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Mort d’Alexeï Navalny : Empoisonnement à la toxine, quelle vérité ?

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Par Gesly Sinvilier

La mort d’Alexeï Navalny, figure emblématique de l’opposition russe, a ravivé les tensions entre Moscou et les capitales occidentales, tout en relançant les interrogations sur l’usage présumé de substances toxiques contre les dissidents du pouvoir. Déjà victime en 2020 d’un empoisonnement attribué à un agent neurotoxique de type Novitchok, Navalny était devenu le symbole d’une contestation politique frontalement opposée au Kremlin. Son décès en détention soulève aujourd’hui des soupçons renouvelés d’empoisonnement par une toxine mortelle, dans un climat de profonde défiance internationale.

Un précédent lourd : l’empoisonnement de 2020

En août 2020, Alexeï Navalny tombe gravement malade lors d’un vol intérieur en Russie. Évacué vers l’Allemagne, des laboratoires européens concluent à l’exposition à un agent neurotoxique de la famille des Novitchok, substances développées à l’époque soviétique. L’affaire provoque une onde de choc diplomatique : sanctions européennes, condamnations occidentales et dénégations catégoriques des autorités russes.

Navalny, rétabli, décide pourtant de rentrer en Russie en janvier 2021. Il est immédiatement arrêté puis condamné dans plusieurs affaires judiciaires dénoncées par ses partisans comme politiquement motivées. Son incarcération dans une colonie pénitentiaire à régime strict, dans des conditions décrites comme particulièrement dures, a nourri pendant des années les inquiétudes de ses soutiens.

Les circonstances du décès

Les autorités pénitentiaires russes ont annoncé la mort de Navalny en détention, évoquant un malaise soudain après une promenade. Selon la version officielle, les tentatives de réanimation n’auraient pas permis de le sauver. Toutefois, la communication initiale parcellaire et le contrôle strict des informations ont rapidement alimenté les spéculations.

Les proches de Navalny, ainsi que plusieurs gouvernements occidentaux, ont exprimé de sérieux doutes quant à la version officielle. Ils évoquent la possibilité d’un nouvel empoisonnement, compte tenu des antécédents et du profil de la victime. Pour eux, le décès ne peut être dissocié du contexte politique : Navalny représentait l’opposant le plus visible et le plus structuré face au pouvoir en place.

Hypothèse d’une toxine mortelle : entre science et politique

L’hypothèse d’un empoisonnement par toxine mortelle repose sur plusieurs éléments : l’historique de l’attaque de 2020, les conditions de détention difficiles et la réputation des services de sécurité russes en matière d’empoisonnements ciblés, selon diverses enquêtes journalistiques internationales.

Cependant, à ce stade, aucune preuve indépendante n’a été rendue publique confirmant formellement l’usage d’une substance toxique dans la mort de Navalny. L’accès au corps, les résultats d’autopsie et les analyses toxicologiques constituent des éléments clés dans toute enquête crédible. Or, le manque de transparence perçu alimente la méfiance et les accusations.

Une affaire aux répercussions internationales

La disparition d’Alexeï Navalny dépasse le cadre strictement judiciaire ou médical. Elle s’inscrit dans un affrontement géopolitique plus large entre la Russie et l’Occident, déjà exacerbé par la guerre en Ukraine et les sanctions économiques. Plusieurs dirigeants occidentaux ont tenu le Kremlin pour responsable, au moins politiquement, de la mort de l’opposant. Moscou, de son côté, dénonce des ingérences et une instrumentalisation politique du drame.

À l’intérieur de la Russie, l’événement a provoqué des rassemblements spontanés et des hommages, parfois suivis d’interpellations. Navalny, même en détention, restait une figure mobilisatrice, notamment auprès des jeunes générations urbaines et connectées.

Entre vérité judiciaire et vérité politique

L’enquête sur la mort d’Alexeï Navalny s’annonce déterminante, mais aussi hautement sensible. Si la piste d’un empoisonnement par toxine mortelle devait être confirmée, elle constituerait un nouveau tournant majeur dans l’histoire politique contemporaine russe. À l’inverse, l’absence de preuves publiques et transparentes continuera d’alimenter les soupçons et la polarisation.

Au-delà des circonstances exactes de son décès, la mort de Navalny marque un moment charnière : celui d’une opposition privée de son leader le plus charismatique et d’un pouvoir confronté à une nouvelle vague de critiques internationales. Dans cette affaire, la quête de vérité se heurte à des enjeux politiques colossaux, où la science, la justice et la diplomatie s’entremêlent étroitement.

Gesly Sinvilier / Le Relief

Modernisation du marché financier : quand la BRH forme les banques à l’utilisation du Dépositaire Central de Titres (DCT)

Par Jean Wesley Pierre

Dans le cadre de la modernisation du système financier haïtien, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a organisé, du 11 au 13 février 2026, des sessions de formation dédiées à l’utilisation du Dépositaire Central de Titres (DCT).

Ces séances intensives de trois jours, destinées aux institutions bancaires, visaient à renforcer les compétences techniques des acteurs financiers sur cette infrastructure clé. L’objectif principal de cette initiative est de favoriser une gestion plus sécurisée, plus transparente et plus efficiente des titres financiers.

Au cours de cette formation, les participants ont suivi un programme pratique et progressif. Les travaux ont notamment porté sur l’administration des accès et des profils utilisateurs, la gestion des comptes titres, ainsi que sur le traitement des principales opérations réalisées sur les marchés primaire et de gré à gré. Pour garantir une parfaite maîtrise de l’outil, des exercices pratiques ont été menés afin de mettre en application l’ensemble des notions abordées.

À travers cette initiative, la Banque centrale poursuit ainsi ses efforts pour doter les institutions financières des compétences nécessaires à l’utilisation efficace du DCT, contribuant par là-même au bon fonctionnement du marché financier en Haïti.

