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Sunrise Airways, maîtresse et seigneur du transport aérien et gabegie financière à l’AAN : le RNDDH crie au scandale

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Dans une correspondance datée du 13 août 2025 adressée au ministre des Travaux publics, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dénonce la situation de monopole dont bénéficie Sunrise Airways dans le transport aérien haïtien, critique la qualité des services offerts et met en lumière des suspicions de corruption au sein de l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN). L’organisme exige des mesures immédiates pour réguler le marché et protéger les consommateurs.

Cette lettre est adressée à l’ingénieur Raphaël Hosty, ministre des Travaux Publics, Transports et Communications, l’organisation de défense des droits humains affirme avoir reçu de nombreuses plaintes visant la compagnie Sunrise Airways et le fonctionnement de l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN).

L’organisme reproche à l’État d’avoir volontairement favorisé le monopole de Sunrise Airways depuis 2024, empêchant toute concurrence sur le marché. Cette absence de compétition, selon le RNDDH, se traduit par des prix jugés exorbitants, une qualité de service médiocre et des abus envers les consommateurs. Le RNDDH cite notamment une interview accordée en juillet par le président de la compagnie, Philippe Bayard, dans laquelle ce dernier s’oppose ouvertement à l’ouverture du marché à d’autres lignes aériennes, sans réaction officielle des autorités.

Le document pointe également la mauvaise qualité du service à la clientèle : absence d’assistance en cas de retards ou d’annulations, manque d’explications aux passagers, et absence de prise en charge en cas de correspondances manquées. L’organisation critique aussi la politique de bagages de la compagnie, accusée de multiplier les frais et de contraindre les voyageurs à passer par le service cargo pour leurs valises supplémentaires, même lorsqu’ils voyagent uniquement avec Sunrise Airways.

Le RNDDH élargit ses critiques au fonctionnement de l’AAN, dénonçant l’absence de conditions d’accueil dignes à l’aéroport du Cap-Haïtien, où les passagers de vols domestiques doivent attendre debout dans des espaces réduits.

Surtout, l’organisation dénonce de graves irrégularités financières et soupçonne des actes de corruption : dettes importantes de Sunrise Airways envers l’État haïtien et l’AAN, effacées ou réduites à plusieurs reprises par l’actuel directeur général Yves Ducarmel François, sans autorisation ministérielle, selon les informations recueillies par le RNDDH. Ces réductions, parfois de plusieurs centaines de milliers de dollars, auraient été justifiées par la pandémie de Covid-19, mais sans contrepartie claire pour l’État.

Rappelant que les droits des consommateurs font partie des droits humains fondamentaux, dans cette lettre signée par Rosy Auguste Ducena, responsable de programmes, et Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, on estime qu’il est urgent d’ouvrir le marché aérien à la concurrence, de protéger les usagers contre les abus, et de préserver les intérêts financiers du pays.

Dans cette lettre, dont le président du CPT et le Premier ministre, le ministre de l’intérieur ont copie, l’organisation demande au ministre Hosty de prendre des mesures immédiates et de saisir l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour enquêter sur la gestion de l’AAN.

Par ailleurs, ce 14 août 2025, l’IBC Airways a effectué son premier atterrissage de vol cargo depuis Floride vers l’aéroport rénové d’Antoine Simon. Cette grande première permettra ainsi de connecter le Sud vers l’international alors que la capitale haïtienne demeure coupée depuis des mois à l’international.

La rédaction

Pourquoi Rosemila Petit-Frère Sainvil est-elle toujours détenue au Cap-Haïtien ?

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Remise dans l’après-midi du mercredi 13 août 2025 par les agents de l’immigration dominicaine au poste frontalier de Ouanaminthe, Rosemila Petit-Frère Sainvil se trouvait encore, 24 heures plus tard, à la Direction départementale Nord de la Police nationale d’Haïti (PNH) au Cap-Haïtien.

L’ancienne mairesse d’Arcahaie avait été interpellée en République dominicaine, dimanche dernier, alors qu’elle revenait du Canada. Selon des informations obtenues, elle aurait transporté une somme d’argent liquide supérieure à 10 000 dollars américains, soit la limite autorisée par les règlements internationaux de contrôle des changes.

