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Haïti rend un dernier hommage national à Mgr Joseph Willy Romélus, évêque émérite de Jérémie

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Jérémie, 21 août 2025 – La Grande-Anse vit, ce jeudi 21 août 2025, un moment de recueillement solennel alors que l’Église catholique et les autorités haïtiennes rendent un dernier hommage à Mgr Joseph Willy Romélus, évêque émérite de Jérémie, décédé le 12 août dernier à Arniquet (Sud) à l’âge de 94 ans.

Les funérailles nationales se déroulent au Sanctuaire Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse de Jérémie, après une veillée de prière organisée mercredi soir à la cathédrale Saint-Louis de Jérémie.

Une cérémonie à double dimension, religieuse et civile

La liturgie est présidée par le Cardinal Chibly Langlois, en présence d’une importante délégation de l’épiscopat haïtien, dont Mgr Launay Saturne, archevêque du Cap-Haïtien, et plusieurs évêques des diocèses du pays. La participation de la Conférence Épiscopale d’Haïti souligne l’importance d’un héritage qui dépasse les frontières de la cité des poètes.

Le célébrant principal Mgr Joseph Gontran Décoste, évêque de Jérémie, a replacé la vie du défunt dans la lumière de l’espérance chrétienne, insistant sur le sens profond de son témoignage de foi : « Pas même la mort ne peut nous séparer de l’amour de Dieu pour nous. L’amour est victorieux de tout, même de la mort. »

Dans un appel à la fidélité aux valeurs qui ont guidé Mgr Romélus, l’évêque a rappelé l’essentiel de l’héritage spirituel :

« Ce qui est vraiment essentiel, ce qui fait la vraie grandeur et la valeur de l’être humain, ce n’est ni l’avoir ni le pouvoir mais l’accueil humble et joyeux de l’amour de Dieu pour nous manifesté en Jésus-Christ, la pratique des valeurs évangéliques du royaume de Dieu, telles que la pauvreté de cœur, la compassion, la miséricorde, la douceur, la non-violence, la faim et la soif de la justice, le combat et l’engagement pour la paix. »

Mgr Joseph Gontrand Descoste, actuel évêque de Jérémie, a rendu un vibrant hommage au défunt, saluant le combat qu’il a mené notamment contre la dictature des Duvalier. « Malgré les menaces et intimidations, la dictature n’a pas eu raison de lui; c’est lui qui a vaincu la dictature », a renchéri le prélat.

La Police Nationale d’Haïti (PNH) rend un hommage solennel, accompagnant le cercueil recouvert du drapeau national, avec fanfare, salut funèbre et sonneries aux morts.

Hommages officiels et mémoire collective

Le protocole signale la présence des membres du Conseil Présidentiel de Transition Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire aux côtés des autorités locales, représentants du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile.

Dans son allocution, Louis Gérald Gilles, conseiller présidentiel, a livré un message à la fois spirituel et politique : « Nous perdons un père spirituel, nous perdons avec vous un frère aîné, un guide… La foi qui a animé sa vie nous interdit de nous arrêter au bord du désespoir. Nou kapab, nou kapab. »

Mais au-delà de l’émotion, le CP Gilles a reconnu une réalité dérangeante : l’incapacité de l’État à répondre aux appels du diocèse pour la reconstruction de ses sanctuaires.

« La cathédrale Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse doit être, allait être, et sera notre plus grande fierté, et devrait être l’une des plus belles de la caraïbes. Un prêtre du diocèse de Jérémie m’a contacté pour une demande de 4 millions de dollars pour finaliser sa reconstruction. Malheureusement, nous avons déjà entamé des démarches pour la cathédrale Saint-Louis de Jérémie. L’État haïtien doit s’engager. »

Lors de la cérémonie civile, notons des interventions de Dr Joseph Hubert Paul, représentant de la famille, de Mme Sylmatha Pierre, agent exécutif intérimaire de Jérémie, et du ministre de la Justice, Patrick Pélissier, au nom du gouvernement.

Dans un communiqué, la Primature a salué « la grandeur de son ministère et l’héritage spirituel et social qu’il laisse à la communauté nationale », exprimant sa solidarité à l’Église catholique et à tous les fidèles affectés par cette disparition.

Un pasteur engagé pour la démocratie

Né à Arniquet le 17 janvier 1931, ordonné prêtre en 1958, Mgr Romélus fut nommé évêque de Jérémie en 1977. Son ministère s’est distingué par une forte dimension prophétique : appui à la campagne d’alphabétisation Mission Alpha, soutien à la Constitution de 1987, résistance aux régimes militaires post-Duvalier et opposition ouverte au coup d’État de 1991.

