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L’Académie Jacot Football Passion brille lors d’un stage international à Barcelone

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Une délégation prometteuse de jeunes footballeurs haïtiens a foulé les pelouses européennes dans le cadre d’un stage intensif organisé à Barcelone, ville mythique du ballon rond. L’Académie Jacot Football Passion (AJFP), connue pour son travail de formation auprès des jeunes en Haïti, a été invitée à participer à cette tournée sportive d’envergure, mettant en lumière le talent brut de la jeunesse haïtienne.

Le groupe, composé de 24 jeunes issus de plusieurs départements du pays, a eu l’opportunité de s’immerger dans l’univers exigeant du football européen du 14 au 18 juillet. Cette expérience s’inscrivait dans un projet pédagogique et sportif permettant aux participants de se confronter à de nouvelles méthodes d’entraînement, mais aussi de découvrir une autre culture du jeu, dans un environnement professionnel.

Durant leur séjour, les jeunes joueurs ont pris part à une série de matchs amicaux contre des équipes locales espagnoles. Ils ont également visité des installations sportives de haut niveau, notamment le mythique stade du FC Barcelone, ce qui a représenté un moment marquant pour beaucoup d’entre eux.

Selon Johnny Jacques, président de l’AJFP, ce stage visait à “offrir aux jeunes un aperçu du haut niveau, à éveiller en eux l’ambition et à leur faire prendre conscience de leur potentiel”. Il ajoute que cette tournée internationale est le fruit d’un travail de longue haleine et de partenariats solides avec des acteurs internationaux partageant la même vision du développement par le sport.

L’Académie, qui œuvre depuis plusieurs années en Haïti, mise sur une approche éducative du football. Au-delà de la performance sportive, les valeurs de discipline, de respect et de persévérance sont inculquées à chaque élève. Ce voyage en Espagne en est l’illustration parfaite : il s’agit autant d’un apprentissage technique que d’une ouverture culturelle.

Pour les jeunes de l’AJFP, cette expérience restera sans doute gravée dans les mémoires, tant sur le plan humain que sportif. Elle symbolise aussi un message fort : malgré les difficultés que traverse Haïti, la jeunesse peut rêver grand et trouver dans le sport un véritable levier d’espoir.

Mardoché D’Août

Le Premier Ministre, Alix Didier Fils-Aimé, est de retour

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Ce jeudi 17 juillet, l’aéroport international Toussaint Louverture a été le théâtre d’une animation quasi-carnavalesque. Une situation qui a perturbé la circulation au niveau de la zone.

Le Premier Ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a été accueilli par une foule de sympathisants, accompagnés de groupes rara et de motards.

Ils étaient venus apporter leur soutien au chef du gouvernement haïtien alors que celui-ci revenait d’une mission officielle à Washington.

Parallèlement, un groupe d’opposants au chef du gouvernement a tenté de perturber ce moment, exprimant leur mécontentement face à la mauvaise gestion de la transition actuelle.

Angle Rue Chavannes et Capois, au gré de mes souvenirs de ma ville

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Il existe une géographie du cœur, secrète et obstinée, là où la rue Chavannes embrasse la rue Capois. Ce n’est pas un simple croisement : c’est un point d’ancrage affectif, un territoire de l’âme. Jadis, un petit hôtel de passe y survivait discrètement, mais même lui n’a pas résisté à l’usure du temps. Bregard et sa bande, dans un baptême improvisé, avaient nommé ce lieu : Tèt Chavannes. Une esquisse sur la carte, un lieu presque effacé, mais dans la mémoire, c’est un sillon vif : ici commence le souvenir.

Nous sommes à moins d’un kilomètre du Champ de Mars. Mais entre nous, il ne s’agit pas de distance, c’est une affaire d’écho. Le Palace, ce grand hôtel au coin, jadis altier et lumineux, fut terrassé par le séisme du 12 janvier. Depuis, il gît là, comme suspendu, en attente d’un regard, d’une main, d’un projet. Rien n’a été fait. Le silence est devenu sa façade.

