samedi, mars 14, 2026
11.3 C
Londres
Accueil Blog Page 141

Le MJSAC annonce moderniser ses services malgré les accusations d’ECC

0

Quelques jours après la publication d’un rapport controversé d’Ensemble contre la corruption (ECC) visant sa gestion, la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, Niola Lynn S. D. Octavius, a procédé ce 14 juillet 2025 à une remise d’équipements informatiques destinée à renforcer les capacités techniques de son ministère.

Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement interne. Lors d’une cérémonie organisée dans ses locaux, la ministre Niola Lynn S. D. Octavius a distribué des équipements informatiques à plusieurs entités centrales et déconcentrées du ministère, dans le but de renforcer leur efficacité technique et administrative.

Cette initiative s’inscrit dans un programme conjoint avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), axé sur la digitalisation des services publics. Selon la ministre, cette dotation fait suite à une requête adressée au Ministère de l’Économie et des Finances, qui a permis d’obtenir les matériels nécessaires pour améliorer les conditions de travail des employés du MJSAC.

Plusieurs structures ont bénéficié de cette remise, notamment le Bureau du ministre, la Direction générale, diverses unités techniques et administratives, ainsi que les parcs sportifs de Sainte-Thérèse et de Thomassin. L’événement s’est déroulé en présence de nombreux cadres, dans une ambiance marquée par la collaboration entre les équipes.

Cette action survient alors qu’un rapport publié il y a près d’une semaine par la structure Ensemble contre la corruption (ECC) met en cause la gestion du MJSAC. Le document accuse la ministre Octavius d’actes de mauvaise gouvernance. Le numero 1 du MJSAC a toutefois réfuté les éléments avancés par ECC. La ministre a exprimé publiquement son étonnement face à ces allégations, qu’elle considère comme infondées.

En dépit de ce contexte, le ministère poursuit ses actions. La ministre a évoqué l’installation de la Commission ad hoc sur la violence non accidentelle dans le sport, les préparatifs des Jeux interdépartementaux prévus cet été, le lancement des travaux de réhabilitation du Parc Saint-Victor au Cap-Haïtien, ainsi que la planification de la Journée internationale de la jeunesse, attendue le 12 août.

Cet événement, dont l’importance est indéniable, est salué, même si certains estiment que l’institution reste entachée de soupçons de corruption. Dans ce contexte, seules les instances d’enquête administrative et financière sont habilitées à faire toute la lumière sur les zones d’ombre.

La rédaction

Baccalauréat 2025: Des milliers d’élèves sans fiche d’admission, une organisation dénonce une gestion chaotique

0

PORT-AU-PRINCE.— Alors que les examens officiels du baccalauréat en Haïti sont lancés ce lundi 14 juillet, une vive inquiétude secoue le monde éducatif. Le Regroupement National des Travailleurs Haïtiens en Éducation (RENTRHED) a publié un communiqué alarmant, dénonçant de graves dysfonctionnements dans l’organisation des épreuves, notamment l’absence de fiche d’admission pour des milliers de candidats.

«Cette situation crée une incertitude inacceptable», déclare le RENTRHED, soulignant à la fois les conséquences psychologiques et les obstacles logistiques qu’entraîne cette défaillance pour les élèves concernés. Ces fiches, indispensables pour accéder aux centres d’examen, n’avaient toujours pas été remises à de nombreux candidats à la veille des épreuves, semant confusion et angoisse dans les familles.

Mais les critiques de l’organisation syndicale ne s’arrêtent pas là. Le RENTRHED accuse le ministère de l’Éducation nationale d’avoir écarté les enseignants dans la désignation des surveillants d’examen, préférant, selon ses dires, des personnes issues de milieux politiques proches de l’Accord Montana. Une décision perçue comme une manœuvre partisane. «L’éducation ne peut être l’otage d’aucun groupe politique», fustige l’organisation, qui dénonce une atteinte grave à l’impartialité et à la crédibilité du processus d’évaluation nationale.

Dans ce contexte tendu, le RENTRHED lance un appel direct au ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, lui enjoignant de «remettre toutes les fiches aux élèves ou d’activer la rubrique des cas spéciaux» et de revoir les critères de sélection des surveillants. Pour l’organisation, seule une gestion transparente et impartiale pourra rétablir la confiance dans un système éducatif déjà mis à rude épreuve par la crise généralisée que traverse le pays.