Cependant, avant son transfert à la frontière, la Direction générale des migrations (DGM) dominicaine a procédé à l’inspection complète de ses effets personnels sans retrouver la somme présumée. Dans le cadre de la procédure, Mme Petit-Frère Sainvil a été interrogée par les autorités dominicaines et des agences internationales partenaires, dans le cadre d’actions conjointes visant la sécurité et la stabilité régionales.

À propos de la copie de chèque évoquée par le quotidien dominicain Listín Diario, l’intéressée a précisé qu’il s’agissait d’un montant de 485 000 gourdes destiné au paiement du personnel de son entreprise privée. La PDG de Radio Télé Monopole a d’ailleurs confié en exclusivité à l’agence de presse Le Relief Inter qu’elle n’avait rien à se reprocher.

La DGM dominicaine a affirmé que, tout au long de la procédure, les droits, la dignité et l’intégrité physique de Mme Petit-Frère Sainvil avaient été respectés, ajoutant que « les informations obtenues ne compromettent pas la sécurité nationale ». Aucune charge n’a été retenue contre elle et la DGM a jugé inopportun de poursuivre la procédure sur le territoire dominicain.

Sa remise officielle aux autorités haïtiennes a eu lieu mercredi après-midi, au poste frontalier de Dajabón, en présence du personnel du Polifront à Juana Méndez, conformément aux accords de coopération bilatérale.

Pourtant, interrogée sur les raisons de sa présence prolongée à la Direction départementale Nord de la PNH, l’ex-mairesse a déclaré ignorer les motifs de sa détention, affirmant que ni le Parquet ni la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ne disposaient de dossier à son encontre.

Consternée par la situation, Mme Petit-Frère Sainvil a fait appel à son avocat, Me Guerby Blaise, qui a annoncé son décision d’utiliser tous les recours légaux afin d’obtenir rapidement sa libération. Titulaire d’un passeport humanitaire, elle assure rester ferme et déterminée à surmonter cette épreuve « en battante ».

Johao Killy

Laurent Saint-Cyr poursuit sa quête de consultation: Aristide, Privert, Prosper, que parlent-ils ?

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Depuis son installation le 7 août 2025, le nouveau coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, ne chôme pas et multiplie les rencontres avec d’anciens dirigeants du pays.

Port-au-Prince, 13 août 2025 – Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), poursuit sa série de consultations visant à rassembler les forces vives de la nation autour d’un objectif commun : restaurer la stabilité et préparer des élections crédibles.

Après avoir échangé lundi avec l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, Laurent Saint-Cyr a rencontré mardi matin l’ancien président Jocelerme Privert. L’entretien, qualifié de « franc et constructif », a porté sur la gouvernance, les réformes urgentes et la nécessité de créer un climat sécuritaire propice aux élections. « Il est essentiel de revenir à l’ordre constitutionnel et de placer le pays sur la voie de la stabilité », a affirmé Laurent Saint-Cyr.

Ce mercredi 13 août, le coordonnateur du CPT s’est également entretenu avec l’ancien président Prosper Avril. Les discussions ont porté sur la sécurité et les élections, avec un accent particulier sur le renforcement des Forces Armées d’Haïti (FADH). Les deux hommes ont souligné l’importance de doter l’armée des moyens nécessaires pour remplir sa mission et de favoriser une coopération étroite entre l’armée et la police afin d’intensifier la lutte contre les groupes criminels.

De son côté, l’ancien Président Jocelerme Privert a insisté sur l’urgence de rétablir la sécurité comme condition préalable pour répondre aux grands enjeux nationaux, dont la réforme constitutionnelle et la tenue d’élections crédibles. Le natif des Nippes a salué les démarches de Laurent Saint-Cyr et l’a encouragé à poursuivre ses efforts pour sensibiliser les acteurs politiques, à travers un dialogue inclusif, en vue d’un dénouement heureux à une transition qui s’étire depuis cinq ans.

Ces consultations s’inscrivent dans une démarche de dialogue et d’unité nationale. Par ailleurs, plus d’un s’interroge sur leurs retombées, tandis que d’autres y voient une perte de temps. Cette période de transition est pourtant décisive, mais les résultats, pour l’instant, se comptent au compte-gouttes.

