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L’ingéniosité d’un jeune burkinabè, une leçon de créativité pour la jeunesse haïtienne

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OUAGADOUGOU, Burkina Faso.— À seulement 18 ans, Abdoul Rahim Simporé illustre le génie créatif d’une jeunesse qui refuse de se résigner. Fils de commerçant au grand marché de Rood Woko, à Ouagadougou, il a grandi entre l’étal paternel et les ventes ambulantes de rue. C’est dans ce quotidien marqué par la débrouillardise qu’il a découvert, seul, l’intelligence artificielle. De cette curiosité est né KUNAFONI, une solution numérique qui sécurise les transactions agricoles, renforce la confiance entre producteurs et acheteurs et promet d’augmenter les revenus paysans de 20 à 30%.

L’innovation est impressionnante, mais plus encore l’esprit qui l’anime: Abdoul Rahim a choisi de céder son projet à l’État, convaincu que son rôle n’est pas d’en tirer un profit personnel mais d’en faire un outil de souveraineté économique pour le Burkina Faso.

De Burkina Faso à Haïti: deux jeunesses, mêmes défis

L’histoire d’Abdoul Rahim dépasse les frontières de son pays. Elle résonne fortement en Haïti, où plus de 55% de la population a moins de 25 ans, mais où les jeunes restent prisonniers d’un cercle vicieux: chômage massif (près de 40% selon certaines estimations), insécurité, manque d’accès aux formations techniques et fuite des cerveaux vers l’étranger.

Au Burkina Faso comme en Haïti, la jeunesse vit dans la précarité, entre économie informelle et absence de perspective. Mais là où certains parviennent, comme Simporé, à transformer leurs limites en opportunités, beaucoup de jeunes haïtiens voient leurs talents s’éteindre dans l’indifférence, ou pire, se perdre dans la spirale de la violence.

La comparaison est frappante: au Burkina, un adolescent autodidacte conçoit une plateforme pour protéger les paysans et renforcer la souveraineté alimentaire; en Haïti, de nombreux jeunes, malgré un potentiel similaire en numérique, en agroécologie, en artisanat ou en innovation sociale, peinent à trouver un cadre pour transformer leurs idées en projets concrets.

Leçons pour Haïti

Comme le Burkina Faso, Haïti est une nation agricole. Mais elle fait face à des pertes post-récolte énormes, à la méfiance généralisée dans les circuits de distribution et à l’instabilité des marchés. Il faut ajouter aujourd’hui l’insécurité chronique qui enfonce le pays. Un projet inspiré de KUNAFONI pourrait être un levier décisif pour relancer l’économie paysanne haïtienne, protéger les producteurs et assurer une meilleure traçabilité des produits.

Surtout, l’exemple burkinabè démontre que la jeunesse, même livrée à elle-même, peut être le moteur de solutions nationales. Encore, faut-il que les autorités, les institutions et la société civile créent un cadre de confiance et d’accompagnement.

Un appel urgent à encadrer la jeunesse haïtienne

L’énergie, l’intelligence et la créativité de la jeunesse haïtienne sont réelles. Mais elles manquent cruellement d’encadrement. Les jeunes haïtiens ne devraient pas être réduits au choix tragique entre partir, s’enfermer dans la survie quotidienne ou céder à l’appel des gangs. Ils doivent pouvoir, comme Abdoul Rahim Simporé, mettre leur savoir-faire au service du pays.

Cet encadrement passe par des politiques publiques ambitieuses:
• Accès à des formations numériques et techniques accessibles à tous, même hors des grandes villes;
• Incubateurs et fonds d’innovation permettant aux jeunes de concrétiser leurs idées;
• Partenariats entre l’État, le secteur privé et la diaspora pour financer et accompagner les projets;
• Valorisation des initiatives locales qui peuvent, comme KUNAFONI, devenir des outils de souveraineté nationale.

Alternative aux armes

On dit toujours que les temps difficiles créent des hommes forts… Simporé est l’exemple d’une jeunesse qui refuse de renoncer ou de bifurquer pour atteindre la vie facile sans en apporter sa contribution substantielle. Pour changer le cours des événements, il y a toujours de meilleures options que de céder à l’appel des gangs et devenir à la fois un instrument et une proie de la violence.

