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CEP : Etat des lieux dans la perspective du référendum et des élections en Haïti

Alors que la transition politique en Haïti cherche encore ses repères, le pays s’accroche à l’horizon incertain du retour à l’ordre constitutionnel. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), au complet depuis décembre 2024, s’efforce de poser les jalons d’un processus électoral crédible. Mais dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, les déplacements de populations, et l’effondrement de la confiance institutionnelle, les rendez-vous politiques attendus – référendum constitutionnel et élections générales – peinent à s’inscrire dans un calendrier réaliste.

Cela fait huit mois que le CEP a été officiellement complété par l’installation des neuf membres issus des différents secteurs de la vie nationale. Cette formation, fruit d’un long processus de négociations entre les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), a suscité un accueil mitigé. Si certains y voient une avancée vers le rétablissement des institutions démocratiques, d’autres soulignent les limites du processus de désignation et les incertitudes entourant la capacité réelle du CEP à remplir sa mission dans le contexte actuel.

Depuis sa mise en place, le CEP a entrepris plusieurs démarches importantes : mise en place de cellules techniques, discussions avec les partenaires internationaux, mobilisation d’un dispositif de sécurité électorale, recrutement du personnel des BED et des BEC, et consultations avec les partis politiques. Malgré ces efforts, l’organisme électoral reste entravé par un environnement national instable et difficilement maîtrisable.

*Le référendum constitutionnel reporté*

Le CEP avait initialement fixé au 11 mai 2025 la date d’un référendum portant sur l’avant-projet de nouvelle Constitution. Ce texte, élaboré à la suite de la Conférence Nationale, visait à corriger les lacunes de la Constitution de 1987 amendé et proposer un cadre institutionnel plus adapté aux réalités haïtiennes.

Cependant, dans une déclaration rendue publique le 25 avril 2025, le CEP a officiellement reconnu son incapacité à organiser ce scrutin, en raison notamment de :
– L’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays ;
– L’incapacité de nombreux citoyens déplacés à récupérer leurs pièces d’identité ou cartes électorales ;
– L’absence de conditions logistiques minimales pour garantir la transparence du processus.

Ce report, bien que justifié, a contribué à accroître les incertitudes autour du calendrier de la transition politique.

*Des élections générales de plus en plus repoussées*

En principe, les élections générales – présidentielles, législatives, municipales – devraient suivre le référendum. Pourtant, à l’heure actuelle, aucune date officielle n’a été fixée. Le CPT s’était initialement engagé à organiser les scrutins avant la fin de l’année 2025 ou au début de 2026. Mais l’insécurité, la faiblesse de l’appareil administratif, l’inexistence d’un registre électoral actualisé et l’ampleur de la crise humanitaire rendent ce scénario de plus en plus improbable.

Tant la communauté internationale (CARICOM, OEA, ONU) et les acteurs locaux conviennent que les élections doivent se tenir dans des conditions acceptables de participation, de transparence et de sécurité. En l’état actuel, ces conditions ne sont pas réunies. Plusieurs observateurs estiment donc que l’année 2026 est désormais la cible la plus réaliste pour un retour effectif aux urnes.

*Reconstruire la confiance et créer des conditions propices*

Le retour à l’ordre démocratique par les élections ne dépend pas uniquement de la présence d’un CEP en fonction. Il exige :
– Un désarmement progressif et un contrôle des zones occupées par les gangs armés ;
– Un effort massif de réenregistrement et de documentation de la population déplacée ;
– Des garanties politiques et institutionnelles fortes ;
– Un dialogue franc et inclusif entre les forces vives de la Nation.

En attendant, le CEP poursuit ses préparatifs, dans l’espoir que les conditions requises pourront être réunies à moyen terme. Le pays, quant à lui, demeure suspendu entre l’urgence de refonder ses institutions et l’impossibilité de le faire dans des conditions fragiles.

Gesly J. Sinvilier

La bestialité des bandits et de leurs maîtres a atteint son point de non retour.