Alors que le représentant du secteur privé devra remettre le pouvoir à des élus légitimes, le temps presse. La mission est claire : rétablir la sécurité et organiser les élections avant le 7 février 2026. C’est une véritable course contre la montre, dans un contexte où l’insécurité ne cesse de se détériorer. Des policiers continuent de tomber sous les balles assassines des gangs, et du matériel des forces de l’ordre se retrouve capturé par ces derniers. Et ce, malgré un changement récent à la tête de la PNH.

La rédaction

PROPOSITION DE SORTIE DE CRISE : KONVIKSYON POU CHANJMAN

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Sanctionné par le Barreau des avocats de Port-au-Prince, l’avocat engagé Caleb Jean Baptiste a présenté aux médias, le mercredi 13 août 2025, à l’hôtel Ritz Kinam, une nouvelle structure politique dénommée Konviksyon pou Chanjman.

Cette initiative, qui rassemble plusieurs personnalités connues, notamment le journaliste Luckner Désire, l’ancien maire des Gonaïves Steeven Sain Fleur et le révérend pasteur Dony Décembre, vise à renforcer le flot croissant de partis politiques, malgré l’absence d’une adresse fixe, d’un agenda politique clair ou d’un programme défini.

Pour se positionner sur l’échiquier politique, Konviksyon pou Chanjman, dirigé par un directoire provisoire, propose plusieurs solutions pour contribuer à la résolution de la crise, selon les propos de Me Caleb Jean Baptiste.

L’un des scénarios envisagés consiste à élire un président unique issu des neuf membres du Conseil Présidentiel de Transition, avec des personnalités comme Edgard Leblanc Fils ou la conseillère sans droit de vote Régine Abraham comme profils acceptables pour cette fonction.

Après le choix et l’installation de ce président unique, les signataires et non-signataires de l’accord du 3 avril, ainsi que les acteurs non alignés, devront s’accorder sur la nomination d’un Premier ministre de consensus pour diriger un gouvernement d’union nationale, a précisé Caleb Jean Baptiste, actuel secrétaire général par intérim du directoire de Konviksyon pou Chanjman.

Un deuxième scénario envisageable consisterait à confier le pouvoir à un juge de la Cour de cassation.

De plus, une prolongation de six mois pourrait être accordée au nouveau coordonnateur général du CPT, Laurent Saint Saint, et au chef du gouvernement, Alix Didier Fils Aimé, à condition qu’ils parviennent à stabiliser le pays, à contrer le phénomène de l’insécurité, à aider les déplacés internes à retrouver leur foyer et à libérer les routes contrôlées par des gangs armés. Ce dernier scénario représente l’une des diverses options proposées par cette nouvelle équipe politique dans une tentative d’articuler une sortie de crise apparemment mitigée.

Conscients de la gravité de la situation, les membres de Konviksyon pou Chanjman estiment qu’il est nécessaire de promouvoir l’inclusion à ce carrefour difficile afin de remettre le pays sur la voie de la stabilité.

Drame à Kenscoff : la PNH réaffirme sa détermination à lutter contre l’insécurité

Dans la nuit du 12 au 13 août, deux agents de la Brigade d’Opérations et d’Intervention Départementales (BOID) ont perdu la vie et trois autres ont été blessés lors d’une mission de sécurisation à Kenscoff. L’annonce a été confirmée ce mercredi par le Haut-Commandement de l’institution dans un communiqué officiel.

Le Commandant en chef de la PNH a salué la mémoire de ces policiers tombés en service et adressé ses condoléances aux familles des victimes. Il a également exprimé son soutien à l’ensemble des policiers et policières qui, chaque jour, s’engagent avec courage pour restaurer la sécurité et la paix sur l’ensemble du territoire. Un prompt rétablissement a été souhaité aux agents blessés.

Malgré ce drame, la PNH assure que son engagement reste intact. L’institution se dit plus déterminée que jamais à neutraliser les malfaiteurs et leurs soutiens, réaffirmant sa volonté de lutter sans relâche contre l’insécurité.

Le Haut-Commandement a par ailleurs indiqué que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le Gouvernement travaillent à renforcer les capacités opérationnelles de la PNH en mettant à sa disposition les moyens nécessaires pour affronter les menaces actuelles. Il a invité les policiers à rester unis, vigilants et mobilisés pour déjouer les actions planifiées par les groupes armés, notamment la coalition « Viv Ansanm ».