Déterminé à défendre les droits des élèves, le RENTRHED affirme qu’il ne restera pas silencieux face à ce qu’il considère comme une dérive dangereuse. Il appelle à la mobilisation de tous les acteurs éducatifs pour garantir que l’école reste un espace neutre, équitable et respectueux de la mission républicaine de l’éducation.

Jean Mapou

Haïti: Prolongation du mandat du BINUH presqu’un embarras international ?

0

NEW-YORK, États-Unis.— Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé lundi de prolonger de manière provisoire le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) jusqu’au 31 janvier 2026, se donnant ainsi six mois et demi supplémentaires pour statuer sur le futur de sa présence politique dans un pays en proie à une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent.

Cette prorogation, plus courte que les mandats annuels précédemment accordés, reflète l’incertitude croissante autour du rôle effectif que l’organisation peut encore jouer face à une situation qui continue de se détériorer.

Antériorité

Depuis sa création en 2019, le BINUH avait pour mission d’appuyer les institutions haïtiennes dans le renforcement de l’État de droit, la bonne gouvernance et les droits humains. Mais dans le contexte actuel, marqué par la fragmentation du pouvoir et l’emprise généralisée des gangs armés, cette mission apparaît désormais largement dépassée. « Il n’avait pas vocation à opérer dans un environnement aussi hostile que celui que nous connaissons aujourd’hui», a reconnu début juillet, devant le Conseil, Miroslav Jenča, un haut responsable des Nations Unies.

Le texte de la résolution, adopté à l’unanimité, ne ferme aucune porte mais souligne l’urgence d’un repositionnement stratégique. Le Conseil de sécurité y affirme son intention d’examiner sans délai les recommandations formulées par le Secrétaire général le 24 février 2025 quant aux différentes options relatives au rôle que pourrait jouer
l’Organisation des Nations Unies pour soutenir la sécurité et la stabilité en Haïti. Il y réaffirme également son engagement en faveur d’une solution globale, prise en main et dirigée par les Haïtiens, qui s’attaque aux causes profondes des crises multidimensionnelles qui touchent actuellement Haïti.

Dans cette lettre de février, le Secrétaire général António Guterres propose la mise en place d’un Bureau d’appui des Nations Unies, dont le rôle serait d’assurer un soutien logistique et opérationnel à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), une force internationale autorisée par le Conseil mais placée sous direction kenyane et opérant en dehors du cadre onusien.

Aggravation de la situation

Quatre ans après l’assassinat du Président Jovenel Moïse, la violence des gangs n’a cessé de s’amplifier. La majorité de la capitale, Port-au-Prince, est aujourd’hui contrôlée par des groupes armés qui étendent progressivement leur influence sur l’ensemble du territoire. Les forces de sécurité haïtiennes, appuyées par la MSS, peinent à inverser la tendance. «Malgré tous leurs efforts, la MSS et la police nationale d’Haïti n’ont pas réussi à restaurer l’autorité de l’État», a reconnu Miroslav Jenča.

La faiblesse structurelle de la Police nationale d’Haïti (PNH), confrontée à un manque chronique de financement et d’équipement, ne fait qu’exacerber l’instabilité. Et le mandat de la MSS, autorisé par le Conseil de sécurité, arrive à expiration dès le début du mois d’octobre, ajoutant une nouvelle incertitude sur le dispositif international de soutien.

Dans ce contexte, le Secrétaire général a nommé un nouveau chef à la tête du BINUH. Carlos Ruiz Massieu, diplomate mexicain et ancien chef de la Mission de l’ONU en Colombie, prendra ses fonctions en août à Port-au-Prince. Fort de son expérience dans les processus de paix et de stabilisation, il devra opérer dans un paysage politique fragmenté et un climat sécuritaire des plus volatils. Son arrivée intervient alors que l’avenir même du BINUH est suspendu aux réflexions stratégiques du Conseil, qui a, désormais, jusqu’en janvier 2026 pour décider s’il lmaintient ou réinvente la présence onusienne en Haïti.

Jean Mapou

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé reçu à la Maison-Blanche

0

Washington D.C., le 15 juillet 2025 — Le Premier ministre de la République d’Haïti, M. Alix Didier Fils-Aimé, poursuit sa visite officielle à Washington. Ce mardi 15 juillet, il a été reçu à la Maison-Blanche par Michael Jensen, Directeur pour l’Hémisphère occidental au Conseil national de sécurité (NSC).

Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire en Haïti et les efforts en cours en vue de la tenue d’élections crédibles, transparentes et démocratiques.

