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Un chef de la PNH à la hauteur de l’heure …

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Fait-il peur ? Ou pourrait-il, par sa seule présence, dévier l’ordre des choses fixé dans un agenda secret, exécuté dans l’ombre par des groupes armés …?

La question mérite d’être posée, car au-delà des rumeurs, le nouveau chef de la Police Nationale d’Haïti présente un profil rare : celui d’un homme forgé dans l’action, aguerri par des années de combat au service de la sécurité publique.

Son nom est associé à des interventions de haut risque et à des opérations qui ont marqué l’histoire récente de la PNH. Depuis son passage à la tête de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), il s’est illustré lors des opérations “Bagdad” aux côtés du regretté Carlo Lochard, alors Directeur Départemental de l’Ouest, sans oublier la coordination avec les unités du CIMO.
Par la suite, son leadership s’est affirmé à la DDO, puis à travers l’instauration de la BOID, unité d’élite pensée pour répondre avec rapidité et efficacité aux menaces urbaines. Son rôle en première ligne, notamment pour défendre l’honneur et le symbole du Palais National en tant que Coordonnateur, témoigne d’un engagement sans faille et d’un savoir-faire de combattant aguerri.

Il est temps de mettre fin à cette hypocrisie, à cette haine injustifiée envers ceux qui s’offrent en holocauste pour offrir au peuple haïtien un brin de sécurité.

C’est une vieille habitude! Nous critiquons, nous marginalisons et, parfois, nous trahissons ceux qui se battent pour nous.
Nous l’avons fait avec notre diaspora : son aide est bienvenue, mais on lui refuse souvent une place parmi les décideurs et les bâtisseurs de l’avenir. Aujourd’hui, nous semblons vouloir reproduire ce schéma avec l’un des nôtres, un officier qui a consacré sa vie à la patrie et à l’institution policière.

Personne ne prêche ni ne tolère l’impunité. Ce qui compte, ce sont les faits. Et les faits sont clairs. Cet homme a assumé, pendant des années, la direction d’opérations complexes, pris des risques inouïs, et engrangé des résultats tangibles dans la lutte contre la criminalité.
Faut-il rappeler qu’au sein du haut commandement de la PNH, rares sont ceux qui peuvent se prévaloir d’un tel bilan de terrain ?

Une question pour l’avenir immédiat

La question est simple, mais lourde de sens : à la gravité de l’heure, cet homme compte-t-il parmi ceux sur qui l’on peut réellement compter ? Et si oui, pourquoi vouloir l’écarter ou le discréditer, alors que le pays s’enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent ?

L’histoire jugera. Mais pour l’instant, le peuple haïtien a besoin d’hommes d’action, pas de boucs émissaires.

Auteur inconnu

André Jonas Vladimir Paraison : un vétéran de la PNH face à l’épreuve de la direction générale

La première décision prise par Laurent St Cyr, en tant que président du Conseil national de Transition, c’est la révocation de Rameau Normil comme directeur général de la police nationale. Son remplacement par André Jonas Vladimir Paraison inaugure une nouvelle ère pour la PNH. Le Relief dessine le portrait du nouveau directeur général de la force de police d’Haiti.

La nomination, le 8 août 2025, d’André Jonas Vladimir Paraison au poste de Directeur général par intérim de la Police nationale d’Haïti (PNH) intervient dans un contexte de crise sécuritaire aiguë. Le Conseil présidentiel de transition, sous la coordination de Laurent Saint-Cyr, a écarté Rameau Normil pour confier les rênes de l’institution à ce haut gradé réputé pour sa proximité avec le terrain et son expérience opérationnelle.

Un long parcours dans les rangs de la PNH

Originaire de Jacmel, Paraison est entré à la PNH dès ses premières promotions et a occupé plusieurs postes stratégiques. Il a été commissaire responsable de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), Directeur départemental du Nord à Cap-Haïtien où il a supervisé la création d’une brigade à vélo en 2014, et coordonnateur du système de sécurité du Palais national sous la présidence de Jovenel Moïse.
Sous la présidence de Michel Martelly, il a été l’un des principaux artisans de la création de la BOID (Brigade d’Opération et d’Intervention Départementale), unité d’intervention rapide.

