mercredi, mars 18, 2026
15.1 C
Londres
Accueil Blog Page 114

Sommet de Tianjin : Pour un nouvel ordre mondial

0

Tianjin, 31 août 2025 – Sous les projecteurs d’une parade militaire grandiose et d’un ballet diplomatique impressionnant, la Chine a réuni ce dimanche 31 août 2025 les grands acteurs eurasiatiques et internationaux autour du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). L’événement, qui s’est poursuivi, lundi, dans la mégapole portuaire du nord de la Chine, a été conçu comme une démonstration de force politique et idéologique, mais surtout comme l’ébauche d’un ordre mondial alternatif.

Les objectifs du projet : bâtir une alternative à l’Occident

Le sommet a clairement affiché ses ambitions :

  • Consolider un pôle d’influence multipolaire face à la domination américaine et aux structures occidentales comme l’OTAN et le G7.
  • Renforcer la coopération économique entre les membres et partenaires de l’OCS, en réaction aux droits de douane américains et aux tensions commerciales.
  • Affirmer une diplomatie sécuritaire commune, notamment autour de la lutte contre le terrorisme, mais aussi comme bouclier face aux interventions occidentales.
  • Préparer un cadre d’intégration eurasiatique où la Chine se pose comme pivot central, articulant Russie, Iran, Inde et Turquie autour d’un projet d’interdépendance économique et militaire.

Les principaux tenants : un front sino-russe élargi

Autour du président Xi Jinping, les figures majeures présentes illustrent le poids du sommet :

▪︎ Vladimir Poutine, président russe, pilier incontournable dans la stratégie chinoise d’opposition à l’Occident.

▪︎ Narendra Modi, Premier ministre indien, qui signe son retour après sept ans d’absence, signal fort d’un possible rapprochement stratégique.

▪︎ Massoud Pezeshkian, président iranien, dont la présence traduit l’importance de l’Iran comme verrou énergétique et géopolitique.

▪︎ Recep Tayyip Erdogan, président turc, en quête d’équilibre entre l’OTAN et le bloc eurasiatique.

▪︎ Aux côtés de ces ténors, le leader nord-coréen Kim Jong Un a marqué l’événement par une rare sortie de son pays, consolidant l’image d’un front anti-occidental.

La finalité : un ordre multipolaire

Derrière la mise en scène diplomatique, la finalité se dessine nettement :

  • Ériger la Chine en chef de file d’un nouvel ordre international présenté comme « plus équitable et inclusif ».
  • Constituer un contrepoids à l’architecture sécuritaire occidentale, sans tomber dans une alliance militaire formelle, mais en multipliant les interconnexions.
  • Promouvoir un bloc économique alternatif s’appuyant sur la démographie (près de la moitié de la population mondiale représentée) et sur une part croissante du PIB global (23,5 %).

Positionnement idéologique et orientation politique

Le sommet a mis en avant une ligne claire :

▪︎ Rejet du modèle occidental, jugé interventionniste et unilatéral.

▪︎ Valorisation d’un « multilatéralisme modulé par la Chine », insistant sur la non-ingérence et le respect des souverainetés, mais en réalité fortement marqué par l’influence chinoise.

▪︎ Promotion d’un discours de stabilité dans un monde traversé par les crises : guerre en Ukraine, tensions indo-américaines, question nucléaire iranienne.

Sur le plan militaire, la parade déroulée à Pékin symbolise la puissance retrouvée de la Chine, présentée comme garante de la paix par la force.

La déclaration finale, adoptée dimanche soir, affirme que :

  • L’OCS « s’engage à bâtir un monde multipolaire, juste et inclusif ».
  • Les États membres « rejettent toute forme d’unilatéralisme et de protectionnisme », en allusion directe aux sanctions et mesures américaines.
  • L’organisation « renforcera ses mécanismes de coopération sécuritaire et économique » et plaide pour « une réforme des institutions internationales » (ONU, FMI, Banque mondiale) afin de mieux refléter « l’équilibre des forces réelles du XXIe siècle ».

Enfin, Xi Jinping a conclu en appelant à « un nouveau contrat de confiance entre les nations », mettant Pékin au centre de ce futur système.

