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Fonds alloués à la PNH pour les opérations : l’institution apporte des clarifications

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À la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux de certaines informations relatives aux fonds alloués à la Police nationale d’Haïti (PNH) dans le cadre de ses opérations, l’institution a publié une note de clarification ce jeudi 24 juillet 2025.

Dans ce communiqué, la PNH précise qu’un budget prévisionnel de 272 323 800,00 gourdes avait été soumis aux autorités compétentes. Toutefois, seulement 177 130 000,00 gourdes, soit 65 % du montant demandé, ont été alloués par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) en date du 18 juillet 2025.

Dans sa note, la PNH indique que, bien que l’ensemble des fonds sollicités ne soit pas encore disponible, des précisions sont déjà apportées quant à leur utilisation. Les montants reçus serviront notamment à soutenir les opérations en cours, à assurer la prise en charge des policiers mobilisés sur le terrain, ainsi qu’à couvrir plusieurs dépenses logistiques telles que, Carburant, Per diem, Restauration et breuvages, Réparation des véhicules et engins lourds, Divers imprévus

L’institution dénonce également ce qu’elle qualifie de « campagne de désinformation malveillante orchestrée par des individus malhonnêtes », visant, selon elle, à saper la crédibilité de la PNH et à déstabiliser ses efforts.

La Police nationale d’Haïti renouvelle son engagement en faveur de la transparence administrative. Le Commandant en chef en a profité pour saluer le courage et la détermination des agents qui s’investissent sans relâche dans la lutte contre les gangs armés. Il appelle enfin la population à renforcer sa collaboration avec la police, dans le cadre du Mariage Police-Population (MPP).

Gedeon Delva

Lettre ouverte à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ)En copie : M. Normil Rameau, Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti

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Port-au-Prince, le 23 juillet 2025

Messieurs,

Par la présente, nous tenons à exprimer notre vive préoccupation concernant l’arrestation du Dr Isaac Archellus et de l’infirmière anesthésisteJoachim Nerline, tous deux cadres de l’Hôpital Immaculée Conception (HIC) de Port-de-Paix, dans le cadre de l’opération antidrogue menée le 14 juillet dernier à l’Île de la Tortue.

Selon plusieurs témoignages concordants, ces deux professionnels de santé ont été interpellés sans mandat formel ni consultation du parquet de Port-de-Paix, en violation flagrante de la procédure judiciaire. Le transfert forcé vers Port-au-Prince, sans notification préalable aux autorités locales, a non seulement semé le trouble dans la communauté médicale, mais a également entraîné la fermeture temporaire de l’HIC, privant des centaines de citoyens d’un accès vital aux soins.

Par ailleurs, le trafiquant concerné par cette opération, de nationalité bahaméenne, est un récidiviste déjà appréhendé à l’étranger pour trafic de stupéfiants. Son décès suspect après avoir été hospitalisé exige une autopsie indépendante et transparente, afin de dissiper tout doute sur les circonstances entourant sa mort.

Nous appelons la DCPJ et la PNH à agir dans le strict respect des droits humains et des lois en vigueur. La détention arbitraire de cadres médicaux risque d’éroder davantage la confiance entre les institutions publiques et la population. En ce sens, nous exigeons :

  1. La libération immédiate du Dr Isaac et de l’infirmière Joachim, sauf preuve légale de leur implication.
  2. La réouverture sécurisée de l’Hôpital Immaculée Conception, dans l’intérêt de la santé publique.
  3. L’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante incluant autopsie, identification des responsabilités et éclaircissements sur les liens présumés entre certains réseaux et fonctionnaires.
  4. Un rapport clair du BLTS, accompagné d’un communiqué public pour garantir la transparence.

Cette affaire illustre une fois de plus les dérives d’un système judiciaire désorganisé, où les décisions excessives compromettent la stabilité sociale et la santé publique. Il est impératif que la justice haïtienne retrouve sa rigueur, sa neutralité et son humanité.

Dans l’attente d’un geste fort, citoyen et juste, nous restons mobilisés.

Jean Rodlet Jean Baptiste
Fils du département Nord-ouest, Haïti
Citoyen engagé

LE DÉCRET RÉFÉRENDAIRE PUBLIÉ PAR LE CPT : UN ACTE ARBITRAIRE ET SANS FONDEMENT, UN GUET-APENS, UN CRIME DE LÈSE-DÉMOCRATIE

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Introduction

Dans un article publié le 23 mai 2025 dans le journal en ligne Nòdwès Info, j’avais soutenu que l’avant projet de constitution préparé par le comité de pilotage était incontestablement illégitime, peu crédible, mais pas totalement inconsistant. Il était donc acquis, pour moi, que l’énormité et, surtout, la nature des faiblesses qui l’entourent le rendaient irrecevable.

En effet, les consultations et les assises départementales ont été un fiasco, l’avant-projet, une déception et le décret référendaire, une provocation. La majorité des partis politiques et des organisations de la société civile les plus représentatifs n’interviennent pas souvent dans les débats publics pour contester ouvertement le processus référendaire. Mais, bien avant, ils avaient déjà exprimé leur opposition au processus référendaire dans la lettre responsive qu’ils avaient envoyée au coordonnateur du groupe de travail sur la constitution.

Dans ces correspondances publiées, d’ailleurs, dans le rapport officiel du GTC, ils avaient décliné son invitation à prendre part aux consultations qu’il a réalisées dans le cadre des travaux préparatoires de la nouvelle constitution.

Les procès verbaux des travaux préparatoires auraient dû, en principe, être également publiés dans le journal officiel du pays, mais astucieusement, le CPT ne les a pas publiés pour essayer de travestir l’histoire et dissimuler les traces de ce guet-apens, ce crime de lèse-démocratie. Cependant, ils ont été formellement actés dans le rapport du GTC. Ce qui leur confère quand même un caractère authentique.