Dans un climat de respect mutuel et de cordialité, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à restaurer l’ordre public, à renforcer les institutions républicaines et à assurer un retour à la normalité constitutionnelle.

Vers une École nationale de commerce : le MCI et l’UNESCO relancent leur coopération

0

Le ministre du Commerce et de l’Industrie et le représentant résident de l’UNESCO en Haïti, Éric Violi Bi, se sont rencontrés le 14 juillet 2025 pour jeter les bases d’un partenariat renforcé. Parmi les projets discutés : la création d’une École nationale de commerce, en plus de programmes d’appui aux PME et à la jeunesse.

Le lundi 14 juillet 2025, le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a accueilli une délégation de l’UNESCO conduite par son représentant résident en Haïti, M. Éric Violi Bi. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de relance de la coopération entre les deux institutions, après une période de ralentissement.

Tenue dans un climat cordial, la réunion a permis d’aborder plusieurs axes stratégiques de collaboration, dont le développement de la formation professionnelle, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), et surtout l’autonomisation des jeunes. Une attention particulière a été portée à un projet d’envergure : la création d’une École nationale de commerce, une structure éducative publique qui viserait à former une nouvelle génération d’entrepreneurs et de cadres du secteur privé.

Ce projet, selon les deux parties, serait une réponse concrète aux besoins d’un secteur économique en quête de compétences qualifiées, tout en offrant une alternative aux jeunes à la recherche de formation de qualité et d’opportunités d’avenir.

Très satisfait des échanges, M. Éric Violi Bi a exprimé son engagement à soutenir ces initiatives, soulignant l’importance de renforcer la coopération entre l’UNESCO et les institutions haïtiennes pour répondre aux défis du développement.

Jacques Innocent

Constat d’échec du CPT : Chemen Delivrans prône une transition confiée à la Cour de cassation

0

Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 14 juillet 2025 à Port-au-Prince, le parti politique Chemen Delivrans a dénoncé l’échec de la transition actuelle en Haïti et propose une nouvelle gouvernance dirigée par un juge de la Cour de cassation.

Le parti politique Chemen Delivrans a dressé un constat d’échec de la gouvernance actuelle lors d’une conférence de presse tenue ce lundi. Pour ses dirigeants, les promesses de la transition menée successivement par Ariel Henry, puis par le Conseil présidentiel de transition (CPT), n’ont pas été tenues, laissant le pays en proie au chaos.

Prenant la parole au nom du directoire, le professeur Celiscar Jean Élysée est revenu sur une série de consultations politiques entamées peu après l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021. Selon lui, ces discussions visaient à remettre la direction de l’État à un juge de la Cour de cassation, dans un cadre de consensus politique. Une option écartée, regrette-t-il, au profit d’arrangements qui ont conduit à une impasse.

Une transition qui a échoué

Pour le parti Chemen Delivrans, la transition mise en place à travers l’accord du 11 septembre et poursuivie sous l’égide du CPT après l’accord du 3 avril, n’a su ni enrayer l’insécurité, ni améliorer les conditions de vie des citoyens. « Le pays est davantage plongé dans la misère, les gangs contrôlent de vastes zones, et les institutions sont toujours dysfonctionnelles », a dénoncé Celiscar Jean Élysée.

Le responsable politique déplore l’aveuglement de nombreux acteurs qui ont soutenu la formation du CPT, estimant que celui-ci n’a rien apporté de concret depuis sa mise en place. « Le chaos s’est aggravé », a-t-il martelé.

Vers une nouvelle proposition de transition

Face à ce constat, Chemen Delivrans propose un changement de cap. Le parti appelle à la mise en place d’une nouvelle transition, dirigée cette fois par un juge de la Cour de cassation. Une proposition qu’il dit avoir discutée avec d’autres forces politiques, telles que Unifos et KLE, en vue d’un large consensus.

« Il y a péril en la demeure. Il est temps que les acteurs politiques se réunissent, dialoguent sérieusement et s’entendent sur une nouvelle voie », a plaidé le professeur Jean Élysée, qui insiste sur l’urgence d’une refondation institutionnelle.

Appel à la mobilisation citoyenne

Au-delà des propositions politiques, le parti Chemen Delivrans invite la population à rester vigilante et à se mobiliser. Selon ses dirigeants, seul un sursaut citoyen pourrait permettre de mettre fin à la transition actuelle qu’ils jugent stérile, et d’ouvrir la voie à un avenir plus stable.