Il est resté une voix des sans voix, comme l’ont rappelé les diocèses d’Anse-à-Veau et de Miragoâne, poursuivant ses appels même après sa retraite. En 2021, il exhortait encore à croire en la capacité du pays à se transformer, et en 2023 il s’était exprimé avec force sur la défense des droits liés au canal de la rivière Massacre.

Une vie en odeur de sainteté

Avec son décès, Haïti perd une figure emblématique de l’engagement ecclésial pour la justice et la dignité humaine. Pour beaucoup, Mgr Romélus restera une source d’inspiration, un témoin courageux d’une Église qui, dans les moments les plus sombres de l’histoire nationale, a su se tenir aux côtés du peuple.

Son inhumation a eu lieu à la cathédrale de la Médaille Miraculeuse à Jérémie, comme il avait souhaité de son vivant. Monseigneur Romelus s’incruste à jamais dans la mémoire collective du pays.

JWP

Haïti-crise: La plateforme politique équilibriste fait des propositions au CPT

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Face à détérioration de la situation socio-politique et sécuritaire du pays, les propositions de sortie de crise se multiplient et s’enchaînent. Dans un document acheminé au conseil présidentiel de transition en début de semaine, la plateforme équilibriste, consciente de la détérioration de la crise haïtienne, fait des propositions au CPT en vue d’arriver à un dénouement de la situation délétère que connaît Haïti. Cette proposition concerne la gouvernance et la sécurité.

En effet, la plateforme équilibriste propose : Une évaluation approfondie de la feuille route de chaque ministre par rapport aux résultats constatés sur le terrain; Un remaniement du cabinet ministériel. Selon la plateforme, il y a certains ministres qui n’accomplissent presque pas leur tâche au regard de l’accord du 3 Avril.

Dans une conférence ce mercredi, le coordonnateur de la plateforme réclame le renvoi de certains ministres et le maintien de ceux qui cadrent leurs actions par rapport à la mission deja définie.

Cette structure dirigée par Me Valery Dutreuil Jacques propose également au conseil de renforcer la légitimité du conseil présidentiel transition. «Dialoguer avec les acteurs politiques, les antagonistes, ceux de l’opposition», préconise Me Jacques. Tout reconnaissant qu’il y a des erreurs de gouvernance qui ont été commises par l’équipe au pouvoir, les équilibristes croient avec une volonté réelle des autorités politiques, des changements peuvent être apportés.

Sur le plan sécuritaire

La plateforme équilibriste, fidèle à l’accord du 3 Avril, propose que les autorités prennent des dispositions pour assurer la formation continue des agents de la force de police et de l’armée; de renforcer la capacité matérielle de l’institution policière; solliciter le support de la communauté internationale ,des pays amis d’Haïti, de certaines institutions internationales telles l’ONU ,l’union européenne entres autres. La plateforme équilibriste encourage tous à militer pour arriver à un changement dans le pays.

Plus loin, le coordonnateur du mouvement politique invite tous les citoyens conséquents à jouer leurs partitions face à ce carreau dans lequel se trouve.« Haïti peut revivre si nous nous rejoignons toutes nos forces », reconnaît-il.

Gedeon Delva

22-23 août 1791 : La nuit où le volcan de la liberté explose à Saint-Domingue

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Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, la colonie de Saint-Domingue, joyau économique de l’empire français, fut le théâtre d’un soulèvement sans précédent. Des milliers d’esclaves, longtemps réduits au silence et à l’ombre du Code Noir, osèrent défier l’ordre colonial et proclamer leur liberté. De cette insurrection naquit la Révolution haïtienne, un bouleversement historique qui ébranla le système esclavagiste mondial et démontra que même les peuples les plus opprimés peuvent écrire leur propre destin.


Par Pierre Josué Agénor Cadet

Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, dans la colonie de Saint-Domingue, alors appelée la Perle des Antilles par ses colonisateurs, bastion de l’économie coloniale française, des milliers d’hommes et de femmes — considérés comme biens meubles selon l’article 44 du Code Noir de 1685 —, réduits en esclavage, osèrent ce que l’Europe croyait impensable : se soulever massivement contre l’ordre colonial, esclavagiste et raciste.

Ce mouvement, fruit du congrès historique du Bois-Caïman et unique dans l’histoire moderne, ouvrit la voie à la Révolution dominguoise, conduisant à la naissance de l’État d’Haïti et marquant un tournant majeur dans la lutte universelle pour la liberté et la dignité humaine.

Le système colonial : richesse et barbarie
À la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue était la colonie la plus prospère de l’empire français. Ses plantations de sucre, de café et d’indigo assuraient près de la moitié du commerce colonial. Mais cette prospérité reposait sur un crime : l’asservissement de près de 700 000 Africains.