C’est donc avec une grande stupéfaction que j’ai pris connaissance du décret référendaire publié par le conseil présidentiel de transition dans le moniteur du 3 juillet 2025, spécial No 45. Par cet acte administratif unilatéral, CPT assume officiellement l’inconsistance de l’avant-projet constitutionnel, renforce son illégitimité et confirme l’inopportunité du processus référendaire.

Le contexte socio-politique dans lequel le décret référendaire du 3 juillet 2025 est publié est mal choisi.

Sans entrer dans les détails techniques se rapportant au fondement démocratique du processus, au respect des textes de loi y relatifs, à la crédibilité des organes chargés de le mettre en oeuvre, à l’inexistence d’une assemblée constituante, aux lacunes techniques de l’avant-projet de constitution, l’échec des consultations et des assises départementales organisés respectivement par le GTC et le comité de pilotage sont des motifs suffisants pour indiquer au CPT qu’ il aurait dû suspendre momentanément le processus référendaire pour le réévaluer au lieu de publier un décret visant à le concrétiser.

En analysant le décret référendaire pris par le CPT, la première chose qui a attiré mon attention est la proximité observée entre la date de sa publication et le délai accordé aux citoyens et citoyennes pour adresser au comité de pilotage leurs éventuels griefs contre l’avant-projet constitutionnel qui a été également publié dans le journal officiel du pays

En effet, le comité de pilotage avait fixé au 25 juin la date limite pour recevoir les critiques, remarques et suggestions des citoyens et des citoyennes. Alors que le décret référendaire est officiellement publié dans le journal officiel < < le moniteur >> le 3 juillet 2024.

En publiant ce décret, le comité de pilotage et le conseil présidentiel de la transition annoncent que les changements qu’ ils comptent apporter à l’avant-projet de constitution proposé par le comité de pilotage ne seraient que de légères modifications qui ne sont pas de nature à remettre en question sa philosophie et ses grandes orientations.

La publication du décret référendaire renforce les suspicions que faisaient déjà naître les conflits et les contestations publics qui affectaient non seulement les rapports des secteurs organisés du pays avec le CPT et les organes chargés de conduire le processus, mais encore ceux de ces derniers entre eux.

S’il est vrai que dans mes publications et mes interventions médiatiques je n’ai pas toujours mis l’ emphase sur les impacts négatifs de l’inexistence des conditions matérielles liées à la sécurité, à la planification technique du processus référendaire et au conditionnement psycho-sociologique de la population sur le processus, il n’en demeure pas moins vrai qu’elles sont sont incontournables, et, de ce fait, ne doivent pas être négligées.

Jusqu’ à présent, les gangs armés continuent à contrôler plus de 80 pourcent de la capitale, une grande partie du département de l’Artibonite et également une partie du centre. L’ambiance politique qui régnait entre les différents acteurs qui ont signé l’accord du 3 avril 2024 et qui ont porté le CPT sur les fonds baptismaux a disparue.

Une grande incertitude habite l’esprit des citoyens en ce qui a trait à l’avenir du pays et à celui du CPT. Ce qui remet en question non seulement sa crédibilité et sa légitimité mais encore sa capacité à engager le pays dans une réforme aussi compliquée et aussi lourde de conséquence pour la transition et l’avenir du processus démocratique.

Somme toute, ce décret référendaire survient dans un contexte socio-politique où le pays s’écarte de plus en plus du momentum qui avait justifié l’opportunité du processus référendaire. Il convient donc d’analyser objectivement son contenu pour se faire une plus nette idée de ses motivations réelles.

Analyse synthétique du contenu du décret référendaire et de son caractère arbitraire

Pour la vérité et pour l’ histoire, il est important de souligner que le décret référendaire est signé par tous les membres du CPT et tous ceux du gouvernement. Il y a donc une certaine convergence de vue de la part de tous ceux et toutes celles qui dirigent le pays actuellement, à la fois sur la consistance technique de l’avant-projet constitutionnel, sa légitimité et son opportunité.

La signature du décret référendaire par tous les membres du pouvoir révèle une contradiction flagrante entre la position exprimée par les partis politiques dans la lettre qu’ils ont adressée au coordonnateur du groupe de travail sur la constitution, leur silence dans les médias et leur position dans les conseils des ministres.

En effet, ce décret comporte vingt-six (26) visas, cinq (5 ) considérants, cent vingt-quatre ( 124 ) articles, divisés en dix ( 10 ) chapitres et des dispositions finales. Les textes visés sont d’origine nationale et internationale. Ce qui constitue une grave erreur technique.

En effet, dès lors qu’on a visé les déclarations des droits tels que la déclaration universelle des droits de l’ homme et l’acte de l’indépendance d’ Haïti, il n’était pas nécessaire de citer séparément des instruments internationaux signés et ratifies par l ‘ Etat haïtien.

Par ailleurs, le CPT a visé des textes adoptés au cours de la transition, tels que le décret du 10 avril 2024 portant création du CPT, le décret du 23 mai 2024 déterminant l’organisation et le mode de fonctionnement du CPT et le décret du 17 juillet 2024 portant création, organisation et fonctionnement de la conférence nationale.

Il a visé également le décret référendaire du 3 juillet 2021, publié par Jovenel Moise, 3 jours avant son assassinat dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Vous aurez donc remarqué que, par une plausible coincidence, le décret référendaire du CPT et celui de Jovenel sont tous deux publiés le 3 juillet. L’un est publié le 3 juillet 2025 et l’autre, le 3 juillet 2021.

Par contre, le CPT a évité de viser l’accord du 3 avril 2024 et la constitution du 29 mars 1987 amendée. Une telle omission n’est pas innocente. Elle mérite d’être scrutée pour mieux en apprécier le sens et la portée.