Cinquième anniversaire de l’assassinat de Me Dorval: une icône ne meure jamais

0

Cinq ans après son assassinat brutal, le souvenir de Me Monferrier Dorval, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, continue de nourrir la mémoire collective. Juriste, professeur, chercheur et avocat émérite, il a consacré son existence à la défense du droit, de l’éthique et de la justice en Haïti.

Le Barreau de Port-au-Prince a marqué ce cinquième anniversaire par une cérémonie d’hommage empreinte de recueillement et de détermination. « Il faudra bien mettre l’État au banc des accusés. La marche de la justice est à ce prix dans un État de droit. Les autorités étatiques ne pourront indéfiniment opposer leur indifférence en s’enfermant dans un voile d’ignorance. L’histoire jugera et elle jugera d’abord les juges », a rappelé le bâtonnier Patrick Pierre-Louis, soulignant la nécessité de rompre avec l’impunité qui entoure encore ce crime.

Plusieurs personnalités du monde juridique et intellectuel ont pris la parole pour rappeler l’héritage de Me Dorval. Pour Me Josué Beaubrun, Dorval était avant tout un homme d’ouverture, profondément attaché à l’écoute et au dialogue, plaçant la compétence au-dessus de tout.
Me Marie Alice Belizaire, notaire, a salué la pérennité de ses idées et invité à transformer les hommages en actions concrètes.

De son côté, Me Blair Chéry a décrit en lui un esprit de perfection, marqué par l’exigence académique, une vision d’avenir et une foi inébranlable dans le droit comme instrument de refondation nationale. Me Camille Fièvre a mis en avant la rigueur intellectuelle et la méthode du professeur Dorval, rappelant avec émotion comment, par son enseignement, même les gestes les plus banals pouvaient donner lieu à des débats juridiques passionnés.

Pour Me Bernard Gousse, son parcours illustre la vocation d’une élite intellectuelle capable de relier le droit et la société. Dans la même veine, Me Emmanuel Raphaël a insisté sur l’art pédagogique de Me Dorval, professeur de droit administratif, dont le patrimoine intellectuel mérite aujourd’hui d’être reconstitué et transmis aux nouvelles générations.

L’ancien bâtonnier Me Carlos Hercule a affirmé avec force : « Me Dorval a été fauché par la barbarie. Mais Dorval demeure avec nous, il demeure dans la mémoire vivante de la profession, dans l’esprit de l’institution qu’il a servie et dans notre engagement à poursuivre son combat pour la dignité, l’éthique et l’État de droit ».

Me Napoléon Lauture a, quant à lui, rappelé que Dorval aspirait à une réconciliation entre le droit et la politique, pour que la gouvernance haïtienne soit guidée par des principes juridiques et éthiques.

Enfin, le journaliste Hérold Jean François a dénoncé « l’horreur de la banalité du mal », affirmant que l’assassinat de Dorval constituait l’un des plus grands gaspillages de ressources en Haïti. « Me Dorval était une lumière qu’on a éteinte », a-t-il dit avec gravité.

Au-delà du deuil, cette cérémonie fut aussi un appel à la responsabilité collective : la mémoire de Me Dorval ne doit pas seulement être honorée. Elle doit inspirer une action résolue pour la justice et contre l’impunité. Son héritage oblige, et cinq ans après sa disparition, il demeure une boussole pour celles et ceux qui croient encore à l’État de droit en Haïti.

Réforme constitutionnelle : le Premier ministre échange avec le Barreau de Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE, 1er septembre 2025 — Dans le cadre du processus de réforme constitutionnelle, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré, à sa résidence officielle, une délégation du Barreau de Port-au-Prince conduite par le bâtonnier Me Patrick Pierre-Louis.

Cette séance de travail, qualifiée de stratégique, a été marquée par la présentation d’un rapport d’analyse de l’Avant-projet de Constitution, réalisée par une commission instituée par le Barreau et composée notamment de Me Josué Pierre-Louis et Me Bernard Gousse.