Par ailleurs, la (BRH) Banque de la République d’Haïti a annoncé que d’autres sessions de formation sont d’ores et déjà prévues dans les prochaines semaines. Celles-ci seront spécifiquement destinées à accompagner les institutions financières non bancaires dans la prise en main de cet outil.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Sécurité : la TSS fait le point sur les avancées et le déploiement de la FRG

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Réunie le 12 février 2026 à l’Hôtel Karibe, la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) a évalué les progrès enregistrés par les forces nationales et dressé l’état d’avancement de la Force de Répression des Gangs (FRG), dans un climat sécuritaire toujours préoccupant.

Un processus engagé depuis 2024

La cinquième réunion de la TSS s’inscrit dans la continuité des travaux lancés en 2024. Le 2 septembre 2025, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH-H) avait présenté les Actes de la première série de réunions et conférences de la TSS, fruit de quatre rencontres et conférences organisées entre décembre 2024 et juillet 2025.

Ces travaux avaient réuni les principaux acteurs du secteur : la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti, la Mission multinationale d’appui à la sécurité, appelée à devenir la Force de Répression des Gangs, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les Nations Unies à travers le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), ainsi que l’Organisation des États américains.

Après l’adoption d’une feuille de route régionale en août 2025 et de résolutions onusiennes transformant la MMAS en FRG avec un mandat renforcé, la TSS a jugé nécessaire d’évaluer ce dispositif multi-acteurs à la lumière des recommandations formulées précédemment.

Une forte représentation institutionnelle

Autour de la table figuraient plusieurs responsables sécuritaires et représentants de la société civile, dont l’inspecteur général en chef de la PNH Frédéric Leconte, l’inspecteur général Frantz Termilus, le colonel des FAD’H Florexil Edwin, ainsi que Sébastien Comlan Hounhouedo pour le HCDH.

Des organisations de défense des droits humains membres de la TSS étaient également présentes, aux côtés de figures de la société civile, dont le cinéaste Arnold Antonin.

La PNH revendique des avancées opérationnelles

Au chapitre des progrès, la Police nationale a souligné une meilleure coordination entre le haut commandement et les unités engagées sur le terrain, notamment la Task Force et les FAD’H.

L’institution met en avant l’acquisition de nouveaux équipements, l’augmentation des effectifs dans le cadre du programme « P4.000 » qui vise à former 4 000 policiers en douze mois ainsi que l’intensification des opérations offensives.

La récupération et la consolidation de certaines zones stratégiques et infrastructures publiques figurent également parmi les résultats présentés. Le renforcement des capacités dans les départements et au niveau de la police frontalière a été évoqué comme un axe prioritaire.

Cependant, les responsables reconnaissent des limites structurelles : multiplication des facteurs criminogènes, faiblesse de la coordination globale et absence d’un véritable plan national de sécurité adossé à une politique publique cohérente.
La FRG : un mandat robuste sous surveillance des droits humains

Les discussions ont ensuite porté sur la mise en place de la Force de Répression des Gangs. Trois axes ont structuré les échanges : les avancées depuis l’adoption du mandat, les actions en cours et les perspectives.

La FRG devrait compter environ 5 500 personnels policiers et militaires, avec la capacité de mener des opérations autonomes fondées sur le renseignement et d’intervenir en urgence.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a insisté sur l’intégration systématique des garanties en matière de droits humains dans le Concept of Operations (CONOPS). Deux dimensions ont été mises en avant :
La prévention, à travers la vérification des antécédents, la formation avant et après déploiement, l’intégration des normes dans la doctrine et la planification opérationnelle ;

La redevabilité, consistant à enquêter sur les violations éventuelles, identifier les responsabilités et appliquer les mesures nécessaires.
Des engagements financiers et des contributions en effectifs ont été évoqués lors de réunions internationales tenues en décembre 2025.

Les FAD’H en phase de remobilisation

Les Forces armées d’Haïti poursuivent leur appui à la PNH, notamment au sein de la Task Force. Cet accompagnement, tant opérationnel que matériel, aurait permis de reprendre et de consolider certaines zones stratégiques, dont Kenscoff.

L’institution compte actuellement environ 2 000 membres, avec une projection à 3 000 dans les sept prochains mois. Elle opère à partir de plusieurs bases, notamment le Grand Quartier Général, Clercine et Vertières, et participe à la sécurisation de bâtiments publics stratégiques ainsi qu’à des opérations de contrôle territorial à Kenscoff, Péligre, Malpasse et Marion.

Des obstacles persistants

Malgré les avancées évoquées, les participants ont souligné des freins majeurs : effondrement progressif du système de sécurité depuis la période post-Duvalier, absence de vision stratégique pérenne, adaptation parfois insuffisante de l’appui international, luttes politiques internes et tentatives de contrôle des institutions de sécurité.

Ces constats devront alimenter les travaux de la prochaine conférence de la TSS, prévue en mars. L’enjeu, selon les participants, est de dépasser la logique d’urgence pour bâtir une architecture de sécurité durable, capable de restaurer l’autorité de l’État et la confiance des citoyens.

La rédaction

Seule une bonne connaissance du droit peut permettre de défendre l’intérêt général !

Par Sonet Saint-Louis av

Depuis quelques années, j’observe que certains acteurs, soucieux de défendre leurs intérêts, mobilisent de manière sélective les principes constitutionnels et républicains. Cette lecture « à la carte » conduit chacun à invoquer la Constitution lorsqu’elle sert sa cause, et à la relativiser lorsqu’elle la contrarie. Or, en principe, l’application du texte constitutionnel ne devrait pas varier selon les circonstances : la règle de droit doit produire des solutions prévisibles.

