samedi, mars 14, 2026
8.3 C
Londres
Accueil Blog Page 138

Les États-Unis entendent expulser des résidents permanents légaux liés à l’organisation terroriste Viv Ansanm

Dans une déclaration officielle publiée ce lundi, le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé une série de mesures visant des résidents permanents légaux des États-Unis accusés de collaboration avec l’organisation terroriste Viv Ansanm en Haïti.

Selon le communiqué, le Département d’État a identifié plusieurs personnes détenant le statut de résident permanent légal aux États-Unis, soupçonnées d’avoir apporté un soutien actif à des chefs de gangs en Haïti affiliés à Viv Ansanm, considérée comme un moteur clé de la violence et de l’instabilité qui sévissent actuellement en Haïti.

« Les États-Unis ne toléreront pas que des individus profitent des privilèges du statut légal sur notre sol tout en soutenant des entités violentes ou terroristes », a affirmé Marco Rubio. Il a souligné que ces activités représentent une menace directe pour la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis.

En vertu de cette décision, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) est désormais autorisé à engager des procédures d’expulsion contre les personnes concernées, en s’appuyant sur la section 237(a)(4)(C) du Immigration and Nationality Act. Cette section prévoit l’expulsion de toute personne dont la présence sur le territoire américain pourrait avoir des conséquences néfastes pour la politique étrangère du pays.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité de la ligne dure de l’administration Trump en matière de sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme transnational. Elle reflète aussi une volonté affirmée de Washington de renforcer la stabilité dans la région des Caraïbes, où la crise haïtienne continue de susciter de profondes inquiétudes.

Viv Ansanm, déjà sanctionnée par les États-Unis en tant qu’organisation terroriste étrangère, est accusée d’entretenir un climat de terreur en Haïti à travers des activités criminelles allant de l’enlèvement contre rançon au trafic d’armes et à la corruption politique.

Cette décision pourrait également avoir un effet dissuasif pour d’autres personnes impliquées dans le soutien logistique ou financier à des groupes violents, qu’elles soient aux États-Unis ou ailleurs. Toutefois, les autorités américaines n’ont pas encore rendu publics les noms des individus visés par cette mesure.

Par Gesly Sinvilier

Centre-Haïti: Plus de 10 000 kits de survie distribués aux déplacés internes

0

HINCHE, Haïti.— En réponse à la crise humanitaire grandissante dans le département du Centre, le gouvernement haïtien a mené une vaste opération de solidarité ce week-end. Une délégation conjointe du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), du Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES) et de la Direction de la Protection Civile (DPC) a distribué plus de 10 000 kits de survie à des personnes déplacées internes (PDI), victimes des récentes violences armées dans le pays.

Un geste significatif dans les communes les plus touchées

Les communes de Hinche, Boucan Carré, Lascahobas et Belladère ont été les principales bénéficiaires de cette intervention humanitaire. Ces localités accueillent aujourd’hui des centaines de familles ayant fui l’insécurité dans d’autres régions.

Les kits remis contiennent des denrées alimentaires, des produits d’hygiène et des bâches imperméables pour protéger les abris de fortune contre les intempéries.

«Le gouvernement reste mobilisé pour soutenir nos compatriotes les plus vulnérables», a affirmé Myriam Fétière, cheffe de cabinet du ministre des Affaires sociales. Elle a reconnu que cette aide, bien que cruciale, reste temporaire et a promis d’acheminer les doléances des déplacés aux autorités centrales.

Six restaurants communautaires ouverts pour lutter contre la faim

En parallèle, la délégation gouvernementale a procédé à l’installation de six restaurants communautaires dans les zones les plus impactées. Cette initiative s’inscrit dans le programme de lutte contre la pauvreté alimentaire du MAST.

«Cette initiative vise non seulement à soulager la faim, mais aussi à créer des emplois temporaires pour les femmes des communautés locales», a expliqué Jean Samuel Jean François, Directeur de la lutte contre la pauvreté au sein du ministère.

Ces restaurants gratuits sont répartis comme suit : 2 à Hinche, 2 à Boucan Carré, 1 à Thomonde et 1 à Belladère, cette dernière accueillant à la fois des PDI et des personnes déportées de la République Dominicaine.

