activités du ministère, notamment en raison de pannes de génératrice non approvisionnée.

L’ECC dénonce également des décaissements irréguliers de plus de 13 millions de gourdes en 2025, vers des entreprises comme Caribbean Office Supply, CATCO Services, TECHWARE ou encore Copy Smart. Des bordereaux de paiement ont été signés et validés, mais aucun des équipements supposément achetés n’a jamais été livré. Le rapport met aussi en lumière un contrat de plus d’un million de gourdes attribué à GER Consult, une entreprise dirigée par un ancien membre du cabinet ministériel, sans appel d’offres ni procédure régulière.

Les fêtes nationales ont également servi de couverture à des dépenses opaques. En mai 2025, 50 millions de gourdes ont été déboursés pour la fête du drapeau. Pourtant, aucune reddition de comptes n’a été produite, ni sur l’organisation des activités ni sur les montants utilisés pour l’impression des drapeaux.

Autre élément troublant : la gestion douteuse des fonds alloués à la commémoration de la Bataille de Vertières en novembre 2024. Dix millions de gourdes, destinés à cette célébration, ont été transférés sur le compte personnel d’un comptable à la demande directe de la ministre. Une large partie de cette somme a ensuite été remise en espèces à l’un de ses proches, sans aucun document justificatif.

L’ECC a, par ailleurs, révélé la disparition de plusieurs chèques destinés à des contractuels et d’anciens employés. Douze travailleurs n’ont jamais reçu leur salaire, alors que leurs chèques avaient été récupérés auprès du ministère des Finances par un collaborateur de la ministre. Plus grave encore, 79 chèques d’anciens employés et onze émis au nom de personnes décédées ont été encaissés frauduleusement. Au total, près de 2,7 millions de gourdes auraient ainsi disparu des comptes de l’institution.

Les jeunes bénéficiaires du programme PASOJEPS n’ont pas échappé à ce système de détournement. Ce programme, qui visait à mobiliser la jeunesse autour de projets civiques et de promotion de la paix, s’est transformé en un réseau de racket. Plusieurs jeunes affirment avoir été contraints de verser jusqu’à 60 % de leur indemnité pour obtenir leur paiement. Plus de 200 bénéficiaires attendraient encore leur dû.

Le rapport signale également une tentative d’organiser un voyage pour des proches de la ministre aux États-Unis dans le cadre de la Gold Cup 2025, alors qu’aucun jeune ni aucun sportif n’était prévu dans la délégation officielle.

Pour l’ECC, la gestion actuelle du MJSAC s’inscrit dans un schéma de corruption systémique qui prive les jeunes haïtiens des opportunités auxquelles ils ont droit. L’organisation recommande des mesures urgentes, allant de la restitution des fonds détournés à la mise en place de réformes structurelles profondes. Elle appelle également à la mise en mouvement d’une enquête judiciaire pour que les responsables soient traduits en justice et que la mission du ministère soit recentrée sur l’intérêt public.

Entre-temps des fédérations de sport souffrent de problème de fonds pour organiser des activités ou même de participer à des compétitions internationales à l’instar de la sélection féminine de football ou même même la sélection haïtienne de Socca qui devrait participer à la Copa America d’ici ce 23 juillet au 27 juillet se plaigne encore de problème de fonds dans différents médias de la capitale.

La Rédaction

4e Sommet Régional de la Finance : cap sur la relance des PME dans le Grand Sud

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Le coup d’envoi de la 4ᵉ édition du Sommet Régional de la Finance a été donné ce jeudi 3 juillet 2025, dans la ville des Cayes, à la salle de conférence de Radio Télé Hirondelle à Charpentier.

Placée sous le thème « Financer les PME pour la reprise économique », cette initiative conjointe du Group Croissance S.A. et du Collectif des Chambres de Commerce du Grand Sud vise à créer un espace de dialogue et de réflexion autour des mécanismes de financement adaptés aux petites et moyennes entreprises.

Jusqu’au samedi 5 juillet, des conférences, panels et échanges réuniront des acteurs économiques, représentants d’institutions financières, entrepreneurs et responsables publics, autour des défis de la relance économique dans une région encore marquée par les séquelles des dernières crises.