La fonction d’une Constitution est précisément d’assurer cette prévisibilité du pouvoir politique en encadrant l’exercice de l’autorité : elle organise les organes, fixe leurs compétences et définit des procédures, afin de constituer un système ordonné et cohérent. La Constitution de 1987 s’inscrit dans cette logique. Le poste de Premier ministre qu’elle institue n’est pas un élément isolé : la Primature, dirigée par le Premier ministre, est juridiquement articulée à d’autres institutions. Dès lors, l’inexistence ou le dysfonctionnement de l’une d’elles fragilise l’ensemble de l’architecture constitutionnelle.

On l’a vu sous l’administration du président Jovenel Moïse : le Parlement haïtien s’est trouvé durablement dysfonctionnel faute d’élections permettant le renouvellement des deux Chambres. Dans un tel contexte, la disparition brutale du chef de l’État a créé une vacance du pouvoir, tout en rendant difficile la mise en œuvre d’une solution strictement conforme aux mécanismes ordinaires de succession prévus par la Constitution. Par ailleurs, Ariel Henry, qui a ensuite exercé le pouvoir, n’était pas en fonction au moment de l’assassinat du président.

À quoi sert un Premier ministre en l’absence de parlement ?
L’analyse des relations entre la présidence, la Primature et le Parlement m’amène à poser la question suivante : à quoi sert le poste de Premier ministre lorsque le Parlement est dysfonctionnel ? Autrement dit, comment le Conseil des ministres, placé sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, pourrait-il gouverner le pays sans avoir été investi d’un pouvoir constitutionnel propre ? C’est à cette question — à laquelle je répondrai dans le cadre de cette réflexion — que je soumets l’attention de la communauté juridique nationale, des professeurs de droit, des juristes, ainsi que des responsables politiques.

Considérant la Constitution comme un tout cohérent, dont l’unité suppose l’articulation de toutes ses parties, je fonde ma démarche sur la théorie des systèmes, qui postule que tout phénomène doit être étudié comme un système, c’est-à-dire comme un ensemble complexe d’éléments en interaction dynamique.

Ma démarche vise à démontrer que la Constitution de 1987 prévoit ses propres mécanismes de fonctionnement afin d’assurer la stabilité politique et la gouvernance du pays. Dès lors, toute perturbation touchant l’un de ses organes place nécessairement l’exercice du pouvoir en dehors de notre système constitutionnel et démocratique.

J’émets donc l’hypothèse suivante, découlant de la question spécifique posée ci-dessus : dans la situation actuelle, le Conseil des ministres, en tant qu’instance de responsabilité au regard de l’article 149 de la Constitution, n’existe pas.

Or, un décret publié récemment par le pouvoir de facto du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé annonce qu’en application de l’article 149 de la Constitution, c’est désormais le Conseil des ministres, sous l’autorité du Premier ministre, qui bénéficierait de la totalité du pouvoir exécutif. Je m’interroge : pourquoi est-ce précisément lorsque toutes les institutions créées pour permettre la mise en œuvre de la Constitution se trouvent en situation de dysfonctionnement que nos gouvernants prétendent vouloir l’appliquer ?

Le Premier ministre — qui, au regard de son parcours, semble méconnaître le fonctionnement de l’État, tant en théorie qu’en pratique — se tire une balle dans le pied en acceptant de publier un décret affirmant que le Conseil des ministres, placé sous son autorité, gouverne le pays.

Cette décision, dictée par certains juristes et responsables politiques, enferme désormais le Premier ministre dans un labyrinthe. Il faut bien le dire : l’amour du pouvoir et de l’argent a rendu vaine la connaissance de certains juristes. Cette ignorance profonde des élites dans la gestion de la chose publique constitue, dès lors, une opportunité pour les masses de se réveiller.

En admettant que ce soit le Conseil des ministres qui gouverne le pays, on admet du même coup que seul un Parlement haïtien — qui, précisément, n’existe pas — pourrait désapprouver un ministre ou le censurer, en vertu du principe de la responsabilité politique du cabinet ministériel devant les autorités parlementaires. Quel aveuglement juridique !

De l’autorité politique d’un Conseil des ministres
La doctrine juridique nous enseigne que le pouvoir d’un cabinet ministériel, dans un régime présidentiel, n’est pas le même que dans un régime parlementaire. Il n’existe pas un régime présidentiel, pas plus qu’il n’existe un régime parlementaire : il existe des régimes présidentiels et des régimes parlementaires. Dès lors, le régime parlementaire français ne saurait être érigé en juge de la rationalité du régime politique haïtien. Dans chaque Constitution, il y a du général et du particulier. Or, c’est le particulier qui fonde la rationalité d’un texte constitutionnel : son ancrage factuel. On n’élabore pas une Constitution dans le vide. Chaque norme est conçue pour résoudre un problème déterminé, et ce problème constitue la raison d’être de la norme.

Dans un régime présidentiel, le cabinet ministériel n’a pas de responsabilité politique. Aux États-Unis, par exemple, qui connaissent depuis plus de deux siècles un régime présidentiel, les secrétaires d’État sont choisis et nommés par le président, après approbation du Sénat. Le président détient seul le pouvoir exécutif. Il nomme et révoque, à sa discrétion, les secrétaires d’État, qui ne sont que ses collaborateurs, chargés de l’assister dans la gestion des affaires publiques. Il réunit ainsi entre ses mains les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement. Il conduit la politique de la nation et n’est pas politiquement responsable devant le Congrès. Le principe qui domine est celui de l’irrévocabilité réciproque.

Suivant ma lecture de la Constitution de 1987, le Premier ministre, dans un contexte démocratique, bénéficie d’une double légitimité : d’abord celle qu’il reçoit du président de la République, élu au suffrage universel direct, qui le désigne ; ensuite celle que lui confère le Parlement, qui ratifie le choix présidentiel et approuve sa déclaration de politique générale, transformée en mandat et en acte d’engagement.