Appuyé aux murs du Musée d’Art, je me souviens. D’ici, on aperçoit sans peine le Collège Saint-Pierre. On pourrait presque le toucher tant la mémoire a le bras long. C’est dans ce quartier que la ville me parlait à voix basse. Les pierres murmuraient. Les trottoirs savaient mon nom. L’avenue Christophe est à une enjambée de la rue Capois, par le corridor de Bois-de-Chêne. Il y avait aussi la maison de Sandy.

Sito Cavé le dit si bien dans ses écrits, et Allan l’a chanté comme on pleure en dansant :
“Champ de Mars pa tap chan’n Mas si m pat konn ale la…”

Rien ne serait pareil sans cet angle-là. Sans cette confluence de souvenirs, d’odeurs, de bottes qui claquent et de voix d’écoliers. Tèt Chavannes n’est pas qu’un croisement, c’est un cœur battant, un battement perdu, une boussole d’exilé. Ce fut jadis un quartier calme, avant de devenir un carrefour animé, palpitant, où toujours quelque chose se passe.

Le cireur de bottes est encore là, à l’angle, devant la maison des Gattereaux. Derrière lui, le coiffeur ambulant, presque sacré, fait sa pénitence en allant et venant, au rythme des visites à Radio Caraïbes. Politiciens, sénateurs, députés, ministres, voleurs, vicieux, passants, étudiants, journalistes, enfants… tous y défilaient, en une procession urbaine, haïtienne jusqu’à la moelle.

Et chaque fois que j’y pense, c’est comme si j’y retournais.

La rue Marcelin avait toujours un goût fade. L’impasse Cantave aussi. J’aimais contempler l’oblique du prolongement de la rue Waag, hésitant entre le bar de l’Ère et la rue Fleur de Chêne. Une pensée émue pour le docteur Eddy Arnold Jean, qui m’interpellait souvent au passage, pour parler Foucault et Deleuze, avant de nous rendre chez Gran’n V pour déguster un ragoût ou un poisson bien épicé.

Je pense souvent à la rue Capois, ce fil rouge de mes rêves de bâtisseur de ville. L’urbaniste que j’avais rencontré à Tèt Chavannes m’avait confié qu’il fallait absolument élargir cette rue et la prolonger jusqu’à Delmas. Je n’ai pas eu le temps de débattre du projet. Les architectes, me semble-t-il, ont oublié leur métier, autant que Ti Malice a laissé l’école pour se faire beurre… et beurrier aussi.

Hier soir, j’ai parlé à Albert Mangonès. Oui, en rêve. Il expliquait aux Gouverneurs de la Rosée comment reconstruire. Quand il aura fini de nous transmettre sa science, je serai le premier à venir rebâtir ma ville.

Ti Zando, ti Zando, fèy nan bwa rele mwen…
Ti Zando, ti Zando, fèy nan bwa rele mwen… (Azor)

Yves Lafortune
Miami, le 17 juillet 2024

Trois chefs de gangs haïtiens dans le viseur de l’Union Européenne

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Après les Nations Unies, le Canada et les États-Unis, l’Union européenne emboîte le pas en prenant la décision de sanctionner des artisans et promoteurs de la violence en Haïti.

Au cœur de cette disposition, les nommés Micanor Altès, Christ-Roi Chéry et Jeff Larose, respectivement chefs de gangs de Wharf Jérémie, de Ti Bwa et de Canaan, sont placés sur une liste de personnalités sanctionnées par l’UE.

Cette mesure, adoptée sur les recommandations du gouvernement français, survient à un moment où les bandes criminelles armées contrôlent 90 % du territoire de la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Le train de mesures appliquées contre les trois chefs de gangs, placés sous les regards de la communauté européenne, témoigne de la volonté et de la détermination d’une frange importante de l’international de coopérer avec les autorités haïtiennes afin de colmater le phénomène de l’insécurité.

Les trois chefs de gangs sanctionnés verront leurs avoirs gelés et seront aussi strictement interdits de voyager dans les pays membres de l’Union européenne, selon un communiqué publié à cet effet.