L’histoire d’Abdoul Rahim Simporé rappelle une vérité simple: la richesse d’une nation, ce sont d’abord ses jeunes. Au Burkina Faso, un adolescent autodidacte en IA montre la voie. À Haïti de s’en inspirer et de libérer le potentiel immense de sa jeunesse. Car sans encadrement ni vision, ce potentiel risque de se perdre, et avec lui, l’avenir du pays.

Jean Mapou

Le Conseil électoral provisoire veut renforcer ses structures déconcentrées

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Dans un note rendue publique en date du 25 Août 2025, le conseil électoral provisoire lance un avis de recrutement à l’intention de tous les citoyens intéressés au processus électoral. L’objectif, renforcer ses structures déconcentrées dans les 10 département du pays.

« Dans les cadre du renforcement de ses structures déconcentrées et en vue de la mise à jour du registre électoral, le CEP lance un avis en vue de recruter des agents du registre électoral pour ses bureaux dans les 10 départements», a écrit la note.
Le CEP entend recruter des agents pour ses bureaux départementaux, communaux et les centres de vote.

Les agents recrutés auront comme attributions principales: donner un appui technique et technologique aux BED et BEC dans les opérations liées au registre ; réaliser les mises à jour de l’adresse électorale des citoyens dans la base des données; produire des rapports périodiques sur les activités de mise à jour entre autres.

Il faut noter, cet avis du conseil survient à un moment où les gangs ne cessent d’intensifier leurs exactions dans plusieurs régions du pays. À Mirebalais la fête patronale n’a pas eu lieu le weekend dernier en raison de la violence des gangs. À Kenskoff et dans plusieurs autres régions métropolitaines, la coalition VIV gagne du terrain.

L’on se pose cette question : aura-t-il véritablement élection dans le pays cette année, considérant la montée de la violence en Haïti ? Il n’est que d’attendre !

Gedeon Delva

Rétention de Rosemilla Petit Frère à la DCPJ : la FJKL dénonce la lenteur du dossier, mais reste prudente

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PORT-AU-PRINCE. — Dans une entrevue exclusive accordée au Relief, Marie Yolène Gilles, directrice exécutive de la Fondasyon Je Klere (FJKL), s’est exprimée avec prudence sur le cas de Rosemilla Petit Frère, retenue à la DCPJ depuis près de deux semaines. Pour la militante des droits humains, cette situation illustre à la fois la lenteur et la nonchalance de la justice haïtienne.

La dirigeante de la FJKL a toutefois précisé que Rosemilla Petit Frère n’était pas officiellement en détention, bien qu’elle ne soit pas libre de ses mouvements. Marie Yolène Gilles préfère parler de rétention à la DCPJ, puisque les chefs d’accusation la concernant n’ont pas encore été énoncés ni clarifiés. « Elle n’est pas dans une situation de détention, elle est simplement retenue à cause de petits problèmes dans la correspondance de la Police du Nord et des mentions pas très claires du rapport de police de la République voisine », a-t-elle souligné.

Arrêtée en République dominicaine et remise aux autorités haïtiennes, Rosemilla Petit Frère fait aujourd’hui face à des soucis de santé. Une délégation de la FJKL s’est rendue vendredi dernier à la DCPJ afin de vérifier si ses droits n’avaient pas été violés.

« Nous avons voulu constater si elle avait accès à un médecin pour ses traitements, ce qui était le cas », a indiqué Marie Yolène Gilles, tout en appelant les autorités à agir avec célérité pour donner suite à ce dossier. Elle a rappelé que « nul ne peut être privé indéfiniment de sa liberté sans qu’une décision de justice ait été prise à son encontre ».

Selon elle, le cas de Mme Petit Frère ne peut être dissocié du contexte politique. Cette rétention s’apparente à un règlement de comptes d’État et illustre comment certains dossiers judiciaires sont instrumentalisés à des fins politiques.

Sans vouloir interférer, la militante estime que les avocats de Petit Frère pourraient introduire une requête en habeas corpus afin d’obtenir sa remise en liberté. Qu’il s’agisse de rétention ou de détention préventive, Rosemilla Petit Frère reste bloquée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire, sans qu’aucune charge formelle ne pèse sur elle. Son cas illustre de manière symptomatique les dérives de la justice haïtienne.

