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Éducation: Les enseignants stagiaires dénoncent l’inaction du MENFP et réclament leurs nominations

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PORT-AU-PRINCE.— Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Augustin Antoine, le Regroupement des Enseignants Stagiaires issus de plusieurs institutions publiques (FDSE, ENS, IERAH, FLA, ENGA, CFEF, ENARTS) tire la sonnette d’alarme sur la situation de 760 enseignants en attente de nomination depuis plus de deux ans, malgré un protocole d’accord, signé et publié dans le journal officiel Le Moniteur.

Les signataires dénoncent une politisation des nominations au sein du système éducatif haïtien, estimant que de nombreux postes sont attribués à des proches ou alliés politiques, au détriment d’enseignants dûment formés qui ont respecté toutes les exigences du ministère.

«Nous ne pouvons pas accepter qu’un système éducatif déjà affaibli continue de se détériorer à cause du non-respect des engagements pris par le ministère», lit-on dans la lettre, rappelant que l’accord de 2013 entre le MENFP et l’ENS, ainsi que les 12 mesures de 2014, prévoyaient une nomination avec au moins deux charges de cours ou un poste à temps plein pour chaque stagiaire ayant terminé sa formation.

La lettre revient également sur la mort tragique de Wanderson Zamy, jeune de 19 ans, abattu par un agent de sécurité du ministère alors que des enseignants manifestaient pacifiquement pour réclamer leurs droits. Pour les enseignants, cet événement est symptomatique de la tension croissante entre l’État et une jeunesse formée mais négligée.

Ils interrogent directement le ministre Antoine sur la faisabilité des réformes annoncées, notamment dans la note ministérielle du 7 août 2025: développement de l’éducation préscolaire, réforme curriculaire, promotion de l’enseignement technologique et introduction de nouvelles disciplines. « Comment ces réformes peuvent-elles réussir si les enseignants chargés de les mettre en œuvre sont abandonnés sans nomination?», questionne le collectif.

Le nom de Gregory Saint-Hilaire, stagiaire et symbole de cette lutte, est également évoqué. Il incarne, selon eux, une génération d’enseignants engagés qui croient en une autre école: une école critique, inclusive, capable de préparer les jeunes à affronter les défis du XXIᵉ siècle.

En conclusion, le regroupement exige :

  1. Le respect des engagements pris par le ministère envers les enseignants stagiaires, avec un minimum de deux charges de cours ou un poste à temps plein ;
  2. La fin de la politisation des nominations dans le système éducatif ;
  3. Des preuves concrètes que les discours ministériels sur la réforme éducative ne sont pas de simples déclarations sans lendemain.

Enfin, ils appellent le ministre à faire un choix clair : «Protéger les intérêts politiques ou contribuer à la construction d’un système éducatif solide pour les générations futures».

Jean Mapou

OFATMA : 58 ans de résilience et de service au cœur de la protection sociale

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L’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) a célébré, le jeudi 28 août 2025, son 58ᵉ anniversaire lors d’une cérémonie au Karibe Convention Center, à Pétion-Ville. En présence du Conseiller-Président Louis Gérald Gilles, de plusieurs membres du gouvernement et de nombreux invités, le directeur Vickerson Garnier a présenté un bilan marqué par des avancées significatives et a réaffirmé la vision d’une sécurité sociale renforcée, accessible et tournée vers l’avenir.

58 ans d’histoire et de mission sociale

Créé le 28 août 1967, l’OFATMA est né de la loi organique du Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST). Depuis 58 ans, il accompagne les travailleuses et travailleurs haïtiens en leur offrant une couverture contre les accidents du travail, la maladie et la maternité.

La sécurité sociale, cœur de sa mission, constitue un système de protection obligatoire pour les employés du secteur privé comme du secteur public. L’OFATMA s’attache à protéger les employés contre la précarité et la mort pouvant résulter d’un accident professionnel, d’une maladie ou de la maternité.

Aujourd’hui, l’OFATMA s’impose comme une institution autonome, dotée d’une gestion administrative et financière propre, mais placée sous la tutelle du MAST. Elle contribue, avec d’autres organismes comme l’EPPLS, BSEIPH, IBESR ou la CAS, à bâtir un système global de protection sociale en Haïti.