L’ analyse de ce document révèle que ce n’est pas seulement une simple coïncidence de date qui lie les deux décrets référendaires. En termes de contenu, le décret référendaire de 2025 est pratiquement le même que celui adopté par Jovenel en 2021. Ils ont quasiment les mêmes articles, les mêmes formulations, les mêmes structures et font l’objet des mêmes contestations.

La seule veritable différence qui existe entre le décret du 3 juillet 2025 et celui du 3 juillet 2021 est que celui-ci contient neuf. ( 9 ) chapitres, alors que celui-là en contient dix (10). Le CPT en a ajouté un dixième qui traite des contestations, en dépit du fait que dans les deux textes il y en avait déjà un qui traite des infractions.

L’on ne voit pas trop la frontière qui existe entre ces deux chapitres et qui justifierait leur séparation. Cette incohérence légistique révèle une fois de plus les faiblesses techniques de ce décret. Aussi paradoxal que celui puisse paraître, le CPT ne considère pas la contestation des résultats du référendum constitutionnel comme une infraction. Mais il l’interdit, sans, toutefois, préciser la peine qui serait appliquée contre tous et toutes celles qui se seraient rendus coupables d’un tel fait.

En ajoutant le chapitre relatif aux consultations, le conseil presidentiel de la transition envisage, implicitement, d’empêcher aux membres de tous ces partis politiques, de toutes ces organisations de la société civile et à tous ces intellectuels et hommes qui s’opposent au processus référendaire de le critiquer.

S’agit-il d’une mesure de dissuasion ou d’intimidation ?

Par ailleurs, les chapitres I à XI traitent des questions relatives à l’assemblée de registre et des listes référendaires, à la campagne électorale, au scrutin, à l’observation du référendum constitutionnel, à la tabulation des votes, à la publication des résultats du référendum constitutionnel dans le journal officiel << le Moniteur >>, aux infractions au décret référendaire.

L’ objectif du décret référendaire du 3 juillet 2025, tel que précisé à l’article premier, est de fixer les règles relatives au referendum de 2025. Sur le plan légistique, la formulation d’ un tel article recèle un excès de concision. Il est évasif et mérite d’être complété.

Fort justement, c’est ce que se propose de faire le quatrième considérant, en précisant que l’objectif du décret référendaire est de fixer les règles relatives à la planification, à l’organisation, au contrôle du référendum ainsi qu’à la publication des résultats.

Le contenu de ces deux formulations constitue encore une grave faute légistique. Ce qui aurait dû être écrit dans les considérants est porté dans le dispositif. En général, ceux-là évoquent les motifs et les objectifs de la loi, alors que celui-ci donne les voies et moyens par lesquels ils doivent être réalisés.

Les sanctions établies contre plusieurs types de troubles du processus référendaire existaient déjà dans le décret référendaire de 2021, mais il n’y avait pas un chapitre spécialement réservé aux contestations. Visiblement, le CPT est plus préoccupé à interdire les contestations des résultats du référendum constitutionnel qu’ à renforcer la légitimité du processus pour les limiter ou les prévenir.

Bizarrement, le CPT admet la campagne contre le projet de nouvelle constitution avant les opérations de vote. Cependant, une fois adopté, il ne peut être contesté ni par la population ni par les membres du CPT. Ce n’est pas une hypothèse.

En effet, l’ article 16 précise que: « la campagne pour ou contre le projet de constitution est admise ». Pour sa part, l’article 88 indique que  » le résultat du référendum constitutionnel, proclamé par le CEP et transmis pour publication, ne peut être l’objet d’aucune contestation ou objection. Sa publication par l’exécutif est automatique et immediate ».

En plus du caractère flou des motifs légaux qui justifient l’ajout du chapitre traitant des contestations et sa dissociation de celui traitant des infractions, il faut analyser le fondement légal et démocratique de l’article 88.

L’article 88 relatif aux contestations est arbitraire. Il constitue une violation caractérisée de la déclaration universelle des droits de l’homme et des autres instruments protecteurs des droits de l’homme visé par le décret, du pluralisme idéologique, de la liberté d’expression, et des droits politiques des citoyens.

N’est-ce pas encore Voltaire qui faisait remarquer l’importance de la tolérance pour la démocratie en prononçant une phrase sublime qui alla servir de base au pluralisme idéologique. Il disait ceci:

<< Je ne partage pas votre opinion, mais je suis prêt à me faire sacrifier pour que vous ayez la possibilité de l’exprimer.>>

En effet, la contestation est un droit humain fondamental. On ne peut la sanctionner en soi. On ne peut réprimer que les infractions qui en découlent. Dans les régimes démocratiques, on ne bannit pas un tel droit. Au contraire, on l’encadre, l’organise, lui assure même une protection juridictionnelle dans certains cas, pour qu’ elle ne soit pas pervertie et pour qu’elle ne dégénère pas en infraction.

Ce total mépris pour l’opinion des citoyens et cet acharnement pour faire passer le référendum constitutionnel tel que conçu dans l’avant-projet de constitution proposé par le comité de pilotage créent des suspicions légitimes sur les intérêts inavoués du CPT et attestent le caractère arbitraire du décret référendaire.

Aussi longtemps que les réflexions sur le droit constitutionnel resteront aussi piètres, le pays n’accédera jamais à la démocratie. Il n’ y a qu’un groupe très restreint de juristes qui maîtrisent ce domaine. Dans la plupart des cas, ils sont soit exclus, soit intimidés, soit exilés, ou assassinés ( physiquement ou moralement).

Par ailleurs, le CPT punit un ensemble d’infractions au référendum à la fois de l’amende et de l’emprisonnement. Par exemple, l’article 90 prévoit des sanctions contre la destruction des affiches ou des placards publicitaires relatifs à la campagne référendaire.