Une opération structurée et coordonnée

Afin d’assurer une efficacité maximale, le MAST a mobilisé deux cellules stratégiques : l’une chargée du travail de terrain et de la collecte de données, et l’autre dédiée à la planification et à la logistique de l’intervention.

«Une mission exploratoire avait déjà évalué la situation. Nous avons aussi rencontré les autorités locales, les comités de camps et les services de sécurité afin d’assurer une distribution ordonnée», a précisé Jean François.

Des autorités locales impliquées et reconnaissantes

Les kits ont été remis aux autorités municipales pour garantir une distribution équitable aux bénéficiaires identifiés. À Boucan Carré, le maire adjoint Gracia Michel a salué l’appui du gouvernement.

«Ce geste est un grand soulagement pour notre commune, qui accueille des centaines de familles déplacées sans ressources. Nous remercions le gouvernement pour cet appui», a-t-il dit.

Selon les chiffres communiqués, la mission a permis la distribution de 10 000 kits alimentaires sans cuisson, 1 550 kits sanitaires, et la mise en service de six points de restauration gratuite.

Une majorité des déplacés accueillis dans des foyers

D’après les données officielles, environ 72% des déplacés internes dans le département du Centre sont hébergés dans des foyers d’accueil, tandis que 23% vivent dans des camps de fortune, souvent dans des conditions précaires.

Cette opération témoigne d’un effort gouvernemental de coordination multisectorielle face à l’urgence humanitaire. Toutefois, les besoins restent immenses, et les autorités locales appellent déjà à la poursuite du soutien dans les prochaines semaines.

Jean Mapou

Il faut vite citer le COMPAS au tribunal correctionnel !

Par Jean Venel Casséus

Ce 26 juillet 2025, le Compas Direct fêtera ses 70 ans. À ce stade, plus qu’une célébration, c’est un procès qu’il faut instruire. Non pour condamner, mais pour interroger la nature véritable de ce phénomène. Après sept décennies de mutations, d’appropriations et de glissements stylistiques, que désigne encore aujourd’hui le mot Compas ? S’agit-il d’un genre musical cohérent ou d’un label extensible à l’infini ? D’une matrice culturelle solide ou d’un corps sans ossature ? Face à la prolifération de ses déclinaisons, il est temps de le traduire devant le tribunal de la pensée critique. Le Compas doit être à la barre. Non pour se défendre, mais pour s’expliquer.

Le mot Compas est devenu un fourre-tout. À l’origine, Compas Direct désignait un style musical bien défini, lancé en 1955 par Nemours Jean-Baptiste. Mais très vite, il s’est fragmenté en dérivés : Compas Love pour les morceaux lents et sucrés, Compas Manba pour le groove épicé des rues, Compas Roussi pour les relectures roots, et tant d’autres appellations qui flirtent avec l’artifice. Aujourd’hui, on parle même de Compas Festival, Compas Gwouyad… comme s’il suffisait d’un beat de basse pour baptiser Compas.

Mais au fond, qu’est-ce que le Compas ? Rythme ? Structure ? Marque de fabrique ? La réponse reste fuyante. Ce flou n’est pas toujours un handicap : il favorise la diffusion. Mais il fragilise aussi la cohérence artistique du genre. Le Compas est-il une école musicale ou un simple label marketing qu’on appose à tout ce qui vient d’Haïti et fait danser ?

Demandez à dix musiciens ce qu’est le Compas, vous obtiendrez dix réponses. Pour certains, c’est une signature rythmique rigoureuse en 4/4, centrée sur la fameuse guitare compas. Pour d’autres, c’est avant tout une énergie, une ambiance, une chaleur caribéenne difficilement traduisible. Ce flou autour de sa définition a permis à des artistes d’y glisser tout et n’importe quoi, souvent pour répondre à un public en quête de nouveauté.

La question « Qu’est-ce que le Compas ? » est devenue un exercice périlleux. Le Compas est-il encore une musique, ou simplement une couleur sonore dont on se drape ? À force de mutations, il pourrait bien avoir perdu sa chair pour ne garder que sa peau sonore.