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Que peut-on faire pour freiner cette dégringolade?Le moment n’est-il pas venu pour que la société se soulève réellement(moman leve kanpe a poko rive mesyedam. Kisa n’ap tann ankò?)

QU’est-ce qui va nous étonner encore chers compatriotes. Enfants arrachés de leurs mères pour être brûlés vifs;
Parents témoins impuissants de viols de leurs enfants;
Enfants qui assistent sans défense ni parole à la mort brutale de leurs pères, de leurs mères;
Policiers ligotés qui vivent l’humiliation de leurs frères d’armes;
Personnes morales la société voue respect et admiration pour leur humanité, leur sagesse, leur humilité subissant la fureur, l’arrogance et la brutalité des bandits;
Patrimoine artistique, culturel et architectural du pays que nous assistons impuissants disparaître dans les flammes.
Haïti mon pays ne mérite pas un tel sort.

MPM
06/0/7/2025

Oloffson en cendres, Haïti en deuil de mémoire et moi, dans la révolte!

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A Samy Janvier, Roberson Alphonse, Jen Aelle Yenna,
Aux Docteurs Sabine Lamour, Michele Oriol, Sauveur Pierre Etienne, Thomas Lalime et Roromme Chantal !
Lunise dit Chouloute,
Tiake,
Herve St Preux,
Jacques Yvon,
Daniel,
Ceph,
Jean Yves,
Geraldy,
Tanounouch,
Fito,
Fòfòy,
Ti Carme, grande soeur de Rolls Lainé, décédé la semaine dernière!

À Yvelino Cantave au nom de ces années de debut d’adulte,

À toi aussi, malgré moi!

A Ricardo Germain, Mayelle Montilus, espoirs de demain !

Oloffson!

Dire ce que représentait l’Hôtel Oloffson en Haïti, c’est tenter de traduire l’âme d’un pays en architecture, en musique, en soupirs. C’était bien plus qu’un hôtel. C’était un pan de notre conscience collective, une mémoire debout, un espace sacré de survivance culturelle. C’était, à la fois, notre Tour Eiffel tropicale, notre Waldorf Astoria aux saveurs de gingembre et de rhum, mais surtout, notre sentinelle, notre agora, notre temple de création et de contestation.

Quand j’ai appelé Daniel, il n’a pas pris de détour : Yves, tande, « On a brûlé l’hôtel Oloffson. »

J’ai d’abord cru à une image, une métaphore peut-être, comme on en fait dans les cauchemars. Mais non. Merde. On l’a vraiment brûlé. Et ce n’est pas seulement un bâtiment qui s’est effondré, mais un pan entier de notre mémoire, une artère de notre imaginaire, une cicatrice de notre histoire.

Ce lieu, ce cœur battant de Port-au-Prince, était niché aux croisements de sept rues : Saint Gérard, Christophe, Chili, Capois, Cadet Jérémie, Titus, et cette autre encore, modeste, effacée, près du Collège Tertulien Leclerc. Ce quadrilatère de mémoire condensait tout ce que nous avions de mieux : l’intelligence rebelle, l’art libre, l’esprit bohème, la tendresse en lutte.

L’Oloffson, c’était un carrefour de cultures, un lieu de passage pour les âmes lucides et indociles. Graham Greene y avait trouvé l’inspiration du Comedians, et Dany Laferrière y traînait parfois sa nonchalance nerveuse. Mais c’était aussi un sanctuaire de résistance musicale. C’est là que RAM, le groupe mythique, jouait ses morceaux envoûtants , Ibo Lele, Mayanman , cette musique rituelle, électrique, enracinée, qu’on entend même dans un film de Denzel Washington, The Manchurian Candidate. C’est dire l’écho universel d’un lieu que certains auraient voulu réduire à une simple carte postale délabrée.

Mais ce que peu de gens savent Ou feignent d’oublier c’est que Bill Clinton lui-même y a passé sa lune de miel. Oui, ce même Clinton qui, des années plus tard, prônera une politique économique en Haïti qui contribuera à tuer notre riz local au profit de l’importation de riz subventionné. Ironie du sort ou préméditation d’un projet colonial revisité ? Peut-être que c’est là, dans le moelleux d’un drap haïtien, que l’idée a germé d’écraser notre souveraineté alimentaire, de faire plier nos paysans, de nous transformer en clients passifs.