Une cérémonie marquée par des engagements

La cérémonie organisée au Karibe a rassemblé de nombreuses personnalités, dont le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Georges Wilbert Franck, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica Saint Jean, ainsi que plusieurs directeurs d’institutions partenaires et de nombreux employés de l’OFATMA.

Dans son allocution, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles a insisté sur la nécessité de renforcer ce pilier essentiel de la justice sociale :

« Aucun travailleur ne doit sombrer dans la précarité à cause d’un accident, d’une maladie ou d’une grossesse. L’OFATMA n’est pas seulement une administration ; c’est un véritable levier de développement pour un Haïti fort et prospère », a-t-il déclaré, en réaffirmant l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition à consolider les acquis en matière de protection sociale.

Le président a profité de féliciter et d’apprécier le travail de l’ingénieur et agronome Garnier qui depuis 6 mois enclenche une série d’actions à l’OFATMA. Et il a aussi promis son support pour que cette noble institution continue à desservir les assurés.

Un bilan positif et des perspectives ambitieuses

De son côté, le directeur général de l’OFATMA, Vickerson Garnier, a dressé un bilan marqué par plusieurs avancées :

Régularisation de plus de 600 contrats de travail ; Nomination d’une centaine de personnes à des postes stratégiques ; Renforcement des partenariats avec le réseau de santé ; Formation de 40 cadres administratifs et financiers ; Hausse de 143 % dans le prochain budget, permettant d’élargir les services aux assurés.

Sur le plan opérationnel, il a fait état de 18 000 dossiers traités cette année, de la distribution de près de 6 000 cartes d’assurance, du renforcement des dispositifs de transfert médical vers l’étranger, ainsi que d’un processus de digitalisation en cours pour moderniser les services.

L’avenir : bâtir sur un socle solide

Pour le directeur Garnier, ces 58 années ne constituent pas une finalité, mais « un socle solide sur lequel bâtir les prochaines décennies ». L’OFATMA ambitionne de se moderniser, de devenir plus autonome et de faire de la sécurité sociale un véritable levier de développement humain et économique pour Haïti.

Avec détermination, confiance et engagement, l’institution entend poursuivre sa mission au service des travailleurs et travailleuses du pays, en restant fidèle à des missions nobles: résilience, solidarité et justice sociale.

Par ailleurs, même si l’OFATMA offre des services publics dans la santé, elle n’est pas présentée comme un hôpital mais une structure d’assurance offrant une protection sociale aux travailleurs et travailleuses.

Et dans sa grande mission, l’OFATMA, assure la gestion des programmes d’assurances Accidents du Travail, Maladie et Maternité et le programme d’Auto-Assurance des Agents de la Fonction publique (PAAAFP).

La rédaction

Assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval : un dossier oublié, une mémoire vivante

Il y’a cinq ans, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, a été assassiné. Survenu le 28 août 2020 devant sa résidence de Pèlerin 5, ce meurtre avait choqué la société et suscité de nombreuses promesses d’enquête. Pourtant, la justice haïtienne n’a toujours pas éclairé les zones d’ombre qui entourent ce crime et le dossier semble sombrer dans l’oubli.

Une conférence pour raviver la mémoire et réclamer justice

La structure NOU SE DORVAL (NSD) a convoqué ce jeudi 28 août 2025 une conférence de presse à l’hôtel Éphraïm (Delmas 41), en présence de la presse écrite, parlée et télévisée. L’objectif : rappeler l’historique du dossier, dénoncer la lenteur et l’inaction de la justice haïtienne, mais aussi réaffirmer l’exigence de vérité et de justice pour ce crime qualifié d’« acte barbare ».

Les avocats membres de NSD – Me Ramong Jean-Louis, Me Enorsh Pierre, Me Jameson Ovide et Me Iswick Théophin – ont souligné que l’affaire Dorval ne concerne pas uniquement un homme, mais tout un pays pris en otage par l’impunité. Ils ont aussi dénoncé les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les détenus en Haïti, un problème qui reflète, selon eux, la faillite générale du système judiciaire.