« Le CPT ne pourra en aucune manière dresser un bilan positif des 48 mois écoulés. Il faut un renversement pacifique et une nouvelle transition crédible », conclut Chemen Delivrans.

Jacques Innocent

Mission diplomatique : Alix Didier Fils-Aimé enchaîne les rencontres aux États-Unis autour de la sécurité et des élections

0

Parti en mission diplomatique depuis le 11 juillet, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a enchaîné ce 14 juillet une série de rencontres de haut niveau aux États-Unis. Sécurité, coopération internationale et organisation d’élections étaient au cœur de ses échanges avec les autorités américaines et l’OEA.

Chez l’oncle Sam, dans le cadre de sa première mission officielle aux États-Unis, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a rencontré, ce lundi, plusieurs partenaires clés d’Haïti dans les sphères diplomatique et institutionnelle. En toile de fond : l’urgence de restaurer la sécurité sur le territoire haïtien et de relancer un processus électoral inclusif dans un contexte de crise prolongée.

Une de ces rencontres s’est tenue avec Christopher Landau, Deputy Secretary of State américain. Ce dernier a réaffirmé l’engagement des États-Unis aux côtés du peuple haïtien, soulignant « la quête légitime de sécurité, de paix et de retour à l’ordre républicain ». Le chef du gouvernement haïtien a, pour sa part, salué cette posture « claire et constante » de l’allié américain, appelant à une coopération renforcée pour démanteler les réseaux armés qui gangrènent le pays.

Cap sur la sécurité et les élections

Dans la même journée, le Premier ministre a eu un entretien avec Mario Diaz-Balart, président de la sous-commission de la sécurité nationale au sein du Congrès américain. Les discussions ont porté sur deux axes majeurs : le soutien sécuritaire et la préparation d’élections libres, crédibles et inclusives. M. Fils-Aimé a réitéré sa volonté de mobiliser des partenaires stratégiques pour « restaurer l’ordre républicain et reconstruire des institutions fortes ». Il a également salué l’intérêt manifeste du Congrès américain pour la situation haïtienne.

Enfin, une troisième rencontre importante a eu lieu avec Albert Ramdin, Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA). Le Premier ministre haïtien lui a présenté les grandes lignes de son plan d’action pour la sécurité et les élections, tout en partageant les avancées du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

M. Ramdin a réaffirmé l’appui de l’OEA à travers une feuille de route articulée autour de cinq priorités : la gouvernance, l’assistance humanitaire, la sécurité, le processus électoral et le développement durable. Il a aussi annoncé la convocation d’une réunion du Groupe des Amis d’Haïti, prévue le 29 juillet prochain, pour renforcer la coordination internationale.

Une offensive diplomatique pour reconstruire la confiance?

À travers cette mission, le Premier ministre Fils-Aimé entend démontrer l’engagement de son gouvernement à sortir Haïti de la spirale d’instabilité. Le message est clair : bâtir des alliances solides pour répondre aux urgences sécuritaires et poser les bases du retour à l’ordre démocratique.

Le chef du gouvernement devrait rester aux États-Unis jusqu’au 17 juillet. D’autres rencontres bilatérales sont prévues d’ici son retour. Cette tournée, marquée par une intensité diplomatique, s’inscrit dans une stratégie de reconquête de la confiance tant des partenaires internationaux que de la population haïtienne.

Si, pour une frange de la population, ces rencontres diplomatiques apparaissent comme un brin d’espoir, derrière cette mission à Washington, un peuple entier attend avec impatience des retombées concrètes.

Car Haïti ne peut plus se contenter de promesses. Le pays vit une urgence nationale. Plus de 2 000 homicides recensés depuis le début de l’année 2025 selon les Nations Unies, 1,3 million de déplacés internes, 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë. Et sur le terrain, les gangs armés continuent de progresser, tuant, violant, pillant et perpétrant des atrocités qualifiées d’inhumaines.

Et au-delà des frontières, la diaspora haïtienne attend des réponses et démarches quant à son sort face aux politiques migratoires américaines et dominicaines. Dans ce contexte alarmant, chaque engagement diplomatique, chaque déclaration de soutien, devra désormais se traduire en actes concrets. Le peuple haïtien, pris en étau entre violence et misère, attend des réponses, pas seulement des mots.