Alors que reste-t-il ?
Un tas de cendres.
Des cendres qui collent à la gorge. Des cendres qu’on voudrait nous faire avaler comme on avale l’oubli.

Je m’insurge.
Je suis en révolte.
Je suis en feu.

Parce qu’on ne nous brûle pas impunément. Parce que l’Oloffson, même consumé, survit dans chaque pas que l’on fait dans la ville blessée. Il est dans le chant des vendeuses, dans la plainte du tambour, dans les regards fatigués mais fiers des vieux poètes errants. Il est dans notre refus d’oublier.

Et je dis ceci :
Ils ont brûlé Oloffson comme on brûle un symbole, comme on sabote une source, comme on assassine une mémoire gênante. Ils veulent qu’il ne reste rien de ce que nous avons été, ni rêves, ni chants, ni désirs d’un ailleurs possible.

Mais nous ne laisserons pas faire.

Debout, mes amis.
Debout, mes sœurs et mes frères.

Il nous faut reconstruire non pas l’hôtel, mais ce qu’il incarnait :
La beauté insoumise.
La parole libre.
La musique vivante.
La pensée lucide.
Le refus de disparaître.

Qu’ils brûlent nos murs, nos archives, nos livres, nos hôtels… Qu’il assassine nos Presidents, qu’ils sachent que nos âmes sont inflammables d’espoir.

Alors que l’Oloffson fume encore, que ses cendres retombent sur nos épaules, relevons la tête et marchons.
Ceci est un appel à la résistance.
À la mémoire qui refuse l’exil.
Au pays qui se relèvera par la culture, par la lutte, par l’amour.

Oloffson est mort. Vive Haïti rebelle.

Yves Lafortune
6/7/25

NOTE DE PRESSE

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Le Groupe de Réflexion et d’Action des Parlementaires Haïtiens (GRAPH)

Port-au-Prince, le 4 juillet 2025

Objet : Position du GRAPH sur l’échec du CPT et la reprise du dialogue sous l’égide de la CARICOM

Constatant la signature de l’accord du 3 avril 2024, sous la médiation de la communauté internationale par le biais de la CARICOM, ayant abouti à un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de neuf membres représentant certains secteurs de la société haïtienne en excluant d’autres — une démarche profondément sectaire et exclusive ;

Constatant le non respect par le CPT de sa propre feuille de route : la non mise sur pied de l’Organe de Contrôle du Gouvernement (OCAG) qui devrait jouer le rôle d’un vrai parlement durant la période de la transition, l’aggravation de l’insécurité, le chômage endémique, l’abandon de larges portions du territoire national aux mains de groupes armés, la crise humanitaire croissante avec des milliers de déplacés sans repères — autant d’indicateurs alarmants qui dressent un tableau sombre de la situation actuelle du pays ;

Analysant scrupuleusement et rationnellement la rencontre du 1er juillet 2025 entre la CARICOM et les acteurs échoués constituant le socle du CPT — acteurs qui ont déjà démontré leur incompétence et leur inefficacité dans la gestion de la crise —, le GRAPH estime que cette nouvelle tentative, à nouveau sélective, témoigne de la volonté persistante de la communauté internationale de perpétuer un statu quo au lieu de rechercher une solution réelle, durable et inclusive à la crise haïtienne.

En ce sens, le Groupe de Réflexion et d’Action des Parlementaires Haïtiens (GRAPH) :

  1. Dénonce vigoureusement la manière dont la CARICOM a relancé le dialogue en écartant une grande partie des forces vives et représentatives de la nation ;
  2. Rappelle que toute solution à la crise actuelle doit obligatoirement passer par un dialogue véritablement inclusif, impliquant tous les secteurs de la société haïtienne sans discrimination ni exclusion ;
  3. Réaffirme sa volonté, sa disponibilité et ses exigences à participer activement à toute initiative de dialogue inter-haïtien visant une sortie de crise consensuelle, souveraine et respectueuse de la volonté du peuple haïtien.