Ce sommet s’inscrit dans une volonté claire de renforcer le tissu entrepreneurial régional, en misant sur des solutions innovantes, durables et inclusives.

Gedeon Delva

De La Grand Rue à la Rue du Quai : fragments d’un Port-au-Prince en fuite!

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Par mégarde, j’ai publié une photo. Ce n’était pas la Grand Rue. C’était la Rue du Quai. Ce carrefour multiple, éclaté, d’où s’ouvrent mille voies vers la Mairie de Port-au-Prince, vers la Poste disparue, vers Croix-des-Bossales, vers la rue Bonne Foi rebaptisée Martelly Seide. Une photographie de la BUH, figée dans le temps, nous rappelle que les banques ont toujours existé ici, mais qu’elles aussi ont fui, comme nous avons fui le bas de la ville, fuyant la fatigue, la misère, la peur vers les hauteurs. Mais puisque le mal nous suit partout, nous finirons par fuir jusqu’au ciel, où peut-être Jésus, Marie ou Joseph, nous donneront enfin un peu de repos.

La Poste avait quitté ses fondations. Transplantée à l’angle des rues Capois et Nicolas, elle n’était déjà plus ce qu’elle devait être. Plus qu’un service public, elle avait été un symbole. Je me souviens des timbres, de la colle dans un bocal de bois , un goût sucré d’enfance.
Je revois l’escalier, majestueux, qui nous invitait à monter sans savoir pourquoi.

La Mairie semblait sérieuse, digne d’intérêt. Je ne savais pas ce qu’était une administration locale,
mais l’image qu’elle projetait faisait sens. Aujourd’hui, adulte, spécialiste des collectivités territoriales, je me demande encore quoi faire de ce savoir quand la ville est dépecée et que je tente seulement d’en recoller les morceaux pour dire à la jeunesse ce que fut ce Port-au-Prince-là.

Croix-des-Bossales, cœur vibrant, chaos marchand, le plus vieux, le plus vaste marché populaire du pays. Coincé entre le port et les premiers entrepôts, là où battait jadis le pouls de la plaine, entre mer et ciment. Ma mère y avait un commerce.

Après son départ, en 1975, ma tante Léonie et mes cousines y ont fait leur classe, parmi les cris, les cargaisons, les paniers, les parfums mêlés. Je me souviens des grosses voitures garées là, insolentes,
du luxe indécent posé sur la boue. Un jour, j’ai demandé au Maire, pourquoi cette boue gardait toujours la même odeur. Il m’a répondu : « Il y a plus d’armes à Croix-des-Bossales qu’au commissariat. »

Je n’ai jamais oublié le Gerit…
un tennis, un jean, un morceau de toile : toute la poubelle des États-Unis se déversait ici, et nous achetions à cœur joie ce que d’autres avaient jeté sans regard.

Rue Bonne Foi, rue des bouquinistes, je bifurquais souvent pour voir Mesmin, surtout les samedis. Topolino, Bobby Store au coin… une enfance à hauteur de papier imprimé.

Ce soir encore, j’ai envie de longer cette rue, devenue rue Martelly Seide, je me glisse en silence près du centre de santé, remonte vers la Cathédrale : Jean-Marie Guilloux est toujours mon repère.

Je m’arrête à la Rue Courte.
Les jupes bleues des filles de Mère Louise manquent à ma mémoire…

Je viens d’acheter une bougie de ce même bleu. Je vais la porter à Mont Carmel, en offrande. La
neuvaine commence lundi, Je commence ma penitence!

Erzulie Dan Petro, prete m poulèt poul nwa w la, mpral fè maji a mache!

Afoutayi, Bila Bila!
Izadole!

Yves Carmel Lafortune
4 juillet 2025

Plus 90% de la zone métropolitaine sous le contrôle des gangs, un constat alarmant du Conseil de sécurité de l’ONU

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Lors de la réunion du conseil de sécurité des Nations Unies le mercredi 2 juillet 2025, le secrétaire général adjoint Miroslav Jenča a mis l’accent sur l’aggravation de la crise securitaire et humanitaire en Haïti. Il presse l’international à agir vite.

