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Pierre Réginald Boulos bientôt déporté : l’ULCC l’attend de pied ferme ?

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Pierre Réginald Boulos sera bientôt déporté par les autorités américaines et accueilli, dès son arrivée en Haïti, par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). L’annonce a été faite ce dimanche par l’agence américaine ICE sur le réseau X.

Selon l’agence, Boulos aurait omis de déclarer, dans ses documents migratoires, son implication présumée dans une campagne de violence et de soutien actif à des groupes armés, visant à déstabiliser Haïti.

De CITÉ SOLEIL à L’AFRIQUE : Amos CINCIR au service des NATIONS…

Né à l’hôpital Isaïe Jeanty, connu sous le nom de Chancerelles, à Port-au-Prince en Haïti, Amos CINCIR est l’aîné d’une famille de huit enfants, fils de Christionord CINCIR et de Marie Luciada FINTIN. Issu d’une lignée à la croisée des racines africaines et haïtiennes, il grandit jusqu’en 2005 dans le quartier populaire de CITÉ SOLEIL.

Cette communauté marginalisée, déclasée et ghettorisée, souvent associée à la pauvreté, à la violence cruelle des gangs armés et à la stigmatisation sociale, constitue pourtant un terreau de résistance, d’ancrage spirituel et d’espérance pour le jeune Amos CINCIR. Pour lui, CITÉ SOLEIL n’a pas été une prison, mais un lieu d’Apprentissage rude et prophétique. Là où beaucoup ne voyaient que le Chaos, il a perçu un Appel supérieur, une Mission céleste à embrasser.

Aujourd’hui, Amos CINCIR se définit comme un Ambassadeur du Royaume des Cieux, porteur d’une vision de réconciliation spirituelle et historique entre Haïti et l’Afrique, et Défenseur actif d’une dynamique Sud-Sud incarnée par la jeunesse africaine et afrodescendante.

UNE FORMATION SOLIDE AU SERVICE D’UNE MISSION

Formé en Journalisme, Diplomatie, Communication stratégique, et Leadership transformationnel, Amos CINCIR s’est illustré par une carrière journalistique de plus de 15 ans, dont 13 passés au sein du journal Le Nouvelliste, le plus ancien quotidien d’Haïti et de la Caraïbe jusqu’en Janvier 2020 avec plus de 3000 articles de presse à son actif.

Également écrivain engagé, formateur, motivateur spirituel et acteur du changement, il représente une génération d’intellectuels guidés à la fois par la foi, l’action, la conscience sociale et une volonté de transformation profonde.

Son engagement repose sur une parole libre et enracinée, une plume militante, une posture d’intégrité constante. Il œuvre dans les zones négligées, au service des voix silencieuses, avec l’ambition de réveiller les consciences et raviver l’espérance.

40 MISSIONS INTERNATIONALES, 30 PAYS, UNE VISION

Véritable pèlerin du sens et bâtisseur d’unité, Amos CINCIR a effectué près de 40 missions internationales dans 30 pays répartis sur 4 continents et régions du monde. Ces voyages s’inscrivent dans une dynamique de pontification géopolitique, de solidarité internationale et de réveil spirituel.

Il a représenté Haïti ou porté son message sur les terres d’Afrique : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Togo, Tunisie, Ghana, Mali, Maroc, Nigeria, Guinée, Mauritanie, Égypte, République Démocratique du Congo, Éthiopie; De l’Europe : .France, Espagne, Angleterre. De l’Asie et Moyen-Orient : Turquie, Taïwan, Indonésie, Koweït ; De l’Amérique et des Caraïbes: Canada, États-Unis, Cuba, République Dominicaine, Jamaïque, Guadeloupe, Martinique, et Guyane Française.

À travers ces missions, il défend une Haïti prophétique, connectée et réconciliée avec ses racines africaines, tout en promouvant la souveraineté culturelle, le leadership panafricain, et la restauration d’un axe stratégique Haïti-Afrique-Diaspora.