Jacques Innocent

Crypto-monnaie : les États-Unis adoptent le GENIUS Act

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Par Jean Venel Casséus

Les États-Unis viennent de franchir un tournant historique dans la régulation des crypto-monnaies. Le 17 juin 2025, le Sénat a adopté le GENIUS Act (Guaranteed and Uniform Safe Transactions and Innovations in Stablecoins Act), et la Chambre des représentants a validé le texte ce 16 juillet. Cette avancée législative s’inscrit dans une semaine déjà surnommée la “Crypto Week” par les observateurs.

Ce texte de loi concerne directement les stablecoins, ces crypto-actifs adossés à une devise comme le dollar. Des exemples connus sont l’USDT (Tether), l’USDC (USD Coin) ou encore le DAI. Leur valeur stable les rend plus attractifs pour les paiements et les transferts rapides, à l’inverse de cryptos volatiles comme le Bitcoin ou l’Ethereum.

Avec le GENIUS Act, le gouvernement fédéral encadre pour la première fois ce marché en plein essor. Les émetteurs de stablecoins devront garantir une couverture intégrale de leurs réserves par des actifs sûrs, comme des dollars ou des bons du Trésor. Des audits mensuels seront obligatoires, et un enregistrement auprès des autorités fédérales est désormais requis. La loi interdit également les stablecoins dits « algorithmiques », comme TerraUSD ou Ampleforth, jugés trop instables. Elle précise aussi que la Réserve fédérale ne pourra lancer sa propre monnaie numérique sans autorisation du Congrès.

L’un des éléments marquants du texte est l’ouverture du marché aux entreprises non bancaires. Des acteurs comme Amazon ou Walmart pourront lancer leurs propres stablecoins, à condition de respecter les règles. Cette disposition pourrait accélérer l’usage des paiements numériques dans le e-commerce et renforcer l’efficacité des transactions en ligne.

Si la loi est saluée comme un progrès vers la modernisation financière, certains experts évoquent des risques : une adoption massive des stablecoins pourrait détourner les dépôts des banques traditionnelles ou compliquer le contrôle monétaire. Le gestionnaire Amundi a mis en garde contre une possible fragmentation du système mondial de paiements.

À la différence des crypto-monnaies classiques comme le Bitcoin ou le Shiba Inu, les stablecoins sont conçus pour rester stables. Cette fiabilité leur donne un net avantage dans les usages quotidiens. Pourtant, en posant un cadre légal clair, le GENIUS Act pourrait aussi bénéficier aux cryptos volatiles en renforçant la confiance globale dans l’écosystème numérique et en attirant de nouveaux investisseurs vers des plateformes où coexistent tous types d’actifs.

Washington DC, 16 Juillet 2025.

À Saut-d’Eau, les gangs substituent l’État et détournent la fête du Mont-Carmel

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Chaque 16 juillet, Saut-d’Eau devient un haut lieu de ferveur religieuse. Mais en 2025, la ville sainte, désertée par sa population et livrée aux groupes armés, a vu ses traditions piétinées. En l’absence totale de l’État, les gangs ont pris possession de la fête patronale.

Le déroulement de la Notre-Dame du Mont-Carmel ce 16 juillet 2025 ne s’est passé comme d’habitude. Les dizaines de milliers de pèlerins convergeant, tous les ans, vers Saut-d’Eau pour célébrer dans une ambiance de recueillement et de liesse se sont désertés.

Quand les bandits font la fête

La ville du département du Centre est restée silencieuse, vidée de ses habitants, ses lieux saints abandonnés, ses traditions suspendues. En cause : l’emprise totale des gangs sur la commune depuis l’attaque sanglante du 31 mars, menée par les groupes armés « 400 Mawozo » et « Taliban », réunis au sein de la coalition criminelle Viv Ansanm.