Pour sa part, l’article 99 sanctionne l’outrage d’ un fonctionnaire du CEP dans l’exercice de ses fonctions. Faut-il qualifier cette infraction d’outrage à la magistrature ou crime de lèse-majesté ? Les membres du en tout cas, l’analyse de ce décret référendaire montre que le CPT le prend comme un simple acte acte administratif qu’ il exerce n’ ont pas au nom de la nation mais en son nom, en tant que souverain.

On n’impose pas une constitution à un peuple. Celle-ci doit être acceptée par consentement et adhésion et non par la force et l’intimidation. À moins qu’elle émane de la volonté arbitraire d’un groupe et qu’ elle vise à établir un pouvoir autocratique. Le CPT aurait dû éviter de telles suspicions qui affectent, à coup sûr, la légitimité du processus et qui risquent, même, de compromettre son application et sa durabilité, à l’avenir.

Autrement dit, lors même que le pouvoir en place aurait tout fait pour obtenir le vote du projet de la nouvelle constitution, une grande partie de la population continuera à contester cette dernière. Le décret du 3 juillet ne pourra pas empêcher aux citoyens d’exercer leur droit de s »exprimer librement sur les grandes décisions engageant la nation. Ce droit est une conquête démocratique qui ne peut être ravi ni par aucun tyrano ni par aucun texte de loi.

Par ailleurs, l’ article 104 établit des peines contre le fait d’ induire en erreur un citoyen ou de l’emporter à s’abstenir de voter par l’ usage de fausses nouvelles, d’expressions calomnieuses, ou d’autres manœuvres frauduleuses, soit directement, soit par l’entraide d’un tiers.

Le double de la peine est prévu contre toute personne arrêtée sur ordre d’une autorité du bureau référendaire ou d’une autorité judiciaire lorsque les infractions prévues sont commises dans le cadre de l’exécution d’un plan dans tout le pays ou dans plusieurs ses endroits.

Les peines sont prononcées par le tribunal correctionnel, toutes affaires cessantes, aux requêtes et poursuites du représentant ou de la représentante du ministère public sur le rapport du bureau référendaire. ( art 108 )

Le caractère arbitraire du référendaire ne se justifie pas seulement par sa visée liberticide, mais aussi par son absence de fondement. En effet, il ne vise aucun texte de référence qui pourrait justifier la légitimité du conseil présidentiel et de ses actes. Il est donc clair que le décret référendaire est un acte à la fois arbitraire et illégitime .

Enfin, le le fait de ne pas viser l’accord du 3 avril 2024 et la constitution du 29 mars 1987, les deux principaux textes qui auraient pu lui servir de légitimité , le CPT assume que le décret référendaire n’est pas seulement arbitraire, mais atteste également qu’il exerce un pouvoir qui n’a aucun fondement. Ce qui, du même coup, remet en question l’opportunité du processus référendaire.

Le décret référendaire n’ a aucun fondement et atteste que le processus référendaire n’a aucune légitimité

L’accord du 3 avril est le socle sur lequel repose la vision de la transition, mais n’a jamais été publié dans le moniteur, malgré les nombreuses protestations de certains membres de l’accord Montana dont Magalie Comeau Denis, qui n’ a jamais cessé de fustiger le CPT. En un certain sens, ce dernier a abusé de la confiance des partis politiques et des organisations de la société civile qui lui ont transféré le pouvoir suite à l’abdication nédit d’Ariel.

Tenant compte du fait que le CPT n’a jamais mis en place les institutions prévues dans le décret du 23 novembre 2024 et l’accord du 3 avril 2024 telles que: l’organe de contrôle de l’action gouvernementale, le conseil national de sécurité, la commission vérité, justice et réparation, l’assemblée des secteurs, la commission de conciliation, il était évident que le processus référendaire allait faire face à de sérieuses difficultés.

Ces institutions étaient appelées à créer les conditions favorables à la tenue des élections et du référendum constitutionnel. Au lieu de les mettre en place, le CPT concentre, jalousement, tous les pouvoirs entre ses mains et crée, paradoxalement, les conditions favorables à l’insécurité, à la division, à la polarisation du pays, aux conflits politiques, à la dictature, à l’exclusion politique et à l’intimidation.

Le boycott du processus référendaire par le CPT n’ est pas une décision de dernière heure. Il n’ est non plus le résultat de quelques contraintes ni de certaines erreurs techniques imputables seulement à la compétence et à la qualification des dirigeants. C’est un acte mûrement réfléchi, soigneusement planifié, mais maladroitement exécuté. Bref, c’est un acte prémédité, un guet- apens.

Par ailleurs, le fait par le CPT de viser le décret référendaire de Jovenel qui a été, pourtant, rapporté et de ne pas viser la constitution de 87 amendée dans le décret référendaire signifierait techniquement que le CPT ne tire pas sa légitimité de la constitution de 87 amendée.

Pour être honnête, je l’ai toujours assumé, le CPT ne tire pas sa légitimité de la constitution du 29 mars 1987. Si-non il ne serait pas un pouvoir de facto. Cependant, en évitant astucieusement de viser l’accord du 3 avril et la constitution de 87 amendée dans le décret référendaire, il ne se rend pas compte que non seulement ce dernier n’a aucune légitimité, mais aussi son pouvoir n’a aucun fondement.

Deux questions se posent alors :

  • Quel est l’acte ( instrumentum ) qui a constaté le transfert du pouvoir qu’exerce le conseil présidentiel de la transition ?
  • qui sont les rédacteurs et les signataires de cet acte ?

Avec la publication du décret référendaire, le CPT s’englue dans ses contradictions et remet en question non seulement l’avant-projet constitutionnel mais aussi l’opportunité du processus référendaire. Il ne vise ni l’accord du 3 avril 2024 ni la constitution de 87 amendée, pourtant évoque des décrets et des institutions qui tirent leur légitimité de ces deux textes fondateurs.