UNE TRAJECTOIRE DE RÉSILIENCE ET D’OBÉISSANCE

Malgré les épreuves, Amos CINCIR n’a jamais fléchi. Chaque chute s’est révélée une élévation. Chaque blessure, une intercession. Chaque combat, une formation. Il symbolise la foi active, la persévérance intelligente et la lucidité spirituelle.

Partout où les fractures sociales persistent, il tente de réconcilier. Là où les jeunes sont oubliés, il forme et élève. Là où la mémoire s’efface, il rappelle l’histoire et ranime la flamme.

*SES COMBATS PORTENT SUR *:

  • la Dignité noire et la souveraineté des peuples ;
  • l’Unité spirituelle des diasporas africaines ;
  • la Participation active de la jeunesse aux enjeux nationaux ;
  • la Valorisation du leadership féminin ;
  • et surtout, la Renaissance d’Haïti en tant que Nation-Prêtre et voix prophétique pour les temps nouveaux.

UNE PRÉSENCE ACTIVE EN AFRIQUE DE L’OUEST

Installé actuellement en Afrique de l’Ouest, Amos CINCIR agit comme Coach en leadership transformationnel, formateur auprès de jeunes vulnérables, facilitateur de dialogues Sud-Sud et acteur du réveil spirituel en terre africaine.

Il n’érige pas des PONTS : il en est un. Il ne rêve pas de LUMIÈRE : il la porte avec gravité et fidélité, au prix du sacrifice personnel, du silence mûr et du service désintéressé.

De CITÉ SOLEIL à Ouagadougou, son parcours traduit une fidélité constante à l’appel divin, loin des projecteurs, mais au plus près des âmes. Il ne cherche ni gloire ni pouvoir, mais la transformation des peuples et des NATIONS.

« Je suis né à CITÉ SOLEIL, mais le SOLEIL en moi n’a jamais été éteint. Je suis l’enfant d’un peuple debout, la voix d’un Royaume sans frontières. »

Amos CINCIR

Haïti : vers la correction des examens du Bac, un lot de 80 copies par correcteur par jour

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Le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a rencontré, ce vendredi 25 juillet 2025, les encadreurs de la Direction Départementale de l’Ouest pour préparer la phase de correction des copies du baccalauréat. Une étape clé du processus, placée sous haute vigilance, avec une charge de travail plafonnée à 80 copies par correcteur.

La phase de correction des examens du baccalauréat est lancée. Le vendredi 25 juillet 2025, le Directeur Général du MENFP, le professeur Yves Roblin, a présidé une rencontre stratégique avec une cinquantaine d’encadreurs de la Direction Départementale d’Éducation de l’Ouest (DDEO), à Delmas. Objectif : réexpliquer les directives et consignes du Protocole de correction, essentiel au bon déroulement de cette opération décisive.

Exigence de rigueur

Assisté du Directeur de l’Enseignement Secondaire, Miguel Fleurijean, du Commissaire Donnky Emmanuel et de Frantz Jean, adjoint à la DDEO, le numéro 2 du MENFP a insisté sur la rigueur exigée à ce stade du processus. « Le respect de cette charte garantit la réussite de cette opération essentielle dans le processus des examens d’État », a martelé Yves Roblin.

Rappelant que la correction succède à la phase critique des épreuves mais précède la phase décisive de la publication des résultats, il a souligné la responsabilité centrale des encadreurs, anciennement appelés présidents de jury. Leur rôle consiste à superviser chaque acteur du dispositif – correcteurs, secrétaires de jury, manutentionnaires – tout en veillant à la sécurité des copies stockées.

Toute distraction est proscrite

Le mot d’ordre : vigilance constante. Toute distraction, qualifiée d’« effet de parasite », est à proscrire.