Plus récemment, il a pris l’initiative de mettre sur pied l’UTAG (Unité Tactique Anti-Gang), destinée à lutter plus efficacement contre les groupes armés. Dans les coulisses, le Premier ministre Didier Fils Aimé lui a aussi confié la direction d’une Task Force chargée de développer de nouvelles approches opérationnelles pour combattre les gangs.

Son parcours est également marqué par une expérience internationale : il a fréquenté l’école militaire en Équateur et au Chili, et a suivi de nombreuses formations spécialisées aux États-Unis. Sur le terrain, il a été blessé à la jambe lors d’une opération contre des gangs armés. Ce qui, dans l’opinion, a renforcé son image de commandant exposé aux mêmes dangers que ses hommes.

Polémiques et zones d’ombre

La carrière de Paraison n’a pas été exempte de controverses. En 2018, alors qu’il dirigeait la sécurité du Palais national, un mandat d’arrêt a été émis contre lui dans le cadre d’une enquête pour trafic d’armes liée à des faits présumés remontant à 2016. Cette affaire, qui l’a conduit à démissionner de son poste, a finalement été classée sans suite en mai 2019 faute de preuves suffisantes.

Pour ses détracteurs, cet épisode reste une ombre sur son parcours ; pour ses soutiens, il illustre plutôt les rivalités et luttes de pouvoir qui traversent la PNH et le milieu politique.

Une opinion publique partagée

L’arrivée de Paraison à la tête de la PNH suscite des réactions contrastées. Ses soutiens le présentent comme un professionnel aguerri, capable de “changer la peur de camp” comme il l’a affirmé lors de son discours d’investiture. Ils voient dans sa connaissance du terrain, son passé opérationnel, ses innovations tactiques (BOID, UTAG) et sa formation internationale des atouts pour reprendre l’initiative face aux gangs armés. Tandis que ses critiques craignent que ses liens passés avec certains cercles politiques ne limitent son indépendance et nuisent à l’assainissement de l’institution.

Cette nomination intervient dans un climat où la PNH est largement perçue comme impuissante à protéger la population contre l’emprise croissante des gangs armés. Ce qui alimente le scepticisme général.

Des attentes immenses et une mission à haut risque

Les défis qui attendent Paraison sont considérables. Dans un pays où de larges portions du territoire échappent au contrôle de l’État, il devra :

  • Reprendre le terrain perdu face aux gangs armés ;
  • Restaurer la confiance entre la population et la PNH ;
  • Renforcer la discipline et la formation interne ;
  • Moderniser les moyens logistiques et de renseignement ;
  • Assurer la coordination avec les partenaires internationaux dans le cadre d’un appui sécuritaire extérieur.

Dès son entrée en fonction, il a appelé à la mobilisation de tous les policiers — actifs ou retraités — ainsi qu’à la collaboration des anciens dirigeants de la PNH, des médias et de la société civile, estimant que la victoire sur l’insécurité devra être collective.

Entre espoir et défi

Pour beaucoup, André Jonas Vladimir Paraison incarne un profil rare : un homme de terrain ayant payé le prix du sang, un créateur d’unités spécialisées, et un cadre supérieur rompu aux responsabilités stratégiques. Son mandat commence sous le signe de l’urgence et d’une pression populaire intense.

La question demeure : saura-t-il convertir son expérience et sa réputation en résultats tangibles, ou sera-t-il rattrapé par les mêmes obstacles qui ont freiné ses prédécesseurs ? Dans un pays lassé par les promesses non tenues, son succès ou son échec pourrait peser lourd dans l’avenir de la sécurité nationale.