Jean Mapou

Solino : quand l’État abdique et livre la population aux bandits

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Par Jean Wesley Pierre

Ce dimanche 24 août 2025, une image insoutenable a frappé la conscience nationale : une foule de citoyens de Solino accueillie par les gangs de « Viv Ansanm » de Bel-Air, sous une pluie de billets de 1 000 gourdes. Des hommes lourdement armés distribuant de l’argent à une population appauvrie, en guise de « paix ». Voilà le nouveau visage d’Haïti : un pays où les criminels imposent leur loi et où l’État reste spectateur, complice par son silence.

Ce spectacle, que certains qualifient de pacte social improvisé, est en réalité le symptôme d’une faillite totale. Faillite de l’autorité publique, faillite de la justice, faillite de la politique de sécurité. Car qu’est-ce qu’une paix qui se construit sur l’argent sale et sur l’humiliation collective, sinon une reddition imposée à une population qui n’a plus de choix ? Les habitants de Solino ne sont pas des complices volontaires : ils sont des otages. Otages de la misère, de la peur et de l’absence d’un État qui aurait dû leur garantir sécurité et dignité.

Mais cette « paix » a un prix moral terrible. Elle foule aux pieds la mémoire des policiers tombés à Solino dans une guerre inégale contre les gangs. Des noms comme Jeff SWATT, Fito et d’autres héros de l’uniforme résonnent encore dans les mémoires. Ils ont sacrifié leur vie pour tenter de protéger ces quartiers. Aujourd’hui, voir leurs concitoyens applaudir des bandits qui arrosent la foule de billets, c’est comme enterrer une deuxième fois ces policiers morts pour rien.

Ce qui indigne Fort National, Christ-Roi et d’autres zones voisines, c’est moins le geste de Solino que le silence complice des autorités. Car un État digne, un État responsable, aurait empêché pareille image. Or, depuis des années, l’État haïtien s’est transformé en spectateur, quand il n’est pas directement complice par son inaction, ses connivences ou ses calculs politiques.

La scène du 24 août n’est pas un accident, elle est la preuve d’un système. Un système où les gangs ne sont plus seulement des fauteurs de troubles, mais des arbitres de la paix sociale. Un système où la faim impose de tendre la main à ceux qui détruisent, violent et tuent. Un système où l’État, ayant perdu toute autorité, délègue de facto sa souveraineté à des criminels armés.

Voilà pourquoi il est urgent de poser la vraie question : qui dirige réellement Haïti ? Le gouvernement ou les gangs ? Et surtout, jusqu’où ira la normalisation de l’horreur, lorsque la survie d’un peuple dépend des miettes jetées par ceux qui l’oppriment ?

En laissant la « paix » de Solino se construire sur la misère et le sang, l’État haïtien a confirmé ce que beaucoup savaient déjà : il n’existe plus que de nom.

⚽🇭🇹 L’État haïtien accorde 100 millions de gourdes à la FHF pour soutenir la sélection U17 en route vers la Coupe du Monde 2025

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Dans un geste fort de soutien au football national, la Primature de la République d’Haïti a annoncé ce mardi l’octroi d’un financement de 100 millions de gourdes à la Fédération Haïtienne de Football (FHF). Cette aide vise à accompagner la sélection masculine U17, actuellement en préparation pour la Coupe du Monde Qatar 2025.

Cette enveloppe financière devrait permettre de couvrir plusieurs aspects essentiels :
• l’organisation des stages de préparation,
• les frais logistiques et administratifs,
• l’équipement sportif,
• ainsi que les déplacements internationaux nécessaires aux matchs amicaux et camps d’entraînement.

Le gouvernement a souligné que ce soutien s’inscrit dans une volonté de promouvoir la jeunesse haïtienne et de redonner espoir à travers le sport. « Le football reste une discipline qui unit la nation. Il est important que nos jeunes ambassadeurs puissent représenter fièrement le drapeau haïtien sur la scène mondiale », a déclaré un représentant de la Primature.

De son côté, la Fédération Haïtienne de Football (FHF) a salué ce geste et s’est engagée à utiliser les fonds avec transparence et efficacité pour permettre aux jeunes Grenadiers de préparer la compétition dans les meilleures conditions possibles.

La sélection U17, qui a brillamment décroché son billet pour le Mondial qatari, porte aujourd’hui les espoirs d’une nation passionnée de football. Avec ce soutien de l’État, les regards se tournent désormais vers l’encadrement technique et les jeunes joueurs qui rêvent d’écrire une nouvelle page de gloire pour le football haïtien.