Haïti ne pourra se relever sans la participation réelle de toutes ses forces vives, dans un élan patriotique, loin des agendas étrangers ou des arrangements entre petits groupes d’intérêts, pour une sortie de crise honorable et durable.

Pour le GRAPH, il est temps de remettre Haïti entre les mains des Haïtiens.

Pour authentification :

Yves Nicolas DUPRAS, Député de Mole Saint Nicolas, Coordonnateur du GRAPH.-

Tél : +509 36 78 3743
+509 427411-45

Crise haïtienne : L’harmonisation des accords politiques est-elle encore possible ?

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Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, la scène politique haïtienne est fragmentée entre initiatives concurrentes, accords partiels et tentatives de transition avortées. Alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), né en 2024, fait aujourd’hui l’objet de vives critiques, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à une harmonisation des différentes propositions politiques en vue d’une sortie de crise durable. Mais cette convergence est-elle possible ? Et à quelles conditions ?

La transition actuelle repose sur une accumulation de textes et d’engagements issus de groupes politiques et d’acteurs de la société civile aux orientations diverses. L’Accord du 21 décembre 2022, entre l’ancien Premier ministre Ariel Henry, certaines forces sociopolitiques, visait la formation d’un gouvernement de transition élargi et la tenue d’élections en 2023 – une échéance qui n’a jamais été respectée.

De son côté, l’Accord de Montana, lancé dès 2021, défend une approche de rupture, avec une transition dirigée par la société civile et un exécutif bicéphale. De ces groupes, est né l’Accord du 3 avril 2024 qui a permis la création du CPT, composé de neuf membres. Mais cette structure souffre aujourd’hui d’un manque criant de légitimité et d’efficacité.

À ces textes s’ajoutent une multitude d’initiatives politiques, sociales et citoyennes, portées par des partis comme EDE, des intellectuels, ou encore des recommandations internationales issues de l’OEA, de la CARICOM ou de l’ONU. Le résultat est une véritable cacophonie politique, marquée par la méfiance, la compétition et l’absence d’une vision commune.

Vers une harmonisation sous médiation régionale ?

Face à ce morcellement, la CARICOM, par l’intermédiaire de son Groupe de Personnalités Éminentes, s’efforce depuis 2023 de créer une plateforme de dialogue capable de réunir les différents camps. La réunion du 1er juillet 2025, qui a rassemblé les signataires des principaux accords ainsi que des représentants du CPT, a ouvert une perspective encourageante.

Des propositions ont été mises en avant pour rendre possible une convergence : une réduction ou une recomposition du CPT, plus représentative et efficace ; la création d’un gouvernement de large consensus, fondé sur des principes communs tirés des différents textes existants ; et la définition d’un calendrier électoral inclusif, tenant compte à la fois des exigences de rupture portées par Montana, des principes d’inclusion issus de l’Accord du 3 avril, et du séquençage institutionnel proposé dans l’Accord du 21 décembre.

Il ne s’agit plus de privilégier un accord au détriment des autres, mais plutôt d’identifier les éléments compatibles entre eux pour bâtir un socle de compromis. La médiation régionale s’impose ici comme un cadre neutre et structuré, capable de garantir un équilibre entre les sensibilités et de prévenir l’exclusion de certaines voix.

Les conditions d’une convergence possible

L’harmonisation des propositions politiques est envisageable, à condition que certains préalables soient réunis. D’abord, elle exige une volonté politique sincère de la part des acteurs locaux. Sans une disposition claire à dépasser les intérêts partisans, toute tentative de synthèse risque de rester lettre morte.

Ensuite, cette convergence suppose un espace de négociation crédible, structuré, et reconnu par tous. Le rôle de la CARICOM pourrait être décisif, à condition que son intervention soit respectée et acceptée par l’ensemble des groupes. Par ailleurs, il est crucial d’écarter les personnalités impliquées dans des affaires de corruption ou liées aux groupes armés, afin de restaurer la confiance du public dans le processus.