Cela signifie que la responsabilité politique du président est assumée directement devant le peuple lors de son élection, puis consacrée devant l’Assemblée nationale lors de sa prestation de serment ; celle du Premier ministre, quant à elle, se construit devant les Chambres à travers la ratification de sa déclaration de politique générale. C’est précisément cette légitimité obtenue du Parlement qui confère au Conseil des ministres son autorité politique et fonde sa responsabilité politique.

En vertu du principe de la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, chaque ministre répond de son portefeuille devant celui-ci et ne peut être révoqué ni par le président de la République ni par le Premier ministre. Dans notre Constitution, les ministres sont responsables de la conformité de leurs actes à la loi. En aucun cas, ils ne peuvent prétendre avoir été « contraints », par le président ou par le Premier ministre, de poser un acte contraire à la Constitution et aux lois de la République : ce sont des gouvernants, et non de simples exécutants.

Le Conseil des ministres, pour toutes les décisions qui engagent la nation, n’est comptable et redevable que devant les élus du peuple — députés et sénateurs. En l’absence de responsabilité devant le Parlement, le Conseil des ministres cesse d’être l’instance politique appelée à gouverner le pays. Dans la situation actuelle, le cabinet ministériel dirigé par M. Fils-Aimé n’est responsable que devant lui-même : il est réduit à s’auto-contrôler en l’absence de Parlement. Les ministres placés sous son autorité ne sont alors plus que des collaborateurs.

Le pouvoir public ne peut agir que si la Constitution l’y autorise. Or, dans les conditions actuelles, le Premier ministre Fils-Aimé ne dispose d’aucune compétence explicitement fondée sur la Constitution. L’article 149, qui prévoit un exercice provisoire du pouvoir exécutif en cas de vacance présidentielle, devient dès lors inapplicable.

Dans ces circonstances, il ne peut s’appuyer sur cette disposition pour asseoir son autorité. M. Fils-Aimé doit d’abord clarifier son statut et la nature de son pouvoir, car, en pratique, il n’est plus soumis aux principes de la légalité constitutionnelle : son action semble relever d’une logique différente. Comment le Premier ministre peut-il négocier avec certains secteurs politiques un remaniement ministériel tout en affirmant fonder son autorité sur l’article 149 de la Constitution ? S’il y a vacance présidentielle, quand a-t-elle été constatée, et par quelle instance habilitée à le faire ?

Si la révocation des ministres devient une prérogative du Premier ministre Fils-Aimé, alors les ministres ne sont plus des membres d’un gouvernement responsable, mais des hauts fonctionnaires placés sous son autorité directe. En l’absence de Parlement, le Conseil des ministres cesse d’être une instance politique adossée à une légitimité électorale ; il devient, de fait, un organe subordonné.

Dans cette situation d’aconstitutionnalité, le Premier ministre exerce un contrôle quasi total sur l’appareil gouvernemental, tandis que le Conseil des ministres se voit réduit à un rôle essentiellement consultatif dans les grandes décisions de l’État. Cette concentration du pouvoir exécutif entre les mains du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé relève d’un monocephalisme — un mode d’organisation institutionnelle qui n’existe pas en Haïti.

Pour un dialogue patriotique
Le dialogue patriotique évoqué par le Josué Pierre-Louis est nécessaire et souhaitable, mais il ne peut se tenir qu’entre des patriotes convaincus que l’intérêt du pays doit primer sur la défense d’intérêts particuliers. Ce dont nous avons besoin, ce sont des dirigeants déterminés à respecter et à faire respecter le cadre républicain et démocratique de l’État, et à se soumettre à la loi au même titre que les citoyens.

L’effectivité de la loi et des sanctions : voilà ce à quoi la République doit s’en tenir pour rétablir l’ordre. Mais sans l’appui des forces morales, intellectuelles, politiques et économiques, les lois — aussi excellentes soient-elles — restent sans effet. La condition de l’État de droit et de l’intérêt général, c’est la volonté, chez les gouvernants comme chez les gouvernés, de respecter la règle commune.

Cela commence par l’éducation des élites. Le respect de la loi est d’abord une culture : il s’apprend. Former des femmes et des hommes, c’est préparer une société capable de se gouverner. Mettre les élites à l’école de la démocratie — et à l’école tout court — doit être la première étape d’une politique d’urgence.

Que peut faire le Premier ministre ? Peut-il instaurer une « dictature souveraine », comme l’a souligné l’ éminent professeur, Dr leSauveur Pierre Étienne en se référant à la théorie de Carl Schmitt ? Détient-il une légitimité politique réelle pour mettre en place un régime illimité et transitoire visant à créer un nouvel ordre juridique ou politique ? J’en doute, puisque Fils-Aimé n’est pas arrivé au pouvoir par sa propre force, ni par un accomplissement autonome, mais à la suite d’une décision attribuée aux États-Unis d’Amérique, qui, aujourd’hui, à travers l’ambassadeur américain en Haïti, exercent une influence déterminante sur les orientations politiques du pays.

Les interventions du diplomate au Sénat des États-Unis ne laissent, selon moi, planer aucun doute sur l’agenda américain en Haïti. Le débat sur la responsabilité politique du Conseil des ministres, bien qu’il présente un intérêt académique indiscutable, devient secondaire au regard de la réalité des rapports de force.

Nous devons le reconnaître : face à l’effondrement du pays, aggravé par notre incapacité à produire des solutions durables, la force déterminante demeure celle des États-Unis, dont l’influence pèse sur l’essentiel.

Dans un contexte aussi difficile, où la souffrance des masses dépasse la capacité des mots à la décrire, la précarité des intellectuels constitue l’un des plus grands dangers pour la nation. Avons-nous encore la force collective nécessaire pour changer les choses dans l’intérêt général et exiger, en tant que société, que les décisions des pouvoirs publics reposent sur une base légitime et légale, afin de garantir la finalité de l’action politique et administrative ?