Le chef du gouvernement a salué la contribution du Barreau à ce débat qu’il considère comme un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Il a réitéré l’importance d’un dialogue inclusif afin de garantir que toutes les forces vives de la Nation puissent participer à la réflexion sur le futur cadre institutionnel d’Haïti.

« La question constitutionnelle demeure une priorité de la Transition. Elle doit être menée dans l’intérêt supérieur du peuple haïtien et pour le renforcement de l’État de droit », a affirmé le Premier ministre.

Le gouvernement assure vouloir maintenir ce climat d’échanges avec les différents secteurs de la société dans la perspective d’une réforme consensuelle et légitime.

PF

Soumission officielle du projet de Constitution et rappel des nouveautés apportées

0

En remettant officiellement le projet de Constitution au Conseil Présidentiel de Transition, le Comité de Pilotage de la Conférence Nationale (CPCN) a rappelé les principales innovations prévues dans le texte, présentées comme un pas vers la refondation institutionnelle et politique du pays.

Conformément au décret du 17 juillet 2024 qui lui confiait la mission de rédiger une nouvelle Constitution dans le cadre du processus de refondation de l’État haïtien, le Comité de Pilotage de la Conférence Nationale (CPCN) a soumis, le jeudi 28 août 2025, son projet au Conseil Présidentiel de Transition.

Selon le CPCN dans une note, ce document constitue une étape décisive dans la quête de stabilité et de gouvernance responsable, proposant de profondes réformes touchant à l’organisation des pouvoirs publics, à la participation citoyenne et à la gestion des ressources nationales.

Selon le Comité, le texte instaure un binôme Président et Vice-Président, élu au suffrage universel direct pour un mandat unique de cinq ans, afin de réduire les crises institutionnelles et d’assurer la stabilité de l’Exécutif. Un ordre clair de succession est également prévu en cas de vacance, pour éviter les transitions prolongées et chaotiques. Le projet prévoit aussi une forte implication des jeunes dans les postes de responsabilité et dans la vie politique du pays.

La diaspora haïtienne est également concernée. Selon le CPCN, le projet prévoit son intégration dans la vie politique du pays, avec la possibilité d’occuper des postes électifs et de participer pleinement aux affaires nationales. Pour cela, des circonscriptions électorales à l’étranger seront créées et le droit de vote des Haïtiens vivant à l’extérieur garanti.

Sur le plan électoral et territorial, le Comité indique que le projet réduit considérablement le nombre de postes électifs : un maire par commune, un député par arrondissement et deux sénateurs par département. Les assemblées municipales seront composées de 3 à 7 membres. Les mandats des élus sont harmonisés à cinq ans et le nombre de ministères limité à douze. La gouvernance locale est repensée avec la mise en place de gouverneurs départementaux, et 50 % des recettes fiscales du Trésor national seront reversées aux budgets départementaux et communaux.

En matière de justice et de parité, le CPCN souligne que le projet renforce l’indépendance du pouvoir judiciaire, avec des juges sélectionnés par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et nommés jusqu’à 75 ans. Le texte inscrit aussi le principe de parité homme-femme dans les institutions de l’État. Selon le Comité, les droits et libertés fondamentaux sont protégés par des mécanismes de contrôle juridictionnel et institutionnel.

Le projet accorde également une place importante à la culture et à l’identité. Selon le CPCN, il reconnaît les Greffes et Greffiers, le Sport, les Personnes vivant avec un handicap et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTICs). Le Bois Caïman est érigé en fête nationale, et la rédaction des actes de l’État se fera en créole avec traduction en français. Le texte valorise la mémoire nationale, en inscrivant le respect des héros, des aïeux et de l’hymne national dans la Constitution.

Sur le plan institutionnel et administratif, le CPCN indique que le projet prévoit la transformation de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) en Office indépendant et le renforcement du rôle de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA). Il met l’accent sur la redistribution des ressources de l’État, la décentralisation et le renforcement de l’Université, tout en allouant au moins 4 % du PIB au secteur éducatif.

Selon le Comité, ce projet de Constitution représente « une étape décisive vers la refondation institutionnelle, politique et sociale de la République d’Haïti », répondant aux aspirations profondes du peuple haïtien en matière de stabilité, de justice sociale et de gouvernance responsable.