Si l’on excepte M. Viefville des Essarts, député du Vermandois, qui eut l’audace de réclamer l’abolition de l’esclavage à la tribune de l’Assemblée constituante, on peut, avec Aimé Césaire, affirmer que « les éclaboussures de l’éloquence parlementaire ne touchèrent point les esclaves ». Sans doute Jean-Paul Marat, dans le numéro 524 de L’Ami du peuple, aborda-t-il le problème colonial avec rigueur en écrivant : « Pour secouer le joug cruel et honteux sous lequel ils gémissent, les esclaves sont autorisés à employer tous les moyens possibles, la mort même, pour arriver à massacrer jusqu’au dernier de leurs oppresseurs. » 

Mais les esclaves n’attendaient pas cette recommandation pour entreprendre le renversement de l’édifice esclavagiste. Avec eux, l’esprit du Bois-Caïman suivrait une ligne ascendante jusqu’à la destruction du système.

Les germes de la révolte
Dans un mémoire du roi aux administrateurs de Guyane, daté du 9 septembre 1776, on lit : « L’esclavage est un état violent et contre nature, ceux qui y sont assujettis sont continuellement occupés du désir de s’en libérer et sont toujours prêts à se révolter ». C’est dans ce système d’oppression et d’exploitation que résident les causes profondes du vaste mouvement insurrectionnel.

À cet égard, l’historien Étienne Charlier souligne : « Les causes fondamentales de ce mouvement furent le régime monstrueux de l’esclavage, qui avait assis l’opulence d’une poignée de colons sur la misère de centaines de milliers d’hommes. »
Les esclaves de Saint-Domingue n’attendaient pas l’onde de choc de la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 pour comprendre que la liberté leur avait été enlevée, qu’ils étaient la chose d’autrui…

Le fouet du commandeur leur enseignait amèrement cette vérité. Si les colons blancs revendiquaient davantage d’autonomie et les libres de couleur réclamaient l’égalité civile, les esclaves, inspirés par les idéaux de liberté, commencèrent à croire en un avenir différent.

L’historien Michel-Rolph Trouillot note : « La Révolution haïtienne fut impensable, même après qu’elle eut eu lieu ». Les élites coloniales et européennes ne pouvaient imaginer que des esclaves noirs oseraient, et réussiraient, à transformer l’ordre mondial.

L’explosion d’août 1791
Grâce au créole, qui permettait la communication entre Africains de multiples provenances, au vaudou, qui renforçait les liens de solidarité et offrait un apprentissage de l’organisation, et aux nouvelles conditions de travail avec l’introduction massive de la canne à sucre, le Nord de la colonie s’embrasa dans la nuit du 22 au 23 août 1791.

Des centaines de plantations furent incendiées, les colons attaqués, et l’ordre esclavagiste ébranlé. Ce soulèvement, loin d’être une jacquerie spontanée, avait été préparé et organisé.

L’un des leaders, Boukman Dutty, exhorta ses compagnons ainsi :
« Le dieu qui nous a créés, qui dirige la foudre et gouverne la mer, nous ordonne de nous venger de nos ennemis. Écoutez la voix de la liberté qui parle au fond de nos cœurs. »
Ce cri de révolte transforma le désespoir en énergie collective.

Une révolution sans précédent
Contrairement aux nombreuses révoltes serviles écrasées dans l’histoire, celle de Saint-Domingue s’enracina et s’amplifia, se transformant en véritable guerre révolutionnaire. Des figures comme Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Pétion et Henri Christophe émergèrent, organisant une armée indigène redoutable qui mit en échec les troupes françaises, espagnoles et britanniques.

L’historien trinidadien C. L. R. James, dans son ouvrage classique Les Jacobins noirs (1938), souligne : « Les esclaves de Saint-Domingue ne demandèrent pas la liberté : ils la prirent ».

L’impact universel du soulèvement
La victoire des insurgés, scellée par l’indépendance de Saint-Domingue sous le nom d’Haïti (Ayti) en 1804, eut une portée universelle. Elle fit vaciller le système esclavagiste mondial et inspira les luttes abolitionnistes. Elle prouva qu’un peuple opprimé, considéré comme sans droit et sans avenir, pouvait renverser un empire et se constituer en nation libre et souveraine.

Un journal anglais de l’époque s’en alarmait : « Si les esclaves de Saint-Domingue ont pu vaincre les armées les plus puissantes, qu’en sera-t-il demain dans nos colonies ? »

Plus de deux siècles plus tard, alors qu’Haïti traverse une crise multidimensionnelle marquée par l’effondrement des institutions, l’inertie de la classe politique, l’insécurité et la dépendance extérieure, la mémoire de 1791 garde toute son actualité.