Dans son discours, Miroslav Jenča a dressé un tableau sombre de la situation actuelle d’Haïti. « Depuis ma dernière visite en Haïti en janvier, afin de consulter les autorités sur les recommandations du Secrétaire général, nous avons continué d’observer une forte érosion de l’autorité de l’État et de l’état de droit. La violence brutale des gangs touche tous les aspects de la vie publique et privée. Lors de ma visite, j’ai été frappé par la profonde transformation de Port-au-Prince. La capitale était pratiquement paralysée par les gangs et isolée du fait de la suspension persistante des vols commerciaux internationaux à destination de l’aéroport international Toussaint Louverture » a constaté le diplomate.

Poursuivant que « depuis lors, les gangs n’ont fait que renforcer leur emprise, affectant désormais toutes les communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et au-delà, aggravant la situation. Sans une action accrue de la communauté internationale, l’effondrement total de la présence de l’État dans la capitale pourrait devenir un scénario bien réel », a déclaré le secrétaire adjoint de l’ONU.

Il a indiqué que le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti a recensé durant cette année 4 026 homicides volontaire, dont 376 femmes, 21 filles et 68 garçons. Cela représente une augmentation de 24 % par rapport à la même période l’année dernière ainsi que le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays par la violence des gangs qui a atteint désormais 1,3 million.

Tout en soulignant l’importance de l’amélioration du climat sécuritaire pour le progrès en Haïti, le diplomate appelle la communauté internationale à agir en toute urgence pour empêcher l’effondrement de l’autorité de l’État.

M Jença a exhorté les autorités haïtiennes à prendre des mesures concrètes pour lutter contre l’impunité actuelle de ces crimes odieux.

Par ailleurs, le Chef du Centre régional des Nations Unies a salué « les efforts continus de la Communauté des Caraïbes, notamment par l’intermédiaire du Groupe des personnalités éminentes, pour favoriser le dialogue et la collaboration entre les parties prenantes haïtiennes se sont avérés essentiels pour faire progresser la transition du pays vers le rétablissement de l’État de droit et des institutions démocratiques. »

Pour finir M Miroslav Jenča a réaffirmé le soutien du BINUH envers la Police Nationale d’Haïti en vue de renforcer ses capacités d’enquête sur les violences sexuelles et à fournir un soutien intégré aux survivants.

L’hôpital La délivrance de Delmas 33 lance le «d’intervention chirurgicale à bas prix»

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Pour une période de 3 mois( juillet -Aout-septembre) les patients auront une réduction de 50% sur tous les prix des opérations chirurgicales à l’hôpital La Délivrance à Delmas 33, c’est ce qu’a annoncé le Dr Renan Armstrong Charlot. C’est cette initiative est baptisée « programme d’intervention chirurgicale à bas prix».

La décision a été prise suite au constat de la détérioration de la situation sanitaire et humanitaire du pays. L’objectif, permettre aux gens des plus démunis d’avoir accès aux soins de santé.

« Nous avons pris la décision de réduire les prix de nos services pour faciliter l’accès à la santé aux couches les plus vulnérables», a déclaré Dr Charlot.

«Ce programme est ouvert à tout le monde, quelque soit son rang social, son sexe, son orientation sexuelle…», a insisté le responsable de l’hôpital La délivrance.

L’équipe invite tout le monde à fréquenter l’hopital pour se faire diagnostiquer et obtenir des soins appropriés à son cas.

Situé à Delmas 33 à la rue Charbonnière, L’hôpital La Délivrance est un centre qui a été fondé par une organisation dénommée Réseau santé Sud, un groupe de médecins issus de différentes régions du pays.
«Rendre accessibles les soins de santé aux couches les plus démunis », est leur objectif principal.

Gedeon Delva

LE PHOTOJOURNALISTE CHRIMONOR CADET ASSASSINÉ À CROIX-DES-BOUQUETS

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Des bandits armés, membres du groupe terroriste connu sous le nom de « 400 Mawozo », ont lâchement assassiné le photojournaliste Chrismonor Cadet dans la commune de Croix-des-Bouquets, où il résidait depuis plusieurs années.

Figure bien connue du milieu médiatique, Chrismonor Cadet a collaboré avec plusieurs médias de la capitale haïtienne, notamment le journal officiel L’Union.

Très actif sur les réseaux sociaux, Cadet ne manquait jamais une occasion de dénoncer les gangs armés. Jovial, sympathique et engagé, il avait récemment combiné son expérience médiatique avec la comédie et la musique.