La rédaction

Accident impliquant la MMAS : un Kényan et deux Haïtiens morts, huit blessés

0

Un accident mortel survenu le dimanche 31 août 2025 à Pèlerin 9, sur la route de Kenscoff, a impliqué deux véhicules blindés de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS). Si la mission et la Primature confirment la mort d’un officier kényan et d’un citoyen haïtien, la Présidence et l’ambassade de France évoquent plutôt deux victimes civiles haïtiennes. Une divergence qui entretient la confusion autour du bilan.

L’accident s’est produit vers 17 heures, alors que deux véhicules blindés de type MaxxPro de la MMAS étaient engagés dans une opération de récupération. L’un des engins, en panne et en cours de remorquage, a percuté un mur avant de se renverser.

Selon la note officielle de la MMAS, l’accident a causé la mort d’un officier kényan et d’un citoyen haïtien. Huit autres militaires ont été blessés, dont trois grièvement. Ces derniers ont d’abord reçu des soins d’urgence à Pétion-Ville avant d’être transférés vers l’hôpital Aspen de niveau 2, situé à LSA2. Les cas les plus graves ont ensuite été évacués en République dominicaine pour y recevoir des soins spécialisés. La mission a également remercié la communauté locale pour l’aide rapide apportée aux opérations de secours.

Dans un communiqué, la Primature a repris ce bilan et insisté sur les risques encourus par les contingents étrangers venus épauler les forces haïtiennes. Le gouvernement a salué le « courage » des victimes et exprimé sa solidarité aux blessés.

La Présidence, pour sa part, a évoqué un bilan plus lourd : un officier kényan et deux civils haïtiens décédés, tout en exprimant la gratitude de l’État envers les pays amis engagés dans la mission.

De son côté, l’ambassade de France en Haïti a également parlé de la mort d’un officier kényan et de deux civils haïtiens, tout en présentant ses condoléances aux familles et en réaffirmant son soutien à la MMAS, qualifiée de partenaire essentiel des forces de sécurité haïtiennes.

Ces divergences officielles – un civil haïtien selon la MMAS et la Primature, deux selon la Présidence et l’ambassade de France – entretiennent la confusion autour du bilan exact du drame.

Depuis leur arrivée le 24 juin 2024, les policiers kényans déployés dans le cadre de la MMAS ont déjà payé un lourd tribut. Plusieurs ont été blessés dans des opérations et au moins trois sont morts, particulièrement dans l’Artibonite.

Ce nouvel accident, au-delà de son lourd bilan humain, met en lumière la dangerosité des interventions de la mission, les suites médicales lourdes nécessitant une évacuation en République dominicaine, et les contradictions persistantes dans la communication officielle.

La rédaction

Haïti : Les déplacés forcés de réoccuper des ruines, pendant que l’État reste spectateur

0

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, août 2025 –
Les routes coupées, les murs détruits pour ouvrir des passages improvisés, les toitures en tôle arrachées, des maisons brûlées… C’est un décor de guerre que les gangs ont laissé derrière eux. Dans certaines maisons, des écriteaux sur les murs rendent hommage aux chefs de bandes armées, comme pour marquer leur territoire au fer rouge. L’odeur pestilentielle de l’abandon se mêle à la végétation qui reprend ses droits au cœur des ruines.

Et pourtant, dans ce champ de désolation, les déplacés commencent à revenir. Pas par espoir, mais par contrainte. Dans les camps de fortune, l’humiliation est permanente. Sous les bâches trouées et les tôles brûlantes, les familles vivent entassées, insultées, marginalisées.

« Par rapport à la vie sous des tentes, les gens disent toutes sortes de choses; sans respect ni éducation  », raconte Pierre Mario, revenu nettoyer sa maison pour y vivre avec sa femme et ses quatre enfants. Mais rentrer chez soi, ce n’est pas habiter de nouveau. C’est réoccuper un espace détruit, sous la menace toujours présente des gangs.