Le Compas a tout essayé : le jazz (Compas Jazz), le R’n’B, le ragga (Compas Ragga), l’électro, le funk (Compas Fonky), sans oublier le zouk et la salsa. Ce métissage témoigne d’une vitalité certaine. Mais cette vitalité n’est-elle pas aussi une fuite en avant ? Le Compas s’est parfois vidé de sa substance pour séduire : un riff de guitare ici, une rythmique cowbell là, et voilà un morceau labellisé Compas.

Faut-il y voir une force ou une faiblesse ? Une capacité à absorber, ou une incapacité à résister ? Certains diraient que le Compas est devenu parasite : il survit en se greffant sur d’autres formes. D’autres, au contraire, y voient une musique pollinisatrice, qui sème sa rythmique dans tous les jardins du monde.

À force de s’adapter, on peine à tracer une ligne claire entre le Compas et tout ce qui fait bouger le bas ventre. Cette porosité est source de créativité mais aussi de confusion. Le Compas reste-t-il identifiable pour un jeune musicien haïtien d’aujourd’hui ? Peut-il être enseigné, transmis, sans se réduire à une ambiance festive ?

Et pourtant, le public danse. Est-ce suffisant pour qu’un genre survive ? La danse seule ne suffit pas à assurer la pérennité d’une musique. Il faut aussi des fondations théoriques, une transmission structurée, un répertoire solide.

Le Compas n’a ni conservatoire, ni manuel, ni fondation. Il se transmet dans les studios, les bals, les répétitions de quartier. Cela en fait une musique vivante, mais fragile. Les artistes eux-mêmes hésitent entre fidélité à la tradition et quête d’innovation. Résultat : une cacophonie de formes qui érode l’héritage.

À l’heure où les algorithmes classent, recommandent, imitent et produisent, le Compas fait face à un défi inédit : celui de sa lisibilité numérique. Est-il, comme d’autres genres codifiés, reconnaissable par des machines entraînées à analyser les formes musicales ? Peut-on réellement isoler ses signatures rythmiques, ses structures harmoniques, ses motifs mélodiques dans une base de données destinée à générer du son artificiel ? Ou bien, faute de définition claire, le Compas risque-t-il de disparaître dans la grande soupe des musiques tropicales ?

L’intelligence artificielle ne crée pas à partir du vide : elle réplique, assemble, interprète des motifs existants. Si le Compas reste flou, mouvant, jamais formellement enseigné ni théorisé, il devient difficile à encoder. Déjà, les grandes plateformes de streaming ou d’analyse musicale le confondent avec le zouk, la salsa ou des catégories vagues comme world beat. Le Compas devient alors une ambiance, non un langage.

Ce qui est en jeu ici, c’est la capacité du Compas à entrer dans l’histoire enregistrée des musiques du monde à l’heure où l’intelligence artificielle en redessine les frontières. Car une musique qui ne se laisse pas formaliser en partitions, en grilles, en nomenclatures, est une musique que les machines ne reconnaîtront pas. Et donc, une musique qu’elles n’imiteront ni ne préserveront.

Pour éviter cette invisibilisation, il faut penser le Compas comme un objet transmissible, et non comme un simple héritage affectif. Cela suppose un travail de formalisation (rythmique, harmonique, historique) et une volonté de le rendre intelligible, tant pour les humains que pour les systèmes automatisés.

Créateurs, promoteurs, animateurs, penseurs, mélomanes doivent vite citer le Compas au tribunal correctionnel de la postérité et de la prospérité, non pour plaider contre la modernité, mais pour revendiquer et situer sa place dans la révolution et l’évolution de l’industrie. À l’ère de l’intelligence artificielle, seules les musiques conscientes d’elles-mêmes pourront encore produire du sens au-delà du bruit.

New Orleans, 19 juillet 2025

Corruption au MJSAC : la Cour des comptes crée une commission d’audit

0

La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) a annoncé la mise en place d’une commission chargée d’auditer la gestion du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), pour la période allant du 1er octobre 2023 à juin 2025.

Le président de la CSCCA, Me Rogavil Boisguéné, a adressé une correspondance datée du 15 juillet 2025 à la ministre Niola Lynn Sarah Devalis Octavius pour l’informer de cette décision.

La commission aura pour mission d’examiner le système de contrôle interne du ministère, en vue de recueillir des informations pertinentes sur les éléments probants appuyant les différentes transactions réalisées et les données contenues dans ses comptes pour les exercices 2023-2024 et 2024-2025. La Cour met également l’accent sur l’exercice en cours jusqu’au mois de juin 2025.