Résultat : population en fuite, commerces à l’arrêt, lieux de culte désertés. Et pour la première fois depuis des décennies, aucun pèlerin n’a foulé la célèbre source miraculeuse. Aucune procession, aucun rite vodou, aucun service religieux n’a pu être organisé. « Il n’y a pas eu de célébration. Les habitants ont fui. Nous ne pouvions accueillir ni pèlerins ni visiteurs pour honorer notre culture », a confié, amère, Marie André Ruth Thélus, présidente de la commission municipale intérimaire.

« Ville Bonheur » profanée

Les images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent d’une scène surréaliste : des chefs de gang lourdement armés, accompagnés d’hommes en uniforme, ont paradé dans la ville sous les acclamations de quelques personnes sur place. À défaut de prières, des liasses de billets ont été distribuées, et la fête du Mont-Carmel s’est transformée en démonstration de force criminelle.

Profondément choquée, la mairesse a présenté ses condoléances aux familles endeuillées par les violences et exprimé sa solidarité envers les commerçants ruinés. « Ce sont des terroristes qui souillent nos sites touristiques, avec la complicité de bandits en col blanc », a-t-elle dénoncé, pointant l’inaction flagrante des autorités centrales. Selon la mairesse depuis l’attaque, aucune opération d’envergure n’a été lancée. Le ministère de l’Intérieur a tenté un contact, mais rien de plus. Le reste du gouvernement semble rester sourd et invisible.

Cette absence de réponse de l’État dépasse la seule dimension sécuritaire. L’annulation de la fête du Mont-Carmel a eu des conséquences économiques dramatiques : hébergements, petits commerces, restauration, artisanat… tout un écosystème local qui comptait sur cette période pour survivre a été pulvérisé.

Au-delà d’un événement religieux manqué, la situation de Saut-d’Eau incarne le naufrage d’un État incapable de protéger ses citoyens, ses traditions et ses symboles. Des familles déracinées, des élèves déscolarisés, une population qui fuit… et une ville jadis surnommée « Ville Bonheur », aujourd’hui occupée, profanée, défigurée.

Saut-d’Eau devient ainsi le triste miroir d’un pays abandonné à lui-même, où la violence armée remplace les institutions, et où le sacré est livré au chaos.

Par Wideberlin SENEXANT

Lancement de DevHaïti, un nouveau média dédié au développement durable

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PÉTION-VILLE, Haïti.— Un nouvel acteur vient d’émerger dans le paysage médiatique haïtien. DevHaïti, plateforme numérique et magazine bimensuel, a été officiellement lancé ce mardi, en présence de journalistes, de partenaires du développement et de plusieurs personnalités publiques.

Informer pour agir: une mission clairement définie

Lancé sous le leitmotiv d’«informer pour agir », DevHaïti se donne pour mission de sensibiliser l’opinion publique aux enjeux majeurs touchant l’environnement, l’économie, la gouvernance, les politiques publiques et le développement durable. Le média s’adresse à un large public: citoyens, étudiants, chercheurs, décideurs, institutions et entreprises.

Une initiative conjointe de l’AJEDD et du Group Croissance

Ce projet ambitieux est le fruit d’un partenariat entre l’Association des Journalistes Économiques pour le Développement Durable (AJEDD) et le Group Croissance, une institution spécialisée en économie appliquée.

Le rédacteur en chef de DevHaïti, Patrick Saint-Pré, a souligné l’importance de l’initiative. «Il existe un réel vide médiatique sur les questions de développement durable. DevHaïti vient le combler avec rigueur et engagement», a-t-il dit.

Un outil pour guider les politiques publiques

Kesner Pharel, président du Group Croissance, voit en ce nouveau média un levier d’influence stratégique. «DevHaïti sera un outil utile pour guider les politiques publiques et accompagner les changements positifs dans le pays», a-t-il déclaré.

Un engagement pour une Haïti plus résiliente

Dans son discours de clôture, Patrick Saint-Pré a rappelé les retards mondiaux dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD), mais a insisté sur le potentiel d’Haïti malgré les défis. «DevHaïti est plus qu’un média. C’est un engagement collectif pour une Haïti plus résiliente, plus juste et plus durable».