Une mémoire honorée par des initiatives symboliques

Au-delà des revendications judiciaires, la mémoire de Me Dorval continue de nourrir des gestes de reconnaissance. En marge de ce cinquième anniversaire, le parti politique EDE a inauguré une salle portant le nom du bâtonnier, témoignant de l’influence intellectuelle et morale qu’il a exercée sur la vie publique haïtienne. Pour ses partisans comme pour ses confrères, Dorval reste un modèle de rigueur, de droiture et d’engagement citoyen.

Un silence qui interroge

Cinq ans après, l’absence de procès et de condamnations jette une ombre lourde sur l’État de droit en Haïti. De nombreuses organisations de la société civile rappellent que si la justice ne peut pas élucider l’assassinat d’une personnalité de la stature de Monferrier Dorval, elle est encore moins capable de protéger le citoyen ordinaire.

Une double réalité : oubli judiciaire, persistance de l’héritage

Si le dossier Dorval semble enterré dans les méandres de la justice, sa mémoire, elle, demeure vivace. Les initiatives de structures comme NSD, ainsi que les hommages politiques et institutionnels, traduisent la volonté de maintenir vivant l’idéal de justice et de démocratie pour lequel il s’était engagé. Mais cette mémoire symbolique ne saurait remplacer le devoir de vérité et de justice que l’État doit à ses citoyens.

La question reste entière : combien de temps encore faudra-t-il attendre pour que le pays sache enfin qui a commandité et exécuté l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval ?

Gesly Sinvilier

Le parti EDE inaugure une salle de Conférence portant le nom de Me Monferrier Dorval

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Inauguration ce jeudi 28 août 2025 de la salle de conférence Monferrier Dorval par le parti des engagés pour le développement (EDE).

Cette initiative est prise pour rendre hommage au professeur Dorval, figure majeure du droit en Haïti, a fait savoir le responsable du parti.

Selon Claude Joseph, par cet acte, EDE a choisi de perpétuer la mémoire de l’homme de loi à travers un espace dédié à la réflexion, au dialogue citoyen et à la formation. «Cette salle de conférence se veut un lieu ouvert, fidèle aux idéaux de justice, de rigueur et de démocratie que défendait Me Dorval».

«Par ce geste symbolique, EDE rend hommage à l’homme, au penseur, au professeur, et affirme son attachement aux valeurs républicaines et à l’État de droit», a écrit le leader du parti.

La cérémonie a eu lieu en présence des cadres, sympathisants et amis du parti.

Me Monferrier Dorval, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, a été assassiné le 28 août 2020. Juriste de renom, professeur très estimé et penseur engagé, il a marqué de son empreinte la vie intellectuelle du pays.

Gedeon Delva

Décès du chanteur Garry Didier Perez: une voix des années 90 s’éteint

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PORT-AU-PRINCE.— La scène musicale haïtienne est en deuil. Le chanteur à succès Garry Didier Perez est décédé, tôt, ce jeudi 28 août aux États-Unis, après avoir livré un long combat contre la maladie.

Hypertendu, diabétique, et souffrant d’insuffisance rénale, l’artiste avait récemment lancé une campagne de levée de fonds et avait également effectué plusieurs rappels sur son compte facebook. Une série de démarches devant l’aider à recueillir 40 mille dollars US, devant l’aider à couvrir les frais de plusieurs interventions chirurgicales, acheter des médicaments et également, trouver de quoi pour se nourrir.

La triste nouvelle de sa mort a été confirmée par le maestro du groupe Zenglen, Brutus Dérissaint, via une publication émouvante sur les réseaux sociaux.

«Après un long combat contre la maladie, mon frère Garry Didier Perez nous a quittés aujourd’hui à 12h30. Repose en paix, frère», a-t-il écrit, provoquant une vague d’émotions au sein du public et des artistes de la diaspora haïtienne.

Une carrière marquée par des tubes inoubliables

Âgé de 59 ans, Garry Didier Perez avait conquis le cœur du public haïtien dans les années 1990 grâce à des chansons devenues cultes, telles que “Fidèl”, “Anba latè” et “Tanbou nou”. Sa voix chaleureuse et la profondeur de ses interprétations ont marqué toute une génération.

Le chanteur avait notamment fait les beaux jours des groupes Zenglen et Ozone, où son talent et son charisme lui ont valu une place parmi les figures incontournables de la musique haïtienne.