Le soulèvement des esclaves rappelle que la liberté et la souveraineté ne s’obtiennent pas : elles se construisent dans l’unité et la volonté collective.

C’est peut-être là la plus grande leçon laissée par les insurgés de Saint-Domingue : même dans l’adversité la plus sombre, un peuple peut inventer son avenir.

Kenscoff : l’État haïtien face à son irresponsabilité

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Par Jean Wesley Pierre

Le drame de Kenscoff, survenu le 19 août 2025, a coûté la vie à deux policiers de l’unité SWAT et blessé plusieurs autres. Ce qui aurait dû être un moment de recueillement et d’unité nationale s’est transformé en miroir cruel de l’incohérence et de l’impréparation de l’État haïtien. Car plus grave que la tragédie elle-même est la gestion désastreuse de l’information et l’incapacité des autorités à livrer un récit clair et cohérent des faits.

D’un côté, la Primature parle de « deux morts et deux blessés ». De l’autre, le président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, évoque « deux morts et sept blessés ». Deux chiffres, deux réalités parallèles, un même pays. Ces divergences révèlent l’absence d’un système de commandement opérationnel unifié. Comment croire à la capacité de l’État de rétablir la sécurité nationale quand il ne sait même pas compter ses propres victimes ? Cette incohérence n’est pas une simple erreur de communication : elle illustre le chaos administratif, l’improvisation permanente et l’absence de reddition de comptes. Elle jette le doute sur tout le reste : les enquêtes, les promesses, les bilans officiels.

Les communiqués successifs livrés au public n’éclairent rien.

La Police nationale évoque un « incident », sans jamais qualifier les causes ni les responsabilités. La Primature parle d’« accident » provoqué par un « drone kamikaze », transporté « par des habitants dans un geste de bonne foi » une formulation qui frôle l’absurde et révèle un effondrement total des protocoles de sécurité. Le Conseil présidentiel, lui, se réfugie dans les grandes phrases : « aucun sacrifice ne sera oublié », « moyens accrus », « solidarité nationale ». Dans cette grammaire officielle, chaque mot atténue, dilue, détourne. Le réel est masqué par la rhétorique. Le bilan devient flou, la responsabilité disparaît, la vérité est renvoyée à un « moment opportun » qui ne vient jamais.

Au-delà des mots, l’événement de Kenscoff révèle une chaîne de fautes graves :

  • Périmètre de sécurité inexistant : Comment un engin explosif a-t-il pu franchir les contrôles et atteindre une base SWAT?
  • Absence de doctrine anti-drones : aucune mention d’équipements ou de protocoles pour détecter et neutraliser ce type de menace.
  • Improvisation mortelle : le simple fait que des civils puissent transporter un objet aussi dangereux vers une unité spécialisée témoigne d’une culture de l’amateurisme institutionnalisé.

Chaîne de commandement éclatée : 2 voix officielles, plusieurs versions différentes. Résultat : confusion totale et perte de confiance publique. Ces défaillances ne sont pas techniques seulement, elles sont politiques. Elles reflètent l’incapacité des dirigeants à anticiper, à planifier et à protéger leurs propres forces.

Les discours officiels multiplient les formules vagues : « renforcer », « protéger », « doter », « accompagner ». Mais nulle part n’apparaissent des chiffres, des délais, des procédures ou des responsabilités précises.
Or, dans toute politique de sécurité sérieuse, la transparence est non négociable : un bilan consolidé, un calendrier d’enquête, des sanctions en cas de fautes, un soutien réel aux familles, et surtout, une révision immédiate des procédures de protection. Rien de cela n’a été annoncé.

À Kenscoff, ce ne sont pas seulement deux policiers qui sont tombés. C’est aussi la vérité. Une vérité qu’un État digne aurait dû livrer avec clarté, courage et sens du devoir. À la place, les Haïtiens ont eu droit à des bilans contradictoires, à des euphémismes bureaucratiques et à une pluie de promesses creuses.

Tant que l’État s’obstine à maquiller la réalité au lieu de l’affronter, la sécurité continuera de se dégrader. Car on ne combat pas les gangs, ni les menaces terroristes, avec des discours de condoléances et des slogans patriotiques. On les combat avec des stratégies, des procédures respectées, des équipements adaptés et une redevabilité claire.

Le drame de Kenscoff aurait pu être une tragédie unificatrice. Il devient un révélateur d’irresponsabilité. L’État haïtien s’est montré incapable d’énoncer un fait aussi simple que le nombre exact de ses victimes. Cette faillite, en apparence symbolique, est en réalité fondamentale : un État qui ne peut compter ses morts ne pourra jamais protéger les vivants.