Pour les décrets du 17 juillet 2024 et du 23 mai 2024, il est clair qu’ils sont inspirés de l’accord du 3 avril 2024, cependant pour les institutions, il n’est pas tout à fait clair qu’il en soit ainsi. L’analyse du cinquième considérant du décret référendaire est assez révélatrice.

En effet, ce considérant dit ceci:

<< Attendu que le pouvoir législatif, est pour le moment inopérant et qu’il y a lieu pour le pouvoir exécutif de légiférer par décret sur les objet d’intérêt public. >>

L’analyse de ce considérant révèle qu’il existe une grave incohérence entre celui-ci et les visas du décret référendaire. En effet, dans l’accord du 3 avril 2024, le parlement est remplacé par l’organe de contrôle de l’action gouvernementale ( OCAG ). Donc, logiquement, c’est ce dernier que le CPT aurait dû évoquer dans ce cinquième considérant et non le pouvoir législatif qui n’a jamais existé pour lui.

Le CPT n’a pas visé la constitution de 87 rien que pour échapper aux critiques et aux contestations de ceux et celles qui remettent en question la constitutionnalité du processus référendaire. Mais il oublie que le pouvoir législatif est une institution consacrée par ladite constitution.

Cependant, en affirmant que c’est le fait par le pouvoir législatif d’être inopérant qui lui autorise à légiférer par décret sur les questions d’intérêt public, le CPT ne se rend pas compte qu’il reconnaît tacitement l’existence de la constitution de 87 amendée. C’est un véritable embrouillamini.

À contrario, ce considérant justifie techniquement l’accusation de crime de haute trahison évoquée par le bâtonnier Patrick Pierre Louis pour contester le titre du texte du document de travail préparé par le comité de pilotage et sa publication dans le journal officiel de la république, ensemble la qualité des membres dudit comité pour prétendre à l’exercice d’un tel droit. Le CPT est pris à son propre piège. Il n’ a aucun moyen de sortir de cet imbroglio juridique.

En bout de ligne, l’analyse minutieuse des visas et des considérants montre que les trois ( 3 ) décrets ci haut mentionnés, notamment, le décret du 10 avril 2024 portant création du CPT, celui du 23 mai portant organisation et fonctionnement du CPT, celui du 17 juillet 2024 déterminant l’organisation et le fonctionnement de la conférence nationale apparaissent comme les seuls textes juridiques qui serviraient de légitimité au CPT et au décret référendaire.

Là encore, une telle thèse ne tient pas. Elle est une ineptie juridique!

En effet, le CPT et le gouvernement d’Ariel en tant qu’organes du pouvoir exécutif sont des pouvoirs constitués qui exercent les prérogatives du pouvoir constituant dérivé ou délégué dans un contexte exceptionnel. Par conséquent, il ne peut pas tirer sa légitimité de lui-même. l doit absolument la tirer d’ une autorité qui lui est hiérarchiquement, donc démocratiquement, supérieure et qui jouerait le rôle de pouvoir constituant originaire.

Le pouvoir constituant originaire est l’expression de la souveraineté nationale. De ce fait, il est théoriquement l’entité qui en délègue l’exercice aux trois pouvoirs de l’Etat. En droit constitutionnel, on l’appelle, à juste titre, le souverain. C’est pourquoi l’on dit, généralement, que tout pouvoir est délégué.

Si cette autorité supérieure qui délègue l’exercice du pouvoir au CPT n’ est ni l’accord du 3 avril 2024 ni la constitution de 87 amendée, cela signifie qu’ il n ‘ y en a pas. Dans ce cas, le CPT n’est pas seulement l’expression de la souveraineté nationale ou celui qui l’exerce, il est le souverain, même. C’est ce que traduisent techniquement les visas du décret référendaire.

Dans cette perspective, il devient logique que des règles juridiques et des sanctions sévères soient prévues contre tous ceux et toutes celles qui osent contester les décisions du souverain. C’est pourquoi la contestation n’est pas considéré comme une simple infraction. Elle est implicitement considérée comme un crime de lèse-majesté.

Autrement dit, par ce décret les membres du CPT assument que le régime qu’ils dirigé est plus proche de la monarchie que de la démocratie. Vous imaginez dans quelle cacophonie juridique fonctionne un pouvoir analogue à celui d’un roi mais qui est dirigé par plusieurs autorités en même temps. Aucun régime ne peut fonctionner dans de telles incohérences doctrinales.

L’interprétation rationnelle des différentes parties du décret référendaire, notamment des visas, considérants et dispositif aboutit à la conclusion selon laquelle le CPT exerce un pouvoir sans aucune légitimité et accouche un décret référendaire arbitraire et sans fondement, pour réglementer un processus référendaire inopportun.

Cet acte du conseil présidentiel de la transition nous renvoie une fois de plus aux sempiternelles questions pour les quelles la nation entière doit exiger à ses membres des réponses honnêtes et courageuses.

  • Au nom de qui et pour qui le CPT dirige-til la nation ?
  • Qui lui a confié la mission de changer la constitution de 87?
  • Pour qui élabore-t-il cette nouvelle constitution ?

En attendant une franche réponse à ces questionnements légitimes, l’histoire retiendra qu’ un organe dénommé CPT, qui ne jouit d’aucune forme de légitimité, s’était donné le pouvoir de changer une constitution rédigée par une assemblée nationale constituante qui, elle même, tire la sienne des citoyens issus de toutes les couches et de toutes les régions du pays.

Conclusion

L’analyse technique des visas et considérants du décret référendaire prouve que ce dernier est effectivement un acte arbitraire et sans fondement, un guet-apens, un crime de lèse-démocratie. Il annonce, paradoxalement, la nouvelle transition que connaîtra le pays à l’issu du mandat du conseil présidentiel le 7 février 2026. Il est un acte politique, un acte de repositionnement strategique.