Une réintégration impossible sans sécurité

Charles Esterline, résidente déplacée du camp de Bourdon, exprime le dilemme : « Je suis dans un camp, je leur ai dit de venir faire le ménage. Oui, je rentre chez moi, et je ne suis pas le seul à revenir. Beaucoup de gens disent qu’ils rentrent, mais ils n’ont pas les moyens pour survivre. »

Comment se réintégrer quand on revient dans une maison sans toit, dans une rue sans police, dans un quartier encore marqué par la terreur ? Les habitants balaient, repeignent, ramassent les débris. Mais ils savent qu’à tout moment, la violence peut revenir. La peur est dans chaque geste, dans chaque regard.

Un autre résident de Solino lance un appel désespéré : « Nous demandons au gouvernement d’assurer une sécurité adéquate. Je ne me sens pas bien là où je vis. »

L’État absent, un silence complice

Le vrai scandale, c’est que ces retours se font sans aucun accompagnement. Ni le gouvernement dirigé par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ni les neuf membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) n’ont mis en place une politique claire de relogement, de reconstruction ou de sécurisation des quartiers. On laisse les déplacés retourner seuls, nettoyer seuls, vivre seuls avec la peur.

Laisser des familles se réinstaller dans des ruines sans sécurité, c’est institutionnaliser l’abandon.

Survivre n’est pas se réintégrer

La réintégration, au sens fort, suppose trois conditions : la sécurité, le soutien économique et la reconstruction collective. Aujourd’hui, aucune de ces conditions n’est réunie. Ce qui existe, ce n’est pas une réintégration, mais une survie bricolée, une résistance silencieuse.

Les déplacés ne rentrent pas chez eux, ils campent sur leurs propres ruines. Ils ne reconstruisent pas, ils balaient la poussière du désastre. Ils ne retrouvent pas la dignité, ils s’accrochent à des murs calcinés pour ne pas mourir deux fois : une fois par la balle, une fois par l’oubli.

Tant que l’État se contentera de regarder de loin, le retour dans les quartiers restera une tragédie à huis clos, où le peuple lutte seul pour vivre là où l’on ne peut plus vivre.

L’Accord Karibe réclame le départ du pouvoir actuel

0

Port-au-Prince, le 29 août 2025
Les signataires de l’Accord Karibe ont une nouvelle fois investi les rues. Ce vendredi, plusieurs quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés devant les locaux de la Primature et de la Villa d’Accueil. Ils réclament le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ainsi que la dissolution du Conseil Présidentiel de Transition.

Les membres de cet accord le gouvernement d’avoir renvoyé les déplacés vivant sous des tentes pour les contraindre de retourner dans des quartiers contrôlés par des gangs armés. Pour eux, un tel comportement constituerait une complicité directe avec les forces criminelles qui déstabilisent le pays.

« Fils-Aimé ne peut en aucun cas résoudre les problèmes d’Haïti. Il est l’un des obstacles majeurs au redressement national », ont dénoncé les protestataires, avant d’ajouter que le Conseil Présidentiel de Transition est gangrené par la corruption, l’incompétence et les accointances avec les milieux criminels.

La manifestation s’est tenue dans une ambiance de tension, traduisant la volonté des signataires de l’Accord Karibe de maintenir la pression jusqu’à l’obtention de la démission du chef du gouvernement et du démantèlement de l’actuel Conseil présidentiel.

JL

Le Barreau de Port-au-Prince restitue les travaux d’analyse sur le processus constitutionnel en cours

0

Dans la salle Jeanne, le Conseil de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince a organisé, ce vendredi 29 août 2025, une séance publique de restitution des travaux de la commission spéciale mise en place par le Barreau afin d’analyser le processus constitutionnel en cours, notamment le document de l’avant-projet de Constitution.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche de réflexion collective sur l’avenir institutionnel du pays, dans un contexte de crise politique persistante et de débats houleux autour de la réforme constitutionnelle.

L’objectif affiché était de donner une lecture critique et professionnelle du processus, en mettant en avant les enjeux démocratiques, les risques et les perspectives d’une éventuelle refonte de la Constitution haïtienne.