Politique : Le Congrès National Ouanaminthe dénonce la dérive sécuritaire et exige une transition crédible

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Dans une déclaration rendue publique le 26 août 2025, le Congrès National Ouanaminthe pour la nouvelle Haïti (CNO) s’élève contre l’aggravation de la crise sociopolitique et sécuritaire du pays.
L’organisation réclame justice pour les victimes, rejette toute tentative d’accord jugé illégitime et appelle à une transition conduite par un juge de la Cour de cassation.

Le Congrès National Ouanaminthe pour la nouvelle Haïti dit constater avec « amertume » l’effondrement de la situation sécuritaire depuis l’assassinat de Jovenel Moïse et sous la gouvernance du Conseil présidentiel de transition (CPT). Dans sa sortie publique, l’organisation accuse les dirigeants actuels de « se comporter comme des rapaces » profitant de la crise et appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités.

Le CNO exige sécurité, justice et respect des droits humains pour l’ensemble du peuple haïtien, particulièrement les déplacés internes victimes de violences. « Les assassinats, viols, incendies, vols, massacres et kidnappings doivent trouver réparation », martèle l’organisation. Elle annonce par ailleurs la mise en place prochaine d’un cabinet d’avocats chargé de recevoir gratuitement les plaintes des victimes.

L’organisation dénonce d’un « revers de main » toute signature de contrats engageant Haïti à des tiers ou des mercenaires étrangers, estimant que les autorités actuelles « n’ont ni qualité, ni légitimité, ni légalité pour hypothéquer l’avenir du pays ».

En ce sens, le CNO plaide pour une solution de sortie de crise reposant sur une référence à la Cour de cassation. Selon Amos André, président du mouvement, seul un juge régulièrement nommé peut diriger une transition crédible, capable de rétablir la sécurité et d’organiser des élections démocratiques.

« Vive Haïti ! Vive la lutte populaire ! Vive la démocratie ! », conclut le texte, qui entend donner un signal fort face à une situation jugée « intenable depuis des lustres ».

La rédaction

LE SUBSTITUT COMMISSAIRE ROOSVELT CADET NOMMÉ A LA TÊTE DU PARQUET DE PORT AU PRINCE

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Annoncé en remplacement du Commissaire de gouvernement de port au Prince me. Frantz Monclaire, vingt quatre heures après la libération de l’ancien sénateur des Nippes Nènèl Cassy, Me Guy Alexis n’a pas été installé ce lundi

Suite à une décision adoptée par le ministère de la Justice et de la sécurité public, c’est finalement Maître Roosvelt Cadet, actuel substitut commissaire au dit parquet est promu chef du dit parquet.

Cette nomination éffective dès reception d’une correspondance dûment signé par le titulaire du MJSP, donnera lieu, dans les prochaines heures, à l’installation du nouveau commissaire en charge de la judiction de Port au Prince.

Haïti face à ses mirages sécuritaires : quand l’histoire et le vide institutionnel dictent la crise

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Par Jean Wesley Pierre

Quelles solutions pour la sécuritaire en Haiti ? Plusieurs politiques et intellectuels ont exprimé leurs positions et émis leurs analyses sur le phénomène de l’insécurité actuellement dans le pays. Ce samedi 23 août 2025, sur les ondes de Radio Télé Métropole, les débats ont mis en lumière un dilemme qui dépasse de loin la question technique de la sécurité en Haïti : la faillite de l’État, la dépendance vis-à-vis de l’international et la difficulté persistante à penser une solution endogène.

Les prises de parole du colonel Himmler Rébu et de Dr Renand Armstrong Charlot lors de l’émission ANALIZ ont révélé deux lignes d’analyse convergentes : le rejet des mirages militaires importés et l’appel à une prise en main nationale, nourrie par l’histoire et la mémoire collective.

À ces deux voix, il faut ajouter celle du professeur James Boyard, expert en relations internationales, qui insiste sur la nécessité de dépasser les approches ponctuelles et de concevoir une stratégie globale et durable.

Les illusions armées et l’incompétence structurelle

Interpellé sur l’éventualité d’un déploiement de groupes paramilitaires étrangers pour combattre les gangs en Haïti, le Colonel Himmler Rébu, ancien militaire, a été catégorique : « Se de bagay illusoire, opsyon stipid, sou papye li inefikas. »

Cette formule, lapidaire, traduit une conviction profonde : l’idée d’une intervention armée étrangère surtout en dehors d’un cadre institutionnel ne répond pas à la complexité du problème haïtien. Elle traduit, selon lui, une méconnaissance totale des dynamiques internes.