Sonet Saint-Louis av
Professeur de droit constitutionnel et de la recherche juridique à la faculté de droit et de l’université d’État d’Haïti.
Professeur de philosophie
Université du Québec à Montréal
Montréal

Haiti’s Transition: Conditional Support for Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé and Recognition of President Donald Trump and Secretary of State Marco Rubio, within the “Renaissance (Leave No One Behind)” Program Designed by Yvon Bonhomme and Guided by the Humanist Dessalines Doctrine.

Amid a period of political transformation and the redefinition of regional partnerships, the Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL) party reaffirms its commitment to national responsibility and international cooperation. This conditional support reflects PARASOL’s determination to contribute to Haiti’s political stability while acknowledging the vigilance and leadership of the United States and the solidarity of the U.S. Congress toward the Haitian people.
The party thus reaffirms the core principles of its Humanist Dessalines Doctrine—sovereignty, social justice, and human dignity—rooted in the visionary “Renaissance (Leave No One Behind)” program conceived by Yvon Bonhomme, Founder and President of PARASOL.
At the crossroads of a past marked by forty years of unstable governance and a future that can finally be reborn, Haiti welcomes Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé as the sole head of the executive. The Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL) party, guided by the visionary leadership of its president Yvon Bonhomme, solemnly acknowledges his assumption of office and wishes him every success in his historic mission, on behalf of all the nation’s active forces—particularly the most vulnerable groups: the elderly and disabled, farmers, youth and children, displaced persons living under the open sky, motorcycle and truck taxi drivers, decapitalized small business owners, and the Haitian diaspora, thirsting for dignity and hope.

In this spirit of national unity and solidarity, PARASOL presents the Humanist Dessalines Doctrine and the “Renaissance (Leave No One Behind)” program, offering a credible, inclusive, and visionary alternative for stability, social justice, and sustainable development in Haiti. The party also recognizes the vigilance and support of the international community, particularly President Donald Trump and Secretary of State Marco Rubio, essential partners in guiding Haiti toward national renewal.

I. Introduction.-

For over forty years, Haiti has endured an unending period of transition, marked by political instability, fragile institutions, and a profound moral crisis. Successive governments have failed to establish a coherent national vision, plunging the country and its people into a spiral of uncertainty and daily survival. The figures speak for themselves: more than USD 350 billion have been lost to corruption, embezzlement, and unimplemented projects. The Human Development Index (HDI) has dropped by 25%, placing Haiti among the most unequal nations in the hemisphere. Over 60% of youth are unemployed, while half the population lives in extreme poverty.

In this alarming context, the appointment of Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé as the sole head of the executive represents a historic opportunity: to break with decades of chaos and kleptocracy and to chart a path of moral, economic, and political reconstruction. Through the Humanist Dessalines Doctrine and the “Renaissance (Leave No One Behind)” program, PARASOL proposes a solid, inclusive, and visionary alternative aimed at restoring dignity, sovereignty, and hope for all Haitians. This introduction sets the stage for a detailed account of the consequences of forty years of traditional governance, while presenting the vision for Haiti’s future.

II. Forty Years of Political and Social Derailment.-

Over the past forty years, Haiti has been governed by a traditional political class unable to offer a coherent and sustainable national vision. This period resulted in a multidimensional disaster: economic, social, institutional, and moral.

Consequences of Traditional Governance:

  1. Over USD 350 billion wasted on unimplemented projects, fictitious contracts, and ineffective public spending.
  1. 25% decline in Human Development Index (HDI), ranking Haiti among the most unequal nations in the hemisphere.
  1. Endemic youth unemployment exceeding 60%, fueling despair and mass exodus.
  1. Extreme poverty affecting over 50% of the population, weakening social cohesion.
     
  2. Near-total degradation of public infrastructure: schools, hospitals, roads, and social housing abandoned.
     
  3. Systemic corruption and impunity, eroding public trust in leaders and institutions.
     
  4. Massive emigration and brain drain, depriving the country of its talented youth and skilled workforce.
     
  5. Collapse of national agricultural production, creating food dependence and insecurity.
     
  6. Deindustrialization and SME failures, a direct result of the absence of coherent economic policies.
  1. Moral decay and loss of social bearings, with rising violence, despair, and national fragmentation.

Assigning Responsibility: These indicators highlight the historic failure of the traditional political class, entrenched in clientelism, personal power ambitions, and improvisation. Forty years of flawed governance drained the state of its social mission and shattered the people’s trust.

From a human point of view: Beyond the numbers, millions of lives have been affected: uprooted families, disillusioned youth, marginalized women, and abandoned rural communities. This tragic record calls for a strong national, moral, and patriotic response, guided by a new doctrine that places humanity and dignity at the center of governance: the Humanist Dessalines Doctrine.

III. The Role and Vigilance of the International Community.-

Haiti is not alone in its pursuit of stability and renewal. The international community has played a crucial role in preventing the country’s total collapse and supporting political transitions. The UN, OAS, CARICOM, and other hemispheric organizations have exercised vigilant oversight, often saving the country from deeper crises.

PARASOL commends these efforts while emphasizing that the true solution to Haiti’s crisis must come from within, led by the responsibility and engagement of its citizens and national institutions. Haitian sovereignty remains the cornerstone of any sustainable reconstruction.

The party also expresses special recognition to President Donald Trump and Secretary of State Marco Rubio, whose strategic vigilance and diplomatic support helped prevent more severe crises and prepared the groundwork for an orderly, responsible transition.

This cooperation illustrates the importance of balancing international support with national sovereignty: Haiti can benefit from partners’ experience and resources without compromising its autonomy.

The Humanist Dessalines Doctrine embodies this vision: advocating international openness guided by respectful cooperation, justice, and the nation’s highest interests, while asserting Haitian independence and dignity.