L’harmonisation nécessite également un alignement autour d’objectifs clairs et concrets, comme le rétablissement de la sécurité, le retour à l’ordre constitutionnel, la reprise des services publics et l’organisation d’élections crédibles. Enfin, aucune solution durable ne pourra émerger sans l’inclusion active de la société civile, des jeunes, des femmes et des territoires souvent marginalisés du processus politique.

Le risque de l’échec : un chaos durable

À défaut d’un accord harmonisé, le processus de transition risque de sombrer dans un enlisement prolongé. Le CPT, déjà affaibli, pourrait se retrouver isolé, tandis que l’échéance électorale resterait hors de portée. La fragmentation politique actuelle ouvre la voie à des scénarios préoccupants : montée en puissance des gangs, résurgence d’un autoritarisme déguisé ou effondrement des institutions restantes. L’appui international, lui aussi, pourrait s’effriter face au manque de résultats concrets, aggravant l’isolement du pays.

Construire une base politique commune

L’harmonisation des accords et propositions politiques n’est pas une utopie. Elle exige toutefois une méthode rigoureuse, une médiation légitime, et surtout une volonté collective de sauver l’essentiel. Si les divergences sont réelles, les points de convergence existent aussi : tous les camps souhaitent éviter le chaos, reconstruire l’État et répondre à l’attente d’une population épuisée.

La CARICOM offre aujourd’hui un cadre structurant pour cette démarche. Encore faut-il que les acteurs haïtiens aient le courage de dépasser leurs rivalités pour construire ensemble une base politique commune, capable de ramener l’ordre, la légitimité et l’espoir.

Par Gesly Sinvilier

Une jeunesse trahie : le MJSAC aucœur d’un vaste scandale

Le dernier rapport d’enquête publié par le Mouvement « Ensemble Contre la Corruption  » (ECC) éclaire d’une lumière crue les dérives alarmantes au sein du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC). Ce document, fruit d’une investigation méticuleuse, révèle des pratiques systématiques de détournement de fonds, de favoritisme, et de gestion opaque qui sapent les fondations mêmes de l’État et trahissent la confiance de toute une génération.

À l’heure où la jeunesse réclame des opportunités, de la transparence et un avenir digne, les révélations du rapport ECC sonnent comme un coup de tonnerre, enveloppes fictives, projets fantômes, financement d’activités partisanes sous couvert d’initiatives citoyennes. Ce sont des millions prévus pour les jeunes entrepreneurs, les centres sportifs, ou encore les formations civiques qui auraient été redirigés vers des circuits parallèles au profit de quelques élites.

Le plus grave n’est pas seulement l’ampleur des sommes détournées, mais la froideur méthodique avec laquelle cette corruption s’est institutionnalisée. Des mécanismes bien rodés, avec l’aval silencieux voire actif de hauts responsables, illustrent une culture de l’impunité profondément enracinée.

Faut-il rappeler que le MJSAC est censé être un pilier de l’État dans la construction d’une citoyenneté active, inclusive et équitable ? Lorsque ce ministère devient le théâtre d’une prédation cynique, c’est tout l’idéal républicain qui vacille.

Mais ce rapport est aussi une opportunité. Une chance, peut-être unique, de briser un cycle. Car si l’indignation est légitime, elle ne suffit plus. Il faut désormais exiger des actes : des poursuites judiciaires, des audits indépendants, une réforme structurelle du ministère, et surtout, une implication directe des jeunes dans la reconstruction des institutions qui leur sont destinées.

La jeunesse n’est pas un slogan de campagne, c’est une force vive, un droit à l’avenir. À l’État maintenant de démontrer qu’il en est digne.

Mardoché D’Août

De nouveaux bus pour couvrir la période des examens et assurer le transport scolaire

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PORT-AU-PRINCE.— La compagnie de transport scolaire Dignité a reçu vendredi, 26 nouveaux bus, dans le cadre du renforcement de la flotte d’automobiles du service de transport scolaire. Le directeur général de la compagnie Didier Benel a réceptionné la livraison en main propre ces nouveaux bus.