De son côté, Miguel Fleurijean a appelé à plus de rigueur que les années précédentes. Une discipline accrue permettra de limiter les critiques visant l’organisation des corrections. Il a également valorisé l’importance de la grille de correction, véritable outil d’efficacité et d’équité dans l’évaluation.

Concernant la charge de travail, le ministère a établi un seuil raisonnable : chaque correcteur traitera un maximum de 80 copies par jour. Un rythme qui, selon les autorités, permettra de respecter les délais tout en garantissant la qualité de la correction.

Pour leur part, Donnky Emmanuel et Frantz Jean ont exhorté les encadreurs à optimiser leur temps de travail et à maintenir les standards requis.

Début des corrections dès le lundi 28 juillet

Dans la continuité de cette mobilisation, l’harmonisation de certaines disciplines (Philosophie, SVT, Anglais, Espagnol) est prévue pour le samedi 26 juillet. La correction débutera dès le lundi 28, suivie, le lendemain, par l’harmonisation des autres matières.

La même démarche s’appliquera dans les neuf autres Directions Départementales d’Éducation (DDE), selon un calendrier propre à chacune, mais avec des écarts limités.

Une opération d’envergure nationale est donc en marche, avec la volonté affichée de garantir un processus transparent, rigoureux et dans les délais.

Toutefois, aucun délai n’est prévu pour la fin des corrections et pour la publication des résultats.

La rédaction

Haïti: De l’immobilisme politique

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Paroles en l’air, promesses creuses, dialogues avortés. Depuis plusieurs mois, la gestion politique haïtienne donne l’impression d’un pays figé dans un éternel provisoire. Un peuple en apnée du sommeil, le cœur fébrile et la conscience figée dans une longue aventure de crise.

Rien ne bouge. Ni sur le plan institutionnel, ni dans la configuration des rapports de force entre les acteurs en présence. Toutefois, les urgences s’accumulent: crise humanitaire, insécurité généralisée, effondrement des services publics… Mais sur le front politique, c’est le silence assourdissant, frôlant mépris et indifférence.

«Que cache cette inertie? Et surtout, à quoi faut-il s’attendre demain?»

Une transition sans boussole, aucun espoir à l’horizon

Les parties prenantes ayant conduit à la formation du CPT, censé incarner une sortie de crise, fonctionnent à bas régime. Elles se sentent perdues dans le labyrinthe des intérêts mesquins ou de la corruption. Elles ne se sont pas égarées en chemin, car il semblerait qu’il n’était jamais question de faire une route ou d’atteindre un but.

«Ils ont fait exprès de nous embarquer dans l’après Jovenel la tête baissée, sans fixer d’objectif», dirait-on.

Les récentes tentatives de dialogue, impulsées par la CARICOM au nom de la communauté internationale, tournent en rond. Les acteurs politiques multiplient les déclarations, mais aucun calendrier électoral n’est fixé, aucun consensus structurant n’émerge, aucun programme viable. Pas d’action concrète.

Les présidences se tournent et ne transforment rien

La transition se prolonge, change de chef et d’équipe mais se ressemble en tout point de vue, sans changer de ton. Pire, sans fondement ni engagement, elle semble s’être institutionnalisée dans le vide, sans perspective claire, sans mandat défini par le peuple, projetant la nation vers le précipice.

Le pays est comme en lévitation, sans légitimité électorale ni gouvernance effective. Une véritable apnée politique avec de l’immobilisme comme horizon.

Un pouvoir sans projet, une opposition fictive sans stratégie

Le gouvernement en place, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, peine à imprimer une vision. Certes, l’urgence sécuritaire domine. Mais même sur ce terrain, les signaux sont faibles: les promesses de lutte contre les gangs tardent à se traduire par des avancées concrètes. Le budget de guerre n’arrive pas à se matérialiser pour neutraliser les chefs de gangs criminels.

Pas d’arrestations spectaculaires, les opérations ponctuelles sont bâclées, les pertes de vaillants policiers et de matériels se multiplient, alors que deux institutions clés dans le combat contre la violence armée sont dans un bras de fer, confortant davantage les groupements terroristes.