Il doit être combattu par toutes les forces vives du pays, tous les intellectuels et tous ceux et celles qui comprennent la dimension de la crise haitienne. Car, au-delà de ces coups bas et de ces jeux politiques malsains, motivés uniquement par les enjeux des luttes de pouvoirs et les intérêts immédiats des acteurs politiques, il y a un peuple qui se meurt, une nation à l’agonie et une dignité à reconstruire!

Me Kedlaire Augustin

  • Ancien vice-president du Sénat
    de la république.
  • Ancien président de la commission de réforme constitutionnel du sénat de la république.

Le choc spirituel de l’insécurité en Haïti:

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Les Gangs armés ont détruit mêmes les valeurs spirituelles et religieuses d’Haïti.

Un éditorial de :

Ulysse Jean Chenet , Coordonnateur Général du Mouvement Point Final.

La crise de l’insécurité en Haïti en moins de 10 ans détruit tous les éléments de la civilisation haïtienne pour transformer le pays en une République de barbaries.

On n’a pas besoin de passer aucun secteur en revue pour voire l’impact de l’insécurité sur la vie sociale, économique , familiale , culturelle , politique et diplomatique du pays. C’est donc une catastrophe irréparable.

Si avec le tremblement de terre, on a parlé de Reconstruction d’Haïti, après la fin de la crise de l’insécurité , si le pays existera encore, on parlera de la Refondation d’une nouvelle République d’Haïti.

Le pourquoi?

Parce que l’insécurité détruit tout sur son passage en Haïti, ni le matériel , ni l’immatériel du pays. Il n’existe rien en Haïti, mêmes les élites haïtiennes disparaissent dans tous les domaines.

Maintenant, le sujet du jour concerne le choc de l’insécurité sur la spiritualité et la religion en Haïti.

La civilisation haïtienne même est basée sur la spiritualité et ensuite sur la religion, parce que l’haïtien est un croyant avant tout.
Être haïtien, soit qu’on est catholique apostolique et romaine, soit qu’on est chrétien évangéliste ( Protestant) , ou du moins , soit qu’on est Vaudouisant. A part de cela, il y a d’autres sectes religieux dans le pays, comme l’Islam, musulman, Bouddhiste , etc …

Ces derniers temps , l’insécurité attaque directement la spiritualité et la religion en Haïti, ce qui est fatal pour le pays. Un fait qui prouve que l’insécurité est un projet de l’Occident en pleine exécution en Haïti.

Voyons les 3 principaux groupes de religion en Haïti par rapport à l’insécurité:

1) Le Catholicisme:

Depuis la signature du Concordat de 1860 du président Geffrard et le Saint Siège, le Vatican. La religion catholique devient la religion de l’État haïtien.
Malgré tout, la religion catholique est grandement frappée par l’insécurité comme tous les autres secteurs en Haïti. On a assassiné des prêtres et des religieuses. On a violé et kidnappé des religieuses de plusieurs congrégations en Haïti, que ce soit à Crois des bouquets , à Carrefour , au département de l’Artibonite, et le dernier cas connu , c’était le sort des religieuses , lors de l’invasion des Gangs de la Coalition terroriste Viv Ansanm à Mirebalais, Département du Centre. Ce sont des attaques jusqu’à présent contre des personnes physiques de la religion catholique.
Maintenant, le plus grave dans la question , c’est la profanation des églises catholiques et les fêtes patronales par les Gangs armés. C’est terrible. A Port-au-Prince, la Cathédrale est fermée ou abandonnée à cause de la violence des Gangs armés. On ne parle presque pas de fêtes patronales en Haïti.
Récemment , les deux plus grandes fêtes patronales du pays ont été abandonnées ou célébrées que par des Gangs armés, à savoir les fêtes patronales de Saint Jean à Gressier , département de l’Ouest , le 24 juin 2025 et la fameuse fête patronale du Mont-Carmel de Saut d’Eau , département du Centre, le 16 juillet 2025. Où on a pu constater des chefs de Gangs de la Coalition Viv Ansanm , lourdement armés au sein de ces églises. Tandis que les fidèles et les Pèlerins sont chassés ailleurs pour se réfugier dans des camps des déplacés internes dans des conditions infra humaines.
Le pire dans tout cela, les autorités religieuses nationales et internationales ne font rien pour résoudre ce problème. Ils ne font que constater les dégâts , même le Cardinal Chibly Langlois et le nouveau Pape Nicolas V ne disent rien. C’est-à-dire, même Dieu n’est pas en sécurité en Haïti. Parce que ces gens-là se prennent pour les représentants de Dieu sur la terre et surtout en Haïti, depuis le débarquement des Colons espagnols sur l’Île d’Haïti en 1492.

2) les religions Protestantes en Haïti:

Le protestantisme s’impose en Haïti, à partir de l’occupation américaine 1915. Depuis lors, il gagne du terrain pour arriver à occuper une place de choix dans la société haïtienne , dans les zones urbaines comme dans les zones rural, en plaine comme sur les montagnes.
Aujourd’hui, on compte beaucoup plus d’églises protestantes sous diverses appellations que des écoles, des hôpitaux et de centres d’attraction dans le pays.
Malheureusement, la religion protestante est grandement victime de l’insécurité. On a kidnappé, violé , tué des pasteurs, des fidèles , des diacres, au même titre que le gros de la population.
Plusieurs églises protestantes sont fermées , profanées et vandalisées par les Gangs armés.