Par Gesly Sinvilier

50 millions pour la fête du Drapeau : la ministre des Sports au cœur d’un scandale de gestion publique

0

L’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC) a récemment jeté un pavé dans la mare avec la publication de son dernier rapport sur l’utilisation des fonds publics. Au centre de la controverse : le décaissement de 50 millions de gourdes par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique pour l’organisation des festivités de la fête du Drapeau, célébrée le 18 mai 2025. Problème majeur : aucune pièce justificative n’a été retrouvée pour appuyer cette dépense colossale.

Dans un pays où les caisses de l’État sont quasiment vides, où les services publics sont à l’agonie et où la population vit au rythme des urgences humanitaires, une telle affaire soulève l’indignation et appelle à des explications claires et immédiates.

Une fête nationale aux frais du peuple… mais sans justification

Selon le rapport de l’ECC, aucune trace administrative ni comptable ne permet de savoir comment ces 50 millions ont été utilisés, qui les a reçus, ni pour quelles prestations précises. L’organisation parle d’un « exemple flagrant de mépris des règles élémentaires de transparence et de bonne gouvernance ».

Dans un contexte où chaque gourde du budget national devrait être orientée vers des priorités vitales — santé, éducation, relèvement économique, sécurité —, une telle opacité autour d’une dépense publique interroge et scandalise.

Une ministre silencieuse, des responsabilités écrasantes

Jusqu’à présent, la ministre des Sports, Nyola Lynn Octavius, n’a émis aucune déclaration pour expliquer ou défendre cette dépense. Pourtant, selon les lois haïtiennes sur la gestion des finances publiques, elle est l’ordonnatrice principale et donc responsable directe de l’utilisation des fonds alloués à son ministère.

Ce silence est perçu par beaucoup comme un affront à la population et un déni de responsabilité, d’autant plus que le gouvernement de transition, dirigé par le Conseil Présidentiel, s’est engagé à instaurer une nouvelle culture de transparence et de reddition de comptes.

Un test pour la transition et l’État de droit

Cette affaire constitue un test majeur pour le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qui promettait une rupture avec les pratiques opaques du passé. Laisser passer une telle situation sans conséquence reviendrait à légitimer la dilapidation de l’argent public et à renforcer la culture de l’impunité.

Les citoyens, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux observent de près la suite donnée à cette affaire. Des auditions, une enquête administrative indépendante, et si nécessaire des poursuites judiciaires, sont des étapes indispensables pour restaurer la confiance du peuple.

Le pays exige des comptes

Dans un pays où des milliers de familles vivent dans des camps de fortune, où des écoles sont fermés faute de moyens, et où les jeunes sont livrés à eux-mêmes, chaque centime du budget national doit être justifié. Ce n’est pas seulement une question de gestion, c’est une exigence morale et politique.

Le peuple haïtien est en droit de demander :

  • À quoi ont servi les 50 millions ?
  • Où sont les pièces justificatives ?
  • Qui a autorisé et reçu ces fonds?
  • Pourquoi la ministre ne parle-t-elle pas ?
  • Et surtout, quelles sont les procédures en pareil cas ?

L’affaire des 50 millions pour la fête du Drapeau est plus qu’un scandale isolé : c’est le symbole d’un système qui doit changer. Si les autorités actuelles prétendent bâtir une nouvelle Haïti, elles doivent commencer par exiger des comptes aux responsables publics, sans complaisance ni protection politique.

La ministre de la Jeunesse des Sports et de l’Action civique, Nyola Lynn Octavius, doit rendre des comptes. Et l’État doit prouver qu’il n’est plus complice du silence, ni prisonnier de l’impunité.

Par GS

Des organisations de droits humains portent plainte contre deux ministres haïtiens pour corruption

0

PORT-AU-PRINCE.—Jean Michel Moïse et Georges Wilbert Franck, respectivement ministres de la Défense ainsi que celui des Affaires sociales et du Travail, sont dans le collimateur de plusieurs organisations haïtiennes de défense des droits humains. Elles ont déposé une plainte formelle contre ces ministres pour des soupçons graves de corruption.

Dans une lettre adressée au commissaire du gouvernement, les plaignants réclament également des mesures conservatoires contre deux autres individus, Emmanuel Paul, ex-directeur de cabinet, et Norbert Chery, ancien administrateur.

«Haïti fait face à une corruption endémique qui affaiblit l’État de droit, freine le développement socio-économique et mine la confiance des citoyens dans les institutions», ont souligné les signataires, regroupés au sein de structures comme DVH, AUMOHD, ORDEDH, LHDDH, CEPRODHULF, PNPDH, OHDLP et d’autres encore. Ils affirment que des faits graves ont été portés à leur attention et documentés.