En face, une opposition politique, fragmentée et discréditée, mais qui attend son tour pour prendre la place sans proposer d’alternative crédible. Elle critique, mais ne construit pas. Elle réclame, mais ne mobilise plus. La rue, autrefois théâtre de revendications populaires, semble fatiguée, vidée de sa capacité de pression; elle est surtout déçue.

L’inconnu: la seule certitude offerte

Que sera demain? La question, aussi légitime qu’elle soit, hante l’esprit de chaque Haïtien. Certains espèrent une percée diplomatique ou un réveil citoyen. D’autres, plus fatalistes, redoutent une aggravation de la crise, une nouvelle vague migratoire, ou pire, un effondrement total de l’État.

Le plus grand danger aujourd’hui, c’est l’habitude. Celle de vivre dans l’anormal, de se contenter du chaos, de ne plus attendre de solution politique, mais seulement une aide d’urgence, un exil ou un miracle.

Haïti ne peut pas éternellement survivre sans boussole ni destination. La société civile, les secteurs économiques, les intellectuels, les jeunes doivent refuser cette anesthésie collective. L’immobilisme politique n’est pas une fatalité. Il peut; il doit; être rompu par l’urgente nécessité d’un réveil.

La question n’est plus seulement: de savoir quoi demain sera fait ? Mais plutôt: qui aura le courage d’en changer le cours?

Jean Mapou

Éventuelle déportation des présumés assassins de Jovenel Moïse: Joverlein exprime son désaccord

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WASHINGTON.— Dans une lettre ouverte datée du 23 juillet 2025, Joverlein Moïse, fils de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse assassiné en juillet 2021, s’adresse aux autorités américaines pour exprimer fermement son opposition à l’extradition vers Haïti de plusieurs individus actuellement détenus aux États-Unis, et qu’il considère comme directement impliqués dans l’assassinat de son père. Il s’est notamment adressé au secrétaire d’État américain Marco Rubio.

En effet, Joverlein Moïse expose son manque total de confiance dans le système judiciaire haïtien, gangrené, selon lui, par la corruption, l’impunité et la domination persistante d’oligarques puissants.

Joverlein Moïse insiste sur le fait que ces élites économiques et politiques, qu’il accuse de financer des réseaux criminels et d’alimenter l’instabilité du pays, ont joué un rôle actif dans la planification et l’exécution de l’assassinat du président Moïse, son père.

«L’influence de ces groupes rend impossible la tenue d’un procès équitable en Haïti», a affirmé Moïse dans cette lettre, regrettant que ni la police, ni les tribunaux, ni les établissements pénitentiaires ne sont en état de fonctionnement convenable.

Décrivant un pays en pleine déliquescence institutionnelle, il met en garde les autorités américaines contre les conséquences d’un transfert qui ne ferait que servir les intérêts des criminels.

Il plaide clairement pour que ces accusés soient jugés dans un système judiciaire qui puisse garantir un minimum de crédibilité et d’indépendance. Dans cette optique, il qualifie d’irresponsable toute décision visant à les remettre aux autorités haïtiennes actuelles, soulignant que cela irait à l’encontre des principes démocratiques et humanitaires auxquels les États-Unis prétendent adhérer.

Par cet appel solennel, Joverlein Moïse espère éveiller les consciences internationales et alerter sur la gravité de la situation, au moment où la quête de justice pour son père semble se heurter aux limites d’un État affaibli et miné par des complicités internes.