Son passage au sein de plusieurs formations musicaux à tendance compas, lui a permis de laisser un répertoire très riche dans lequel les générations futures devraient puiser.

Un artiste discret mais marquant

Bien que retiré de la scène musicale depuis plusieurs années, certains évoquant des choix familiaux derrière ce retrait, Garry Didier Perez est resté une référence dans le paysage artistique. Ses performances, empreintes d’authenticité, continuent de résonner dans la mémoire collective.

Un héritage musical vivant

Pour les amateurs de konpa et de musique haïtienne, Garry Didier Perez restera l’un de ces artistes qui ont su allier poésie et mélodie, émotion et authenticité. Son décès laisse un vide immense, mais son héritage continuera d’inspirer les générations futures.

De nombreux fans et collègues musiciens ont déjà commencé à lui rendre hommage, saluant l’homme, l’artiste et le pionnier qu’il fut.

Par contre l’appel à l’aide lancé récemment en faveur d’un traitement qu’avait nécessité son cas de diabète, n’a pas reçu de feed-back positif. La nouvelle génération, par méconnaissance du personnage, n’a pas su participer au collecte de fond.

Les mélomanes des années 90 retiendra longtemps le timbre unique de Garry Didier Perez, cette voix qui a su traduire les espoirs, les blessures et la beauté de toute une époque.

Jean Mapou et Jacques Innocent

Ligue des Champions 2025/2026 : un tirage au sort spectaculaire à Monaco

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La prestigieuse Ligue des Champions de l’UEFA a officiellement lancé sa saison 2025/2026 ce jeudi à Monaco avec un tirage au sort attendu par tous les passionnés de football. Comme la saison dernière, la compétition conserve son nouveau format, une phase de championnat à huit matchs, remplaçant la traditionnelle phase de groupes.

Chaque équipe disputera huit rencontres au total, soit quatre à domicile et quatre à l’extérieur, face à des adversaires différents. Ce système permet d’offrir une plus grande diversité d’affiches dès la phase initiale, avec des confrontations dignes des plus grands chocs européens. Les meilleures équipes du classement à l’issue de cette phase se qualifieront directement pour les huitièmes de finale, tandis que d’autres devront passer par des barrages.

Le tirage a révélé de véritables chocs qui font déjà saliver les amateurs de football. Parmi les rencontres les plus attendues, on note :

Real Madrid vs Manchester City : un duel entre deux des meilleures équipes du monde, promesse d’un spectacle grandiose.
FC Barcelone vs Paris Saint-Germain : une rivalité historique qui s’annonce électrique.
D’autres affiches prestigieuses opposeront également les cadors européens, garantissant une phase de championnat intense et passionnante.

Cette nouvelle édition s’annonce palpitante et pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire moderne de la compétition. Les grandes stars du football mondial, de Kylian Mbappé à Erling Haaland en passant par Vinícius Jr., auront l’occasion de briller dans ce format innovant où chaque match comptera.

Les supporters du monde entier attendent désormais avec impatience le coup d’envoi de cette Ligue des Champions 2025/2026 qui promet d’ores et déjà des soirées européennes inoubliables.

Mardoché D’Août

Obsèques de Wanderson Zamy : adieux émouvants à Pétion-Ville

L’église Saint-Pierre de Pétion-Ville a accueilli ce mercredi les obsèques de Wanderson Zamy, décédé récemment dans des circonstances tragiques. Famille, proches, camarades et connaissances se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage, dans une atmosphère à la fois douloureuse et empreinte de recueillement.

Tout au long de la cérémonie, les témoignages se sont succédé pour rappeler le parcours de ce jeune homme, décrit comme brillant, généreux et animé d’une volonté de contribuer à un avenir meilleur. Professeurs, amis et proches ont évoqué sa détermination, son sens du partage et l’enthousiasme qu’il mettait dans chacun de ses engagements.

Le décès de Wanderson Zamy résonne comme une perte cruelle pour une jeunesse haïtienne déjà confrontée à de multiples défis. Pour beaucoup, il incarnait l’espoir d’une génération en quête de changement et d’opportunités. « Avec lui, c’est un rêve qui s’éteint trop tôt », a confié l’un de ses camarades, soulignant l’impact qu’il laisse malgré sa disparition prématurée.