Enfin, la PNH a lancé un appel à la population afin qu’elle continue de soutenir les forces de l’ordre dans cette lutte difficile pour la défense de l’État de droit.

Par Gesly Sinvilier

14 août : Se souvenir du Bois Caïman pour guérir Haïti

Le 14 août est bien plus qu’une date historique. Il marque la cérémonie du Bois Caïman de 1791, moment où des esclaves venus de toutes les régions d’Haïti ont uni leurs forces pour résister à l’oppression. Cette cérémonie a symbolisé la dignité, l’unité et la volonté de liberté. Malgré les différences culturelles et linguistiques, ces hommes et ces femmes ont compris que seule la solidarité pouvait renverser le joug colonial.
Le virus de la division et de la haine de soi
Malheureusement, après l’indépendance, ce même peuple a été confronté à un virus silencieux mais dévastateur : la division interne. Comme le disait le Dr François Duvalier, « Depi nan Guinen nèg rayi nèg ». Ce poison, enraciné dans l’histoire de l’esclavage et renforcé par des siècles de domination coloniale et d’exploitation, nourrit la méfiance, la jalousie et la haine mutuelle. Ces sentiments ont affaibli notre nation et ont permis à certains intérêts étrangers et locaux de prospérer aux dépens du peuple haïtien. Aujourd’hui encore, cette dynamique continue de fragiliser notre société, ralentissant le développement et sapant la cohésion nationale.
Estime de soi, argent et pauvreté
John Hope Bryant nous rappelle que la pauvreté ne se limite pas à l’absence de ressources matérielles. Elle naît surtout d’une faible estime de soi, d’un manque de confiance collective et de l’absence de modèles inspirants. Lorsqu’un peuple doute de sa valeur et se méfie de ses membres, il devient incapable de s’organiser pour progresser. En Haïti, cette pauvreté psychologique se manifeste par des comportements autodestructeurs, des divisions internes et la reproduction de schémas négatifs.
Bryant insiste sur le fait que la liberté économique est un élément central de l’autodétermination. Comprendre l’argent, savoir l’utiliser et le faire fructifier est indispensable pour sortir du cycle de pauvreté. En renforçant l’éducation financière et l’entrepreneuriat, Haïti peut restaurer la dignité de ses citoyens et reconstruire une estime de soi collective qui dépasse la méfiance et la haine.
Réunir histoire et éducation pour les générations futures
Pour guérir notre peuple, nous devons transmettre aux jeunes une connaissance complète de notre histoire. L’école et les institutions éducatives doivent enseigner non seulement les événements historiques, mais aussi les valeurs qu’ils incarnent : la solidarité, la résilience et la dignité. Comprendre la grandeur de nos ancêtres et les erreurs de l’après-indépendance permettra aux nouvelles générations de se libérer des cycles destructeurs et de construire une conscience nationale forte et fière.
Valoriser les modèles et le mentorat
Les jeunes Haïtiens ont besoin de modèles positifs et inspirants. Les leaders communautaires, entrepreneurs, artistes et scientifiques doivent incarner les valeurs de coopération, de responsabilité et d’excellence. La mise en avant de ces figures dans les médias et les programmes communautaires permettra aux jeunes de se projeter dans un futur constructif, où la jalousie et la méfiance n’ont plus leur place.
Développer la confiance et la solidarité
Pour reprogrammer notre mental collectif, il faut créer des espaces où la collaboration et le respect mutuel sont cultivés. Clubs de débat, ateliers entrepreneuriaux, programmes culturels et initiatives communautaires sont essentiels pour renforcer la confiance entre citoyens. Les élites et dirigeants doivent prendre conscience de leur rôle : inspirer, éduquer et guider, au lieu de diviser et d’affaiblir la société.

Restaurer l’autonomie et la dignité nationale
La reconstruction d’Haïti passe par l’éducation, le développement économique local et la valorisation des talents. Les citoyens doivent pouvoir exercer leur liberté économique et comprendre leur pouvoir de transformation collective. Chaque Haïtien doit devenir acteur de sa vie et du destin du pays, capable de se soutenir mutuellement plutôt que de se détruire.
Conclusion : l’unité comme clé de la survie
Le Bois Caïman nous enseigne que l’unité est la force suprême. Pour que Haïti se relève, il faut guérir le virus de la division et transmettre aux générations futures la fierté, l’estime de soi et la solidarité. La vraie indépendance ne se limite pas à la fin de la domination extérieure ; elle commence dans nos cœurs et nos esprits, lorsque nous choisissons de nous respecter, de nous soutenir et de reconstruire notre nation ensemble.
En ce 14 août, célébrons non seulement nos ancêtres mais surtout leur vision d’un peuple uni et libre. Haïti a le potentiel de renaître, mais seulement si nous guérissons d’abord l’esprit de notre peuple.