L’audit portera également sur la conformité des opérations du MJSAC par rapport à la législation en vigueur, notamment les lois de finances, la comptabilité publique et les principes de gestion généralement admis.

Les responsables du MJSAC devront préparer et remettre à la commission les rapports d’activités, les pièces justificatives, les rapports d’inventaire des exercices concernés, les documents mentionnés dans la demande DOCAUDIT007-25 annexée à la correspondance, ainsi que tout autre document susceptible de justifier les actes de gestion du ministère.

À ce titre, la CSCCA demande à la ministre d’intervenir auprès des directions et services concernés afin que tous les documents sollicités soient disponibles au plus tard le 29 juillet 2025. Le MJSAC devra également désigner une personne de contact pour faciliter la coordination avec la commission.

La création de cette commission intervient à la suite du rapport de l’organisation Ensemble Contre la Corruption (ECC), qui a révélé un vaste scandale de corruption au sein du ministère, impliquant directement la ministre Niola Lynn Sarah Devalis Octavius.

Par ailleurs, en milieu de semaine dernière, des agents de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), accompagnés de policiers, ont perquisitionné les locaux du MJSAC. Selon une publication sur X, le directeur général de l’ULCC affirme avoir confisqué une somme d’un million deux cent mille gourdes, retrouvée dans un coffre-fort.

Kily Johao

L’arrestation de Pierre Réginald Boulos serait-elle liée à l’assassinat de Jovenel Moïse ?

0

Dans un message sobre et laconique, mais chargé de sens, “Ti pa, Ti pa…”, Joverlein Moïse réagit à l’arrestation de Réginald Boulos aux États-Unis, un des noms mentionnés dans l’assassinat de son père, le défunt président Jovenel Moïse.

Ce court message, publié sur son compte instagram exprime une foi silencieuse dans le processus de justice, aussi lent soit-il.

La portée symbolique de ses mots traduirait à la fois la douleur, la patience et la détermination d’un fils dans un pays ravagé par l’impunité. Bien que l’arrestation de Boulos ne soit pas une condamnation, elle envoie un signal : les choses avancent, pas à pas, lentement mais sûrement.

Boulos en collaboration avec le FBI?

Accusé de crimes graves par la justice américaine, l’homme d’affaires haïtien Pierre Réginald Boulos se retrouve au cœur d’un véritable cyclone politico-judiciaire.

Selon les autorités fédérales, il serait impliqué dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, le blanchiment d’argent, la corruption systémique, l’association de malfaiteurs et le financement de gangs armés en Haïti. Boulos aurait commencé à collaborer avec le FBI.

Transféré pour sa sécurité depuis le centre de détention surnommé « Alligator Alcatraz », il aurait fourni aux enquêteurs des informations explosives susceptibles de faire tomber d’autres figures influentes du paysage haïtien.

Il aurait confié à son entourage : « Pral gen Kouri », une phrase lourde de menaces pour l’élite haïtienne, qui craint désormais les révélations d’un ancien allié devenu témoin-clé.

Sources diverses

Transformer le handicap en levier d’autonomie

0

PETION-VILLE, Haïti.— Le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) a procédé, vendredi, au lancement officiel d’un programme de formation professionnelle destiné aux personnes vivant avec un handicap. Placée sous le slogan «Yon fòmasyon = Yon Travay», cette initiative marque une avancée significative en faveur de l’inclusion sociale et économique de cette catégorie.

Réalisé en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), et l’organisation Witdenm, ce programme vise à offrir aux bénéficiaires les moyens d’une insertion professionnelle digne et durable.

La cible prioritaire de cette initiative est les personnes vivant avec une déficience visuelle, auditive ou motrice. Etablie sur une période de trois mois, la formation portera sur deux domaines clés: la massothérapie et l’accompagnement psychosocial des victimes de violences basées sur le genre (VBG).

Des partenaires engagés pour faire de l’inclusion l’affaire de tous

La cérémonie de lancement, tenue à l’hôtel El Rancho, a réuni de nombreuses personnalités du secteur public et associatif. Le pasteur Claude Emmanuel Camille a assuré la modération, mettant en valeur l’importance de cette initiative pour la société haïtienne.