La cérémonie s’est conclue par des prières et des chants en son hommage. Entre douleur et reconnaissance, les participants ont salué la vie de Wanderson Zamy, convaincus que son souvenir restera une source d’inspiration pour tous ceux qui l’ont côtoyé.

Par Gesly Sinvilier

Accès aux documents d’état civil en Haïti: l’OCNH dénonce un droit fondamental en péril

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PORT-AU-PRINCE.— L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) tire la sonnette d’alarme sur la fragilisation du droit à l’identité en Haïti, en raison du manque de mise en œuvre de l’arrêté du 4 décembre 2024. Ce texte accorde un délai de cinq ans aux citoyens dépourvus d’acte de naissance pour régulariser leur état civil, mais son application reste quasi inexistante sur le terrain.

Selon des informations recueillies lors de ses activités de suivi, l’OCNH constate que de nombreux officiers d’état civil, notamment dans certaines communes reculées, ignorent purement et simplement l’existence de cet arrêté. L’organisation dénonce une grave défaillance du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), chargé d’assurer la diffusion et l’application de ce cadre légal.

Faute de vulgarisation officielle, les officiers n’ont ni directives claires, ni registres, ni formulaires adaptés pour délivrer des actes de naissance valides. Une situation qui, selon l’OCNH, « prive des milliers de citoyens de leur droit à une identité légale », pourtant garanti par les articles 11 et 12 de la Constitution haïtienne et l’article 13 du Code civil.

Un manquement aux engagements internationaux

Au-delà du cadre national, l’organisation rappelle que cette situation place Haïti en contradiction avec ses engagements internationaux. L’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 16 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques reconnaissent le droit de chaque individu à la reconnaissance juridique de sa personnalité.

« Ne pas garantir l’accès aux documents d’état civil équivaut à nier la citoyenneté d’une partie de la population », souligne l’OCNH dans sa note.

Une urgence face à la crise humanitaire

L’organisation insiste sur l’urgence d’agir dans un contexte où le nombre de personnes déplacées internes (PDI), souvent sans actes de naissance, ne cesse d’augmenter. À l’approche des prochaines joutes électorales, l’absence de régularisation de leur état civil pourrait accentuer leur marginalisation politique et sociale.

En conséquence, l’OCNH exhorte le MJSP à :

vulgariser sans délai l’arrêté du 4 décembre 2024 sur tout le territoire national,

fournir aux bureaux d’état civil les registres et formulaires nécessaires,

et engager une réforme en profondeur pour moderniser et fiabiliser le système d’état civil.

«Le droit à l’identité est la porte d’entrée de tous les autres droits», rappelle l’organisation, exigeant à l’État haïtien d’assumer pleinement ses obligations constitutionnelles et internationales.

Jean Mapou

Haïti parmi les pays retenus pour la vice-présidence d’une commission régionale d’économie

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La ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pedrica Saint Jean, a annoncé que la candidature d’Haïti à la vice-présidence de la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) a été retenue parmi six pays sur vingt. Une reconnaissance qui, selon elle, place Haïti au cœur des débats régionaux sur l’égalité de genre.

L’annonce a été faite lors de la 23ᵉ édition des Mardis de la Nation, tenue le 26 août 2025, au cours de l’intervention de la ministre. Selon ses dires, cette avancée diplomatique est le fruit du forum organisé au Mexique du 12 au 15 août, où les États ont échangé sur leurs progrès et défini des engagements concrets. Pour Haïti, cela ouvre la voie à des coopérations stratégiques et à des projets structurants. « C’est une opportunité de transformer nos défis en solutions adaptées à notre réalité », a souligné Pedrica Saint Jean.

Parmi les mesures phares annoncées figure la création d’un Institut national de formation en genre, destiné à outiller cadres et militantes, ainsi qu’un registre numérique des organisations de femmes, en partenariat avec l’IHSI. Ces initiatives visent à donner davantage de visibilité et de poids aux mouvements féministes dans la prise de décision publique.