Port-au-Prince, 14 août 2025
Joseph Georges DUPERVAL
Coordonnateur Général
BATON JENÈS LA

Promotion de l’IG Frédéric Leconte au poste d’Inspecteur Général en Chef de la PNH

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L’ancien Directeur de la DCPJ, l’Inspecteur Général Frédéric Leconte, a été officiellement promu Inspecteur Général en Chef de la Police nationale d’Haïti (PNH). Il succède à Frantz Thermilus, qui a occupé ce poste pendant quatorze mois sous l’administration de Normil Rameau.

Cette nomination intervient dans un contexte préoccupant marqué par la détérioration de la sécurité dans le pays. Le nouvel Inspecteur Général en Chef a été proposé et décoré sur instructions formelles du Conseil de la Police nationale (CPT) lors d’une cérémonie de remise d’insignes présidée par Alix Didier Fils Aimé, chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN). La cérémonie a également vu la participation du coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition, Laurent Saint Cyr.

Ce changement au sein de l’Inspection Générale de la PNH s’inscrit dans une stratégie visant à dynamiser et renforcer le haut commandement de l’institution. L’IGPNH a, en effet, pour mission de faire respecter les principes énoncés dans le code d’éthique de la PNH et de garantir le bon fonctionnement de l’institution, entre autres.

Conscient de l’ampleur de cette responsabilité, le nouvel Inspecteur Général en Chef, Frédéric Leconte, a exprimé sa grande satisfaction et sa volonté manifeste de collaborer étroitement avec le directeur général a.i. André Jonas Vladimir Paraison. Son objectif est de rendre la police nationale plus professionnelle, afin qu’elle puisse véritablement répondre à sa mission.

À travers les changements opérés ces dernières semaines au sein de la PNH, les membres de l’exécutif souhaitent envoyer des signaux clairs aux groupes terroristes, responsables de multiples actes de violence à l’encontre de la population civile.

Jacques Innocent

14 août 1791 – 14 août 2025Bois-Caïman, mémoire en flammes

Par Pierre Josué Agénor CADET

Dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août 1791, à Saint-Domingue – alors la colonie la plus prospère des Antilles françaises – se tient, dans le secret du Morne Rouge, Plaine du Nord, un événement appelé à changer l’histoire : le célèbre congrès du Bois-Caïman.

Dirigé par des leaders esclaves tels que Dutty Boukman et Cécile Fatiman, ce rassemblement clandestin jette les bases de la première et unique révolution servile victorieuse de l’histoire moderne.
Mi-cérémonie religieuse, mi-réunion politique, il marque le point de départ d’une insurrection organisée contre l’ordre esclavagiste, colonial et raciste français.

Cet article revient sur le contexte, le déroulement, les acteurs et l’héritage historique de ce moment fondateur du premier État noir du Nouveau Monde : Haïti.

Saint-Domingue à la veille de la révolte

À la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue est surnommée « la Perle des Antilles », véritable pivot de l’empire colonial français. Elle fournit à la métropole plus de la moitié de sa production sucrière et une part considérable de son café.
Cette prospérité repose sur l’exploitation brutale de plus de 500 000 esclaves africains, soumis à un travail exténuant, à des châtiments corporels et à une déshumanisation systématique.

La société coloniale est profondément hiérarchisée et fracturée :

Les grands blancs : planteurs et négociants, maîtres des terres et du commerce ;
Les petits blancs : artisans, contremaîtres, employés, souvent en conflit avec les premiers ;
Les libres de couleur : affranchis, parfois propriétaires d’esclaves, en quête de reconnaissance sociale et politique ;
Les esclaves : majorité écrasante, considérés comme du bétail ou des biens meubles.
Les tensions atteignent leur paroxysme après 1789, lorsque les idéaux de la Révolution française traversent l’Atlantique et bousculent l’ordre colonial.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 rallume l’espoir chez les libres de couleur et même chez les esclaves. Des sociétés secrètes s’organisent, les maîtres pressentent la tempête. Dans ce climat de défiance, les esclaves du Nord préparent, en toute clandestinité, une insurrection pour briser le joug inhumain de l’esclavage.