Les policiers tombés ne demandent pas de belles phrases. Ils réclament, par leur sacrifice, une vérité nue et une gouvernance responsable. À défaut, leurs vies auront été sacrifiées une seconde fois sur l’autel de l’irresponsabilité et de la lâcheté politique.

Kenscoff sous le choc : la PNH perd deux nouveaux agents dans un accident de drone

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Drame à Kenscoff – Après la perte de deux agents de la Police nationale haïtienne de l’unité BOID, les forces de l’ordre pleurent de nouveau la mort de leurs frères, deux agents de l’unité SWATT, tués dans une explosion de drone ce 19 août 2025, une explosion dite accidentelle. Le compteur macabre de la Police nationale haïtienne continue de grimper.

Les circonstances entourant cet événement restent floues. Selon les informations recueillies auprès de la Police nationale haïtienne, cet accident serait survenu peu après que les Kenscoffois ont remis un drone explosif à la police. Ce n’est qu’ensuite que ce dernier a explosé, causant la mort de deux policiers et blessant plusieurs autres.

Cette tragédie survient dans un climat particulièrement tendu pour la PNH, avec un bilan déjà lourd : plusieurs blindés incendiés par les bandits, des maisons détruites, des routes coupées. Depuis plusieurs semaines, les affrontements répétés entre les unités spécialisées et les membres des gangs situés à Kenscoff ont coûté la vie à plusieurs policiers, dont deux agents de l’unité BOID, dont les dépouilles ont été profanées.

Donc, l’utilisation non contrôlée des drones nous rappelle que ces engins peuvent être une arme à double tranchant. Dans un communiqué, la Police nationale haïtienne a confirmé les pertes et promis d’enquêter pour dissiper toute zone d’ombre. « Le Commandement est en train de prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin de continuer à garantir la sécurité à Kenscoff et ne tardera pas à informer le public au moment opportun », précise le communiqué de la PNH.

De son côté, le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a rendu hommage aux vaillants policiers tombés à Kenscoff pour leur dévouement et leur sacrifice. « Ces hommes et ces femmes incarnent l’autorité et la souveraineté de l’État, et leur engagement est la garantie de la sécurité et de la stabilité de la Nation », a écrit le Premier ministre.

Quant au président du Conseil de transition, Laurent Saint-Cyr, son discours reste inchangé.’« L’État réaffirme sa détermination à doter la Police nationale d’Haïti de moyens accrus pour lui permettre d’accomplir sa mission », déclare-t-il.

Pour sa part, le chargé d’affaires, Henry T. Wooster, ainsi que l’ambassade des États-Unis, ont salué la mémoire de ces héros et insisté sur le fait que les États-Unis soutiendront toujours la Police nationale haïtienne. « Je viens de m’entretenir avec le Premier ministre haïtien Fils-Aimé @citoyendidier pour lui présenter mes condoléances à la suite du décès de deux agents du SWAT de la @pnh_officiel », a conclu le diplomate.

Pendant que les autorités se contentent de discours officiels et de promesses, la réalité sur le terrain reste implacable : les rues de Kenscoff continuent de brûler, les familles de policiers pleurent, et le pays observe, impuissant, le compteur macabre de la PNH grimper sans que rien ne change vraiment.

Dans ce cycle de violence et d’inaction, chaque nouvelle tragédie rappelle douloureusement que l’État semble encore une fois incapable de protéger ceux qui le servent et les citoyens qu’il est censé défendre.

Par WPJ

Présentation d’une feuille de route pour Haïti avec un budget revu de 2,6 milliards de dollars

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Un document actualisé, fruit d’un travail conjoint entre l’OEA, la CARICOM, l’ONU et les autorités haïtiennes, redéfinit les priorités du pays pour les trois prochaines années. Sécurité, aide humanitaire, gouvernance et relance économique y sont inscrites, avec un budget réévalué à 2,6 milliards de dollars.

Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a présenté, le 20 août 2025, un nouveau projet de feuille de route destiné à accompagner Haïti dans sa sortie de crise. Préparé en coordination avec les institutions haïtiennes et plusieurs organisations internationales, ce plan propose une vision stratégique et un chiffrage budgétaire détaillé pour la période 2025-2028.

L’initiative repose sur une répartition claire des rôles entre partenaires. L’OEA assurera la coordination générale et la mobilisation des fonds, la Communauté caribéenne (CARICOM) facilitera le dialogue politique, tandis que l’Organisation des Nations unies (ONU) apportera un appui technique et son expérience en matière de maintien de la paix. Le gouvernement haïtien, de son côté, sera appelé à s’approprier le processus et à garantir l’inclusion des acteurs nationaux.