Par Gesly Sinvilier

Suicide tragique d’un séminariste à Pétion-Ville

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PÉTION-VILLE.— La communauté catholique haïtienne est en deuil après la mort tragique de l’abbé Boursiquot Rodny, séminariste de l’archidiocèse de Port-au-Prince, survenue samedi 9 août 2025 dans l’enceinte de l’église Saint-Pierre, à Pétion-Ville.

Selon une source proche de l’Église catholique romaine en Haïti, le jeune homme de 26 ans aurait mis fin à ses jours en se jetant dans le vide après être passé par une fenêtre. Les circonstances exactes de ce geste demeurent floues, mais la nouvelle a bouleversé tant le clergé que les fidèles.

Boursiquot Rodny avait déjà achevé le cycle de philosophie au Grand Séminaire Notre-Dame. Décrit comme un étudiant sérieux et engagé dans sa vocation, il représentait un espoir pour le renouvellement du clergé haïtien. Sa disparition laisse un vide profond au sein de l’archidiocèse et dans sa famille.

La mort du séminariste a suscité une vive émotion parmi ses confrères, ses formateurs et les paroissiens qui le côtoyaient. Plusieurs messages de condoléances circulent déjà sur les réseaux sociaux, appelant à prier pour le repos de son âme et pour le réconfort de ses proches.

Si les raisons de ce geste désespéré ne sont pas encore établies, ce drame relance le débat sur la santé mentale au sein des communautés religieuses et sur la nécessité d’un accompagnement psychologique adapté. Des voix s’élèvent pour que l’Église et la société haïtienne accordent une plus grande attention aux signaux de détresse, en particulier chez les jeunes en formation.

Jean Mapou

Haïti : le Pape Léon XIV lance un appel urgent à la communauté internationale

Lors de la prière de l’Angélus ce dimanche, le Pape Léon XIV a exprimé sa « profonde tristesse » face à la situation dramatique en Haïti, dénonçant la montée de la violence, des enlèvements, de la traite d’êtres humains et des déplacements forcés qui accablent la population.

Le Souverain Pontife a condamné fermement ces crimes et a lancé un appel pressant aux responsables pour la libération immédiate de tous les otages. Il a également exhorté la communauté internationale à fournir un soutien concret visant à rétablir des conditions sociales et institutionnelles stables, afin de permettre au peuple haïtien de vivre dans la paix et la dignité.

Un climat de violence alarmant

Les paroles du Pape interviennent dans un contexte de détérioration continue de la situation sécuritaire. La semaine dernière, un groupe armé a attaqué l’orphelinat Sainte-Hélène à Kenscoff, kidnappant des responsables, des membres du personnel et un enfant handicapé de trois ans. Cet acte, jugé particulièrement odieux, a été dénoncé par l’Église catholique en Haïti comme une attaque contre « les aspects les plus nobles de la société ».

Face à cette spirale de violences, les évêques haïtiens ont lancé un appel vibrant à rejeter « le climat de déshumanisation », à renforcer la justice et à mettre fin à l’impunité.

Des efforts de stabilisation insuffisants

Malgré le déploiement depuis juin 2024 de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) — dirigée par le Kenya avec la participation de plusieurs pays de la Caraïbe et d’Afrique — la situation reste précaire. Les forces de sécurité haïtiennes, appuyées par cette mission, peinent à reprendre le contrôle des zones dominées par les groupes armés.

En janvier 2025, le président du Conseil présidentiel de transition, Leslie Voltaire, avait déjà mis en garde contre les conséquences désastreuses d’une réduction de l’aide internationale, insistant sur la nécessité d’une mobilisation globale et saluant le soutien moral du Vatican.

Un cri d’alarme qui engage le monde

L’appel du Pape Léon XIV ne se limite pas à un simple message spirituel : il s’agit d’une interpellation directe aux gouvernements, organisations internationales et acteurs humanitaires. L’objectif est clair: créer les conditions d’un retour à la paix, à la stabilité institutionnelle et au respect des droits humains en Haïti.

En associant la voix morale de l’Église catholique à l’urgence humanitaire, le Saint-Père rappelle que la crise haïtienne ne peut plus être perçue comme un problème isolé, mais comme une épreuve collective pour la conscience mondiale.