Bois-Caïman : alliance sacrée et plan stratégique

Le congrès du Bois-Caïman scelle l’union entre spiritualité ancestrale et stratégie militaire.
Le lieu choisi, situé dans la commune du Morne Rouge (Plaine du Nord, actuel département du Nord), est isolé et propice à une rencontre secrète. Dans la nuit du 14 août 1791, des leaders venus de diverses plantations s’y retrouvent pour conclure une alliance décisive.

Parmi les figures majeures :

Dutty Boukman, originaire d’Afrique, ancien esclave en Jamaïque puis à Saint-Domingue, prêtre vodou et meneur charismatique, principal organisateur de la réunion ;
Cécile Fatiman, femme libre d’origine afro-haïtienne, prêtresse vodou (mambo), qui joue un rôle central dans le rituel.
La rencontre mêle engagement politique et rituel religieux. Un cochon est sacrifié, Cécile Fatiman entre en transe et transmet un message des loas (esprits vodou) appelant à la vengeance et à la libération.

Boukman prononce alors une exhortation restée célèbre, transmise oralement à travers les générations, appelant à l’union des esclaves et au rejet du Dieu imposé par le colon. Ce discours agit comme un manifeste spirituel, politique et militaire.

Les leaders fixent la date d’une attaque coordonnée contre les plantations du Nord : la nuit du 22 au 23 août 1791.

L’étincelle qui embrase la colonie

Conformément au plan, des milliers d’esclaves mettent le feu aux plantations de canne à sucre et de café. Cap-Français, Limbé, Plaine du Nord et leurs environs sont frappés de plein fouet. Ce soulèvement ouvre une guerre d’indépendance de treize ans, complexe et mouvante, marquée par des alliances changeantes, des rivalités entre chefs noirs et l’intervention de puissances étrangères – France, Espagne, Angleterre.

De cette lutte émergent des figures historiques telles que Toussaint Louverture, Jean-François, Biassou, et enfin Jean-Jacques Dessalines, qui mènera le combat jusqu’à la victoire finale.

Héritage et portée historique

Le congrès du Bois-Caïman est unanimement reconnu comme le déclencheur de la Révolution haïtienne. Il marque le passage d’une révolte spontanée à une insurrection organisée, guidée par une vision politique et une identité affirmée.
Il incarne également une rupture spirituelle : le choix du vodou comme cadre cérémoniel est un acte de résistance culturelle, un rejet de la religion imposée par le colon, une réaffirmation de l’héritage africain et du droit à l’autodétermination.

Douze ans et moins de cinq mois plus tard, le 1er janvier 1804, Saint-Domingue proclame son indépendance sous le nom d’Haïti, reprenant l’appellation amérindienne de l’île. Premier État noir indépendant du monde moderne, première nation à abolir définitivement l’esclavage, Haïti devient un symbole universel de résistance.

Mémoire et interrogations

Bois-Caïman ne fut pas seulement un rassemblement clandestin : il fut une manifestation de conscience collective, de volonté politique et d’affirmation identitaire. En unissant croyance spirituelle et stratégie militaire, il ouvrit la voie à l’une des plus grandes révolutions de l’histoire.

Deux cent trente-quatre ans plus tard, une question persiste : où en sommes-nous ?
Les chaînes coloniales sont tombées, mais d’autres oppressions pèsent sur la nation : mauvaise gouvernance, luttes fratricides pour le pouvoir, antagonismes d’intérêts, néocolonialisme et nouvelles formes de domination.

Se souvenir du Bois-Caïman, ce n’est pas seulement célébrer un passé glorieux ; c’est interroger notre présent et raviver le feu de l’unité, de la dignité et de la souveraineté pour inventer un avenir à la hauteur de nos luttes.