Dans son intervention, le Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées, Génard Joseph, a salué le soutien des partenaires et souligné l’engagement de son bureau malgré les contraintes persistantes. «Notre mission est de bâtir une institution forte, proactive et au service de l’inclusion», a-t-il déclaré, affirmant qu’il s’agit d’une réponse directe à l’exclusion dont elles sont souvent victimes, mais aussi d’une reconnaissance de leur capacité à contribuer au développement du pays.

Une vision plus large renfermée dans cette formation

Au-delà du renforcement de capacités, ce programme ambitionne de créer un changement structurel dans la manière dont la société perçoit et traite le handicap. Le chef de cabinet du Secrétaire d’État, Jean Fouchard Danger, a insisté sur l’impact social de cette démarche. «Nous voulons que ces hommes et ces femmes trouvent leur place dans la société, avec dignité et fierté», a-t-il dit.

Chaque participant recevra un certificat reconnu par le MSPP, leur permettant d’exercer librement leur profession sur tout le territoire, a précisé Fenel Bellegarde, Le directeur exécutif du BSEIPH.

Vers la transformation sociale des personnes vivant avec un handicap

Ce projet s’inscrit dans une logique de transformation durable, où l’autonomie des personnes handicapées passe par l’accès à des compétences valorisables sur le marché du travail. «Le handicap ne doit plus être un motif d’exclusion, mais une invitation à repenser les politiques publiques, les pratiques sociales et le regard collectif porté sur la différence», a rappelé un participant.

À travers cette initiative, le BSEIPH et ses partenaires tentent de poser les jalons d’une Haïti plus équitable, où la solidarité devient un moteur de progrès et où chaque individu, quelle que soit sa condition, peut aspirer à un avenir professionnel.

Inclusion, autonomie, dignité ayant marqué le lancement de ce programme, est un message clair pour le BSEIPH qui envoie un signal fort: «Yon fòmasyon» peut véritablement rimer avec «Yon Travay». Et surtout, que l’inclusion est l’affaire de tous.

Jean Mapou

L’arrestation du Dr Pierre Réginald Boulos suscite débats et remous

0

L’arrestation de l’homme d’affaires haïtien, le Dr Pierre Réginald Boulos, a suscité des controverses et des remous dans l’actualité, tant au niveau local que dans la diaspora.

Installé aux États-Unis, ce réputé entrepreneur, également connu pour son incursion en politique via la structure MTVHaïti, avait quitté le pays bien avant l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Son arrestation aurait été effectuée par des agents de l’ICE, le service américain de l’immigration.

Le Relief ne dispose pas encore de détails précis sur ce dossier, et se garde d’alimenter les spéculations qui circulent activement sur les réseaux sociaux.

Le Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) au cœur d’un atelier sur la crise alimentaire mondiale

0

En collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a organisé un atelier de réflexion axé sur la crise alimentaire et la résilience du programme de cantines scolaires destiné aux écoliers haïtiens.

Cet atelier, organisé en faveur du Programme National de Cantines Scolaires, s’est tenu à l’Hôtel Karibe Convention Center le vendredi 18 juillet. Il a constitué une occasion pour les différents acteurs engagés de discuter des mesures susceptibles de renforcer le PNCS, qui assure l’alimentation de plus de deux cents mille écoliers dans les établissements publics en délivrant des repas chauds.

Lors du lancement de cette activité, le ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin, le représentant du PAM, ainsi que le coordonnateur général du PNCS, Kevenot Dorvil, ont tous souligné l’urgence de soulager les parents d’élèves, notamment ceux des écoles publiques, en ces temps de crise.

Les responsables ont mis en avant la complexité et la gravité sans précédent de cette crise multidimensionnelle qui frappe le pays. Ils estiment que le PNCS devrait bénéficier davantage de soutien afin d’élargir son impact et toucher un plus grand nombre d’élèves, tant dans la capitale que dans les régions les plus reculées du pays.

Dans une atmosphère conviviale, les participants issus de divers secteurs de la vie nationale ont, à l’issue des discussions, formulé une série de recommandations qui ont conduit à la signature d’un accord d’engagement.

Ce dernier vise à inciter les bailleurs locaux et internationaux, ainsi que d’autres partenaires clés, à s’impliquer davantage pour atténuer la crise humanitaire et contribuer de manière significative au renforcement du PNCS.