Par Gesly Sinvilier

TRANSITIONS POLITIQUES EN HAITI: LE POISON LENT DE LA RÉPUBLIQUE

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

Haïti, depuis son indépendance jusqu’à aujourd’hui semble condamnée à revivre un même scénario : l’ascension éphémère de gouvernements dits « de transition », censés libérer la République, mais qui finissent par l’enfoncer un peu plus dans le chaos. Plus d’une cinquantaine de ces régimes connus sous diverses appelations( gouvernement provisoire, gouvernement collégial, conseil exécutif de gouvernement, conseil national de gouvernement,conseil présidentiel de transition,etc.) ont jalonné notre histoire, et chacun a laissé derrière lui un pays plus faible, plus divisé, plus vulnérable.

Sous couvert de préparer des élections ou de restaurer l’ordre, ces pouvoirs éphémères se transforment souvent en véritables machines à dilapider les ressources publiques. Directeurs autonomes, Ministres, conseillers, présidents provisoires ou membres de conseils de transition profitent de leur bref passage pour s’enrichir rapidement, comme si l’État n’était qu’un guichet de fortunes instantanées. Ce pillage organisé se fait au détriment des services publics, de l’éducation, de la santé et de l’avenir des générations futures.

Pendant ce temps, l’économie s’asphyxie. Les investissements s’effondrent, les emplois disparaissent, et des contrats louches se signent dans l’ombre, engageant le pays dans des dettes et des accords défavorables pour des décennies. Les puissances étrangères, elles, observent, interviennent, et manipulent. Sous prétexte d’« aider » ou de « stabiliser » la situation, elles imposent leur agenda, dictent des politiques économiques et sécuritaires taillées sur mesure pour leurs intérêts, et s’assurent qu’Haïti reste sous tutelle informelle.

La vérité est brutale : chaque transition ratée est une victoire pour les prédateurs internes et externes, et une défaite pour la nation. Tant que nous accepterons que la gouvernance provisoire soit un permis de piller, tant que nous tolérerons l’absence de comptes à rendre, nous resterons prisonniers d’un cycle d’instabilité qui ne profite qu’à une minorité.

Il est temps de rompre avec cette culture de l’éphémère. Haïti ne se relèvera pas en multipliant les transitions improvisées, mais en bâtissant des institutions solides, respectées et respectables, capables de résister aux ambitions personnelles et aux ingérences étrangères. Sans cela, chaque nouveau gouvernement provisoire ne sera qu’un autre pas vers l’abîme.

Pierre Josué Agénor Cadet

L’Organisation GRANAC

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Nous constatons une nouvelle ère dans la politique haïtienne avec la nomination de M. Vladimir Paraison comme nouveau Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

GRANAC prend acte de ce changement et exprime l’espoir que notre pays pourra retrouver la paix et la sécurité sous la gouvernance de ce nouveau Directeur. Toutefois, l’Organisation GRANAC ne donne pas un chèque en blanc. Cela signifie que le Directeur Général de la PNH ne doit pas agir à sa guise, mais s’attaquer avec détermination et efficacité au fléau de l’insécurité. Dans ce sens, nous exigeons que le nouveau DG place son action exclusivement au service du peuple haïtien.

GRANAC souhaite un nouveau départ avec le nouveau Coordonnateur du CTP, M. Laurent Saint-Cir, et le nouveau Directeur Général de la Police Nationale. Nous leur adressons nos vœux de bienvenue et de succès dans leurs fonctions, tout en réaffirmant notre vigilance et notre détermination à dénoncer toute dérive, et à rester fermement attachés aux revendications légitimes de la population.

Josué Blaise:
Porte-Parole Nationale GRANAC

Publication du calendrier scolaire sur fonds d’arriérés de salaire, des enseignants appellent le ministre à intervenir

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Tout un ensemble de mesures est sur le point d’être mis en œuvre pour le lancement officiel de la rentrée des classes, prévue le 1er octobre prochain.