Selon la plainte, des proches du ministre Jean Michel Moïse auraient reçu de fortes sommes d’argent sur leurs cartes de débit, en échange de commissions reversées au ministre. En ce qui concerne l’achat de véhicules pour le ministère, «seulement 10 sur les 25 commandés ont été livrés», les autres étant vraisemblablement au cœur d’un mécanisme de détournement.

Georges Wilbert Franck est, quant à lui, accusé d’avoir octroyé des subventions douteuses et utilisé de manière opaque le service MonCash destiné aux personnes déplacées. Une sommation lui avait été adressée le 21 mai 2025.

Les plaignants pointent aussi le départ précipité d’Emmanuel Paul, qui aurait démissionné pour se soustraire à ses responsabilités, et de Norbert Chery, qui aurait quitté le territoire.

Dans leur requête au Parquet, les organisations demandent «qu’une enquête judiciaire approfondie soit engagée sans délai» et qu’elles soient reconnues comme parties civiles. Elles réclament également des mesures urgentes telles que «l’interdiction de départ, le gel des avoirs, ou toute autre mesure jugée nécessaire», concluant qu’en prenant ces dispositions, le commissaire du gouvernement contribuera à restaurer l’autorité de l’État de droit et à combattre l’impunité, fléau qui mine la société haïtienne.

Jean Mapou

Célébration de la fête nationale de la France à l’hôtel Montana

0

Port-au-Prince, 14 juillet 2025— À l’occasion de la fête nationale française, l’Ambassade de France en Haïti a organisé une réception à l’Hôtel Montana, rassemblant un large éventail de personnalités du monde diplomatique, politique, économique et social haïtien.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur Antoine Michon, de membres du corps diplomatique, de représentants d’organisations internationales, ainsi que de figures haïtiennes de premier plan.

Le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a pris part à la célébration, accompagné des Conseillers-présidents Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire, Laurent Saint-Cyr et Frinel Joseph, ainsi que du ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean Harvel Victor Jean Baptiste.

Dans son allocution, le chancelier Jean Baptiste a rappelé la portée historique du 14 juillet, soulignant qu’il symbolise la lutte victorieuse du peuple français contre les inégalités sociales, mais aussi l’héritage de liberté insufflé par la Révolution française. Il a évoqué l’influence directe de cette révolution sur la révolte des esclaves dans la colonie de Saint-Domingue, aboutissant à la proclamation, le 1er janvier 1804, de la première République noire indépendante.

Le ministre a également mis en lumière les liens d’amitié entre Haïti et la France, tout en rappelant les injustices historiques dont Haïti a été victime, en particulier la rançon de l’indépendance imposée par l’ordonnance du roi Charles X en 1825. À l’occasion du bicentenaire de cette ordonnance, il a cité un extrait du discours prononcé par le président Emmanuel Macron le 17 avril dernier, dans lequel il reconnaît que cette ordonnance « avait soumis le peuple d’Haïti à une très lourde indemnité financière et l’avait confronté… dès sa constitution à la force injuste de l’histoire. »

À ce titre, le chancelier a salué la création prochaine d’une Commission mixte franco-haïtienne sur la dette, chargée d’enquêter et de formuler des recommandations pour tourner cette page sombre de l’histoire commune et renforcer la coopération entre les deux pays, dans l’esprit des valeurs partagées par leurs ancêtres.

Il a par ailleurs exprimé sa gratitude envers la France pour son appui dans le domaine de la sécurité, notamment à travers la formation d’un contingent d’une vingtaine de soldats haïtiens à la Martinique.

Mais cette célébration intervient dans un contexte difficile. Haïti est en proie à une crise multidimensionnelle dont les effets sont aggravés par une gouvernance défaillante, la corruption et les luttes de pouvoir au sein du Conseil présidentiel de transition.

Plusieurs partenaires internationaux, dont la France, tentent de soutenir le pays, mais les progrès restent fragiles. Les diplomates étrangers, de plus en plus réservés, évitent les apparitions publiques aux côtés des dirigeants haïtiens, alors même que le pays a un besoin urgent de stabilité et de soutien.

À quelques mois de l’échéance du mandat du CPT le 7 février 2026, des voix s’élèvent pour réclamer son départ et la mise en place d’un gouvernement plus crédible, à même d’enrayer la crise qui paralyse Haïti.

Josué Sénat