Jacques Innocent

11 juillet 1825 – 11 juillet 2025 : Biicentenaire de de la rançon de 1825

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Alors que la « dette de l’indépendance » imposée par la France à Haïti en 1825 revient avec insistance dans le débat public, à l’heure où les voix se multiplient pour réclamer réparation, justice et reconnaissance historique, le professeur Pierre Josué Agénor Cadet revient avec rigueur et clarté sur un pan fondamental de notre mémoire collective. À travers cette analyse fouillée, il remet en perspective le bicentenaire de l’acceptation de l’ordonnance de Charles X par le gouvernement haïtien, le 11 juillet 1825, en dénonçant les approximations historiques et en rappelant la violence économique et symbolique de cette « rançon » de l’indépendance

Le 11 juillet 2025 marque le bicentenaire d’un acte historique aux conséquences profondes pour Haïti : l’acceptation par le gouvernement de Jean-Pierre Boyer de l’ordonnance de 1825 émise par Charles X, roi de France et de Navarre. Ce texte conditionnait la reconnaissance de l’indépendance du gouvernement de la partie française de Saint-Domingue (ou l’indépendance d’Haïti) à une indemnité faramineuse de 150 millions de francs or, ramenée en 1838 sous le règne de Louis-Philippe Ier à 90 millions, à verser aux anciens colons français. Deux siècles plus tard, cette date symbolise encore l’humiliation politique, économique, sociale et diplomatique imposée à la première République noire du Nouveau Monde.

Le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement dirigé par M. Didier Fils-Aimé ont commémoré avec faste, le 17 avril 2025 dernier, ce qu’ils ont présenté comme le bicentenaire de l’ordonnance de 1825, acte par lequel la France reconnaissait l’indépendance de la colonie de Saint-Domingue, devenue Haïti, en échange d’une indemnité exorbitante.

Cependant, cette célébration officielle est entachée d’une confusion historique majeure. Comme l’a justement souligné le professeur historien Dr Watson Denis dans un article publié le mardi 8 juillet dans le prestigieux quotidien Le Nouvelliste, sous le titre : « 8 juillet 1825 – 8 juillet 2025 : Remémoration du bicentenaire de l’acceptation de l’ordonnance du roi Charles X par le gouvernement de Jean-Pierre Boyer », Dr Denis admet, à juste titre, que la date du 17 avril ne correspond pas à l’acceptation formelle de l’ordonnance par Haïti, mais plutôt à sa promulgation en France.

La réalité historique est encore plus nuancée : l’ordonnance royale fut signée à Paris le 17 avril 1825, mais elle ne fut connue, reçue et surtout acceptée et mise officiellement en vigueur que le 11 juillet 1825.

Ainsi, commémorer le bicentenaire de l’ordonnance le 17 avril ou le 8 juillet constitue une erreur de perspective historique. Cela témoigne soit d’une négligence, soit d’une méconnaissance des faits, et souligne l’importance d’une rigueur scientifique lorsqu’il s’agit de rappeler les événements fondateurs.

La vérité historique ne souffre d’aucune approximation : elle se fonde sur les documents, les archives, et l’analyse critique des sources orales, écrites, audiovisuelles et muettes. C’est pourquoi il importe de chercher la vérité pour dissiper cette confusion et replacer la commémoration du bicentenaire de l’ordonnance dans son véritable contexte historique.

Le 3 juillet 1825, une flottille de guerre française comprenant sept corvettes et douze navires, commandée par le baron de Mackau, mouille dans la baie de Port-au-Prince. Elle est porteuse de l’ordonnance du roi Charles X reconnaissant l’indépendance d’Haïti (bien que l’ordonnance mentionne l’indépendance du gouvernement de la partie française de Saint-Domingue) aux conditions suivantes :

Ouverture de tous les ports de Saint-Domingue au commerce avec toutes les nations ;

Droits de douane égaux pour tous, à l’exception de la France qui bénéficiera du demi-tarif douanier ;

Versement de 150 millions de francs en dédommagement des colons dépossédés, en cinq annuités consécutives (la première échéant au 31 décembre 1825).