Le ministère s’active à répondre aux revendications des enseignants

À travers cette décision, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) estime disposer du temps nécessaire pour finaliser plusieurs chantiers en cours, étroitement liés à la réforme curriculaire. Parmi ces priorités figurent : la distribution du Livre unique, le renforcement des cantines scolaires, la consolidation de quatre nouvelles matières pour les classes fondamentales, l’amélioration de la gestion des lycées et écoles nationales, ainsi que la finalisation du recensement des établissements scolaires.

Parallèlement à la correction des examens officiels pour l’année académique 2024-2025, le MENFP devra également prendre en compte les revendications des syndicats d’enseignants et réévaluer ses relations avec les différents partenaires sociaux.

Des locaux occupés par des déplacés

Des responsables syndicaux estiment que le ministère et les autorités compétentes devraient œuvrer à la réinstallation des écoles publiques situées dans des zones sous contrôle de groupes armés.

Selon plusieurs leaders syndicaux, dont Fedner Confident (ASPAED) et Léo Litholu (Union des parents d’élèves), le MENFP doit rester à l’écoute des parents et de l’ensemble des acteurs œuvrant dans le secteur éducatif.

Parmi les recommandations formulées figurent : le paiement des arriérés de salaires, la mise en place d’un programme d’assistance pour les parents déplacés, la distribution de matériels didactiques, ainsi que la nomination des enseignants devant être intégrés définitivement dans le système. Ces mesures, selon eux, sont essentielles pour faciliter la réouverture des classes et assurer le succès de la nouvelle année académique.

Le calendrier scolaire publié par le MENFP a d’ailleurs suscité de nombreuses réactions à travers le pays, notamment dans le département du Sud-Est, où certains établissements publics situés dans les sections communales restent négligés.

Le dossier des nominations…

Réagissant à la publication du calendrier pour l’année académique 2025-2026, le professeur Charles Pierre Brisson, directeur par intérim de l’École nationale complète de Haut Ravine Normande, a lancé un appel pressant aux responsables du MENFP.

En attente d’être nommé officiellement, il indique que sur un total de 23 enseignants dans son établissement, seulement deux disposent d’une nomination dans le système.

Cette situation, selon lui, devrait interpeller les autorités éducatives. Le professeur Brisson exhorte le MENFP à régulariser le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaires et à procéder à la nomination des enseignants concernés, lesquels menacent de boycotter la rentrée scolaire dans cette localité reculée du Sud-Est.

186 jours de classe pour l’année scolaire

La rentrée des classes pour l’année académique 2025-2026 est fixée au 1er octobre, selon un communiqué rendu public par le MENFP le 7 août dernier.

D’après le calendrier officiel, l’année scolaire comptera 186 jours de classe, soit environ :
• 844 heures pour le préscolaire
• 930 heures pour le fondamental
• 1 116 heures pour le secondaire.

Jacques Innocent

Haïti – Économie : La BRH passe au crible des données économiques et financières (2010-2024)

La Banque de la République d’Haïti (BRH) vient de publier son 7e Cahier de Recherche. Un document de 120 pages qui explore, à travers quatre études empiriques, les liens complexes entre la masse monétaire, les gains de change des banques, l’octroi de crédit et la santé économique du pays. L’institution se penche sur la période 2010-2024 pour analyser les dynamiques qui façonnent l’économie nationale : croissance monétaire et activité économique, déterminants des gains de change, causes des prêts improductifs et efficacité de la politique monétaire.

Dans cette publication parvenue à notre rédaction, la BRH souligne que ses travaux s’inscrivent dans une démarche scientifique et dans son rôle de garant de la stabilité financière. Le document puise notamment ses fondements dans les travaux de Kaminsky et Reinhart sur les crises bancaires et monétaires, tout en s’inspirant de la crise asiatique de 1997 pour nourrir la réflexion macroprudentielle.