La ministre a également confirmé la réouverture prochaine de La Maison des Femmes, un espace sécurisé pour l’accueil des victimes de violences sexuelles. Hébergement, soins médicaux, accompagnement psychologique, appui juridique et formations professionnelles y seront proposés, avec le soutien des ministères de la Santé, de la Justice et des Affaires sociales. Objectif : briser l’isolement, favoriser la guérison et offrir une nouvelle chance d’autonomie.

Dans un contexte national tendu, marqué par la recrudescence des attaques armées, un pays où les femmes subissent encore de plein fouet les violences armées et les inégalités, ces annonces devraient tour bonnement de replacer les femmes au centre des priorités.

« Investir dans les femmes, c’est investir dans l’avenir du pays », a rappelé Pedrica Saint Jean, en appelant à une mobilisation collective pour transformer les promesses en résultats tangibles.

La rédaction

Alix Didier Fils-Aimé à l’OEA: Le Premier ministre plaide pour une feuille de route réaliste en faveur d’Haïti

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Face au Groupe des pays amis d’Haïti, réuni à Washington sous l’égide de l’Organisation des États Américains (OEA), le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a détaillé, ce 27 août 2025, les priorités de son gouvernement pour sortir le pays de la crise. Sécurité, gouvernance, élections et relance économique : une feuille de route « réaliste » selon lui, qui devra bénéficier du soutien de la communauté internationale.

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, est intervenu ce mercredi devant le Groupe des pays amis d’Haïti, lors d’une réunion convoquée par le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin. D’entrée de jeu, le chef du gouvernement a salué « un signe d’amitié et une source d’espoir » que représente cette mobilisation internationale en faveur d’Haïti dans une période critique de son histoire.

Le document au cœur des discussions, intitulé « Vers une feuille de route dirigée par Haïti pour la stabilité et la paix », s’articule autour de cinq piliers, dont la sécurité, que le Premier ministre considère comme « l’urgence absolue ». Il a annoncé la reprise du contrôle du centre administratif de Port-au-Prince et la libération progressive des axes routiers stratégiques, ainsi que la modernisation de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées (FAD’H). Dans ce cadre, il plaide pour une levée ciblée de l’embargo sur les armes, afin de permettre aux forces de sécurité de s’équiper efficacement.

M. Fils-Aimé a, également, insisté sur la nécessité d’une coopération internationale accrue pour endiguer le trafic d’armes et de munitions alimentant les gangs. La sécurisation des frontières, ports et aéroports figure aussi parmi les priorités, tout comme la réinsertion des enfants enrôlés par les groupes armés.

Au plan politique, le chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition à favoriser un large consensus autour de l’Accord du 3 avril 2024. Réformes de la justice, lutte contre la corruption et renforcement de l’État de droit doivent, selon lui, bénéficier d’un appui soutenu des partenaires internationaux.

Côté électoral, le Premier ministre a rappelé que le Conseil Électoral Provisoire dispose déjà de plus de 85 % de centres de vote prêts, avec 70 % du personnel mobilisé et un financement national de 65 millions de dollars. Il sollicite cependant un appui technique et logistique supplémentaire pour garantir un scrutin inclusif et sécurisé.

Le tableau social, lui, reste préoccupant : insécurité alimentaire, hôpitaux dysfonctionnels, écoles détruites et milliers de déplacés internes. Le gouvernement affirme avoir apporté une aide à 200 000 familles, tout en appelant à un soutien humanitaire renforcé et mieux orienté vers des solutions durables, notamment dans l’agriculture et les PME.

Sur le plan économique, Haïti enregistre une septième année consécutive de récession. Malgré un programme soutenu par le FMI, le secteur privé est fragilisé et les prix flambent. Le Premier ministre mise sur le développement du Grand Nord et du Grand Sud, en investissant dans des filières stratégiques telles que l’agro-industrie, le textile, le tourisme et les énergies renouvelables.

En conclusion, Alix Didier Fils-Aimé a appelé à la création d’un comité mixte, associant experts haïtiens et de l’OEA, pour finaliser la feuille de route. « Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce sont 12 millions de vies à protéger », a-t-il déclaré, présentant le document comme un possible « catalyseur pour Haïti » et un signal fort de l’engagement régional en faveur de la paix et de la démocratie.

La rédaction