Le président Boyer forme une commission composée du secrétaire général Joseph Balthazar Inginac, du sénateur Pierre-Prosper Rouanez et du colonel Marie Elizabeth Eustache Frémont pour discuter de l’ordonnance avec le baron de Mackau. Cette commission nationale, formée des représentants du gouvernement, du parlement et de l’armée, rejette l’ordonnance pour deux principales raisons : le montant de l’indemnité, représentant environ dix fois le budget national, dépasse les capacités du pays ; et les termes de l’ordonnance sont jugés offensants pour la dignité nationale de la jeune République.

Le baron de Mackau sollicite alors une audience privée avec le président Boyer. Celui-ci prend l’engagement de faire accepter l’ordonnance par le peuple haïtien. En souscrivant à cette humiliation imposée par la France, le président Jean-Pierre Boyer a non seulement révélé l’impuissance de la diplomatie haïtienne, mais a également hypothéqué le présent et l’avenir de la Nation haïtienne.

Après cette rencontre, le baron de Mackau est accueilli au Sénat le 11 juillet 1825 par son président, le sénateur Gayot, pour la séance de ratification. Ce jour-là, le sénateur Rouanez donne lecture de l’ordonnance, qui est rapidement votée et adoptée à l’unanimité par les treize sénateurs présents.

Après cette ratification, le cortège se dirige vers le Palais national. Le baron de Mackau est introduit dans la salle des Généraux où se trouvent le président Boyer et les membres de son gouvernement. Après avoir reçu l’ordonnance royale des mains du sénateur Daumec, le président Boyer prononce un discours marquant l’entrée en vigueur de l’ordonnance, auquel répond le baron de Mackau. Tandis que le vaisseau amiral L’Eglau entame une salve de 21 coups de canon en l’honneur du pavillon national, les autres navires de l’escadre, totalisant 528 canons, tirent également.

À son tour, le Fort Alexandre salue le pavillon royal de France par une salve de 21 coups, suivi par tous les autres forts de la capitale et par les garde-côtes ancrés dans la rade.

Après cette première partie de la cérémonie officielle au Palais, les officiers français et haïtiens se rendent à l’église paroissiale où un Te Deum d’action de grâce est entonné. Une réception offerte dans la soirée, dans la maison nouvellement achevée du secrétaire d’État Imbert, située rue Républicaine (Grand’Rue), met fin aux activités de la journée.

La date du 8 juillet 1825 constitue la date d’acceptation de fait ou protocolaire de l’ordonnance. En effet, c’est ce jour-là que la frégate française La Circé, commandée par le baron de Mackau, débarque au port de Port-au-Prince avec l’ordonnance signée par Charles X, exigeant qu’Haïti accepte ses conditions dans un délai de cinq jours.

Cependant, l’acceptation officielle, par la publication d’un acte gouvernemental haïtien, n’intervient que le 11 juillet 1825. Cette divergence de dates s’explique par le processus administratif interne au gouvernement de Boyer, qui, bien que soumis à un ultimatum, préfère laisser passer quelques jours avant de formaliser sa décision. Le 8 juillet est donc la date du choc diplomatique ; le 11 juillet est celle de l’acte politique.

L’acceptation et l’application de cette ordonnance ont eu de lourdes et graves conséquences sur Haïti. La rançon de l’indépendance a constitué un véritable pillage légal de l’État haïtien, orchestré par une puissance coloniale revancharde. Le paiement de l’indemnité a duré plus de soixante-dix ans, entre 1825 et 1883, accaparant jusqu’à 80 % des revenus de l’État à certaines périodes. L’impact sur le développement du pays a été considérable : absence d’investissements publics, désorganisation des finances, stagnation économique et affaiblissement institutionnel.

Les démarches pour une restitution répondent à une nécessité de justice historique et à un besoin de réparation sociale. Depuis le début du XXIe siècle, plusieurs voix, en Haïti comme dans la diaspora, réclament la restitution de cette rançon. Ces démarches prennent diverses formes : recherches historiques, revendications, demande de réparation et de restitution formulée par le président Aristide dans un discours officiel le 7 avril 2003, campagnes de sensibilisation d’ONG, d’artistes, de personnalités politiques françaises, de membres de la diaspora haïtienne, d’intellectuels et de militants internationaux menant campagne à travers le monde pour faire connaître et dénoncer cette injustice.