3) Le Vaudou:

En Haïti, le Vaudou n’est pas considéré comme une religion , c’est l’essence même de la culture populaire , des traditions , des moeurs et des coutumes des Haïtiens. Disons-mieux, c’est le Centre de la spiritualité de la civilisation haïtienne.
Par rapport à l’insécurité en Haïti, on ne peut pas dire que le Vaudou est victime de l’insécurité au même titre que les autres religions. Parce que , les Gangs armés se réclament des vaudouisants. Dans leurs manifestations mystiques , ça se voit ouvertement. Pas de problème. Par le fait que, le Vaudou n’est pas un secteur vraiment organisé et de plus, c’est une culture populaire et traditionnelle. On ne peut pas empêcher à quiconque de se réclamer Vaudouisant. D’ailleurs, tous les Haïtiens avant tout, sont des vaudouisants.
Par contre, le Comportement des Gangs armés tue largement la spiritualité au sein du secteur Vaudou. Parce que le vaudou , c’est la culture du bien, d’amour, de la liberté , de partage et de vivre en communauté.
Mais, sur le plan individuel, les vaudouisants sont grandement victimes de l’insécurité .
Par exemple, le sort des personnes âgées à Warf Jérémie. Le chef de Gangs , Micanor a massacré près de 200 personnes âgées , sous prétextes que ce sont des Lougarou et des mystiques qui ont jeté un mauvais sort sur un enfant du chef de Gangs à Warf Jérémie. On peut citer plusieurs cas similaires.
Le vaudou n’est pas seulement victime de la violence des Gangs armés, mais aussi, il est victime de la stigmatisation des autres religions importées en Haïti.

Donc, la religion et la spiritualité en Haïti sont largement touchées par le problème de l’insécurité au même titre que tous les autres secteurs du pays.

Ulysse Jean Chenet
Coordonnateur Général du Mouvement Point Final
(509) 4183 9811/ 4458 0309

Création d’un fond de solidarité aux PV/VIH: le CP Louis Gérald Gilles la porte dans son cœur

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PORT-AU-PRINCE.— Dans une période de transition où beaucoup pointent l’immobilisme des institutions, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles s’est inscrit dans une démarche résolument tournée vers l’action. Sans bruit ni effets de manche, il multiplie les initiatives concrètes, réformatrices, et socialement utiles.

Après l’annonce de son plaidoyer pour la création d’un Office national autonome, capable d’anticiper les défis démographiques à d’Haïti, en insistant sur la nécessité de désengorger un ministère de la Santé déjà saturé, le conseiller Louis Gérald Gilles, dans le même élan, propose un décret visant à créer un Fonds national de solidarité pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

En effet ce projet a connu une avancée significative ce lundi 21 juillet, lors d’une deuxième réunion de travail tenue à la Villa d’Accueil, en présence du Secrétaire général du Conseil des ministres, Odilien Charles. Plusieurs institutions et organisations clés y ont participé, parmi lesquelles Housing Works, la FEDHAP+, le FONAPOVIH, le Comité national des populations clés, le Forum de la société civile et le Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS). Une prochaine rencontre est prévue pour finaliser le texte du décret.

En parallèle, Dr Gilles poursuit son engagement en faveur des jeunes à travers la réhabilitation du parc Sainte-Thérèse, et soutient les petites entreprises touchées par l’insécurité avec un dispositif de crédit adapté.

À travers ces actions, il rappelle que gouverner, même en pleine incertitude, reste possible lorsque la volonté politique s’allie à la cohérence et au sens du devoir.

Jean Mapou

Manifestation contre l’insécurité aux Gonaïves

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En réaction à la détérioration accélérée du climat sécuritaire dans le Haut-Artibonite, plusieurs dizaines de citoyens ont manifesté, ce mercredi, dans la cité de l’indépendance pour dénoncer l’inaction des autorités face à l’emprise croissante des gangs.

Organisée à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile, cette mobilisation pacifique visait à exiger la révocation immédiate de Caleb Exantus, directeur départemental de la PNH, accusé par les protestataires de collusion avec des groupes armés qui tentent de contrôler la région.

Selon les manifestants, depuis la prise de fonction du commissaire divisionnaire Caleb Exantus, aucune opération significative n’a été entreprise pour déloger les bandits opérant dans la zone. Ces derniers continuent d’imposer leur loi, renforçant ainsi le sentiment d’abandon au sein de la population.

DEUX JOURNÉES PORTES OUVERTES RÉUSSIES À LA DIE

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Le Directeur de l’Immigration et de l’Émigration, Antoine Jean Simon Fénélon, s’est dit très satisfait du succès des deux journées portes ouvertes organisées afin de permettre aux demandeurs de passeport de découvrir les nouveaux locaux de la DIE, désormais situés à Canapé-Vert.

Lancée le mardi 22 juillet, cette initiative a permis à la Direction de l’Immigration et de l’Émigration d’accueillir plus d’un millier de visiteurs dans un bâtiment modernisé, conçu pour dynamiser les opérations de la DIE et améliorer la qualité des services offerts.

Au cours de l’événement, un nombre significatif de passeports ont été remis directement aux demandeurs présents.

Les participants, notamment les citoyens venus pour des démarches, ont salué l’initiative et ont exprimé leur satisfaction quant à l’efficacité du service et au professionnalisme du personnel de l’institution.

SUNRISE AIRWAYS CIBLE DE LA COLÈRE POPULAIRE DANS LE SUD

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À l’initiative de plusieurs organisations politiques et sociales, des centaines de personnes ont manifesté ce mercredi 23 juillet dans les rues des Cayes pour dénoncer la compagnie aérienne Sunrise Airways. Les protestataires accusent la compagnie de profiter du climat d’insécurité pour augmenter excessivement le prix des billets.

Au cours de cette mobilisation, des slogans virulents ont été lancés contre les responsables de Sunrise, tandis que les manifestants réclamaient aussi le déblocage de la route de Martissant, principal axe reliant Port-au-Prince au Grand Sud.

Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

!!! AYITI NAN KA !!!