Rébu va plus loin en désignant le cœur du problème : « il y a un vacuum. Un vide sur l’organisation de de l’état. Rien n’est géré ni dirigé ». La crise sécuritaire ne serait donc pas d’abord une crise de moyens militaires, mais une crise de compétence et de vision.

Dans cette logique, la première étape aurait dû être un dialogue national avec les acteurs concernés, y compris les jeunes enrôlés dans les gangs, pour analyser la situation et construire un plan concerté. Rébu remet ainsi au centre du débat une vérité souvent occultée : la guerre contre les gangs ne peut être gagnée uniquement par les armes, mais par une stratégie politique, sociale et sécuritaire combinée.

Le spectre historique et la reproduction des schémas coloniaux

De son côté, le Dr Renand Armstrong Charlot adopte un angle différent, mais complémentaire. Tout en avouant son absence de compétences techniques dans le domaine militaire, il met en avant le bon sens et surtout l’enseignement de l’histoire. Son avertissement est clair : « Le pays risque de basculer dans un problème encore plus grave. »

Pour étayer son propos, il convoque une analogie historique puissante : la conférence de Berlin (1884-1885) où les puissances coloniales européennes s’étaient partagé l’Afrique en traçant des frontières arbitraires, sans la moindre consultation des peuples concernés. Pour Charlot, l’actualité haïtienne résonne dangereusement avec ce précédent : « Se pratikman menm bagay la yap fè ak nou jodi a, di yap réfléchi sou solution pwoblèm yo pou nou, san nou. »

Cette mise en parallèle éclaire une continuité : Haïti, malgré son statut de première République noire indépendante, se voit encore traitée comme un objet de gestion internationale. À chaque crise, les solutions sont discutées dans les chancelleries étrangères, rarement avec un ancrage dans la souveraineté populaire.

Renand convoque également la mémoire de l’ancien président Leslie François Manigat, qui dénonçait « la volonté d’être esclaves », pour illustrer la tendance des élites haïtiennes à se livrer, consciemment ou non, à l’influence étrangère au lieu de forger une autonomie stratégique.

La mise en garde de James Boyard : vers une stratégie globale

C’est dans ce contexte que la voix du professeur James Boyard, commissaire divisionnaire de la PNH vient apporter une dimension stratégique essentielle. Selon lui :« Qu’elle émane du Conseil de sécurité des Nations unies, de l’OEA ou d’un acteur privé, aucune mesure visant la crise de sécurité en Haïti ne pourrait être DURABLE si elle n’inclut pas une solution GLOBALE, intégrant des mesures militaro-policières (6 mois), de stabilisation (18 mois) et de consolidation (5 ans). »

Ce propos, d’une clarté méthodologique, met en évidence un fait incontournable : Haïti ne peut se contenter de « solutions express » ou de « coups de force sécuritaires ». Toute approche durable doit combiner l’urgence sécuritaire (militaro-policière), le moyen terme (stabilisation institutionnelle et sociale) et le long terme (consolidation politique, économique et démocratique).

Boyard apporte ainsi le chaînon manquant aux interventions de Rébu et Charlot : une architecture de sortie de crise. Si Rébu dénonce l’incompétence des dirigeants et si Charlot rappelle les leçons de l’histoire, Boyard montre la voie : la nécessité d’une planification globale, progressive et inclusive.

Une triple critique et une triple exigence

Rébu, Charlot et Boyard, malgré leurs approches différentes, convergent dans une même exigence. Rébu dénonce l’illusion et l’incompétence. Charlot alerte sur la reproduction des logiques coloniales et appelle au rasanbleman patriotique. Boyard structure une feuille de route où l’urgence doit être articulée avec le temps long.

En somme, ils invitent à dépasser la logique du « pompier étranger » pour renouer avec la lucidité nationale et la responsabilité historique.

Entre mirage militaire et responsabilité historique

Les propos cités dans cet article enrichis des propos de James Boyard, a offert un rare moment de lucidité.Ils ont déconstruit, chacun à sa manière, le mirage d’une solution militaire importée et montré que le salut d’Haïti ne réside ni dans la précipitation ni dans la délégation aveugle à l’international.