Jusqu’à présent, les autorités françaises parlent de « dette morale » mais excluent toute reconnaissance juridique des torts infligés à Haïti en lui imposant, sous fortes menaces, une rançon de l’indépendance.

Cependant, des juristes internationaux et des défenseurs des droits humains estiment que la demande haïtienne est légitime selon le droit international, notamment dans le cadre des réparations post-coloniales et des pratiques économiques coercitives. C’est peut-être ce qui a conduit l’Assemblée nationale française à approuver, le jeudi 12 juin 2025, une proposition de résolution appelant à étudier le processus de restitution de ce qu’elle considère comme une « double dette » imposée à Haïti.

Deux cents ans après l’acceptation officielle et l’entrée en vigueur de l’ordonnance de 1825, Haïti porte encore les stigmates d’une extorsion déguisée en acte diplomatique. Cette remémoration ne doit pas être une simple évocation du passé, mais un appel à la justice historique, à la mémoire active et à la mobilisation pour une Haïti réconciliée avec son droit à la dignité et à la souveraineté.

Professeur Pierre Josué Agénor Cadet, Ancien ministre de l’éducation nationale

Références bibliographiques :

Cadet, Pierre Josué Agénor, Haïti/France : La rançon de l’indépendance, Port-au-Prince, Haïti, Pro Éditions, août 2024.

Cadet, Pierre Josué Agénor, Histoire et vérité, réflexions sur quelques tranches du passé d’Haïti, C3 Éditions, Imprimerie Brutus, 2017.

Cadet, Pierre Josué Agénor, Haïti, le prix d’un bicentenaire, La Presse Évangélique, 2006.

Castor, Suzy, L’indemnité de 1825 : conséquences politiques et économiques, Port-au-Prince, Haïti, CRESFED, 1995.

Corvington, Georges, Port-au-Prince au cours des ans, tome II, Port-au-Prince, Haïti, Éditions Henri Deschamps, 1975.

Denis, Watson, « 8 juillet 1825 – 8 juillet 2025 : Remémoration de l’ordonnance de Charles X par le gouvernement de Jean-Pierre Boyer », Le Nouvelliste, 8 juillet 2025.

Madiou, Thomas, Histoire d’Haïti, tome V, Port-au-Prince, Haïti, Imprimerie Smith, 1848.

Trouillot, Hénock, Réflexions sur l’indépendance haïtienne, Port-au-Prince, Haïti, Éditions Henri Deschamps, 1974.

Archives nationales d’Haïti. Fonds présidentiels : correspondance officielle de Jean-Pierre Boyer, 1825.

Archives diplomatiques françaises. Ministère des Affaires étrangères, série Amériques, dossier Haïti, 1825.

L’Ambassade des États-Unis offre un million de dollars pour l’arrestation ou la capture de « Lanmò San Jou »

0

Actuellement activement recherché par les autorités fédérales américaines, Joseph Wilson, souvent désigné sous le nom de « Lanmò San Jou », est l’un des principaux dirigeants du gang 400 Mawozo et membre de l’Organisation Terroriste Étrangère désignée, Viv Ansanm.

Dans un avis de recherche diffusé sur les réseaux sociaux, les États-Unis annoncent une récompense d’un million de dollars pour toute information menant à son arrestation ou à sa capture.

Cette semaine, Wilson a été aperçu à Mont Carmel, à Saut d’Eau, en compagnie de Barbecue et de Jeff Larose, le chef de gang de Canaan.

Selon l’ambassade américaine, une vidéo partagée sur TikTok montre Wilson distribuant de l’argent dans la région de Thomazeau, près de Croix-des-Bouquets. Cette action s’inscrit dans une stratégie de propagande évidente utilisée par les organisations criminelles et terroristes pour maintenir leur emprise sur la population par la peur et la manipulation.

Loin d’être un bienfaiteur, cet individu est un fugitif, accusé d’enlèvements, de meurtres, d’extorsion et d’actes terroristes. « Ne vous laissez pas tromper. Si vous avez des informations sur sa localisation, veuillez contacter immédiatement le FBI au (+1 305 495 0956) par téléphone, SMS ou WhatsApp, ou alerter les autorités locales », conclut le communiqué de l’ambassade qui estime que « vos informations pourraient sauver des vies ».

Killy Johao