Jean Mapou

Maitre André Michel crie sa colère sur X : « Arrêtez de faire de la politique avec le cadavre de Jovenel Moïse »

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Sur sa page X, Maitre André Michel dénonce avec véhémence l’utilisation politique de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Dans un message cinglant, il martèle : « Sispann fè Politik ak Kadav Jovenel Moïse. Rat kay ki manje pay kay. »

Selon lui, les véritables assassins étaient dans l’entourage immédiat de Jovenel : « Asasen yo te nan do Jovenel, asasen yo te bò kote Jovenel. » Il rejette l’idée que des déclarations publiques, comme les siennes, auraient pu entraîner le crime : « Se pa Deklarasyon André Michel yo ki touye Jovenel. »

Il interpelle également des personnalités sensibles du dossier : « Poukisa Martine Moïse, Léon Charles, Dimitri Herard kache pou Lajistis ?»

Dans cette métaphore saisissante, les accusés deviennent des « bann je chéch ! bann asasen !», un appel brutal à la justice face à ceux qui refusent de répondre.

Ce post vibrant traduit la frustration d’un chef de file de l’opposition, qui voit dans le silence des autorités un abandon de la quête de vérité. Il reflète aussi la colère d’une partie de la société haïtienne, lasse des manipulations politiques et des entraves récurrentes à l’enquête sur l’un des crimes les plus marquants de l’histoire du pays.

Le Relief Inter

Normil Rameau à la tête de la PNH : l’illustration d’un leadership absent face à l’embrasement sécuritaire

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Alors que la République sombre dans une spirale de violence incontrôlée, la Police Nationale d’Haïti (PNH), censée incarner l’autorité de l’État et assurer la protection des citoyens, demeure impuissante, désorganisée et visiblement dépassée. Face à la montée en puissance des gangs, à l’occupation de zones entières du territoire national, et à la terreur quotidienne imposée à la population, le leadership de Normil Rameau à la tête de la PNH s’est illustré par l’inaction, le manque de vision et l’échec total d’une stratégie de reconquête sécuritaire. Ce bilan est, fort malheureusement, caractérisé par des échecs marquants, une absence de leadership criante et une passivité déconcertante devant l’embrasement sécuritaire du pays.

Une incapacité à définir une vision sécuritaire claire

Diriger une institution comme la PNH, surtout en temps de crise, exige une vision claire, une doctrine d’intervention structurée, des priorités opérationnelles précises, et une mobilisation cohérente des moyens humains et logistiques. Pourtant, sous la direction de Rameau Normil, la police haïtienne a opéré sans ligne directrice visible, oscillant entre improvisation et attentisme.

Les interventions policières se sont multipliées sans stratégie globale de désarmement ni logique de stabilisation des zones sensibles. Ce vide stratégique a permis aux groupes criminels de gagner du terrain sans réelle opposition, laissant la population sans protection et les policiers eux-mêmes sans boussole.

Une passivité inquiétante face aux gangs armés

L’un des éléments les plus accablants de la gestion de Rameau Normil demeure sa passivité face à la montée fulgurante des gangs, qui ont progressivement pris le contrôle de quartiers entiers, bloqué des axes routiers, attaqué des infrastructures publiques et semé la terreur à travers le pays.

Plutôt que de lancer des opérations soutenues, coordonnées et appuyées par une stratégie de renseignement, la PNH est restée en retrait, se contentant de réponses ponctuelles, inefficaces et non suivies d’actions durables. Dans bien des cas, les policiers ont été contraints d’abandonner leurs postes, livrant les zones concernées aux bandits armés. Rameau Normil n’a pas su – ou pas voulu – faire preuve de la fermeté requise pour faire face à cette menace croissante.

Une gestion interne défaillante et démotivante

Un autre aspect alarmant de son mandat réside dans la mauvaise gestion des ressources humaines et matérielles de la police. Les policiers ont été envoyés sur le terrain sans équipements adaptés, mal rémunérés, sans soutien psychologique, ni assurance digne de ce nom.

Cette négligence institutionnelle a conduit à une démobilisation massive au sein des troupes : nombreux sont les agents qui ont déserté, fui le pays, ou simplement refusé d’intervenir dans certaines zones. Aucune réforme structurelle n’a été mise en place pour valoriser le métier de policier, moderniser les équipements ou renforcer la capacité opérationnelle de la PNH. Cette inertie a gravement affaibli l’efficacité de l’institution dans la lutte contre la criminalité.