Selon certaines informations, il aurait déjà été kidnappé par les 400 Mawozo par le passé, mais avait réussi à s’échapper de ses ravisseurs.

À l’heure actuelle, des membres de sa famille et des proches tentent de négocier avec les responsables du gang afin de récupérer son corps.

Jacques Innocent

La Grand Rue : de mes souvenirs d’enfance à mes rêves de la Gouverne de la rosée

À tous les (Gouverneurs et Gouverneures) de la Rosée!

J’avais sept ans.
À peine. Ce dimanche-là, je me suis évadé du temple du Nazaréen, là-bas, chez le Pasteur Simon. La parole était tiède, le culte sans feu.
Mais dehors, c’était le tumulte du Carnaval ! La merengue du Bossa Combo traversait les murs, soulevait les jupes et les âmes. Tout le monde chantait :
Demostèn ou mèt vole, Demostèn, tout fanm se chat…
Je souris encore de cette échappée belle. Un enfant libre, qui ne savait pas encore que le monde tourne à l’envers. Aujourd’hui, féministe convaincu, je ne chante plus mais je me souviens.

Je n’ai connu Airport Ciné qu’une seule fois. Une fois seulement.
Je le regrette encore.
Mais Fabre Geffrard vibrait sous nos pieds : le football y avait des odeurs de poudre et de poussière mêlées.
Et quand Lunise apparaissait à la fenêtre d’en face,
son sourire valait tous les buts du monde.

Le Marché en Fer, rouge et solennel, se dressait comme une cathédrale païenne. Je n’en comprenais pas les mystères, mais sa couleur parlait à mon cœur d’enfant.

À la Librairie Auguste, on achetait des papiers en forme de cœur pour écrire des lettres d’amour malhabiles. On feuilletait Zembra à la dérobée.

La Boulangerie Saint-Marc embaumait le souvenir. Papa nous y conduisait parfois, et le goût du pain chaud est resté, comme un serment.
Les boîtes de lait J-Brant devenaient ballons : le jeu était pauvre, mais l’enfance était riche.

Je me rappelle aussi ce grand portrait de Duvalier, à Portail Léogâne. Je me demandais :
Pourquoi prend-il autant de place ? Pourquoi bloque-t-il le passage des camionnettes ? J’étais un enfant mais déjà, en moi, je redoutais les Adjipopo!

Puis le temps a fait son œuvre.
J’ai grandi. Les souvenirs ont changé de goût. Caribeno, Brisa del Mar, quelques verres, quelques éclats de rire. Erno m’aurait traité de jouisseur, peut-être…
Soit. I don’t care. Je ne renie rien de mes ivresses, ni de mes veilles.

Aujourd’hui que j’ai lu Jacques Roumain, aujourd’hui que je dialogue avec Jacques Stephen Alexis, aujourd’hui que j’ai vu Manhattan, que j’ai étudié au Nord, je veux du social change. Je veux passer des rêves aux actes.
Faire que ce pays qu’on a tant pleuré puisse enfin se relever.

Je vois, au carrefour de Airport Ciné, un grand buste de Dessalines, là où la Grand Rue croise Delmas. Et si, en ce carrefour, Delmas, Cité Soleil et Port-au-Prince se donnaient enfin la main, qu’adviendrait-il d’Haïti ?

Je rêve d’une Grand Rue prolongée jusqu’à Tiburon, jusqu’à Ouanaminthe.
Quatre voies à l’aller, quatre au retour. Duvalier en a fait deux. Je veux faire mieux. Est-ce un péché ?

Et quand tout cela sera juste,
quand la rosée aura gouverné nos pas, je reviendrai m’asseoir à la Première Avenue de Bolosse.
Je contemplerai la Grand Rue,
ma rue,
notre rue.

Je penserai à l’Habitation Leclerc, au détour discret de la route des Dalles. Puis j’irai marcher dans le Martissant de Mangonès, ce jardin en sursis Car la rosée du Martissant 23 parle encore au poète
et appelle à la patience,
à la paix,
à la pâture du cœur.

L’Éternel est mon berger.
Akbolisabadya Da Guinen !