Croissance monétaire et activité économique : un lien limité

La première étude vérifie si la croissance des indicateurs monétaires correspond à l’évolution de l’activité économique en Haïti. Les résultats révèlent l’absence de lien statistique probant entre les variables monétaires et l’indicateur conjoncturel de l’activité économique (ICAE) pour la période 2018-2024. En revanche, les impulsions monétaires influencent l’inflation (Indice des prix à la consommation). La BRH en conclut à une dichotomie entre sphère réelle et sphère monétaire dans le contexte haïtien.

Gains de change : quels déterminants ?

La seconde étude analyse les facteurs qui influencent la part des gains de change dans les revenus bancaires entre 2015 et 2024. Les résultats mettent en lumière l’influence notable de l’inflation et de l’activité économique sur les gains de change, l’impact majeur des mesures réglementaires introduites fin 2020 sur le marché des changes, ainsi qu’une dépendance marquée aux gains de change dans les banques à capitaux étrangers, notamment Citibank. Contrairement aux idées reçues, la recherche ne confirme pas que les revenus de change entraînent nécessairement une désintermédiation financière.

Prêts improductifs : des causes multiples

La troisième étude (1996-2023) identifie plusieurs facteurs influençant la qualité des portefeuilles bancaires. L’inflation dégrade la capacité de remboursement, tandis que la croissance monétaire et la rentabilité bancaire améliorent la qualité des prêts. Le taux de change a un effet ambigu : négatif à court terme, mais positif à long terme grâce à l’adaptation progressive des acteurs. L’étude souligne que la croissance économique en Haïti reste peu inclusive, avec un secteur informel représentant environ 60 % de l’emploi, limitant l’impact macroéconomique sur la santé bancaire.

Politique monétaire et crédit bancaire : efficacité limitée à long terme

La dernière étude évalue la capacité des instruments monétaires (taux d’intérêt, réserves obligatoires) à influencer l’octroi de crédit. Verdict : à court terme, ils ont une influence mesurable sur le crédit, l’inflation et le taux de change, mais à long terme, leur efficacité est jugée faible, voire inexistante.

Ces quatre études confirment que la politique monétaire haïtienne se heurte à une faible intégration entre sphères monétaire et réelle. La BRH appelle à renforcer la coordination entre politique monétaire, stabilité financière et développement économique pour relever les défis structurels du pays.

La rédaction

Un forum sur la justice transitionnelle, une initiative du conseil national de la société civile Ayitienne

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À l’initiative de la conseil national de la société civile Ayitienne, un forum sur la justice transitionnelle eu lieu dans le vendredi 8 Août 2025 au CEDEC à Delmas 83. Cette activité s’inscrit dans le cadre des démarches visant à aboutir à la vraie réconciliation nationale. À cet effet, la conseil propose de passer par la justice transitionnelle pour ne plus revivre les mêmes atrocités dans le pays.

Cette démarche s’appuie sur 4 piliers notamment la recherche de la vérité, la lutte contre l’impunité, la mémoire collective qui a pour objectif de plonger dans notre passé commun et renforcer les institutions républicaines.

Selon le coordonnateur général de la CNSCA, Domingue Joseph Borgella,
cette justice n’est pas parallèle à la justice pénale, « c’est plutôt une sorte d’equilibre créé dans la perspective de freiner les atrocités, la haine, entre autres ».

Suite au Forum, les initiateurs ont décidé de former une commission dans l’objectif d’aboutir à la matérialisation de la justice transitionnelle. Elle est composée de Marxisme Bernard, Annibal Coffy, l’ex député Deus Desronettes, Jean Bonal Covinsky Fatal.

Sa mission principale est de travailler avec tous les différents secteurs du pays, faire un plaidoyer au près des forces vives de la nation en vue de les amener au fond du projet; rencontrer les organisations des droits humains, saisir la cour pénale internationale, rencontrer les victimes et inciter l’Etat à s’embarquer dans la démarche.

De l’avis de l’ancien député Deus Desronettes pour résoudre les crises de violence, et d’insécurité en Haiti, il faut essayer passer par le dialogue et avec les protagonistes à travers la justice transitionnelle. Point de vue partagé par Me Jean Bonal Covinsky Fatal qui croit que l’état n’a pas la capacité de juger tous les criminels qui sont en Haïti.