IV. Strategic Appreciation of the United States Congress and the Renewal of HOPE/HELP: A Pathway to Economic Partnership and Shared Prosperity.-

The Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL) party expresses its deepest appreciation and respectful gratitude to the Congress of the United States of America for its responsible decision to extend the HOPE/HELP Act until December 31, 2026.

This visionary and fraternal act reflects the genuine commitment of the American people and their representatives to support Haiti’s economic reconstruction and preserve thousands of vital jobs within its textile and manufacturing industries. PARASOL views this gesture not only as a policy decision but as a symbol of friendship, solidarity, and shared values between two nations historically bound by liberty and resilience.

In this spirit, PARASOL warmly encourages the honorable members of the U.S. Congress to consider a permanent and expanded renewal of this legislation, within a broader framework of economic cooperation, social inclusion, and sustainable development.

Such a forward-looking measure would strengthen regional stability, stimulate long-term investments, and further consolidate the historic bonds of friendship and partnership between Haiti and the United States.

Through this cooperation, the United States demonstrates that leadership and solidarity can transform hope into opportunity, ushering in a new era of pragmatic diplomacy and human-centered development — principles at the heart of the PARASOL movement and its Renaissance (Leave No One Behind) vision.

V. Vision and Recommendations for Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé.-

The moment calls for historic responsibility. Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé, as Haiti’s sole executive, carries the mission of transforming the country and restoring citizens’ trust in institutions.

PARASOL proposes the following strategic and concrete recommendations:

  1. Inclusive and Focused National Dialogues: Engage all active forces in discussions centered on the nation’s highest interests, including civil society, vulnerable communities, business leaders, youth, and diaspora, to build sustainable consensus.
     

2.    Technocratic, Lean Government: Form a lean yet effective cabinet, composed of honest, competent, and patriotic men and women, capable of implementing swift, coherent, and transparent public policies that ensure a calm and stable political climate.
 

It is imperative that the State apparatus remain neutral and impartial, free from political favoritism, particularly regarding sovereign ministries, delegations and vice-delegations, as well as local and territorial authorities.

Technocratic, Lean Government: Form a lean yet effective cabinet, composed of honest, competent, and patriotic men and women, capable of implementing swift, coherent, and transparent public policies that ensure a calm and stable political climate.

It is imperative that the State apparatus remain neutral and impartial, free from political favoritism, particularly regarding sovereign ministries, delegations and vice-delegations, as well as local and territorial authorities.

  1. Free, Fair, and Transparent Elections: Establish a secure electoral framework allowing citizens to elect representatives without intimidation or fraud, reinforcing democratic legitimacy.
     
  2. Constitutional Reform: Resume constitutional revision to adapt institutions to 21st-century needs, strengthen the separation of powers, and safeguard citizens’ fundamental rights.
     
  3. Enhanced Public Security: Strengthen security forces through training, equipment, and supervision to guarantee safety for all, particularly vulnerable populations.
     

6.   Economic Contingency Plan for SMEs and Local Development: Establish a special fund of USD 200 million dedicated to recapitalizing small and medium-sized enterprises (SMEs), stimulating local employment, reviving the national economy, and promoting the sustainable empowerment of Haitian entrepreneurs.
 

This plan represents a patriotic and strategic response to the current economic crisis, designed to restore confidence, dignity, and agency among local economic actors — the true pillars of Haiti’s national reconstruction and long-term stability.

The Prime Minister’s actions must align with the Humanist Dessalines Doctrine, where power serves the nation and human dignity rather than personal or partisan interests. Each decision now can redefine the nation’s destiny, guided by courage, foresight, and integrity.
  
VI. PARASOL, Humanist Dessalines Doctrine, and the Renaissance Program.-

PARASOL, under the strategic vision of Yvon Bonhomme, represents a political and moral alternative to forty years of traditional governance failures.

The Humanist Dessalines Doctrine

Designed by Yvon Bonhomme, this doctrine draws inspiration from the revolutionary legacy of Emperor Jean-Jacques Dessalines, while addressing contemporary challenges. It rests on three pillars:

  1. National Sovereignty: restore Haiti’s authority and independence in all dimensions.
     
  2. Social Justice: guarantee equal opportunity and protect the most vulnerable.
     
  3. Human Dignity: place people at the center of public policies, safeguarding fundamental rights.

The doctrine proposes a pragmatic vision for the 21st century, where governance is guided by morality, transparency, and citizen participation.

The “Renaissance (Leave No One Behind)” Program:

Conceived by Yvon Bonhomme, this program translates doctrine into tangible actions:

  • Formation of a competent and ethical government,
  • Resumption of constitutional reform,
  • Strengthened public security and protection for vulnerable citizens,
  • Creation of a USD 200 million fund to recapitalize SMEs and boost the economy,
     
  • Promotion of agriculture, women’s empowerment, and youth inclusion,
  • Development of culture, innovation, and the Haitian diaspora,
  • International cooperation based on mutual respect, particularly with the United States under President Trump and Secretary Rubio.

Strategic and Diplomatic Vision:

PARASOL positions itself as the driving force of Haiti’s national renaissance, capable of mobilizing all the nation’s active forces and restoring confidence both domestically and within the international community. This vision demonstrates that sovereignty and openness, dignity and pragmatism can coexist harmoniously, offering Haiti a model of governance that is modern, balanced, and deeply humanist.

Guided by a clear vision and a profound ethic of responsibility, PARASOL embodies the hope of a renewed State founded on justice, solidarity, and the dignity of the Haitian people — a nation embracing modernity, cooperation, and the universal values of peace and human progress.

VII. Conclusion and Call to the International Community.-

Haiti’s current situation demands courageous and visionary decisions. The country needs leadership capable of breaking with past practices and building a future based on justice, dignity, and prosperity for all.

PARASOL calls on Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé to pursue reforms with determination, maintain an ethical and technocratic government, and ensure the safety and welfare of citizens, particularly vulnerable populations.
The party reaffirms its support for constructive international initiatives and extends special thanks to President Donald Trump and Secretary of State Marco Rubio for their vigilance and strategic cooperation.