La feuille de route se décline en cinq grands axes. Le premier met l’accent sur la stabilisation sécuritaire : démantèlement des gangs armés, renforcement de la Police nationale et sécurisation des zones stratégiques. Le deuxième est centré sur la réponse humanitaire face à l’urgence alimentaire et sanitaire qui touche des millions de personnes. Le troisième concerne la gouvernance et la recherche de consensus politique afin d’assurer la transition vers des institutions légitimes. Le quatrième est dédié à l’organisation des élections, avec un accompagnement technique du Conseil électoral provisoire et de l’Office national d’identification. Enfin, le cinquième vise à relancer l’économie, notamment par la modernisation de l’agriculture, la création d’emplois et la réhabilitation des infrastructures essentielles.

Le budget global du plan est fixé à 2,6 milliards de dollars. Pour Albert R. Ramdin, l’efficacité du dispositif repose sur la capacité des bailleurs à honorer leurs engagements : « La sécurité et la stabilité d’Haïti nécessitent des moyens conséquents. Sans financement, aucune stratégie ne peut produire de résultats », a-t-il insisté.

Les représentants haïtiens auprès de l’OEA ont salué ce nouveau document tout en soulignant l’importance d’une appropriation nationale. Selon eux, l’avenir du pays ne pourra être garanti que si les solutions proposées sont adaptées aux réalités locales et portées par les Haïtiens eux-mêmes.

Cette présentation survient dans un contexte marqué par l’aggravation de la violence des gangs, qui contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince. Plus de 1,3 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et les violences armées ont causé plus de 5 600 morts en 2024. Dans ces conditions, la sécurité apparaît comme la condition préalable à tout redressement.

Les prochaines étapes incluront la convocation d’une conférence internationale des donateurs et la mise en place d’un mécanisme de suivi transparent afin de rendre compte de l’utilisation des fonds et des progrès réalisés. Pour les partenaires internationaux, l’urgence est d’éviter un vide institutionnel prévu en février 2026 et de créer les bases d’une transition durable.

La rédaction

Célébrons François Leslie Manigat, l’homme qui voulait redresser Haïti !

Ce 16 août, la mémoire de Leslie Manigat nous rassemble. Grand homme d’État, immortel par son œuvre, éminent professeur et fondateur du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), il laisse à Haïti un héritage qui inspire encore le combat pour la dignité et la démocratie.

39ᵉ président d’Haïti et premier de l’ère post-duvaliérienne issu d’une élection, quoique contestée par la majorité des groupements politiques d’alors, François Leslie Manigat, fils de François Saint-Surin Manigat, professeur de mathématiques au secondaire, et de Haydée Augustin, institutrice, est né le 16 août 1930 à Port-au-Prince.

Descendant de la vieille élite conservatrice du Nord, Manigat, en se lançant dans la politique, ne fait que suivre les traces de certains de ses aïeux, dont son grand-père, le général Saint-Surin François Manigat. En effet, ce dernier fut, sous le président Lysius Salomon (23 octobre 1879 – 10 août 1888), successivement ministre de l’Intérieur, délégué de la nouvelle Banque nationale d’Haïti et ministre de l’Instruction publique. Au tournant du XXᵉ siècle, il fut de ceux qui nourrissaient des ambitions présidentielles.

Après ses études classiques au Collège Saint-Louis de Gonzague, dirigé par les Frères de l’Instruction chrétienne (FIC), Leslie François Manigat poursuivit sa formation à la Sorbonne, où il décrocha un doctorat en philosophie.

Sa carrière politique débuta dans les années 1950 au ministère des Affaires étrangères. Soutenant la candidature et l’idéologie de François Duvalier en 1957, il fonda, en 1958 et à la demande de celui-ci, l’École des hautes études internationales, dont il fut le premier directeur. Toutefois, au début des années 1960, ses relations avec le président élu le 22 septembre 1957 se détériorèrent à un point tel qu’il fut l’objet de poursuites de la part du gouvernement. Accusé d’avoir soutenu les grèves étudiantes du début des années 1960, il fut emprisonné durant deux mois, en 1963, avant de prendre le chemin de l’exil — d’abord aux États-Unis, puis en France et au Venezuela.

Reconnu pour ses solides connaissances en histoire et son expertise dans les questions relatives aux relations internationales, il fut appelé à enseigner dans plusieurs universités, dont la Johns Hopkins University à Baltimore, Maryland (États-Unis), l’Institut d’études politiques à Paris, the University of the West Indies à Trinité-et-Tobago, Yale University (pour une brève période) et l’Université de Caracas, aujourd’hui nommée Universidad Central de Venezuela.