Ces véhicules seront utilisés pour continuer à assurer le transport des candidats durant la période des examens officiels de NS-IV, a promis le directeur général de la compagnie Didier Benel.

Compte tenu la relocalisation des centres d’examens en fonction de la non accessibilité de certaines zones, les bus seront stationnés dans des points d’embarquement situés à Clercine, Carradeux, Delmas et Pétion-Ville. Des agents de la Police Éducative (EDUPOL) seront présents durant les trajets pour veiller à la discipline des élèves.

Le service de transport scolaire a été présent pour les élèves tout au long de l’année malgré les énormes difficultés, a souligné Benel, exprimant sa satisfaction de pouvoir augmenter le nombre de véhicules de transportation scolaire.

La responsable a également soutenu que la situation sécuritaire alarmante qui prévaut dans le pays oblige le service à limiter ses mouvements et à modifier certains itinéraires, soulignant que quelques bus restaient en panne dans les régions depuis environs trois an raison des difficultés à remorquer vers le garage centrale de l’institution à Port-au-Prince.

«Quand je suis arrivé à la tete de Dignite en décembre 2024, je n’avais trouvé que sept bus, sans compter les nouvelles acquisitions, nous en sommea à 17», a fait remarquer le DG, annonçant la probabilité de lancer la nouvelle année de transport scolaire dans une ville de province.

Depuis la prolifération des activités criminelles, la présence des bus scolaire était très peu remarquée dans les rues de la capitale. L’acquisition de ces nouveaux bus, grâce à un partenariat de l’Etat haïtien avec la Corée du Sud, devait redonner espoir surtout aux lycéens. Mais la situation sécuritaire demeure inchangée soulevant des interrogations sur l’atteinte des objectifs du service pour cette année.

Jean Mapou

Haïti – Crise politique : Renmen Ayiti propose une sortie de crise face à l’échéance du 7 février 2026

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Face à l’échéance du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le mouvement politique Renmen Ayiti soumet une proposition de sortie de crise visant à éviter le chaos et à garantir un avenir démocratique et stable pour la nation.

Dans un document officiel daté du 4 juillet 2025, le mouvement Renmen Ayiti, dirigé par Me Jean Henry Céant, a présenté une proposition de sortie de crise en réponse aux incertitudes entourant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) prévue pour le 7 février 2026. Ce plan vise à redresser le processus de transition et à instaurer une gouvernance apaisée dans un contexte où le CPT n’a pas su répondre aux attentes majeures en matière de sécurité et de préparation électorale.

Renmen Ayiti constate que le CPT a failli à ses engagements, notamment l’organisation d’une conférence nationale inclusive, la mise en place d’un cadre électoral fiable et le rétablissement de la sécurité dans le pays. Selon le mouvement, la situation actuelle exige des dirigeants une reconnaissance publique de cet échec et un appel ouvert à d’autres acteurs politiques non représentés au sein du CPT pour établir une entente nationale.

La proposition s’articule autour de la signature, avant le 30 août 2025, d’un Accord Politique Sociétal Global. Cet accord prévoirait notamment :
-La création d’un organe de surveillance et de validation des actions de l’Exécutif, garantissant la transparence et la reddition de comptes.
-La mise en place d’une nouvelle gouvernance transitoire d’une durée d’un an, du 7 février 2026 au 7 février 2027.
-L’élaboration d’une stratégie nationale de sécurité pour rétablir durablement l’ordre public avec l’implication de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et des Forces Armées d’Haïti (FADH).
-La convocation d’une Assemblée Constituante en vue de rédiger une nouvelle Constitution à soumettre à référendum avant la fin du mandat du CPT.
-La définition d’un calendrier électoral conduisant aux élections démocratiques prévues pour le dernier dimanche d’octobre 2026.
-L’adoption d’un plan de sauvetage national et d’une feuille de route économique et sociale.

Pour assurer l’effectivité de ces mesures, Renmen Ayiti insiste sur la publication rapide de l’Accord et des organes de suivi dans le journal officiel Le Moniteur.