Médiatisation des enquêtes sous le règne de Normil: Un équilibre fragile entre besoin d’informer et atteinte aux droits fondamentaux

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PORT-AU-PRINCE.— Sous le mandat de Rameau Normil à la tête de la Police nationale d’Haïti, les enquêtes judiciaires ont souvent été accompagnées d’une forte médiatisation. Arrestations spectaculaires, conférences de presse détaillant les accusations, diffusion d’images ou de vidéos d’interpellations, par le service de presse et de relations publiques, sur les réseaux officiels de l’institution.

Cette stratégie, présentée comme un outil de transparence et de dissuasion, soulève aujourd’hui des questions de fond sur le respect du principe de la présomption d’innocence et les droits des personnes mises en cause.

Une stratégie assumée de visibilité

Dès ses premiers mois à la direction générale, Normil a misé sur la communication comme point d’appui de l’action policière. Les opérations majeures étaient systématiquement diffusées ou commentées dans les médias, parfois avant même que les procédures judiciaires ne soient bouclées.

La PNH sous l’égide de Normil prétendait rassurer la population, montrer l’efficacité des agents et envoyer un message de fermeté face au crime organisé. Mais selon plusieurs juristes, cette méthode brouille la frontière entre information légitime et condamnation anticipée. «La police n’est pas une juridiction de jugement et la presse telle qu’elle soit ne doit servir de tribunal», a déclaré Kendersley Jean Étudiant mémorant à la faculté de droit de l’UEH.

Le principe de la présomption d’innocence

La Constitution haïtienne et les instruments internationaux ratifiés par Haïti, notamment l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, consacrent la présomption d’innocence: toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement établie. En droit, cela signifie que ni les autorités publiques ni les médias ne doivent présenter un suspect comme coupable avant un jugement définitif.

«La médiatisation excessive, surtout lorsqu’elle dévoile des éléments d’enquête non encore vérifiés, peut donc constituer une violation de ce principe», a poursuivi Maître Jean, soulignant que cette communication à outrance avait plus tendance à faire la promotion politique du directeur général.

Et après? Le droit au recours des victimes de diffamation policière

Environ un mois après sa libération, l’ancien député Alfredo Antoine, qui se victime d’abus pour avoir été accusé puis arrêté illégalement, annonce le dépôt de plainte contre l’ancien DG de la PNH et de la DCPJ.
Pour l’ex parlementaire Rameau Normil avait une chasse à l’encontre sa personne en raison de ses relations personnelles et professionnelles avec le premier ministre, un ami de longue date date. « L’avis de recherche et ses chefs d’accusation contre moi sont absolument faux et infondés. Il s’agissait des persécutions politiques », s’est plaint Alfredo Antoine, en conférence de presse cette semaine.

Dans ce précis et d’autres similaires qui pensent avoir été publiquement mises en cause, la loi haïtienne prévoit théoriquement des voies de recours. Elles peuvent engager des actions en diffamation ou en réparation pour préjudice moral.

Toutefois, dans la pratique, ces procédures sont rares et complexes, notamment face à l’État ou à une institution policière. Les conséquences sociales d’une accusation médiatisée, stigmatisation, perte d’emploi, atteinte à la réputation, sont souvent irréversibles, même après un acquittement.

Une source proche de l’ex-commandant en chef a confié qu’un policier de l’UDMO avait été victime de cette machine de communication excessive. Jean Junior Cadet avait été présenté par erreur dans la rubrique Alo Lapolis comme étant proche du groupe armé Viv Ansanm. Et après avoir clarifié la situation la DCPJ qu’elle s’était trompée de visage pour le même nom. Mais le policier reste quand même sali en dépit de la rectification du tir.

La position des organisations de droits humains

Plusieurs dirigeants d’organisations de défense des droits humains se sont montrés préoccupés par cette question. Pout eux «informer la population est nécessaire, mais cela ne doit jamais se faire au détriment des garanties fondamentales. La présomption d’innocence est un pilier de l’État de droit».

De son côté, Dabensky Gilbert de l’ORDEDH estime que «la PNH doit revoir ses protocoles de communication et former ses porte-paroles sur les limites légales de la diffusion d’informations judiciaires».

Un équilibre fragile, un débat à rouvrir

À l’heure où les réseaux sociaux amplifient instantanément chaque image ou déclaration, la médiatisation des enquêtes exige un encadrement plus strict. Entre nécessité d’informer et protection des droits, l’équilibre reste fragile.