Selon les conclusions partagées, plusieurs zones d’ombre subsistent quant à la légitimité des démarches entreprises par certaines instances nationales. Les avocats ont rappelé que toute réforme constitutionnelle devrait se faire dans un cadre inclusif, transparent et respectueux des normes démocratiques, afin d’éviter que la future Loi mère du pays ne soit perçue comme le produit d’un camp politique ou d’un groupe d’intérêt particulier.

Par ailleurs, un moment marquant de cette restitution a été l’intervention de plusieurs avocats qui ont appelé à la cohérence et à la responsabilité au sein même des acteurs du processus.

Un double jeu controversé

Le nom du Bâtonnier Patrick Pierre-Louis a été particulièrement cité dans les débats. En effet, celui-ci fut membre du Groupe de Travail sur la Constitution, instance créée sous la supervision du Comité de Pilotage de la Conférence Nationale. Il avait donc pris part, en son temps, aux premières discussions et réflexions visant à baliser le processus constitutionnel.

Aujourd’hui pourtant, il se présente comme l’un des critiques les plus virulents de ce même Comité de Pilotage, qu’il accuse de manœuvres opaques et de partialité. Cette posture soulève des interrogations sur un possible double jeu, révélant les contradictions entre son engagement initial et son discours actuel.

Pour certains, cela traduit une volonté d’ajuster sa position en fonction de l’évolution du contexte politique ; pour d’autres, il s’agit d’un manque de constance qui fragilise la crédibilité du Barreau dans un débat déjà marqué par la méfiance et la polarisation.

Haïti–Sécurité: La PNH exhorte les déplacés à se détourner de l’invitation de Barbecue

0

PORT-AU-PRINCE.— La Police Nationale d’Haïti (PNH) a publié, ce samedi, un message officiel, relayé sur les réseaux sociaux, afin de mettre en garde les personnes déplacées internes contre l’invitation par la coalition criminelle Viv Ansanm, dirigée par Jimmy Chérizier, alias Barbecue.

Dans sa communication, l’institution policière déconseille fermement aux résidents des quartiers déstabilisés de regagner leurs domiciles, malgré les promesses de retrait faites par les gangs. La PNH rappelle que ces zones demeurent sous la menace d’actes criminels violents, incluant assassinats, agressions sexuelles, pillages, vandalisme et incendies.

Une stratégie de manipulation

Selon la PNH, l’appel de Viv Ansanm constitue une manœuvre visant à utiliser les déplacés comme boucliers humains, ce qui compromettrait les opérations des forces de l’ordre et exposerait la population à de nouvelles attaques. « Popilasyon an pa t manje pwa, li pa p bay lapire », a averti la police, insistant sur le fait qu’aucune paix durable ne peut découler d’un marché avec des criminels.

«Les loups ne pactisent pas avec les moutons», a laissé entendre le Service de Presse et de Relations Publiques de la PNH, rappelant que par le passé les gangs avaient lancé des appels au retour alors que les promesses des non représailles étaient paroles en l’air.

A Carrefour-Feuilles, comme à Canaan, les appels au retour ont été motivés par la soif de sang Innocent et le désir de piller à nouveau les biens des habitants qui à chaque fois tentent de remonter la pente fatale des terroristes.

Le retour se fera sous la protection de l’État avec des poursuites judiciaires

Les autorités assurent que le retour des déplacés se réalisera uniquement sous l’accompagnement du gouvernement et des forces de sécurité, lorsque les conditions seront réunies. La PNH évoque un « jour de rétablissement » proche, garantissant une réintégration progressive et sécurisée.

La police a également rappelé que les responsables de Viv Ansanm font l’objet de mandats d’arrêt et sont activement recherchés par la justice haïtienne ainsi que par les autorités américaines. Elle exhorte la population à ne pas se laisser séduire par des promesses illusoires et à faire preuve de patience, le temps que l’État rétablisse l’ordre.

Les conséquences de cw retour précipités seront désastreuses

Cette mise en garde survient après la diffusion d’une vidéo de « Barbecue » appelant les habitants de Solino, Delmas 30, Christ-Roi et Nazon à regagner leurs maisons, en promettant un retrait des gangs.