All political parties seeking power are invited to participate in free, fair, and transparent elections, respecting Haitian sovereignty and the nation’s highest interests.

PARASOL concludes by reaffirming its Humanist Dessalines Doctrine and the “Renaissance (Leave No One Behind)” program, calling on every citizen, social actor, and international partner to join this ambitious vision to build a united, prosperous, and dignified Haiti.

Yvon Bonhomme
Stoic ❘ Committed Researcher ❘ Feminist,
Initiator of the Madan Sara Movement,
Activist against human rights violations and socio-economic inequalities,
Former Director General of MHAVE,
Expert in public governance and sustainable development,
President-Founder of PARASOL (Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay).
« Life is not about waiting for the storms to pass, it’s about learning how to dance in the rain. » – Seneca

Haïti-Culture: Deux jours fériés pour le Carnaval national

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Les autorités haïtiennes ont officiellement déclaré les journées des lundi 16 et mardi 17 février 2026 «fériées et chômées» sur l’ensemble du territoire national à l’occasion du Carnaval, l’un des rendez-vous culturels les plus emblématiques du pays.

Dans une note publiée le 13 février 2026, les autorités précisent que le lundi 16 février sera férié et chômé à partir de midi, tandis que le mardi 17 février fera l’objet d’un arrêt complet des activités. Cette décision s’appuie sur le Décret du 11 décembre 2024, notamment en ses articles 1 et 2, qui encadrent les jours officiellement déclarés fériés en Haïti.

Les dispositions concernent l’administration publique, les secteurs commercial et industriel, ainsi que les établissements scolaires. À travers cette mesure, l’Exécutif entend favoriser une large participation populaire aux festivités carnavalesques, rythmées par des défilés, des prestations artistiques et diverses animations culturelles à travers le pays.

Événement majeur de la vie sociale et culturelle haïtienne, le Carnaval mobilise chaque année des milliers de participants et de spectateurs, consolidant son statut de vitrine du patrimoine et de la créativité nationale.

La note officielle est signée par Marie Elisabeth Régine Joseph Haddad, secrétaire générale de la Présidence. Notons toutefois que la note officielle n’a pas mentionné les lieux du déroulement des défilés à Port-au-Prince, lieu emblématique du carnaval national. Le champ de Mars est d’autant plus un endroit qui n’inspire toujours pas confiance.

Jean Mapou / Le Relief

Saint Valentin pour mon Île bien-aimée

Pierre Josué Agénor Cadet

Il n’a jamais oublié sa lyre Entre ses doigts, les mots s’envolent pour chanter la Saint-Valentin. En prélude à cette fête, Pierre Josué Agénor Cadet prend prétexte pour célébrer son amour pour Haïti dans un poème où l’Île se fait amante, mère et héroïne. Entre flammes et tendresse, volcans et plaines, il évoque la beauté, la douleur et l’espérance de sa terre natale, offrant une déclaration d’amour profondément enracinée dans l’histoire et le souffle du pays.

Ô Haïti, ma terre ardente et  bien-aimée !
Ton nom est une flamme
que le vent n’éteint jamais.
Il brûle dans ma poitrine
comme un soleil têtu
au cœur de février.
En ce jour de Saint-Valentin,
je ne t’offre ni roses importées
ni promesses de papier,
mais la fidélité de mes veines
où coule ton histoire
comme un tambour ancien.
Tu es femme,
avec des hanches de montagnes,
des cheveux de forêts profondes,
des yeux ouverts sur la mer
où se mirent les rêves
et les départs.
Ton rire est cascade,
ta colère est volcan,
ta tendresse, une plaine au crépuscule
où les enfants apprennent
à écrire l’espérance
sur la poussière des routes.
On t’a blessée,
on t’a trahie,
on t’a vendue comme une saison
qu’on croit finie
mais tu reviens toujours,
plus vivante que la cendre.
Haïti,
ma bien-aimée rebelle,
je t’aime dans ta lumière
et dans tes nuits sans étoiles.
Je t’aime dans le cri des marchés,
dans le silence des mornes,
dans le courage obstiné
de tes femmes debout.
Si je devais te dire
ce qu’est l’amour,
je prononcerais ton nom.
Car aimer,
c’est croire encore
au matin
quand tout semble brisé.
Et toi, Haïti,
tu es mon éternel matin.

Pierre Josué Agénor Cadet

Subvention scolaire : le Fonds National de l’Éducation remet un deuxième lot de 252 chèques aux parents

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Le Fonds National de l’Éducation (FNE) a procédé, ce samedi 14 février 2026, à la remise d’un deuxième lot de 252 chèques au profit de parents bénéficiaires, dans le cadre du programme de subventions pour la rentrée scolaire 2025-2026. L’annonce a été faite à travers une note publiée sur le réseau social X.

Selon le FNE, la poursuite des opérations de distribution est programmée dans les jours à venir. Les chèques, établis à l’ordre exclusif des établissements scolaires, s’inscrivent dans une démarche de transparence, de traçabilité et de bonne gouvernance administrative.

L’institution promet une gestion saine et efficace des fonds publics destinés aux subventions scolaires, dans l’intérêt des parents et de leurs enfants.

Rappel du premier décaissement

Cette nouvelle distribution intervient après un premier lot de 271 chèques remis le samedi 31 janvier 2026. À cette occasion, le FNE avait déjà souligné que d’autres distributions étaient prévues afin de répondre progressivement aux demandes soumises.

Sur environ 7 000 dossiers reçus, certains n’ont pas respecté l’ensemble des critères établis.
L’administration du FNE avait indiqué vouloir contacter, dans la mesure du possible, les parents concernés afin de leur apporter les clarifications nécessaires.