Ce lancement marque ainsi le départ d’une aventure journalistique et citoyenne. À travers ses publications, DevHaïti espère inspirer, mobiliser et provoquer des actions concrètes pour le progrès.

Le lancement a été salué par plusieurs intervenants, dont Johnny Joseph et Jean Pharès Jérôme, qui ont exprimé leur confiance dans le projet.

Corine Cathala, représentante de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), a également manifesté son soutien, en déclarant que «DevHaïti contribuera à rendre visibles les efforts en matière de développement, souvent méconnus du grand public».

Jean Mapou

Offensive diplomatique aux États-Unis : Sécurité, élections, diaspora et économie au cœur des priorités haïtiennes

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Washington/Port-au-Prince, juillet 2025 — En pleine transition sécuritaire et institutionnelle, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a entamé une tournée diplomatique de haut niveau aux États-Unis, marquée par une série de rencontres stratégiques avec des responsables clés de l’administration américaine, du Congrès et des organisations régionales. Cette offensive diplomatique vise à consolider les partenariats autour de quatre grands axes : la sécurité, la tenue d’élections crédibles, la protection des migrants haïtiens et le soutien à la relance économique.

Sécurité nationale : priorité absolue

De Port-au-Prince à Washington, la situation sécuritaire a occupé une place centrale dans les échanges. Le Premier ministre s’est entretenu avec Christopher Landau, Deputy Secretary of State américain, avec qui il a réaffirmé la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour démanteler les réseaux armés et restaurer la confiance citoyenne.

Cette priorité a été également abordée avec Michael Jensen, Directeur pour l’Hémisphère Occidental au Conseil National de Sécurité (NSC), ainsi qu’avec les parlementaires américains Michael Lawler (R-NY), Mario Diaz-Balart (R-FL) et Raphael Warnock (D-GA), tous sensibles aux défis sécuritaires actuels d’Haïti.

Élections et retour à l’ordre républicain

La question électorale a été longuement discutée lors de chaque rencontre. Le Premier ministre a exposé les progrès réalisés dans la mise en place du Conseil Électoral Provisoire et souligné l’importance d’un climat sécuritaire propice à des élections libres, inclusives et crédibles.

L’Organisation des États Américains (OEA) a réitéré son appui à ce processus. Son Secrétaire général, Albert Ramdin, a salué la volonté politique du gouvernement haïtien et annoncé la tenue d’une réunion du Groupe des Amis d’Haïti prévue le 29 juillet 2025 pour renforcer la coordination de l’appui international.

Diaspora, migration et dignité nationale

Les rencontres du 16 juillet 2025 ont permis de mettre en lumière une autre priorité de la diplomatie haïtienne : la protection des migrants haïtiens et la valorisation de la diaspora.

À Washington, le Premier ministre a plaidé, auprès de Hakeem Jeffries, Maxine Waters et Gregory Meeks, pour le maintien et le renforcement des programmes de protection humanitaire (TPS, programmes spéciaux) pour les Haïtiens vivant aux États-Unis. Il a insisté sur le fait qu’aucune solution durable pour Haïti ne peut être envisagée sans la prise en compte des réalités de sa diaspora, actrice incontournable du redressement national.

Cette position a également été soutenue lors d’un échange constructif avec la Congresswoman Sheila Cherfilus-McCormick, qui a réaffirmé son engagement personnel à soutenir les initiatives du gouvernement haïtien en matière de sécurité, d’institutions démocratiques et de développement durable.

Coopération économique : le plaidoyer pour HOPE/HELP

Avec le sénateur Raphael Warnock, le Premier ministre a également plaidé pour le renouvellement de la loi HOPE/HELP, pilier fondamental de la coopération économique entre Haïti et les États-Unis. Il a mis en avant le rôle vital de cette loi dans le développement du secteur textile haïtien, la création d’emplois durables et la lutte contre la pauvreté.