Un déficit de communication et de redevabilité flagrant

Dans toute démocratie, les responsables de la sécurité doivent s’adresser régulièrement à la nation, expliquer leurs choix, informer la population des risques et des mesures prises pour y faire face. À ce titre, le mutisme de Normil Rameau est l’un des signes les plus manifestes de son manque de leadership. Celui-ci préfère déléguer plutôt que d’assumer son rôle de Chef.

Face à des massacres, des enlèvements, des fuites de commissariats, ou des attaques sur des quartiers entiers, le Directeur Général n’a pratiquement jamais communiqué. Aucun rapport public, aucun point de presse sérieux, aucun plan présenté ni défendu. Ce silence institutionnel a contribué à détériorer la confiance entre la population et la PNH.

Conséquences : un pays sous coupe réglée, une police délégitimée

Sous la direction de Rameau Normil, la Police Nationale d’Haïti a perdu du terrain, de la légitimité et de la crédibilité. Les gangs armés contrôlent aujourd’hui des points stratégiques de la capitale et des zones rurales. Des milliers de familles ont été déplacées, des centaines de civils tués, des entreprises fermées, et l’économie nationale asphyxiée par les blocages et les rançons.

Cette situation n’est pas simplement le fruit d’un déficit de moyens ou de personnel. Elle est le résultat d’une absence de commandement, d’un vide stratégique au sommet de la police nationale, et d’une démission politique face à l’urgence sécuritaire.

Changer d’orientation, refonder la doctrine sécuritaire

Le passage de Normil Rameau à la tête de la PNH restera dans les mémoires comme l’un des épisodes les plus sombres du commandement policier haïtien. À l’heure où le pays avait besoin d’un leadership ferme, visionnaire et engagé, il a offert une gestion passive, confuse et inefficace.

S’il est vrai que face à un bilan aussi catastrophique, la nécessité d’un changement à la tête de l’institution policière se fait sentir, il faut avouer qu’un changement d’individu, seul, ne suffit pas. Haïti a besoin d’une refondation complète de sa doctrine sécuritaire, d’une réforme profonde de la PNH et d’un engagement politique clair en faveur de l’ordre public.

L’échec de Rameau Normil ne doit pas être occulté ni minimisé : il illustre jusqu’où peut mener l’absence de leadership dans un contexte de crise nationale.

Le Relief Inter

Haïti envoie 150 militaires en formation stratégique au Mexique

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Dans un contexte de crise sécuritaire aiguë, 150 militaires haïtiens, dont 15 femmes, ont quitté le pays ce jeudi 24 juillet 2025 à destination du Mexique, où ils suivront une formation de trois mois. Cette initiative s’inscrit dans un vaste plan de reconstruction des Forces Armées d’Haïti.

Port-au-Prince, 24 juillet 2025 –
Alors que l’insécurité continue de ravager plusieurs zones du pays, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans l’Artibonite, le gouvernement haïtien accélère sa stratégie de redressement militaire. Ce jeudi en après-midi, 150 recrues des Forces Armées d’Haïti (FAD’H), dont 15 femmes, ont été officiellement envoyées au Mexique pour suivre une formation militaire stratégique de trois mois.

Le Premier ministre Didier Fils-Aimé, accompagné du président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, du ministre de la Défense Jean-Michel Moïse et d’autres hauts cadres de l’État, a pris part à la cérémonie de départ organisée à l’aéroport international Toussaint Louverture.

Dans un contexte marqué par la montée en puissance des gangs armés, des attaques fréquentes contre les forces de l’ordre, et des déplacements massifs de populations, ce départ symbolise une étape majeure dans les efforts de relance et de réorganisation des FAD’H.