La PNH, le parquet et les médias devront, à l’avenir, repenser leurs pratiques quand il s’agit d’informer. Il faut prioriser la loi dans les narratifs concernant la présentation des personnes ayant des démêlés avec la loi, afin d’éviter que la lutte contre l’insécurité ne se traduise par des atteintes irréparables aux libertés individuelles.

Jean Mapou

Monseigneur Joseph Willy Romélus: le parcours d’un homme au service de la foi en Haïti

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JÉRÉMIE, Haïti.— Né le 17 janvier 1931 à Arniquet, dans le département du Sud, Monseigneur Joseph Willy Romélus était une figure éminente de l’Église catholique haïtienne et acteur engagé dans les grands tournants politiques du pays. Il choisit l’apostolat à une époque où entrer dans les ordres représentait l’un des rares moyens d’ascension sociale.

Ordonné prêtre, puis nommé évêque de Jérémie, il a laissé l’empreinte d’un pasteur proche des fidèles et d’un militant du changement social.

Un visage du combat contre la dictature

La première apparition marquante de Monseigneur Romélus sur la scène nationale remonte à décembre 1985, lors d’un concert de gospel de John Littleton à l’établissement Saint-Jean l’Évangéliste, à Turgeau. Alors que le gouvernement de Jean-Claude Duvalier venait de couper le signal de Radio Soleil, station critique de l’Église catholique, sa présence parmi le clergé fut accueillie par des murmures d’approbation et des regards admiratifs.

Ce soir-là, la foule entonna spontanément «Lè m pa wè soley la», hymne de la station et chant de ralliement des opposants au régime. Cette soirée marquera l’une des premières manifestations de rue à Port-au-Prince avant le grand soulèvement populaire de janvier 1986.

De la visite du pape Jean-Paul II en 1983 à la chute du régime le 7 février 1986, l’Église catholique haïtienne, avec Monseigneur Romélus en première ligne, joua un rôle central dans la mobilisation pour le changement.

Un évêque à la parole tranchante

Installé à Jérémie, Monseigneur Romélus se fit connaître dans les années suivantes, par ses discours au ton pimenté, ses critiques acerbes contre les régimes militaires du Conseil National de Gouvernement (CNG) d’Henri Namphy. Proche du père Jean-Bertrand Aristide, il fut l’auteur de ce slogan resté célèbre: «Rache manyòk ou bay tè a blanch». Ce mot d’ordre mobilisa la jeunesse, entraînant en 1986-1987 un boycott massif des écoles et des examens, amorçant l’usage de l’école comme instrument politique.

Cependant, les divisions au sein de la Conférence des Évêques d’Haïti, le retour de religieux exilés et l’émergence de nouvelles figures plus radicales, comme le père Joachim Samedi, réduisirent peu à peu l’impact de ses prises de position. L’accession d’Aristide à la présidence, ses exils successifs et les désillusions politiques contribuèrent à transformer le rapport de l’Église au pouvoir.

Le retrait et l’héritage

Progressivement, Monseigneur Romélus se retira de la vie publique, préférant se consacrer à la prière, à la pénitence et au service de sa communauté. Évêque émérite depuis 2009, il vécut ses dernières années dans la discrétion.

Homme de foi et de conviction, il a traversé plus d’un demi-siècle d’histoire haïtienne, mêlant engagement spirituel et interventions politiques au nom de la justice sociale. Dans la Grand’Anse, où il avait établi ses quartiers pendant des décennies, son souvenir reste celui d’un pasteur courageux, parfois dérangeant, mais toujours fidèle à sa mission.

Le 12 août 2025 marque sa disparition à 94 ans, laissant derrière lui l’image d’un serviteur de Dieu et d’un homme au service de la foi en une Haïti prospère et paisible.

Monseigneur Joseph Willy Romélus fut témoin et acteur d’une époque charnière de l’histoire nationale. Sa grandeur ne se mesurait pas seulement par le pastorat, mais également par sa capacité à toucher les cœurs par sa sagesse, son humilité et sa foi indéfectible. Son héritage perdurera par les nombreuses vies qu’il a inspirées et guidées.

Sa mémoire restera gravée dans le cœur de tous ceux et toutes celles qui ont eu le privilège de croiser son chemin. Que son âme repose en paix !

Jean Mapou