En guise de conclusion, Me Céant appelle les membres du CPT à « mesurer pleinement la portée de leurs responsabilités historiques » et à agir avec hauteur pour préserver l’intérêt supérieur de la Nation.

Renmen Ayiti croit fermement qu’une approche sincère, inclusive et juridiquement encadrée demeure la seule voie capable d’éloigner Haïti du précipice et d’ouvrir une nouvelle ère fondée sur la sécurité, la démocratie et la stabilité institutionnelle.

La Rédaction

Kot otorite nan peyi sa?

Èske gen otorite nan peyi a?
Kisa yo itil
Ki moun ki gen pou asire sekirite popilasyon an?
Kouman fè bandi yo kontinye ap touye polisye, ap touye pitit pèp la ap boule byen pèp la.

Jodi 6 jiyè 2025 lan, se polisye Swat ki mouri Kenscoff, se blindé PNH ki boule, se Otel Olofson yo mete kankannen. Se popilasyon Lascahobas k ap kouri kon chen fou.
6 jiyè 2025 kote Plan pou batay kont ensekirite a?
6 jiyè 2025 kote bidjè lagè a pase?
6 jiyè 2025 kote CSPN nan ansanm ak Eta majò lame a?

Konbe moun k ap alimante bandi yo lajistis sanksyone deja?
Kisa k esplike moun laklamè piblik denonse ki nan konfyolo nan bay bandi zam ak minisyon
Lajistis pa aji kont yo?
BRIGAD yo fè sa yo kapab men yo pa fouti jwenn bout bandi yo.

Se nan kontèks sa, se nan ensètitid ak ensekirite jeneral sa KPT a ansanm gouvènman ap klewonnen Referandòm ak eleksyon.
Mèsi Mesyedam pouvwa peyi m pou jan nou montre nou iresponsablite, nou enkapasite, nou gen movèz fwa n. Sèlman nou gen anpil “habilité” nan pran pou foure nan pòch nou.

Marcel Poinsard Mondésir

Lascahobas : Un Territoire en Danger ?

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Le bilan des dégâts causés par les gangs armés dans la commune de Lascahobas ne cesse de se alourdir. Depuis le début des offensives contre cette population civile, causant au moins un mort, plus d’une quarantaine de maisons ont été incendiées, dévastant ainsi de nombreuses habitations, sans parler d’un grand nombre d’entreprises commerciales saccagées par les bandits.

Dans un état de choc, la population tente désespérément de fuir. Des centaines de familles vulnérables ont quitté leur domicile, sans savoir où se réfugier. En quête de sécurité, beaucoup d’entre elles se sont installées temporairement à Belladères, Baptiste et dans la commune de Hinche, située dans le haut plateau.

Depuis le début de ces attaques, les autorités locales, notamment la CASEC, l’ASEC, les membres de la commission intérimaire et les forces de l’ordre, peinent à repousser les malfaiteurs et à rétablir le contrôle sur une situation qui continue de se détériorer.

Cette recrudescence de la violence des groupes terroristes dans la commune de Lascahobas perturbe non seulement la paix et la stabilité de la région, mais impacte également le déroulement des examens officiels de la 9e Année Fondamentale.

Parmi les tragédies survenues dans cette commune en proie à la violence des gangs, un élève en plein examen a été tué lors de l’évacuation d’un centre d’examen, alors qu’un flux considérable de personnes paniquées tentait de quitter le centre-ville.

Les informations rapportent que ce jeune écolier a été heurté par un véhicule surchargé de personnes cherchant à fuir. Les bandits sont constamment présents et très visibles dans tous les coins de rue.

Armeés, ces bandes contrôlent à la fois le centre-ville et certaines sections communales avoisinantes. Selon des informations fournies par des acteurs de la société civile, des cas de viols, notamment sur des mineures, ainsi que des actes de braquage, de torture et de séquestration ont été signalés.

Choquée et traumatisée, la population continue d’appeler les plus autorités à garantir la sécurité des habitants de cette commune, occupée depuis plus de 72 heures par des gangs armés opérant en pleine lumière.

Jacques Innocent