En exil, il se rangea du côté de l’opposition et devint, dans les années 1970, un militant farouche ; un militantisme qui le conduisit à fonder, en 1979, au Venezuela, le Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP).

À la chute de la dictature héréditaire des Duvalier, le 7 février 1986, Leslie François Manigat, comme de nombreux compatriotes ayant milité dans l’opposition extérieure, reprit le chemin du pays avec la volonté d’apporter sa contribution au processus démocratique naissant. Sous la bannière de son parti, il se porta candidat à la présidence lors de l’élection prévue pour le 29 novembre 1987.

Lorsque le CNG, invoquant les actes de violence et la tuerie survenue dans un bureau de vote, annula les élections et osa dissoudre le CEP, Manigat refusa de critiquer ouvertement le Conseil national de gouvernement, laissant même entendre que le CEP portait une part de responsabilité dans le fiasco.

Affirmant que l’armée était incontournable et qu’il fallait la prendre au mot lorsqu’elle déclarait être en mesure d’organiser des élections libres et honnêtes, il se porta donc candidat aux élections du 17 janvier, organisées par cette dernière, et devint ainsi président d’Haïti le 7 février 1988.

Son accession, réprouvée par une classe politique haïtienne incapable de le cerner et jugée indigeste par une communauté internationale qui le combattit, se déroula dans une relative indifférence. Pourtant, nombre de compatriotes, adoptant l’attitude de l’observateur attentif, espéraient de lui une action intrépide prouvant, sinon sa légitimité, du moins son indépendance.

Pendant les quatre mois qu’il exerça le pouvoir, il s’efforça de montrer qu’il pouvait être l’homme par qui passerait la rédemption d’Haïti. Or, depuis quelques années, le pays s’enlise dans une transition circulaire où les mêmes visages reviennent, disparaissent, puis réapparaissent, perpétuant l’exercice du pouvoir par la violence — une violence pourtant tolérée par la communauté internationale.

Les élections ne sont plus l’élément central conduisant à la démocratie. Face à une classe politique au bord de la déchéance et à une communauté internationale qui contrôle aujourd’hui un pays plongé dans un profond chaos, les Haïtiens doivent enfin s’interroger. Pendant ce temps, le combat contre la compétence, l’intégrité, la qualité et l’excellence se poursuit.

Leslie Manigat fut une expérience à tenter et à multiplier. Il avait globalement raison sur tout. Mais en politique, on peut avoir raison et perdre. Le combat, lui, continue. Et l’histoire, un jour, jugera la véritable portée de son héritage.

Sonet Saint- Louis av
Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie à la Faculté de droit et des Sciences économiques de l’ Université d’ Etat d’ Haiti.
Sous les bambous,
sonet.saintlouis@gmail.com

Nenel Cassy, entre libération et soutien populaire : un combat politique sous tension

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Le nom du sénateur Nenel Cassy revient avec force au cœur de l’actualité politique haïtienne. Auditionné par le parquet de Port-au-Prince, puis libéré, l’ancien parlementaire se retrouve au centre d’une vive controverse, alimentée par des accusations croisées et des mobilisations de ses partisans.

Dans une vidéo récemment diffusée, ses sympathisants avaient dénoncé ce qu’ils considèrent comme des tentatives de boycott et de persécution politique visant à freiner l’action du sénateur et à l’écarter de la scène politique nationale. Selon eux, des groupes organisés s’emploieraient à neutraliser son influence et à empêcher la poursuite de son engagement.

Malgré ces pressions, les partisans de Nenel Cassy affichent une détermination sans faille. Ils affirment que ces manœuvres n’entameront en rien leur volonté de continuer le combat politique et de travailler à la prise du pouvoir, afin de mettre en œuvre leur agenda de changement, qu’ils présentent comme une alternative crédible et profonde pour Haïti.

Cette affaire avait également suscité une réaction immédiate du porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, Me André Michel, qui a dénoncé une justice « à deux vitesses ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il avait rappelé que pendant que Nenel Cassy et Rosemila Petit Frère Sainvil sont derrière les barreaux, d’autres figures politiques, comme l’ex-président Michel Martelly et ses proches accusés de gangstérisation du pays et de pillage des caisses de l’État, n’ont jamais été inquiétées par la justice haïtienne.

Entre accusations de sélectivité judiciaire et mobilisation populaire autour de sa personne, Nenel Cassy apparaît aujourd’hui comme un symbole d’un affrontement politique qui pourrait redessiner les rapports de force sur la scène nationale. Reste à savoir si son passage devant la justice renforcera ou fragilisera son rôle dans la quête d’un changement politique en Haïti.