Un geste fort dans un moment critique

« Ce départ marque un jalon historique dans la reconstruction de nos forces de défense », a déclaré le Premier ministre, rappelant que cette initiative s’inscrit dans une feuille de route plus large : renforcer les capacités institutionnelles, rétablir la sécurité publique, organiser des élections crédibles, et réaffirmer la souveraineté nationale.

Le programme de coopération militaire avec le Mexique prévoit la formation de 700 soldats haïtiens. Il témoigne, selon la Primature, de la solidité des relations diplomatiques entre les deux pays. L’émissaire mexicain Carlos Imanol Reyes, présent à la cérémonie, a réitéré l’engagement du gouvernement mexicain à accompagner Haïti dans ses efforts de stabilisation.

Un pays fragilisé, des institutions sous pression

Ces derniers mois, la Police nationale d’Haïti (PNH), seule force active sur le terrain, est largement dépassée par l’ampleur des violences armées. Malgré quelques opérations coordonnées récemment saluées, comme celle menée à Kenscoff, les gangs armés continuent de semer la terreur dans plusieurs communes, attaquant même des commissariats et des convois sécurisés.

Le retour progressif des Forces Armées d’Haïti, dissoutes en 1995 puis relancées timidement en 2017, est perçu comme un levier indispensable pour appuyer la PNH et rétablir l’autorité de l’État sur tout le territoire. Cette formation au Mexique intervient donc dans un moment critique, où la population, prise entre violence et précarité, attend des réponses concrètes.

Une réforme qui se veut durable

Pour les autorités de transition, ce programme de formation incarne l’action d’un État responsable et tourné vers l’avenir. Il vise non seulement à doter le pays de forces de défense professionnelles, mais aussi à reconstruire la confiance entre les institutions et la population.

« Ensemble, nous bâtissons une Haïti en paix, forte de ses valeurs et fidèle à sa vocation républicaine », a déclaré le Premier ministre, soulignant l’importance de l’unité nationale et du soutien du Conseil Présidentiel dans cette phase décisive.

Le processus de réforme sécuritaire est désormais lancé. Et pour beaucoup, il représente une étincelle d’espoir dans une Haïti qui cherche, encore et toujours, à se relever.

La rédaction

La Concertation nationale propose une transition institutionnelle et alternative

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En conférence de presse le Jeudi 24 Juillet 2025, le mouvement politique Concertation nationale pour une gouvernance responsable propose une transition institutionnelle et alternative face à la crise sécuritaire et politique qui secoue le pays depuis un bon nombre de temps.

En effet, cette transition, selon son coordonnateur général, Deus Desronettes, aura à poser 6 actions:

  • présenter au pays un organe présidentiel composé d’un membre de la cour de cassation, de l’OPC et de la cour supérieure du pouvoir judiciaire. Cet organe, précise, M Desronettes, sera presidé par le représentant de la cour de cassation.
  • création d’un observatoire pour accompagner l’organe présidentiel dans l’accomplissement de ses travaux. Cette structure se composera d’un membre de la classe politique, de la société civile.
    Elle choisira un premier ministre, qui devrait être un rassembleur, un citoyen compétent, capable de réunir tout le monde autour d’une seule table.

Cette transition institutionnelle devra adopter un pacte national pour le dialogue, adopter un projet national de développement et organiser des élections sur tout le territoire national.

La concertation nationale invite tous à s’embarquer dans ce projet, car, constate-t-il, le conseil présidentiel de transition a échoué et ne pourra jamais se ressaisir.

Il faut souligner que la concertation nationale pour une gouvernance responsable n’est pas la seule structure politique qui présente des propositions à la société face à la crise. Par exemple, l’opposition plurielle et l’initiative du 24, toutes proposent la cour de cassation comme un président en remplacement du conseil présidentiel de transition.

Parallèlement, la CARICOM a déjà engagé, depuis le mois dernier, des négociations avec les parties prenantes de l’accord du 3 Avril. L’objectif, trouver la meilleure formule pour résoudre la crise que connaît Haïti.

Gédéon Delva