Leur diagnostic commun est sans appel : sans une planification globale, inclusive et souveraine, les interventions étrangères, qu’elles soient armées ou diplomatiques, ne feront que prolonger le cycle d’échec et de dépendance.

Autrement dit, la vraie question n’est pas de savoir qui viendra sauver Haïti, mais si Haïti acceptera enfin de se sauver elle-même.

Le Syndicat du MENFP Exige Justice pour Wanderson Zamy

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Une semaine après la mort tragique de Wanderson Zamy, un jeune bachelier de 19 ans et figure montante des réseaux sociaux, le syndicat du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) exprime son indignation face à la gestion de cette affaire par les autorités.

Le 18 août dernier, lors d’une manifestation pacifique de professeurs stagiaires réclamant le paiement de leurs arriérés de salaires et leurs lettres de nomination, Wanderson Zamy a été mortellement atteint par une balle alors qu’il circulait à moto à proximité des locaux du MENFP à Delmas 83. Selon les informations disponibles, un agent de sécurité du ministère aurait ouvert le feu pour disperser la foule, touchant accidentellement le jeune homme.

En réaction à ce drame, Garry Lapierre, président du syndicat, dénonce le comportement des responsables du MENFP qu’il accuse de vouloir minimiser l’incident. Il critique également la décision de suspendre, à titre conservatoire, quinze agents de sécurité du ministère dans le cadre de l’enquête en cours, estimant que ces mesures ne répondent pas à la gravité de la situation.

Le syndicat exige une enquête approfondie et transparente pour établir les responsabilités et insiste sur la nécessité que justice soit rendue à la famille de Wanderson Zamy. De plus, Garry Lapierre affirme avoir été la cible d’actes d’intimidation en raison de ses revendications sur les abus dont sont victimes les employés du ministère.

Ce tragique événement met en lumière les tensions persistantes au sein du système éducatif haïtien et soulève la nécessité d’une réforme en profondeur visant à garantir la sécurité et le respect des droits de tous les acteurs impliqués.

Clôture d’une formation sur le système électoral haïtien ce dimanche: le discours de la coordinatrice de Actions et Formation pour la promotion et l’Epanouissement des Femmes ( AFPFEMMES) Edelyne Vertus, en la circonstance

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Chers formateurs,
Chers collègues de AFPEFEMME,

La cérémonie d’aujourd’hui marque la clôture d’une formation de 20 heures dispensée par le CPDEP pendant 5 dimanches autour du système électoral haïtien au bénéfice de notre chère organisation AFPEFEMME, Action pour la formation et l’épanouissement de la femme.

Tout d’abord, nous disons merci à Dieu de nous avoir protégés tout au long de cette formation.

C’est avec un sentiment de satisfaction que nous adressons nos sincères remerciements au centre pour la promotion de la démocratie et de l’éducation participative( CPDEP) qui a pu réussir ce grand pari avec toute la volonté et la détermination requises, notamment la directrice exécutive du centre, madame Sperancia Moïse, nos formateurs et formatrices. Ces derniers ont fait preuve de courage, de patience, de savoir faire et de disponibilité à notre égard.

Nous devons également féliciter tous nos camarades melbres de l’AFPFEMME qui ont consenti d’énormes sacrifices , conformément au dicton:  » se former pour mieux servir « . Chers camarades vous avez été extraordinaire pendant toute la durée de la formation à laquelle vous avez pris part activement et vous vous êtes donné à fond. Je vous demanderais de continuer sur cette même lancée.

En effet, cette belle aventure n’est pas une fin en soi, mais une étape dans notre construction. Grâce à cette formation nous serons davantage en mesure de porter notre pierre à la construction de la démocratie en haiti.

Mezanmi se te vreman yon bel experyans pou nou kòm oganizasyon, pandan 5 dimanch nou te apran anpil bagay nan yon ambyans ki te trè kodyal. Jodi a nou pran angajman nou pou nou fè fomasyon sa pou lot oganizasyon, pati politik, ak enstans nan sosyete sivil la ki swete sa

Je voudrais, somme toute, dire un grand merci aux journalistes qui ont fait le déplacement pour être présents ici ce matin et faire vivre au public ce moment si fort et prometteur.

Encore une fois je vous félicite tous et merci à chacun de vous.