Une diplomatie offensive et stratégique

Cette séquence diplomatique intense marque une nouvelle orientation dans la politique étrangère haïtienne : celle d’une diplomatie offensive, cohérente et résolument tournée vers les solutions concrètes. À travers cette série de rencontres, le Premier ministre Fils-Aimé entend positionner Haïti non pas comme un pays assisté, mais comme un partenaire engagé pour la sécurité régionale et la prospérité partagée.

Par Gesly Sinvilier

ULCC frappe fort : La ministre de la Jeunesse éclaboussée par un scandale

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Comme il fallait s’y attendre, des agents de l’ULCC et de la PNH ont perquisitionné ce 15 juillet les bureaux du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique.

Les instances d’enquête administrative et financière sont habilitées à faire toute la lumière sur les zones d’ombre.

Cette opération fait suite à un scandale de corruption révélé par l’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC).

La ministre Niola Lynn Sarah Dévalis Octavius est directement mise en cause. Le rapport évoque des détournements de fonds, de fausses dépenses et des pratiques abusives.

L’ULCC poursuit ses investigations afin de transmettre les résultats à la justice.

Haïti : l’école au bord du gouffre, le ministre promet un redressement en profondeur

Alors que les examens officiels se poursuivent dans un climat tendu mais globalement calme, le ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin, tire la sonnette d’alarme. Lors de la 17e édition des Mardis de la Nation, il a mis, ce mardi 15 juillet 2025, des mots clairs sur une crise qui mine silencieusement l’école haïtienne, et annoncé une série de réformes pour tenter d’inverser la tendance.

Dans un pays secoué par l’insécurité, la misère et l’instabilité politique, l’école haïtienne tient debout tant bien que mal. Pourtant, chaque jour, des milliers d’enfants décrochent sans faire de bruit. Et cela, le ministre de l’Éducation nationale Antoine Augustin ne veut plus l’ignorer.

Face aux caméras, à l’occasion de la 17e édition des Mardis de la Nation, le ministre a livré un discours sans détour. Il a d’abord dressé le bilan des examens officiels : pour l’année académique 2024-2025, 303 000 candidats sont inscrits, dont près de 188 000 en 9e année fondamentale. Les épreuves de 9e année se sont bien déroulées, avec un taux de réussite en réalisation de 96,5 %. Mais quelques cas de fraude, dans certaines régions, ont conduit à des sanctions judiciaires.

Depuis le 14 juillet, les épreuves du baccalauréat se déroulent dans un climat « serein », a-t-il indiqué, grâce à la collaboration entre les autorités éducatives, les parents et les forces de sécurité. Mais derrière cette apparente stabilité, le ministre a levé le voile sur une réalité bien plus grave.

Un mal profond ronge le système éducatif haïtien

« Sur plus d’un million d’enfants qui entrent à l’école chaque année, à peine 188 000 atteignent la 9e année. On ne peut pas continuer comme ça », a-t-il déclaré avec gravité. Ce chiffre, à lui seul, illustre le mal profond qui ronge le système éducatif haïtien : grèves prolongées, pauvreté, instabilité familiale, enfants déplacés par les violences… Le ministre parle d’une « crise silencieuse », celle qui pousse des milliers d’enfants à abandonner leur avenir.

Face à cette hémorragie, il promet une réforme en profondeur. Parmi les mesures annoncées : renforcer les cantines scolaires pour garder les enfants à l’école, instaurer un passage automatique mais encadré, revoir l’enseignement préscolaire, mieux former les enseignants, et surtout, reprendre en main la gestion financière des lycées publics, grâce à des comptables délégués rattachés au ministère.

Pour une autre école

Mais au-delà des chiffres et des réformes techniques, le ministre appelle à une autre école : une école qui donne du sens, qui transmet des valeurs civiques, qui forme des citoyens. Il croit que c’est le temps pour que l’école devienne un lieu où l’on prépare la Nation de demain.

Dans un pays où l’avenir semble de plus en plus flou pour des millions de jeunes, le discours du ministre Antoine Augustin sonne comme un appel à la responsabilité. Par là, il ne s’agit plus de gérer un système, mais de le sauver.

Wideberlin Senexant