À la suite de cet appel, nombreux déplacés se sont précipités dans ces quartiers, pour découvrir un paysage de désolation. Un ancien résident, amer a confié, et nous l’avons vu sur les réseaux sociaux: «Tout a été volé, même les portes», exprimant son désespoir face à l’impossibilité de reconstruire dans de telles conditions.

En réitérant sa mise en garde, la PNH souligne que seul l’État détient la légitimité et la capacité d’organiser un retour sûr et durable. Ce message des citoyens s’adresse à la raison afin d’éviter que la manipulation des gangs n’aggrave une situation déjà critique.

Jean Mapou

PLATEFORME D’ÉDUCATION FINANCIÈRE

0

« La logistique et la chaîne d’approvisionnement ( supply chain) », un problème pour nos entreprises à cause de la crise sécuritaire en Haïti depuis environ quatre(4) années.

31/08/2025.

Dr Eddy N. LABOSSIERE.

Face à la crise sécuritaire qui ravage le pays depuis environ quatre (4) années, on se demande comment les entreprises Haïtiennes réagissent pour maintenir  » la logistique et la chaîne d’approvisionnement (supply chain) fonctionnelles et opérationnelles?

Précisons d’abord ces deux(2)notions.

La logistique est la gestion des flux de marchandises, d’informations et de ressources, depuis leur origine jusqu’à leur destination finale pour leur stockage, tandis que la  » chaîne d’approvisionnement »( ou supply chain) est un concept plus vaste qui englobe toutes les fonctions ( logistique incluse) et les acteurs ( fournisseurs, fabricants, distributeurs, clients) nécessaires pour qu’un produit passe du fournisseur au consommateur final. En d’autres termes, la logistique est une partie essentielle de la chaîne d’approvisionnement, en charge de l’efficacité et de l’efficience des flux, tandis que la chaîne d’approvisionnement coordonne l’ensemble de la filière pour répondre aux besoins du client.
La logistique est un élément essentiel de la chaîne d’approvisionnement, qui comprend toutes les étapes depuis la conception jusqu’à sa livraison au client final.
1- La logistique
Définition
● La logistique se concentre sur la gestion des flux internes (entrantes) et externes (;sortantes) de marchandises et d’informations.
Objectif
● Optimiser les opérations au sein d’une entreprise, comme l’entreposage, le transport, et la gestion des stocks.
Exemples
● Gérer les stocks, planifier le transport des produits finis vers les marchés, ou distributeurs, organiser la réception des matières premières.
2- La Chaîne d’approvisionnement( Supply Chain).

Définition
● C’est l’ensemble des activités et des organisations qui travaillent ensemble pour livrer un produit de l’usine ou du fournisseur vers le marché ou le client.

Objectif
● Coordonner et intégrer l’ensemble des processus, des fournisseurs aux clients, pour assurer une circulation fluide des biens et informations.
Composantes
● Elle inclut la logistique, mais aussi l’approvisionnement, la production, la distribution, le service client et la gestion des retours.
Acteurs
● Fournisseurs, fabricants, grossistes, détaillants, et clients font partie de cette chaîne.

Conclusion:

Ia logistique et la chaîne d’approvisionnement des entreprises Haïtiennes sont grandement affectées avec la crise sécuritaire au pays.
Nous savons que la logistique est l’art de déplacer les biens et les informations efficacement. Nous savons aussi que la chaîne d’approvisionnement est le réseau stratégique et complet qui gère l’ensemble de la filière pour amener un produit au consommateur final.
Avec les bandits qui occupent les axes routiers du pays tout en occupant 80% de la capitale, il devenait impossible pour la logistique des entreprises de faire son travail car, le déplacement devenait très difficile, à cause de la présence de ces bandits, et aussi souvent on a eu la rupture de la chaîne d’approvisionnement. Presque toute la production agricole en particulier dans le Sud pays est gaspillée ou perdue laissant les paysans sans leur revenu annuel, donc aggravation de l’insécurité alimentaire dans cette région en particulier et même dans tout le pays en général.

Au final non seulement les prix ont augmenté considérablement en particulier à Port-au-Prince mais aussi la pénurie de certains produits en particulier les produits agricoles persiste encore aujourd’hui.

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&