Par ailleurs, pour les parents ayant déjà acquitté les frais de scolarité pour l’année académique en cours, il est envisagé un arrangement avec les directions scolaires pour reporter les montants sur la prochaine année.

Afin d’assurer un traitement rigoureux et équitable des dossiers, l’institution avait déjà annoncé qu’une commission d’analyse avait été spécialement mise en place.

À travers cette initiative, le FNE entend contribuer à alléger le fardeau financier des familles haïtiennes et soutenir l’accès à l’éducation pour l’année scolaire 2025-2026 déjà en cours.

La rédaction

Crise de légitimité en Haïti : l’Alliance de Rupture appelle à une transition consensuelle et à un retour rapide aux urnes

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Par Jean Wesley Pierre

Lors de la conférence de presse de vendredi 13 février 2026, l’Alliance Nationale de Rupture et Alliés a adressé un message direct au Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, exposant sa position sur la transition politique en cours et sa lecture de la situation institutionnelle du pays.

Richardson Etienne,
Coordinateur national de l’ANR,
a d’abord rappelé la ligne politique du regroupement en déclarant :

« Nous n’avons pas signé l’accord du 3 avril ; toutes les organisations et tous les partis politiques qui ne l’ont pas signé se retrouvent au sein de l’Alliance. »

Il a également lancé un avertissement politique :

« Monsieur le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ce qui s’est passé la veille ne se reproduira pas le jour des funérailles »,

avant d’appeler à « une transition d’un an afin que, le 7 février 2027, le pays remette le pouvoir à une personne choisie par le peuple ».

Une autre intervenante a insisté sur la responsabilité du chef du gouvernement dans la recherche de la stabilité :

« C’est la responsabilité du Premier ministre de remettre le pays sur la voie de la stabilité », ajoutant que « il n’y a pas de libération sans consensus ». Cette déclaration met en avant l’idée qu’une sortie durable de crise suppose un accord politique large et inclusif.

Les représentants de l’Alliance ont également souligné l’absence prolongée d’élus en Haïti :

« Cinq ans de gouvernance, cinq ans sans aucun élu, sans véritable représentant du peuple haïtien », en référence à la période ouverte depuis l’assassinat de l’ancien président en 2021 jusqu’à aujourd’hui.

Ces déclarations traduisent une contestation persistante des mécanismes politiques actuels et un plaidoyer pour une transition clairement limitée dans le temps débouchant sur des élections. L’insistance sur le consensus révèle aussi une critique implicite des processus politiques jugés insuffisamment représentatifs.

L’Alliance semble vouloir recentrer le débat national sur la légitimité démocratique, considérée comme une condition essentielle à la stabilisation du pays. Cette position met en lumière la profondeur de la crise institutionnelle haïtienne et les divergences persistantes entre acteurs politiques quant aux voies de sortie de l’impasse actuelle.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Haïti: Exécutif solitaire, ultimatum national de la Fusion pour Alix Didier Fils-Aimé

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PORT-AU-PRINCE.— Moins d’une semaine après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, dans un politique destinée à Alix Didier Fils-Aimé, le Parti Fusion des Sociaux-démocrates dit prendre acte que le pays se retrouve face à une réalité brutale: un exécutif désormais monocéphale, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour les dirigeants du parti, la transition change de visage, mais la pression, elle, s’intensifie.

La feuille de route doit-être limpide: rétablir la sécurité et organiser des élections crédibles. Rien de plus. Rien de moins. Dans un pays où l’autorité de l’État est fragmentée, où les axes routiers stratégiques sont sous menace et où l’économie suffoque, le PFSDH rappelle que ces deux objectifs ne relèvent pas du slogan, mais de la survie institutionnelle.

Luttes d’influence ou culture du résultat?

Or, à peine le pouvoir consolidé, des signaux inquiétants émergent. Des courants internes s’activeraient déjà. D’un côté, les partisans d’une rupture totale: écarter les ministres associés à l’ancienne équipe pour installer de nouveaux visages, souvent proches politiquement. De l’autre, ceux qui plaident pour une ligne de compétence et d’efficacité, indépendamment des appartenances.

Le parti pense que le pays n’a plus le luxe des recompositions partisanes. Il ne s’agit pas de recycler des alliances sous couvert de représentation élargie. Il s’agit de produire des résultats mesurables, immédiatement.

La sécurité ne se décrète pas. Elle se constate. Elle se voit. Elle se vit.

Six semaines pour prouver l’autorité de l’État

Le gouvernement joue gros. Dans les six prochaines semaines, un signal fort doit être envoyé: la réouverture sécurisée d’au moins un corridor vital reliant la capitale aux grandes régions du pays, la RN #1 vers le Nord, la RN #2 vers le Grand Sud ou la RN #5 vers le Plateau Central.

Sans action tangible sur un axe stratégique, le message sera clair: hésitation, fragilité, incapacité. «Dans le contexte actuel, l’hésitation équivaut à un aveu d’impuissance» avance le parti.

«Ce gouvernement n’est pas en période d’apprentissage. Il est en période d’évaluation» ajoute le message.

Cap sur les résultats ou la chute annoncée

Pour le parti FUSION des Sociaux-Démocrates Haïtiens, la priorité doit être immédiate: concentrer toutes les ressources politiques, sécuritaires et administratives sur la reconquête des axes nationaux stratégiques et la stabilisation effective du territoire.

La FUSION appelle à une gouvernance responsable, compétente et orientée vers les résultats, loin des logiques de partage partisan. Elle plaide également pour un dialogue transparent et sincère entre les forces vives afin d’éviter une nouvelle impasse institutionnelle.

«L’équation est simple: restaurer l’autorité de l’État, sécuriser le territoire, ouvrir la voie à des élections crédibles», martèle le PFSDH.

«La mission est courte. Le temps est compté. Les résultats doivent parler. Sinon, le verdict politique tombera plus vite que prévu», conclut le message.

Jean Mapou / Le Relief