*Quand l’oligopole s’empare de tout
En me référant à l’article du Nouvelliste, je vous offre mon analyse approfondie touchant l’aspect politique et la main mise totale des oligarques sur le pouvoir politique.^

Il n’est plus question, en Haïti, d’un simple verrouillage économique ou d’un déséquilibre de marché comme il en existe dans bien des pays du Sud. Ce à quoi nous assistons, implacablement, c’est à l’achèvement d’un processus historique : la confiscation complète de l’État par une minorité familiale, affairiste, organisée, disposant désormais des pleins pouvoirs économiques, institutionnels, sécuritaires et bientôt électoraux. Cette prise de contrôle n’est pas fortuite ni accidentelle. Elle est l’aboutissement d’un projet mûrement réfléchi, exécuté avec méthode, bénéficiant d’une passivité générale et de complicités internes comme internationales.

Pendant longtemps, on a cru que ces familles se contentaient de dominer les importations, le secteur bancaire, les assurances, les infrastructures, le négoce, l’immobilier. On a cru, à tort, que leur pouvoir était économique, que leur influence sur l’État se faisait en coulisses, dans l’ombre, et qu’il restait à la République des espaces de souveraineté. Mais avec la reconfiguration du paysage politique enclenchée par le Conseil présidentiel de transition (CPT), il devient clair que ces familles veulent tout : l’économie, la justice, la police, la politique, et même les urnes.

L’arrivée imminente de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil présidentiel est l’étape ultime de ce processus. Issu lui-même des milieux d’affaires proches des grands groupes oligarchiques, sa nomination comme président du CPT, chargé d’organiser les élections générales, signifie tout simplement que l’oligopole organisera lui-même la « transition démocratique » à son image et à son avantage. Ce n’est plus seulement la financiarisation de l’État. C’est la privatisation de la souveraineté populaire.

Le Conseil présidentiel, dans sa configuration actuelle, ne représente aucunement les intérêts de la majorité silencieuse, encore moins ceux des laissés-pour-compte de l’économie informelle, des zones marginalisées, des jeunes désœuvrés ou de la diaspora patriote. Il est devenu une structure de légitimation d’un projet oligarchique, habillé d’un vernis démocratique pour satisfaire la forme aux yeux des chancelleries, mais totalement déconnecté des réalités du peuple. Le Premier ministre Garry Conille, placé là comme homme-lige, n’a ni marge de manœuvre, ni vision autonome. Il incarne la continuité technocratique au service du statu quo économique.
Mais ce qui rend ce moment particulièrement dangereux, c’est que le verrouillage est désormais total : économique, institutionnel, et sécuritaire. Les forces de sécurité, infiltrées à tous les niveaux par des intérêts privés, n’agissent plus comme des garantes de la sécurité nationale, mais comme des exécutants d’une stabilité sélective. Elles protègent les zones d’intérêt économique, les enclaves des puissants, pendant que les quartiers populaires sombrent dans le chaos ou sont livrés aux gangs, devenus les instruments de contrôle territorial indirect.

Il faut le dire clairement : l’oligopole contrôle aussi les gangs. Pas de manière officielle ou bureaucratique, bien sûr, mais à travers des arrangements, des pactes informels, des chaînes de complicité et de silence. Les gangs servent à dissuader toute révolte populaire, à maintenir la population dans la peur, à fracturer les mouvements sociaux, à neutraliser les leaders de base, à garder les masses dans l’insécurité chronique pour empêcher toute forme d’organisation collective. L’oligarchie n’a pas besoin d’envoyer la police pour mater le peuple : elle laisse les gangs faire, puis justifie l’état d’exception permanent pour mieux verrouiller.

Ce système est sophistiqué, brutal, cynique. Il ne survivra pas à la lumière, à la dénonciation publique, à la mobilisation lucide. Mais il est encore plus dangereux car il arrive à sa phase finale : la captation du pouvoir politique formel. Une fois Laurent Saint-Cyr en place, les prochaines élections ne seront pas un retour à la démocratie : elles seront l’ultime sacralisation d’une dictature de classe, sans uniforme, sans coup d’État militaire, mais infiniment plus perverse car légalisée par des urnes contrôlées.

Alors que faire ? Comment renverser ce modèle, si profondément enraciné, si protégé par des élites internes et des partenaires internationaux obnubilés par la stabilité, même mafieuse ?

La réponse ne viendra pas de l’intérieur du système. Elle viendra d’un choc. Soit un sursaut populaire, structuré, stratégiquement organisé et capable de désobéir, de dire non au simulacre, de refuser les élections arrangées et d’exiger un changement de régime, pas seulement de gouvernement. Soit une recomposition profonde des alliances internationales, avec des partenaires plus soucieux de développement que de stabilité à tout prix. Soit, plus probablement, une combinaison des deux, provoquée par une crise majeure, un événement imprévisible, un échec du système lui-même.

Ce qui est certain, c’est que la transition actuelle, dans sa forme actuelle, ne mènera à rien de salutaire pour la nation. Elle n’apportera ni paix durable, ni sécurité, ni justice sociale. Elle ne servira qu’à consolider un pouvoir mafieux aux mains propres, mais à l’âme pourrie.

Haïti est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit elle accepte le règne d’une poignée de familles qui dictent tout : prix, lois, impôts, armée, élections et renonce à son idéal républicain. Soit elle entre en rupture, non pas dans la violence aveugle, mais dans la clarté stratégique, dans la construction patiente d’un contre-pouvoir populaire, légitime, structuré, porté par une jeunesse nouvelle, une diaspora éclairée, une intelligentsia décomplexée et des leaders éthiques.

Cette rupture ne sera pas spontanée. Elle doit être pensée, organisée, planifiée. Car en face, les adversaires de la démocratie haïtienne ont déjà terminé leur plan. Le contrôle est total. Le pouvoir est à eux. Et ce qu’ils préparent, ce ne sont pas des élections : c’est l’enterrement de la République.

Mais l’histoire n’est jamais finie. Même les oligarchies les plus puissantes ont fini par tomber. À condition qu’un peuple s’éveille, et qu’il décide, une fois pour toutes, de ne plus vivre à genoux.

Joseph Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA