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« Le compas » : plus qu’un simple genre musical, un marqueur fort de l’identité haïtienne

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De nombreuses activités ont été organisées ce samedi 26 juillet pour célébrer les 70 ans de la création du compas direct, rythme national haïtien. Soirées d’hommage, conférences-débats sur divers thèmes, remises de plaques d’honneur en Haïti, au Canada et aux États-Unis : les célébrations ont été multiples et symboliques. Le point d’orgue de cette commémoration a été un méga concert sur la place Boyer, marquant également la relance de l’initiative visant à faire inscrire le compas au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

70 ans d’histoire et de rythme

Ce 26 juillet 2025 a marqué le 70e anniversaire de la naissance du compas direct, ce genre musical inventé par Nemours Jean-Baptiste en 1955. Pour beaucoup, le compas n’est pas simplement une musique de divertissement : c’est un outil de construction identitaire, de résistance culturelle, et un langage musical de dialogue avec le monde, dans un contexte de mondialisation des expressions artistiques.

Un programme riche pour une célébration nationale et diasporique

De nombreuses activités ont marqué cette célébration. En Haïti, au Canada et aux États-Unis, conférences-débats, soirées d’hommage et prestations artistiques ont rassemblé mélomanes et professionnels du secteur musical.

Le samedi 26 juillet, la place Boyer à Pétion-Ville a été transformée en un véritable sanctuaire de la musique haïtienne, à l’initiative des ministères du Tourisme et de la Culture, en collaboration avec le groupe Handz. Des milliers de fans se sont réunis dans une ambiance d’émotion, de nostalgie et de fierté, au rythme d’une musique fédératrice.

Le dimanche 27 juillet, une soirée d’hommage à Nemours Jean-Baptiste s’est tenue dans un hôtel de Pétion-Ville. Plusieurs artistes et groupes musicaux ont rendu hommage au pionnier du compas, et une plaque d’honneur lui a été décernée à titre posthume.

Rappel historique

C’est sur la place Sainte-Anne à Port-au-Prince que, pour la première fois, Nemours Jean-Baptiste fit entendre ce nouveau son. Il n’avait aucun doute : le public allait danser. Et il avait raison. Le Compas Direct était né.

Dans les années 1970, ce mouvement a explosé. Des dizaines de groupes voient le jour, certains éphémères, d’autres devenus historiques. Nemours formait des jeunes, leur ouvrait la scène, parfois au prix de conflits. Tous, cependant, ont contribué à faire vivre et évoluer le rythme.

Le compas est aujourd’hui au cœur du patrimoine culturel immatériel d’Haïti. Il constitue une expression authentique de l’identité haïtienne, profondément ancrée dans l’histoire, les pratiques sociales et les habitudes d’écoute du peuple.

Selon Dauphin (2014), le compas désigne un style particulier de méringue qui illustre une dimension concrète de la typologie culturelle haïtienne. Plus qu’un genre musical, il est un marqueur fort de notre identité collective.

Vers la reconnaissance internationale du compas

Déjà inscrit depuis 2019 au registre national du patrimoine culturel immatériel haïtien, le compas fait aujourd’hui l’objet d’un processus de reconnaissance mondiale. Le 26 mars 2024, l’État haïtien, via sa délégation permanente auprès de l’UNESCO, a officiellement soumis la candidature du compas pour son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Mais cette musique emblématique souffre d’un manque criant de soutien public. En l’absence de politiques culturelles cohérentes, le compas se trouve fragilisé, confronté à une invasion massive de musiques étrangères sur le marché haïtien, dans un contexte d’absence de régulation effective par les institutions concernées, en particulier le ministère de la Culture et de la Communication.

Aujourd’hui encore, il n’existe ni musée, ni bibliothèque, ni archives nationales dédiées à la conservation de l’histoire du compas. Il devient donc urgent d’agir pour protéger, valoriser et renouveler ce patrimoine vivant, pilier de notre mémoire collective et symbole de notre souveraineté culturelle.

Évolution et diversité du compas

Selon Jean-Pierre, dans les années 1960, la musique compas a traversé quatre grandes phases :
1. Le compas direct de Nemours Jean-Baptiste,
2. La cadence rampas de Webert Sicot,
3. L’émergence des mini-jazz avec des groupes comme Shleu-Shleu,
4. L’évolution des mini-jazz avec des groupes comme Les Fantaisistes de Carrefour et Les Ambassadeurs.

À côté du compas traditionnel, plusieurs styles dérivés ont enrichi ce genre musical :
• Compas Manba (Coupé Cloué),
• Compas Kè Kal (Bossa Combo),
• Compas Matchavèl (Système Band),
• Compas Hounsi (Tropicana).

Il faut aussi mentionner le siwèl, rythme des coupeurs de canne revenus de Cuba, joué avec guitare ou banjo, maracas (ou tchatcha), manoumba, caisse en bois, accordéon, flûte et cymbale (Hancy, 2024).

Par Gédéon Delva

28 juillet 1915–28 juillet 2025: 110 ans d’ingérence, pour quels résultats?

PORT-AU-PRINCE.— Cent dix ans après le débarquement des troupes américaines, la question de l’ingérence étrangère en Haïti demeure un sujet brûlant, à la fois historique, politique et existentiel. De l’occupation militaire de 1915 à 1934 aux missions onusiennes ou bilatérales, pendant la période contemporaine, Haïti reste marquée par une dépendance politique et sécuritaire sans précédent.

Mais après plus d’un siècle de tutelle directe ou déguisée, il est temps de poser la question qui fâche: QUELS EN SONT LES RESULTATS ?

Une indépendance confisquée depuis le débarquement de 1915

Lorsque les yankees ont foulé le sol haïtien en 1915, sous prétexte de protéger les intérêts américains et d’assurer la stabilité, cela faisait déjà plus d’un siècle qu’Haïti avait conquis son indépendance. Mais cette indépendance, jalousée, punie, contenue, n’aura jamais été totalement respectée par les grandes puissances.

A cette époque les États-Unis avaient imposé une nouvelle Constitution en 1918, rétablissant le droit à la propriété foncière pour les étrangers, et prennent le contrôle des finances publiques jusqu’en… 1947.

L’État haïtien, en tant qu’appareil souverain, est, depuis, vidé de sa substance. Et aujourd’hui c’est un pays paupérisé, dépouillé de ses ressources humaines: soit par la fuite des cerveaux ou par la corruption des cadres de l’État. Plus d’un siècle de pillage systématique.

De l’occupation militaire à l’occupation diplomatique, un cheval de Troie dans l’établissement haïtien

Certes, les marines ont quitté le territoire en 1934, mais jamais l’ombre de l’ingérence ne s’est vraiment dissipée. Elle a simplement changé de visage: aides conditionnées, diktats budgétaires, supervision électorale, interventions humanitaires militarisées… bref, ils ont implanté leur cheval de Troie en plein cœur de l’administration haïtienne.

La MINUSTAH, arrivée en 2004 et restée jusqu’en 2017, est l’un des symboles les plus récents de cette dépendance. Elle a laissé derrière elle un goût amer, mêlé de scandales (viols, batards, choléra, immunité diplomatique) et d’échecs patents sur le plan de la sécurité.

Aujourd’hui encore, c’est au Conseil de sécurité de l’ONU et à Washington que se décident les grandes lignes de ce qu’on appelle «transition politique» en Haïti. C’est à eux encore de décider des besoins de sécurité, de changement de Constitution, d’élections etc…

Une économie de tutelle, une démocratie sous perfusion

Malgré l’injection de milliards de dollars depuis 1990 (plus de 13 milliards selon certaines estimations), le pays reste embourbé dans la pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’effondrement institutionnel. Les projets dits de développement ont souvent été conçus en dehors des réalités locales, au service d’intérêts privés ou géopolitiques étrangers. L’État haïtien a été fragilisé, délégitimé, contourné.

La société civile, quant à elle, peine à émerger face à une diplomatie étrangère omniprésente qui choisit ses interlocuteurs, finance ses alliés et marginalise les voix réellement ancrées dans les dynamiques populaires.

Une responsabilité partagée, mais un déséquilibre criant

Il est tout aussi crucial, incapacité à construire un État fonctionnel. Mais cette faillite locale ne peut servir d’excuse à la politique du «pompier pyromane» que pratiquent certaines puissances. Car trop souvent, les mêmes qui dénoncent la faiblesse de l’État haïtien ont contribué à le fragiliser, le détruire ou à l’instrumentaliser.

L’haïtien a toujours souffert d’une leucophobie si étrange qu’il aimerait ressembler à son oppresseur. «Nap bay li jan blan an mande l la»… ainsi l’haïtien est prêt à donner ce qu’il ne possède pas pour satisfaire le blanc dans tous les domaines de la vie de son pays.

Vers quelle souveraineté réelle?

En 2024, Haïti, sous contrainte internationale encore une fois, a accueilli une nouvelle mission multinationale de sécurité dirigée par le Kenya. Cela marque-t-il le début d’un nouveau cycle d’assistance ou la poursuite d’une logique d’occupation déguisée? Pour de nombreux Haïtiens, la réponse est déjà connue.

Cent dix ans après 1915, Haïti a-t-elle vraiment récupéré sa souveraineté? Ou bien la reproduit-elle sous une forme mutilée, tolérée, conditionnelle? La réponse serait tellement blessante qu’on n’aimerait pas l’entendre par peur de remuer le couteau dans la plaie ou par manque de courage pour affronter nos propres démons.

Rompre avec la dépendance et repenser les alliances

À l’heure où le pays cherche désespérément une issue à sa crise multidimensionnelle, une chose devient évidente: aucune solution durable ne viendra d’une intervention extérieure, en dehors d’un consentement national validant un rêve haïtien. L’ingérence n’a pas construit un État, elle l’a affaibli. Elle n’a pas guéri la nation, elle l’a fractionnée.

Le salut ne viendra que d’une refondation endogène, ancrée dans les forces vives locales, appuyée mais non dictée de l’extérieur. Haïti n’a pas besoin de tuteurs, mais de partenaires. Et surtout, elle a besoin qu’on la laisse respirer, vivre sa vie, penser son avenir selon son histoire, tracer son trajectoire, suivre sa voie et surtout se développer dans la dignité humaine et participer pleinement dans la dynamique mondiale.

Jean Mapou

Candidature à la Présidence d’André Michel : Quelles sont ses véritables intentions ?

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L’avocat militant et porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire (SDP), Me André Michel, a officiellement annoncé, ce dimanche, sa candidature à la présidence de la République d’Haïti. Une déclaration qui n’a pas manqué de provoquer une vague de réactions dans l’espace public, notamment en raison de son timing particulier : cette annonce intervient alors que son visa américain a été révoqué ce weekend, au moment même où il s’apprêtait à voyager à l’étranger. Un événement qui jette une ombre sur ses ambitions et soulève de nouvelles interrogations quant à ses réelles motivations.

Un opposant devenu acteur du pouvoir

Connu pour sa virulente opposition au feu président Jovenel Moïse, André Michel s’était imposé comme une figure radicale du mouvement anti-gouvernemental. Il dénonçait sans relâche la corruption, l’impunité et les dérives autoritaires du pouvoir de l’époque. Cependant, son image d’opposant intransigeant s’est progressivement dégradée après sa participation à l’accord du 11 septembre 2021, qui l’a rapproché du gouvernement d’Ariel Henry. Ce décision, jugé par beaucoup comme une compromission, a transformé sa posture politique et alimenté une perception de trahison chez certains de ses anciens alliés.

Un projet présidentiel encore flou

Dans sa déclaration, Me Michel affirme vouloir porter une présidence de « rupture démocratique » et de « réformes profondes ». « Je porterai un projet politique axé sur la sécurité, le développement économique et Social, la souveraineté Nationale. L’élimination des gangs armés est ma première priorité! Nou pa nan Dyalòg ak Gang! », déclare l’ancien opposant farouche aux deux pouvoirs Tet Kale.

Ces quelques éléments de programme devront être détaillés encore plus. Toutefois, son slogan « pas de négociation avec les gangs », est clair. Face à la gravité de la crise haïtienne, il faudra bien plus pour éradiquer les terroristes. Des sujets cruciaux comme la gouvernance ou la relance économique, la refondation nationale et la justice sociale intègreront certainement le programme du futur candidat André Michel qui sera à sa troisième campagne électorale.

La révocation du visa américain : un tournant décisif

La révélation de la révocation de son visa américain, intervenue ce weekend alors qu’il s’apprêtait à voyager à l’étranger, ajoute une dimension délicate à son annonce. Si les autorités américaines n’ont pas, officiellement, communiqué sur les raisons de cette décision, elle intervient dans un contexte régional de durcissement vis-à-vis de certaines figures politiques haïtiennes soupçonnées de collusion avec des réseaux corrompus ou de mauvaise gouvernance.

Pour plusieurs observateurs, cette mesure soulève des doutes sur la probité et la crédibilité de Me Michel à l’international. « Il devient difficile de dissocier cette annonce de candidature d’un acte de repli stratégique, face à un isolement diplomatique grandissant », un journaliste de la place.

D’autres y voient un calcul politique : en se positionnant comme candidat à la présidence juste après cette sanction diplomatique, Me Michel chercherait à restaurer une légitimité nationale et à mobiliser un narratif de victimisation politique. Cela pourrait lui permettre de rallier une base populaire encore méfiante à son égard, tout en forçant certains acteurs internationaux à reconsidérer leur position.

Une perception publique de plus en plus critique

Dans l’opinion publique, les réactions restent partagées. Certains de ses partisans voient en lui un homme de combat injustement ciblé, un patriote prêt à affronter les puissances étrangères pour défendre la souveraineté nationale. Mais pour d’autres, cette situation confirme un malaise plus profond : André Michel aurait franchi la ligne entre militantisme sincère et ambition personnelle.

Une candidature symptomatique d’un système en crise

La candidature d’André Michel, avec ses zones d’ombre et ses revirements, incarne à bien des égards les travers d’un système politique en perte de repères. Loin de représenter une rupture claire avec le passé, elle illustre plutôt la difficulté du pays à faire émerger de nouveaux leaders crédibles, indépendants, et porteurs d’une vision renouvelée.

L’entrée en lice de Me André Michel pour les prochaines présidentielles pourrait difficilement être plus controversée. Son passé d’opposant, son implication dans l’appareil gouvernemental sous Ariel Henry, et la révocation récente de son visa américain dressent un portrait complexe d’un homme à la croisée des chemins.

Sa candidature est-elle un véritable projet de transformation ou une stratégie de survie politique dans un contexte d’isolement croissant ? La réponse dépendra autant de ses prochaines actions que de la capacité du peuple haïtien à exiger de la clarté, de la transparence et un véritable changement de cap.

Par Gesly J. Sinvilier

MANIFESTATION À PORT-AU-PRINCE : DES CENTAINES DE FEMMES ONT MARCHÉ CONTRE L’INSÉCURITÉ

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À l’initiative de REFEHMAPAMM (Regroupement des Femmes Haïtiennes Marche pour la Paix), une manifestation pacifique s’est déroulée le dimanche 27 juillet dans le quartier de Canapé Vert, au centre-ville.

Tenue dans le but de dénoncer le comportement irresponsable des autorités face à la recrudescence de l’insécurité dans la région métropolitaine, où 90% des territoires sont contrôlés par des groupes terroristes, et également dans diverses régions du pays, cette organisation exprime à travers cette initiative son mécontentement. Elle déplore également que des policiers et de nombreux membres de la population civile soient victimes quotidiennement des gangs armés.

Au cours de cette manifestation, qui s’est déroulée sans aucun incident, les responsables de ladite organisation ont lancé un vibrant appel aux acteurs concernés afin d’engager un dialogue sur la situation sociopolitique du pays, dans le but de trouver des réponses appropriées et d’apporter une solution réelle à la crise.

Jacques Innocent

11ème Décennie de l’occupation américaine d’Haïti ( 28 juillet 1915 – 28 juillet 2025):

Le Mouvement Point Final prône l’Unité et la Réconciliation nationales pour défaire le Projet du Président américain , Francklin D. Roosevelt pour résoudre la Crise haïtienne.

 » Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer les uns les autres , c’est la seule façon pour nous d’avoir la prédominance continue sur ce pays de nègre qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de noirs d’Amérique ».

C’est à partir de cette déclaration du futur président américain , Francklin Delanor Roosevelt qui pilotait le projet de l’occupation américaine d’Haïti de 1915 pour compact de cette occupation sur la crise haïtienne.

Par la suite, Francolin Delanoë Roosevelt allait déclarer en pleine campagne électorale dans les présidentielles américaines que c’est lui qui a rédigé de ses propres mains la Constitution haïtienne 1918 pour mieux asseoir l’occupation américaine et exploiter profondément l’économie haïtienne.

Après la désoccupation américaine d’Haïti, ils ont mis en place une Gendarmerie nationale qui allait transformer en Forces armées d’Haïti comme outil pour déstabiliser constamment le pays. Et, effectivement , de 1934 à nos jours , c’est près d’une vingtaine de Coups d’État , une trentaine de massacres et des milliers des cas d’assassinats dans le pays.

Donc, la crise haïtienne actuelle et l’insécurité sont un projet des Gouvernements américains pour exterminer le peuple haïtien à partir de l’occupation américaine 1915.

A noter qu’ on a tué 200 000 paysans haïtiens dans le programme de Corvées pour cultiver gratuitement la terre au profit des occupants et des compagnies américaines, dont Mc Donald’s.
300 000 paysans haïtiens ont dû laisser le pays pour se rendre dans des îles de la Caraïbe et en République Dominicaine.

Les occupants américains ont défrichées plus de 850 000 hectares de terre arabe pour produire des pitres , du Sisal et du Caoutchouc au détriment de la production agricole nationale.

Les Marines américaines ont volé les réserves d’or de la République d’Haïti . Les occupants américains ont contrôlé toutes les sources de revenue du pays, par exemple la douane, la DGI , etc….

3 ans après le départ des occupants américains sur le sol d’Haïti, soit en 1937, le Gouvernement dominicain a massacré près de 35 000 paysans haïtiens sur les frontières de Ouanaminthe en présence des commerçants et des industriels américains.

A partir des années 1946, le Président haïtien , Dumarsais Estimé a instauré le plus grand programme de développement durable en Haïti après la deuxième guerre mondiale dans le cadre de la Commémoration du Bicentenaire de la Fondation de Port-au-Prince. Le Gouvernement américain a chassé celui-ci au pouvoir au profit d’un militaire haïtien, Paul Eugène Magloire.

En 1957, le Gouvernement américain a supporté la Dictature rétrograde de François Duvalier contre des progressistes haïtiens.

En 1991, le Gouvernement américain a supporté un Coup d’Etat militaire contre la jeune démocratie en Haïti.( 1er Coup d’Etat contre Jean Bertrand Aristide ).

En 2004, pour boycotter la célébration du Bicentenaire de l’indépendance d’Haïti , les États Unis et le Core group ont financé un mouvement du secteur privé des affaires du groupe 184 et un rébellion pour chavirer le pouvoir en place en février 2004 ( 2ème Coup d’Etat contre Jean Bertrand Aristide) et l’envoi d’une Force étrangère dans le pays, la MINUSTHA.

En 2010, le pays est ravagé par un terrible tremblement de terre de magnitude 7.2 qui a fait près de 300 000 morts et 1,5 millions de déplacés dans le pays. D’ailleurs, jusqu’à présent, il est bruit que c’était un séisme provoqué par l’essai d’une arme de destruction massive du Gouvernement américain et c’est cette arme que 15 ans plus tard , les américains ont utilisé pour détruire la base nucléaire de l’Iran dans la guerre Irano-Israëllienne de 2025.

De 2010 à 2015, l’ancien Président américain , Bill Clinton à la tête de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti ( CIRH) Post Séisme 2010, a détourné environ $ 11,9 milliards us.

En 2011, le Gouvernement américain de Barack Obama et la Famille Clinton ont mis en place un Président défroqué en Haïti par des élections frauduleuses, Michel Martelly pour mieux exploiter les ressources du pays.

7 juillet 2021, une Compagnie américaine de sécurité basée en Floride ( CTU) a planifié et assassiné un Président haïtien en fonction , Jovenel Moïse en sa résidence privée par des mercenaires Colombiens, américains et haïtiens.

De 2021 à 2025, le Gouvernement américain supporte des Gouvernements haïtiens anti Peuples et tolère des Gangs armés du groupe des terroristes Viv Ansanm qui sèment la terreur dans le pays depuis plusieurs années et qui déstabilisent totalement Haïti pour concrétiser le Projet américain implanté par le président
Francklin D. Roosevelt qui a dit que  » il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer les uns les autres , c’est la seule façon pour nous d’avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes . Ce qui est un mauvais exemple pour les noirs d’Amérique.

Donc, 110 ans aprés l’occupation américaine, Haïti se retrouve dévastée et déstabilisée totalement, en cette circonstance , le Mouvement Prône l’Unité et la Réconciliation nationales pour défaire le Projet américain pour résoudre la crise haïtienne et mettre le pays sur les rails de développement durable en commençant par le chambardement des colons nègres qui constituent le CPT pour mettre en place une nouvelle transition patriotique et responsable pour libérer le pays du joug des Gangs armés et de l’Occident 110 ans après l’occupation américaine 1915.

Ulysse Jean Chenet
Coordonnateur Général du Mouvement Point Final
(509) 4183 9811/ 4458 0309

Opinion Par Wilfrid Joseph

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Et si le 28 juillet 1915, marqua le début l’impérialisme américain en Haïti ?

La première république noire (Haïti) et la première république indépendante des Amériques (les États-Unis, 1776) entretiennent des liens complexes marqués par l’histoire coloniale et les luttes pour l’indépendance.

Lors de la guerre d’indépendance américaine (1775-1783), Haïti n’était pas encore une nation indépendante, mais une colonie française connue sous le nom de Saint-Domingue, la plus riche des colonies des Antilles. Dans le contexte des rivalités impériales, la France, souhaitant affaiblir son vieil ennemi britannique après sa défaite dans la guerre de Sept Ans (1756-1763), décida de soutenir les insurgés américains.

Le roi Louis XVI apporta un appui militaire et financier aux treize colonies révoltées. Parmi les forces envoyées se trouvaient non seulement des officiers français de renom tels que le marquis de La Fayette, mais également des contingents levés dans les colonies, dont plusieurs centaines de soldats noirs et mulâtres de Saint-Domingue. Ces hommes, parfois appelés « les volontaires de Saint-Domingue », participèrent notamment à la bataille de Savannah (1779), l’un des affrontements majeurs dans le sud des États-Unis.

Parmi ces soldats figuraient des hommes qui deviendront plus tard des acteurs clés de la révolution haïtienne : Henri Christophe, futur roi d’Haïti, Jean-Baptiste Belley, premier député noir à siéger en France, ou encore Jean-François Biassou, un des premiers chefs de la révolte des esclaves en 1791. L’expérience militaire acquise sur les champs de bataille américains, ainsi que les idées de liberté circulant dans l’Atlantique à cette époque, nourriront leur conscience politique et leur aspiration à l’émancipation.

Après la proclamation de son indépendance le 1er janvier 1804, Haïti, première république noire au monde, est perçue comme une menace par les États-Unis.

En effet, l’ancienne colonie britannique pratiquait encore l’esclavage, particulièrement dans les États du Sud, dont l’économie dépendait du travail des esclaves. La réussite de la révolution haïtienne, qui mit fin à l’esclavage et proclama l’égalité des anciens esclaves, suscitait la crainte d’une contagion révolutionnaire parmi les esclaves afro-américains. De ce fait, les États-Unis adoptèrent une position hostile à l’égard de la jeune république noire.

Ce rejet s’est manifesté par le refus de reconnaître officiellement l’indépendance haïtienne pendant plusieurs décennies. Haïti fut également exclue du Congrès de Panama en 1826, organisé par le libertador Simón Bolívar sous l’impulsion de la Grande Colombie, pour renforcer les liens entre les jeunes républiques d’Amérique. Bien que Bolívar ait bénéficié d’un soutien décisif d’Haïti (notamment du président Alexandre Pétion), les États-Unis refusèrent d’y siéger si Haïti était invitée, exerçant ainsi une pression diplomatique discriminatoire.

Ce n’est qu’à la suite de la guerre de Sécession (1861-1865), marquée par l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, que le président Abraham Lincoln reconnut officiellement l’indépendance d’Haïti en 1862, sous la présidence de Fabre Nicolas Geffrard. Cette reconnaissance tardive marque un tournant, mais n’élimine pas pour autant l’ingérence américaine.

Sous l’égide de la doctrine Monroe proclamée en 1823 (« l’Amérique aux Américains »), les États-Unis renforcèrent progressivement leur influence en Amérique latine et dans la Caraïbe. Haïti n’échappa pas à cette dynamique : en 1910, dans un contexte de pression financière et politique, des marines américains s’emparèrent de la réserve d’or de la Banque nationale d’Haïti, qu’ils transférèrent à New York, préfigurant l’occupation américaine de 1915 à 1934.

Le 27 juillet 1915, le président haïtien Vilbrun Guillaume Sam est lynché par une foule en colère devant la légation française à Port-au-Prince. Son assassinat brutal survient après qu’il ait fait exécuter 167 prisonniers politiques, principalement des opposants issus de l’élite mulâtre. Cette crise politique offre aux États-Unis un prétexte pour intervenir militairement dans le pays.

Le lendemain, le 28 juillet 1915, les Marines américains débarquent à Bizoton, affirmant vouloir protéger les vies et les intérêts étrangers présents en Haïti. En réalité, cette intervention s’inscrit dans une stratégie géopolitique plus large des États-Unis dans la région, à la lumière de la doctrine Monroe (1823) et du corollaire Roosevelt (1904), visant à établir un contrôle sur les Caraïbes.

Cette occupation dure 19 ans, de 1915 à 1934, et place Haïti sous une tutelle de facto américaine. Même si plusieurs présidents se succèdent au pouvoir, notamment avec l’aval ou l’imposition de Washington, le pays perd une large part de sa souveraineté. L’administration américaine prend le contrôle des finances, de la police, de la douane, et même des travaux publics.

Cependant, l’occupation américaine ne se déroule pas sans résistance. Elle suscite un vif mouvement de contestation nationaliste, incarné par plusieurs figures illustres, dont :

Charlemagne Péralte,Benoît Batraville,
Louis Borno.

Parmi les abus les plus marquants de l’occupation figure l’affaire de Marchaterre, où des paysans furent massacrés alors qu’ils manifestaient contre une loi de travail forcé jugée inique et humiliante, qui rappelait les pratiques coloniales. Ce type de répression illustre les violations des droits humains et le mépris de la souveraineté nationale par les forces d’occupation.

L’année 1934 marque officiellement la fin de l’occupation militaire américaine en Haïti. Cependant, si les troupes quittent le territoire, l’influence des États-Unis sur l’administration haïtienne demeure profondément enracinée. Le contrôle indirect exercé sur les finances, les institutions publiques et les orientations politiques du pays reste fort, illustrant une forme d’occupation administrative et structurelle.

Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), Haïti, bien que modeste sur le plan militaire, soutient les Alliés, en particulier les États-Unis, en leur offrant un appui diplomatique, économique (café, sisal, etc.) et logistique. Cette coopération s’inscrit dans une logique de loyauté diplomatique et de positionnement stratégique dans les Caraïbes.

Par la suite, au cours de la Guerre froide (1947-1991), une nouvelle dynamique s’installe. Ce conflit idéologique oppose le capitalisme, porté par les États-Unis, au marxisme-léninisme défendu par l’URSS. Craignant la propagation du communisme en Amérique latine et dans les Caraïbes notamment après la révolution cubaine de 1959.
Dans ce contexte, Washington soutient des régimes autoritaires qui se disent « anticommunistes », même lorsqu’ils sont férocement répressifs. C’est ainsi que les États-Unis apportent un soutien diplomatique, financier et militaire à la dictature des Duvalier en Haïti.

À la fin de la Guerre froide, les États-Unis imposent la démocratie représentative comme nouvelle norme universelle, en particulier dans les pays du Sud, y compris en Haïti. Dans ce contexte, sous la pression internationale et des revendications populaires internes, les premières élections véritablement libres et démocratiques sont organisées en Haïti le 16 décembre 1990.

Ces élections consacrent la victoire écrasante de Jean-Bertrand Aristide, prêtre catholique et ancien militant de la théologie de la libération, porté par une base populaire issue principalement des quartiers défavorisés et des mouvements de la société civile. Il est investi officiellement le 7 février 1991.

Cependant, son projet politique de justice sociale, de lutte contre la corruption et d’indépendance économique dérange profondément certaines élites locales, ainsi que les intérêts stratégiques et économiques des États-Unis. Après seulement sept mois au pouvoir, le 30 septembre 1991, Jean-Bertrand Aristide est renversé par un coup d’État militaire, dirigé par le général Raoul Cédras, avec la complicité tacite voire le soutien actif de secteurs de l’appareil américain, notamment la CIA qui avait des liens avec plusieurs officiers de la junte.

Face à l’indignation internationale et à la pression populaire haïtienne, une série de négociations diplomatiques s’engage, sous l’égide de l’ONU, de l’OEA, mais aussi grâce à la médiation décisive de l’ancien président américain Jimmy Carter. Un embargo économique sévère est imposé à Haïti, fragilisant davantage la population, mais contraignant finalement la junte à céder.

En 1994, les militaires acceptent de remettre le pouvoir. En échange, les États-Unis conditionnent le retour de Jean-Bertrand Aristide à l’application d’un programme économique néolibéral dicté par les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale), et inspiré par l’école de Chicago.

Ce programme implique notamment :

La privatisation de plusieurs entreprises publiques stratégiques, dont :

La Cimenterie d’Haïti

La Hasco (Haitian American Sugar Company)

L’Aciérie d’Haïti

La Téléco (Télécommunications d’Haïti)

La réduction du rôle de l’État dans l’économie,

L’ouverture des marchés, souvent au détriment des producteurs locaux, notamment agricoles.

Ces réformes, imposées sous le couvert de la démocratie et du développement, ont souvent abouti à un appauvrissement massif, un affaiblissement de la souveraineté économique, et un renforcement de la dépendance extérieure.

Les relations américano-haïtiennes ont été, dans l’ensemble, profondément néfastes pour le développement et la souveraineté d’Haïti. Dans la jungle des relations interétatiques, les faibles sont souvent dévorés par les puissants, selon la logique crue mais réaliste des rapports de force. Comme le disait si justement le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro :

« Nous sommes si loin de Dieu, et si près du Diable. »

PNH : Changement à la tête de la Direction Départementale de l’Artibonite

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La Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a procédé à un changement à la tête de la Direction Départementale de l’Artibonite, à la suite d’une série de mobilisations menées par des organisations de la société civile et des notables de la région.

Environ 72 heures après une manifestation organisée aux Gonaïves pour dénoncer le Directeur départemental sortant, Caleb Exantus, le Commissaire divisionnaire Jean Frenel Beauvoir a été nommé et installé à ce poste. L’ancien directeur est accusé d’entretenir des liens présumés avec des groupes armés opérant dans la région.

La nomination du Commissaire Jean Frenel Beauvoir intervient dans un contexte particulièrement tendu, où plusieurs groupes armés cherchent à prendre le contrôle de communes stratégiques dans le département, dans le but d’y imposer leur loi.

Dans ce climat d’insécurité généralisée, le nouveau directeur départemental devra s’atteler à enrayer la spirale de violence, restaurer l’autorité de l’État et regagner la confiance de la population.

Jacques Innocent

Identité Nationale

Fondée le 17 février 2025, Identité Nationale est une organisation sociale et culturelle engagée dans la valorisation de l’identité haïtienne. Elle se donne pour mission de collaborer avec tous les secteurs organisés qui croient en la richesse et la force de l’identité nationale.

L’objectif principal de Identité Nationale est de faire connaître au peuple ses droits et ses devoirs à travers des actions d’information et de formation de qualité, accessibles à tous les niveaux. L’organisation mettra en œuvre un vaste programme d’éducation civique, notamment par le biais d’une émission intitulée « Identité Nationale », diffusée sur Radio Télé Uni 102.7 FM et sur la chaîne 6. Ces formations seront également dispensées dans tous les espaces de rassemblement : cours, champs, quartiers, sections communales, écoles, églises, péristyles, etc.

À travers son programme et ses initiatives, Identité Nationale contribuera à mieux faire comprendre au peuple le rôle de l’État haïtien, sa philosophie, son idéologie, ainsi que le fonctionnement de ses institutions. Elle s’engage également à recueillir les revendications des différents secteurs de la vie nationale et à les porter à la connaissance des autorités compétentes, afin de les inciter à apporter des réponses concrètes.

Identité Nationale défend et promeut les valeurs fondamentales du peuple haïtien : valeurs patrimoniales, historiques, culturelles, économiques, ainsi que les fondements de notre civilisation. Pour mener à bien sa mission, l’organisation est structurée en huit commissions :

Commission des archives

Commission de la culture

Commission des droits et devoirs

Commission d’histoire et de géographie

Commission de l’agriculture et de la transformation

Commission technique et des télécommunications

Commission de l’économie et des finances

L’organisation soutiendra également les petites, moyennes et grandes entreprises, engagées dans la production locale, quel que soit leur domaine d’activité. Elle contribuera à faire connaître leur histoire, leur évolution, ainsi que la qualité des produits et services qu’elles proposent.

Le travail qui nous attend est vaste et exigeant. Mais nous croyons fermement en l’union fait la force. Unissons-nous, au nom de nos ancêtres, pour poursuivre l’œuvre qu’ils ont entamée. Car un peuple qui renie son identité est un peuple condamné à disparaître.

Si nous voulons résoudre les grandes crises de la société haïtienne contemporaine, nous devons d’abord affronter la crise de l’identité. Identité Nationale en est consciente et entend jouer pleinement son rôle dans cette reconstruction. Tous ceux qui se reconnaissent comme de véritables Haïtiens ont intérêt à s’unir pour renforcer notre identité collective.

Nous ne devons pas rater cette opportunité. Nous sommes en 2025. En 2054, nous célèbrerons les 250 ans de l’indépendance. Identité Nationale travaille dès aujourd’hui pour que cette célébration se fasse dans la paix, la dignité et la joie. Mais si nous n’agissons pas maintenant pour résoudre notre crise identitaire, il est à craindre qu’en 2054, la civilisation haïtienne soit en voie de disparition.

Nous lançons un appel à toutes les organisations, institutions et personnalités qui partagent notre vision : rassemblons-nous pour accomplir cette grande tâche. Car, comme dit le proverbe haïtien : « Yon sèl dwèt pa manje kalalou. » C’est ensemble, dans l’unité, que nous réussirons.

L’identité d’une nation est son âme. La production nationale est la force et la priorité d’Identité Nationale. Si nous ne cherchons pas à affirmer notre identité en tant que nation, nous perdrons notre dignité en tant que peuple.

Sandy Figaro
Responsable des relations publiques

Haïti compte un nouveau parti politique

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«Parti Fòs Chanjman Nasyonal (FCN) », est le nom d’un nouveau parti politique qui a pris naissance dont le lancement officiellement a eu
le samedi 26 juillet à Pétion-Ville. Auguste D’Meza et Jean Junior Rémy sont respectivement Président et Secrétaire général. Son slogan: « Nouka alèz Lakay Nou. »

Des grandes figures politiques et de la société civile ont pris part à la cérémonie inaugurale qui s’est tenue dans un hôtel à Petion Ville. Si l’on veut croire les responsables,
ce nouveau parti entend se positionner comme « une force de rupture avec la politique traditionnelle en Haïti ».

Dans son intervention de circonstance, le secrétaire général du parti, Jean Junior Rémy, a axé sur la nécessité de rompre avec les pratiques politiciennes anciennes. Il a dénoncé l’échec successif des pouvoirs en Haïti et appelle, du coup, tous à se mobiliser.

Pour sa part, dans allocution, Auguste D’Meza , président du parti, a fustigé ce qu’il appelle la « politique-spectacle », pratiquée par les élites haïtiennes. « Non à la politique de spectacle ! », a-t-il déclaré D’Meza.

Tout au long des interventions, les membres ont exprimé leur désir de rompre avec la logique des partis traditionnels souvent créés autour d’ambitions personnelles. Le FCN se veut porteur d’ « un projet collectif, structuré, ancré dans les réalités du pays et ouvert à sa diaspora. »

Parallèlement, Auguste D’Meza a dénoncé les dérives du Conseil présidentiel de transition (CPT), soulignant l’aggravation de l’insécurité, la montée du kidnapping, et la paralysie de l’État qui, pour lui, dépasse les indicateurs rouges.

Créé en décembre 2024, FCN compte de nombreux leaders très connus de la place. Maggie Petit Maître, responsable des ressources humaines, Dr Jean Marc Dargout, responsable des questions de santé, Ady Timmer, membre de la coordination de la diaspora à Miami. Ralph Morisseau (Montréal), Myc Cooper Michel (département de l’Ouest) et Gardy Forge, secrétaire général adjoint.

Gedeon Delva

« Il est encore temps d’éviter l’irréparable » : les évêques catholiques s’alarment de la crise haïtienne et interpellent sur l’avant-projet de Constitution de 2025

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Dans une déclaration rendue publique le 23 juillet dernier, la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH) se prononce fermement sur la situation sécuritaire du pays et l’Avant-projet de Constitution. Tout en saluant certaines avancées, les évêques dénoncent la déchéance morale et institutionnelle de la nation, et appellent à un sursaut de conscience collective.

« Alors que notre pays sombre chaque jour davantage dans un chaos généralisé », les évêques catholiques d’Haïti estiment qu’il est devenu urgent d’élever une parole prophétique. Dans une déclaration datée du 23 juillet 2025 et signée par l’ensemble des membres de la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH), ils dressent un constat alarmant de l’effondrement de l’État et appellent à un réveil spirituel, social et politique.

Sous le titre « Position de la CEH sur la crise sécuritaire du pays et l’Avant-projet de Constitution de 2025 », le texte mêle gravité et espoir. Les évêques dénoncent d’emblée l’écroulement des institutions, la fuite de la population, la banalisation de la vie humaine, la terreur imposée par les bandes armées, et la profanation des lieux sacrés.

« Ces agressions ne détruisent pas seulement des pierres ou des objets ; elles frappent le cœur vivant de notre peuple, sa conscience morale, sa capacité à espérer », écrivent-ils, condamnant les violences comme le signe d’un peuple « qui perd le sens de Dieu et, avec lui, le sens de l’homme ».

Une critique nuancée de l’Avant-projet de Constitution

La CEH se penche également sur le processus constitutionnel en cours. Les évêques reconnaissent plusieurs avancées dans l’Avant-projet de Constitution de 2025 :

Une volonté claire de moderniser l’État et de rationaliser la gouvernance ;

Une ouverture vers la reconnaissance des droits de la diaspora, des femmes et des jeunes ;

Une meilleure reconnaissance des droits sociaux fondamentaux (éducation, santé, logement, sécurité) ;

Des mécanismes en faveur de la transparence et de la lutte contre la corruption.

Mais au-delà de ces apports, la CEH dénonce de « sérieuses limites à ne pas ignorer » :

Un processus non inclusif, sans véritable débat citoyen, ni Assemblée constituante élue ;

Une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président ;

Un risque de fragmentation nationale par l’introduction d’un modèle fédéral ;

Des droits sociaux sans mécanismes de recours efficaces ;

Un modèle de gouvernance trop complexe pour un pays aux ressources limitées.

+Une Constitution, oui… mais pas sans le peuple*

Les évêques rappellent avec force que « la Constitution d’un pays est plus qu’un texte juridique : c’est un pacte social ». Ils rejettent toute initiative unilatérale, sans consensus, et insistent sur la nécessité d’un véritable dialogue national ancré dans la mémoire historique, les réalités sociales et la culture du peuple haïtien.

« Le renouveau de la Nation ne viendra pas d’un texte, aussi bien rédigé soit-il, s’il n’est porté par une conscience collective éveillée et renouvelée », peut-on lire.

Ils appellent à résister « à la résignation, à la vengeance et à l’anarchie », et exhortent tous les Haïtiens de bonne volonté à œuvrer pour une reconstruction morale et institutionnelle du pays.

Un appel à la paix, à la justice et à la vérité

Dans les derniers paragraphes, le ton devient plus pastoral et fraternel : « À vous tous, Sœurs et Frères Haïtiens, nous disons qu’il est encore temps d’éviter l’irréparable. Mais chaque jour de silence, d’hésitation ou de duplicité est un jour de trop. Trop de sang a coulé. Trop de familles sont détruites. Trop de jeunes ont perdu espoir. »

La CEH termine en confiant la nation à Dieu par l’intercession de Notre-Dame du Perpétuel Secours :
« Qu’Il touche les cœurs endurcis, relève les humiliés, bénisse les artisans de paix, et accorde à notre peuple les grâces de la conversion, de la paix et du relèvement. »

Dans un pays à bout de souffle, où la violence défie chaque jour un peu plus l’humanité, la Conférence Épiscopale d’Haïti fait entendre une voix singulière, à la fois ferme et fraternelle. Loin des discours partisans, elle appelle à la lucidité, à la responsabilité collective et à une refondation véritable, enracinée dans la dignité, la vérité et la paix.

Reste à savoir si cet appel, porté avec foi et compassion, saura trouver écho au sein d’une société profondément blessée, mais pas encore résignée.

La rédaction