Yves Carmel Lafortune
3 juillet 2025

Lascahobas sous la menace des groupes armés, les examens de la 9e Année fondamentale boycottés.

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La quatrième journée des examens officiels pour la neuvième année fondamentale ont été boycottés Lascahobas, une commune située dans les hauteurs du département du centre.

Les responsables de différents centre d’examens ont du rapidement évacué les candidats se trouvant déjà en salle, suite aux menaces des bandits armés opérant depuis plusieurs semaines dans cette région.

Le centre ville de la commune reste, ce jeudi, paralysé. Les portes des institutions publiques et privées, écoles, le centre de santé communautaire, pharmacies et et autres sont fermés.

Les habitants jouent la carte de la prudence, en attendant le déploiement effectif des forces de l’ordre, qui devraient prendre le contrôle de la situation et garantir des conditions favorables à la reprise des activités.

Se trouvant en état de choc, un flux considérable de personnes ont fui rapidement le centre ville à pied et aux abords des véhicules assurant le trajet dans cette commune selon les précisions fournies par des journalistes locaux.

Jacques Innocent

Haitians for Civics and Peace Corp : Une nouvelle perspective salutaire pour la diaspora

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MASSACHUSETTS. — Une nouvelle association haïtienne de la diaspora a vu le jour sous l’initiative du psychiatre Harrison Ernest. Haitians for Civics and Peace Corp (HCP) est née d’un constat accablant concernant le quotidien difficile des Haïtiens résidant aux États-Unis.

Arrivé en Amérique du Nord en novembre 2023, le Dr Harrison Ernest a partagé son temps entre des retrouvailles familiales, des formations continues et une profonde nostalgie pour son pays d’origine, qui souffre cruellement. Ce sentiment de perte l’a poussé à enquêter sur l’organisation de ses compatriotes afin de mieux comprendre leur manque d’initiative au profit d’Haïti.

Un constat accablant ancré dans des décennies d’expérience

Selon le rapport du Dr Harrison Ernest, l’enquête a duré environ un an et demi et a révélé une réalité troublante : les Haïtiens de la diaspora mènent une vie égocentrique, marquée par une mentalité de chacun pour soi.

Malgré l’existence de nombreuses organisations à but non lucratif et apolitiques créées par les Haïtiens, la diaspora demeure divisée. Ces associations n’ont pas réussi à véritablement connecter les membres de la communauté ou à avoir un impact significatif sur la vie de ceux qui sont restés en Haïti, comme l’indique le rapport de l’enquête.

De la nécessité d’intégration à un appel à l’action

Bien que les pays d’accueil offrent de nombreuses opportunités, la diaspora haïtienne reste fragmentée, en raison de différences culturelles et d’une mentalité disparate, selon les analyses du Dr Ernest dans son rapport de trois ?????pages.

L’enquête a soulevé des questions légitimes sur la déconnexion des Haïtiens après leur migration, sur le manque de solidarité envers les nouveaux arrivants, notamment ceux bénéficiant du programme Biden, et sur l’utilité de la diaspora haïtienne et son fonctionnement.

Face au syndrome d’enracinement aigu, le HCP voit le jour

L’enquête a également décrit des comportements défavorables au progrès au sein de la diaspora haïtienne. « L’Haïtien à l’étranger conserve les mêmes lacunes qui entravaient sa vie en Haïti, projetant ainsi une image négative », écrit Ernest, justifiant ainsi la création de Haitians for Civics and Peace Corp.

Enregistré auprès du secrétaire du Commonwealth du Massachusetts, le HCP promeut la culture haïtienne, l’éducation civique, les droits humains et la paix, tout en œuvrant pour une communauté haïtienne solidaire. Le principal fondateur présente cette organisation comme une alternative aux divisions qui empêchent les Haïtiens de se faire une place significative à l’étranger, à l’instar des communautés juives ou chinoises.

Depuis son départ inopiné, le nom du psychiatre Harrison Ernest, ancien intervenant du tribunal du soir, a cessé de résonner en Haïti, même dans le cadre de l’affaire Jovenel Moïse où son nom avait été mentionné. Son initiative ne se limite pas à offrir une nouvelle association à la diaspora haïtienne ; c’est aussi une invitation à se reconnecter aux racines du pays, afin de lui redonner une place sur la carte mondiale.

Jean Mapou