Notons que plusieurs acteurs de la société civile, de la justice et de la classe politique ont pris part à ce forum.

Gedeon Delva

Le discours du nouveau président de la République, Laurent St Cyr, diversement apprécié

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PORT-AU-PRINCE.— L’entrée en fonction de Laurent Saint-Cyr comme nouveau coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), le jeudi 7 août, suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique haïtienne. Elle suscite des interrogations sur l’orientation des mois à venir.

A six mois de l’échéance du 7 février 2026, date fixée pour la fin de la transition et l’installation d’un pouvoir élu, cette rotation du leadership ouvre un nouveau chapitre dans une transition déjà contestée.

Un soutien conditionné du bloc majoritaire

Les signataires de l’accord du 21 décembre saluent un respect des engagements pris. Pour eux, la rotation au sommet est un signe de stabilité institutionnelle. Mais ce soutien s’accompagne d’une exigence claire: organiser les élections générales dans les délais afin de mettre fin à la transition le 7 février 2026.

Le message adressé à Laurent Saint-Cyr est sans ambiguïté: il devra privilégier l’efficacité et éviter toute prolongation indue du mandat transitoire. le ton est au soutien. Les représentants de l’accord du 21 Décembre évoquent ce qu’ils qualifient d’une étape conforme aux engagements signés. Pour eux, la priorité est claire : éviter tout glissement de calendrier et rendre au pays des institutions légitimes.

D’autres groupes réclament un changement de cap

À l’inverse, le Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction nationale (MORN) juge cette passation inopportune et dépourvue de sens, compte tenu du bilan jugé décevant du CPT. L’organisation exige la suspension du processus.

Le mouvement plaide pour un changement de cap radical et propose la nomination d’un juge de la Cour de cassation comme président de la République afin de garantir la neutralité et restaurer la confiance et la légitimité des institutions.

Crainte d’une mainmise du secteur privé

Parallèlement, des voix de la société civile et du milieu politique expriment leurs préoccupations quant à la configuration du pouvoir transitoire. L’émergence d’un duo Laurent Saint-Cyr – Alix Didier Fils-Aimé, tous deux issus du secteur privé, alimente la crainte d’une gouvernance influencée par des intérêts économiques puissants.

Ces inquiétudes font écho aux tensions historiques entre élites économiques et forces populaires, particulièrement vives en période de crise. D’autant plus, les expériences récentes ont montré comment le pouvoir politique est souvent manipulé par un secteur des affaires affamé de contrôle des espaces vitaux du pays.

Au-delà des positions partisanes, certains expriment des inquiétudes sur la volonté du nouveau coordonnateur du CPT d’endiguer la crise sécuritaire, compte tenu des implications, des hommes d’affaires puissants dans le financement de la criminalité organisée, révélées par des sanctions internationales.

Des défis multiples à relever

Pour Laurent Saint-Cyr, la mission est délicate: il devra démontrer sa capacité à bâtir un consensus autour de la tenue d’élections crédibles tout en gérant une insécurité persistante et une économie en berne. Le moindre faux pas pourrait accentuer la défiance envers le CPT, déjà fragilisé par ses fragmentations internes.

Les six prochains mois apparaissent ainsi comme une course contre la montre, où chaque décision pèsera sur la crédibilité du processus de transition, confirmant sa médiocrité et son manque d’adresse et de volonté à renverser la vapeur.

À l’heure où le pays s’enlise dans une crise institutionnelle, sécuritaire et socio-économique, cette prise de de fonction place Laurent Saint-Cyr face à un double défi: rallier les forces politiques autour d’un projet commun et prouver que le CPT est capable d’aboutir à des élections crédibles et inclusives.

Les prochains jours seront déterminants pour juger si cette investiture marquera un tournant ou un nouvel épisode de tensions dans la transition haïtienne.

Jean Mapou