Jeux panaméricains de la Jeunesse : Ava Lee offre à Haïti sa première médaille d’or

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ASUNCION, Paraguay.— Quand un peuple traverse les ténèbres, il arrive qu’une étincelle suffise à rallumer l’espérance. Aux Jeux panaméricains de la Jeunesse, cette étincelle s’appelle Ava Lee, et son éclat est fait d’or. La jeune taekwondoïste haïtienne est entrée dans l’histoire en décrochant la toute première médaille d’or panaméricaine pour son pays, inscrivant son nom au panthéon du sport national.

Sur le tatami paraguayen, Ava Lee a démontré une maturité impressionnante. Son entrée en lice fut sans appel : victoire 2-0 contre la Portoricaine Valeria López, sans concéder le moindre point. En demi-finale, elle récidive face à l’Équatorienne Matvelin Espinoza, gérant le combat avec calme et précision.

En finale, face à la Mexicaine Paloma Garcia, la tâche fut plus ardue. Menée après la première manche (0-1), la gauchère haïtienne a trouvé les ressources mentales pour inverser la tendance. Grâce à un dollyo tchagui parfaitement exécuté et plusieurs enchaînements précis, elle s’impose 2-1 et offre à Haïti une victoire historique.

«Je n’ai jamais pensé à abandonner», a-t-elle confié à l’issue du combat. «J’ai senti derrière moi tout un peuple. Cette médaille, c’est pour Haïti».

Une victoire qui transcende le sport

Ce succès dépasse le cadre sportif. Dans un pays miné par la crise et l’insécurité, cette médaille représente un acte de résistance et un symbole d’espoir pour la jeunesse. Le président du Comité olympique haïtien, Hans Larsen, insiste sur la portée collective de ce triomphe.
«Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. C’est la récompense du travail acharné de nos athlètes et de nos dirigeants. Aujourd’hui, Haïti entre dans l’histoire», a-t-il déclaré.

Même son de cloche du côté de la Fédération haïtienne de taekwondo. Son président, le Dr Frénel Ostin, souligne l’importance de cette étape.
«Le taekwondo haïtien vit une journée historique. Nous avons résisté avec peu de moyens, mais avec la conviction que ce sport pouvait hisser notre drapeau. Ava en est la preuve vivante».

Une médaille pour une jeunesse qui refuse de renoncer

Alors que l’État et le secteur privé peinent à accompagner pleinement les sportifs, la performance d’Ava Lee révèle l’immense potentiel d’une jeunesse qui refuse de se résigner. Elle rappelle aussi que, même dans le chaos, Haïti peut encore briller et s’asseoir à la table des vainqueurs.

Ce 16 août 2025 restera ainsi une date charnière, non seulement pour l’histoire du sport haïtien, mais aussi pour l’imaginaire collectif d’un peuple en quête de fierté et de renaissance.

Jean Mapou

Transition politique : l’État haïtien affiche son unité pour la sécurité et des élections crédibles

Dans un contexte national marqué par l’urgence sécuritaire et les attentes d’un retour à l’ordre démocratique, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint Cyr, a pris part ce mardi à une rencontre de haut niveau avec le Conseil Électoral Provisoire (CEP). Il était accompagné du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que de Frinel Joseph, membre observateur du CPT chargé des affaires électorales.

Ensemble, ils ont tenu une séance de travail visant à réaffirmer l’engagement de l’État à restaurer la sécurité et à garantir des élections « crédibles, transparentes et démocratiques ».

Un signal fort de cohésion institutionnelle

Lors de cette réunion, le Président du CPT a souligné, avec le soutien du Chef du gouvernement, la détermination des autorités à mobiliser tous les moyens nécessaires pour répondre aux attentes du peuple haïtien. Les priorités fixées incluent :

  • Le renforcement de la lutte contre l’insécurité et la protection de la population ;
  • La consolidation de la confiance entre les institutions républicaines et les citoyens ;
  • L’organisation d’un processus électoral inclusif et impartial, conforme aux standards démocratiques ;
  • L’augmentation du budget du CEP afin de renforcer la transparence et l’efficacité du processus électoral.

Vers un processus électoral plus crédible

À travers cette démarche, le Conseil Présidentiel de Transition, le Gouvernement et le CEP entendent afficher une unité sans ambiguïté, gage de crédibilité et de stabilité dans un moment crucial pour l’avenir de la République.

L’État haïtien veut se porter garant de la souveraineté et de la démocratie, tout en affirmant sa volonté de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres et équitables.

En envoyant ce message d’unité et de détermination, les autorités de transition cherchent à rassurer une population en quête de sécurité, de stabilité et de perspectives démocratiques claires.

Par Gesly Sinvilier